mardi, 31 janvier 2017

Naturalisation des étrangers de la "troisième génération" : Surmonter le refus Heimatstil

naturalisation, nationalitéLe 26 septembre 2004, 51,6 % des votantes et des votants (et 19 cantons et demi-cantons) refusaient de faciliter la naturalisation des "étrangers de la troisième génération". Tous les cantons romands sauf le Valais avaient accepté ce que tous les cantons alémaniques sauf Bâle-Ville et Berne avaient refusé. Le 12 février prochain, il faudra, pour revenir sur ce vote d'il y a 12 ans (et demi), obtenir non seulement un basculement de la majorité populaire (il est à portée), mais surtout (puisque là est l'obstacle) un basculement de plusieurs cantons opposants dans le camp du "oui". C'est donc en Alémanie que va se jouer le sort de la proposition soumise au vote (soutenue par tous les partis nationaux sauf l'UDC, elle est d'ailleurs déjà appliquée en Romandie). On peut préjuger d'un vote favorable des villes alémaniques. On peut aussi préjuger d'un refus "heimatstil" réitéré des cantons de Suisse centrale et des campagnes alémaniques. On ne se risquera pas à parier sur le sens du vote de ce qui n'est ni la ville, ni la campagne, mais ce pays intermédiaire entre l'une et l'autre : le pays des banlieues et des zones péri-urbaines, à forte population immigrée et à forte population étrangère (les deux termes ne sont pas synonymes : un immigré est quelqu'un qui vient d'ailleurs, même quand il est suisse; un étranger est un ressortisssant d'un Etat étranger, même quand il est né ici. Il y a donc des immigrés suisses et des indigènes étrangers -mais allez expliquer cela à un udéciste...)

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jeudi, 26 janvier 2017

RIE III : Le jour d'après

RIE IIIBelles promesses et lourdes menaces

Entre les belles promesses qui rendent les citoyens joyeux (genre diminuer les impôts des entreprises va en faire rentrer plus) et les lourdes menaces qui les rendent peureux, la campagne des partisans de la réforme fédérale des entreprises version III.0 a pris une étrange tournure...  On nous annonce quasiment que si le projet soumis au vote était refusé, toutes les multinationales (c'est fragile, ces petites bêtes) pourraient quitter la Suisse, que les PME qui travaillent pour elles pourraient toutes faire faillite, qu'au moins 200'000 emplois seraient supprimés, dont 50'000 rien qu'à Genève, qu'Ueli Maurer lancera un programme d'économies de plusieurs milliards de francs et que le PIB de la Suisse tombera au-dessous de celui de la Somalie. C'est comme on vous le dit : le Jour du Jugement, pas moins. On se dit alors qu'on a bien fait de garder au frais les cartes de rationnement de nos parents. Elles ont peut-être 75 ans, mais comme on nous promet quasiment le retour au rationnement (les bons pour les pauvres, c'est fait), au Plan Wahlen et au Réduit National... Sérieusement, il se passera quoi, si le "non" à la RIE III gagne le 12 février ? Sérieusement, il ne se passera rien : c'est si le "oui" gagne qu'il se passera des choses extrêmement désagréables pour tout le monde (ou presque) quand en cascade la Confédération reportera des charges sur les cantons qui reporteront des charges sur les communes qui les reporteront sur leurs habitants...

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lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

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vendredi, 13 janvier 2017

Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

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lundi, 09 janvier 2017

Réforme de l'imposition des entreprises : Bonne rentrée, camarades !

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgDonc, le gouvernement genevois (puisque c'est lui qui, quoi qu'il s'en défende, est à l'origine de cette intéressante démarche) propose aux partis gouvernementaux (du MCG au PS en passant par le PLR, le PDC et les Verts) de n'être précisément plus que des partis gouvernementaux, sans autre autonomie de décision que celle consistant à décider de ne pas s'en servir pendant cinq ans. Le projet de convention soumis à ces partis (on peut le télécharger sur https://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/) les lierait non seulement au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises, à qui il s'agirait d'assurer "un soutien le plus large possible", mais également à un engagement de ne toucher ni à la taxe professionnelle communale, ni à l'imposition sur le lieu de travail, ni au bouclier fiscal, ni à l'évaluation fiscale de la valeur du patrimoine immobilier, ni à la déduction de la fortune investie dans une entreprise personnelle. Les partis invités à signer cet acte de désarmement politique sont partagés selon qu'ils sont à gauche ou à droite : à gauche, le comité directeur du PS propose à l'Assemblée générale du parti de refuser, ne serait-ce que parce que le projet de RIE III présenté par le Conseil d'Etat ne compense que très imparfaitement les pertes fiscales qu'il entraîne pour le canton et les communes. Les Verts ne semblent pas prêts non plus à signer. Certes, les trois partis de droite (PLR, PDC et MCG) y semblent, eux, disposés (encore qu'on nourrisse quelque doute sur leur capacité à respecter leur signature), leur réforme fiscale leur important plus que leur autonomie de décision, mais comme la validité de la convention  suppose l'accord de tous les partis gouvernementaux, il suffit qu'un seul  (disons, au hasard, le PS...) se refuse à se réduire au statut d'appendice du gouvernement, et de réduire ses députés au rôle que le "Canard Enchaîné" avait une fois pour toutes résumé par le terme de "godillots", pour que la convention finisse là d'où elle n'aurait jamais dû sortir. On le saura lundi 16 janvier, date de l'assemblée générale socialiste. D'ici là, et pendant encore le mois qui suivra, il s'agira de tout faire pour renvoyer à son expéditeur le projet fédéral de réforme (les sondage suggèrent un vote encore incertain, et même une majorité d'opposants en Suisse alémanique), et ses petits cadeaux à ceux qui n'en ont pas besoin. Bonne rentrée, camarades...

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mercredi, 21 décembre 2016

Projet de convention entre partis "gouvernementaux" sur la RIE III : Silence dans les rangs !

libertepresse.jpgComment museler des partis politiques en leur faisant signer une "convention" par laquelle ils s'engagent à ne plus bouger pendant de années ? ça s'appelle un Projet de Convention relatif aux modalités de mise en œuvre de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), et c'est proposé par le Conseil d'Etat genevois aux partis dont des membres siègent en son sein, c'est-à-dire le PLR, le PDC, le PS, les Verts et le MCG (on trouvera le texte de la chose sur internet à l'adresse http://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/). Le PS se prononcera le 16 janvier en assemblée générale sur cette sorte de capitulation en rase campagne référendaire. Le Comité directeur propose de dire "non". C'est bon d'être accord avec le comité directeur de son parti. D'accord, faut pas en abuser, mais c'est bon...  D'autant que même si, par accident, inadvertance ou gueule de bois prolongée après les fêtes de fin d'année, une assemblée générale des socialistes genevois avalisait la proposition gouvernementale d'"Union Sacrée pour la RIE III", cet aval (ou cet avachissement) ne vaudrait que le temps qu'une autre assemblée générale l'envoie promener. Cela s'appelle un fonctionnement démocratique. Et ça exclut le port de la muselière. Même accepté dans un moment d'égarement.

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vendredi, 16 décembre 2016

Quand le patronat nous explique la RIE III

Bandeau RIE III.jpg


Encore des questions ? Euh... non...

« RIE 3 : c'est quoi ? », fait semblant de se demander, en édito, le journal patronal « Entreprise romande » qui vient, gentiment, au secours de celles et ceux, comme centre « entrepreneuse de talent, ayant à son actif la création de plusieurs entreprises et auteure de plusieurs ouvrages », qui se posent LA question : « RIE 3, c'est quoi ? ». Donc « Entreprise romande » va lui expliquer, « parce qu'il ne suffit pas de dire les choses. Encore faut-il s'assurer qu'elles ont été entendues et comprises ». Par les malentendants et les malcomprenants. De toute façon, poursuit l'édito, « comprendre l'essentiel » de RIE 3, « c'est relativement simple ». Surtout quand c'est « Entreprise Romande » qui explique à ses lecteurs et lectrices du patronat local, au cas où il aurait des doutes. Donc, il s'agit d'établir un taux unique d'imposition des entreprises (à 13,49 %), en haussant un peu celui des multinationales (actuellement à 11 %) et en baissant beaucoup celui des entreprises locales (actuellement à 24 %) pour leur apporter « un bol d'air non négligeable » sans « faire fuir » les multinationale, parce que c'est fugace, ces grosses bêtes. Bref, conclut l'édito qui explique simplement l'essentiel, « la RIE 3, c'est le futur de notre économie et de notre société ». Ouala. Et ceux qui sont contre, ils sont partisans du passé, de la mort de l'économie et de la société. Et « une fois qu'on a compris ces principes, le reste n'est que querelles de spécialistes ou de démagogues ». "Le reste", c'est quoi ? C'est le trou creusé dans les caisses publiques par la RIE 3, la menace d'une baisse des prestations sociales, des engagements culturels et des investissements indispensables de la Confédération, des cantons, et des communes. Rien d'important. Des futilités pour « spécialistes » ou pour « démagogues ». C'est extraordinaire, comme tout est simple, quand le patronat nous l'explique simplement. La dernière phrase de l'édito d'« Entreprise Romande » est interrogative : « encore des questions ? ». Euh, non, là, comme ça, ça va, on a eu notre dose...

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mercredi, 07 décembre 2016

Ouverture des commerces genevois : L'année des quatre dimanches

consommation

Le 27 novembre dernier, à Genève, l'initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces, a été refusée par les citoyens et yennes. L'initiative n'était soutenue que par la gauche, en sus des syndicats. Elle n'en a pas moins obtenu plus de 47 % des suffrages, en étant acceptée en Ville et dans les villes de la ceinture. Et si elle a été refusée, c'est que lui était opposé un contre-projet (qui, lui, a été accepté) limitant les possibilités d'ouverture dominicale des commerces à trois dimanches par an jusqu'à 17 heures (plus le 31 décembre, jour férié dans une République qui commémore ce jour là, non la fin de l'année, mais la Restauration de son Ancien Régime, en oubliant au passage de quoi il était fait et comment il fut restauré). Le contre-projet et l'initiative étaient tous deux une réponse à une  décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance (et donc impossible à contrecarrer par un référendum) d'autoriser l'ouverture des commerces tous les dimanches de l'année dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laissant aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle, c'est ce que Genève a fait, en posant comme condition à l'autorisation d'ouverture dominicale (ou fériée) quatre fois par an, l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. L'année des quatre dimanches, en échange d'une  meilleure protection des travailleurs : le PLR et l'UDC s'y sont vainement opposés alors que le patronat du secteur l'acceptait. Les "partis de l'économie" ne sont pas tels qu'ils voudraient qu'on les considère

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lundi, 05 décembre 2016

Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants : Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants

nationalité, naturalisationSavez-vous qu'on obtenait plus vite l'équivalent de la nationalité (la « bourgeoisie ») au XVIIe siècle qu'on l'obtient aujourd'hui ? Parole de descendant d'immigrants installés à Berne au XVIe siècle et «embourgeoisés» bernois après deux générations quand il en faut, 500 ans plus tard, souvent trois pour, peut-être, éventuellement, être suissisé... Trois générations de séjour en Suisse : c'est ce qu'une proposition de la socialiste vaudoise Ada Marra, acceptée par le parlement (après avoir toutefois été revue à la baisse), suggère comme condition pour bénéficier d'une "naturalisation facilitée". La proposition de ce tout petit pas, qui ne pourrait concerner que 5000 personnes qui sont déjà Suisses de fait, est soumise au vote populaire en février prochain. Tous les partis politiques représentés au parlement fédéral soutiennent cette proposition -tous, sauf un, et on ne vous fera pas l'injure de vous demander de deviner celui pour lequel la suissitude doit continuer à ne se transmettre que par le sperme, et pour qui vous aurez beau être né en Suisse de parents nés en Suisse de parents arrivés en Suisse il y a plus d'un demi-siècle, vous devriez continuer à être considéré comme un métèque définitif.

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vendredi, 02 décembre 2016

Tarifs des transports publics genevois : on va voter ("non")

tram2.jpgLe 23 septembre dernier, le Grand Conseil genevois avait voté une hausse des tarifs des transports publics genevois, faisant assumer par les usagers huit millions supplémentaires par an pour développer une offre que la même majorité, la direction des TPG et le Conseil d'Etat avaient préalablement réduite par refus d'augmenter la subvention cantonale à la régie publique.  Bref, le "développement de l'offre" qui est supposé justifier la hausse est en grande partie un simple rattrapage de sa réduction punitive passée. Le PS et Ensemble à Gauche avaient présenté au parlement cantonal une proposition de compromis, consistant à alléger la charge pour les usagers (sans la supprimer, mais en la faisant passer de huit à trois millions de francs par an), en échange d'une augmentation de cinq millions de francs de la subvention cantonale. Même le MCG avait soutenu cette proposition... mais pas les Verts... Et dans quelques années, une nouvelle hausse des tarifs sera proposée, justifiée par la mise en service du CEVA, mais consistant toujours à faire payer par les usagers la mise de l'offre au niveau de besoins croissants. Pendant quoi, les partisans de ces hausses continueront sans doute à se gargariser de beaux discours sur le développement des transports publics et de la mobilité douce. En attendant, un référendum a été lancé contre la dernière hausse décidée par le parlement, il a abouti, avec plus de 10'000 signatures. On votera donc, sans doute en mai 2017, pour dire ce qu'on pense d'un refus de donner aux TPG les moyens de leur développement en le finançant par le budget cantonal (voire les budgets municipaux) plutôt qu'en taxant les usagers, tout en invitant celles et ceux qui n'en usent pas encore à user des transports publics pour se déplacer en zone urbaine et péri-urbaine... comme si une augmentation des tarifs des transports publics allait les y inciter...

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mercredi, 30 novembre 2016

Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises: La charrue, les boeufs et le consensus

Une étrange agitation semble s'être emparée des partis politiques genevois (et du Conseil d'Etat, et même du Conseil administratif de la Ville), à propos du volet cantonal de la réforme des entreprises (RIE III), dans la version qu'en propose le Conseil d'Etat, alors même que le sort du cadre fédéral de cette réforme n'est pas encore scellé, puisqu'il ne sera que dans trois mois, le 12 février, en vote populaire après que le référendum lancé par la gauche ait (largement) abouti. Or si la réforme fédérale devait subir le sort que nous souhaitons lui réserver (un refus), la proposition de réforme cantonale faite par nos Magnifiques Seigneurs et Syndics ne reposerait plus sur rien -même pas sur du vent. Qu'importe : on négocie dans tous les coins. On parle même d'une "convention" qui lierait les partis "gouvernementaux genevois" (le PLR, le PDC, le MCG, les Verts et le PS) pendant une législature entière, et par laquelle ils s'engageraient à ne pas déposer de projets ayant des conséquences sur le budget, qu'il s'agisse de nouvelles dépenses, de nouvelles économies ou de modifications fiscales. Que vaudrait un tel engagement, dont seuls les partis gouvernementaux seraient signataires, et qui ne s'imposerait donc ni aux forces d'opposition (de droite ou de gauche), ni aux organisations sociales (patronales et syndicales, notamment), ni aux citoyens... ni même aux membres, militants, élus des partis signataires ? Rien. Du vent. Du même vent que celui sur lequel on tente de construire un consensus sur une réforme cantonale reposant sur une réforme fédérale dont on ne peut prédire le sort que le peuple lui réservera. On ne serait là pas en train de mettre une charrue (au soc douteux) avant les boeufs ?

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vendredi, 25 novembre 2016

La droite municipale genevoise refuse le budget de la Ville


Au prétexte de la RIE III

La majorité de droite dilatée de la commission des Finances du Conseil municipal de la Ville de Genève (on a notre dose de génitifs, là...) a donc refusé le projet de budget 2017 présenté par le Conseil administratif. Prétexte du refus : la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), qui va entraîner des pertes de ressources de plusieurs dizaines de millions de francs par année pour la Ville. L'ironie de la situation tient évidemment au fait que la droite qui refuse le projet de budget au nom des pertes fiscales provoquées par la réforme, soutient ladite réforme dans la version présentée par le Conseil d'Etat, appelle le Conseil municipal à la soutenir et même à soutenir la possibilité donnée aux communes d'adopter pendant cinq ans des budgets déficitaires, alors qu'elle (la droite dilatée municipale, donc)  exige en Ville un excédent budgétaire d'au moins 15 millions... Ce qui serait d'ailleurs facile à obtenir en augmentant d'un centime additionnel le taux de l'impôt communal...

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mercredi, 23 novembre 2016

Initiative sur la sortie programmée du nucléaire : Par ici la sortie

Dimanche soir, on saura si la Suisse entend réellement "sortir du nucléaire" ou si, comme le lui recommandent benoîtement les nucléocrates, les exploitants des centrales et les partis de droite (quoique leurs électeurs paraissent divisés sur la question), on attendra encore quelques dizaines d'années pour que se concrétise une "stratégie énergétique 2050" à laquelle ils feignent de s'être ralliés alors même qu'elle propose elle aussi une "sortie du nucléaire", mais bien plus lente -et surtout, plus incertaine, puisque soumise au bon vouloir d'un parlement dont la majorité (UDC, PLR, PDC) ne témoigne pas forcément de convictions environnementales à l'épreuve des critères financiers (et des intérêts privés). L'initiative des Verts a le mérite, essentiel de la clarté  : On dit qu'on veut "sortir du nucléaire" ? Eh bien on en sort, sans barguigner, sans pinailler, sans attendre plus longtemps que nécessaire : on ferme Beznau I (le plus ancien réacteur en fonction au monde) l'année prochaine, Beznau II, Mühleberg (dont l'exploitant a annoncé la fermeture en 2019), Gösgen et Leibstadt 45 ans après leur mise en fonction (la durée moyenne de fonctionnement d'une centrale qui ne vous explose pas à la gueule), à moins que la sécurité de leur fonctionnement ne soit plus garantie, auquel cas on les arrêterait avant. Ce qui se veut vraiment s'énonce clairement : la sortie du nucléaire passe par un "oui" dimanche... Alors si vous n'avez pas encore voté, va falloir vous bouger : vous avez jusqu'à jeudi soir pour voter par correspondance. Sinon, c'est dimanche matin au local de vote...

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vendredi, 11 novembre 2016

Ouverture des commerces le dimanche et protection des travailleuses : Un deal défendable

On va voter à Genève, dans deux semaines, sur une initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Cette initiative était d'abord une réponse à la décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance et donc impossible à contrecarrer par un référendum, d'élargir ces possibilités à tous les dimanches dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laisse aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle -ce que Genève s'apprête à faire, si l'initiative ou le contre-projet parlementaire passe le cap du vote populaire le 27 novembre prochain. Car contre-projet il y a : d'une réponse à une offensive patronale, on est passé à l'usage de l'initiative comme moyen de renforcer la protection des salariés de toute une branche, en posant comme exigence l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. Cette exigence a été reprise dans le contre-projet à l'initiative (et elle explique l'opposition de la droite libérale à ce contre-projet) : le deal, c'est un peu plus d'ouverture des magasins le dimanche, en échange d'une convention élargie. Et ça se défend -on peut donc aussi voter "oui" au contre-projet... et même, si l'on privilégie la protection des travailleurs (surtout des travailleuses, en l’occurrence) , le privilégier en cas d'acceptation des deux textes.

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jeudi, 03 novembre 2016

Réforme de l'imposition des entreprises : L'Etat aux côtés du patronat...

RIE III

On votera en février prochain sur la réforme fédérale de l'imposition des entreprise (RIE III, pour les intimes), fruit d'un coup de force de la droite parlementaire, qui a imposé une réforme sans négociation, sans contreparties sociales et agrémentée de plusieurs mécanismes permettant aux entreprises multinationales qui devraient payer un peu plus d'impôt de compenser ce surcroît de contribution par des déductions nouvelles. Facture pour les caisses publiques : plusieurs milliards de francs. Qu'il faudra compenser par des "économies" sur les budgets sociaux, de formation, de coopération. Autrement dit : par une réduction des prestations publiques. S'adressant à un raout des syndicats patronaux (la "Rentrée des Entreprises"), le Conseiller d'Etat Pierre Maudet leur a assuré (c'est la Feuille d'Avis Officielle qui en rend compte, le 7 octobre, c'est dire si c'est vrai) que "l'Etat est à vos côtés". Mais qui diable pouvait en douter ?

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mercredi, 26 octobre 2016

Production nucléaire d'électricité : C'est quand qu'on sort ?

Goesgen.JPGSelon deux sondages, l'un effectué par l'institut Gfs l'autre par Tamedia, l'initiative des Verts "pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire" s'attire actuellement la sympathie d'une majorité d'électrices et d'électeurs (respectivement 57 et 55 % de "oui"), surtout en Romandie et à gauche (mais également chez les Verts libéraux, au PBD et au PDC, dont le groupe parlementaire l'avait pourtant rejetée à l'unanimité, et dont la Conseillère fédérale Doris Leuthard fait campagne pour le "non". Rien toutefois n'est acquis un mois avant le vote : en septembre, une initiative pour une "économie verte", qui avait recueilli jusqu'à 61 % d'avis favorable dans les premiers sondages, était écrasée par 63,6 % des suffrages, et Genève était le seul canton à l'accepter. Sans surprise, c'est l'électorat du PLR et de l'UDC qui est le plus opposé à l'initiative antinucléaire -et ce sont d'ailleurs le PLR et l'UDC, avec les milieux patronaux et, évidemment, les exploitants des centrales existantes et le lobby nucléaire, qui mènent la campagne la plus ardente contre la fermeture programmée des centrales nucléaires suisses. Dont la plus vieille encore en service dans le monde : le réacteur 1 de la centrale nucléaire argovienne de Beznau a été raccordé au réseau il y a plus de 46 ans, et la Suisse est le seul pays où une centrale en activité ait atteint un âge aussi avancé.... Dis Tonton, c'est quand qu'on en sort, de la production nucléaire d'électricité... ben, le plus vite sera le mieux...

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14:42 Publié dans Développement durable, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écologie, énergie, centrales nucléaires | |  Facebook | | | |

vendredi, 30 septembre 2016

Nouvelle loi sur le renseignement : L'ombre du djihadiste

L'ombre du djihadiste planait sur les urnes du scrutin de dimanche dernier, concernant la nouvelle loi sur le renseignement, attaquée par un référendum lancé par une coalition allant de la Jeunesse socialiste aux Jeunes PLR... Le Conseiller fédéral Parmelin, plaidant pour la loi que lui avait laissée en héritage son prédécesseur Ueli Maurer, n'y était d'ailleurs pas allé par quatre chemins en déclarant que voter "non", c'était se rendre par avance "complice d'un futur attentat". 34,5 % des participants au scrutin ayant voté "non", un tiers des Suissesses et des Suisses sont donc des complices des djihadistes. La loi, approuvés par 65,5 % des votes et par tous les cantons, est tout de même porteuse de menaces, moins pour la liberté que pour l'intimité, menaces que les référendaires ont prié le gouvernement de conjurer en garantissant réellement qu'il n'y aura pas de "nouvelle affaires des fiches", pas de surveillance généralisée, et un risque très réduit de dérapages. Et Amnesty International a appelé le Conseil fédéral à appliquer la loi de "façon mesurée". Mesurée à quoi ? à la peur ambiante ? ça promet...

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mardi, 27 septembre 2016

Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

 En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

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lundi, 26 septembre 2016

Echec de l'initiative "AVS+" : L'assurance avant les assurés ?

AVS, 2e PilierOn attendait mieux qu'une défaite honorable, mais on s'en contentera -pour l'instant. L'initiative syndicale "AVS+", pour une augmentation des rentes de l'AVS, a été rejetée à 59,4 %. Et donc acceptée par un peu plus de 40 % des votantes et tants. 40 %, c'est plus que ce que la gauche pèse dans ce pays -et l'initiative a tout de même été acceptée à Genève, Neuchâtel, dans le Jura, le canton de Vaud et au Tessin. Et presque acceptée à Bâle. Mais si on votait sur l'initiative syndicale, on exprimait ce vote en pensant non seulement au contenu de l'initiative, mais aussi à tout ce que trimballent les débats en cours sur le système de retraite. On votait sur une hausse de 10 % des rentes AVS en pensant à la réforme "Prévoyance Vieillesse 2020" proposée par Alain Berset, et aux diverses offensives de la droite parlementaire pour réduire l'importance de l'assurance-vieillesse par rapport à la prévoyance professionnelle -autrement dit : réduire l'importance de la solidarité par rapport à la capitalisation individuelle.
Bref : on a voté en se préoccupant plus de la situation de l'assurance que de celle des assurés.

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21:47 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : avs, 2e pilier | |  Facebook | | | |

vendredi, 23 septembre 2016

Aux urnes pour "AVS +"

Vous n'avez pas encore voté ?

Pour voter par correspondance en faveur de l'initiative "AVS+", c'est trop tard. Il va falloir vous rendre au local de vote dimanche avant midi pour déposer, à l'ancienne, comme nos parents et nos grande-parents, votre bulletin dans l'urne. Un exercice qui en vaut la peine : pour éviter ce que les défenseurs de l'AVS dénoncent comme son "saccage", il faut que l'initiative qui améliore les rentes de ce premier pilier de la retraite, fasse le meilleur résultat possible -le meilleur résultat étant évidemment son acceptation. Car ce n'est pas seulement l'initiative elle-même qui est l'enjeu du vote de dimanche : c'est le niveau des retraites dans ce pays, et la capacité du système des "trois "piliers" de la maintenir, quand seul le premier -l'AVS, précisément- est assez solide, assez durable et assez équitable pour remplir le mandat constitutionnel de rentes assurant, à la retraite, une vie digne. Vous avez oublié de voter par correspondance ? Aux urnes de votre local, citoyennes et citoyens !

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21:58 Publié dans Solidarité, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, retraites, 2ème pilier | |  Facebook | | | |