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  • Yes, we Kanaan !

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    Municipalité de Genève : Yes, we Kanaan !*

    Les socialistes de la Ville de Genève ont donc choisi, et bien choisi, Sami Kanaan pour accompagner Sandrine Salerno à l'élection du Conseil administratif, sur une liste qui portera aussi les noms des candidates et candidats des Verts et d'A Gauche Toute !.Sami Kanaan, Sandrine Salerno, Rémy Pagani sont déjà partants, et du chapeau vert vont la semaine prochaine sortir les noms d'une femme et d'un homme pour parfaire le choix présenté par l'Alternative. Au risque de lasser, on le redit, au cas où ça manquerait encore de clarté : l'exécutif municipal genevois est élu de fait à la majorité simple : les cinq candidates et candidats qui obtiennent le plus de voix sont élue-s dès lors qu'ils ont obtenu le tiers des suffrages. Pour autant qu'elle fasse listes communes, l'Alternative est donc en mesure de faire élire autant de candidates et de candidats qu'elle en présente. Quant à la droite, même si c'est la mendicité, pas l'aumône, qu'elle a fait interdire à Genève, c'est à elle de se battre pour garder un siège que la gauche n'a pas mission de le lui octroyer par compassion.

    *merci à Marko pour le slogan...

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  • Fonds de tiroir

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    Le PS de la Ville de Genève ouvre les candidatures pour sa liste au Conseil municipal (il la formera le 16 septembre). Mais attention : non seulement il faut que les candidatures soient motivées (bon, on ne demande quand même pas que les motivations exposées soient totalement sincères), mais en plus, il faut qu'elles respectent les statuts, et que les candidat-e-s aient demandé leur adhésion au parti avant le 17 septembre 2009... ben alors, si on peut même plus présenter n'importe qui, c'est le début du totalitarisme...

    Fin mai, les parlementaires fédéraux membres des commissions de gestion du Conseil national et du Conseil des Etats se sont enfermés dans un hôtel (de luxe, tout de même) de Thoune pour examiner le rapport sur la gestion par le Conseil fédéral de la crise d'UBS. Chaque exemplaire du rapport remis aux membres du groupe de parlementaires qui le présente a été numéroté, les autres parlementaires n'ont pu le consulter que pendant trois heures, et seulement dans une version expurgée de ses conclusions. Tout ça pourquoi ? pour éviter les « fuites » vers les media. Les « fuites » de quoi? de la révélation bouleversifiante que Hans-Rudolf Merz a fait ce que les banques lui ont dit de faire et tu ce qu'elles lui demandaient de taire... depuis quand l'enfoncement de portes ouvertes constitue un délit, dans ce pays ? ça nous rappelle une vieille plaisanterie du temps de l'URSS déjà sénescente : un type bourré hurle dans la rue « Brejnev est un con ». Arrêté par la milice, traîné à la Loubianka, présenté à la Prokuratura, il est condamné à cinq ans de camp de travail. Pour injure ou propagande antisoviétique ? Non : pour divulgation de secret d'Etat...

    La « Tribune de Genève » du 26 mai se fend d'un édito sur le bourrage de Champ-Dollon. Et elle a  ses solutions, la « Tribune de Yaka ». Originales, les solutions. Et qui ouvrent des perspectives nouvelles : « il faut construire au plus vite des pavillons provisoires » pour stocker les détenus, «accélérer la construction d'une nouvelle prison », pour pouvoir en stocker encore plus, « utiliser davantage le bracelet électronique », « appeler à l'aide les autres cantons » si leurs prisons ne débordenmt pas déjà, « négocier des accords avec certains pays pour que la peine soit exécutée chez eux ». Non, Jornot : la peine, seulement, pas le détenu... On n'en est pas encore dans les éditos de la « Julie » à réclamer l'ouverture de camps de travail et la transformation du stade de la Praille en stade de Santiago du Chili modèle 1973, mais, avec la clairvoyance que le canard manifeste déjà, on y vient, à grand pas... Heureusement que la «Tribune de Genève«  » est là pour nous souffler les bonnes solutions, yaka faire comme elle dit et les problèmes, ils sont réglés...

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  • « Renvoi des criminels étrangers » : D'une pierre, deux mauvais coups

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    La majorité du groupe socialiste au Conseil national a donc soutenu, en se bouchant le nez d'une main et de l'autre faisant le poing dans sa poche, le contre-projet, concocté par la droite pédécé et radelibe, à l'initiative UDC  « pour le renvoi des criminels étrangers ». Et ce vote socialiste est d'abord une ânerie, ensuite une compromission. Une ânerie, parce que le calcul tactique sur lequel il se fonde ( « si l'initiative vient seule devant le peuple elle sera acceptée, alors que si on lui oppose un contre-projet, il lui sera préféré ») relève d'un pari stupide; une compromission, parce que rien ne distingue fondamentalement le contre-projet de l'initiative, si ce n'est sa cohérence formelle et sa compatibilité avec le droit international. Une majorité de socialistes a donc choisi d'opposer à une initiative xénophobe et inapplicable, une loi tout aussi xénophobe, mais qui pourra être appliquée. Tous les élus du PS n'ont cependant pas tenu se raisonnement : plusieurs se sont abstenus, dont leur président, Christian Levrat, et une dizaine ont voté contre les deux textes, et ce faisant défendu une position socialiste sans la diluer dans des calculs tactiques hasardeux. Honneur à eux. Car le vote du Conseil national fait d'une pierre deux mauvais coup : il rend possible, puisque légale, des pratiques parfaitement discriminatoires, et il légitime, sur le fond, le discours tenu par l'extrême-droite,  les partisans du contre-projet sachant eux-mêmes que ce discours est fondé sur la manipulation des peurs, le trucage des chiffres et l'exploitation des préjugés tribaux.

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  • "La Gauche" : Qu'y faire ?

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    L'auteur de ces lignes est membre du Parti socialiste (genevois, en l'occurrence, sans qu'il sache précisément si cette circonstance est aggravante ou atténuante). Il en est même un peu vice-président. Et il sera au congrès fondateur de « La Gauche », samedi, à Lausanne, ce socialiste genevois. Que diable va-t-il y faire ? Pas de l'entrisme -le PS serait d'ailleurs bien incapable d'en tirer bénéfice. Alors, quoi ? On dit qu'il faut juger un arbre à ses fruits. Certes, mais pour qu'un arbre donne des fruits, il faut bien d'abord le planter, cet arbre, et le faire pousser. On pourrait certes « attendre de voir », poser son cul dans l'herbe tendre du champ politique connu et laisser les autres tenter l'expérience de l'ouverture d'un champ politique nouveau, puisque « La Gauche » veut être autre chose qu'un parti politique de plus... mais tout de même, est-ce qu'il n'y a pas quelque urgence à contribuer à le faire naître cet espace politique nouveau, avant que toutes les volontés de le faire naître s'y soient épuisées ? C'est bien joli, se dit le socialiste de service, de continuellement donner des leçons aux autres, mais il serait peut-être temps de les suivre soi-même, ces leçons... A samedi, camarades...

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  • Banquiers pyromanes, pompiers socialistes

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    Le 7 juin, les Chambres fédérales devront se prononcer, sur injonction du Tribunal administratif fédéral, sur l'accord conclu en 2009 avec les Etats-Unis, par lequel la Suisse s'était engagée à fournir aux USA l'identité de 4450 contribuables américains titulaires de comptes dans les banques helvétiques. Pour faire passer cet accord auprès d'une majorité parlementaire impliquant le PS, le gouvernement a présenté une « feuille de route » contenant des intentions de dispositions supposées limiter les risques liés aux grandes banques, et encadrer leurs politiques de bonus par un taxation des plus somptuaires -mais sans que cela s'applique rétroactivement à l'UBS. Problème : il n'y a a priori pas de majorité parlementaire sur ces deux objets : l'UDC est opposée aux deux, le PS veut des engagements plus précis et plus contraignants, et les radicaux-libéraux ne veulent pas de réelles mesures de régulation des banques. En fait, seul le PDC est d'emblée  disposé à voter l'accord en se contentant de la « feuille de route ». Le PS acceptera-t-il, et en en faisant payer quel prix, de jouer les pompiers gouvernementaux pour « sauver l'accord UBS » ?  « Il n'y a pas d'alternative à l'accord entre la Suisse et les Etats-Unis », assure Micheline Calmny-Rey. Pour pérenniser le système bancaire, en effet, l'accord est sans alternative. Mais il y a un prix politique à payer pour que le PS  accepte de le ratifier. Or ce prix (l'encadrement du système bancaire, la limitation des bonus), la droite n'est apparemment pas encore prête à le payer au pompier socialiste...

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  • Programme socialiste et « développement durable »

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    Camarades, encore un effort pour être écosocialistes...

    Dans le projet de programme du PSS, on trouve ceci :  « L'objectif du Parti socialiste est le suivant : assurer une qualité de vie optimale à un maximum de personnes à l'intérieur et à l'extérieur de nos frontières. La voie qui y mène, c'est le développement durable. Au 21e siècle, c'est le seul principe défendable en matière d'action politique, sociale et économique ». Le « seul principe défendable », vraiment, ou plutôt le seul principe a priori acceptable par l'opinion publique ? Si acceptable a priori qu'il est devenu une sorte d'invocation rituelle, de laquelle plus aucun programme politique ne pourrait se priver...  Pour le PSS, au-delà de l'invocation, il s'agirait de donner une « priorité à la perspective à long terme et non à l'action à court terme », de promouvoir une « logique sociale, écologique et économique et non pas la logique d'entreprise capitaliste », de  mettre l'économie financière « au service de l'économie réelle au lieu de mettre l'économie réelle au service - à haut risque - de l'économie monétaire et du capital financier », d'aménager la croissance économique « de telle sorte que nous consommions moins de ressources au lieu d'en consommer toujours davantage, au détriment des plus pauvres et des générations futures »,  de « faire primer la force du droit sur le droit du plus fort », de « placer la démocratie politique au-dessus des prétentions de celles et ceux qui veulent soumettre toujours plus de domaines de la vie au régime du marché »... Tout cela est fort bien et fort juste. Mais peut-être encore insuffisant pour donner un réel contenu politique, socialiste, au « développement durable ».

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  • Parti Socialiste Suisse : Deeemandez l'prograaamme !

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    Le programme du Parti Socialiste Suisse date de 1982. Il avait alors été adopté au terme de longs et tumultueux débats, autour de l'ambition de « dépasser le capitalisme ». Le capitalisme s'étant lui-même dépassé tout seul par la droite et par la crise, le PSS a quelque peu réduit son ambition : Il n'entend plus « dépasser le capitalisme » (par la gauche), mais le civiliser, ce qui au moins, en creux et sans le dire, le désigne bien comme une forme de barbarie. Un nouveau projet de programme est donc soumis à consultation des militants, des sections, des partis cantonaux : il entend réaffirmer les  « valeurs socialistes fondamentales » héritées de la Révolution française et des révolutions démocratiques du XIXe siècle et qu'il résume par trois mots faisant écho à ceux, précisément, de la Révolution :  « Liberté - Justice - Solidarité » (autrement dit :  « Liberté - Egalité - Fraternité »). On constatera et on regrettera la disparition de l'égalité, qui est plus précisément que la  « justice », au coeur du projet socialiste.  Reste à savoir ce que nous ferons de ces mots ronflants, qui sont certes les nôtres, mais qui ne prennent de sens que s'ils expriment autre chose qu'une référence déclamatoire : un projet de société, alternatif à la réalité sociale, et se donnant les moyens de sa réalisation. Autrement dit : un projet subversif. Ce que le projet de programme du PSS est encore très, très loin d'être.

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  • Vers l'emploi vert...

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    Le Parti socialiste suisse lance une initiative populaire fédérale, soutenue par les Verts et les syndicats, pour « de nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables », titre malencontreusement résumé en anglo-zurichois par un très ridicule « Cleantech » qui renvoie plus à une marque de détergent qu'à un projet politique. L'initiative vaut mieux que cette navrante trouvaille publicitaire : elle vise à libérer la Suisse de sa dépendance à l'égard des énergies non-renouvelables, et à créer des emplois dans le secteur des énergies alternatives en y soutenant l'innovation et l'investissement privé et public. Les énergies alternatives et les technologies dites « propres » (encore qu'il il faudrait y regarder d'un peu plus près pour être sûrs qu'elles méritent ce label: comment, avec quoi, où et dans quelles conditions produit-on les panneaux solaires, par exemple ?), sont en effet, comme l'écrit le présidnt du PSS Christian Levrat, « synonymes d'emplois pour le futur », à condition que les investissements suivent et qu'une véritable volonté politique de les promouvoir se traduise en actes (en en lois incitatives, du moins tant qu'on a encore besoins de lois). De là à croire que « les technologies propres nous sortiront » de la crise « où l'industrie financière nous a jetés », il y a sans doute un pas qu'on ne franchira qu'avec beaucoup d'ingénuité...

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  • Congrès du PS genevois : De Nivôse en Germinal

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    C'est le dernier jour de l'hiver, et donc le dernier jour du mois de Pluviôse, que le PS genevois tient congrès, demain, samedi. Ce jour, dans notre calendrier préféré, est le jour du plantoir. De quoi le plantoir est-il le présage ? d'une prochaine germination (puisque le lendemain nous entrons en Germinal en même temps que dans le printemps) ou d'une nouvelle plantée ? A s'en tenir à ce que les media locaux en ont dit, le congrès socialiste aurait un enjeu principal : savoir si le futur président du PS genevois sera René Longet ou Alberto Velasco. On rappellera seulement à ce sujet que si toutes celles et tous ceux qui, entre deux couloirs, off the record et sous couvert d'anonymat, ont rendu le président sortant seul, ou principal, responsable de la baffe électorale reçue par le PS à l'automne dernier, s'étaient présentés, en toute cohérence, contre ce président supposé avoir été défaillant, les socialistes auraient demain le choix entre cinquante candidates et candidats à la présidence -et pas deux. Or seul Alberto Velasco a eu, disons le courage pour ne pas user d'une métaphore plus hispanique et machiste, de se lancer... De toute façon, l'important n'est pas forcément de savoir qui présidera le PS dès le dernier jour de Nivôse, mais plutôt de savoir ce que, et ce à quoi, il présidera dès le premier jour de Germinal...

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  • PS : Parité missa est ?

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    L'inconfort de la règle

    Demain soir, le PS de la Ville de Genève va gravement s'interroger sur le maintien ou non de l'exigence statutaire de parité des genres sur ses listes électorales. Les statuts d'un parti politique sont en quelque sorte sa constitution. Comme une constitution, ils sont modifiables, révocables, adaptables, partiellement ou globalement. Un parti politique est un instrument, et ses statuts le mode d'emploi de cet instrument. Mais de quoi un parti est-il l'instrument ? d'un programme, d'un projet, d'une volonté politique collective, ou de plans de carrière ? Modifier les règles d'une élection quelques mois avant les élections, c'est se livrer à un exercice dont les gouvernements français (par exemple) sont coutumiers : on redessine les circonscriptions, on modifie le système électoral, on redéfinit les conditions de candidatures en fonction d'objectifs et de calculs électoraux, plus ou moins crédiblement fardés de références à quelques grands et sonores principes politiques... il y a fort longtemps qu'un tel bricolage ne devrait plus tromper personne, surtout à gauche. Après la parité, contestée parce qu'elle gène avec la même ferveur qu'elle était soutenue lorsqu'elle pouvait être instrumentalisée, ce sont d'autres dispositions des statuts socialistes (le non cumul des mandats, leur limitation dans le temps, etc.) qui vont donc être mise en cause pour les mêmes raisons d'où les principes sont aussi absents que sont pesants les calculs carriéristes, les détresses de fin de mandat ou l'envie de cumuler les postes. La règle de la parité est inconfortable ? Certes. Mais elle est précisément là pour cela...

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  • Faire son deuil de la social-démocratie

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    Résurrection ou réinvention ?

    Trois grands mouvements politiques ont constitué, en trois siècles, nos sociétés : le libéralisme, le radicalisme démocratique, la social-démocratie. La libéralisme en a constitué la base économique et le champ culturel, le radicalisme démocratique en a fondé les institutions politiques, la social-démocratie a accouché de l'Etat social. Mais ces trois mouvements sont, tous trois, arrivés au bout de leur rôle. Ils ont épuisé leur mission. « Le monde a besoin d'une social-démocratie forte », assure, sincèrement, René Longet... On se permettra ici d'en douter, de considérer la social-démocratie, en  tant que projet politique de changement fondé sur l'Etat social, l'Etat de droit et l'Etat acteur économique, comme un moment dépassé du mouvement socialiste, et de penser que « le monde» a désormais moins besoin d'une social-démocratie ressuscitée que d'un socialisme réinventé. Pour paraphraser (et quelque peu détourner) Gramsci, on se dira qu'en ce moment d'interrègne entre un monde qui meurt et un monde qui tarde à naître, les héritiers des mouvements fondateurs du premier ont à les réinventer, ou à en faire leur deuil.

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  • Congrès du PSG et cirque médiatique : L'attrait de la mangeoire

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    Atone, exsangue, subclaquant, le PS genevois ? Allons donc... les socialistes genevois sont frétillants : c'est en rangs serrés qu'ils défilent devant les micros matutinaux et les caméras vespérales, communiquant leurs états d'âme à un public aussi improbable que l'intérêt qu'il porte à ce concours de lieux communs débités en tranches de langue de bois brut. Peu importe d'ailleurs : rien n'est plus urgent qu'être du nombre des figurants, et l'erreur cardinale serait de ne pas participer à cette foire aux vanités picrocholines. On ne donnera donc pas cher des chances de carrière politique du militant inconscient qui, dans la dernière livraison du bulletin socialiste « Post Scriptum » se demande s'il ne faudrait pas, même si ce devait n'être qu'« au cas par cas », refuser d'alimenter « la chaîne d'abattage médiatique », prendre le « risque de n'être pas représenté sur les devantures », déserter les étals de la « pipolisation du politique »... prends ton mal en patience, Sylvain : le congrès du PS se tiendra dans trois semaines  et tu n'as pas fini d'entendre le matin et de voir le soir, collès contre les micros et les caméras comme des phalènes sur un lampion, ces socialistes persuadés qu'ils ont non seulement quelque chose à dire, mais même que quelqu'un attend qu'ils le disent. C'est qu'il est puissant, l'attrait de la mangeoire médiatique...

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  • Les socialistes genevois en conclave

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    Se réinventer ou se dissoudre

    Les socialistes genevois organisent ce samedi (on n'y sera pas, l'exercice est un peu trop convenu pour y sacrifier une grasse matinée ou une manif) un petit conclave d'après défaite électorale, pour s'interroger sur les raisons de cette défaite, les conséquences à en tirer et les décisions à prendre pour remonter la pente. Or le Parti socialiste genevois n'est pas à rénover, à reconstruire, à repenser, à réorganiser ou à recomposer, mais à réinventer. Radicalement, et totalement. Il n'a guère le choix : il doit se réinventer, ou se résigner à se dissoudre, lentement mais sûrement, comme le glorieux parti radical du XIXème siècle s'est dissout en tant que parti politique (c'est-à-dire d'organisation porteuse d'un projet politique) pour se résumer et se résorber en un appareil électoral doublé d'un office de placement. Le PS est à réinventer : cela signifie la réinvention de sa ligne politique, de son programme, des ses pratiques, de sa base sociale, de son insertion institutionnelle, de son personnel politique même. Et cela signifie aussi que les promesses de le « reconstruire » ne sont que des promesses de ravalement de sa façade. Mettre un crépi neuf sur un bâti branlant peut tenir un moment. Pas longtemps. Le temps, peut-être, et encore, d'une campagne électorale. Et après ? Après, le  crépi s'écaille, le bâti se donne à voir tel qu'il est, puis s'écroule, lentement, dans l'indifférence générale.

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  • Stress post-traumatique au PSG

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    Querelles d'écuries
    Alors comme ça, on aurait perdu les élections à cause de nos " divisions internes " ? Vieille histoire, et vieux prétexte. " Le PS, combien de divisions " est une question aussi vieille que le PS et le débat entre Jules Guesde et Jean Jaurès (ou Léon Nicole et Charles Rosselet, pour rester genevois). Mais il y a " divisions " et " divisions ", il y a celles qui reposent sur des différences de conceptions, de stratégies et de projets et celles qui se réduisent à des affrontements de clans, de coteries et d'écuries pour des plans de carrières. Quand en période d'élections ou de désignations internes, la première question qu'un-e militant-e socialiste pose à un-e autre est " pour qui tu roules, toi ? ", il y a quelque chose de pourri au royaume du débat politique. Et les quelques un-e-s qui, à cette question stupide, donnent la seule réponse qui convienne (" je ne roule pour personne, je roule pour un projet "), ceux-là ou celles-là passent pour des illuminés ou des attardés mentaux. Inutile de dire que nous en sommes, pleinement. Plutôt que s'agiter pour que se tienne un " congrès extraordinaire " sur fond de théorie du complot et sur l'air de " c'est la faute à Tornare, à Sommagura, à Kast, à solidaritéS et à Unia " (ben et nous, alors ?), il serait temps pour les socialistes genevois de prendre conscience que quand un parti politique s'organise en écuries personnelles concurrentes, il n'est pas surprenant qu'il produise plus de litière que de projet.

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  • Election du Conbseil d'Etat : M'en fous, j'ai la peau dure, ça fait pas mal…

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    Genève était gratifiée d'un gouvernement de " centre-gauche " avec un parlement très, très à droite. C'était une originalité, une spécialité locale, quelque chose entre la longeole et la marmite de l'Escalade. Pour quatre ans, on est retombé dans la normalité. La question était de savoir qui, des Verts ou des socialistes, allait en faire les frais et perdre, au profit de la droite, le siège qui allait donner la majorité au camp majoritaire. Ce siège perdu au profit des libéraux est un siège socialiste, alors même que le PS a obtenu plus de bulletins que le parti libéral, mais au final, ça s'est joué à 1200 suffrages. Une paille… Ce qui a fait la différence, ce sont les alliances : aux bulletins libéraux se sont ajoutés les bulletins PDC et radicaux, qui présentaient également les deux candidatures libérales, alors qu'aux bulletins socialistes ne se sont ajoutés que les bulletins verts, en l'absence de bulletins de solidaritéS ou du PdT, et d'une recommandation de vote des communistes. Pris en tenaille entre la progression des verts et la division de la " gauche de la gauche ", le PS était la victime toute désignée de la normalisation politique genevoise. Il n'y aurait échappé qu'en la faisant payer aux Verts, dans un jeu à somme nulle : si le siège gagné par les libéraux n'avait pas été celui revendiqué par Véronique Pürro, c'est Michèle Künzler qui aurait fait les frais du basculement de majorité. Il fallait bien que quelqu'un paie l'addition du changement de majorité : c'est le PS qui casque, et ça n'est pas une surprise.

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  • Election du Conseil d'Etat : Ouf, et bof…

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    Et oualà, c'est fait, on a un nouveau Conseil d'Etat, on va maintenant pouvoir passer aux choses sérieuses -et elles ne manquent pas. " Ouf " et " bof ", donc... " Ouf " parce que le MCG n'est pas entré au Conseil d'Etat. On ne s'attendait d'ailleurs pas vraiment à ce qu'il y soit : dans une élection au système majoritaire, à deux tours, face à deux coalitions représentant chacune un tiers des électeurs, un parti solitaire, qu'il soit de gauche ou de droite, n'a pas grande chance. Les deux candidats MCG obtiennent toutefois un résultat remarquable, bien supérieur à celui de leur seul parti. Quant à l'UDC, son candidat n'a même pas réussi à jouer les utilités -sinon celle, dont il convient de lui être reconnaissant, de priver le MCG des quelques milliers de suffrages qui auraient permis à Mauro Poggia d'être élu à la place de Michèle Künzler. " Ouf ", donc. Et puis, " bof ", puisqu'on est mollement retombé dans la normalité : la majorité de l'électorat actif a voté à droite, la majorité du parlement est à droite, la majorité du gouvernement sera à droite comme elle l'est constamment depuis plus d'un siècle, à deux législatures près. Aucun mouvement n'a bougé les lignes et malgré une participation en hausse, le gouvernement de la République n'a une fois de plus été élu que par une minorité d'un corps électoral qui n'est lui-même qu'une minorité de la population : le mieux élu de nos ministres n'a obtenu le soutien que d'un-e habitant-e de Genève sur neuf et à peine 1200 suffrages séparent la plus mal élue de la meilleure non élue.

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  • PS, Conseil d'Etat : Le mol désir de rester, le dur devoir de partir

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    On s'est beaucoup gaussé ici de l'incompétence tactique et stratégique de la " gauche de la gauche ". Mais finalement, à bien y regarder, le PS lui ressemble  beaucoup plus qu'il l'admet, à cette gauche très gauche : Chez nous non plus, on ne change pas une stratégie qui perd. Depuis 1997, à chaque élection cantonale, le PS perd entre 10 et 35 % de son électorat et de ses sièges au Grand Conseil, pour arriver, aujourd'hui, à moins de 13 % des suffrages. Et à 15 % des sièges grâce à l'aide désintéressée d'un ancien Conseiller d'Etat socialiste, dont la liste, en empêchant celle de solidaritéS et du PDT d'obtenir le quorum, a fait cadeau aux socialistes de deux sièges de députés que leur score électoral ne leur aurait pas permis d'obtenir. Le choix que le Comité directeur du PS proposait à l'Assemblée générale de ce soir de confirmer, c'est de rester dans la position où il est depuis douze ans : un pied au gouvernement, un pied dans l'opposition.  Un choix  dont les fruits sont, pour le PS, en douze ans : la perte de 40 % de son électorat et d'un tiers de sa députation.

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  • Election du Conseil d'Etat : le choix socialiste

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    L'opposition ou la disparition

    Le Parti socialiste genevois n'est certes pas le plus grand perdant des élections au Grand Conseil (les libéraux ont perdu plus que lui, et tous les partis, à l'exception des Verts, ont fait les frais de la percée du MCG), mais il est sans doute le plus grand perdant de la législature qui s'achève. Il est donc le seul à devoir se poser la question d'un véritable changement de stratégie. Il est le perdant de cette législature, parce qu'il s'est retrouvé dans la situation impossible d'être à la fois impliqué dans la politique menée par un gouvernement auquel il participe, et dans l'opposition à cette politique. Le PS paie au prix fort sa participation à une majorité gouvernementale théoriquement (très théoriquement…) de " centre-gauche ", mais contrainte, par une majorité parlementaire de droite ou par le virage à droite des Verts, à mener une politique dont les attributs de gauche sont indiscernables. Sa présence gouvernementale a donc eu, pour la droite, une utilité, et une seule : l'empêcher de jouer pleinement la carte de l'opposition. Et pour le PS, au fond, le choix est simple : il est entre l'opposition et une lente et régulière érosion, le menant à disparaître en tant que force politique de gauche, et à ne plus subsister que comme partenaire mineur d'un grand centre mou allant de lui au PDC en passant par les Verts. Une sorte de marigot dans le marais, quoi.

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  • Bon, et maintenant, on fait quoi ?

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    A Piogre, on a ferré les mouches (xénophobes et drosophiles) et au soir de l'élection du parlement de la République, on ressent comme une impression de " déjà vu ", à tout le moins de " déjà prévu " : le MCG cannibalise l'UDC, le PS recule, les Verts progressent, les radicaux et le PDC continuent de s'effriter, les libéraux se gaufrent malgré les rodomontades de leur commissaire politique, et le retour au parlement de la gauche de la gauche est entravé par le lancement d'une liste parasitaire...  Résultat : le parlement élu est encore plus à droite que le précédent, et encore moins représentatif des rapports de force politiquer réels, avec une gauche parlementaire, réduite au seul PS. Rien de tout cela ne bouleverse, ni la réalité politique, ni la perception qu'on en a. Mais tout cela clarifie, encore un peu, les situations et les choix. Reste à savoir quelles conclusions doivent être tirées de cette perception, et quelles décisions prises -la première de ces décisions portant sur l'élection du Conseil d'Etat, prochaine échéance dans le calendrier politique institutionnel, et donc première occasion pour le PS de dire si la situation dont il sort par une défaite, celle d'un parti empêché de jouer son rôle de parti d'opposition, lui convient à ce point qu'il compte bien y rester encore quatre ans de plus. Pour en ressortir dans quatre ans encore plus affaibli.

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  • Election du parlement d'un tiers de Genève : Oligarchie intra muros

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    On élit en ce moment le parlement de la République et canton de Genève. Une République qui abrite la moitié de la population de la région, sur le quart ou le tiers de sa superficie. Le parlement cantonal qui va être élu dans dix jours ne sera donc que le parlement de cette moitié sur ce tiers -encore faut-il ajouter que seule une minorité de la population du canton ayant le droit d'élire son parlement, la majorité n'ayant pas l'âge ou la nationalitlé de ce droit, le parlement de la Genève politique ne sera désigné, dans l'hypothèse la plus optimiste, que par un sixième de la Genève réelle et les lois que ce parlement adoptera ne s'appliqueront que sur une portion du territoire genevois, enclose dans des frontières dessinées il y a bientôt deux siècles. Quand on aura que ces lois sont élaborées par un " monde politique " genevois d'un millier de personnes (députés au Grand Conseil et Conseillers d'Etat, Conseillers administratifs, Conseillers municipaux de la Ville et des grandes communes, membres des directions des partis politiques et des grandes organisations sociales), on aura dessiné une situation connue : Mille personnes, décidant pour plus d'un demi-million d'autres, cela s'appelle l'oligarchie. Notre république démocratique est redevenue une république oliharchique -et nous sommes de son oligarchie, ou à tout le moins en sommes nous proches...

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