révolution - Page 2

  • Le Pierre et le Vent, 12 août

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    12 août, d’elle

    Les « hommes bons » dont tu parles ne sont pas au faîte du pouvoir, s'ils en hantent les antichambres. Ce n'est pas à eux que nous en voulons, c'est à ceux qui sont au-dessus d'eux. Et cela ne vaut pas seulement pour eux, cela vaut pour tous les servants de l'ordre. Les « hommes bons », et les « hommes mauvais », sans qui cet ordre ne tiendrait pas un jour.

     

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  • La Pierre et le Vent, 23 juillet

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    23 juillet, de lui

    Les autres, tous les autres, me sont-ils de trop ? Il me semble, parfois, en effet... Mais je ne suis plus si sûr que vous soyez, vous, de ces « autres », de ce « trop », de cette partie de moi dont je ne veux pas parce qu'elle est faite de ces mêmes sentiments qui font de vous des meurtriers trop délicats pour être des terroristes...

     

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  • La Pierre et le Vent, 21 juillet

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    21 juillet, d’elle

    Te souviens-tu (tu étais, je crois, déjà en prison) de ce ministre que nous avions tenté d’assassiner, que nous avions manqué, et qui pourtant put dire de nous, ensuite, que nous étions le meilleur de ce peuple ? Si même nos ennemis nous louent, et même après nous avoir échappé, ne serait-ce pas que nous valons quelque chose ? A moins que les louanges de nos ennemis ne soient, pour toi, que les pires des insultes… Mais si nous valons quelque chose, sans prétendre tout valoir et en déduire que les autres ne valent rien, c’est bien que tu t’es trompé, et lourdement, avec ton « tout ou rien »…

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  • La Pierre et le Vent, 18 juillet

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    18 juillet, de lui


    Nous avons tous les droits, puisque nous en acceptons le prix. Un vieux Romain déjà le disait, avant de se suicider sur ordre de son tyran à lui : celui qui méprise sa vie est maître de la vie des autres. Mais l’inverse serait une ignominie. Il faut mépriser sa propre vie pour avoir le droit d' attenter à celle de l’autre, même si l’autre est le tyran et que nous pourrions nous dire qu’après tout, tuer un tyran ce n’est pas tuer un homme, c’est tuer la tyrannie, et que nous n’avons rien à payer pour cela, qui devrait au contraire nous être récompensé. Non : c’est parce que nous sommes prêts à mourir que nous nous donnons le droit de tuer. Vous êtes prêts à mourir, je le sais. Vous pouvez donc sans déchoir à vos propres yeux vous accorder le droit de tuer le Maître. Quant à moi, puisqu’ici je meurs, même à plus petit feu que vos camarades, j’ai ce même droit. Je me l’accorde. Et vous m’accordez même au surplus celui de choisir entre ma libération et votre tyrannicide. Grand merci de cet honneur…


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  • La Pierre et le Vent, 17 juillet

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    17 juillet, d’elle


    Nous veillons, oui, mais pas ensemble : notre veille à nous est faite d’actions, présentes ou à venir. La tienne est-elle autre qu’une longue insomnie ?



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  • Ah ça ira, ça ira, ça ira...

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    C'est dit, on prend la Bastille... mais laquelle ?

    On est le 14 juillet. Alors, c'est dit, on prend la Bastille... mais laquelle ? La Bastille, le 14 juillet 1789, fut prise alors qu'elle était vide de tout prisonnier politique -mais elle symbolisait l'absolutisme (que finançaient des banquiers genevois), elle fut pour cela défendue (par des Suisses) jusqu'au bout, et fut pour cela prise (par des lecteurs de Rousseau)... Que nous faudrait-il prendre, en ce 14 juillet 2012, pour que cette prise fasse le même bruit, après plus de deux siècles, que celle de la forteresse parisienne ? Dans cette société marchande, prendra-t-on un centre commercial ? Dans cette société du spectacle, prendra-t-on une télévision ?

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  • La Pierre et le Vent, 13 juillet

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    13 juillet, d'elle


    On les examinera, les « comment ». Nous te soumettrons nos plans lorsque nous les aurons parfaits. Nous savons comment faire, si nous ne savons pas encore, de deux choses que nous pouvons faire, laquelle nous choisirons. Ou plutôt : laquelle TU choisiras. C'est là que le « pourquoi » nous importe. Parce que c'est cela qui te fera choisir.

     


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  • La Pierre et le Vent, 12 juillet

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    Netchaev.jpg12 juillet, de lui

    Le Vieux, oui... au début, il me soutenait... je crois même qu'il m'admirait... et puis, je lui ai fait peur... Parce que moi, je voulais aller jusqu'au bout... lui, il était comme toi, il se laissait guider par son cœur, il n'avait pas assez de haine... peut-être en ai-je de trop, mais c'est elle qui me tient debout... Qu'est-il, aujourd'hui, le Vieux ? Une vieille ruine... Moi, je lui étais apparu comme une force pure, nette. Lui, il avait son âge, il était malade, et il était amoureux... l'imbécile...

    Je ne m'en dédis pas : notre mission -ou si ce mot tout fardé de religion te déplaît, disons : notre tâche- est de détruire, non de construire. Et il faut tuer et mourir pour être ce que nous voulons être, puisque l'histoire que nous voulons faire, à notre tour, naît du meurtre et du sacrifice. La révolution, c'est vie contre vie. Tu as raison, je suis hégélien...

    Et si nous laissions les « pourquoi » de côté pour examiner les « comment » ? Le tuer, oui, mais comment ? Me libérer, oui, mais comment ?


    S.

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  • La Pierre et le Vent, 11 juillet

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    11 juillet, d'elle


    Nous ne renonçons à aucun de nos projets : ni de le tuer, ni de te libérer. Mais c'est toujours à toi de choisir l'un ou l'autre. Et puisqu'à ta manière, tu es hégélien, dis-toi que c'est le vainqueur qui a raison. Moi, je préfère les vaincus, puisque c'est pour eux que je me bat, mais en cela aussi nous différons... Et si tu te dis que c'est le vainqueur qui a raison, dis-toi aussi que tu a été vaincu. Et souviens-toi que nous ne te proposons que d'avoir enfin raison. Sans avoir besoin de devenir cette machine à détruire que tu voulais être, et qui n'a finalement détruit que l'un de ses camarades, s'est détruite elle-même, et a failli détruire tout le mouvement qui naissait.

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  • La Pierre et le Vent, 7 juillet

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    7 juillet, de lui

    A mon tour de te répondre « peu importe » ! Peu importe ce que je pense de moi. Nous ne sommes pas dans un dialogue de roman. Nous ne sommes pas des personnages de Tchekhov. De Dostoïevski, peut-être : celui des Démons.

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  • La Pierre et le Vent, 6 juillet

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    6 juillet, d'elle


    Zassoulitch.jpgIl est vrai, nous fûmes soulagés d'apprendre ta fuite, après le meurtre du frère. Ton acte était odieux, et il nous était pesant. Mais le temps a passé : le temps de ton exil, de ton arrestation, de ta livraison fers aux pieds à nos maîtres, le temps de ton enterrement vivant... Si nous étions encore chrétiens, puisque nous le fûmes dans une autre vie, un autre monde, un autre temps, nous dirions que tu a expié.
    Peu importe aujourd'hui ce que tu as fait : c'est ce que tu peux encore faire qui importe.
    Peu importe ce que tu étais, c'est ce que tu peux être demain qui importe. Et ce que nous pouvons t'aider à être.
    Te satisfais-tu donc de ce que tu as fait de toi, et de ce que nos ennemis en ont parfait ? D'être une ombre dans un trou ?
    Choisis...
    V.

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  • La Pierre et le Vent, 5 juillet

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    5 juillet, de lui

    Me civiliser ? Vous aider ? Avez-vous oublié mes hauts faits, que vous semblez tant attendre de moi ? Je vous les rappelle.

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  • La Pierre et le Vent, 4 juillet

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    4 juillet, d'elle
    Passons-nous désormais du rituel « camarade » d'introduction, et du nostalgique « Salut et fraternité » de conclusion : nous avons sacrifié à nos tics de langage, nous pouvons désormais nous en passer. Nous savons l'un et l'autre à qui nous écrivons, et pourquoi...

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  • La pierre et le vent, 3 juillet

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    Camarade (puisque c'est ainsi que tu d'adresses à moi (http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2012/07/01/la-pierre-et-le-vent.html#more), en me vouvoyant -permets moi de te tutoyer : là où je suis, je n'ai plus grand souci des convenances),


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  • La pierre et le vent

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    Il faut aussi se souvenir de celui qui oublie où conduit la route (Héraclite, LXXI)

    Après la chute du Régime, les insurgés, ayant pris d'assaut le siège de la Grande Police Politique, y ont découvert, parmi des milliers de dossiers, de classeurs, de documents, une liasse de lettres que s'échangeaient, croyant le faire à l'insu des lecteurs attentifs de la GPP, un homme et une femme. C'est cette correspondance que nous vous donnerons à lire cet été, lettre après lettre, jour après jour.

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  • Il a 250 ans, Genève brûlait les livres de Rousseau : L'hommage du feu aux flammes

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    Une petite troupe recueillie a commémoré hier matin dans la cour de l'Hôtel-de-Ville, sur les lieux du crime (contre l'esprit), un événement dont Genève n'a pas lieu d'être fière : la lacération et la destruction par le feu il y a deux siècles et demi, le 19 juin 1762, sur ordre des autorités genevoises et au grand plaisir de Voltaire et du Résident de France, de deux des oeuvres majeures de Jean-Jacques Rousseau, « Le Contrat Social » et « L'Emile ». Trente ans plus tard, la révolution genevoise annulera la fatwa des autorités de l'ancien régime, réhabilitera Jean-Jacques et en refera le Citoyen de Genève. C'était un beau temps, que celui où les livres avaient à Genève suffisamment d'importance pour qu'on les condamne au feu en espérant que ce qu'ils contiennent parte en flammes, en fumées et en cendres... Ainsi, en brûlant le livre, l'honorait-on, et honorait-on son auteur... L'hommage du feu aux flammes de la pensée...

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  • QUELS INSTRUMENTS DU CHANGEMENT ?

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    De l'histoire des révoltes, nous ne pouvons que retirer la conviction que tout mouvement d'opposition radicale à  l'ordre des choses est condamné, s'il est victorieux, à  devenir lui-même le garant d'un ordre qu'il défendra contre une nouvelle opposition, par les mêmes moyens (ou des moyens pires encore) dont il fut fait usage contre lui ; s'il n'est que partiellement victorieux, à  se réduire progressivement en une opposition réformiste, intégrée à  ce qu'elle projette de réformer ; s'il échoue, à  se muer en un corporatisme défensif, ou en un désespoir suicidaire. Ainsi, toute opposition radicale victorieuse devient le pouvoir auquel les forces révolutionnaires auront à  s'affronter ; toute opposition partiellement victorieuse, une part de ce pouvoir, et donc de l'objet de la révolution ; toute opposition radicale défaite, une scorie pesant sur le mouvement révolutionnaire. Nous avons donc à  être bien plus qu'une opposition à  l'ordre des choses : sa négation même.

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  • « Jusqu'à présent, les révolutionnaire n'ont fait que prendre le pouvoir; il s'agit maintenant de s'en déprendre»

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    Depuis la victoire de la révolution bourgeoise, plus aucune révolution n'a vaincu. C'est que la mesure même de la victoire ou de la défaite de la révolution a changé : il s'agissait en 1789 de renverser le pouvoir d'une classe, et les institutions qui matérialisaient ce pouvoir, pour lui substituer le pouvoir d'une autre classe, avec les institutions le matérialisant. Mais il ne s'agirait plus désormais pour une révolution aujourd'hui de substituer une classe à  une autre, d'installer un pouvoir à  la place d'un autre, mais d'abolir les classes, et de se passer des pouvoirs.C'est dire que, quelque discours que l'on tienne encore sur la révolution, il n'y a plus guère de mouvement révolutionnaire pour en faire autre chose qu'une nostalgie ou un rêve. Car ne peut être révolutionnaire qu'un mouvement qui se donnerait pour but l'abolition de l'Etat, du salariat et de la propriété privée, et traduirait cette volonté en actes, une organisation et une volonté qui refuserait la parcellisation de la critique, la division du travail politique, la médiation et la représentation de la volonté de changement. Autant dire que le révolutionnarisme, de nos jours, dans nos lieux, n'est plus guère qu'une posture...

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  • Un projet sans action n'est qu'un rêve. Une action sans projet n'est qu'un spasme.

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    Notre projet est d'abord un refus -le refus de la délégation. Ce refus implique le refus de l'autorité, de la spécialisation, de la hiérarchie ; le refus de l'Etat, du salariat, de l'appropriation privée ; le refus des dieux et des maîtres. C'est déjà  autre chose et c'est déjà  bien plus que n'en proposent les progressismes encore en état de proposer quelque chose, et qui, comme tout le monde, sont pour la paix, contre la guerre ; comme tout le monde, préfèrent la bonne bouffe à  la malbouffe ; comme tout le monde, veulent abolir la misère et amener la prospérité. Programmes de ventres pleins et de digestions paisibles.

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  • Ah, ça ira, ça ira, ça ira... oui,. mais où ? et quand ?

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    Nous sommes le 14 juillet. Et, réflexe pavlovien de vieux gauchiste, on va évidemment vous parler, ici aussi, comme dans "Le Courrier" de ce matin, de révolution . On ne fait d'ailleurs plus, dans nos pays et nos villes qui en connurent quelques unes, qu'en parler. On pourrait vous parler d'autre chose, la date se prêtant pour nous à  bien des détours et à d'autres célébrations, mais c'est de quelque chose qui traîne dans nos armoires, dans nos histoires, dans nos familles et dans nos bibliothèques dont nous écrivons ici. Quelque chose qui a cela, et peut-être cela seul, en commun avec l'amour et avec la liberté, qu'on ne peut ni le faire ni en jouir seul.

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