votations - Page 2

  • Pourquoi diable n’appelle-t-on pas à rejeter la loi sur la laïcité ?

    Imprimer

    Drapeau Dugong.jpgVirginale perversité

    Après tout le mal qu'on a pu écrire de la loi sur la laïcité soumise au vote des Genevois et voises dans une semaine, pourquoi diable n’appelle-t-on pas à la rejeter ? Pour deux raisons inavouables autant que contradictoires : par perversité, d'abord, et pour préserver notre virginité politique, ensuite.
    Par perversité : on salive d'avance, tout en ricanant, à l'idée de voir la présidence du Grand Conseil ou du Conseil Municipal en appeler à la force publique pour expulser de la salle des séance plénières une musulmane trop enfoulardée, un chrétien portant en sautoir une croix trop grande, un juif une kippa trop voyante ou nous-mêmes notre passoire athée.
    Par pudeur de vierge effarouchée, ensuite : on n'a pas franchement envie de passer notre temps à dire que notre "non" n'est pas le même que celui des fondamentalistes religieux... ni notre "oui" le même que celui des Croisés de l'Occident chrétien.

    Lire la suite

  • Réforme cantonale genevoise de l'imposition des entreprise : 30 Floréal, jour du NON et NON

    Imprimer

    Bandeau RFFA.JPG

    Après des heures de débats, pour ne pas écrire de dialogue de sourds, le Grand Conseil genevois a accepté le 31 janvier, à une large majorité, la réforme cantonale de l'imposition des entreprises (et à une plus large majorité encore un contre-projet à l'initiative de la gauche pour un plafonnement des primes d'assurance-maladie). S'agissant de l'imposition des entreprises, le projet accepté (par la droite élargie et ce qui restait du groupe socialiste après qu'une bonne partie de ses membres aient quitté la salle des séances pour ne pas avoir à voter) prévoit un taux unique d'imposition de 13,99 % des bénéfices de toutes les entreprises, celles à "statut spécial" (des multinationales) voyant leur taux d'imposition augmenter alors que toutes les autres voient le leur baisser. Les pertes fiscales de l'exercice se montent, pour le canton, à 186 millions, et celles pour les communes à hauteur de 50 millions. On votera le 19 mai. Dans le calendrier républicain, c'est le 30 Floréal. jour de la houlette. Sous notre propre houlette, ce sera celui du NON aux deux réformes fiscales, la fédérale et la cantonale.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, Politique, votations 3 commentaires
  • Initiative contre le "mitage du territoire" : Contre la zone, pour la ville

    Imprimer

    banlieue résidentielle.jpgDans dix jours, on vote sur l'initiative des "Jeunes Verts" contre le "mitage du territoire". Pour la résumer, l'initiative fixe la zone constructible à sa taille actuelle, toute nouvelle zone constructible devant être compensée par une nouvelle zone inconstructible. On devra donc construire sur les 300 km2 de zone constructible non bâtie actuellement disponible : cela suffit pour abriter un million à un million et demi d'habitants supplémentaires, mais sans les disperser, les saupoudrer sur le pourtour des villes existantes. On retrouve avec cette initiative notre vieux programme des années quatre-vingt du siècle dernier : "construire la ville en ville" -ou, pour le dire autrement, par les mots de Mario Botta, "bâtir sur le bâti". L'initiative, au fond, renforce les villes, leur centralité, pour préserver ce qui reste de zones naturelles (ou ce qui reste de naturel des espaces non urbains). Cette initiative n'est pas un rêve de bon sauvages écolos : elle est contre la zone, mais pour la ville.

    Lire la suite

  • Pour une caisse publique d'assurance-maladie et accidents

    Imprimer

    sans vous rien ne se fera.jpgFaire un premier pas

    Dans dix jours, à Genève, le peuple scellera le sort de l'initiative populaire lancée par le Parti du Travail pour la création d'une assurance maladie et accidents cantonale, publique et à but social, garantissant une couverture complète des soins contenus dans les prestations de l'assurance de base. La caisse serait un établissement public autonome. Le Conseil d'Etat et la majorité du Grand Conseil ont refusé l'initiative et ne lui opposent pas de contre-projet. Et ici, on appelle à soutenir l'initiative. Ne serait-ce que pour aider le Conseil d'Etat : en ce moment politique, c'est bien lui qui a le plus besoin d'une bonne assurance-maladie et accident publique. Toute la gauche ne soutient pas l'initiative ? Peu nous chaut : il est grand temps de dire "oui" à un premier pas vers un changement du système instauré par la LAMal : lui aussi a besoin de soins.

    Lire la suite

  • Loi genevoise sur la laïcité : Quand un foulard voile un débat

    Imprimer

    lobotomie.jpgLoi genevoise sur la laïcité : Quand un foulard voile un débat

    Dans deux semaines, les Genevois et voises se seront prononcées sur une loi cantonale qui prétend concrétiser le principe constitutionnel de laïcité de l'Etat. Faible avec les forts, forte avec les faibles, la loi prolonge l'usage de l'administration fiscale pour la collecte des dîmes religieuses, donne à l'Etat la capacité de trier entre les bonnes et mauvaises religions, les bonnes et mauvaises organisations religieuses, mais s'obsède sur les signes religieux portés par des fonctionnaires et des élus (surtout des élues, d'ailleurs, si on en juge par la polémique entretenue dans la campagne de votation sur le voile islamiste). Une conseillère municipale verte de Meyrin siège tête couverte... quel est le problème ? qu'elle porte foulard ou qu'elle ait été élue en le portant pendant sa campagne électorale ? Et si problème il y a, disparaît-il avec le foulard ? une islamiste, l'est-elle moins tête nue qu'enfoulardée ? L'obsession du "signe" religieux finit par voiler totalement le débat de fond sur la laïcité, et sur la loi qui prétend la définir et la préciser. Le vicaire épiscopal (catholique romain, donc) a beau assurer que "le 10 février, la population genevoise ne vote pas sur le port du voile", c'est bien désormais  sur ce signe-là, et grâce à lui, qu'elle votera. Et que la loi sera vraisemblablement acceptée...

    Lire la suite

  • Initiative pour le remboursement des soins dentaires : Les dents de l'amer

    Imprimer

    Dracula.jpgDans deux semaines, les Genevois et voises se seront prononcés msur une initiative du Parti du Travail demandant la mise en place d'une assurance obligatoire, cantonale, pour le remboursement des soins dentaires de base, et le développement d'un dispositif de prévention des affections bucco-dentaires. L'assurance serait financée essentiellement par une cotisation salariale paritaire, et par le budget de l'Etat pour le surplus. Un contre-projet qui s'en tenait à l'aspect préventif a été refusé par le Grand Conseil, et seule l'initiative est soumise au vote. Et on lui dira, évidemment, "oui". Parce qu'elle répond à un besoin évident (de l'amer) : celui de permettre à des gens qui n'en ont pas les moyens de recevoir des soins que l'assurance-maladie de base ne rembourse pas.

    Lire la suite

  • "stoppons le mitage - pour un développement durable du milieu bâti" : OUI à l'initiative

    Imprimer

    désurbanisme.jpgUn seul objet fédéral est à l'ordre du jour de la votation du 10 février : l'initiative des Jeunes Verts "stoppons le mitage - pour un développement durable du milieu bâti", soutenue par la gauche et l'Alliance gouvenementale (WWF, Pro Natura, Greepeace, ATE), combattue par la droite, le Conseil fédéral, les milieux immobiliers et touristiques et le patronat. Tout est dans le titre de l'initiative, : contre le "mitage", pour le "développement durable". L'initiative, déposée en 2016, prévoit de geler la surface totale des zones à bâtir : toute nouvelle zone devrait être compensée par le déclassement d'une zone existante. En dehors des zones à bâtir, on ne pourrait construire que des bâtiments et des installations figurant sur une liste restrictive (des constructions agricoles justifiées par les nécessités de l'exploitation, ou des réservoirs d'eau, par exemple). Les surfaces construites devraient être mieux utilisées qu'actuellement, l'urbanisation devrait être concentrée à l'intérieur du milieu bâti et les formes de travail et d'habitat durables devraient être encouragées. L'initiative a certes quelques défauts (elle est notamment trop centralisatrice), mais on la soutiendra sans états d'âme. D'ailleurs, sommes-nous certains d'avoir une âme ? Nous sommes certains en tout cas d'avoir un environnement, urbain ou non, et le droit de le préserver...

    Lire la suite

  • Réforme cantonale de l'imposition des entreprises : en attendant le vote du peuple

    Imprimer

    elephant-rose-01.jpgUn "Oui, mais" et un "Non"...

    Jeudi soir, le PS genevois s'est prononcé en Assemblée générale sur la réforme cantonale de l'imposition des entreprises : il s'agissait de donner à son groupe au Grand Conseil un mandat de soutenir ou non le compromis passé en commission parlementaire. Et par une majorité de 52 voix contre 36, l'Assemblée générale a suivi les recommandations des majorités du comité directeur et du groupe parlementaire, des conseillers d'Etat et des magistrats municipaux : soutenir ledit compromis. Le débat au sein du parti n'est pas clos pour autant : c'est un mot d'ordre au groupe parlementaire qui a été donné, une sorte de "oui, mais", un mot d'ordre ne s'imposant qu'aux députés et ne valant que pour le compromis sorti de la commission parlementaire, sans aucune modification -si la droite revient si peu que ce soit sur son propre soutien au projet de la commission fiscale, le soutien du groupe socialiste deviendrait évidemment impossible (la droite n'en a d'ailleurs pas besoin pour faire passer son propre projet...). Et de toute façon, puisque vote populaire il y aura, une nouvelle assemblée générale devra y donner la recommandation du parti. Et rien ne garantit qu'elle soit la même que celui donné au groupe. Donc, ici, on persiste et on signe : c'est toujours NON à la RIE genevoise, comme on l'avait dit à la RIE fédérale et qu'on le dit à la RFFA fédérale...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, Politique, votations 1 commentaire
  • Laïcité : une loi qui ne mérite ni d'être soutenue, ni d'être combattue

    Imprimer


    passoire athée.jpgVotez blanc ou nul -mais votez !

    Le 20 février, les Genevois et voises sont appelés aux urnes pour adopter ou refuser une loi sur la laïcité proposée par Pierre Maudet, révisée par la majorité du Grand Conseil après deux ans de travaux et attaquée par quatre comités référendaires. Or cette loi ne mérite ni l'honneur d'un  soutien, ni l'indignité d'un refus : elle ne mérite qu'un haussement d'épaules. Elle sera sans doute acceptée -pas par soutien du principe de laïcité, qu'elle n'exprime que fort imparfaitement et sur certains points très caricaturalement (notamment en transformant les députés et conseillers municipaux en agents de l'Etat), mais par allergie à un fondamentalisme religieux spécifique : l'islamique (ou -"iste"), les autres fondamentalismes religieux ne tétanisant plus grand monde ici et maintenant (ailleurs et en d'autres temps, on en parlerait autrement) : qui a peur, à Genève, en 2019, des Témoins de Jehovah ? Grosso modo, les recommandations de vote des partis politiques se répartissent selon le bon vieux clivage gauche-droite : la gauche et les syndicats appellent à voter "non" à la loi, la droite à voter "oui". Mais des hommes et des femmes de gauche appellent tout de même à voter "oui", des hommes et des femmes de droite (le parti évangélique, l'UDF) à voter "non". Les églises chrétiennes traditionnelles (protestante, catholiques romaine et chrétienne) soutiennent la loi Et on trouve un comité "La laïcité, ma liberté" qui appelle à voter "oui" et un comité "La laïcité, notre liberté" à voter "non". On n'a pas trouvé trace de comité "La laïcité, ta liberté", ou "sa liberté", ou "votre liberté", ou "leur liberté". Alors on les remplace : on créée un comité "la laïcité vaut mieux que cette loi", à laquelle on appelle à voter blanc ou nul, parce que cette ânerie ne vaut pas mieux (ni pire). La constitution de la République pose le principe de laïcité, proclame la neutralité religieuse de l'Etat, lui interdit de subventionner des activités cultuelles, garantit la liberté de croyance et de conscience, cela suffit. "Cette loi ne brime pas la liberté de conscience, elle la cadre", affirme le président du Grand Conseil, Jean Romain, qui soutient ladite loi. Mais depuis quand doit-on, et même peut-on, "cadrer" la liberté de conscience ? S'il est une liberté qui ne peut pas être "cadrée", c'est bien celle-là : on peut cadrer (et on cadre) la liberté d'expression, la liberté de la presse, la liberté d'association, mais la liberté de conscience, elle, est par nature, ontologiquement, absolue.

    Lire la suite

  • Caisse-maladie publique et assurance soins dentaires : Oui et Oui

    Imprimer

    caisse-maladie.jpgDans un mois, le 10 février, on votera à Genève sur deux initiatives populaires lancées par le Parti du Travail, et qui ont largement abouti : l'une pour l'instauration d'une assurance cantonale de soins dentaires, l'autre pour la création d'une caisse cantonale publique d'assurance-maladie. Ces deux initiatives ont le même mérite : celui de proposer une alternative concrète et réalisable au système qui règne sur la politique de la santé. Ainsi, le projet d'une caisse cantonale publique est de garantir à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins. Les primes de cette assurance devraient être abordables pour tous, peut-être (s'il est légalement possible) proportionnelles aux revenus, mais les initiants précisent que cette assurance s'adresserait d'abord aux personnes ne disposant que de bas revenus. La caisse serait un établissement public autonome, comme les Services Industriels ou les Transports Publics. Elle offrirait les prestations de base garanties par le droit fédéral. Quant à l'initiative pour une assurance de soins dentaires obligatoire, financée pour moitié par l'Etat et pour moitié par un prélèvement paritaire (deux fois 0,5 %) sur les salaires, elle permettrait à toutes les personnes qui actuellement renoncent à ces soins faute de pouvoir les payer d'y accéder. Deux propositions de justice sociale, auxquelles il convient de dire deux fois OUI.

    Lire la suite

  • Ouverture dominicale des magasins : on votera

    Imprimer

    Na!.JPGPas de convention ? Pas de loi...

    Bonne nouvelle : le référendum lancé par les syndicats et la gauche politique contre la loi imposée dans la précipitation par la droite, autorisant, sans respecter la condition pourtant votée par le peuple d'une convention collective de travail, l'ouverture des magasins trois dimanches de fin d'année, a abouti avec 7800 signatures (2500 de plus que requis). Son aboutissement suspend l'application de la loi jusqu'à la date du vote (peut-être en mai 2019) -et on espère bien que ce vote renverra la loi dans les poubelles de l'histoire locale. Les fêtes de fin d'année 2018 ne verront donc pas le personnel de la vente trimer trois dimanches sans convention collective. Y'a des limites, quand même, qu'il faut rappeler : le référendum vient de le faire -reste au peuple à le confirmer. Comme il l'a confirmé il y a une semaine à Bâle-Ville.

    Lire la suite

  • Loi genevoise sur la laïcité : les socialistes disent "non"

    Imprimer

    passoire-à-thé-ancienne-en-métal-argenté-avec.jpgIte missa non est

    Le PS genevois a décidé d'appeler au refus de la loi sur la laïcité bricolée par le Grand Conseil et soumise au peuple en février prochain, puisqu'un référendum, lancé par une coalition aussi contradictoire que celle qui soutiendra la loi, a abouti. Le PS rejoint ainsi les Verts et Ensemble à Gauche dans l'opposition à la conception qu'une majorité du Grand Conseil se fait de l'application du prédicat constitutionnel : pour la gauche genevoise, mieux vaut en effet le statu quo qu'une loi qui "divise et exclut". Alors, que faire de cette loi (qui sera sans doute acceptée nonobstant l'opposition de la plus grande partie de la gauche : toute la droite est pour) ? Eh bien on hésite. Pas entre voter "oui" ou voter "non", mais entre voter blanc ou voter nul. Parce qu'il nous semble que cette loi ne mérite ni l'honneur d'être soutenue, ni l'indignité d'être combattue. Pas l'honneur d'être soutenue, tant elle ressemble à un collage de dispositions dont les unes relèvent de l'enfonçage de portes ouvertes et les autres de douteuses références -ainsi de celle à des "communautés religieuses" avec quoi l'Etat doit "entretenir des relations" (incestueuses ?), et même d'assez calamiteuses confusions -ainsi de celle entre des parlementaires et des fonctionnaires d'Etat. Et puis, on persiste à se demander pourquoi diable (ou dieu) on tient tant à pondre une loi qui érige les religions au dessus des autres faits et facteurs de culture. Après tout, une religion n'est rien d'autre qu'une philosophie farcie de divinité, et il n'y aucune raison (mais bien des déraisons) à la traiter autrement qu'une philosophie. Et il y a aussi bien des dangers à donner à l'Etat le pouvoir de trier entre les religions, celles qu'il va reconnaître et celles qu'il ignorera. Mieux vaut les ignorer toutes (ce qui évidemment ne signifie pas les combattre), faute de pouvoir les reconnaître toutes, tant il y en a. Pourquoi alors ne pas la combattre ? D'abord, parce qu'elle n'est pas assez cohérente pour être dangereuse et pas assez intelligente pour être perverse. Et puis, parce que quelque effort d'explication que l'on fasse, quelque discours que l'on tienne, quelque recours  que l'on propose à un examen rationnel du texte, appeler à voter contre une loi sur la laïcité sera pris comme un appel à voter contre la laïcité -ce que la présence dans l'opposition à la loi d'opposants religieux au principe même de laïcité semblera confirmer. Il est vrai qu'en face, dans les soutiens à la loi, on trouvera ceux, à l'extrême-droite, pour qui elle n'a de légitimité que dans la mesure où ils peuvent y trouver trace de leurs obsessions islamoxénophobes (oui, c'est un néologisme...). En vérité, en vérité, on vous le dit : il y a assez de confusion comme cela dans le débat autour de la laïcité pour qu'on évite d'en ajouter encore une louche. Ite missa non est, mais allez en paix quand même.

    Lire la suite

  • Flicage des assurés : Drôle de priorités

    Imprimer

    espion.jpgA presque deux contre un, les Suissesses et les Suisses ont accepté de modifier la loi sur les assurances sociales pour leur donner la base légale nécessaire à renforcer la surveillance des assurés. Seuls deux cantons l'ont refusée : Genève et le Jura. On ne regrettera pas le référendum, ni de l'avoir soutenu. Ni même sa défaite nationale. On regrettera en revanche le manque d'engagement du PS suisse dans le soutien, tardif, qu'il lui a apporté, contrastant avec le soutien acritique qu'a apporté à la loi le président socialiste de la Confédération. Là où le PS a réellement mené campagne contre la nouvelle loi, comme à Genève, elle a été refusée. Bref, les assurances, même privées, recevront pour la surveillance des assurés plus de droits que la police pour celle de possibles terroristes. Drôle de priorités.

    Lire la suite

  • L'UDC perd sa "mère des batailles"

    Imprimer

    poubelle.jpgLe combat continue

    L'initiative de l'UDC contre les supposés "juges étrangers" a été massivement repoussée, à deux contre un au plan suisse, trois contre un dans plusieurs cantons romands. Elle n'a d'ailleurs été acceptée dans aucun canton. C'est sans doute la plus lourde défaite de l'UDC en votation populaire à laquelle on a assisté hier -non pas tant du fait du score du refus de ce texte absurde, mais du fait que l'UDC elle-même en avait fait sa "mère des batailles". Ainsi, la progression de la droite populiste et nationaliste, qu'on constate dans de nombreux pays européens, n'est pas une fatalité. Et la prétention de l'UDC d'être "le parti du peuple suisse" se réduit à celle de n'en être que le tiers -ce qui est déjà beaucoup plus que ce que peuvent revendiquer les partis équivalents dans les pays voisins. Il est vrai que pour balancer le texte udéciste à la poubelle, il aura fallu former une coalition aussi vaste que contradictoire, où l'on retrouvait le PS et le PLR, les syndicats et le patronat, les ONG et les entreprises exportatrices... L'UDC a perdu sa "mère des batailles" ? peut-être. Mais le combat continue : en ce dimanche de votations, cette bête à corne ne les a pas perdues.

    Lire la suite

  • Donner aux assureurs le droit de nous fliquer ?

    Imprimer

    bandeau assurances.jpg

    Les mouchards de trop

    Dimanche, on vote en Suisse sur le respect de la vie privée. Plus précisément, on vote sur une modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, modification attaquée par un référendum populaire*. En 2016, la Cour européenne des droits de l'homme a donné raison à une Suissesse invalide qui avait perdu une partie de sa rente AI après avoir été placée sous surveillance par des détectives privés au service de son assureur. La Cour avait estimé que cette surveillance manquait d'une base légale et était contraire au droit de la plaignante au respect de sa vie privée La modification de la loi soumise au vote dimanche est le fruit, amer, de cette défaite, de la Suisse des assureurs. Ainsi, nous allons voter sur la volonté d'une majorité parlementaire de donner aux assureurs (privés et publics) les moyens légaux de fliquer les assurés. Le lobby parlementaire des assurances a bien joué son rôle : à nous de jouer le nôtre. En refusant aux assureurs le droit de nous fliquer et de nous considérer toutes et tous comme de présumés fraudeurs. Arrêtons leurs mouchards !

    *http://www.non-surveillance-assurances.ch/fr

    Lire la suite

  • Droit international : L'initiative udéciste donnée battue ?

    Imprimer


    justice.jpgMéfiance est mère de sûreté

    Les sondages donnent l'initiative udéciste pour le droit de la Suisse à s'asseoir sur le droit international largement battue dimanche prochain ? Méfiance... elle est tendance, l'initiative : un peu partout, les droits humains sont relégués au second plan de la raison du Pouvoir, quand ce n'est pas la raison de la tribu. Et puis, on a quand même un peu de mémoire : l'initiative contre l'"immigration de masse" aussi était donnée perdante devant le peuple. Qui le 9 février 2014 l'a acceptée. Le comité romand d'opposition à l'initiative udéciste "le droit suisse au lieu des juges étrangers" (un titre qui renvoie au bas moyen-âge...) y voit justement une initiative contre les droits humains. Et plus précisément, contre le texte européen (du Conseil de l'Europe) qui sur notre continent les garantit, et contre l'instance à laquelle celles et ceux qui estiment que leurs droits ont été violés par une décision de justice nationale peuvent faire appel. Ne nous démobilisons donc pas face à un nouveau texte udéciste encore plus pervers que les précédents. Méfiance est mère de sûreté, et mobilisation mère de confiance.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Droits de l'Homme, Suisse, votations 70 commentaires
  • Ouverture des magasins genevois le dimanche, sans convention collective ?

    Imprimer

    dimanche

     

    Ouverture des magasins genevois le dimanche, sans convention collective ?
    Décidément, c'est NON

    En novembre 2016, les Genevois et voises ont accepté (en vote populaire) l'ouverture des magasins trois dimanches par année à condition que le personnel soit protégé par une convention collective de travail. La droite du Grand Conseil a décidé d'ignorer cette condition et de faire passer un projet de loi autorisant l'ouverture dominicale alors même qu'il n'y plus de convention collective du commerce de détail genevois depuis juillet 2017. En septembre de l'année dernière, les associations patronales du secteur en ont bien signé une, mais bidon, en contournant les deux syndicats représentatifs des travailleuses et travailleurs du secteur genevois, Unia et le SIT et en signant avec la seule Société suisse des Employés de commerce (même pas sa section genevoise mais la faîtière suisse), qui ne pèse pas grand chose à Genève (et a d'ailleurs été exclue de la Communauté genevoise d'action syndicale). On est donc dans un vide conventionnel. Or sans convention collective, les employé-e-s sont bien moins protégés. La loi imposée par la droite devrait être soumise au vote populaire. Et on lui dira NON. Parce qu'elle ne mérite rien d'autre.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Commerce, Genève, votations 2 commentaires
  • Loi genevoise sur la laïcité : Sacraliser l'Etat ?

    Imprimer

    sacre.jpgLe 10 février prochain, à Genève, on votera sur une loi cantonale sur la laïcité de l'Etat, attaquée par un référendum qui a obtenu 8300 signatures (6500 étaient nécessaires pour qu'il aboutisse). La Constitution cantonale pose (c'est la première à le faire à Genève) la laïcité comme principe fondamental de la République. Le Grand Conseil a jugé que cette proclamation ne suffisait pas, qu'il fallait une loi et en a donc bricolé une, qui enfonce quelques portes ouvertes et profère quelques truismes, exercices absurdes qui ne justifient pas que l'on appelle à refuser la loi. Mais on ne peut non plus l'accepter : elle sombre en effet dans une confusion parfaitement réactionnaire en confondant le rôle, le statut, la légitimité des élus et celle des fonctionnaires, en prétendant neutraliser les lieux politiques au point d'imposer aux parlementaires l'obligation, parfaitement hypocrite, de s'interdire toute exposition visible de leurs convictions religieuses, voire même politiques, et finalement en érigeant religieusement l'Etat en totem tout en plaçant la religion au-dessus des autres faits de culture, comme si le premier devait être sacralisé en même temps que la seconde, et chacun des deux préservé de l'autre. Que faire d'une loi qui ne mérite ni l'honneur d'un soutien ni l'indignité d'un refus ? On n'en fera rien : on votera blanc, ou nul. Parce que cette loi ne mérite rien de plus. Elle sera sans doute acceptée, et nous interdira de porter un "signe religieux ostentatoire" en séance du Conseil Municipal. Peu importe : passoire-à-thé-ancienne-en-métal-argenté-avec.jpgnotre "signe iréligieux ostentatoire", on l'arborera quand même : une passoire athée (à porter en sautoir ou en collier)...

     

    Lire la suite

  • "Juges étrangers" : Ne pas sous-estimer l'enjeu

    Imprimer

    bandeau initiative UDC.jpg

    Refuser un texte dangereux au prétexte qu'il ne changerait rien ?

    Selon un sondage Tamedia, l'initiative udéciste dite "contre les juges étrangers" serait repoussée lors du scrutin prévu dans un mois et demi, par 50 à 53 % de "non" contre 41 à 45 % de "oui". L'opposition au texte serait plus forte en Romandie qu'en Alémanie. Le texte ne serait accepté qu'au Tessin (mais le sondage distingue les régions linguistiques, pas les cantons). Les femmes refuseraient l'initiative plus nettement que les hommes. D'entre les arguments convainquant une majorité de sondés de repousser la proposition de l'UDC, le plus cité serait celui de la capacité de la Suisse de décider déjà quels textes internationaux elle va signer, cette décision pouvant d'ailleurs être rendue au peuple par voie de référendum obligatoire au facultatif. Refusera-t-on l'initiative pour la première raison qu'elle ne changerait rien ? Ce serait se tromper sur l'enjeu, en le sous-estimant : un refus clair, net, sans bavure, de ce texte doit s'imposer -car s'il est stupide, il est tout de même dangereux : il ne s'en prend pas à la cible qu'il se donne (les fantômatiques "juges étrangers"), mais à une autre, bien plus précieuse : la garantie des droits humains fondamentaux par l'adhésion, non de la Suisse mais des Suisses à ces droits et aux textes qui les garantissent. Et là, on n'est plus dans le droit (international ou national), on est dans les droits des gens, d'ici ou d'ailleurs -dans la politique, au vrai et profond sens du terme.

    Lire la suite

  • La loi genevoise sur la laïcité sera soumise au peuple : Quel débat possible ?

    Imprimer

    signes religieux ostentatoires.jpgLes référendums contre la loi cantonale genevoise sur la laïcité ont abouti, et largement : lancés par quatre comités distincts, soutenus par les syndicats, la Jeunesse socialiste et les Verts (mais pas par le PS, opposé à la loi mais divisé sur l'opportunité des référendums) ils ont recueilli (au total) plus de 8300 signatures alors qu'il leur en fallait 3000 de moins. On votera donc, probablement en 2019, contre une loi si médiocre, bureaucratique et péremptoire qu'on se permettra de douter qu'elle méritait l'honneur d'être soumise au peuple -les recours annoncés par les Verts et les évangéliques suffisaient, mais ils ne seront pas traités avant la votation, qui portera donc sur une loi dont on ne saura même pas au moment de voter si son contenu ne sera pas partiellement invalidé.  Pour le comité référendaire de gauche, qui défend une laïcité démocratique dans laquelle l’État s’interdit d’intervenir dans les affaires religieuses, c’est la liberté la plus étendue d’opinion, d’expression, d’association, de manifestation, soit les libertés publiques et droits « ordinaires » qui sont à appliquer dans ce domaine, comme dans les autres". Certes. Mais que restera-t-il de ces protestations de principe dans le débat d'avant votation ? "un débat est possible autour de la laïcité", assure Pierre Vanek. Sans doute, mais quel genre de débat ? Le genre de débat pourri où la laïcité est transformée en croisade contre l'islam  et les libertés religieuse à de la complaisance envers l'islamisme ?

    Lire la suite