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  • Acquittons le jury !

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    Bonne nouvelle : le front politique qui semblait s'être constitué, des socialistes aux libéraux en passant par les verts, les radicaux et les démo-chrétiens, pour appeler le peuple à condamner le jury populaire à mort, se désagrège : radicaux et verts ont lâché leur groupe parlementaire et leurs magistrats professionnels, et appellent désormais à refuser la suppression du jury. L'UDC et le MCG d'un côté du champ politique, l'AVIVO et " A Gauche toute de l'autre ", ont pris ou prendront très vraisemblablement la même position. Et au bout du compte, il n'y aura plus guère que le PDC, les socialistes et les libéraux (et encore : les derniers cités sont vacillants) pour récuser le jury. Le PS, les libéraux, les démo-chrétiens ? trois partis sur-représentés dans l'appareil judiciaire, et au sein desquels la corporation judiciaire est sur-représentée : on hésitera à ne voir qu'une coïncidence hasardeuse entre cette sur-représentation et le mot d'ordre de ces trois partis. On n'hésitera pas, en revanche, à recommander de voter " non ", le 17 mai, à la suppression d'une institution pas moins démocratique que celles qui en recommandent la mise à mort...

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  • Un souk, c'est un souk

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    C'est le printemps, le patronat de la vente et les partis politiques à son service bourgeonnent et, comme chaque année, à pareille époque (ou à un autre moment, peu importe la saison, l'occasion faisant les larrons) repart en guéguerre pour " élargir " les horaires d'ouvertures des magasins (surtout des grands et des supermarchés).

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  • Dur, dur, Durban II

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    Genève accueille dès le 20 avril une Conférence mondiale contre le racisme, devant dresser le bilan des mesures engagées depuis la conférence de Durban (Afrique du Sud), en 2001. Parallèlement, un Forum de la société civile et des ONG se réunira. La Conférence de Genève semblait assez mal partie : le Canada, Israël, l'Australie et les USA refusaient de participer à un sommet que nombre de pays arabes voulaient transformer en un procès du seul Israël, et auquel l'Organisation de la conférence islamique voulait proposer une déclaration finale condamnant la " diffamation des religions ". On s'acheminait vers un dialogue de sourds et un jeu de chaises musicales vides, quand un nouveau projet de déclaration finale a été présenté pour faire consensus. Mais consensus sur quoi ? Et acquis au prix de quels compromis ? " Aucune barrière de taille ne devrait plus entraver un résultat couronné de succès ", a déclaré la Haut Commissaire. Sans doute. Surtout si le succès d'une conférence se mesure à l'adoption finale d'un texte acratopège.

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  • Abolition du Jury populaire : Sans gêne et sans crainte ?

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    A une forte majorité (59 contre 12), le Grand Conseil genevois a adopté un projet de modification de la Constitution cantonale, abolissant le Jury populaire. Le peuple devra se prononcer en mai prochain. Tous les partis représentés au Grand Conseil, à l'exception du MCG, vont vraisemblablement défendre, au nom de la " compatibilité avec le droit fédéral ", l'abolition du jury populaire. Mais l'opposition à cette abolition n'en est pas moins présente, et vivace. Et le résultat du vote est incertain. Le nouveau droit pénal fédéral n'abolit d'ailleurs pas explicitement le jury, s'il impose aux jugements de nouvelles conditions, et de nouvelles voies de recours, dont les partisans de l'abolition affirment qu'elles sont incompatibles avec le maintien de la vieille institution citoyenne, et dont les adversaires de l'abolition affirment au contraire qu'elles peuvent parfaitement coexister, au prix de quelques réformes, avec cette institution. Ce ne sont en tous cas pas ces querelles de juristes qui feront la décision, éminemment symbolique -et donc politique.

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  • Ecoquartiers ou boboghettos ?

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    Vers le développement durable de la ségrégation sociale

    Qui n'a pas son projet d' " écoquartier " ? L'implantation d'un " écoquartier " sur le site d'Artamis (en 2011, 2012 ou 2013, quand le site aura été décontaminé de toutes les saloperies laissées par les Services Industriels qui l'occupaient avant les milieux alternatifs) est pratiquement acquise, a annoncé Rémy Pagani; les radicaux ont eux aussi leur projet d' " écoquartier ", à la pointe de la Jonction. Quant aux Verts, trois de leurs députés ont déposé et fait accepter une motion pour en installer un à la Concorde, à Châtelaine, après que la Fondation Emile-Dupont pour des habitations bon marché ait décidé de démolir et de reconstruire une vingtaine d'immeubles du quartier des Ouches. La liste n'est ni exhaustive, ni close. Les écoquartiers sont conçus pour qu'on y privilégie des principes de " développement durable " (énergies renouvelables, toitures végétalisées, récupération des eaux de pluie, potagers etc…), qu'il n'y a cependant aucune raison de réserver à l'usage de quartiers expérimentaux, et qui mériteraient d'être appliqués dans toute la ville. Sauf à n'avoir aucun sens.

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  • Quoi de neuf ? des prisons !

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    Impasses carcérales

    A Genève, on dénombrait 502 détenus pour 270 places à Champ-Dollon le 14 janvier. Ouverte en janvier 2008, avec l'espoir qu'elle soulagerait Champ-Dollon d'une partie de la masse de détenus qu'on y entasse, la prison de la Brenaz, prévue pour 68 détenus, a été remplie en quelques mois. Et est aussi entrée en sur-occupation. Le sort du projet " Curabilis " (62 places pour détenus mentalement perturbés et dangereux) sera le même. Quand on construit une prison, on la remplit. Et quand elle est pleine, on continue à la remplir. Jusqu'à ce qu'on en construise une nouvelle. Pour la remplir. Et ainsi de suite. Ce mouvement perpétuel signe une impuissance.

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  • Salon de l'Auto : La Foire aux vanités

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    Un ménage sur cinq en Suisse (un sur trois en Ville de Genève) n'a pas de voiture, et un tiers de ces " ménages sans voiture " y ont renoncé pour des raisons de principe (défense de l'environnement, qualité de vie). En 2005, les " sans voiture " représentaient 29 % de la population suisse en âge et en état d'avoir le permis de conduire, et 43 % de cette population dans les cinq " grandes " villes de suisse (50 % à Bâle). Quant à ceux qui s'accrochent à leur bagnole, ils dépensent en moyenne suisse pour elle 265 francs par mois, soit le double de ceux qui s'en passent dépensent pour leur mobilité. A Genève, une initiative populaire en faveur de la " mobilité douce " est lancée : elle vise au développement des pistes cyclables, des stationnements pour vélos et des cheminements piétonniers. Cette initiative est à soutenir. Reste que selon une étude de l'institut " Interface ", la plupart de ces " objecteurs de bagnole " sont des personnes avec un haut niveau de formation et un bon revenu, ce qui suggère qu'une bonne partie des automobilistes sont socialement contraints de l'être, et que seule une action politique volontariste en faveur des transports publics et, à terme, de leur gratuité, peut offrir à toutes et tous une réelle liberté de choix : comment en effet se rendre à son travail quand on travaille de nuit et qu'on habite à vingt kilomètres de là où on travaille ?

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  • AVIVarium pour vieux crocodiles de gauche

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    Du nouveau avec du vieux sur le marché électoral :

    Dans " Entreprise romande ", en novembre dernier, l'éditorialiste s'inquiétait : même des vieux de droite ont voté pour l'AVIVO lors de l'élection de la Constituante, alors que cette association est clairement marquée à gauche. Explication de l'édito patronal : les partis bourgeois ne font rien pour s'attirer la " clientèle " des aînés -même des leurs : " la droite politique laisse encore à la gauche le bénéfice d'un apparent souci des aînés ". Et vu le vieillissement de la population, ça pose problème : la part des aînés dans l'électorat est de plus en plus importante, et si la gauche est seule à s'en préoccuper, la droite aura quelques soucis à se faire (sauf l'UDC, qui capitalise le vote des aînés -mais pour de toutes autres raisons que celles liées à la défense de leurs droits). Encore faut-il faire la différence entre l'élection d'une Constituante, avec un taux massif d'abstention et la participation de plusieurs listes associatives, et l'élection d'un parlement : ça n'est pas parce que l'AVIVO a obtenu 10 % des suffrages il y a six mois qu'elle obtiendra le quorum dans six mois...

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  • Prolétaires de tous les pays, repoussez-vous ?

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    " En général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l'extrême l'antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C'est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange." "(Karl Marx, Discours sur le libre échange)

    Libre circulation des idiots utiles

    Le débat sur la "libre circulation" n'a peut-être pas beaucoup fait progresser la compréhension de l'enjeu, mais nous aura au moins permis de retrouver, toute frétillante, au fond, à gauche, une espèce qu'on espérait en voie de disparition : celle des "idiots utiles", que le célèbre zoologue russe V.-I. Oulianov avait insérée dans les listes de Linné et Buffon, quelque part entre le cheval de trait et le boeuf de labour. Nous voilà donc avec un comité "de gauche" opposé à la libre-circulation des travailleurs, au nom de la lutte contre le "démantèlement social", comme si empêcher les Bulgares et les Roumains de venir travailler légalement en Suisse allait renforcer en quoi que ce soit la résistance au néo-libéralisme, ici et ailleurs. Si le "non" l'emporte le 8 février, la victoire ne sera pas celle des "idiots utiles" du "non de gauche", mais celle des gros bataillons électoraux de l'aile dure de l'UDC, celle-là même qui poussait le patronat de la construction à ne pas céder à l'exigence des travailleurs de ré-établir une convention collective nationale. Si le "non" gagne, ce sont les partisans des privatisations, des coupes dans les assurances sociales, de la sous-enchère salariale et du démantèlement des garanties conventionnelles, qui l'auront emporté. Et d'entre eux, quelques employeurs de travailleuses et travailleurs au noir. Les défenseur d'un "non de gauche" à la "libre circulation" se font, inconsciemment (mais en toute bonne fausse conscience) les fourriers de cette victoire possible de ce que le champ politique de ce pays fait pousser de pire. Comme si c'était contre d'autres travailleurs, et non contre le patronat qu'il convenait de protéger les travailleurs de Suisse. Le "non de gauche", le 8 février, ne pèsera rien face au "non" d'extrême-droite. Il ne sera qu'une force d'appoint aux xénophobes; une force peut-être nécessaire à une victoire de l'UDC, mais parfaitement nuisible au renforcement de la solidarité entre travailleuses et travailleurs suisses et étrangers, résidants et immigrants, immigrants "traditionnels" et immigrants nouveaux. Mais il y a encore pire que ces "idiots utiles" à l'UDC. Il y a ceux qui croient, pouvoir renforcer le camp du "oui" en menant la poilitique prônée par le camp du "non". Le pire, ou le tréfond, est atteint (du moins pour l'instant, le pessimisme de la raison contredisant ici l'optimisme de la volonté, et suggérant qu'à Genève comme en Algérie, "quand on a touché le fond, on ne remonte pas, on creuse") avec la rafle de mendiants roms organisée à Genève par nos démocratiques et humanistes zautorités, lesquelles assument sans honte apparente l'intégration de la rafle policière dans la liste des méthodes de campagne électorale. Pour les élections cantonales de cet automne, on nous prévoit quoi pour "couper l'herbe sous les pieds de l'extrême-droite" ? Un pogrom ?

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  • Txapela batez ez daite bi buru esta*

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    * " On ne peut pas mettre deux têtes sous un seul béret " ; quant à empiler les bérets sur la même tête, comme le dit le président du PS dans la "Tribune " de hier : " on ne peut pas être au four et au moulin. Les cumulards s'épuisent, épuisent les autres et déçoivent ".

    En bons spécialistes qu'ils sont de la proclamation de grands principes sonores suivie de petits accommodements avec la réalité, les partis politiques genevois se penchent sur la question du cumul des mandats. Les Verts ont exclu ce cumul dans leurs statuts, mais Bob Cramer est à la fois Conseiller d'Etat et Conseiller aux Etats; les socialistes aussi l'ont exclu dans leurs statuts, mais s'apprêtent à pouvoir y déroger; le MCG, dont un député (Cerutti) cumule son mandat avec celui de Conseiller administratif de la deuxième commune du canton, propose de modifier la Constitution pour interdire le cumul d'un mandat de Conseiller d'Etat avec un mandat au Chambres fédérales.

    Omelette aux cumulardons

    Les socialistes, comme d'autres (les Verts, notamment) proscrivent statutairement le cumul des mandats, mais, comme d'autres, se laissent la possibilité de déroger au principe du non-cumul. Il se trouve qu'une assemblée générale socialiste, oublieuse des traditions pragmatiques du parti, a fauté : elle a adopté une règle de non-cumul du mandat de constituant-e avec tout autre mandat électif, sans prévoir la possibilité de ne pas appliquer cette règle. On n'a pas idée de vouloir être cohérents… Il ne s'est donc pas passé deux mois après l'élection de la Constituante pour que les vieux réflexes reprennent le dessus. Et pour que les socialistes s'apprêtent, ce soir, à ré-autoriser, entre deux mandats électifs (à la Constituante et au Grand Conseil) le cumul qu'ils avaient interdit. Ils ne l'avaient pourtant pas interdit sans raisons, dont les deux principales sont de principe : d'une part il s'agit d'élargir au maximum le nombre des représentant-e-s dans les diverses institutions politiques, ce qui suppose que l'on évite d'envoyer la même personne dans plusieurs institutions, la représentativité d'un parti politique se mesurant aussi à la variété des femmes et des hommes qui le représentent; d'autre part, il s'agit d'impliquer le maximum de personnes différentes dans le travail politique. Ces deux principes paraissaient suffisamment fondamentaux pour qu'on n'y déroge pas, fût-ce occasionnellement. Quelque chose aurait donc changé ? le résultat de l'élection de la Constituante, s'agissant des socialistes comme d'autres, ne fut pourtant pas tel que le PS pût se satisfaire de la variété des genres et des générations représentées dans cette auguste assemblée…

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  • Un référendum pour un débat

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    Centre pour l'image contemporaine
    Un référendum pour un débat


    En décembre, lors du grand débat budgétaire, le Conseil municipal a décidé de transférer la subvention accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC) au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC). Cette décision, totalement contradictoire d'une motion votée six mois plus tôt par le même Conseil municipal, à propos du même Centre pour l'image contemporaine, condamne celui-ci à mort. Le référendum municipal lancé contre la décision de décembre, et qui peut donc s'appuyer sur celle de juin, est une sorte de demande de grâce -non pour le principe même de la grâce, mais pour laisser le temps à un projet d'émerger, qui soit alternatif à la fois à la pétrification du CIC dans son état actuel et à sa suppression pure et simple. Entre deux solutions, la troisième est souvent la meilleure.

    Donner du temps à un projet

    En l'absence de toute possibilité constitutionnelle de " référendum constructif " ajoutant au refus d'une décision, une proposition de décision alternative, un référendum est par définition un acte d'opposition, mais cette opposition " dégage le terrain " politique, en maintenant ouvert le champ des possibles afin qu'ensuite, sur le terrain dégagé, quelque chose de nouveau puisse être construit. Encore faut-il concevoir ce " quelque chose de nouveau ". Le référendum contre la suppression de la subvention au CIC se justifie par le fait même qu'en proposant de revenir sur la décision qui, de facto, abolit cet acteur culturel, il obligera, s'il aboutit, à se poser quatre questions :
    - Genève doit-elle se doter d'une institution autonome active dans le champ de l'imagerie contemporaine ?
    - quel contenu, quel mandat, donner à une telle institution : produire, représenter, expérimenter, constituer un patrimoine, ou tout cela à la fois ?
    - quelle forme cette institution doit-elle prendre ? publique ou privée ? municipale ou cantonale ?
    - enfin, que faire de l'actuelle Fondation de Saint-Gervais, fondation de droit privé mais dépendant presque totalement du financement public, et dont l'organe " suprême ", le Conseil de fondation, n'est composé que de représentant de collectivités et de services publics ?
    Ce sont ces questions qui devront être posées si le référendum aboutit. Et elles ne pourront vraisemblablement être posées que s'il aboutit. Parce que le CIC mort et ses dépouilles dispersées dans d'autres institutions, un projet culturel pour l'imagerie contemporaine à Genève sera très vraisemblablement le dernier des soucis des acteurs politiques locaux.

    Signez le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine (CIC) de Saint-Gervais
    feuilles de signatures téléchargeables sur
    www.sauvons-le-cic.ch
    Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier


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  • Bonne année… 2010 ?

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    Crise économique et financière, racket des fonds publics par les banques en déroute, dérèglements climatiques, Gaza, Afghanistan, Irak, Congo, Zimbabwe…

    Bonne année… 2010 ?


    Dans l'état actuel du monde, ce serait faire preuve d'un irréalisme absolu que souhaiter à des dizaines de millions de nos colocataires une " bonne année ". Leur souhaiter une année, entière, semble déjà optimiste. Mais nous ne serions pas socialistes si nous n'étions pas optimistes -au moins de cet " optimisme de la volonté " qui, tempéré par le " pessimisme de la raison ", nous convainc encore que toute action n'est pas vaine.

    Ephéméridules

    2009 commence comme 2008 a fini : mal. Et pour la suite ? Certes, il y aura la prise de fonction de Barack Obama, et la fin de la plus calamiteuse des administrations américaines depuis trois quarts de siècle. Mais pour le reste, et pour l'essentiel, qu'attendre de l'an 2009 du calendrier grégorien ? Passons sur deux événements bouleversifiants : la prestation par les membres de la Constituante genevoise d'un serment que personne ne leur a demandé de prêter, et les élections cantonales genevoise, dont pas grand monde n'attend grand chose, sinon qu'elles rétablissent un Grand Conseil un tant soit peu représentatif des choix électoraux et du rapport de force réel entre la gauche et la droite. Pour le reste, on notera la votation fédérale de février, sur l'élargissement à la Bulgarie et à la Roumanie des accords bilatéraux Suisse-Union européenne. Votation pour laquelle les zoophiles de l'UDC ont échangé sur leurs affiches les moutons noirs contre des corbeaux du même jais. Et puis, d'autres élections sont annoncées, notamment en Israël, où la campagne électorale a été déclenchée. En bombardant Gaza (et tout Gaza, pas seulement le Hamas : la population civile aussi, femmes et enfants compris) pour montrer aux électeurs qu'on est forts et déterminés. En donnant par la même occasion aux régimes " arabes " une nouvelle occasion de détourner l'attention de leurs propres peuples en les mobilisant contre un ennemi d'autant plus commode qu'il est lointain, et que la " rue arabe " en vitupérant Israël ne se dresse pas contre ses propres potentats… l'antisionisme, comme opium des peuples arabes : la recette est vieille de soixante ans, mais il semble bien que c'est dans les vieilles pipes que cet opium fasse le meilleur effet. Dans les rues " arabes " comme dans les urnes suisses, le bouc émissaire broute.

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  • Une armée fédérale de guerre civile

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    A propos du 9 novembre…

    On commémorera dimanche (à 17 heures 30, à la " Pierre ", sur la Plaine de Plainpalais, face à la rue Dancet) le massacre du 9 novembre 1932 -cette soirée où l'armée fédérale, appelée à l'aide par un Conseil d'Etat paniqué et se persuadant de l'imminence d'une révolution fomentée par les " rouges ", a tiré " dans le tas " d'une manifestation antifasciste, rassemblant toute la gauche genevoise, des anarchistes aux socialistes, protestant contre une parodie de procès organisée par l'extrême-droite locale contre les chefs du Parti socialiste, Léon Nicole et Jacques Dicker. On commémorera. Sans oublier que le massacre du 9 novembre 1932 se commet sur fond de crise économique et financière, à quelque temps de l'élection d'un nouveau président américain, un démocrate, triomphant de son concurrent républicain en mobilisant derrière lui les victimes de la crise…

    " Plus jamais ça ", vraiment ?

    L'armée suisse a beaucoup prêté à rire, ces derniers mois, entre les pitreries conjugales de son ancien chef, les trous de mémoire de son ministre de tutelle, les cafouillages de ses officiers et les pannes de son matériel. Historiquement, cependant, notre glorieux ost a de quoi susciter plus de méfiance que de ricanements : depuis sa création, l'armée fédérale a surtout été utilisée contre des Suisses et pour des opérations de répression des mouvements politiques et sociaux d'opposition : grévistes de 1918, manifestants antifascistes de 1932, autonomistes jurassiens de 1964… Crée, célébrée, engraissée en tant qu'instrument de la " défense nationale " (mais d'une défense nationale réduite à la défense d'un territoire, et délibérément rendue incapable d'être celle de la population qui y vit, et des droits de celles et ceux qui la composent), l'armée suisse n'a finalement jamais été pour l'essentiel qu'un instrument de la défense sociale -de la défense d'un ordre social, contre les forces qui le contestaient. Le 9 novembre 1932 n'est pas une dérive mais un révélateur. Et le 9 novembre 2008 ne devrait pas être qu'une commémoration, mais aussi une mise en garde.

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  • One FM ? Buzz FM ? Boum-boum FM ? Bla-bla FM ?

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    L'autorité fédérale qui attribue les concessions radio a donc décidé d'en attribuer une au projet de Stéphane Barbier-Mueller, " Buzz FM ", au détriment d'une radio existante, " One FM ". Une radio chasse l'autre, et alors ? C'est le jeu des " concessions " : il n'y a qu'au cimetière des Rois qu'elles sont éternelles. Et encore. Et nous voilà avec un ordre de marche : on nous somme de nous mobiliser pour la défense de One FM. Pourquoi devrait-on le faire ? Avec un choix musical tout à fait convenu et le minimum syndical en matière d'information (une quinzaine de flash par jour), One FM mérite-elle la mobilisation de toute la République ? Quant à la défendre au prétexte qu'elle serait la radio privée " la plus écoutée ", on s'autorisera à considérer comme bien piètre l'argument de l'audimat : ceux qui écoutent cette radio (ou qui l'entendent en arrière fond, mais que les statistiques d'audience comptabilisent comme des " auditeurs ") en écouteraient toute autre du même genre -et que cette autre soit genevoise, vaudoise ou française nous importe peu : leurs soupes se valent.

    Beaucoup de bruit pour rien

    Le seul motif que nous pourrions avoir de nous mobiliser pour One FM serait le maintien des quarante emplois de cette radio commerciale. Pour le reste, le " scandale " dénoncé dans la fin de la concession accordée à la radio n'en est pas un, et le tintouin organisé autour de cette péripétie n'est que beaucoup de bruit pour pas grand chose, ce qui est moins assez cohérent avec les programme de ladite radio*. On se permettra donc de ricaner en entendant Michel Chevrolet dénoncer un " diktat stalinien ", Viviane Jutheau de Witt évoquer un " massacre " (le génocide était hors de portée ?) et Daniel Zappelli soutenir One FM au nom de la " justice "... Un peu de sérieux ne nuirait pas au débat qui doit s'engager sur les critères de sélection des concessions radio et TV, pas seulement à Genève (puisque des décisions du même genre ont été prises à Zurich) On n'est pas dans un combat pour la liberté d'expression, ou le pluralisme des media , ou la lutte contre l'arbitraire bureaucratique de Mutti Helvetia : One FM aurait-elle été choisie plutôt que Buzz FM, ce choix n'aurait pas été moins arbitraire que celui qui est dénoncé aujourd'hui, la liberté d'expression et le pluralisme des media n'y auraient rien gagné, ni perdu. Ce qui est en cause, ce sont les critères de la loi fédérale, que le département fédéral a appliqué, et les contenus des appels d'offre auxquels il s'est tenu. Si l'on veut contester quelque chose, ce sont ces critères et ce contenu, ou le numerus clausus médiatique qui n'accorde à Genève qu'un nombre insuffisant de concessions (dont une est d'ailleurs accordée à une radio lausannoise, Radio-Lac). pas le choix qui en découle...
    * écoutez plutôt Radio Zones (FM 93.8)

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  • Putain, un an…

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    Ça grenouille déjà pour les élections au Conseil d'Etat de 2009…
    Putain, un an…


    A plus d'un an des élections cantonales, ça grenouille déjà à droite (et ça glandouille encore à gauche) : les partis tentent de clarifier leurs stratégies, pour le moins divergentes -et même de se mettre les uns les autres devant quelques faits accomplis. L'UDC a désigné le 16 juin son candidat pour l'élection du Conseil d'Etat, un an et demi avant l'élection. Le Parti libéral a emboîté le pas en annonçant qu'il désignera le colistier de Mark Muller avant la fin de l'année. Un an avant l'élection du Conseil d'Etat, on en a déjà marre. Suffisamment pour nous demander si la vieille méthode athénienne du tirage au sort des édiles ne pourrait pas être instaurée par la Constituante. Histoire d'éviter que la courbure du dos des candidats et de la ligne des partis finisse par confirmer la vieille règle énoncée par Jonathan Swift : " L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses : c'est ainsi qu'on grimpe dans la même posture que l'on rampe ".

    Courbures et postures…

    L'UDC a son candidat pour le Conseil d'Etat : Yves Nydegger, celui qui expliquait que la courbure du dos du cheval prouve l'existence de Dieu, et qui entend désormais démontrer que la courbure du dos des partis de l'Entente prouve la mortalité de l'âme en politique. Pourquoi Yves Nydegger ? C'est simple : c'est " le seul à pouvoir endosser de telles responsabilités ", selon le Secrétaire général de l'UDC de Piogre, Eric Bertinat, qui ne semble guère se faire d'illusion sur la qualité du vivier politique de son parti. En fait, si l'UDC désigne son candidat si tôt, c'est pour mettre l'Entente en général, et le parti libéral en particulier, face à un choix cornélien (du Corneille de la comédie, plutôt que de la tragédie) : s'allier avec elle, ou s'affaiblir face à l'actuelle majorité gouvernementale " centre-gauche " (mais surtout centre). L'UDC a annoncé qu'elle présentera de toute façon un candidat, que ce soit dans une alliance avec l'Entente ou dans une sorte de Sondertbund électoral avec les seuls libéraux (surtout si ceux-ci présentent aux côtés du représentant de la Chambre genevoise immobilière, Mark Muller, un crypto-UDC du genre Jornot). Pour l'heure (mais l'horloge tourne et les calculettes chauffent), le PDC s'est dit et redit totalement opposé à toute alliance avec une UDC genevoise " en raison de (sa) ligne blochérienne ". Même posture, chez les radicaux, qui posent trois conditions à l'UDC pour une alliance: un soutien clair aux bilatérales (Blocher ayant donné le ton, ça ne devrait pas poser de problème à l'UDC genevoise), " un soutien résolu au dialogue social ", ce qui ne mange pas de pain, et des garanties sur la forme des messages lors des campagnes électorales -en clair, la fin des campagnes nauséabondes auxquelles l'UDC se livre (avec succès) depuis une décennie. Cause toujours…

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  • Les réponses du Parti socialiste aux questions du RAAC

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    Les réponses du Parti socialiste aux questions du RAAC

    Quels sont pour votre parti les enjeux centraux en matière culturelle à Genève et les changements que vous souhaiteriez mettre en œuvre ou voir appliquer ces dix prochaines années ?

    Il y a d'abord un enjeu global, que nous aurons à affronter bien au-delà  du terme des dix prochaines années : défendre l'espace de la création culturelle contre l'emprise du marché. Il y a ensuite quatre enjeux concrets, à relever à Genève -et que Genève a les moyens, politiques et financiers, de relever :

    1.    Une nouvelle répartition des compétences et des charges financières en matière de politique culturelle, entre le canton, la Ville et les 44 autres communes. Nous souhaitons affirmer et ancrer dans la Constitution (et dans les lois qui en découlent) le rôle central de coordination et d'incitation du canton en matière culturelle, et imposer au canton  d'avoir une politique culturelle et les moyens financiers, institutionnels, administratifs et humains de cette politique et de la responsabilité qu'il a à y prendre. Nous persistons à trouver invraisemblable que la République de Rousseau n'ait ni politique culturelle, ni les moyens d'en avoir une. Nous souhaitons et proposons en outre la création de deux instances permanentes réunissant l'ensemble des collectivités publiques du canton, et financées par elles toutes :
    - un fonds de financement des grandes institutions culturelles existantes et à créer, afin de permettre à la Ville et aux quelques communes qui assurent actuellement le financement de ces institutions d'affecter les ressources qu'elles y consacrent à d'autres champs culturels ayant besoin de ressources supplémentaires ;
    - une Commission culturelle permanente réunissant des représentants de toutes les collectivités publiques de la région (Vaud et France compris), des institutions culturelles, des artistes, créateurs et acteurs culturels non institutionnels, et des sources privées de financement culturel régulier.

    2.    La régionalisation de la politique culturelle, c'est-à-dire la concertation permanente entre collectivités publiques genevoises, vaudoises et françaises. Nous souhaitons ouvrir les lieux, existants et à créer, de concertation et de décision en matière culturelle aux représentants des collectivités publiques vaudoises et françaises de la région. Nous souhaitons également affirmer la nécessaire dimension romande de toute politique culturelle " genevoise ".

    3.    Une nouvelle répartition des ressources allouées à la culture, entre celles qui vont assurer le fonctionnement des institutions et la pérennité des lieux, d'une part, et celles qui vont permettre de les utiliser pour la création et sa représentation, d'autre part.

    4.    Une nouvelle répartition des ressources allouées à la culture entre celles qui le sont aux institutions pérennes et celles qui le sont à la création indépendante.
    Ces deux derniers points doivent accompagner un accroissement global des ressources allouées par les collectivités publiques genevoise (toutes les collectivités publiques genevoises) à la culture. Par ressources, il ne faut pas seulement entendre des ressources financières, directes (subventions) ou indirectes (prises en charges de dépenses), mais également des ressources en espaces et en lieux.

    Nous tenons également à réaffirmer le lien entre la culture et l'école, et la nécessité de concevoir la culture comme l'un des piliers de l'instruction publique.

    Il y a enfin quatre principes qui doivent structurer la politique culturelle :
    - pas de hiérarchie des formes d'expression et des domaines culturels ;
    - pas d'exclusivité ni de dispense accordées à certaines communes (ou au canton) pour le subventionnement de la culture : toutes doivent y contribuer, aucune ne doit y contribuer de manière disproportionnée ;
    - pas de politique culturelle sans les créateurs et les acteurs culturels ;
    - pas de ségrégation sociale (par les ressources financières ou le bagage culturel) pour l'accès à la création et à la représentation culturelles : il est totalement illusoire de croire que tout habitant de Genève dispose actuellement des moyens financiers nécessaires pour accéder à l'offre  culturelle genevoise.

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin d'améliorer la coordination et la complémentarité entre les entités Ville-Etat-communes ?

    -    Le renforcement, constitutionnel, législatif et matériel, du rôle du canton comme instance de coordination de la politique culturelle ;
    -    L'implication du canton et de toutes les communes dans la politique culturelle ;
    -    La création d'une commission culturelle régionale (transfrontalière) permanente, rassemblant tous les acteurs publics et privés pérennes de la culture, et disposant de sous-commissions thématiques, par champ culturel. Cette commission et ces sous-commissions effectueraient un travail de réflexion, de prospective, de propositions ; elles donneraient des préavis sur les actes publics dans le domaine de la culture, seraient consultées par les collectivités publiques, et pourraient s'autosaisir de projets.
    -    La création d'un fonds de financement des grandes institutions culturelles, existantes ou à créer, fonds alimenté par des contributions du canton et de toutes les communes, en fonction  de leur capacité financière ;
    -    La cantonalisation des grandes institutions culturelles régionales publiques et la prise en charge par le canton de leurs subventions d'exploitation (…)de telle manière que des ressources municipales soient libérées pour d'autres interventions dans le champ culturel.


    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin de mettre en place une politique de financement par les pouvoirs publics en phase avec les développements actuels du secteur culturel ?


    Il s'agit ici d'abord de dégager des ressources municipales (en particulier en Ville) en transférant au canton une grande partie de la charge financière des grandes institutions culturelles, de telle manière que les ressources que la Ville et quelques grandes communes affectent à ces institutions puissent être affectées aux formes, aux contenus et aux lieux culturels émergents. (…)

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin de développer le soutien à la création, à la recherche artistique novatrice ?

    Il s'agit d'abord de laisser à libre disposition des créateurs et acteurs culturels émergents des lieux et des espaces. (…)

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin de défendre la diversité de l'offre culturelle et l'accès pour tous à la culture ?

    On ne peut défendre que ce qui existe, et existe suffisamment. La diversité de l'offre culturelle genevoise est réelle (…) mais l'accès de tous à la culture reste problématique, matériellement pour une bonne part de la population. (…).

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin de soutenir le développement des liens entre école et culture ?

    Evoquer des " liens entre école et culture " tient de l'évidence puisque l'école est une institution culturelle (…) Il convient donc de développer le plus possible les collaborations entre l'école (…) et les autres acteurs culturels (…).

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin de favoriser la mise à disposition de lieux de travail et de production pour les artistes ?

    (…) Dans tout projet d'aménagement important, une partie minimale du volume soit obligatoirement affectée à des espaces culturels (…). Tout plan d'utilisation des sols devrait également comprendre un pourcentage minimal d'affectation à de tels espaces (…).

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin de permettre la réalisation de grandes infrastructures culturelles ?

    L'affirmation du rôle central du canton dans la politique culturelle genevoise doit permettre de dépasser les oppositions locales (municipales, de quartier…) à l'implantation de grandes infrastructures culturelles. De même, l'existence d'un fonds de financement des institutions culturelles, impliquant l'ensemble des communes (en sus du canton) devrait assurer le financement de telles infrastructures, au lieu que d'en laisser supporter la charge par une seule commune, parfois deux, et parfois le canton. (…)

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin de garantir aux artistes et acteurs culturels une protection sociale minimum ?

    Il ne devrait pas être question de garantir aux artistes et acteurs culturels une protection sociale  " minimum " : il ne peut être question, pour nous,  que de leur garantir ni plus ni moins que les droits sociaux qui sont ceux de toutes les personnes actives. Nous continuerons donc de nous battre pour que la loi sur le chômage intègre les artistes et créateurs indépendants dans le champ de la protection sociale " normale ", en tenant compte des spécificités du secteur culturel. Au niveau cantonal, les collectivités publiques accordant des subventions à des institutions et des lieux culturels doivent veiller à ce que les bénéficiaires de ces subventions assument leurs obligations d'employeurs et que les subventions assurent les moyens nécessaires à la couverture de ces obligations. Le canton devra enfin étudier la possibilité de compenser l'absence de deuxième pilier pour un grand nombre d'artistes et d'intermittents du secteur culturel.

    Quelles solutions concrètes préconisez-vous afin  de donner une place aux artistes et acteurs culturels dans les réflexions qui précèdent les prises de décision ?

    La représentation des artistes et acteurs culturels dans les instances de décision des grandes institutions culturelles, ainsi que du fonds de financement et de la commission culturelle permanente que nous proposons. Il convient cependant d'ajouter qu'une telle représentation suppose l'existence de mouvements, d'associations, d'organisations représentant artistes et acteurs culturels dans la durée.

    Dans quelle mesure votre parti serait-il prêt à travailler en concertation avec le RAAC sur les problématiques culturelles ?

    Aucune politique culturelle n'est concevable sans les acteurs culturels. Nous sommes donc évidemment prêts à continuer de travailler en concertation avec le RAAC (et tout autre mouvement rassemblant les, ou des, acteurs culturels de la région) sur des problématiques qui nous mobilisent déjà, et pour lesquelles nous ne concevons pas de travailler seuls, en vase clos et sans les mouvements sociaux actifs dans les champs sociaux et politiques concernés.

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  • Que les acteurs (s')activent !

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    Une condition de tout changement de politique culturelle :
    Que les acteurs (s')activent !


    Lorsqu'il y a deux ans une majorité gouvernementale cantonale tenta de transférer aux communes, c'est-à-dire, très concrètement, à la Ville,  le peu de charges et compétences culturelles assumées par le canton, ce funeste projet fut victorieusement combattu par une alliance nécessaire : celle de forces politiques (notamment le PS et SolidaritéS), et celle des " acteurs culturels ". Sans cette  conjonction, sans la résistance de la gauche et la mobilisation du RAAC, le " transfert de charges " devenait réalité. Et la politique culturelle du canton une politique de l'inculture, revendiquée, sinon assumée, comme telle.  

    " Que cent fleurs s'épanouissent "

    Aucune politique culturelle n'est concevable sans les acteurs culturels, aucun changement de politique culturelle sans leur volonté de changement -et sans qu'ils se soient dotés des instruments (de mouvements, d'associations, d'organisations) d'expression collective d'une telle volonté. L'alliance des " politiques " et des " cultureux " reste indispensable -et indispensable aussi la mobilisation des uns et des autres, non seulement pour défendre ce qui mérite de l'être, mais aussi pour opérer les changements nécessaires, pour accroître les ressources allouées par les collectivités publiques à la culture, y faire contribuer toutes les collectivités publiques, et modifier les répartitions de ressources (entre les institutions et les autres champs culturels, entre la représentation patrimoniale et la création, entre le fonctionnement et la programmation…). Tout cela, finalement, devrait relever de l'évidence : un changement décrété " d'en haut " a toute les chances de n'être qu'un simulacre, ou une manœuvre. On n'ordonne pas que " cent fleurs s'épanouissent " sans avoir quelque intention de les couper dès leur floraison. Les " cent fleurs " maoïstes furent un gigantesque piège : celles et ceux qui, sans s'arrêter au paradoxe d'une injonction autoritaire à la liberté, prirent au pied de l'idéogramme l'ordre " donné d'en haut " de s'exprimer et de créer librement, le payèrent très cher une fois l'exercice terminé, aussi autoritairement qu'il avait commencé. On passe très vite des " Cent Fleurs " à un Grand bond en arrière.

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  • La culture coûte cher ? Essayez l'inculture !

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    Quand la République de Rousseau n'a pas de politique culturelle…
    La culture coûte cher ? Essayez l'inculture !


    Vendredi et samedi prochain, le deuxième forum du RAAC aura forcément à aborder, entre autres questions qui fâchent, celle du financement de la politique culturelle genevoise -et on voudra bien ici, quand nous parlons de Genève, entendre non la Genève institutionnelle (la Ville, les communes, la République), mais la Genève physique, celle qui se voit lorsqu'on monte au sommet de la montagnette franco-genevoise : une Genève de plus de 600'000 habitants, dont la commune de Genève n'est que le centre, et dont la République n'occupe que le tiers de l'espace. C'est du financement d'une politique culturelle ignorant autant que faire se peut la frontière dont il devrait être question. Et au-delà même de son financement, de l'existence même d'une telle politique culturelle, et de la volonté de la construire et de la mener. Tant que la République (accessoirement canton) n'aura pas les compétences, la volonté et les moyens de mener une politique culturelle, tant qu'elle se reposera sur " les communes " en général, c'est-à-dire la Ville en particulier, pour la mener à sa place, il n'y aura à Genève, qu'une culture politique du chacun pour soi -autrement dit : une inculture politique, ou une politique de l'inculture.

    Un pour mille

    Genève est une place financière, une ville de congrès, de conférences, d'organisations internationales ; mais Genève est aussi, et devrait être surtout, une ville de culture. Parce qu'elle l'est historiquement, qu'elle s'est constituée comme une cité plus grande qu'elle même non par ses foires, ses banques et ses ateliers, mais par les idées qui y ont été apportées, qui y ont germé, et qui d'elle ont essaimé. Or la République de Rousseau n'a pas de politique culturelle, et le budget culturel du canton n'atteint que le tiers de celui de la seule commune de Genève. Une nouvelle répartition des compétences et des charges financières dans le champ de la culture, entre le canton, la Ville et les quarante-quatre autres communes, s'impose donc. Affirmer et ancrer dans la Constitution le rôle de coordination et d'incitation de la République & canton en matière culturelle, imposer au parlement de donner au canton les moyens d'une politique culturelle, créer un fonds de financement des grandes institutions culturelles existantes ou projetées, auquel toutes les communes seraient tenues de contribuer, créer une commission culturelle permanente, réunissant des représentants de toutes les collectivités publiques et de tous les acteurs culturels de la région (Vaud et France compris) sont autant de moyens de répondre à cette exigence. Il en sera certes débattu au sein de la Constituante, mais en attendant, méditons cet exemple : dans le financement public de la principale institution culturelle du canton (hors l'école), et donc de la région, le Grand Théâtre, la part du canton se situe glorieusement à un pour mille de celle de la Ville. Le cas est particulier ? Sans doute. Mais il reste exemplaire.

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  • La culture contre la marchandise

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    L'enjeu central de toute politique culturelle...

    Les 3 et 4 octobre prochain se tiendra à Genève la deuxième session du forum " art, culture et création " organisé par le RAAC (Rassemblement des artistes et acteurs culturels). Les ateliers thématiques du RAAC ont travaillé pendant des mois, sur cinq champs : le financement de la culture, le statut social des artistes et créateurs, " culture et société ", la gouvernance culturelle, " culture et urbanisme ". Les résultats de ces travaux, les propositions sur quoi ils débouchent, les positions des partis politiques seront présentés au forum. Mais en arrière-fond de toutes ces thématiques, en contre-champ de tous ces champs, une urgence devrait être évidente : résister à la mercantilisation de la culture.

    La culture, part maudite

    " Quels sont pour votre parti les enjeux centraux en matière culturelle à Genève " ? demande le RAAC aux partis politiques du lieu. Le pluriel est étrange (définir plusieurs " enjeux centraux " est un peu comme fixer plusieurs " priorités " : c'est n'en retenir aucun-e). Retenons donc un seul enjeu " central " ; il ne sera pas genevois, parce qu'il est le même partout où l'on tente de définir une politique culturelle, et de la réaliser. Cet enjeu, c'est de défendre l'espace de la création et de la représentation  culturelle contre l'emprise du marché et la prééminence de critères comptables et financiers dans la définition de la politique culturelle, les choix de répartition des ressources, et même les contenus culturels. Renversant les hypothèse de l'économie politique, George Bataille, dans La Part maudite, affirmait que toute économie réelle tient par ce qui ne respecte aucun calcul économique rationnel, et que nos mornes " gestionnaires " politiques considéreront comme du gaspillage et de la consumation somptuaire de ressources. Sous l'empire de la marchandise, tel est le sort de la création et de l'expérimentation culturelles, de la culture émergente, des cultures du pauvre et de l'immigrant -de tout ce qui, dans le champ culturel, n'est pas (ou pas encore) fauteur de profit marchand ou de prestige social. Or c'est précisément cette part maudite qui nécessite le soutien que seule une République (ou une commune, ou, mieux encore, les deux ensemble) peut apporter. Et c'est précisément pour cela que le renforcement des moyens de cette politique s'impose, comme la mobilisation des acteurs culturels, pour l'imposer. 

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  • Observer la xénophobie ordinaire pour la combattre

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    L'Observatoire du droit d'asile et des étrangers a besoin de soutien


    L'Observatoire du droit d'asile et des étrangers (ODAE) est né suite à la votation du 24 septembre 2006, lorsque le peuple suisse a accepté la révision de la loi sur l'asile (LASI) et la nouvelle loi sur les étrangers (LEtr). Les autorités avaient alors assuré qu'elles appliqueraient la loi avec " mesure " et " humanité ". Dans les faits, cependant, l'O.D.A.E a relevé de nombreux cas d'applications tatillonnes, arbitraires et chicanières de la loi, conduisant à des décisions violant parfois les droits humains. Lutter contre cette xénophobie ordinaire et légale exige des moyens. Accordons-les à l'ODAE.

    Faire tenir aux autorités les promesses qu'elles ont faites

    Pour faire admettre en 2006 un nouveau durcissement de sa politique d'immigration et d'asile, le gouvernement avait multiplié les promesses. Il avait ainsi assuré que l'autorité entrerait en matière sur des demande d'asile même lorsque le requérant ne pourrait pas présenter de papiers d'identité, parce que son pays d'origine les lui refuserait ou que des indices de persécution requerraient " des investigations supplémentaires ". Mais dans les faits, l'absence de papiers d'identité est utilisée comme argument d'un refus d'entrer en matière malgré l'existence de tels " motifs excusables ". De manière générale, la barre de la " vraisemblance des faits " est placée de plus en plus haut : on exige des preuves souvent impossibles à fournir. De plus, les autorités omettent souvent d'examiner les situations sous l'angle de la Convention relative aux droits des enfants. Enfin, il n'existe aucun organe de contrôle chargé de veiller au bon déroulement des expulsions bien que celles-ci se déroulent parfois de manière brutale. Cette situation et ces pratiques rendent indispensable l'existence d'un observatoire indépendant, et d'une observation régionale et nationale, et pas seulement locale des pratiques des autorités. L'ODAE, créé à Genève sous l'impulsion de la Coordination contre l'exclusion et la xénophobie, doit élargir sa présence et son action à toute la Romandie, et sa collaboration avec les observatoires alémanique et tessinois, ce qui implique des moyens supplémentaires. Un appel de fonds est lancé pour obtenir ces moyens Nous ne saurions trop vous inviter à y répondre favorablement.

    ADRESSEZ VOS DONS À:
    Observatoire du droit d'asile et des étrangers - Genève
    CCP 10-747881-0.