Suisse - Page 8

  • Diagnostic préimplantatoire : mettre fin à une hypocrisie

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    DPI.jpgEn 2015, le peuple avait accepté (avec 62 % de "oui") l'inscription dans la constitution du principe de l'accès au diagnostic préimplantatoire (DPI, c'est-à-dire de l'analyse génétique et de la sélection, avant leur implantation dans l'utérus de la mère, des embryons provenant d'une fécondation in vitro). Mais ce principe constitutionnel en restait précisément au stade du principe, sans précision sur qui pouvait y avoir accès, et à quelles conditions. Ce sont ces précisions que la loi soumise au vote le 5 juin propose -le principe, lui, est acquis, quel que soit le résultat du vote populaire. Si ce résultat devait être négatif (les sondages prévoient le contraire), le parlement reprendra la main -et les couples qui souhaitent avoir accès à ces tests devront continuer à se rendre à l'étranger, où ils sont, en Europe, presque partout autorisés. Comme les femmes désireuses de mettre fin à leur grossesse devaient, si elles résidaient dans les Etats qui criminalisaient l'avortement, se rendre à l'étranger pour y recourir. Si elles en avaient les moyens.  C'est à ce genre d'hypocrisie qu'il convient de mettre fin, s'agissant du DPI comme il s'était agi de l'IVG.

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  • Vers un refus du revenu de base inconditionnel ? Rendez-vous en 2045...

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    vignette RBI2.jpgSelon les sondages l'initiative pour un revenu de base inconditionnel serait très nettement rejetée, mais malgré le mot d'ordre du PS suisse, une majorité d'électeurs et d'électrices socialistes la soutiendrait, et les Romands y seraient moins opposés que les Alémaniques. Selon un sondage allemand, 64 % des Européens seraient favorables à un RBI, et seuls 4 % arrêteraient de travailler s'il était instauré à un niveau suffisant pour pouvoir vivre en ne comptant que sur lui. Pour l''ancien Secrétaire (ministre) au Travail américain (sous Clinton), Robert B. Reich, l'instauration d'un revenu de base est "inévitable". Reste à savoir s'il serait inconditionnel, et à quel niveau il se situerait. 2500 francs par mois, comme évoqué par les initiants (mais pas inscrit dans l'initiative) ? Ce serait "trop et trop peu à la fois", estime la socialiste bâloise Suzanne Leutenegger Oberholzer. La question, de toute façon, n'est pas dans le montant du RBI, qui serait fixé par le parlement, mais dans son principe même. Parce que c'est ce principe qui fait débat. Un débat qui continuera après le rejet probable de l'initiative -n'a-t-il pas fallu trente ans pour que l'AVS soit créée ? Rendez vous en 2045, pour toucher votre premier RBI...

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  • Budget, effectifs et investissements militaires : A l'Ost, du nouveau

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    GSsA, armesA la mi-avril, la majorité de droite (UDC, PLR, PDC) de la commission parlementaire (Conseil national) de la Sécurité a fait un joli cadeau à notre glorieux ost fédéral : elle a voté une motion chargeant le Conseil fédéral de présenter un programme d'armement 2017 prévoyant que les fonds qui seront alloués à l'armée puissent être intégralement utilisés. Plus de "non dépensé", de soldes de crédits inutilisés, de munitions achetées et pas tirées : on dépense tout le pognon qu'on reçoit. Et tant mieux si on en reçoit plus, on pourra en claquer plus. Pas de frein aux dépenses, ni de frein à l'endettement, ni de réductions budgétaires, ni de recherche de bonis aux comptes qui tiennent. La fête, quoi. Commentaire du socialiste genevois Carlo Sommaruga : "c'est une attitude irresponsable envers les économies demandées dans les autres départements (...), une logique démentielle d'enfant gâté". Mais une logique tout de même, ajouterons-nous. A rebours de celle que ses partisans préconisent en général pour les dépenses sociales, culturelles, d'aide au développement, mais parfaitement accordée en revanche à une bonne vieille tradition  politique de ce pays. Politique, ou religieuse : celle qui honore une vache sacrée, l'armée.

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  • Financement des partis et des campagnes politiques : Qui paie qui, et pour quoi ?

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    Une coalition de partis de gauche (le PS, les Verts), de quelques petits partis de droite (le PBD, les Evangéliques) ou d'ailleurs (les Pirates) a lancé le 26 avril une initiative populaire fédérale "pour plus de transparence dans le financement de la vie politique". Exiger plus de transparence dans la vie politique suisse n'est pas une revendication maximaliste : encore moins de transparence que ce n'est le cas en Suisse serait difficile pour une démocratie... Et savoir qui paie qui et pour quoi n'est après tout qu'une exigence légitime -que selon un sondage sur internet, trois Suisses-ses sur quatre partageraient. L'initiative ne demande pas la lune -seulement ce qui se pratique déjà à Genève et Neuchâtel, et qui pourrait se pratiquer à Fribourg : la publication, avant une votation ou une élection, de la liste des principaux donateurs aux partis et comités de campagne, et l'interdiction des dons anonymes.

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    Lien permanent Catégories : élections, Politique, Suisse, votations 1 commentaire
  • Vers une acceptation de l’initiative "pour le service public" ?

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    Le piège est ouvert...

    piège à loup.jpgSelon le premier sondage en ligne du groupe Tamedia, l'initiative "pro service public" serait massivement acceptée (58 % des sondés la soutiennent, 27 % s'y opposent), en particulier au sein des électorats de l'UDC, du PS et des Verts. L'électorat de gauche serait donc favorable à une initiative que les partis de gauche appellent à combattre. Pourquoi les défenseurs traditionnels et patentés du service public combattent-ils une initiative qui proclame vouloir précisément défendre le service public ? Et pourquoi la Fédération romande des consommateurs (FRC) ne soutient-elle pas cette initiative, lancée par des journaux de défense des consommateurs ? Parce que l'initiative est mal foutue et dangereuse. "On ne peut pas résoudre les problèmes de trois entreprises totalement différentes -la Poste, les CFF et Swisscom- avec une même solution. Il faut privilégier des approches par secteur (...) (et) définir d'abord c qu'est le service public avant d'en définir les modalités", résume le secrétaire général de la FRC. Reste à en convaincre l'électorat de gauche, plus inquiet des dérives du service public que des menaces que fait peser sur lui une initiative qui porte sa défense en sautoir. Le piège est ouvert, mais il l'a été par par les directions des service publics, et leurs tutelles politiques...

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  • Loi sur l'asile : Non à la loi ou à Non à Simonetta Sommaruga ?

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    A Genève, « Stop Exclusion » a, difficilement, opté pour un appel à voter « non » à la réforme de la loi sur l'asile. Un «  non idéologique », par opposition au « oui stratégique » du PS, des Verts ou d'Amnesty, qui « espèrent obtenir quelques avancées, notamment avec la gratuité des avocats ». Or sur cette «  avancée », «  Stop Exclusion » voit planer trop d'incertitudes pour pouvoir s'en contenter, et craint en outre que l'accélération des procédures se fasse au détriment des droits des requérants. «Stop Exclusion », ralliant le camp du « non de gauche », espère que « ce non de gauche soit crédible et entendu ». «  Crédible » , il l'est, assurément. Mais « Entendu », c'est une autre affaire dans une campagne dominée par l'affrontement de l'UDC et de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, que les blochériens, à l'instar de Roger Köppel et de la Weltwoche, exècrent au point qu'on se convainc que cette exécration est au fond la seule motivation de leur référendum... en même temps qu'en retour, elle est sans doute la principale motivation du soutien du PS suisse à la révision de la loi portée par "sa" Conseillère fédérale.

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  • Revenu de base inconditionnel : Débat nourri à gauche

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    A deux contre un, les socialistes suisses, réunis en Assemblée des délégués, ont décidé d'appeler à voter "non" le 5 juin à l'initiative pour un revenu de base inconditionnel. Ce mot d'ordre (dont on fera ce qu'on veut, d'autant que le PS genevois a, lui, appelé, à la quasi unanimité d'une assemblée générale, à voter "oui" au RBI, et que le Conseil communal de Lausanne a demandé à la Municipalité d'étudier la mise en place d'une "expérience pilote" de RBI) n'est pas franchement une surprise, et on peut même être assez satisfait qu'un tiers des délégués du  PSS soutiennent une initiative qui remet radicalement en cause quelques solides réflexes socialistes (ou du moins sociaux-démocrates) et syndicaux. A gauche, d'ailleurs, le débat est nourri, d'attentes autant que de craintes : ainsi, dans "Gauche Hebdo" du 1er avril, Jean-Marie Meilland reprochait au revenu de base inconditionnel de n'être qu'une forme de "légalisation résignée d'une société à deux vitesses". Comme si on en était encore à une "société à deux vitesses" et qu'elle avait besoin d'être "légalisée"... de "vitesses", la société actuelle en a quatre, et bien lourdement légalisées : la vitesse des maîtres du monde (ceux qui dirigent la société et la conduisent), la vitesse de la classe dominante (celle qui, sans forcément diriger ni conduire la société, arrive aisément à suivre son cours), la vitesse des classes dominées (celles qui rament pour suivre, sans y arriver) et la vitesse, qui n'en est même plus une, des largués, des marginaux, des exclus. Rien que pour ceux-là et celles-là, de plus en plus nombreux, laissés pour compte du travail, du salariat et du filet social, et pour qui, tout de même, la gauche est supposée se battre, un RBI s'imposerait...

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  • Initiative "Vache à lait" : Meuh non !

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    La Vache et le Prisonnier.jpgDans le paquet bourratif de textes soumis le 5 juin prochain à la sagacité proverbiale de nos votes, on en trouve un particulièrement pernicieux : une initiative populaire lancée par le lobby routier. ("Auto Suisse", l'association des importateurs de bagnoles. Le nom officiel de l'initiative est "Pour un financement équitable des transports", plus connue sous son petit nom d'initiative "vache à lait". Qu'est-ce que Marguerite vient faire dans cette proposition ? Elle vient y jouer le rôle de victime : les initiants se plaisent en effet à présenter le transport automobile comme la "vache à lait" de la caisse fédérale. Comparaison injurieuse pour Marguerite. Défendons son honneur : non seulement le transport automobile n'est pas la Marguerite de Maman Helvetia, mais il coûte bien plus cher à la collectivité que ce qu'il lui paie en impôts et taxes, si on tient compte de ses effets directs sur l'environnement (naturel ou bâti), l'aménagement, la santé et on en passe... Financement "équitable des transports", disiez-vous ? 

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  • Loi sur l'asile : Xénophobie petit bras

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    Ce n'est pas parce que l'UDC, encore toute marrie de sa défaite du 28 février (elle avait consacré des moyens considérables pour promouvoir son initiative de "mise en oeuvre", largement refusée par le peuple et tous les cantons...) a décidé de jouer "à l'économie" sa campagne contre la loi sur l'asile (pas d'affiches nationales, pas de journal gratuit "tous ménages" etc...) que son référendum sent moins mauvais. Il semble plutôt qu'instruite par sa défaite de février, elle veuille éviter de susciter contre elle en juin un front aussi combatif que celui qui l'a vaincue en février. Elle compte donc sur ses sections cantonales pour faire passer son message : la loi proposée n'est pas assez dure aux requérants d'asile. "Beaucoup croient qu'on gagne grâce à l'argent mais nous pouvons le faire grâce à nos idées", assure le Conseiller national UDC valaisan Jean-Luc Addor. NOS idéeS, au pluriel ? Plutôt "notre idée", singulière et obsessionnelle : les étrangers, dehors ! Murmurée ou beuglée, l'obsession reste...

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  • "Panama Papers" : Genève, terre de contrastes

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    Panama Papers, offshore leaksLe Parquet genevois a ouvert des enquêtes, confiées à sa "section des affaires complexes", après que la publication des "Panama Papers" ait mis en évidence le rôle de Genève, de ses banques, de ses fiduciaires, de ses intermédiaires financiers, de ses gestionnaires de fortune et de ses avocats d'affaires dans l'industrie de la domiciliation "offshore". Plusieurs avocats mis en cause (comme Marc Bonnant) se sont défaussés en mettant en cause l'"impureté des sources" des media (les auteurs des "fuites" panaméennes). Or pour la justice, les sources ne seront pas les "lanceurs d'alerte" mais précisément les media, qui ont parfaitement joué leur rôle, et le prétexte dilatoire de l'"impureté des sources" ne pourra être invoqué à leur propos. Un Bonnant se défend d'avoir contribué au moindre acte de blanchiment de fonds d'origine criminelle, se revendique sans rire de la pureté fiscale et assure que sa présence dans des conseils d'administration de sociétés Offshore ne se justifie que pour veiller au respect du droit. De quel droit ? Du droit, qu'il proclame par ailleurs, de soustraire des fonds au fisc de son pays. Autant dire que nul, et sans doute pas même lui, n'accorde à ses déclarations la moindre crédibilité. Reste que depuis des lustres, toutes les "affaires" financières internationales d'importance renvoient, peu ou prou, à Genève : les fonds du clan Bhutto comme ceux des amis de Boris Eltsine, des potentats kazakhs ou angolais, de  trafiquants de diamants ou d'armes. Le canal de Panama ? Il part de Genève. Capitale mondiale du monde mondial. Et même du demi-monde : celui des avocats d'affaires pour qui le droit est ce que l'amour est aux péripatéticiennes : tarifé.

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  • Service public : Unanimité de façade contre l'initiative "Pro Services Publics"

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    A entendre la gauche (à nous entendre, donc) et les syndicats, on pourrait croire que les services publics sont menacés, dans ce pays comme un peu partout ailleurs. Que la droite et le patronat ne rêveraient que les mettre en pièces, les privatiser, n'en garder que quelques pans, les moins rentables, les moins porteurs de profits potentiels... Billevesées, paranoïa : les services publics, en Suisse, tout le monde (ou presque) les aime. La gauche et les syndicats, évidemment, mais aussi le Conseil fédéral, le PLR, le PDC, même l'UDC, même EconomieSuisse, même l'USAM. Il n'est, pour se rendre compte de cet amour fou, que de constater la belle unanimité qui s'est faite pour renvoyer aux oubliettes (elle le mérite amplement, soit dit en passant) l'initiative de la presse consumériste "Pro Services Publics", soumise au vote populaire le 5 juin après n'avoir obtenu, performance rare, aucune voix aux Chambres fédérales... Un doute, pourtant, nous tenaille : Lorsque même ceux qui ferment les bureaux de postes et veulent privatiser la SSR proclament leur volonté de défendre le service public, n'y aurait-il pas, quelque raison de soupçonner que l'unanimité pour le "non"ne soit qu'une façade, et que certains "non" à l'initiative ne soient que d'enfumage ?

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  • Initiative "pro service public" : Un piège...

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     Une initiative portant le titre alléchant (surtout pour la gauche) de "Pro service public" est soumise à la légendaire sagacité du peuple suisse (et des cantons) le 5 juin. Lancée par des journaux de consommateurs, elle charge le parlement de distinguer les "prestations de base" soumises à la loi, des autres prestations. La Confédération devrait s'abstenir de "viser de but lucratif" avec ses services publics, et de procéder grâce à eux à des "subventionnement croisés" en faveur d'autres entités publiques ou secteurs de l'administration -ce qui interdirait d'utiliser le produit des secteurs rentables pour compenser les pertes des secteurs non rentables, qui ne relèvent pas moins que les premiers du service public, et lui sont même souvent plus essentiels. Quant à l'interdiction de verser dans la caisse fédérale une part du bénéfice des entreprises publiques, elle aurait, si elle avait été en vigueur, privé celles-ci de près de 800 millions... Cette initiative est un piège coûteux et pervers : n'y tombons pas...

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  • Référendum contre la loi sur l'asile : Ni brun, ni rose : blanc ?

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    Balance-apothicaire-1850-avec-poids_2142.jpgComment dire "oui" à la loi sans dire "oui" à la politique qu'elle contient ? Et comment dire "non" à la loi sans que ce non ne fasse que compléter celui de l'UDC, qui ne refuse la loi que parce qu'elle en voudrait une pire encore : c'était, résumé, le dilemme en lequel mercredi soir les socialistes genevois se débattaient. Personne lors de l'assemblée générale du PS genevois n'a défendu la loi, dans son contenu. Et personne n'a ignoré non plus le risque qu'un "non" de gauche ne soit que l'appendice d'un "non" xénophobe. Ni rose Simonette, ni brun UDC, le PS genevois a décidé de se sortir de ce piège en appelant à voter blanc. Non pas à s'abstenir, mais à voter en ne votant ni pour une loi qui ne le mérite pas, ni pour un référendum qui le mérite encore moins.  Pendant la campagne référendaire, un "non" de gauche, pour les raisons exprimées notamment par Ueli Leuenberger, Nils de Dardel ou, lors de l'assemblée socialiste, Maurice Gardiol, est évidemment possible et légitime. Il ne faut que le rendre audible. Mais dans les urnes, le dimanche 5 juin, il n'y aura plus de "non" de gauche, il n'y aura que des "non " à une loi contre laquelle c'est l'UDC qui a lancé un référendum, pour le pire, pas la gauche, contre le pire. Malgré toutes les raisons que nous avions de le faire. C'est cette faiblesse, ou cette erreur, que nous payons aujourd'hui.

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  • Réforme de l'imposition des entreprise, version III : Référendum il y aura

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    digestion.jpgLe président du Parti socialiste suisse l'a annoncé le 31 mars : "ce n'est plus une menace mais un  fait", il y aura référendum contre la réforme de l'imposition des entreprise, troisième du genre. Pourquoi n'avoir pas attendu la fin des débats aux Chambres fédérales pour l'annoncer ? Parce qu'on sait déjà que la majorité de droite du parlement, en alignant les cadeaux fiscaux comme des noix sur un bâton, va rendre le coût de cette réforme insupportable pour les caisses publiques : fédérales, cantonales, municipales (celles des villes). La réforme est inévitable (c'est l'Union Européenne qui contraint la Suisse à modifier sa législation fiscale pour mettre toutes les entreprises sur pied d'égalité en abolissant les privilèges fiscaux accordés à certaines d'entre elles, étrangères. D'où d'ailleurs un léger ricanement de notre part à voir l'UDC appeler à exécuter un ordre de l'Union Européenne...),mais pas le prix dont la droite entend la faire payer. La "RIE III", c'est tout de même le plus gros cadeau fait au patronat (grand ou petit, mais le cadeau est d'autant plus gros que l'entreprise l'est...) depuis la fin de la Guerre Mondiale. Et on voudrait qu'il soit fait dans l'indifférence, sans résistance, sans débat, dans le "consensus" ? Pour qu'après la RIE III, on nous balance une RIE IV, puis une RIE V, et ainsi de suite romainement chiffrée jusqu'à la chute finale ?

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    Lien permanent Catégories : Economie, Fiscalité, Suisse 0 commentaire
  • Loi sur l'asile : Pas de "front républicain"

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    Pina Bausch.jpgL'espèce de "front républicain", du grand patronat à la gauche révolutionnaire, qui a fait trébucher l'UDC le 28 février, lors de la votation sur son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels étrangers", ne se reformera pas le 5 juin, pour sauver la révision de la loi sur l'asile, attaquée par un référendum de la même UDC. Un comité "unitaire" pour le "oui" a bien été formé, rassemblant tous les partis nationaux sauf l'UDC, et de grandes organisations de défense des droits humains en général et du droit d'asile en particulier (comme Amnesty International ou l'OSAR), mais ce comité aura peu de moyens, et va conduire une campagne fondée sur un appel au "pragmatisme" dont la force mobilisatrice reste à prouver. Enfin, la gauche est divisée : le PS va soutenir la loi proposée par le gouvernement, votée par ses parlementaires et portée par sa conseillère fédérale, les Verts vont en faire autant, mais un "non de gauche" s'exprime déjà, et va s'exprimer pendant toute la campagne.

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  • Révision de la loi sur l'asile : dilemme...

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    asile, droit d'asile, réfugiésQue faire d'une loi qui nous déplaît, combattue par qui nous déplaît plus encore ? C'est le dilemme de la gauche suisse face à la révision de la loi sur l'asile, combattue par l'UDC, mais soutenue par les villes, les cantons, le Conseil fédéral et la majorité du parlement, coalisés pour la promouvoir.  La dernière votation fédérale sur une question liée au droit d'asile date de trois ans et s'était soldée par une lourde défaite de la gauche : en juin 2013, plus des trois quarts des votantes et tants acceptaient des mesures urgentes que nous combattions. Cette année, c'est l'UDC et ses satellites qui combattent la révision proposée. Pour deux raisons principales : l'octroi d'une assistance juridique gratuite aux requérants, et la possibilité d'exproprier des particuliers ou des communes pour créer des centres d'accueil, si la situation l'exige (une possibilité qui cependant existe déjà, et n'a encore jamais été utilisée). Dire "oui" à une loi qu'en d'autres temps nous aurions reprouvée, ou "non" comme le disent des forces qu'en ce temps nous combattons et qui nous combattent ?

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  • Pas d'interdiction de la spéculation sur les denrées alimentaires, mais...

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    nord-sud.jpgDeux Suisses sur cinq...

     L'ultime sondage GFS-SSR accordait à l'initiative socialiste contre la spéculation sur les denrées alimentaires le soutien de 31 % des personnes interrogées (mais avec un quart de l''échantillon qui n'avait pas encore pris position). Au final, l'initiative, qui avait reçu le soutien, outre celui, naturel, de toute la gauche politique, de plusieurs dizaines d'organisations et de mouvements environnementaux, de solidarité internationale, et de syndicats, y compris du syndicat paysan Uniterre, a obtenu plus de 40 % des suffrages, a été acceptée dans deux cantons (Jura et Bâle-Ville), et n'a été repoussée à Genève, capitale mondiale du négoce céréalier, "que" par 54 % des votantes et tants. Ni les initiants (la Jeunesse Socialiste), ni leurs soutiens ne s'attendaient à un tel score : deux suisses sur cinq favorables à leur proposition anticapitaliste et altermondialiste...

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  • Initiative UDC de "mise en oeuvre" de l'initiative UDC (ad libitum) : Un grand coup de latte s'impose (pédagogiquement)

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    Parlons d'un enjeu sérieux du vote de dimanche -et donc d'autre chose que du MAH (dont on parle cependant ailleurs) : parlons de l'initiative de l'UDC pour la mise en œuvre de l'initiative de l'UDC pour l'expulsion automatique des "criminels étrangers". Parlons surtout de la nécessité de convaincre les derniers hésitants et les dernières hésitantes à balancer un grand coup de latte dans le fondement de ce texte. L'UDC a, depuis quelques années, pris l'habitude des succès sur des initiatives qui ne mériteraient que la poubelle. Les défaites en votation, elle a oublié le goût que cela avait -contrairement à nous, qui nous en repaissons avec la constance des héros romantiques. Repousser cette initiative absurde et vindicative aura ainsi une vertu pédagogique : réapprendre à ses auteurs le goût, doux-amer, de la défaite.

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  • Lutter contre la spéculation sur les denrées alimentaires : Première nécessité oblige

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    Dans le menu de goinfres qui nous est proposé pour les votations fédérales, cantonales, municipales du 28 février prochain (14 objets à Genève, par exemple : on vous laisse calculer vous-mêmes le nombre de combinaisons possibles à partir des trois mots d'ordre possible pour chacun d'entre eux -oui, non, blanc...), il y en a un qu'on aurait tort d'oublier : l'initiative socialiste (plus précisément : de la Jeunesse Socialiste) contre la spéculation sur les denrées alimentaires. Elle propose l'interdiction à tout agent financier privé ou public d'investir sur le marché des matières premières et des denrées agricoles et mandate la Confédération pour qu'elle s'engage à lutter contre une spéculation sur des biens qui, plus que tout autres, méritent d'être qualifiés de bien de "première nécessité" (celle de la survie).

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  • "Egalité fiscale" et imposition des couples mariés : Un mois pour un "non"

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    mariage, PDCSelon un sondage effectué il y a dix jours, l'initiative populaire du PDC "Pour le couple et la famille - non à la pénalisation du mariage" aurait recueilli, à la date du sondage, 67 % d'avis favorable (et une majorité dans l'électorat de chaque parti national, avec, évidemment, une majorité plus forte (72 %) chez les électeurs mariés) contre seulement 21 % d'opposition De quoi inquiéter sérieusement les adversaires de l'initiative, qui ne sont pas encore réellement entrés en campagne, et qui vont devoir expliquer que l'adoption du texte PDC coûterait, à l'heure des coupes dans les budgets sociaux, culturels, éducatifs (et autres), entre 1,2 et 2,3 milliards de francs aux caisses publiques, en ne profitant réellement qu'aux plus hauts revenus. Il reste donc un mois à la gauche pour convaincre son propre électorat  de repousser une initiative dont les effets seraient à peu près nuls pour les "couches populaires", mais assez dévastateurs, y compris sur la politique familiale dont les initiants se posent en grands défenseurs.

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    Lien permanent Catégories : Famille, Fiscalité, Suisse 2 commentaires