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  • Retraite flexible et parachutes dorés

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    La droite manque de pot, mais pas d'air

    La campagne pour l'initiative syndicale (soumise au vote le 30 novembre) en faveur d'une AVS flexible n'avait pas commencé que s'abattaient déjà sur le bon peuple des prédictions affabulatrices et abracadabrantesques sur son coût. La droite politique et patronale s'apprêtait à faire feu de tout bois pour démolir, à grands coups de chiffres invérifiables, une revendication minimale : pouvoir prendre sa retraite dès 62 ans… Manque de pot : la crise financière, le sauvetage de l'UBS à coup de dizaine de milliards, les parachutes dorés des dirigeants de l'économie et la confirmation des subventions accordées aux partis politiques (de droite) par les banques, ont sérieusement entamé la crédibilité des adversaires de l'initiative et des experts autoproclamés convoqués en hâte pour expliquer à la fois que la retraite flexible coûterait trop cher et que les 68 milliards du sauvetage de l'UBS sont un bon investissement…

    Premier pas

    Sitôt annoncée la mise en votation de l'initiative syndicale pour " l'âge de l'AVS flexible ", les partis de droite et les organisations patronales s'étaient mis en campagne, à grands coups d'estimations invérifiables, en mobilisant moult experts et en faisant monter au front tout ce qui pouvait se mobiliser, du président de la Confédération au directeur de l'Office fédéral des assurances sociales. Las ! La crise financière a rattrapé ces hérauts de l'austérité sociale, et le bon peuple s'est mis à douter : si on peut trouver 68 milliards pour sauver une banque privée, ne pourrait-on trouver cent fois moins pour accorder à des travailleurs de 62 ans le droit de prendre leur retraite pendant qu'ils sont encore en état d'en profiter ? On entend moins prôner l'élévation de l'âge de la retraite à 70 ans depuis que de joyeux quinquagénaires ou de sémillants sexagénaires ont pu prendre la leur avec quelques dizaines de millions de primes, gratifications, indemnités et autres honoraires somptuaires, quels qu'aient été les résultats concrets de l'exercice de leur pouvoir sur les grandes entreprises qu'ils dirigeaient. Les crises sont révélatrices de réalités que les apparences de prospérité voilent. Et d'entre ces réalités, celle-ci : Aujourd'hui, la retraite anticipée est un privilège de nantis qui disposent de très solides deuxième, troisième, quatrième et Xèmes piliers. L'initiative syndicale pour la retraite flexible ne bouleverse rien (c'est d'ailleurs son défaut), et son adoption ne serait qu'un premier pas -qui ne coûterait pas grand chose. Mais on n'entame pas une longue marche sans ce premier pas, comme disait le Grand Timonier. Pas Couchepin, l'autre.

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  • La bourse plombe les retraites : Quel bon usage de la crise ?

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    Entre 30 et 60 milliards de francs de retraites capitalisées dans les caisses de pension publiques ou privées se sont évaporés, tels une " courte, légère et aérienne " constitution libérale genevoise. Ces caisses (elles sont 2670, dont 2500 privées) gèrent 650 milliards de francs, placés pour une part en actions -et les actions ont plongé de 20 % en un an, en Suisse. Aujourd'hui, une caisse privée sur six et deux caisses publiques sur trois ne disposent pas d'une couverture financière équivalant à leurs obligations. Le fonds de compensation de l'AVS a perdu près de deux milliards en 2007 sur ses placements. Et tout cela sur fond de vieillissement de la population, un vieillissement que ne compense pas une immigration qu'on s'obstine à vouloir freiner. Comme dirait Léon Nicole, " les perspectives sont plus belles que jamais ".

    Le retour de la vengeance des retraites populaires

    Dans les années soixante (ou était-ce au début des années septante ?), le Parti du Travail et l'AVIVO avaient lancé et fait aboutir une initiative populaire fédérale pour des " retraites populaires ", qui proposait une alternative solidaire à ce qui allait devenir le " Deuxième pilier ". Cette initiative, lâchée par le PSS et les syndicats, avait succombé en votation populaire. Et on est donc passé à la construction de ce fameux " Deuxième pilier ", forme doucereuse d'épargne forcée et d'investissement obligatoire (sans que les cotisants sachent où ce qu'on leur a forcé d'épargner a été investi), et surtout conception particulièrement inégalitaire de la prévoyance sociale : chacun cotise pour soi-même, les riches auront des retraites de riches, les pauvres des retraites de pauvres, chacun à sa place, les torchons avec les torchons et les serviettes avec les serviettes. Et voilà qu'à la faveur d'une nouvelle crise financière (ni la première, ni la dernière), on se demande si les caisses de retraite ont perdu trente ou soixante milliards… Si cette crise, et les menaces pesant sur le financement des rentes du " Deuxième pilier " pouvaient inciter à revoir le plus fondamentalement possible le système des retraites, nous aurions trouvé de la crise un bon usage, et répondu aux menaces. Mais sur quelles forces s'appuyer aujourd'hui pour un tel changement de politique sociale ? La droite, évidemment, fera tout pour l'éviter. Mais la gauche, qui devrait tout faire pour le provoquer, y est-elle prête ? Le PSS et l'USS ont accepté un système fondamentalement contradictoire de toute justice sociale. Comment s'en dépêtreront-ils ? Et ont-ils seulement le projet de s'en dépêtrer ?

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  • Initiative syndicale pour une retraite " flexible " : L'Opéra de quat' sous

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    La gauche et les syndicats se préparent à défendre leur initiative pour une " retraite fleexible ", soumise au vote populaire en novembre prochain, contre une furieuse offensive de la droite et du patronat. Pourtant, l'initiative n'a rien de révolutionnaire, ni même de radicalement réformiste ; elle ne remet pas en cause le modèle injuste des " trois piliers " (une cotisation sociale, une épargne forcée et une épargne volontaire) sur lesquels repose, en équilibre instable, le système suisse de retraite. Non : elle propose seulement un aménagement du moment de la prise de retraite, pour répondre à la diversité des situations de vie. Et elle propose un financement n'équivalant qu'à une hausse de cotisation de 20 centimes par jour. Qu'une proposition aussi " raisonnable " et prudente puisse susciter une opposition aussi féroce en dit long sur l'état du débat politique et de la prise en compte des enjeux sociaux dans ce pays.

    Inflexibilité

    En Suisse, en 2008, on en est donc encore à se demander si l'âge donnant droit à une retraite pleine et entière doit être fixé à 62, 64, ou 65 ans, ou 70 ans, en attendant que quelqu'un nous propose de le faire coïncider l'entrée en EMS, ce qui serait assez bien résumer l'idée que la droite se fait de la " flexibilité ". Dans ce pays où la majorité des salariés arrivent à l'âge de la retraite en étant au chômage, à l'invalidité, à l'aide sociale, en arrêt-maladie ou en pré-retraite (un salarié sur deux est exclu du " marché du travail " à 64 ans, un sur quatre l'est déjà à 60 ans), prévoir une retraite à 62 ans semble relever de la provocation, imaginer un droit à le retraite tenant compte des situations et des besoins des personnes, de l'irresponsabilité et proposer des rentes suffisantes pour vivre dignement, de l'aliénation mentale. Une commission du Conseil national a avalisé une révision de l'AVS qui ressemble comme une sœur à celle que le peuple avait rejetée en 2004 : augmentation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, refus de toute mesure permettant de faciliter un départ avant l'âge pour les personnes à bas revenus… Au non-projet de la droite de la droite, les syndicats opposent, avec le soutien du PS, leur initiative pour une retraite " à la carte " dès 62 ans sans diminution de rente, pour les actifs ne disposant que de bas et moyens revenus. Cette réforme, modeste, pourrait être financée par une hausse non moins modeste des cotisations, équivalant à vingt centimes par jour.... Trop cher, clame la droite et le patronat, Couchepin en tête. C'est bien connu, tout progrès social, même minime coûte toujours trop cher. Quatre sous par jour pour la justice et le respect, c'est hors de prix. Alors, un revenu minimum qui remplacerait la retraite et pourrait être perçu à tout âge, vous pensez...

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