mardi, 02 décembre 2014

Débâcle d'Ecopop ? Xénophobie pas morte pour autant

Le résultat d'Ecopop est finalement conforme aux prévisions (il est même plus mauvais que prévu) -mais il est néanmoins en trompe-l'oeil : si la gauche a massivement voté contre l'initiative écoxénophobe, la droite démocratique en a fait autant, et même une partie de sa propre droite (de l'UDC, du MCG, de la Lega...), pour le même type de raisons que celles la poussant à défendre les forfaits fiscaux : parce qu'on en a « besoin », qu'on a «  besoin » d'immigrants pour faire tourner la machine économique et sociale comme on a besoin des picaillons que laissent les forfaitaires dans les caisses publiques. Au final, le score d'Ecopop correspond grosso modo à celui de la droite de la droite et de l'extrême-droite en Suisse : un gros quart de l'électorat. C'est beaucoup, et cela relativise l'«écoflop» de la votation de dimanche : il tient probablement à la défection de l'UDC et de ses satellites cantonaux, genre Lega ou MCG, qui ont refusé de soutenir une initiative qui pourtant ne disait rien d'autre que ce qu'ils disent, et continueront de proférer  « c'est tout de la faute aux étrangers ».

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mercredi, 26 novembre 2014

Forfaits fiscaux : pourquoi l'éthique n'a-t-elle rien à faire dans ce débat ? Parce que le fort fait taire...

Parce que le fort fait taire...

Comme dans toutes les campagnes de propagande (le terme en soi n'étant pas péjoratif, la propagande étant l'action de « propager » une foi, un projet, un programme, une prise de position) précédant un vote dont l'enjeu est fiscal et consiste en la remise en cause (ou l'invention) d'un privilège, la campagne des partisans des forfaits fiscaux a essentiellement consisté à agiter des peurs (celle du départ en masse des « forfaitaires » et de leur pognon, celle d'une abolition de toutes les déductions fiscales, celle d'une augmentation des impôts payés par la fumeuse « classe moyenne »...). Toutefois quelque justification plus sincère que les autres de la nécessité de maintenir de ce privilège exclusif des «  riches étrangers », nous a tout de même été proposée, comme réfutation de l'argument éthique des partisans de l'initiative : ce privilège est immoral et contradictoire du principe de l'égalité devant l'impôt. Réponse : « oui, et alors ? Pourquoi devrions-nous être plus moraux que les autres ? et qu'est-ce que la morale ou l'éthique ont à voir là-dedans ? Il ne s'agit que d'argent, et l'argent n'a pas d'odeur ». Et le riche est fort. Et le fort fait taire (les scrupules).

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jeudi, 20 novembre 2014

Abolition des « forfaits fiscaux » : Les pompiers pyromanes à l'oeuvre

On a reçu le journal de campagne tous ménages (ça coûte bonbon mais ils en ont les moyens...) des partisans du maintien des forfaits fiscaux. Et ils ne font pas dans la dentelle : ils nous balancent que l'abolition de ces forfaits fiscaux, « conduirait à une perte d'impôts de plus de 1 milliard de francs » qu'il faudrait compenser par une imposition plus lourde de la « classe moyenne » (ah, la « classe moyenne », à quelle utilité n'est-elle pas bonne dans le débat politique...) et des PME (mais surtout pas des multinationales et des grosses entreprises nationales, hein). Il sort d'où, ce milliard qui manquerait ? De l'hypothèse absurde que tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux quitteraient la Suisse s'ils n'en bénéficiaient plus. Et ce milliard, il équivaut à quel pourcentage des pertes fiscales accumulées au fil des cadeaux fiscaux accordés depuis des années par la droite qui défend les forfaits fiscaux ? On n'a pas fait le calcul pour l'ensemble de la Suisse, mais pour Genève, toujours dans l'hypothèse absurde où tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux iraient voir ailleurs si la gauche n'y est pas, on sait : le fisc y perdrait 160 millions de francs par année. Soit, en moyenne annuelle, pas plus de la moitié (et sans doute beaucoup moins) des cadeaux fiscaux accordés par la droite depuis dix ans, et qui plombent le budget cantonal depuis dix ans. Y'a pas à dire, dans le genre pompiers pyromanes, ils sont pas mal, nos PLR, PDC, UDC et autres MCG...

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vendredi, 14 novembre 2014

Mobilisons-nous contre la haine des riches : Forfaitaires, debout ! Résistons !

Manifdedroite1.jpg

 

Un drame se joue, une angoisse se noue, mais vous en rendez-vous seulement compte? Ce drame, c'est le nôtre, à nous, bénéficiaires des « forfaits fiscaux », nous, résidents étrangers qui ne payons d'impôt que sur nos dépenses et pas sur nos revenus ou notre fortune. Cette angoisse, c'est la nôtre, celle de perdre ce statut, en butte à la jalousie mesquine de la gauche suisse. Déjà qu'on ne savait même pas qu'il y avait une, de gauche, dans ce pays... si on nous l'avait dit, qu'il y avait une gauche, en Suisse, vous croyez vraiment qu'on serait venu se planter ici en faisant semblant de ne pas travailler, de ne pas gérer nos comptes en banques, nos affaires, nos entreprises ? Une gauche, en Suisse... ah ça, on est vraiment  tombé des nues...

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lundi, 10 novembre 2014

OPA arnaqueuse sur l'écologie : Ecopop, ou la catatonie environnementale

dev_durable.jpgC'est-y pas plus clair comme ça ? Dans la « Tribune de Genève » du 6 novembre, c'était l'avocat d'extrême-droite Pascal Junod qui était commis à la défense de l'initiative « Ecopop » et à l'attaque des écolos qui ne la soutiennent pas. Il semble bien pourtant que certains prennent encore ce projet xénophobe pour un manifeste de la décroissance... Or de quoi nous parle Ecopop, non dans son exposé apologétique (et apodictique), mais dans le texte soumis au vote populaire ? De population ? oui, mais de population immigrante. De planning familial ? Oui, mais de familial ailleurs, et le plus loin possible. Et en Suisse, et au comportement des Suisses (de souche, de résidence ou d'importation), quels changements propose-t-elle ? Aucun. Ecopop ne dit rien de l'aménagement du territoire, rien de la politique des transports, rien de la consommation intérieure, rien de la production et de la consommation d'énergie : hors de son obsession démographique, Ecopop est catatonique.          

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mercredi, 05 novembre 2014

Retrouver l'inspiration d'un renouveau de l'internationalisme ? L'an prochain à Zimmerwald...

 

socialisme, internationalisme, Zimmerwald

La Jeunesse Socialiste suisse réfléchit à une commémoration du centenaire de la conférence de Zimmerwald, qui avait réuni en septembre 1915, dans la campagne bernoise, à l'inititiative de socialistes suisses et italiens, des représentants de la gauche socialiste européenne, opposée aux « unions sacrées » passées dans les Etats en guerre entre les partis socialistes et sociaux-démocrates, les partis de droite, les gouvernements et les armées au nom de la « défense nationale », deux ans après que le congrès de Bâle de l'Internationale ait solennellement proclamé que si la guerre éclatait en Europe, les partis socialistes et les syndicats y répondraient par une grève générale à l'échelle du continent. On conviendra donc que pour trouver en 2015 l'inspiration nécessaires à un renouveau de l'internationalisme et de la lutte contre les nationalismes, le centenaire de Zimmerwald vaut mieux que le demi-millénaire de Marignan...

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15:52 Publié dans Armée, défense nationale, Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : socialisme, internationalisme, zimmerwald | |  Facebook | | | |

mardi, 04 novembre 2014

Bidouiller les chiffres pour sauver les privilèges fiscaux : La louche des Tartuffes et la soupe des forfaits

Hier, les Argentiers cantonaux romands n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour estimer la perte fiscale qu'ils font mine de prévoir en cas d'abolition des forfaits fiscaux : un milliard de francs. Et d'autres chiffres servis avec les mêmes mines d'enterrement (de la prospérité) sont évoqués par les partisans de cette « imposition sur la dépense » : 22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus...  Les comités Théodule (dont un pathétique « Sauvons Genève de la misère ») qui à Genève appellent à sauver ce privilège fiscal argumentent avec le même souci de la crédibilité des chiffres : en les balançant à la louche, en les arrondissant au milliard supérieur, sans donner plus que les conseillers d'Etat de sources crédibles à l'appui de leurs estimations. Et puis, même s'ils avaient raison, même si leurs chiffres étaient crédibles et leurs alarmes fondées, à qui la faute ? Qui a fait perdre à Genève, depuis des années, plus de rentrées fiscales en distribuant des cadeaux aux multinationales (et ce n'est pas fini) et aux grosses fortunes que tout ce que rapportent l'ensemble des « forfaits fiscaux »  ? Qui, sinon ces Tartuffes menant campagne à la louche contre l'équité fiscale ?

«  Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques »

Les chiffres donnés par les partisans des forfaits fiscaux sont donc bidouillés à la varlope, pour faire joli (on  se reportera pour avoir une idée de ce bidouillage à l'article du Temps d'hier : «  Des chiffres discutables à l'appui des forfaits »). Et encore : même revus à la baisse, ces chiffres se basent tous sur une double hypothèse absurde : celle d'abord du départ massif de Suisse, en cohorte, de tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux, et celle ensuite de leur non-remplacement par des contribuables «  normaux », quoique riches -mais de ce genre, honorable, de riches contribuables qui, à l'instar de Metin  Arditi, ne voient pas pourquoi ils devraient bénéficier d'un privilège fiscal en sus de tous ceux liés, déjà, à leur richesse. En réalité, dans les cinq cantons où ils ont été abolis, les caisses publiques n'ont pas subi de perte, et si une partie des bénéficiaires de ce cadeau ont effectivement quitté les cantons qui ont renoncé à leur offrir, d'autres sont restés et ont été soumis à l'impôt « normal », plus élevé, et plus nourrissnt des collectivités. A Bâle-Ville, à Bâle-Campagne, à Zurich, dans les Rhodes extérieures d'Appenzell et à Schaffhouse, les finances publiques ne se portent pas plus mal après la suppression de «l'imposition sur la dépense» qu'avant. Si une majorité (mais pas la totalité) des « forfaitaires » de Bâle-campagne sont partis, la majorité de ceux de Bâle-Ville et de Zurich (et d'Appenzell) sont restés..

22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus... d'où sortent les chiffres brandis comme des épouvantails (à pigeons) par les partisans des forfaits fiscaux ? essentiellement d'une « enquête » bidon opérée en 2009 par un lobby partisan des « forfaits fiscaux » sur 126 contribuables en bénéficiant. Un échantillon sans aucune représentativité, et une estimation fondée de la plus grossière des manières : en multipliant la moyenne des chiffres donnés par ces 126 personnes par le nombre total des bénéficiaires des forfaits fiscaux. On se croirait au dépouillement des élections nord-coréennes -mais non, on est dans une campagne de votation en  Suisse...
Il est vrai qu'en certains cantons, certaines communes (dont celles qui financent la campagne en faveur des forfaits fiscaux et la manifestation organisée à Berne par leurs partisans), la Suisse tient de la république bananière (l'expression renvoie à ces Etats d'Amérique du Sud totalement dépendants d'une seule activité, d'une seule ressource, d'un seul contributeur : United Fruit dans le Guatemala narré par Asturias, par exemple...) : Ainsi, Crans Montana à elle seule comptait plus du tiers (500) de tous les forfaits fiscaux (1389) du Valais en 2013, et son budget en est totalement dépendant : « Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques », résume le Maire de Lens... Et à Genève, selon le ministre des Finances cantonal, on passerait d'un « équilibre très fragile» à une situation au bord de la rupture... Mais qui est responsable de cette situation ? Ceux qui pratiquent la «duoculture» du cadeau fiscal et du tourisme (comme en Valais) ou de la finance (comme à Genève), ou ceux qui, comme les initiants de La Gauche et du PS genevois, proposent le 30 novembre un autre développement et défendent l'équité fiscale?

Le Conseiller d'Etat Serge dal Busco se lamente de l'«hostilité anti-riches» qu'il voit monter ? Il ferait mieux de se demander vraiment pourquoi elle monte, et si les défenseurs des privilèges n'en sont pas un tantinet responsables...

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mardi, 28 octobre 2014

Si les forfaits fiscaux étaient abolis (ou plutôt : quand ils le seront...) : L'exode, vraiment ?


    Le premier sondage sur les intentions de vote à propos de l'initiative de La Gauche pour l'interdiction des forfaits fiscaux au plan suisse est certes encourageant, mais il reste un mois avant le vote, et la droite s'est mise en ordre de bataille pour prêcher le refus d'une proposition qu'elle présente comme quelque chose tenant du cataclysme économique et social. Certes, ce n'est pas la première fois qu'elle nous fait le coup, et on y est habitués, mais on est aussi habitués à ce que, sauf exceptions (l'initiative Minder, par exemple), ces prophéties de malheur trouvent suffisamment preneurs pour transformer des tendances favorables en décisions défavorables (sur la caisse publique, par exemple...). Donc, à entendre les défenseurs des forfaits fiscaux, leur abolition entraînerait l'exode de tous les contribuables qui en bénéficient. Tous, sans exception. Dans un exode massif, qui coûterait un milliard de recettes fiscales, trois milliards de consommation intérieure, 22'000 emplois et un demi-milliard de mécénat. Pas moins. L'Exode, on vous dit. Avec les sept plaies d'Egypte en option ?

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lundi, 27 octobre 2014

Dilemme démocratique au menu : Que faire des initiatives populaires contraires au droit international ?

Reçue par le président de la Cour européenne des droits de l'Homme, Simonetta Sommaruga lui assurait début septembre que la Convention dont la Cour assure le respect était devenue «partie intégrante de l'ordre juridique suisse». Certes, mais des initiatives contraires aux dispositions de la Convention sont, elles aussi, devenues « parties intégrantes de l'ordre juridique suisse » dès lors qu'elles ont été acceptées par la majorité du peuple et des cantons... Or le parlement a déjà le pouvoir (c'est la constitution qui le lui donne) de déclarer une initiative irrecevable, mais la dernière initiative populaire fédérale ainsi soustraite au vote date ainsi d'il y a près de 20 ans et elle était de gauche : en 1996, l'initiative « pour une politique d'asile raisonnable », émanant des milieux de défense du droit d'asile, avait ainsi été poubellisée par le parlement -qui ne prenait pas de risque, la défense du droit d'asile n'étant pas la cause la plus populaire dans ce pays. Dilemme démocratique : un vote populaire peut-il s'abstraire du droit en vigueur, quand ce droit a lui-même été ratifié par un autre vote populaire ?

De l'initiative populaire comme pétition

Les initiatives populaires, qui servaient plutôt, depuis l'instauration de la « démocratie de concordance » (et. avant elle, de la « paix  du travail »), à présenter au peuple des propositions rationnelles mais impossibles à présenter au parlement pour cause de rapport de force politique insurmontable, tiennent désormais de la pétition, utilisées pour exprimer des positions radicales (de gauche, comme l'initiative 1:12, ou de droite, comme les initiatives xénophobes de l'UDC) dont les tenants n'ignorent pas qu'elles sont incompatibles avec l'ordre juridique existant (dont les traités internationaux font partie) et qu'elles sont donc inapplicables sans remise en cause fondamentale de cet ordre -ce que l'UDC s'apprête à faire en lançant une initiative proclamant la primauté du droit national sur le droit international.  Le parlement fédéral, qui a longtemps ignoré cette évolution de l'usage du droit d'initiative, semble vouloir la prendre en compte : la commission des institutions politiques du Conseil des Etats a ainsi, sur la base d'une proposition des Evangéliques (soutenus par la gauche),  rédigé un rapport sur les critères de recevabilité, et a contrario d'invalidation, des initiatives populaires.

Actuellement, le pouvoir d'annulation d'une initiative populaire par le parlement se limite à l'examen de deux critères, celui de l'unité de forme et de matière et celui de respect du droit international public impératif. La commission du Conseil des Etats propose d'y ajouter les critères de non-discrimination, de proportionnalité et de non-rétroactivité. Les signataires d'une initiative populaire déclarée irrecevable par le pèarlement en seraient certainement frustréls. mais « je préfère décevoir 100'000 signataires (en annulant l'initiative) qu'un million et demi de votants » en n'appliquant pas une initiative acceptée par le peuple, répond Robert Cramer.
Pourquoi le parlement n'use-t-il pas du pouvoir dont il dispose déjà ? Sans doute par peur de la réaction des initiants : 100'000 signatures (au moins) au bas d'un texte, dans un pays de cinq millions d'électrices et d'électeurs, c'est un poids politique qu'on ne néglige pas quand on est soi-même élu-e par le peuple. Surtout quand on a passé son temps à proclamer qu'il fallait lui « faire confiance », au peuple. Même l'idée du Conseil fédéral de prévenir, sur les listes de signatures, que l'initiative que l'on s'apprêterait à signer est probablement contraire au droit supérieur a été rejetée par le parlement. On en reste donc avec, incorporés au droit national, des textes contraires au droit international, et donc inapplicables puisque ce droit est, dans l'ordre juridique supérieur au droit fédéral, comme le droit fédéral est supérieur au droit cantonal...

Vexée de se retrouver dans cette situation d'avoir gagné des votes populaires impossibles à traduire en droit effectif, l'UDC a décidé samedi dernier de lancer une initiative pour instaurer la primauté du droit suisse sur le droit international. Et y'a une idée à creuser là : tant qu'on y est, on pourrait lancer, par exemple à Genève, au nom du principe de subsidiarité, une initiative instaurant, la primauté du droit cantonal sur le droit fédéral, du droit municipal sur le droit cantonal et du droit individuel de ceux qui s'accordent tous les droits sur le droit public qui prétend les limiter aux droits des autres ?

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mardi, 21 octobre 2014

« Ecopop » : Brouillard vert sur la xénophobie ordinaire, ou l'écologie à la mode bunker

propriété privée.jpgEcolo fondamentaliste encarté au PDC, Philippe Roch ne voit pas ce que l'initiative « Ecopop » qu'il soutient peut bien avoir de xénophobe. L'a-t-il lue avant de la soutenir au seul motif qu'elle « lance le débat sur la démographie » ? L'initiative ne s'en prend pas à la consommation individuelle des ressources (et des espaces) par la population résidente, ni au gaspillage de ces ressources et de ces espaces par les Suisses eux-mêmes -elle s'en prend à l'immigration; elle ne s'en prend pas au vieillissement de la population résidente (un vieillissement lui-même fauteur d'immigration) mais à la natalité dans les pays bénéficiaire de l'aide suisse au développement... Elle ne « lance pas le débat » sur la démographie, elle le rabaisse au niveau d'un seul et unique prédicat : la dégradation de l'environnement, le bétonnage, le gaspillage, « c'est la faute des autres ». La faute des immigrants, la faute des pauvres du Sud. Et on serait bien chez nous, entre nous seuls, sans ces importuns... Bref, de l'écologie à la mode bunker : « propriété privée, défense d'entrer, chien méchant »...

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jeudi, 16 octobre 2014

Forfaits fiscaux : déjà cinq cantons les ont abolis : Et de six le 30 novembre ?

forfaits fiscauxCinq cantons (Zurich, les deux Bâle, Schaffhouse, Appenzell Rhodes extérieures) ont déjà aboli les « forfaits fiscaux » (l'imposition sur la dépense). Un sixième les rejoindra-t-ils le dimanche 30 novembre ? Genève se prononcera alors sur une initiative socialiste proposant leur abolition. Et le même jour, toute la Suisse en fera autant, sur une initiative fédérale de La Gauche, exprimant la même revendication. A l'inverse, huit cantons (Berne, Lucerne, Nidwald, Schwatz, Glaris, Saint-Gall, Thurgovie et Appenzell Rhodes intérieures) ont décidé de maintenir ce privilège fiscal réservé aux riches étrangers résidant en Suisse sans y avoir (du moins officiellement et légalement) d'activité professionnelle -mais pour prix de ce maintien, ces cantons ont, sous pression d'une initiative populaire, alourdi les conditions d'accès à ce privilège. Ce que la Confédération elle-même a également décidé de faire. On lâche donc du lest -mais un peu, juste ce qui est nécessaire pour permettre aux aérostiers fiscaux de continuer à survoler l'imposition normale sans s'y confronter...

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mardi, 14 octobre 2014

Contingentement, libre circulation, bilatérales : C'est où, la sortie de l'impasse ?

C'est nouveau, ça vient de sortir, et ça confirme que personne, pas même les initiants, ne sait comment sortiur de l'impasse dans laquelle le vote du 9 février sur l'initiative udéciste contre l'« immigration de masse » a coincé la Suisse : Christoph Blocher est prêt à renoncer à exiger le retour aux contingents, et à admettre une autre solution (tout aussi xénophobe d'ailleurs, mais qui permettrait de ne pas casser les accords bilatéraux) : taxer les immigrants. Toute une série d'autres propositions diverses et contradictoires, venant d'à peu près tous les partis politiques représentés au parlement fédéral, font leur petit tour de piste médiatique pour tenter de concilier l'inconciliable (le vote du 9 février et les bilatérales) et ouvrir des « portes de sortie » (ou des itinéraires de contournement) de l'impasse du 9 février. En oubliant seulement qu'on ne peut sortir d'une impasse par une autre issue que celle par laquelle on y est entré. Et que c'est même la définition de l'impasse, que de ne pouvoir en sortir qu'en reculant. Et on vous fait grâce des rimes de la chanson paillarde que cela nous inspire.

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lundi, 13 octobre 2014

Premier "baromètre électoral" des Fédérales de 2015 : Glissements progressifs du plaisir

Le premier « baromètre » GFS-RTS des intentions de vote pour les élections fédérales de l'automne prochain a été publié au début du mois. Selon ce sondage, l'UDC resterait le premier parti du pays mais, avec 24,6 % des intentions de vote, serait en recul de deux points. Le PS resterait le deuxième parti du pays, avec 20,1 % des intentions de vote, soit une progression de 1,7 point, qui l'amènerait à son objectif proclamé de « dépasser les 20 % ». Suivraient, dans l'ordre, le PLR à 15,8 % (en progression de 0,7 point, mais loin de son objectif proclamé de « dépasser le PS », sur lequel il continuerait de perdre du terrain), le PDC à 11,2 % (en recul de 1,1 point), les Verts et les Verts libéraux à 7,3 % chacun (ce qui correspond à un recul de 1,1 point des Verts et une progression de 1,9 point de leurs cousins de droite), le PBD à 4,8 % (en recul de 0,6 point), les Evangéliques à 1,8 %, l'UDF à 1,4 %, la Lega à 1 % et les « autres » à 4,7 % (mais qui sont-ils, ces « autres » ? le MCG leur est-il assimilé ? et la « gauche de la gauche«  » ?).

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mardi, 30 septembre 2014

NON (alémanique) à la caisse publique d'assurance-maladie : Un refus de la liberté de choix...

Une majorité de votantes et tants alémaniques ont donc fait échec à la création d'une caisse-maladie fédérale publique et refusé d'ouvrir la seule concurrence et la seule « liberté de choix » qui vaillent : celles entre les 61 caisses privées auxquelles chacun est actuellement obligé de s'affilier, et la caisse publique fédérale qui ne sera pas créée. Reste évidemment la voie évoquée de création de caisses publiques cantonales (ou d'une caisse publique intercantonale) dans les cantons ayant accepté l'initiative : le Jura, Neuchâtel, Genève et Vaud. Sans exclure, évoquée par Pierre-Yves Maillard  «  une initiative qui interdise aux assureurs de payer les partis politiques et les élus aux Chambres », et « nettoie le parlement du lobbysme obscène » de caisses maladie qui prospèrent sous le parapluie de l'Etat, tout en dénonçant « l'étatisme » de ceux qui les critiquent. 

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mercredi, 24 septembre 2014

Vote sur la caisse publique d'assurance-maladie : En forme pour le jour d'après ?


Les derniers sondages (bien sûr, ce ne sont que des sondages, mais tout de même...) confirment les précédents : la droite et la Suisse alémanique rejetteraient clairement l'initiative pour une caisse publique d'assurance maladie, que la gauche plébisciterait et que la Romandie et le Tessin accepteraient. Et comme la gauche, les Romands et les Tessinois sont minoritaires dans ce pays... Que pourra-t-on faire si ces prévisions se confirment (avant quoi il convient tout de même de se mobiliser pour qu'elles ne se confirment pas) ? « Si les Genevois votaient massivement pour l'initiative, ce serait un signal à prendre en compte » pour envisager de « créer une caisse unique cantonale » estime le Conseiller d'Etat genevois (MCG) Mauro Poggia. Son collègue socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard est du même avis, ajoutant à cette hypothèse celle d'une caisse publique intercantonale, pour les cantons ayant accepté l'initiative.

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mardi, 16 septembre 2014

Les habits neufs de la xénophobie : L'égologie polique

Dans trois mois, on votera sur une initiative intitulée «  Halte à la surpopulation », lancée par une association « Ecologie et Population » (Ecopop), dont le projet (un seuil migratoire indépassable d'à peu près 16'000 personnes par an), débarrassé de ses oripeaux rhétoriques écolos, tient en une phrase, une seule : les autres sont de trop. Les autres, pas nous. Cette phrase n'étant pas sous cette formulation, politiquement et socialement correcte, les initiants, dont la plupart tiennent tout de même à passer pour d'aimables partisans du gentil « vivre ensemble » (mais entre soi), tentent désespérément de faire passer leur revendication d'un ghetto de vieux riches blancs propres sur eux protégé des jeunes métèques pauvres et mal poutzés pour une nouvelle forme de tiers-mondisme écolo. Ainsi passe-t-on de l'écologie à l'égologie...

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lundi, 15 septembre 2014

« La guerre contre la drogue a été un grave échec » : Post Tenebras Lux ?

« La guerre contre la drogue a été un grave échec », ont asséné début septembre les membres de la commission globale de politique en matière de drogues, parmi lesquelles et lesquels Ruth Dreifuss, Fernando Henrique Cardoso, Louise Arbour... Elles et ils plaident pour un changement radical, pour l'abandon du tout répressif au profit d'un contrôle public de la production, du commerce et de la consommation des drogues. Parce qu'un monde sans drogues est illusoire et que leur prohibition n'a que des effets négatifs, voire dévastateurs. Elle coûte 100 milliards de dollars par an, remplit les prisons, enrichit les mafias, dégrade les conditions sanitaires des populations concernées (au Moyen Orient, en Asie et en Russie, elle a favorisé le sida...). Elle tue plus que les drogues elles-mêmes, produit plus de criminalité que le trafic lui-même. Mais « on » s'y accroche encore. Pour combien de temps, combien de morts et combien de profits pour les réseaux criminels ?

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mercredi, 10 septembre 2014

Initiative pour une caisse-maladie publique : Le spectre de l'étatisation

Un specfantôme.jpgtre hante la campagne sur (et contre) l'initiative pour une caisse-maladie publique : le spectre de l'"étatisation du système de santé" qu'induirait l'adoption de initiative. Etrange spectre à la fonction de marionnette agitée par des milieux particulièrement bien représentés au parlement fédéral, dans ses couloirs, dans les commissions et lors des processus de consultation sur des sujets qui les concernent, fût-ce de loin. Ces anti-étatistes d'occasion ont fait leur nid dans l'Etat, y pondent leurs oeufs, les y couvent et y font éclore les projets qui leurs conviennent -en étouffant ceux qui ne leurs conviennent pas : des "antiétatistes" de ce calibre, le corporatisme en pondait une portée tous les matins.

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mardi, 09 septembre 2014

« Une certaine idée de l'armée suisse »

 

 

500 ans pour réfléchir, c'est assez ?
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Ueli der Soldat se fait une certaine idée de l'armée suisse. Et il en a présenté au début du mois la facture budget stable :  (19,5 milliards sur quatre ans, le parlement en ayant demandé cinq par année) et volonté de renouveler la flotte d'avions de combat d'ici 2025, malgré le refus populaire de l'achat des « Gripen  » devant remplacer les F/A-18. Après ce refus le Conseil fédéral avait retranché 800 millions des ressources que le plan financier pour 2014 à 2016 affectait à l'armée. Du coup, le PLR, jamais à court d'une réaction intelligente, avait accusé le Conseil fédéral de « jouer le jeu » des antimilitaristes qui cherchent à « affaiblir l'armée », et le président du PDC, Christophe Darbellay, reproché au gouvernement une « concession faite à la gauche ». C'est cela, voui... L'année prochaine, on célébrera le 500ème anniversaire de la glorieuse défaite de Marignan. Qui mit fin aux vélléités, non pas de la Suisse qui n'existait pas encore en tant qu'Etat, mais à celles des Suisses en tant que bandes armées, d'aller envahir, puiller et rançonner les régions et les villes circonvoisines. 500 ans de réflexion, ça devrait suffire à un autre renoncement, non ?

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mardi, 02 septembre 2014

Abolition des forfaits fiscaux : la droite s'inquiète

tortues.jpgEt si la Suisse allemande...

Le 30 novembre, en même temps que les Suisses se prononceront sur une initiative fédérale demandant l'abolition des forfaits fiscaux, les Genevois en feront autant d'une initiative cantonale faisant la même proposition. Heureuse coïncidence (dont il faut remercier le gouvernement genevois, puisque c'est lui qui décide de la date des votations cantonales). Et à droite, on s'inquiète. Pas seulement de cette coïncidence, mais surtout du risque de voir une majorité populaire soutenir l'initiative fédérale, grâce à un vote alémanique de droite s'ajoutant au vote national de gauche. Parce que les forfaits fiscaux sont un peu une spécialité romande, qu'ils sont réservés aux étrangers, et que les spécialités romandes et les étrangers n'ont pas en ce moment une grosse cote d'amour en Alémanie. Une initiative de gauche approuvée grâce aux Suisses-allemands de droite ? En attendant cet heureux événements, il convient de se mobiliser ici aussi pour l'abolition d'un privilège absurde, indéfendable en principe et improductif en réalité...

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14:57 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : forfaits fiscaux | |  Facebook | | | |