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  • Fonds de tiroir

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    Oskar Freysinger s'est donc déplacé à Paris pour agrémenter de sa présence un raoût rouge-brun (des « Assises sur l'islamisation de l'Europe ») tenues à l'initiative du « Bloc Identitaire » (là, on est franchement dans l'extrême-droite) et de « Riposte Laïque » (un machin qui vient de l'extrême-gauche et qui a viré de bord en réduisant sa voilure « laïque » à la seule toile islamophobe). Les deux tribus s'étaient déjà intelligemment manifestées en organisant un « apéro saucisson-pinard » (pur porc, le saucisson, évidemment) à la Goutte d'Or. On fait mumuse comme on peut : les uns prient, les autres bâfrent, tant que les uns et les autres nous foutent la paix et se contentent de se foutre sur la gueule entre eux, tout baigne). Bref, le Génie des Alpages est tout à fait à sa place dans ce brouet néanderthalien (le « Bloc Identitaire » s'était déjà illustré en invitant l'un de nos plus mirifiques produits du terroir, le Conseiller national UDC jurassien Dominique Baettig). On pourrait même suggérer qu'il y reste, dans le marigot identitaire gaulois, le Génie des Alpages, mais  « Infrarouge »  et « Genève à Chaud » se sentiraient orphelins, et on est compatissants.

    On retrouve en triant de vieux papiers un intéressant (si, si, y'en a) article de la «Tribune de Genève », du 11 janvier 2010, qui fait le point sur les contributions des communes genevoises à l'aide au développement, telles que budgetées,. Où l'on constate que la majorité des communes n'atteint pas l'objectif de 0,7 % de leur revenu, pas plus d'ailleurs que le canton, qui en 2009 se traînait au tiers (0,25 %) de cet objectif. La Ville de Genève, siège d'une palanquée d'organisations gouvernmentales et non-gouvernementales de coopération au développement, se contentait elle-même d'un modeste 0,47 %, à peine mieux que la Confédération (0,42 %). Mais bon, pour la Ville de Genève, ces 0,47 %, c'est sans compter le prix des leçons qu'elle donne aux autres. En attendant, on félicitera, avec un an de retard et en attendant d'avoir les chiffres pour 2011, les 21 communes (y compris des communes solidement à droite) qui atteignent l'objectif de 0,7 %. Quand à celles qui se traînaient en-deçà de cet objectif, on espère qu'elles auront rattrapé leur retard. En particulier les deux principales communes du canton, toutes deux à gauche, la Ville de Genève et Vernier... même si près de la moitié des contributions totales des communes genevoises à l'aide au développement vient de la Ville de Genève.

    Le Conseil d'Etat a annoncé que les communes genevoises ont présenté aux comptes 2009 un total cumulé d'excédent de revenus de 274,628 millions de francs. La Ville de Genève présente un excédent de revenus de 161,423 millions de francs. Sans tenir compte des résultats de la Ville de Genève, les communes de Lancy, Meyrin, Plan-les-Ouates et Carouge totalisent environ 50% de l'excédent de revenus 2009. On constate également que l'excédent de revenus 2009 des villes, Genève comprise, s'établit à 220 millions de francs. La fortune nette des communes s'est accrue de 9,9% en 2009, pour atteindre un total de 3,049 milliards de francs. On comprend mieux dès lors les lourds regards d'envie que ne cesse de jeter le canton sur les communes en général, et la Ville en particulier...

    Christophe Blocher propose d'instituer des test de langues pour les candidats à l'immigration en Suisse, seul-e-s celles et ceux qui maîtrisent une langue nationale pouvant obtenir un permis de séjour. Ce qui prouve bien que, finalement, il est pas raciste, le Pithécanthrope. Parce que si sa proposition était retenue, les managers américains blancs et chrétiens ne parlant pas un mot de français, d'allemand, d'italien ou de romanche, c'est-à-dire la quasi totalité de l'espèce, ne pourraient plus venir manger les hamburgers des Suisses. En revanche, 50 millions d'Africains francophones (dont un bon tiers d'Algériens)  pourront les remplacer... Azul, Christophe !

    Le 9 octobre dernier, sur un terrain de foot, à Colovray, dans la région de Nyon, un match sans enjeu opposait deux équipes de juniors E (8-11 ans). Sur le terrain, le match s'est bien déroulé. Ensuite... ensuite, le père d'un joueur a agressé, frappé puis menacé de mort l'entraîneur de l'équipe nyonnaise, lui reprochant d'avoir aligné son gniard en défense alors que lui, le pater familias, le voulait en attaque. Ce sont les joueurs qui avaient de 8 à 11 ans. L'âge mental du père n'est pas précisé. Ce qui est précisé, en revanche, c'est la contagion de la connerie sportive, des enfants aux parents.

    Le canton veut urbaniser Cointrin -qui l'est d'ailleurs déjà assez largement- en déclassant un secteur de villas en zone 3 de développement, permettant la construction d'immeubles de sept étages, dans un quartier assez proche du centre de la ville, et assez bien desservi par les transports publics. Mais la commune, et certains propriétaires renâclent. Ils auraient tort de s'affoler : c'est Mark Muller qui est chargé du dossier. S'il avance à l'allure de celui des Communaux d'Ambilly, les pèropriétaires de villas et la commune ont le temps de voir venir. Largement le temps.

    « Les terrains du PAV (Praille-Acacias-Vernets seront les terrains de la nouvelle Ville de Genève », nous annonce (dans « Affaires Publiques » de décembre) le candidat PDC-UDC des milieux immobiliers, de la famille régnante kazakhe et des amateurs de pince-fesses et de petits fours. Ouais. Sauf que ces terrains sont essentiellement sur le territoire de la Ville de Carouge. Après tout, pourquoi pas ? On annexe Carouge et Lancy (et tant qu'à faire, le Grand Saconnex, Veyrier, Collonge-Bellerive et Pregny-Chambésy en prime, et on l'a, la « nouvelle Ville de Genève » de Chevrolet... en gros, c'est le canton.

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  • Aujourd'hui, vendredi 10 décembre, « Journée sans TPG »

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    Boycotter une politique, pas sa victime
    A l'appel de la Jeunesse Socialiste -appel qu'on se fait évidemment un plaisir de relayer-, une  « journée sans TPG » est organisée ce vendredi. Evidemment, pour nous, ce sera surtout une  « journée sans tarifs TPG », mais l'intention reste la même : protester contre une politique qui persiste à ne considérer les transports publics que comme un mode d'appoint à l'automobile individuelle, alors que les priorités devraient être inversées, de telle manière que ce soit le transport automobile individuel qui soit l'appoint des transports publics, pour les personnes dont les horaires ou les trajets ne sont pas, ou sont insuffisemment, « couverts » par eux ou qui ne peuvent que difficilement en user, pour des raisons liées par exemple à un handicap. Bref, en appelant à une  «  Journée sans TPG », c'est bien à un boycott qu'on appelle -mais à celui d'une politique dont les augmentations de tarifs des TPG, même repoussées d'une année, ne sont que la matérialisation, qui légitime et renforce la revendication de la gratuité, comme celle de la priorité à accorder, enfin, aux transports publics.

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  • Prolongation des heures d'ouverture des magasins : Non, c'est non ! Faut vous le dire combien de fois ?

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    Dimanche, pour la deuxième fois à Genève, et la vingt-troisième fois en Suisse depuis 1996, le peuple des consommateurs a dit clairement (à 56,2 % des suffrages) qu'il n'avait pas besoin qu'on lui ouvre une heure de plus la Migros ou la Coop du coin ou le centre commercial d'un peu plus loin, et que les dizaines de magasins déjà ouverts jusqu'à 22 heures, minuit, ou 24 heures sur 24, lui suffisent. Mais ce vote, aussi clair et net que le refus au plan fédéral de l'initiative fiscale socialiste, le patronat du secteur de la grande distribution, ses porte-voix politiques (le député Jeannerat, notamment), son journal (la «Tribune de Genève») et son ministre, Pierre-François Unger, refusent d'en tenir compte. Et Unger d'annoncer qu'il va se repointer devant le Conseil d'Etat avec une nouvelle proposition de trois dimanches d'ouverture des magasins. Le vote n'était pas clair ? Faut recommencer ? Atteindre les 75 % de « non » pour que ces braves gens comprennent qu'ils devraient se la coincer ? « Non », c'est « non », c'est pas « p'têt ben qu'oui » !

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  • Extension des heures d'ouverture des (grands) magasins : Inutile, exploiteuse, gaspilleuse

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    Le 28 novembre prochain, le sort de la loi sur les heures d'ouverture des magasins (LHOM) sera scellé : la gauche et les syndicats ont lancé et fait aboutir un référendum contre les modifications apportées à la loi par le patronat et ses commis-voyageurs politiques, modifications devant permettre une extension des heures d'ouverture des magasins. Disons plutôt, clairement, des grands magasins et des centres commerciaux. Le patronat affirme que cette extension est  « vitale » pour le secteur  et qu'elle répond à « un besoin exprimé par la population ». Foutaise : les commerces genevois peuvent déjà ouvrir 67 heures et demie six jours sur sept par semaine, et les épiceries, les dépanneurs et les marchés ouverts le dimanche suffisent amplement pour le reste du temps. Bref : la  « libéralisation » des heures d'ouverture des  magasins n'a pas d'autre sens que celui de permettre aux plus gros d'entre eux de surexploiter leur personnel.

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  • Tarifs TPG : Faire dérailler la hausse

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    La commission des transports du Grand Conseil a demandé, à une large majorité (PS, verts, PDC, MCG), contre les libéraux, radicaux et udécistes, de reporter (mais seulement de reporter) d'un an (mais seulement d'un an, alors que PS et verts demandaient un report de quatre ans) la hausse (de 6,6 % en moyenne) des tarifs TPG. Un vote de principe ? Non : un vote d'opportunité : le réseau TPG est si perturbé par les travaux rendus nécessaires par les nouvelles lignes de trams que les conditions de transport des usagers sont dégradées, autant que leur humeur, et que la grogne est générale. A six mois des élections municipales, c'est quelque chose dont on tient compte, dans un parlement. Et quand les travaux seront terminés, que les bus et les trams rouleront normalement, on pourra ressortir du frigo la hausse des tarifs, en pariant que les oppositions qu'elle suscite aujourd'hui se seront estompées.  L'éventuel report d'un an de la hausse des tarifs TPG n'est donc qu'un sursis, comme le fait à juste titre observer l'AVIVO, qui a lancé une initiative (que le PS vient de décider de soutenir) pour, d'une part baisser ces tarifs, et d'autre part donner au parlement la compétence de les fixer, et donc au peuple le pouvoir de les attaquer par référendum. Nous l'avons dit, redit -et fait dire par le Conseil municipal de la Ville : la hausse des tarifs TPG est injuste, absurde, inacceptable. Il convient donc de soutenir tout ce qui peut la faire dérailler : pétition, initiative, journée de boycott, resquille...

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  • Cherpines-Charottons : Des cardons, du logement, quoi d'autre ?

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    Le référendum contre le déclassement du secteur des Cherpines, à Plan-les-Ouates, est lancé, à l'initiative de la coopèrative des Jardins des Charrotons. Face au projet du Conseil d'Etat (ou de Mark Muller tout seul, on ne sait pas trop), les référendaires affirment vouloir défendre l'agriculture de proximité (les terres de la Plaine de l'Aire sont, paraît-il, excellentes), contestent l'impact du projet sur la crise du logement et refusent un déclassement voté alors qu'on attend toujours que se concrétisent des projets déjà acceptés  (Communaux d'Ambilly, Vergers, Chapelle). Le projet voté par le Grand Conseil souffre d'une densification insuffisante (l'espace à déclasser pourrait, même en préservant les terres agricoles, accueillir plus de logements que le projet en prévoit), et envisage de gaspiller deux hectares et demi pour un centre sportif (agrémenté de l'inévitable « event center » et du non moins inévitable parking) dont le destin pourrait bien être celui du funeste stade de la Praille. Le référendum s'appuie sur une ébauche de contreprojet préservant la zone agricole tout en permettant la construction de 2500 logements. Les socialistes, qui ont posé au parlement des conditions (dont la densification, en faveur de logements sociaux) à leur soutien au projet, se prononceront lundi soir sur le référendum, prise de position qui quelle qu'elle soit, ne devrait préjuger nullement de leur mot d'ordre final, lorsque le référendum aura abouti : il faudra bien, à ce moment là, sortir de la confortable ambiguité en laquelle nous nous sommes lovés comme des cardons dans la bonne terre de la Plaine de l'Aire.

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  • Culture alternative à Genève : De la cave au garage à vélos

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    Mercredi soir, après moult tentatives dilatoires, sous les prétextes les plus farfelus, de la droite de renvoyer cette décisions aux calendes grecques, le Conseil municipal de la Ville a voté un crédit d'un million de francs pour l'aménagement d'une salle dans les sous-sols de l'ex-école d'Ingénieurs, afin d'y loger l'association  « Cave 12 », selon un accord tripartite entre le canton (propriétaire des lieux), la Ville (qui financera les travaux) et la Cave 12, qui sera maîtresse d'ouvrage desdits travaux. Expulsée du squat Rhino en 2007, la Cave 12, dont le champ d'activité est celui de la musique expérimentale, et dont la réputation, flatteuse, dépasse largement les étroites frontières genevoises, nomadisait depuis trois ans. Le projet accepté par le Conseil municipal (c'est-à-dire sa majorité de gauche, plus l'UDC) la sédentarise. Mais en la faisant passer de la cave d'un squat au garage à vélo d'une école.

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  • Le Jeûne, quoi d'autre ?

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    Manifestation* ce soir (mercredi) 18 heures, place du Molard

    * Venez avec vos vêtures les plus distinguées...


    Les jeunes socialistes organisent une vraie-fausse manifestation de droite*, ce soir à 18 heures au Molard sous le slogan de bon aloi  :  « Marre des pauvres ! Sauvons les riches ! ». Dans une ville gouvernée par la canaille de gauche, envahie par la plèbe et menacée par la racaille voisine, il est effet temps de lever bien haut le parapluie de la révolte, avant que l'abominable Salerno ait municipalisé les banques, que l'ignoble Pagani ait séquestré les Mercedes pour en faire des tire-fesses à cyclistes et que l'infernal Kanaan, revenu de son stage de formation en Chine post-communiste, ait transformé le Grand Théâtre en foyer pour Rroms et le Stade de la Praille en aire d'accueil des gens du voyage. A la veille du Jeûne Genevois, réapprenons-en les vertus aux pauvres, avec l'aide des TPG, des partis de droite et des caisses-maladie, les premiers augmentant leurs tarifs, les seconds diminuant les prestations chômage et les troisième augmentant leurs cotisations. Et qu'on ne nous dise pas que nous sommes sans compassion : les Services Industriels baissent leurs tarifs d'électricité ? Les pauvres ne pouvant plus se payer le bus, ni l'assurance-maladie, et ne touchant plus le chômage, pourront rester plus longtemps à la niche, chez eux, à regarder « La ferme des célébrités » à la télé.

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  • Produire des exécutants ou faire naître des citoyens ?

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    Histoire et géographie au Cycle d'Orientation :
    Produire des exécutants ou faire naître des citoyens ?


    La Direction du Cycle d'Orientation genevois envisageait, dans une nouvelle grille horaire, de ratiboiser d'un tiers le temps des cours d'histoire et de géographie. Contre l'avis de Charles Beer, et des enseignants de ces deux disciplines.  Réduire l'enseignement de l'histoire au moment même où l'on envisage celui des « grands textes fondateurs de notre civilisation » pourrait paraître, à un esprit candide, parfaitement contradictoire. Mais ça ne l'est que si l'on persiste, candidement, à penser que le rôle de l'école n'est pas de fabriquer à la chaîne de bons producteurs et de bons consommateurs, mais d' « aider l'élève à se situer dans le monde en citoyen lucide et responsable », pour reprendre les mots de Charles Heimberg dans  « Le Courrier » du 26 juin. Or apparemment ce n'est pas à cela que l'école devrait servir selon ceux qui la pensent aujourd'hui, mais à produire des exécutants dociles et efficaces de « l'économie », pour les besoins des maîtres de cette économie et d'eux seuls.

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  • Horaires d'ouverture des magasins : Faites chauffer le référendum !

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    Par 62 voix (toute la droite, y compris les défenseurs autoproclamés du petit commerce) contre les socialistes et les Verts, le Grand Conseil a adopté jeudi soir une nouvelle loi sur l'ouverture des magasins, qui prévoit une ouverture jusqu'à 20 heures en semaine, 19 heures le samedi et une ouverture dominicale quatre fois par an. Avec le gaspillage d'énergie (éclairage, climatisation, alimentation de l'informatique) que cela implique, et vive le développement durable !   L'adoption de la loi, cousue main et sur mesure pour les grands magasins, et l'annonce par les syndicats et la gauche du lancement d'un référendum (on votera le 28 novembre), scellent l'échec des négociations entre le patronat et les syndicats SIT et UNIA du secteur. Les syndicats étaient pourtant prêts à faire des concessions sur les horaires, en échange de concessions « significative » du patronat, sur les conditions de travail, mais le patronat a refusé toute compensation salariale du surcroît de travail, toute protection contre les plus longues (jusqu'à 14 heures) journée de travail, et toute mesure réelle de lutte contre la dégradation des conditions de travail dans le secteur. Au final, on se retrouve avec une loi qui dégrade les conditions de travail de gens qui sont déjà parmi les plus mal payés de la République, et avec une loi qui ne répond à aucun objectif rationnel ni aucun besoin réel de la clientèle, mais à une sorte de pulsion patronale (encouragée par la droite politique) dont les employées et les employés du secteur seront les premières victimes, suivies de près par les petits commerces, incapables, contrairement aux grands magasins et aux grandes chaînes de distribution, de compenser les surcoûts d'une ouverture prolongée. Un référendum est sur le feu, préparez vos stylos...

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  • Au prétexte du choix d'un directeur de la Comédie...

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    Le saltimbanque et le gestionnaire

    Au prix de quelques chaos, la Fondation d'Art Dramatique va désigner incessament sous peu le prochain directeur de la Comédie, qui accompagnera le premier théâtre genevois jusqu'à l'aboutissement du projet de Nouvelle Comédie. C'est l'occasion, ou le prétexte, de s'interroger sur les rapports étranges que peuvent entretenir artistes et créateurs avec les institutions qui rendent leur travail public, et avec les gestionnaires de ces institutions - les « gestionnaires de la culture », puisqu'il paraît qu'il en faut. Ont-ils quelque chose à se dire, le saltimbanque et le directeur ? Ils ont en tout cas quelque chose à faire ensemble : on appelle cela de la culture.  Il arrive même que l'on prétende appeler cela de la création culturelle. C'est en tout cas cela, et rien d'autre,  qui  compte,  à la Comédie de Genève comme dans n'importe quelle institution culturelle. Le reste, les péripétie clochemerlesques du Nème épisode de la concurrence ville-canton dans le champ de la culture ?  « Rien que de très subalterne », dirait De Gaulle. Dans un théâtre, c'est le saltimbanque qui compte, pas le directeur.

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  • Fusion des fondations immobilières de droit public : Rationalisation ou bureaucratisation ?

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    Quatre fondations immobilières de droit public* gèrent à Genève plus de 6000 logements sociaux bon marché (HBM). Le Conseiller d'Etat Mark Muller veut les fusionner en une seule (dite « Habitat ») et, en s'appuyant sur un vieil avis de la Cour des comptes (qui ne se préoccupait ni du contenu, ni des méthodes de la politique du logement), dégèle un projet de loi mis au frais, faute de majorité pour l'adopter, en 2008. Au prétexte de «rationalisation » (au sens le plus bureaucratique du terme) et d'« économies » plus apparentes que réelles, il s'agirait surtout de prendre le contrôle direct des quatre fondations existantes, fondues en une seule dirigée par un Conseil nommé en totalité par le Conseil d'Etat. Cette fondation, ainsi soustraite à tout contrôle démocratique, ne se mêlerait plus des « aspects opérationnels incombant aux régies », à condition qu'on les paie pour cela, mais s'acquitterait uniquement d'une mission « stratégique ». En clair, et pour reprendre le résumé fait du projet mullérien par la Conseillère administrative socialiste et onésienne Carole-Anne Kast : « mettre une armée de fonctionnaires à la solde du Conseiller d'Etat » en cassant « l'approche humaine que les représentants de milice » (les membres actuels des Conseils de fondation) ont développées avec les communes qui concentrent l'habitat « bon marché ».


    * Les fondations Camille-Martin, Jean-Dutoit, Emile-Dupont et Emma-Kammacher

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  • Prisons : C'est quand qu'on débourre ?

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    600 détenus entassés à Champ-Dollon

    ça tombe désormais à rythme régulier, une fois par mois : Record battu, Champ-Dollon a dépassé ce week-end les 600 détenus, pour 270 places. Non seulement il n'y a jamais eu autant de tôlards dans la prison genevoise, mais il n'y a également jamais eu à Genève une proportion aussi élevée, par rapport à la population résidante, de personnes incarcérées, entre Champ-Dollon, la Brenaz, la Clairière, Frambois etc... On n'en est pas encore au niveau qu'atteignent certains villes américaines, qui comptent plus d'un détenu pour 5 habitants, mais on y arrive doucement, notamment dans la région de Thônex, Choulex, Puplinge. En attendant la réalisation de cet enthousiasmant projet, le mécanisme tourne à plein : la police ramasse, la prison entasse. Jusqu'à quand ? Tant qu'on pourra. Tant que ça n'explosera pas. Un ancien détenu, interrogé hier par  « Le Matin », estime d'ailleurs qu'« un jour ça va péter, et qu'« il y aura des morts ». Aujourd'hui déjà, « les problèmes (entre détenus) se règlent à coups de poing », et tout, à Champ-Dollon, ne tient plus qu'à deux fils fragiles: la résistance physique et psychologique du personnel, et la résignation des détenus.

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  • Fusion radelibe à Genève ?

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    Bien dégagé au centre

    Radicaux et libéraux genevois ont donc décidé, à de fortes majorités, d'entamer leur « rapprochement » en vue, éventuellement, de leur fusion, un jour, peut-être, si tout va bien... Une  « fusion »  qui serait, quoique les uns, les autres et quelques témoins en disent, l'absorption des premiers par les seconds. Il est vrai que les futurs absorbés n'avaient guère que le choix entre le frai et la disparition locale de l'espèce. Mais actuellement, par l'existence de deux partis distincts, radicaux et libéraux indépendants les uns des autres couvrent un espace politique qui va du centre à la droite; en fusionnant, il réduiront cet espace en le déplaçant vers la droite, et dégageront ainsi au centre un espace politique fort intéressant pour le PDC, les Verts, voire même pour la droite du PS, cette frange politique qui, n'ayant plus ni projet ni culture politiques socialistes, n'est même plus social-démocrate et n'a plus d'autre programme que celui de l'adaptation modernistes des régles du jeu social et politique, et à la défense des consommateurs.

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  • Journée internationale des Rroms : une verbeuse indifférence

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    Vous en êtes-vous aperçus, en avez-vous ewntendu parler ? jeudi dernier, 8 avril, c'était la « Journée internationale des Rroms ». Une journée pour douze millions de Manouches, de Tziganes, de Gitans, de Romanichels, de Bohémiens -bref, une journée pour Esmeralda et ses frères. Et ce jour là, à Cordoue, s'ouvrait un « sommet européen », le deuxième du genre, consacré aux Rroms européens. Un sommet bidon, réunissant des seconds couteaux accouchant d'une déclaration creuse, ne contenant aucun engagement concret. Fallait-il seulement s'attendre à autre chose qu'à cette indifférence verbeuse ? Simple curiosité : à Genève, où la Ville et le canton semblent mener deux politiques diamétralement opposées à l'égard des Rroms, la première s'attachant à les héberger, le second à les pourchasser, combien de Rroms ont été interpellés, amendés, rackettés, ce jeudi 8 avril, « journée internationale des Rroms » ? Pour eux, sans doute, une journée comme toutes les autres, à Genève comme ailleurs...

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  • Ouverture de places d'apprentissages pour les jeunes sans statut légal : Mer de brouillard sur une évidence

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    Oscar Tosato, Sandrine Salerno, Luc Barthassat et Antonio Hodgers ont donné avec d'autres, mais avec plus d'écho que d'autres, un joli coup de pied dans une sombre fourmilière : Les deux socialistes en proposant que les deux villes dont il et elle sont magistrat-e engagent en apprentissage des jeunes sans statut légal, le démocrate-chrétien et le Vert en mettant le Conseil National face à la réalité et à sa négation par la l'hypocrisie des politiques et des réglementations fédérales et cantonales. Une réalité si gênante et une hypocrisie si confortable que pour rendre le débat incompréhensible, les adversaires du projet des municipalités de Lausanne et Genève en sont réduits à entretenir, volontairement, la confusion entre jeunes sans statut légal, sans-papiers. clandestins et travailleurs « au noir » : les jeunes sans statut légal que les municipalités pourraient engager comme apprentis ne sont pas «sans papiers» (il ne leur manque qu'un permis de séjour), ils ne sont pas clandestins (ils sont inscrits à l'école, couverts par l'assurance scolaire, connus des services scolaires), et s'ils pouvaient être engagés comme apprentis, ce ne serait pas «au noir» mais ouvertement, sur la base d'un contrat de travail, en payant les cotisations sociales qu'ils doivent, et en recevant le salaire auquel ils ont droit.

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  • PS : Parité missa est ?

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    L'inconfort de la règle

    Demain soir, le PS de la Ville de Genève va gravement s'interroger sur le maintien ou non de l'exigence statutaire de parité des genres sur ses listes électorales. Les statuts d'un parti politique sont en quelque sorte sa constitution. Comme une constitution, ils sont modifiables, révocables, adaptables, partiellement ou globalement. Un parti politique est un instrument, et ses statuts le mode d'emploi de cet instrument. Mais de quoi un parti est-il l'instrument ? d'un programme, d'un projet, d'une volonté politique collective, ou de plans de carrière ? Modifier les règles d'une élection quelques mois avant les élections, c'est se livrer à un exercice dont les gouvernements français (par exemple) sont coutumiers : on redessine les circonscriptions, on modifie le système électoral, on redéfinit les conditions de candidatures en fonction d'objectifs et de calculs électoraux, plus ou moins crédiblement fardés de références à quelques grands et sonores principes politiques... il y a fort longtemps qu'un tel bricolage ne devrait plus tromper personne, surtout à gauche. Après la parité, contestée parce qu'elle gène avec la même ferveur qu'elle était soutenue lorsqu'elle pouvait être instrumentalisée, ce sont d'autres dispositions des statuts socialistes (le non cumul des mandats, leur limitation dans le temps, etc.) qui vont donc être mise en cause pour les mêmes raisons d'où les principes sont aussi absents que sont pesants les calculs carriéristes, les détresses de fin de mandat ou l'envie de cumuler les postes. La règle de la parité est inconfortable ? Certes. Mais elle est précisément là pour cela...

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  • Faire son deuil de la social-démocratie

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    Résurrection ou réinvention ?

    Trois grands mouvements politiques ont constitué, en trois siècles, nos sociétés : le libéralisme, le radicalisme démocratique, la social-démocratie. La libéralisme en a constitué la base économique et le champ culturel, le radicalisme démocratique en a fondé les institutions politiques, la social-démocratie a accouché de l'Etat social. Mais ces trois mouvements sont, tous trois, arrivés au bout de leur rôle. Ils ont épuisé leur mission. « Le monde a besoin d'une social-démocratie forte », assure, sincèrement, René Longet... On se permettra ici d'en douter, de considérer la social-démocratie, en  tant que projet politique de changement fondé sur l'Etat social, l'Etat de droit et l'Etat acteur économique, comme un moment dépassé du mouvement socialiste, et de penser que « le monde» a désormais moins besoin d'une social-démocratie ressuscitée que d'un socialisme réinventé. Pour paraphraser (et quelque peu détourner) Gramsci, on se dira qu'en ce moment d'interrègne entre un monde qui meurt et un monde qui tarde à naître, les héritiers des mouvements fondateurs du premier ont à les réinventer, ou à en faire leur deuil.

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  • Immigration légale et illégale : Pas un jour sans eux !

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    Hier, lundi 1er mars, dans plusieurs villes françaises, mais aussi en Italie et en Grèce, était organisée une « journée sans immigrés », la «journée sans nous», pour démontrer l'apport indispensable de l'immigration aux sociétés, aux économies, aux services publics des pays de bon ou mauvais (et de plus en plus mauvais) accueil des migrants. L'idée est reprise d'une initiative américaine : en 2006, aux Etats-Unis, des centaines de milliers d'immigrants hispaniques avaient cessé le travail pour dénoncer un projet de loi criminalisant les travailleurs clandestins. Les grandes villes du pays en avaient été paralysées, et le projet avait été retiré. Hier, la journée française n'a obtenu qu'un succès plus modeste, et a fait moins de bruit que la tempête qui a balayé les côtes atlantiques. Elle n'en a pas moins mis en évidence, avec la promesse d'y revenir, mieux organisés, et plus massivement suivis, ce que tout le monde est capable de voir : Aucun secteur, privé ou public, de la société et de l'économie de nos pays ne pourrait fonctionner sans l'apport de l'immigration, légale ou non, ni, dans les cantons frontaliers, celui de la main d'oeuvre frontalière. Et tout le monde le sait, Front National français, UDC suisse et MCG genevois compris, si bien peu en admettent les conséquences.

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  • Immigration légale et illégale : Pas un jour sans eux !

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    Hier, lundi 1er mars, dans plusieurs villes françaises, mais aussi en Italie et en Grèce, était organisée une « journée sans immigrés », la «journée sans nous», pour démontrer l'apport indispensable de l'immigration aux sociétés, aux économies, aux services publics des pays de bon ou mauvais (et de plus en plus mauvais) accueil des migrants. L'idée est reprise d'une initiative américaine : en 2006, aux Etats-Unis, des centaines de milliers d'immigrants hispaniques avaient cessé le travail pour dénoncer un projet de loi criminalisant les travailleurs clandestins. Les grandes villes du pays en avaient été paralysées, et le projet avait été retiré. Hier, la journée française n'a obtenu qu'un succès plus modeste, et a fait moins de bruit que la tempête qui a balayé les côtes atlantiques. Elle n'en a pas moins mis en évidence, avec la promesse d'y revenir, mieux organisés, et plus massivement suivis, ce que tout le monde est capable de voir : Aucun secteur, privé ou public, de la société et de l'économie de nos pays ne pourrait fonctionner sans l'apport de l'immigration, légale ou non, ni, dans les cantons frontaliers, celui de la main d'oeuvre frontalière. Et tout le monde le sait, Front National français, UDC suisse et MCG genevois compris, si bien peu en admettent les conséquences.

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