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  • « Renvoi des criminels étrangers » : Gesticulations

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    Le PDC et les radelibes, qui ne veulent ni l'un ni les autres de l'initiative UDC sur le « renvoi des criminels étrangers », et surtout pas laisser l'UDC s'ébrouer seule sur le terrain sécuritaire, proposaient chacun un contre-projet à l'initiative. Les deux partis se sont finalement coalisés pour faire adopter par le Conseil des Etats, où ils détiennent ensemble la majorité, un contre-projet pour « l'expulsion des criminels étrangers dans le respect de la Constitutution », manière de dire que si la forme de l'initiative UDC leur déplaît, sur le fond, ils sont sur la même ligne qu'elle. Démo-chrétiens et radelibes considèrent, au contraire d'Amnesty International qui en avait demandé l'ivalidation, que l'initiative ne viole pas le droit international impératif, mais n'en recommandent pas moins son rejet au profit de leur contre-projet, qui prévoit le renvoi de tout étranger condamné pour toute une série de délits et de crimes qui n'ont en commun que de figurer sur un inventaire à la Prévert suisse qui va de l'« abus de prestation sociale » au crime de sang. Initiative et contre-projet ont non seulement en commun l'essentiel de leur contenu, mais surtout l'essentiel de leur démarche : celle d'une gesticulation démagogique. On peut d'ores et déjà prendre les paris sur le résultat du vote : initiative et contre-projet seront probablement tout deux acceptés, la seule incertitude portant sur leurs scores respectifs. Quant à leur effet sur le taux de criminalité, on sait déjà qu'il sera nul. Et que cela n'importe ni aux auteurs de l'initiative, ni à ceux du contre-projet.

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  • clapotis dans le marigot xénophobe

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    Le MCG semble en être convaincu : à Genève, l'électorat UDC est à prendre, et avec lui une bonne partie des membres et des militants du parti blochérien genevois (« parti blochérien genevois » étant d'ailleurs le nom que le Conducator du MCG pensait donner à son parti au moment où il le créait). Et si le MCG est convaincu de pouvoir avaler l'UDC genevoise, c'est qu'il considère que la quête de respectabilité bourgeoise de la direction udéciste cantonale, l'épisode Soli Pardo digéré, n'est pas pour rien dans la perte de l'électorat populaire que le discours xénophobe et sécuritaire de l'UDC avait séduit -en recouvrant ses choix politiques ultra-libéraux d'un masque populiste. Le calcul du MCG, qui adresse d'ailleurs également d'énamourées oeillades « aux militants et aux représentants de mouvements de la gauche populaire qui sont les grands absents du parlement genevois actuel », n'est pas dénué de pertinence : le parti de Stauffer peut s'appuyer, à Genève, sur l'exemple tessinois : la Lega n'a certes pas avalé l'UDC tessinoise, mais elle l'a contrainte à n'être au Tessin que son appendice, quitte à ce que les élus fédéraux de la Lega fassent partie du groupe UDC aux Chambres fédérales, faute de pouvoir constituer un groupe indépendant avec des alliés -du genre MCG, précisément. Les élections de 2011 permettront de vérifier la pertinence des calculs du MCG. En attendant, on s'autorisera à ne pas bouder son plaisir au spectacle des deux crocodiles de la droite populiste se disputant le marigot xénophobe et sécuritaire local.

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  • Renvoi des « criminels étrangers » : Le cauchemar de la droite démocratique

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    Tétanisés par la peur d'un nouveau succès de l'UDC, démo-chrétiens et radelibes veulent un contre-projet à  l'initiative udéciste « pour le renvoi des étrangers criminels », qui propose de rendre automatique la « double peine » (prison plus expulsion) dans toute une série de cas (pas seulement des crimes graves), dont le seul point commun est d'impliquer des étrangers. Face à cette initiative, qui instituerait une procédure quasi mécanique d'expulsion, vers des pays qu'ils ne connaissent pas, dont ile ne parlent pas la langue et dont il nous reviendront illégalement aussi vite qu'ils pourront, de gens nés en Suisse de parents nés en Suisse, la position de la gauche est claire et nette : c'est un « non » de principe à une initiative discriminatoire, inapplicable et contraire au droit international, un refus d'entrée en matière sur une mauvaise réponse (l'expulsion automatique) à une mauvaise question (puisqu'il y a confusion entre étrangers et immigrés, crimes et délits, criminalité en général et criminalité des étrangers en particulier). Au centre et à droite, en revanche, on les a à zéro : on s'est fait piéger sur les minarets (les électorats du PDC et du PLR ont voté majoritairement en faveur de l'initiative que combattaient leurs partis), on ne veut pas se faire à nouveau piéger sur la sécurité. On entre donc en matière sur l'exercice udéciste, qu'on légitime dans le même mouvement où l'on prétend y répondre.

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  • L'extrême-droite, ses idiots utiles, les femmes et la burqa

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    Libérez-vous, c'est un ordre !

    Les Femmes Socialistes ont lancé une charte en faveur du droit des femmes, en réponse à l'utilisation par l'extrême-droite xénophobe (UDC en tête) de la réf
    voiles.jpgérence aux droits des femmes (dont cette même extrême-droite se contrefout par ailleurs) pour alimenter ses campagnes islamophobes, et préparer le terrain à une nouvelle initiative visant à inscrire dans la Constitution une norme vestimentaire : l'interdiction de la burqa (ou de tout autre voile intégral, pour peu qu'il soit islamique, puisqu'à notre connaissance les religieuses catholiques ne sont pas visées par l'UDC, ce qui au passage permet à des démocrates-chrétiens au féminisme aussi contestable que celui de l'UDC de soutenir, eux aussi, l'interdiction d'un vêture qui n'est guère portée en Suisse que par quelques dizaines de touristes en provenance du Golfe.

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  • Les initiatives UDC, ou comment s'en débarrasser…

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    Patates chaudes

    Echaudés par l'adoption de l'initiative antiminarets qu'ils combattaient (quoique souvent mollement), les partis politiques suisses, l'UDC et ses satellites exceptés, cherchent le moyen d'éviter de se retrouver dans la même situation, celle d'une norme devenant constitutionnelle par le fait du Souverain, mais demeurant inapplicable par le fait du droit supérieur. Exemple prochain possible : l'initiative UDC " pour le renvoi des étrangers criminels ". A la fois illégitime en droit, puisque contraire au droit international, contradictoire, puisque confondant criminels et délinquants et traitant de la même manière les crimes les plus graves et des délits ordinaires, et inapplicable puisqu'on ne peut pas renvoyer quelqu'un dans un pays qui le refuserait, cette initiative n'en est pas moins dans l'air vicié du temps (ce dont le Conseil fédéral a parfaitement conscience, puisqu'il lui oppose un contre-projet indirect qui ne vaut guère mieux que ce à quoi il prétend offrir une alternative). Le Conseil des Etats a renvoyé en commission l'étude de la patate chaude, sans se prononcer sur sa compatibilité avec le droit international ni sur la possibilité de son invalidation. Au cœur des interrogations parlementaires, cette question : quel sort réserver à des initiatives violant des droits fondamentaux inscrits dans des traités internationaux, et le plus souvent également dans la Constitution suisse elle-même ? Les faire invalider ? Mais quand ? Avant la récolte de signatures ou après ? Et par qui ? Une instance judiciaire (désignée ou élue ? et par qui ?) ou une instance politique, sachant que le Parlement, actuel seul juge, préfère " laisser la parole au peuple " tout en lui disant que son vote est absurde puisque le texte qu'il pourrait accepter ne pourra pas être appliqué ?

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  • Minarets : vivent les villes

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    Deux Suisse face à face
    Les cartes du vote sur les minarets sont spectaculaires : deux Suisse sont sorties des urnes, dimanche dernier, et si nous n'étions totalement dénués de mauvais esprit, nous pourrions reprendre à notre compte, en la retournant contre les disciples de son auteur, la vieille distinction maurassienne du " pays légal " et du " pays réel ". Il fallait bien que l'un des deux soit majoritaire, et ça n'a pas été le nôtre. Le nôtre ? celui des " grandes " villes, qui toutes ont voté contre l'initiative islamophobe, et celui de la Romandie, aux bastions catholiques ruraux près (les villes de Fribourg, de Delémont et de Sion se retrouvant de notre côté). Et puis il y a l'autre Suisse, celle des campagnes, des alpages et des banlieues alémaniques. Une Suisse de la rétraction religieuse, de l'enfermement tribal, de l'épuration sociale, qui interdit les minarets mais accepte que l'on vende des armes aux intégristes wahabites. Deux Suisse, et une question : la première Suisse, la nôtre, va-t-elle continuer à traîner la seconde comme un boulet, ou se donnera-t-elle enfin les moyens de s'en dépêtrer, en laissant le pays du " propre en ordre " nettoyer lui-même sa constitution de la petite saleté qu'il y a mise un jour d'Aïd ?

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  • Minarets, exportations d'armes, CEVA : Genève a bien voté... quant à la Suisse, on s'en fout...

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    clochers.gif.gifAprès les minarets, les clochers ?

    Genève a presque accepté l'interdiction de l'exportation de matériel militaire et, à de larges majorités (autour de 60 %), a accepté le crédit complémentaire pour le CEVA et refusé d'interdire les minarets. Félicitons-nous d'être dans la partie vivable du pays. L'odeur de renfermé qui sourd des urnes fédérales en sera ici moins perceptible, et prendre un peu de distance avec le pays des nains de jardins tout en nous rapprochant de la racaille d'Annemasse nous convient parfaitement. Il y a des votes sur lesquels on prendra grand plaisir à s'asseoir. Les minarets seront interdits ? Il n'y aura pas, pour autant, un musulman de moins en Suisse, pas une mosquée de moins, même pas un minaret de moins : le vote antimarets est un gros pet dans l'eau, c'est joussif, ça fait des bulles qui puent quand elles éclatent, et c'est tout. L'égalité des droits étant un principe fondamental de la Constitution suisse et des pactes internationaux signés par la Suisse, on peut désormais s'appuyer sur le vote de ce dimanche pour demander, au nom de ce principes et de ces pactes, l'interdiction des clochers. Un comité d'inititiative annonce vouloir s'y consacrer. Il mérite désormais notre plein soutien, et nous vous invitons à le lui apporter (info@clochers.ch), ainsi qu'aux propositions " laïcistes " évoquées par la Jeunesse Socialiste Suisse. Pas de minarets ? Plus de crucifix ! Ni Dieu, ni maître, en somme...

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  • Unkulturkampf

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    Islamophobies chrétienne et " laïque " :  Unkulturkampf

    Les fondamentalistes protestants de l' " Union démocratique fédérale " (UDF), une sorte d'appendice confessionnel de l'UDC, soutiennent l'initiative antiminarets : comme les écônards, persuadés de détenir seuls la seule vérité, ils ne veulent pas dialoguer mais convertir, et partagent avec leurs homologues fondamentalistes musulmans les mêmes attitudes, les mêmes fantasmes et les mêmes détestations. A ces croisés de carnaval s'ajoutent, idiots utiles, des laïcistes hémiplégiques réduisant le combat contre tous les intégrismes au combat contre le seul intégrisme musulman, comme si les autres avaient disparu. Or en Suisse, aujourd'hui, ce ne sont pas les musulmans qui veulent changer le droit (en instituant des tribunaux religieux jugeant en fonction de la charia, par exemple), mais les islamophobes chrétiens, en interdisant certains édifices religieux pour mieux en valoriser d'autres et reproclamer la christianité de l'Etat et de l'espace public. Quant à nous, athées, agnostiques, païens, animistes ou panthéistes, nous ne réclamons pas (ou pas encore*) l'interdiction des clochers. Peu nous chaut même l'invocation au " Dieu tout puissant " en exergue de la Constitution fédérale : nous n'y portons que le regard attendri qu'attire un vieux bibelot un peu ridicule que l'on garde parce qu'il a toujours été là et qu'après tout, même s'il prend la poussière, il ne gène (encore) personne.

    * Une initiative contre les clochers est prête à être lancée, au nom de l'égalité devant la loi, au cas (peu vraisemblable, mais possible) où celle contre les minarets était acceptée :
    <www.clochers.ch>

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  • Le miracle des minarets

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    Quand l'UDC devient féministe…

    Une femme empaquetée dans une burqa, sur fonds de drapeau suisse transpercé par sept minarets très, très pointus : l'affiche du comité d'initiative pour l'interdiction des minarets a été interdite d'affichage sur les panneaux publics de Bâle, Fribourg et Lausanne, mais autorisée sur ceux de Zurich, Saint-Gall, Lucerne et Genève. Peu importe d'ailleurs aux initiants que leur affiche soit ou non interdite puisque leur objectif est atteint : faire parler d'eux, se poser en victimes d'une interdiction alors même qu'ils en proposent une. Mais au passage, c'est un véritable miracle que manifeste la campagne des partisans de l'interdiction des minarets : la conversion au féminisme de l'UDC, de l'UDF, des " identitaires ", des intégristes chrétiens et de toute l'extrême-droite suisse… Conversion toute de façade, ou de parvis, évidemment : Qu'en ont ils à faire, nos islamophobes, du statut des femmes en Iran, en Arabie Saoudite ou en Afghanistan ? A un voile ou une burqa près, il ressemble comme deux gouttes de schnaps à celui qu'ils rêvent de ressusciter ici... Avec la peine de mort et la castration des homosexuels.

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  • Initiative anti-minarets : D'Ecône à la Mecque et retour

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    Pour la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf il faut repousser l'initiative anti-minarets car elle menace la " paix religieuse " et pour le Conseil d'Etat et les Municipalités de Genève, parce qu'elle menace la " Genève internationale ". Il est vrai : l'initiative antiminarets menace la paix religieuse et la Genève internationale. Mais ce ne sont pas ces menaces qui nous importent le plus : après tout, l'instauration de la laïcité a elle aussi perturbé la " paix religieuse ", et le Kulturkampf a déclenché un conflit religieux; quant à la Genève Internationale, à force de nous la ressortir comme argument de campagne sur n'importe quel sujet, sa valeur argumentaire risque une rapide dévaluation. Ce n'est pas parce qu'elle menace la " paix religieuse " et la " Genève internationale " que l'initiative anti-minarets doit être repoussée, mais parce qu'elle nie un principe démocratique fondamental : l'égalité des droits et des libertés. Et qu'elle ne vise qu'à reproduire en Suisse les politiques cultuelles des Etats interdisant les édifices religieux autres que ceux de leur propre religion. Il n'y a pas d'églises chrétiennes à la Mecque ? Certes. Mais il n'y a pas non plus de minarets au Vatican. Et il n'y en avait ni dans l'Espagner franquiste, ni dans le Portugal salazariste, ni dans la Grèce des colonels.,

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  • Ce soir, 18 heures, place de Neuve : La frontière, on s'en fout !

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    Trois jours après la publication de la fameuse annonce de l'UDC genevoise invoquant la menace d'une invasion par voie ferroviaire de la " racaille " annemassienne pour inciter à la fois au refus du CEVA et au vote pour l'UDC, la débandade de l'extrême-droite locale est pathétique : c'est à qui feindra le plus hypocritement de découvrir à quel parti il a adhéré. Le Conseiller national et candidat au Conseil d'Etat Yves Nidegger (dont les maigres chances d'être élu sont désormais réduites au néant de l'argumentaire de son parti) se lamente sur la ruine des " huit ans d'efforts " pour que l'UDC devienne un parti respectable, le Conducator du MCG, Eric Stauffer, condamne une publicité encore plus ordurière que la sienne… Mais leurs contorsions rhétoriques et politiques ne peuvent guère tromper : sur le fond, les Nidegger et autres Stauffer, sont d'accord avec le concepteur de cette publicité. Ils ne le désavouent que sur la méthode et le langage. Leur critique n'est qu'une critique d'opportunité, leur reproche celui d'une maladresse : ça n'était pas le moment... Parce qu'il y a des moments pour se vautrer dans la boue, et des moments où il convient de se montrer tout convenable et tout blanc dans son petit costard de candidat bien propre sur lui.

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  • Match UDC-MCG : Sprint final dans la boue

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    Elections : la campagne débonde

    Faut-il que l'UDC soit inquiète du tintamarre anti-frontalier produit depuis des mois par le MCG pour que, dans la dernière semaine de la campagne électorale, elle se mette à prouver qu'elle peut faire encore pire, et que sur le terrain du nauséabond, elle était sans concurrent sérieux... L'UDC a donc fait publier dans la " Tribune " une annonce sur une demi-page, invitant à voter à la fois contre le CEVA en novembre et pour l'UDC en octobre, avec comme argument, qui a lui seul devrait dissiper nos derniers doutes sur la nécessité de soutenir le crédit pour le CEVA : le CEVA est " un nouveau moyen de transport pour la racaille d'Annemasse ". Que l'UDC préfère sans doute voir venir à Genève à bord de voitures volées. Quant à nous, et, nous l'espérons, à vous, c'est jeudi, à 18 heures, place de Neuve, que nous répondrons comme il convient à l'UDC, au MCG et à tout ce qui s'ébroue dans la même soue.

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  • Coran alternatif ou Coran continu ?

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    L'initiative des clochers contre les minarets bientôt soumise au vote

    L'initiative des clochers crypto-UDC contre les minarets, lancée en mai 2007 par la droite nationaliste et xénophobe (et, en l'occurrence, islamophobe), et qui a abouti début juillet 2008, avec un peu moins de 115'000 signatures, sera soumise (sans doute fin novembre) au vote populaire, quelque doute que l'on puisse cultiver sur sa recevabilité -puisqu'elle est contradictoire de plusieurs dispositions constitutionnelles fondamentales, dont celles qui proclament les libertés religieuse et de conscience et l'égalité des droits fondamentaux des personnes indépendamment de leurs convictions religieuses. Avant même d'aboutir, elle avait contraint plusieurs ambassadeurs et conseillers fédéraux à devoir expliquer la position du gouvernement suisse (opposé à l'initiative) et les particularités du fonctionnement politique helvétique, notamment le droit d'initiative, qui permet à peu près à n'importe qui de proposer à peu près n'importe quoi au vote populaire -et en l'occurrence de proposer une législation discriminatoire dont aucun des pays voisins de la Suisse n'a ressenti l'utilité, quand bien même leur population musulmane pratiquante est-elle deux, trois, cinq ou dix fois plus élevée.

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  • Nativité par la voie basse

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    Entre le boeuf et l'âââne gris...

    Ben voilà, c'est Maurer. " La moins pire des mauvaises solutions ", selon Christian Levrat. A une voix de majorité, au troisième tour, après le retrait de Recordon et de Blocher, et contre un autre UDC qui n'était pas officiellement candidat, et qui était menacé, s'il acceptait une éventuelle élection, d'exclusion du parti. L'UDC revient donc au Conseil fédéral. Elle supportait mal sa cure d'opposition, que le système politique fédéral, lui, supportait beaucoup mieux -mais les radicaux et la droite du PDC avaient trop besoin dans les cantons des suffrages udécistes pour risquer de se mettre les blochériens à dos. Une nativité gouvernementale par la voie basse pour éviter une césarienne électorale, c'est assez tendance, en ce moment.

    Office de l'Avent

    Le petit peuple de la crèche fédérale a donc rétabli la " concordance " arithmétique à laquelle une majorité d'élus fédéraux semble attachés comme un bambin à son doudou. Au départ, Ueli Maurer ne pouvait compter que sur une centaine de voix. Il lui en manquait un peu plus de vingt, il les a eues. Il aurait pourtant suffi qu'un-e PDC votât pour son concurrent (UDC lui aussi, mais de l'espèce agrarienne) au lieu de voter pour lui, et le résultat eût été exactement inverse. Les voies du Seigneur étant impénétrables, et celles du PDC passablement tortueuses, l'UDC sera donc représentée par son ancien président au gouvernement. La gauche, les Verts, une petite moitié du groupe PDC quelques radicaux n'en voulaient pas, tant pis pour eux. Pour le PS, Maurer n'avait " pas l'envergure " d'un Conseiller fédéral… ça se mesure à quoi, au juste, l' " envergure d'un Conseiller fédéral " ? Et s'il l'avait eue, Maurer, cette envergure, ça aurait changé quoi à ses positions politiques à droite de la droite de droite ? Le PDC et les radicaux ont fait l'élection de Maurer -les premiers par incapacité de choisir, les seconds par suivisme. De toute façon, l'épisode ne fait guère que rétablir, sur le fond, le rapport des forces au Conseil fédéral tel qu'on le connaissait quand Blocher y sévissait. Autant dire qu'on a tourné en rond pendant un an. Et que le parlement a fait à l'UDC le cadeau de noël qu'elle espérait, après un "passage dans l'opposition" qui, après avoir tenu de la menace, avait plutôt suscité la rigolade. " Vous avez voir ce que vous allez voir ", beuglaient les hérauts udéciistes au soir du 12 décembre de l'année dernière; on a vu : rien d'autre que ce qu'on voyait déjà avant. Quant à la " concordance ", disons, en cette période de l'Avent, qu'elle est comme la nativité : un mythe, d'abord; une mystification, ensuite.

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  • A la recherche d'un UDC fréquentable...

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    Election du successeur de Samuel Schmid
    C'est donc hier10 décembre, jour de célébration du 60 ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, qu'on a élu l'ancien président de l'UDC suisse au Conseil fédéral. Le paradoxe est amusant, si on goûte l'ironie de l'histoire et qu'on se souvient que le Grand Leader Bien Aimé de l'UDC, alors encore Conseiller fédéral, était aller dégueuler à Ankara le " mal de ventre " que provoquait chez lui les lois suisses réprimant l'expression du racisme et du négationnisme, et que l'élu du 10 décembre est le fidèle second du lourdé de l'an passé; Maurer, qui n'a finalement fait qu'échanger sa vêture de chef de parti pour un costard de ministre… Le miracle de l'Avent n'a pas eu lieu. Il est vrai qu'il était improbable : que le PDC ait du courage deux fois de suite...

    Concordance des canards

    Il n'est guère de parti représenté au parlement, ni de commentateur des jeux politique, qui n'ait eu constamment à la bouche et à la plume le mot de " concordance " : il faut (version centriste) " sauvegarder la concordance ", ou (version UDC) la " restaurer ", ou encore (version PS) la " rénover " Mais de quelle " concordance " parle-t-on ? De celle qui consiste à aligner sept représentants de partis comme autant de noix sur un bâton, pour former un gouvernement comme on constitue un échantillon de sondage, avec pour seul critère celui, arithmétique, du dernier résultat électoral fédéral ? Cette " concordance "-là avait déjà été brandie comme argument suprême pour justifier l'élection du Pithécanthrope au Conseil fédéral… on connaît la suite. Aucun parti n'a " droit " à sièger au Conseil fédéral. Pas plus l'UDC que le PS, les radicaux ou le PDC. Ou les Verts. L'exemple du PS est d'ailleurs éloquent : il a été le premier parti du pays sans être au Conseil fédéral, il n'est entré au Conseil fédéral, en 1943, que parce que le choix politique en avait été fait par la majorité de droite, qui s'était rendu compte que l'Allemagne nazie allait perdre la guerre, que l'Union Soviétique allait la gagner, et qu'il fallait dissoudre l'image détestable de germanophilie que la Suisse donnait depuis 1940; et le PS, qui avait quitté le Conseil fédéral, en claquant la porte, en 1956, n'y est revenu, avec un siège de plus, en 1959, que parce que le choix politique a été fait de réintégrer la social-démocratie au gouvernement -pour la désarmer. C'est le même type de choix, politique et non arithmétique, qui se pose à propos de l'UDC : Est-elle si dangereuse dans l'opposition qui faille l'en faire sortir ? a-t-on besoin d'elle au gouvernement ? Et pour mener quelle politique ? La sienne, celle de la droite libérale, celle du " centre " ? certainement pas celle du PS, en tout cas...

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  • Brun bonnet, bonnet brun

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    Succession de Samuel Schmid : Blocher ou Maurer ?

    L'UDC a donc décidé de ne pas tuer le père mais de laisser le parlement fédéral le faire à sa place : à la succession de Samuel Schmid, elle présente un " ticket " formé de Blocher et de Maurer. Blocher n'a en principe aucune chance (mais la procédure d'élection d'un membre est pleine de surprise) et continue de se considérer comme le " Numéro un " de l'UDC (la majorité de l'UDC le soutenant d'ailleurs dans cette prétention). Autant dire que si Maurer (ou un autre que Blocher) est élu au Conseil fédéral, il aura toujours Blocher sur le dos, la faiblesse de la présidence du parti par Toni Brunner laissant toute la place au vice-président Blocher. l'UDC " qualité suisse " tient ainsi plus de la Corée du Nord que de la mythologie waldstätten : quand on tient un Grand Leader Bien-Aimé, on ne le lâche pas. Même si les positions politiques du Grand Leader Bien Aimé et celles du Fils Spirituel du Grand Leader Bien Aimé sont les mêmes...

    Kim Il Blocher ou Kim Jong Maurer ?

    Blocher ou Maurer, quelle différence ? Ueli Maurer, présenté comme " acceptable " par les partis gouvernementaux (y compris, avec réticences, par le PS), n'a jamais dit autre chose que ce que Blocher disait et a été le maître d'œuvre des campagnes ordurières de l'UDC depuis une dizaine d'années. Il est candidat à un gouvernement favorable aux bilatérales et à leur élargissement alors qu'il y est opposé, et il est favorable à l'interdiction de la construction de minarets alors que le gouvernement y est opposé... Et puis, la question ne se pose pas seulement de savoir quel UDC sera élu pour reprendre le siège initialement UDC de Samuel Schmid, mais aussi de savoir à quel ministère cet UDC sera attribué. Logiquement, ce devrait être celui de la Défense. Mais l'UDC rejette la quasi-totalité du programme gouvernemental dans ce domaine : elle est contre la réduction des effectifs, contre les engagements à l'étranger, contre la coopération internationale... le seul point sur lequel elle soutient le Conseil fédéral, c'est l'achat de nouveaux avions de combat. Du coup, plutôt que de coller à la tête d'un ministère quelqu'un qui serait opposé à ce qu'on veut faire faire à ce ministère, on se demande si on pourrait pas déplacer les maroquins et confier la Défense à Pascal Couchepin pour laisser l'UDC de service gérer (à droite toute) le dossier de l'AVS, ou confier celui-ci à la PDC Leuthard pour laisser alors le nouvel élu gérer le démantèlement des protections agricoles... Dans tout ce mic-mac, où se situent et de quel poids pèsent les grands choix politiques ? Nulle part, et pas un gramme. L'insoutenable légèreté des combinaisons gouvernementales se conjugue parfaitement à l'insoutenable pesanteur de l'absence de débat politique.

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  • I'm a poor lonesome agrarian…

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    Démission de Samuel Schmid :
    I'm a poor lonesome agrarian…


    Samuel Schmid, que plus grand monde ne soutenait (fût-ce pour emmerder l'UDC), mais que tout le monde (même l'UDC) fait semblant de pleurer, a donc démissionné de son poste de Conseiller fédéral. Une démission qui ne va pas changer grand chose au paysage politique suisse, sinon qu'un Conseiller fédéral ex-UDC sera, selon toute vraisemblance, remplacé par un Conseiller fédéral UDC, nul à l'exception des Verts (et le PS pas plus que la droite) ne faisant semblant de remettre en cause une " concordance " gouvernementale sans autre programme que celui d'additionner au Conseil fédéral des représentants des principaux partis politiques (sauf, encore, les Verts). Le PDC annonce d'un côté (Schwaller) qu'il votera, le cas échéant, pour le second couteau de Blocher, Ueli Maurer, et de l'autre côté (Darbellay) qu'il ne votera que pour un candidat qui défendra " pleinement " les bilatérales, alors que tel n'est pas précisément le cas de Maurer. Les radicaux font observer que le parlement est " libre d'élire qui il veut ". Les Verts envisagent certes de présenter une candidature, mais leurs chances sont à peu près nulles, et le PDC ne menace de présenter un candidat que si l'UDC ne présente que Blocher seul. Quant au président du PS, Christian Levrat, il déclare que " le candidat doit se reconnaître dans l'Etat de droit, respecter scrupuleusement la séparation des pouvoirs, les engagements internationaux et les règles du jeu ". De quel jeu ?  Celui d'une " concordance " dont on n'avait pas perçu qu'elle soit si avantageuse pour le PS qu'il lui faille s'y accrocher et y accrocher ses adversaires.

    Parricide mou

    Tout le monde (ou presque, les Verts faisant tache) est d'accord : l'UDC a le " droit arithmétique de briguer la succession de Samuel Schmid ", comme dit Christian Levrat. Qu'est-ce qu'un " droit arithmétique " vient faire dans ce qui devrait relever d'un choix politique ? Le " droit arithmétique ", c'est ce dans quoi on se réfugie quand on est incapable de faire un choix. Un seul homme peut donc apparemment éviter le retour de l'UDC au Conseil fédéral : Christoph Blocher. En présentant sa candidature, et en la faisant accepter comme candidature unique par un parti à sa botte, il manifesterait clairement la volonté de l'UDC de camper dans la forteresse " oppositionnelle " dans laquelle elle s'est réfugiée. Ou son incapacité d'en sortir D'ailleurs, le groupe parlementaire UDC l'a si bien compris qu'il a refusé en septembre dernier de faire du Pithécanthrope son unique candidat à la succession de Schmid. N'est pas le chaînon manquant qui veut. De toutes façon, un (ou une ?) UDC sera élu(e), ne serait-ce que pour féliciter l'UDC d'avoir enfin réussi à résoudre son complexe d'Oedipe. En " tuant le père ". Dans un parricide mou, bien helvétique, qui fera plaisir à tout le monde en ne changeant rien à rien, ni à la politique du gouvernement, ni à celle de l'UDC.

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  • Une droite soldée

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    Partis politiques ou succursales bancaires ?

    Ça n'est même pas une surprise, juste une confirmation : les banques subventionnent largement les partis de droite (UDC, PRD, PDC). Une subvention intéressée -autrement dit, un investissement, dont le retour s'est fait spectaculairement en pleine crise financière. En faisant renflouer l'UBS par la Confédération, sans garanties ni contrôle, la droite se renfloue elle-même. Des 68 milliards balancés par les caisses fédérales et la Banque nationale dans le grand trou creusé par l'UBS, quelques millions finiront donc dans les caisses radicales, démo-chrétiennes et udécistes. Ces partis sont, au sens littéral du terme, à la solde des banques. A-t-on d'ailleurs encore affaire à des partis politiques, ou seulement à des succursales bancaires ? Les ex-dirigeants de l'UBS peuvent bien ruminer aigrement dans leurs retraites, aussi dorée que leurs parachutes, l'ingratitude de leurs commis politiques : quand ceux-ci leur collent toute la responsabilité de la crise sur le dos, pour s'en disculper eux-mêmes, c'est aussi pour en disculper un système qu'ils veulent sauver. A tout prix…


    Arroseurs arrosés

    Selon une enquête du SonntagsBlick, les radicaux, le PDC et l'UDC reçoivent chaque année deux millions de l'UBS et du Crédit Suisse. Un investissement intelligent, de la part des banques : filer deux millions à des gens qui vous obtiennent 68 milliards quand il s'agit de vous renflouer, c'est assez bien vu. Mieux vu, en tout cas, que d'investir dans les subprimes américains. Que pouvait-on d'ailleurs attendre d'autre de ces partis, et de leurs élus, qu'une grande disponibilité à puiser dans les caisses fédérales et la Banque nationale pour arroser ceux qui les arrosent ? Après tout, la soumission du politique à l'économie est leur projet, et il n'est pas surprenant qu'il se manifeste par une solde versée aux partis bourgeois par les banques, comme on solde des mercenaires. Les bons comptes font les bons amis : L'UDC, dont la campagne électorale extraordinairement dispendieuse l'automne dernier avait démontré clairement qu'on pouvait remplir les urnes avec de l'argent, s'est particulièrement illustrée dans le soutien apporté au plan de sauvetage de l'UBS par l'Etat, tout en protestant de son adhésion à l'orthodoxie libérale et en demandant l'inscription du secret bancaire dans la Constitution... Le Parti socialiste exige que l'UDC, les radicaux et le PDC remboursent les sommes reçues de l'UBS et du Crédit Suisse. Bonne idée, mais à qui les rembourser ? à l'UBS, sauvée du naufrage par les fonds publics ? A la Confédération et à la Banque nationale qui ont fourni ces fonds ? ou aux contribuables de ce pays, à qui on n'a pas plus demandé leur avis sur le subventionnement des partis de droite par les banques qu'on ne le leur demandera sur le sauvetage des banques par les caisses publiques ?

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  • Putain, un an…

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    Ça grenouille déjà pour les élections au Conseil d'Etat de 2009…
    Putain, un an…


    A plus d'un an des élections cantonales, ça grenouille déjà à droite (et ça glandouille encore à gauche) : les partis tentent de clarifier leurs stratégies, pour le moins divergentes -et même de se mettre les uns les autres devant quelques faits accomplis. L'UDC a désigné le 16 juin son candidat pour l'élection du Conseil d'Etat, un an et demi avant l'élection. Le Parti libéral a emboîté le pas en annonçant qu'il désignera le colistier de Mark Muller avant la fin de l'année. Un an avant l'élection du Conseil d'Etat, on en a déjà marre. Suffisamment pour nous demander si la vieille méthode athénienne du tirage au sort des édiles ne pourrait pas être instaurée par la Constituante. Histoire d'éviter que la courbure du dos des candidats et de la ligne des partis finisse par confirmer la vieille règle énoncée par Jonathan Swift : " L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses : c'est ainsi qu'on grimpe dans la même posture que l'on rampe ".

    Courbures et postures…

    L'UDC a son candidat pour le Conseil d'Etat : Yves Nydegger, celui qui expliquait que la courbure du dos du cheval prouve l'existence de Dieu, et qui entend désormais démontrer que la courbure du dos des partis de l'Entente prouve la mortalité de l'âme en politique. Pourquoi Yves Nydegger ? C'est simple : c'est " le seul à pouvoir endosser de telles responsabilités ", selon le Secrétaire général de l'UDC de Piogre, Eric Bertinat, qui ne semble guère se faire d'illusion sur la qualité du vivier politique de son parti. En fait, si l'UDC désigne son candidat si tôt, c'est pour mettre l'Entente en général, et le parti libéral en particulier, face à un choix cornélien (du Corneille de la comédie, plutôt que de la tragédie) : s'allier avec elle, ou s'affaiblir face à l'actuelle majorité gouvernementale " centre-gauche " (mais surtout centre). L'UDC a annoncé qu'elle présentera de toute façon un candidat, que ce soit dans une alliance avec l'Entente ou dans une sorte de Sondertbund électoral avec les seuls libéraux (surtout si ceux-ci présentent aux côtés du représentant de la Chambre genevoise immobilière, Mark Muller, un crypto-UDC du genre Jornot). Pour l'heure (mais l'horloge tourne et les calculettes chauffent), le PDC s'est dit et redit totalement opposé à toute alliance avec une UDC genevoise " en raison de (sa) ligne blochérienne ". Même posture, chez les radicaux, qui posent trois conditions à l'UDC pour une alliance: un soutien clair aux bilatérales (Blocher ayant donné le ton, ça ne devrait pas poser de problème à l'UDC genevoise), " un soutien résolu au dialogue social ", ce qui ne mange pas de pain, et des garanties sur la forme des messages lors des campagnes électorales -en clair, la fin des campagnes nauséabondes auxquelles l'UDC se livre (avec succès) depuis une décennie. Cause toujours…

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  • L'UDC débordée sur sa droite

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    La votation fédérale sur le " paquet " réunissant la reconduction de l'accord sur la libre circulation et son extension à la Bulgarie et à la Roumanie a été fixée par le Conseil fédéral au 8 février 2009. Le référendum lancé par les " Démocrates Suisses " (l'ex-Action Nationale), la Lega et les jeunes UDC a en effet abouti, alors que les référendaires avaient été lâchés par l'UDC (sur pression des milieux économiques) et, dans la foulée, par sa succursale, l'Action pour une Suisse indépendante et neutre, qui a poussé le souci de l'alignement sur l'UDC jusqu'à refuser de consulter sa base (47'000 membres), probablement majoritairement partisane du soutien au référendum.

    Quelle " libre circulation ? "

    L'UDC avait renoncé à lancer le référendum contre l'accord sur la " libre circulation " au prétexte que " le paquet approuvé par le parlement (...) empêche l'expression sûre et fidèle de la volonté populaire ". En réalité, l'UDC avait surtout eu peur de fâcher ses sponsors patronaux, qui ont besoin de la " libre-circulation ". Et quand le parti blochérien expliquait qu'il renonçait à un " faux semblant " de référendum, il renonçait surtout à un " faux semblant " d'opposition à ceux qui le financent. Résultat : l'UDC se retrouve aujourd'hui contrainte de se prononcer sur une " libre-circulation " dont elle ne veut pas, mais qu'elle ne peut combattre ouvertement. Quant à la gauche, elle est dans une situation rigoureusement inverse : favorable en principe -sauf à se renier- à la libre-circulation, elle ne l'est pas forcément à celle qui est proposée. Et pas non plus aux conditions dans lesquelles elle sera appliquée. Et on ne peut pas dire que les institutions européennes contribuent beaucoup à calmer les inquiétudes de celles et ceux qui craignent que la " libre-circulation " ne soit finalement que le moyen de la sous-enchère salariale et sociale. A chaque fois qu'elle s'est prononcée sur une contradiction entre une réglementation nationale et une réglementation européenne, la Cour européenne de justice a tenu le même raisonnement : on ne doit pas aller au-delà des protections sociales offertes par les dispositions communautaires, si en allant au-delà on contrevient à la libéralisation. La Suisse n'est pas membre de l'Union européenne mais marche dans le même sens qu'elle. Cela étant rappelé, on rappellera aussi que la social-xénophobie ne vaut pas mieux que la xénophobie tout court., et que notre tâche n'est pas d'ériger des barrières à l'abri desquelles on devrait se livrer au nom de la défense des salaires à la chasse au faciès des travailleurs d'ailleurs.

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