mercredi, 28 avril 2010

Grand Théâtre : Du bon usage des crises

Le Conseil administratif de la Ville a donc demandé au Conseil d'Etat, qu'on voit mal l'accepter, une dérogation à la loi pour pouvoir prélever 870'000 francs dans le  «non-dépensé» du budget 2009, et les accorder au Grand Théâtre qui, pour avoir présenté un budget aux recettes surévaluées, se retrouve avec un manque de financement de deux millions et demi. L'opération n'est pas seulement douteuse d'un point de vue formel, elle l'est surtout d'un point de vue politique. La plus lourdement subventionnée de toutes les institutions culturelles du canton, et la seule à bénéficier, année après année, en sus de sa subvention, d'une prise en charge directe par la Ville de la plus grande partie de son coût, doit pouvoir assumer seule ses erreurs de prévision. Et le canton, qui clame -à juste titre, d'ailleurs- sa volonté de prendre dans la politique culturelle la part qui devrait être la sienne, pourrait, enfin, commencer à financer, un peu, encore marginalement, un Opéra dont l'existence même ne dépend actuellement que de la seule Ville de Genève. Il y a un bon usage des crises : comme la précédente crise qu'a traversée le Grand Théâtre, entre 2007 et 2009, avait permis d'entamer enfin une réforme de l'institution, le dernier épisode d'une crise structurelle de financement du GTG devrait être l'occasion de réformer ce financement, au lieu que de persister à le bricoler de subventions extraordinaires en garanties de déficit, toutes à la charge de la Ville.

Lire la suite

16:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : culture, grand théâtre | |  Facebook | | | |

vendredi, 23 avril 2010

La politique culturelle genevoise dans tous ses états

Usine, Grand Théâtre, rôle du canton :
La politique culturelle genevoise dans tous ses états


Le Conseil administratif « sucre » 200'000 francs à l'Usine pour la punir d'avoir toléré un concert dans un espace non insonorisé, il manque deux millions et demi de francs au Grand Théâtre* pour boucler sa saison, et le canton veut prendre la main (mais au moindre frais possible) sur la politique culturelle : quels rapports entre ces trois informations ? celui d'illustrer, chacune à leur manière, les incohérences de la politique culturelle genevoise. Une incohérence qui ne date pas d'hier : en 1758, dans sa  « Lettre à M. d'Alembert sur les spectacles » , Jean-Jacques écrivait  avoir « fait voir qu'il est absolument impossible qu'un théâtre de comédie se soutienne à Genève par le seul concours des spectateurs. Il faudra donc de deux choses l'une : ou que les riches se cotisent pour le soutenir, charge onéreuse qu'assurément ils ne seront pas d'humeur à supporter longtemps ; ou que l'Etat s'en mêle et le soutienne à ses propres frais ». On en est toujours là -il suffit d'étendre l'exemple donné par le Citoyen de Genève à l'ensemble du champ culturel genevois.


* Pour ceux que cela intéresse, le rapport complet (saison 2008-2009, au format PDF) du représentant (jusqu'au 31 août 2009) du PS au Conseil de fondation du Grand Théâtre peut être téléchargé à l'adresse <http://www.perso.ch/troubles/RapportGTG-PSvG.pdf>

Lire la suite

15:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : culture, politique, usine, grand théâtre | |  Facebook | | | |

vendredi, 29 janvier 2010

Politique culturelle genevoise : Ote-toi de là que je m'y mette ?

Depuis le début de l'année, les cantons voisins de Zurich contribuent au financement de la politique culturelle zurichoise, dont ils profitent sans, jusque-là, en assumer le coût : Schwytz, Zoug, Uri, Lucerne et Argovie ont signé avec Zurich une convention portant notamment sur les grandes institutions culturelles d'importance régionale (le Grand Théâtre, l'Opéra, le KKL de Lucerne), auxquelles Zurich consacrait 100 millions de francs par année sans qu'il y ait de raison pour que seuls les contribuables zurichois financent une offre culturelle dont les habitants des cantons voisins profitent aussi -et dont ces cantons faisaient d'ailleurs, et font toujours, un argument de campagne promotionnelle pour attirer de riches contribuables et de juteuses entreprises. Et à Genève, où la situation est grosso modo la même, à ceci près que ce n'est pas le canton qui casque pour les autres, mais la Ville ? Ben, à Genève, on réfléchit...

Lire la suite

02:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture | |  Facebook | | | |

mercredi, 11 novembre 2009

La Nouvelle Comédie sur les rails du CEVA

Nouveau théâtre dans un nouveau quartier, si le 29 novembre...

Le 2 novembre, Rémy Pagani et Patrice Mugny ont présenté le projet retenu, au terme d'un concours lancé en janvier, pour la Nouvelle Comédie : sur le site de la gare des Eaux-Vives, quatre modules vitrés accueillant ateliers, restaurant, librairie, salles de spectacle... un projet devisé à 70 millions de francs -un peu moins que les extensions des musées d'Ethnographie et d'Art et d'Histoire, beaucoup moins moins que deux ans de fonctionnement du Grand Théâtre, mais une dépense que la Ville sera pratiquement seule à assumer, alors que tout le monde politique, ou presque, s'accorde, au moins rhétoriquement, à admettre que les grands projets culturels d'importance régionale doivent être cantonalisés, sinon régionalisés. On ne s'en étonnera qu'à moitié. Et on n'aura garde d'oublier que ce projet n'a pratiquement aucune chance de devenir réalité si le 29 novembre le crédit complémentaire pour le CEVA n'était pas accepté…

Lire la suite

01:28 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : culture, ceva, comédie, urbanisme | |  Facebook | | | |

samedi, 26 septembre 2009

Aux Bains, tout le monde...

zonage culturel à Genève

On aura dimanche soir si le million de subvention que la Fondation Saint-Gervais recevait pour le Centre pour l'image contemporaine (CIC), et qui lui a été enlevé, sera rétabli. On ne saura pas, en revanche, ce qu'il adviendra du CIC,, ni même d'ailleurs de la maison de Saint-Gervais elle-même, tant les intentions de la Fondation Saint-Gervais et du Département des Affaires Culturelles sont à la fois opaques et contradictoires. Ce qui n'est en revanche ni opaque, ni contradictoire, c'est bien cette tendance au " zonage " culturel, qui aboutit, progressivement, à la concentration de tout ce qui relève, ou prétend relever, de l' " art contemporain " dans un même quartier. Ou un même ghetto.

Lire la suite

01:41 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, saint-gervais, cic, votation | |  Facebook | | | |

vendredi, 28 août 2009

Ce que la mort du CIC nous dit de la politique culturelle genevoise

" La liberté de l'art, son indépendance vis-à-vis de ce que l'on exige de lui, se fonde dans l'idée d'une société libre et anticipe en un certain sens sa réalisation " (Theodor Adorno)

Elle passerait presque inaperçue (n'était la splendide affiche baudelairienne d'Exem), la votation municipale à l'ordre du jour du 27 septembre, sur le maintien ou non d'un gros million de subvention accordée par la Ville à la Fondation Saint-Gervais, et jusqu'alors affectée par celle-ci au Centre pour l'Image Contemporaine, avant que, pressé par la Fondation et le Conseil administratif, le Conseil Municipal n'entérine le transfert de cette subvention au Centre d'Art Contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'Art Contemporain (FMAC), en signant du même coup l'arrêt de mort du CIC. L'enjeu est réel. Non pas financier, cet enjeu, mais culturel.

Lire la suite

02:02 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : culture, saint-gervais, cic, votation | |  Facebook | | | |

mercredi, 03 juin 2009

Grand Théâtre : Sortie ratée

Quatre cadres du Grand Théâtre, dont le contrat a été résilié par la Fondation du GTG, contestent cette résiliation et demandent ensemble plus d'un million de francs (un an de salaire pour chacun) à la Fondation, au motif ou au prétexte que la lettre de résiliation n'aurait pas été signée par la bonne personne. De son côté, le Directeur général sortant, dont le contrat a également été résilié (mais par le Conseil administratif sur préavis du Conseil de fondation) en demande à peu près autant à la Ville (soit l'équivalent de trois ans d'un salaire plus élevé que celui d'un Conseiller administratif). On précisera utilement que la responsabilité de Patrice Mugny n'est nullement engagée dans cet épisode (elle ne l'était d'ailleurs guère dans la crise elle-même dont ce piètre règlement de compte est l'épilogue) : toutes les porcelaines cassées dans le magasin culturel genevois ne sont pas à mettre au compte du même éléphant vert. Le Grand Théâtre change de direction, mais la direction sortante rate toute seule sa sortie.

Lire la suite

02:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, opéra, grand théâtre | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 mai 2009

Politique culturelle : Genevois, encore un effort pour être républicains !

Samedi prochain, au théâtre Am Stram Gram, se tiendra la troisième et dernière session du Forum " Art, culture et création " organisé depuis 2008 par le (Rassemblement des artistes et acteurs culturels). Le RAAC va présenter urbi et orbi (" aux autorités, au monde politique, aux milieux culturels et au public ") ses huit propositions, et " poser quelques hypothèses de travail pour la Genève culturelle de demain " : que la création devienne la priorité des politiques culturelles, qu'elle soit inscrite dans la constitution et la loi, qu'elle dispose de nouvelles ressources, qu'on dispose d'un outil d'analyse du financement culturel, que la culture et la création soient intégrées dans les projets urbains, que les artistes et acteurs culturels aient un statut professionnel, que la République assume son rôle dans la politique culturelle et que les collectivités publiques de toute la région mènent ensemble une politique culturelle cohérente. Rien de révolutionnaire, mais rien que de nécessaire...

Lire la suite

02:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : genève, culture, raac, calvin | |  Facebook | | | |

lundi, 22 décembre 2008

Culture genevoise : après l'épuration, la concentration ?

Signez * le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine

* feuilles de signatures téléchargeables sur www.sauvons-le-cic.ch. Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier

Le 6 décembre dernier, le Conseil municipal de la Ville a accepté, à une " très grande majorité ", le transfert au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC) de la subvention de 1,1 million accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC), ainsi que le transfert de la collection du CIC au FMAC. Cette décision signerait l'arrêt de mort du CIC, à moins que le peuple s'y oppose. Encore faut-il qu'il puisse s'exprimer. D'où le lancement d'un référendum populaire contre une décision prise pour des motifs en lesquels les choix de politique culturelle semblent avoir pris une place pour le moins ténue. Une décision par ailleurs voulue, curieusement, par la " très grande majorité " du Conseil de fondation de la fondation de Saint-Gervais, apparemment adepte de l'application au tissu culturel genevois des méthodes de la médecine moyenâgeuse : la purge, la saignée et l'amputation.

La marge et la page

On s'est d'abord attaqué aux marges, on s'attaque désormais aux pages. Après l'offensive contre les squats, et les espaces culturels créés par les squats, après l'évacuation d'Artamis, après la scénarisation médiatique des attaques contre l'Usine, on passe aux attaques contre des acteurs culturels labellisés comme tels, officialisés, installés dans des institutions publiques (et peu importe que Saint-Gervais soit une fondation privée, quand elle dépend essentiellement des subventions publiques, est dirigée par un Conseil de fondation peuplé de représentants de collectivités publiques... et que sa disparition est ratifiée par une municipalité). Le Centre pour l'image contemporaine a été fondé il y a 23 ans. Il faisait partie intégrante du " tissu culturel " genevois, et avait acquis une renommée internationale incontestable. Il n'en est pas moins devenu la première institution culturelle genevoise à se retrouver dans la même situation, ou peu s'en faut, que les espaces culturels alternatifs. Après l'épuration, la concentration. Ce saut qualitatif n'est pas moins inquiétant que les trépignements populistes et épurateurs qui l'ont précédé. Après le CIC, à qui le tour ? Après l'auto-amputation à laquelle s'est livrée (qu'on l'y ait ou non incitée) la Fondation de Saint-Gervais, quel charcutage, quelle " fusion ", quel appauvrissement ?

02:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : culture, cic, référendum | |  Facebook | | | |