vendredi, 29 janvier 2016

Deuxième tunnel routier sous le Gothard : Le tube de trop


Gothard, NLFA, Uri, Tessin, tunnelA en croire le sondage du 12 janvier sur les intentions de vote du 28 février, le percement d'un deuxième tunnel routier sous le Gothard sera plébiscité par les citoyennes et yens, avec 64 % de soutien au moment du sondage, contre 29 % d'opposition (et 7 % d'indécis), dans un bon gros clivage gauche-droite (le "non" est majoritaire chez les Verts et les socialistes, le "oui" l'est dans les électorats de tous les partis de droite). L'argument qui semble avoir surtout convaincu les partisans du second tunnel est celui de la sécurité, suivi de celui du lien avec le Tessin (où 17 % des sondés disent toutefois s'opposer au projet, contre 76 % qui le soutiennent). Du côté des opposants, dont font partie le PS, les Verts, l'Union Syndicale et la "gauche de la gauche", c'est le risque, voire la quasi certitude, que, contrairement aux promesses des partisans (et à la constitution), le deuxième tunnel ne soit pas seulement un tunnel d'"assainissement", mais soit un tube de trop, servant à doubler la capacité d'absorption du trafic automobile (et surtout de celui des poids lourds) par l'ouvrage, quand il conviendrait au contraire de la réduire en favorisant le transport ferroviaire.

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jeudi, 28 janvier 2016

Politique culturelle genevoise : un piège est ouvert

MAH, Nouvelle Comédie, Pavillon de la danse...Un débat gratiné...

N'y a-t-il plus à Genève d'enjeu culturel, de débat sur un tel enjeu, que celui de la rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire ? En tout cas, ce débat, ou ce qui en tient lieu écrase tous les autres. Ou plutôt les recouvre d'une sorte de couche gratinée, sous laquelle on se doute bien qu'il y a quelque chose, mais recouvert par les polémiques sur le projet Nouvel-Jucker -ou plutôt, le plus souvent, sur les aspects collatéraux de ce projet. Et sur son financement. Et sur la campagne du « oui ». Et sur celle du « non ». Et sur Nosferatu. Et sur Gandur. Et sur l'âge du capitaine. Alors,  bien sûr qu'il est important, le projet MAH+, parce que le MAH est important -mais bon sang !, la politique culturelle de la Ville ne s'y résume pas, même si, quelque soit le résultat du vote du 28 février, elle risque fort d'en pâtir... Un piège est grand ouvert pour toute politique culturelle digne de ce nom... Et on n'est jamais si bien piégé que par soi-même...

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mardi, 19 janvier 2016

Jean-Claude Gandur, "Le Courrier", le MAH+...

Confusion des enjeux


Jean-Claude Gandur s'invite dans la campagne contre le projet Nouvel-Jucker d'extension du Musée d'Art et d'Histoire, projet dont il est le principal partenaire financier privé : L'homme d'affaires a déposé deux plaintes contre «Le Courrier», pour calomnie, diffamation et atteinte à l’honneur, à la suite de la parution dans le quotidien d'un dossier lui étant consacré et qui lui a fort déplu. La plainte demande au Tribunal de Première instance de condamner le Courrier à lui verser (ainsi qu'à sa fondation et sa société) 20'000 francs, avec des intérêts à 5 % (Gandur affirmant ensuite qu'il se contenterait d'un franc symbolique), soit condamné aux frais et dépens, et à une participation aux frais d'avocat. L'attaque de Gandur contre "Le Courrier" a été dénoncée par le syndicat des media, Syndicom, et par l'association professionnelle des journalistes, Impressum, comme une "attaque frontale contre la liberté de la presse et l'indépendance du journalisme" (Syndicom). Impressum s'inquiète de la tendance croissante à l'intimidation judiciaire des journalistes, de la part de personnalités publiques, et les deux organisations s'étonnent que Gandur n'ait utilisé ni son droit de réponse, ni son droit de plainte auprès du Conseil suisse de la presse, et se soit adressé directement à la Justice pénale.  Heureusement que, comme le relève Sami Kanaan, "le projet du MAH va bien au-delà du rôle de Jean-Claude Gandur dans le montage" financier, parce qu'il ne manquait plus que l'appel à la justice salvatrice de l'amour-propre pour rendre l'enjeu totalement inintelligible...

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lundi, 18 janvier 2016

Initiative de "mise en oeuvre" : De l'enfumage comme art politique

initiative de mise en oeuvre, UDCPour tenter de convaincre une majorité de votants dans une majorité de cantons de soutenir son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels" étrangers (pour son propre électorat, aucune argumentation n'est nécessaire, il suffit de dire d'un texte qu'il est "contre les étrangers" pour que cet électorat l'approuve...), l'UDC va constamment brouiller les repères légaux, bidouiller les chiffres, dissimuler des faits et en inventer d'autres -bref, mentir comme une arracheuse de dents. Une arracheuse indigène, évidemment, et de dents importées, forcément. Son "tous ménages" de campagne est, dans ce domaine, exemplaire d'une démarche d'enfumage du bon peuple. Une démarche dont l'UDC est d'ailleurs coutumière, dont elle a fait un véritable art politique, et dont on ne peut que constater l'efficacité. Qui, déjà, disait (à raison, semble-t-il) qu'un mensonge répété devient une vérité ?

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mardi, 23 juin 2015

MAH : Le lièvre, la tortue et la votation

Le référendum avance, le Projet social et culturel aussi

Les Verts genevois, divisés, ont décidé de ne pas soutenir le référendum lancé contre le projet de rénovation et d'extension du Musée d'Art et d'Histoire et de laisser les référendaires récolter les signatures nécessaires avant de se prononcer sur le fond, lorsque le référendum aura abouti. Seuls une coalition et un parti politiques soutiennent donc, aux côtés des défenseurs du patrimoine, ce référendum : l'UDC et « Ensemble à Gauche ». Vu les profils et les motivations légèrement contradictoires des référendaires, quelque chose nous dit qu'il va falloir attendre (en le souhaitant) l'aboutissement du référendum pour qu'un véritable débat s'engage sur le projet, et pas seulement sur ses à-côtés. On attendra donc. Notre patience est quasiment angélique... D'ailleurs, on attend aussi le fameux Projet Scientifique et Culturel qui doit nous dire à quoi va se vouer le « nouveau MAH » (le « MAH+ »). On attend. On attend la votation populaire et le projet scientifique et culturel. On attend en relisant « le livre et la tortue » On attend en espérant qu'on aura le PSC avant la votation. 
 

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mardi, 16 juin 2015

Vote genevois pour la "transformation de bureaux en logements" : Enfumage et coup de semonce

On ne s'attendait pas vraiment à la gagner, la votation sur la loi facilitant la transformation, sans contrôle de leurs loyers, de bureaux en logements. Mais on ne s'attendait pas non plus à la perdre avec un écart si important, en n'ayant rassemblé dans le camp du « non  » de 42% des votants (ce qui correspond néanmoins à peu près au poids de la gauche dans ce canton). On savait que, dans l'enfumage généralisé de l'enjeu opéré par la droite, et tout particulièrement par le MCG, il allait être  difficile de faire émerger l'explication des conséquences et des intentions réelles, de la « loi Zacharias ». Dont acte : pour la première fois depuis 1962, la gauche et les organisations de locataires et d'habitants perdent une votation dont l'enjeu est le socle légal de protection des locataires. La loi acceptée par le peuple dimanche n'aura certes quasiment aucun effet sur la crise du logement mais ce « coup pour rien » s'agissant de l'offre de logements correspondant aux besoins réels n'en est pas moins un coup de semonce : la droite et ses supplétifs MCG se préparent à une salve de propositions qu'il va falloir aussi combattre par référendum. En se mobilisant un peu mieux qu'on vient de le faire...

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jeudi, 11 juin 2015

14 juin : On devrait voter sur la redevance, on votera sur la SSR....

Si vous lisez le petit menu des festivités votatoires (on dit bien un apéritif dinatoire, pourquoi pas une festivité votatoire ?) du 14 juin, au chapitre de la révision de la loi sur la radio et la télévision, vous trouverez une proposition de modifier la redevance finançant l'entreprise publique de radio et de télévision (mais aussi, désormais, d'internet), la SSR. Mais si vous suivez le débat qui s'est engagé sur cette proposition, ce n'est plus de la redevance dont il est question, mais de la SSR elle-même, de son rôle, de ses programmes, de sa taille, de son coût... Vieille histoire : depuis les années soixante, la SSR est la cible constante d'attaques de la droite patronale et politique, qui ne cesse de la dénoncer comme un nid de (suivant les époques) crypto-communistes, socialistes ou gauchistes. Un vieux débat sur une vieille dame (la SSR est née en 1931 comme seule entreprise autorisée à diffuser des programmes de radiodiffusion). Mais là, ce vieux débat sur cette vieille dame, il a quand même tout d'une nappe de brouillard : après tout, ce qui est proposé au vote, ce n'est qu'une modernisation de la redevance, pas un prononcement sur les programmes du medium public...

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mercredi, 10 juin 2015

Initiative pour une imposition des successions : Financer les retraites par les héritages...

Résumé du débat sur le financement de l'AVS : la droite soutient le plan du Conseiller fédéral socialiste Alain Berset, lequel Conseiller fédéral socialiste combat l'initiative syndicale et socialiste « AVS+ », que les
socialistes, forcément, soutiennent contre le plan du socialiste Alain Berset (qui propose notamment une élévation de l'âge de la retraite des femmes). Et la gauche soutient en outre l'initiative sur les successions, soumise au vote dimanche prochain, et dont le produit
serait aux deux tiers affecté au financement de l'AVS, ce qui permettrait d'éviter précisément une élévation de l'âge de la retraite^des femmes puisque l'imposition des successions telle que proposée produirait des ressources qui, pour leur part affectée à l'AVS,
couvriraient largement ce que le « plan Berset » attend d'une élévation de l'âge de la retraite des femmes... et sans doute est-ce là encore une évaluation a minima, puisque basée sur un volume global d'héritages
estimé à 40 milliards annuels alors qu'il serait en réalité de plus de 75 milliards... Financer les retraites par les héritages, cela a du 
sens, non ?

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lundi, 08 juin 2015

« Transformation de bureaux en logements » : Une vessie pour une lanterne...

Vignette loyers.jpgSi l'enjeu de la proposition soumise au vote genevois de dimanche prochain était réellement la transformation de bureaux en logements, ce vote n'aurait sans doute pas lieu, parce qu'aucun référendum n'aurait été lancé contre la modification de la loi qu'implique la proposition. Mais il s'agit moins, pour les auteurs de celle-ci, de permettre la transformation de bureaux en logement que de permettre la transformation de la loi sur les démolitions, transformations et rénovations (LDTR) en coquille vide, et d'affaiblir à la fois les protections légales dont les locataires bénéficient, et l'organisation qui les défend, l'ASLOCA,  que le Conducator du MCG (puisque c'est le MCG qui est à la manoeuvre pour les milieux immobiliers) a déclaré vouloir « détruire ». Et si pour cela on peut à la fois se débarrasser d'objets locatifs qu'on n'arrive plus à louer, tondre les locataires en leur louant deux fois leur prix d'anciens bureaux transformés en logement, et évincer des petits commerçants et artisans de leurs locaux pour transformer ceux-ci en logements soustraits au contrôle des loyers, c'est tout (triple) bénéfice, pour les propriétaires, les régisseurs et les spéculateurs. Ceux-là même qui ont résolu de faire prendre aux locataires la vessie de la « lex Zacharias » pour une lanterne progressiste...

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jeudi, 28 mai 2015

Votation fédérale sur la redevance radio-TV : L'enjeu derrière l'enjeu...

Il n'a l'air de rien, l'enjeu du vote sur la redevance radio/TV, ce 14 juin... mais il est farci d'arrière-pensées, de vieilles rancunes contre le service public de radio et de télévision (ce « repaire de gauchistes »), d'études de marché gardées sous le coude au cas où... D'ailleurs, si la réforme proposée par le Conseil fédéral et la majorité du parlement n'était qu'une adaptation aux changements de comportement des consommateurs de media, pourquoi le bras armé patronal de l'UDC, l'USAM (Union suisse des arts et métiers) se serait-elle fendue d'un référendum ? Il se trouve que cette réforme a aussi pour objectif de maintenir en Suisse un service public médiatique fort, pluraliste et quadrilingue : des radios et des télévisions généralistes. Et que ce service public en soi, et les principes que, tant bien que mal, plus ou moins rigoureusement, il respecte (le pluralisme des opinions politiques et des contenus culturels, par exemple) tiennent depuis toujours de l'hérésie aux yeux et aux oreilles (sensibles) de la droite de la droite. D'où référendum. D'où vote populaire. D'où un enjeu qui dépasse largement celui de la redevance elle-même pour atteindre à  celui de la liberté d'expression...

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mercredi, 27 mai 2015

Bal politique masqué autour de la "Lex Zacharias" : Faux et usages de faux derches

Le 14 juin, à Genève, on votera sur un projet de modification de la loi sur les démolitions et transformations (LDTR), projet adopté par la droite du Grand Conseil à l'initiative du MCG (et en particulier de son sponsor, le député Zacharias), pour, sous prétexte de favoriser la transformation de bureaux en logements, permettre aux propriétaires fonciers n'arrivant ni à vendre ni à louer leurs bureaux de les fourguer en logements, le temps que le "marché" se reprenne et qu'ils puissent les retransformer en bureaux. Sans doute un peu inquiets du résultat possible du vote, les partisans de cette "lex Zacharias" tentent non seulement de la présenter pour ce qu'elle n'est pas (une loi "favorable au logement"), mais aussi de se présenter eux-mêmes pour le contraire de ce qu'ils sont : un fantomatique "Collectif pour des Logements à Loyers Abordables", une non moins fantomatique "Association Genevoise des Locataires Progressistes" (les majuscules sont d'origine...), sans oublier, première de la cordée des fantômes, cette sous-marque commune du MCG et de la Chambre Immobilière, "Pro Loc", logée par le député Zacharias, présidée par la "verte libérale" Sue Putallaz, et vouée à affaiblir l'Asloca.

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vendredi, 22 mai 2015

Projet de rénovation et d'extension du Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Le référendum, pour provoquer au débat sur le fond...

escaliers MAH.jpgEn dix votes (six projets d'arrêtés, quatre amendements), le Conseil Municipal de la Ville de Genève a accepté, mercredi soir, le projet de rénovation et d'extension du Musée d'Art & d'Histoire. Les opposants (Verts, UDC, Ensemble à Gauche) ont annoncé le lancement d'un référendum qui, compte tenu de la multiplicité des motivations de leurs oppositions respectives (défense du patrimoine, coût de l'opération, déséquilibre du partenariat public-privé) n'aura aucune peine à aboutir. Le peuple votera donc. Et c'est une excellente chose, non seulement du point de vue démocratique, mais aussi de celui d'un vrai débat public sur l'enjeu culturel du projet. Un enjeu passé totalement au second plan d'un débat décevant, au terme duquel on aura même pu s'offrir le plaisir quelque peu pervers de voter en faveur d'un projet auquel on n'adhère pas, mais qui devait être accepté par le Conseil municipal pour qu'un référendum puisse être lancé (ce que d'ailleurs Sami Kanaan appelait de ses vœux), que le peuple se prononce et qu'un vrai débat s'engage sur ce grand absent des joutes parlementaires : le contenu culturel du projet, le rôle qu'on attend que joue le musée rénové et agrandi. Un référendum pour provoquer au débat sur le fond, ou du bon usage d'un droit politique...

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lundi, 09 mars 2015

Loi sur la police : victoire sans vainqueur, défaite sans vaincu

Ni Austerlitz. ni Waterloo : Borodino

Ni Austerlitz ni Waterloo, Borodino : une victoire sans vainqueur, une défaite sans vaincu, un résultat tiré à pile ou face -la loi genevoise sur la police est (provisoirement) acceptée avec 42 voix d'écart, soit à 50,02 % des suffrages. C'était le genre de votation où quel que soit le vote que l'on produisait, il était insatisfaisant, et quel que soit le résultat final, pour le moins ambigu, voire malsain. Une majorité de 42 voix sur 100'000 votants tient autant de la loterie que de la décision démocratique : 43 socialistes et verts votant « non » plutôt que blanc, ou 42 èmecégistes arrivant à se traîner au local de vote, et la loi sur la police aurait été refusée -elle n'a d'ailleurs, au final, pas obtenu de majorité si l'on tient compte des bulletins blancs, qu'on ne peut considérer ni comme une abstention, ni comme un soutien à la loi. Et le résultat est encore suspendu à un probable recours en annulation, après l'irrégularité de l'information donnée aux citoyens par le Conseil d'Etat : 42 voix de différence, cela peut tenir à quelques articles de loi annulés, mais publiés tout de même dans la brochure officielle...

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jeudi, 05 mars 2015

Projet de nouvelle loi cantonale genevoise sur la police : On vote quoi, sur quoi, pourquoi ?

rhinos.jpgDimanche soir, on aura voté à Genève sur un projet de nouvelle loi sur la police, attaqué en référendum par l'extrême-droite, la gauche de la gauche et les syndicats. Et on a beaucoup hésité avant de voter (parce que de toute façon, on vote : un droit aussi précieux ne s'abandonne pas) : « Oui » comme notre parti préféré (le seul à vrai dire qui nous supporte) nous le recommande ? « blanc » parce que franchement, entre une loi obsolète et une loi contestable, on a un peu de peine à choisir ? « non » parce qu'on ne nous demande plus de voter une loi mais de plébisciter le Maudet en chef ? Doit-on calibrer notre vote au degré d'exaspération provoquée par les conneries débitées par les uns et les autres, et voter nul ? On ne vous dira pas ce qu'on a voté. D'abord, parce que vous êtes assez grand-e-s pour vous débrouiller tout seuls (la preuve, vous nous lisez). Ensuite, pour pouvoir se prévaloir dimanche d'être dans le camp des vainqueurs quel que soit le résultat du vote. Après tout, on est en campagne électorale, c'est pas le moment de se fâcher avec les quelques électeurs (et -trices) qui nous restent (et qui en ont bien du mérite).

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mardi, 10 février 2015

Nouvelle loi cantonale genevoise sur la police : D'une votation à un plébiscite ?

Dans un bel exercice de cirage de pompes (cloutées), entamé par un vibrant «depuis l'arrivée de Pierre Maudet à la tête du Département de la sécurité (...) le taux de criminalité global a diminué à- Genève», « Tout l'immobilier » accorde deux pages, le 2 février, au Maudet en chef pour qu'il défende, sans contradicteur, la nouvelle loi cantonale sur la police approuvée par une majorité composite du parlement, et attaquée par deux référendums aux justifications contradictoires, l'un lancé par le MCG et l'autre lancé par «Ensemble à Gauche». Autrement dit, pour résumer : un référendum lancé par le parti de la police et un autre lancé par le parti des manifestants. On votera le 8 mars. Et nous qui étions plutôt enclins à voter « blanc », Pierre Maudet est en train de nous convaincre de voter « non », à force de réduire le vote à un plébiscite de sa personne, de sa politique et de celle de son compère du Parquet.

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lundi, 01 décembre 2014

Le peuple des contribuables lambdas sauve un privilège fiscal

Forfaitaire.jpgLa Suisse vote à droite ? Ah ben ça alors...

La gauche, dans ce pays, pèse entre un quart (quand elle est très malade) et un tiers (quand elle ne se porte pas trop mal) des suffrages. L'abolition des forfaits fiscaux a recueilli 40 % des suffrages. Elle a donc fait (sauf en Romandie) le plein des voix de gauche, et quelques voix de droite en plus. Dessiné ainsi, à gros traits, le résultat du vote de ce week-end n'a rien de surprenant (y compris le résultat d'Ecopop, qui recueille, toujours en gros, des suffrages équivalant au poids de la droite de la droite et de l'extrême-droite). Certes, les rapports électoraux ne sont pas si figés et une partie de la gauche (notamment en Romandie) a voté pour le maintien des forfaits fiscaux et une partie de la droite a voté pour leur abolition, mais sur cet objet en tout cas (on vous reparlera d'Ecopop), on est dans un rapport de force entre la droite et la gauche tout ce qu'il y a de plus médiocrement normal. La Suisse vote à droite ? Voui. Depuis la fin du XIXe siècle.

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mercredi, 26 novembre 2014

Forfaits fiscaux : pourquoi l'éthique n'a-t-elle rien à faire dans ce débat ? Parce que le fort fait taire...

Parce que le fort fait taire...

Comme dans toutes les campagnes de propagande (le terme en soi n'étant pas péjoratif, la propagande étant l'action de « propager » une foi, un projet, un programme, une prise de position) précédant un vote dont l'enjeu est fiscal et consiste en la remise en cause (ou l'invention) d'un privilège, la campagne des partisans des forfaits fiscaux a essentiellement consisté à agiter des peurs (celle du départ en masse des « forfaitaires » et de leur pognon, celle d'une abolition de toutes les déductions fiscales, celle d'une augmentation des impôts payés par la fumeuse « classe moyenne »...). Toutefois quelque justification plus sincère que les autres de la nécessité de maintenir de ce privilège exclusif des «  riches étrangers », nous a tout de même été proposée, comme réfutation de l'argument éthique des partisans de l'initiative : ce privilège est immoral et contradictoire du principe de l'égalité devant l'impôt. Réponse : « oui, et alors ? Pourquoi devrions-nous être plus moraux que les autres ? et qu'est-ce que la morale ou l'éthique ont à voir là-dedans ? Il ne s'agit que d'argent, et l'argent n'a pas d'odeur ». Et le riche est fort. Et le fort fait taire (les scrupules).

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vendredi, 14 novembre 2014

Mobilisons-nous contre la haine des riches : Forfaitaires, debout ! Résistons !

Manifdedroite1.jpg

 

Un drame se joue, une angoisse se noue, mais vous en rendez-vous seulement compte? Ce drame, c'est le nôtre, à nous, bénéficiaires des « forfaits fiscaux », nous, résidents étrangers qui ne payons d'impôt que sur nos dépenses et pas sur nos revenus ou notre fortune. Cette angoisse, c'est la nôtre, celle de perdre ce statut, en butte à la jalousie mesquine de la gauche suisse. Déjà qu'on ne savait même pas qu'il y avait une, de gauche, dans ce pays... si on nous l'avait dit, qu'il y avait une gauche, en Suisse, vous croyez vraiment qu'on serait venu se planter ici en faisant semblant de ne pas travailler, de ne pas gérer nos comptes en banques, nos affaires, nos entreprises ? Une gauche, en Suisse... ah ça, on est vraiment  tombé des nues...

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mardi, 04 novembre 2014

Bidouiller les chiffres pour sauver les privilèges fiscaux : La louche des Tartuffes et la soupe des forfaits

Hier, les Argentiers cantonaux romands n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour estimer la perte fiscale qu'ils font mine de prévoir en cas d'abolition des forfaits fiscaux : un milliard de francs. Et d'autres chiffres servis avec les mêmes mines d'enterrement (de la prospérité) sont évoqués par les partisans de cette « imposition sur la dépense » : 22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus...  Les comités Théodule (dont un pathétique « Sauvons Genève de la misère ») qui à Genève appellent à sauver ce privilège fiscal argumentent avec le même souci de la crédibilité des chiffres : en les balançant à la louche, en les arrondissant au milliard supérieur, sans donner plus que les conseillers d'Etat de sources crédibles à l'appui de leurs estimations. Et puis, même s'ils avaient raison, même si leurs chiffres étaient crédibles et leurs alarmes fondées, à qui la faute ? Qui a fait perdre à Genève, depuis des années, plus de rentrées fiscales en distribuant des cadeaux aux multinationales (et ce n'est pas fini) et aux grosses fortunes que tout ce que rapportent l'ensemble des « forfaits fiscaux »  ? Qui, sinon ces Tartuffes menant campagne à la louche contre l'équité fiscale ?

«  Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques »

Les chiffres donnés par les partisans des forfaits fiscaux sont donc bidouillés à la varlope, pour faire joli (on  se reportera pour avoir une idée de ce bidouillage à l'article du Temps d'hier : «  Des chiffres discutables à l'appui des forfaits »). Et encore : même revus à la baisse, ces chiffres se basent tous sur une double hypothèse absurde : celle d'abord du départ massif de Suisse, en cohorte, de tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux, et celle ensuite de leur non-remplacement par des contribuables «  normaux », quoique riches -mais de ce genre, honorable, de riches contribuables qui, à l'instar de Metin  Arditi, ne voient pas pourquoi ils devraient bénéficier d'un privilège fiscal en sus de tous ceux liés, déjà, à leur richesse. En réalité, dans les cinq cantons où ils ont été abolis, les caisses publiques n'ont pas subi de perte, et si une partie des bénéficiaires de ce cadeau ont effectivement quitté les cantons qui ont renoncé à leur offrir, d'autres sont restés et ont été soumis à l'impôt « normal », plus élevé, et plus nourrissnt des collectivités. A Bâle-Ville, à Bâle-Campagne, à Zurich, dans les Rhodes extérieures d'Appenzell et à Schaffhouse, les finances publiques ne se portent pas plus mal après la suppression de «l'imposition sur la dépense» qu'avant. Si une majorité (mais pas la totalité) des « forfaitaires » de Bâle-campagne sont partis, la majorité de ceux de Bâle-Ville et de Zurich (et d'Appenzell) sont restés..

22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus... d'où sortent les chiffres brandis comme des épouvantails (à pigeons) par les partisans des forfaits fiscaux ? essentiellement d'une « enquête » bidon opérée en 2009 par un lobby partisan des « forfaits fiscaux » sur 126 contribuables en bénéficiant. Un échantillon sans aucune représentativité, et une estimation fondée de la plus grossière des manières : en multipliant la moyenne des chiffres donnés par ces 126 personnes par le nombre total des bénéficiaires des forfaits fiscaux. On se croirait au dépouillement des élections nord-coréennes -mais non, on est dans une campagne de votation en  Suisse...
Il est vrai qu'en certains cantons, certaines communes (dont celles qui financent la campagne en faveur des forfaits fiscaux et la manifestation organisée à Berne par leurs partisans), la Suisse tient de la république bananière (l'expression renvoie à ces Etats d'Amérique du Sud totalement dépendants d'une seule activité, d'une seule ressource, d'un seul contributeur : United Fruit dans le Guatemala narré par Asturias, par exemple...) : Ainsi, Crans Montana à elle seule comptait plus du tiers (500) de tous les forfaits fiscaux (1389) du Valais en 2013, et son budget en est totalement dépendant : « Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques », résume le Maire de Lens... Et à Genève, selon le ministre des Finances cantonal, on passerait d'un « équilibre très fragile» à une situation au bord de la rupture... Mais qui est responsable de cette situation ? Ceux qui pratiquent la «duoculture» du cadeau fiscal et du tourisme (comme en Valais) ou de la finance (comme à Genève), ou ceux qui, comme les initiants de La Gauche et du PS genevois, proposent le 30 novembre un autre développement et défendent l'équité fiscale?

Le Conseiller d'Etat Serge dal Busco se lamente de l'«hostilité anti-riches» qu'il voit monter ? Il ferait mieux de se demander vraiment pourquoi elle monte, et si les défenseurs des privilèges n'en sont pas un tantinet responsables...

15:25 Publié dans Economie, Fiscalité, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : forfaits fiscaux | |  Facebook | | | |

mardi, 30 septembre 2014

NON (alémanique) à la caisse publique d'assurance-maladie : Un refus de la liberté de choix...

Une majorité de votantes et tants alémaniques ont donc fait échec à la création d'une caisse-maladie fédérale publique et refusé d'ouvrir la seule concurrence et la seule « liberté de choix » qui vaillent : celles entre les 61 caisses privées auxquelles chacun est actuellement obligé de s'affilier, et la caisse publique fédérale qui ne sera pas créée. Reste évidemment la voie évoquée de création de caisses publiques cantonales (ou d'une caisse publique intercantonale) dans les cantons ayant accepté l'initiative : le Jura, Neuchâtel, Genève et Vaud. Sans exclure, évoquée par Pierre-Yves Maillard  «  une initiative qui interdise aux assureurs de payer les partis politiques et les élus aux Chambres », et « nettoie le parlement du lobbysme obscène » de caisses maladie qui prospèrent sous le parapluie de l'Etat, tout en dénonçant « l'étatisme » de ceux qui les critiquent. 

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16:18 Publié dans Politique, Santé, médecine, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : assurance maladie, caisse maladie | |  Facebook | | | |