Suisse - Page 7

  • Initiative sur la sortie programmée du nucléaire : Par ici la sortie

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    Dimanche soir, on saura si la Suisse entend réellement "sortir du nucléaire" ou si, comme le lui recommandent benoîtement les nucléocrates, les exploitants des centrales et les partis de droite (quoique leurs électeurs paraissent divisés sur la question), on attendra encore quelques dizaines d'années pour que se concrétise une "stratégie énergétique 2050" à laquelle ils feignent de s'être ralliés alors même qu'elle propose elle aussi une "sortie du nucléaire", mais bien plus lente -et surtout, plus incertaine, puisque soumise au bon vouloir d'un parlement dont la majorité (UDC, PLR, PDC) ne témoigne pas forcément de convictions environnementales à l'épreuve des critères financiers (et des intérêts privés). L'initiative des Verts a le mérite, essentiel de la clarté  : On dit qu'on veut "sortir du nucléaire" ? Eh bien on en sort, sans barguigner, sans pinailler, sans attendre plus longtemps que nécessaire : on ferme Beznau I (le plus ancien réacteur en fonction au monde) l'année prochaine, Beznau II, Mühleberg (dont l'exploitant a annoncé la fermeture en 2019), Gösgen et Leibstadt 45 ans après leur mise en fonction (la durée moyenne de fonctionnement d'une centrale qui ne vous explose pas à la gueule), à moins que la sécurité de leur fonctionnement ne soit plus garantie, auquel cas on les arrêterait avant. Ce qui se veut vraiment s'énonce clairement : la sortie du nucléaire passe par un "oui" dimanche... Alors si vous n'avez pas encore voté, va falloir vous bouger : vous avez jusqu'à jeudi soir pour voter par correspondance. Sinon, c'est dimanche matin au local de vote...

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  • Réforme de l'imposition des entreprises : L'Etat aux côtés du patronat...

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    RIE III

    On votera en février prochain sur la réforme fédérale de l'imposition des entreprise (RIE III, pour les intimes), fruit d'un coup de force de la droite parlementaire, qui a imposé une réforme sans négociation, sans contreparties sociales et agrémentée de plusieurs mécanismes permettant aux entreprises multinationales qui devraient payer un peu plus d'impôt de compenser ce surcroît de contribution par des déductions nouvelles. Facture pour les caisses publiques : plusieurs milliards de francs. Qu'il faudra compenser par des "économies" sur les budgets sociaux, de formation, de coopération. Autrement dit : par une réduction des prestations publiques. S'adressant à un raout des syndicats patronaux (la "Rentrée des Entreprises"), le Conseiller d'Etat Pierre Maudet leur a assuré (c'est la Feuille d'Avis Officielle qui en rend compte, le 7 octobre, c'est dire si c'est vrai) que "l'Etat est à vos côtés". Mais qui diable pouvait en douter ?

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  • C'est bien écrit "La Poste", là ?

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    la posteEntre 500 et 600 des 1400 offices postaux actuels vont donc disparaître en Suisse dans les quatre ans à venir au profit d'"agences postales" implantées dans des commerces, des EMS ou des hôtels, et d'automates "My Post". Cette "réforme" décidée par La Poste va concerner directement les 1200 collaborateurs de ces offices supprimés : si la Poste assure qu'il n'y aura aucun licenciement et que "comme à l'accoutumée, elle s'engagera activement dans le dialogue avec les partenaires sociaux" (mais après les avoir mis devant le fait accompli : le dialogue, oui, la négociation, non...), Syndicom dénonce le "démantèlement le plus drastique dans l'histoire de la poste", prévoit une "baisse des prestations" et constate le "réduction du service public". Le syndicat autonome des postiers SAP évoque un "sacrifice du personnel sur l'autel du profit". La direction de La Poste, elle, parle d'adaptation à l'évolution du comportement de la clientèle, se justifie par le déficit du réseau postal et la désertion des guichets au profit d'internet. On avoue ne pas avoir constaté une telle désertion au guichet de notre poste de quartier. On habite sûrement dans un coin reculé peuplé de rescapés cacochymes du paléolithique. Le genre qui va faire ses paiements avec son carnet jaune et qui envoie des lettres écrites à la main et pliées dans des enveloppes en papier avec une adresse écrite à la main et un timbre-poste collé au dessus. Des survivants, quoi. Des vieux. Des pauvres. Des pas intéressants.

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  • Production nucléaire d'électricité : C'est quand qu'on sort ?

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    Goesgen.JPGSelon deux sondages, l'un effectué par l'institut Gfs l'autre par Tamedia, l'initiative des Verts "pour la sortie programmée de l'énergie nucléaire" s'attire actuellement la sympathie d'une majorité d'électrices et d'électeurs (respectivement 57 et 55 % de "oui"), surtout en Romandie et à gauche (mais également chez les Verts libéraux, au PBD et au PDC, dont le groupe parlementaire l'avait pourtant rejetée à l'unanimité, et dont la Conseillère fédérale Doris Leuthard fait campagne pour le "non". Rien toutefois n'est acquis un mois avant le vote : en septembre, une initiative pour une "économie verte", qui avait recueilli jusqu'à 61 % d'avis favorable dans les premiers sondages, était écrasée par 63,6 % des suffrages, et Genève était le seul canton à l'accepter. Sans surprise, c'est l'électorat du PLR et de l'UDC qui est le plus opposé à l'initiative antinucléaire -et ce sont d'ailleurs le PLR et l'UDC, avec les milieux patronaux et, évidemment, les exploitants des centrales existantes et le lobby nucléaire, qui mènent la campagne la plus ardente contre la fermeture programmée des centrales nucléaires suisses. Dont la plus vieille encore en service dans le monde : le réacteur 1 de la centrale nucléaire argovienne de Beznau a été raccordé au réseau il y a plus de 46 ans, et la Suisse est le seul pays où une centrale en activité ait atteint un âge aussi avancé.... Dis Tonton, c'est quand qu'on en sort, de la production nucléaire d'électricité... ben, le plus vite sera le mieux...

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  • Naturalisations : les choses bougent... à petits pas...

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    Faiseurs de Suisse.jpgPendant qu'en Ville de Genève rechigne toujours à supprimer un appendice parasitaire (la commission municipale des naturalisations) qui allonge le délai et renchérit le traitement des demandes de naturalisation (et fonctionne même dans l'illégalité en transmettant directement ses rapports au Conseil administratifs), les choses bougent, à Berne et à Genève, s'agissant de l'acquisition de la nationalité suisse par des étrangers. Le 1er janvier prochain, la loi fédérale change, et les conditions d'accès à la nationalité suisse se durciront, notamment en rendant impossible (sauf exceptions dûment validées) de se faire naturaliser suisse si on ne dispose que d'un  permis de séjour B : 650'000 personnes sont concernées. Genève et Vaud encouragent donc ceux de leurs résidents étrangers qui remplissent les conditions actuelles d'une naturalisation, mais ne rempliront plus les conditions exigées dans deux mois, à déposer leur demande avant la fin de l'année. Et puis, à Berne, les deux chambres du parlement ont (prudemment) entrouvert la porte à une naturalisation (un peu) facilitée des étrangers de la "troisième génération" : les fils et filles né-e-s en Suisse de parent nés en Suisse de parents immigrants. C'est ce qu'on appelle la "politique des petits pas". Des tout petits pas même -mais dans le bon sens, pour une fois dans ce domaine...

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  • Héberger des réfugiés menacés d'expulsion : La fronde de David et la loi de Goliath

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    david-and-goliath-shane-robinson.jpgLe Municipal (membre de l'exécutif communal) POP (Parti du Travail) de Lausanne, David Payot, ayant déclaré. qu'il était prêt à héberger chez lui un réfugié menacé d'expulsion, le PLR local (suivi par l'UDC) est monté sur ses grands hongres en déposant au Conseil communal une résolution demandant "La Municipalité parraine-t-elle un hors-la-loi ?", doublée d'une demande de révocation de l'élu popiste, coupable de faire passer la légitimité avant la légalité. Comme naguère le Conseiller d'Etat PDC genevois Dominique Föllmi, accompagnant à l'école une petite turque en situation irrégulière. Comme il y a quelques jours la députée socialiste tessinoise Lise Bosia Mirra, arrêtée pour avoir fait passer la frontière à quatre mineurs africains. On rappellera au passage au PLR lausannois, que David Payot n'est pas "parrainé" par la Municipalité, mais qu'il y a été élu par le peuple, comme le candidat du POP et non de l'UDC, sans jamais avoir caché ses engagements ni ses convictions solidaires. De ceux qui "obéissent à la loi" quelle qu'elle soit et de ceux qui y désobéissent quand elle est injuste, on honore d'ailleurs désormais les désobéissants plutôt que les obéissants.  Les Justes plutôt que les carpettes. La fronde de David plutôt que la loi de Goliath.


     
     

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  • Nouvelle loi sur le renseignement : L'ombre du djihadiste

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    L'ombre du djihadiste planait sur les urnes du scrutin de dimanche dernier, concernant la nouvelle loi sur le renseignement, attaquée par un référendum lancé par une coalition allant de la Jeunesse socialiste aux Jeunes PLR... Le Conseiller fédéral Parmelin, plaidant pour la loi que lui avait laissée en héritage son prédécesseur Ueli Maurer, n'y était d'ailleurs pas allé par quatre chemins en déclarant que voter "non", c'était se rendre par avance "complice d'un futur attentat". 34,5 % des participants au scrutin ayant voté "non", un tiers des Suissesses et des Suisses sont donc des complices des djihadistes. La loi, approuvés par 65,5 % des votes et par tous les cantons, est tout de même porteuse de menaces, moins pour la liberté que pour l'intimité, menaces que les référendaires ont prié le gouvernement de conjurer en garantissant réellement qu'il n'y aura pas de "nouvelle affaires des fiches", pas de surveillance généralisée, et un risque très réduit de dérapages. Et Amnesty International a appelé le Conseil fédéral à appliquer la loi de "façon mesurée". Mesurée à quoi ? à la peur ambiante ? ça promet...

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  • Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

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     En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

    obeses.jpg

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  • Echec de l'initiative "AVS+" : L'assurance avant les assurés ?

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    AVS, 2e PilierOn attendait mieux qu'une défaite honorable, mais on s'en contentera -pour l'instant. L'initiative syndicale "AVS+", pour une augmentation des rentes de l'AVS, a été rejetée à 59,4 %. Et donc acceptée par un peu plus de 40 % des votantes et tants. 40 %, c'est plus que ce que la gauche pèse dans ce pays -et l'initiative a tout de même été acceptée à Genève, Neuchâtel, dans le Jura, le canton de Vaud et au Tessin. Et presque acceptée à Bâle. Mais si on votait sur l'initiative syndicale, on exprimait ce vote en pensant non seulement au contenu de l'initiative, mais aussi à tout ce que trimballent les débats en cours sur le système de retraite. On votait sur une hausse de 10 % des rentes AVS en pensant à la réforme "Prévoyance Vieillesse 2020" proposée par Alain Berset, et aux diverses offensives de la droite parlementaire pour réduire l'importance de l'assurance-vieillesse par rapport à la prévoyance professionnelle -autrement dit : réduire l'importance de la solidarité par rapport à la capitalisation individuelle.
    Bref : on a voté en se préoccupant plus de la situation de l'assurance que de celle des assurés.

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  • Aux urnes pour "AVS +"

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    Vous n'avez pas encore voté ?

    Pour voter par correspondance en faveur de l'initiative "AVS+", c'est trop tard. Il va falloir vous rendre au local de vote dimanche avant midi pour déposer, à l'ancienne, comme nos parents et nos grande-parents, votre bulletin dans l'urne. Un exercice qui en vaut la peine : pour éviter ce que les défenseurs de l'AVS dénoncent comme son "saccage", il faut que l'initiative qui améliore les rentes de ce premier pilier de la retraite, fasse le meilleur résultat possible -le meilleur résultat étant évidemment son acceptation. Car ce n'est pas seulement l'initiative elle-même qui est l'enjeu du vote de dimanche : c'est le niveau des retraites dans ce pays, et la capacité du système des "trois "piliers" de la maintenir, quand seul le premier -l'AVS, précisément- est assez solide, assez durable et assez équitable pour remplir le mandat constitutionnel de rentes assurant, à la retraite, une vie digne. Vous avez oublié de voter par correspondance ? Aux urnes de votre local, citoyennes et citoyens !

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  • Après nous, le déluge ?

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    nord-sud2.jpgMon confort, ma planète

    De tous les textes soumis au vote populaire dimanche prochain, l'initiative des Verts pour une "économie verte" est sans conteste le plus ambitieux. Mais ce n'est pourtant pas lui qui fait le plus débat : l'initiative syndicale "AVS+", sa défense, sa contestation, prend plus de place dans les media, suscite une controverse plus mobilisatrice. Il est vrai qu'elle repose sur une perception plus aigüe de l'urgence sociale -mais un débat largement relayé n'est pas forcément voué à en éclipser un autre, ni une urgence sociale à reléguer une urgence environnementale. Comme toute la gauche, nous soutenons les deux initiatives en lice : celle pour une assurance vieillesse qui respecte le mandat constitutionnel d'assurer un revenu suffisant pour vivre dignement sans aide sociale, et celle pour une économie qui ne salope et ne bousille pas l'environnement planétaire sur lequel, forcément, elle repose puisqu il n'y a pas d'autre à sa disposition -et à la nôtre. Face à cette initiative-là, celle des Verts, le discours des tenants du statu quo (plus ou moins fardé de bonnes intentions) est simple : on fait déjà tout ce qu'on peut, l'initiative menace notre confort, elle est donc à refuser. Parce que notre confort passe avant notre planète. Après nous (nos consommations, nos modes de vie, nos privilèges), le déluge. Pour les autres. Les pauvres, et les générations futures.

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  • Nouvelle loi sur le renseignement : Les illusions dangereuses

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    Dimanche soir, selon toute vraisemblance (et selon tous les sondages), la nouvelle loi sur le renseignement, qui renforce les pouvoirs et les moyens du service de renseignement de la Confédération, sera adoubée (et peut-être même plébiscitée) par le peuple. Ses partisans, tel Pierre Maudet dans la "Tribune de Genève" du 15 septembre, voient dans cette loi une simple adaptation aux menaces nouvelles (qui ne sont d'ailleurs pas si nouvelles que cela, si les moyens sur quoi elles reposent sont aussi nouveaux que les technologies qu'ils emploient), et une dotation à la Suisse d'un " Service de Renseignement digne de ce nom". Les adversaires de la loi, dont nous sommes, y voient à la fois une menace et une illusion dangereuse : une menace sur la liberté individuelle, une illusion de sécurité, fauteuse d'insécurité réelle. La peur étant mauvaise conseillère, l'illusion fera certainement accepter largement la menace. Sans plus de sécurité, avec seulement plus de surveillance.

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  • Initiative pour une "économie verte" : Mettre la "COP 21" en oeuvre...

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    stationservice.jpgLancée par les Verts et déposée en 2012, soumise au vote dans dix jours, l'initiative pour une "économie verte" (de son vrai titre : "pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources") propose de réduire l'impact écologique de l'économie à un niveau supportable pour la nature, en inscrivant dans la constitution fédérale l'objectif d'une économie "durable" d'ici 2050, par une production écologique, la réutilisation, la réparation, le recyclage et l'élimination sans dommage environnemental des biens produits. Par économie "durable", on entend une économie et des modes de vie ne laissant pas une empreinte écologique supérieure, en un an, à celle que l'écosystème planétaire est capable d'absorber. Or il faudrait trois planètes Terre pour absorber l'activité humaine si tous les habitants du globe utilisaient (et gaspillaient) autant de ressources naturelles que les Suisses. L'initiative demande donc que d'ici 2050, l'empreinte écologique de la Suisse soit réduite des deux tiers. Et c'est possible, en conjuguant protection climatique, utilisation efficace des ressources (lutte contre le gaspillage), production et importations "propres". Tous engagements qui permettraient d'atteindre celui pris à la COP 21, en novembre 2015, pour réduire le réchauffement climatique. En somme, l'initiative des Verts est une sorte d'initiative de "mise en oeuvre" des engagements pris alors par la Suisse.

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  • Système de retraites : le premier pilier doit rester le premier

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    La solidarité ou la thésaurisation

    AVS. Retraites


    Dimanche 25 septembre, dans le menu des votations fédérales, on a l'initiative syndicale "AVSplus", soutenue par toute la gauche, combattue par toute la droite (et le Conseil fédéral) et par le patronat. Un bon gros clivage politique basique. L'initiative propose une hausse de 10 % des rentes AVS. L'enjeu, c'est le choix du pilier du système de retraite à privilégier, et à soutenir, d'entre les trois qui constituent aujourd'hui ce système,  l'AVS, assurance sociale fondée sur la solidarité, plutôt que la prévoyance professionnelle (le "2ème pilier"), épargne forcée fondée sur la capitalisation individuelle, ou le "troisième pilier", c'est-à-dire l'épargne volontaire. Les syndicats et la gauche privilégient l'AVS, le patronat, la droite et le gouvernement privilégient le "deuxième pilier, et font tout ce qu'ils peuvent pour le renflouer. Un combat de principe autant qu'un combat de classe : la solidarité sociale contre la thésaurisation individuelle. Le premier pilier doit le rester : premier, et pilier. AVS+ y concourrait efficacement, à un coût tout à fait supportable pour les conributeurs (les salariés et les entreprises).

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  • RIE III : On passe aux choses sérieuses

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    danger de tomber de haut.jpgRéformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises :
    On passe aux choses sérieuses...

    "La mère de toutes les batailles" : reprenant l'expression utilisée par Saddam Hussein pour qualifier sa guerre (perdue) contre les Etats-Unis et leurs alliés, le président du Conseil d'Etat genevois l'a utilisée pour qualifier l'enjeu du projet gouvernemental de réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), c'est-à-dire du volet genevois de la réforme fédérale. Un projet gouvernemental qui sera d'abord soumis au Grand Conseil, puis au peuple, référendum oblige (et s'agissant essentiellement de lois fiscales, il suffit de 500 signatures pour ce référendum). Le projet genevois est d'imposer toutes les entreprises au taux unique de 13,49 %, soit 0,3 % de moins que le taux adopté par les Vaudois -quoi que s'en récrie le Conseil d'Etat, on est bien dans la concurrence fiscale entre cantons. Pur les caisses publiques cantonale et municipales genevoises, ce taux correspond à une perte brute de ressources de 570 millions de francs (dont 111 millions pour les communes), ramenée à une perte nette de 440 millions grâce à une compensation fédérale et à diverses mesures cantonales. Genève a-t-elle les moyens de se priver de 440 millions de recettes fiscales ? Son gouvernement, incapable de maintenir le financement nécessaires aux services publics, s'en dit persuadé. La "mère de toutes les batailles" commence comme toutes les batailles, par faire une première victime : la vérité...

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  • Police fouineuse, le retour ?

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    Un "non" de témoignage et de prudence

    Le 25 septembre, on se prononcera sur la nouvelle loi fédérale sur le renseignement, attaquée en référendum par une coalition dont font partie le PS, les Verts, la "gauche de la gauche" et le Parti pirate, mais également Amnesty International. En revanche, on ne votera pas sur la loi renforçant les moyens de surveillance des communications : le référendum lancé par un comité assez hétéroclite (les Jeunes PLR, UDC et Verts libéraux, le Parti Pirate, Operation Libero et, initialement, la Jeunesse Socialiste -qui a finalement abandonné ce combat) a échoué au stade de la récolte de signatures, mais de peu. Le 25 septembre on dira "non" à la loi sur le renseignement. Par réflexe, avouons-le, mais aussi par raison : parce que cette nouvelle loi est inutile, et dangereuse. Portée par l'ambiance générale, après les attentats djhadistes de ces deux dernières années, elle ne risque guère d'être refusée : selon un premier sondage Tamedia, elle recueille 55 % d'avis favorables en moyenne suisse, grâce à son succès massif auprès de l'électorat de droite. Notre opposition tient donc du témoignage, et du principe de précaution.

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  • Koikonchante, keskonfête aujourd'hui ?

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    drapeau-suisse rupestre.jpgSur nos monts quand le soleil...

    La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, et le vice-président du PDC, Yannick Buttet, ont sonné la charge contre les paroles, pourtant assez insignifiantes, proposée par la société suisse d'utilité publique (la SSUP) pour être celles, nouvelles, de l'hymne national suisse. Qu'est-ce qu'elle disent, ces paroles pleines de bons sentiments (à chanter sur la musique de l'hymne actuel) : "Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance, signe de paix et d'indépendance, ouvrons notre coeur à l'équité et respectons nos diversités, à chacun la liberté, dans la solidarité, chantons d'une même voix sur fond rouge la blanche croix". Ouala. Et qu'est-ce qu'elle a entendu, Amaudruz ? "une nouvelle attaque contre notre passé, contre ce que nous sommes, menée une fois de plus par les tenants du cosmopolitisme triomphant". Et "le programme politique de la gauche". Un hymne socialiste, rien que ça. Et Buttet, alors, il a entendu quoi, lui ? Une volonté d'extirper Dieu de l'hymne national. Et d'accuser la Société suisse d'utilité publique de "nuire à la Suisse" et de "nier l'existence de la patrie". Des traîtres gauchistes, quoi. Et déicides. Bref, la SSUP est pleine, y'a un complot  et on va faire chanter aujourd'hui cette chose antipatriotique à Meinier (du coup le MCG a appelé à boycotter la fête) et même sur le Grütli (par le "choeur suisse des jeunes chanteurs", en quatre langues). Le PDC Butter et l'UDC Keller ont donc appelé en rétorsion à ce que la gestion du Grütli soit retiré à la SSUP.  Pour la confier en partenariat à l'ASIN et au Séminaire d'Ecône ?)...

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  • Services publics : l'initiative balayée, les vrais enjeux restent

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    Service_Public.jpgOn a voté, reste à clarifier

    Mal foutue, ambiguë sur certains de ses aspects, dangereuse sur d'autres, et d'origine douteuse (les magazines consuméristes), l'initiative "Pro Services Publics" a été très nettement refusée par le peuple des consommateurs, des usagers et des citoyens. Une bonne chose de faite : ce texte, même soutenu par quelques militants de gauche (comme Olivier Cottagnoud, Denis de la Reussille ou Michel Zimmermann) plombait le débat sur le service public. Il eut pourtant le mérite de le relancer, même de manière contestable, et de porter dans un débat politique national le constat des insuffisances du service public, et les contradictions de sa gestion : comment, en effet, admettre (sauf à se résigner à ce que les critères des entreprises privées s'appliquent aux entreprises publiques)  que la directrice de la poste puisse toucher 300'000 francs de bonus en 2015 alors que des centaines d'offices postaux ont été purement et simplement fermés ?  Pour l'en féliciter ? Le vote du 5 juin n'a rien clos, il a seulement déblayé le terrain du débat. Et révélé l'urgence d'en clarifier les enjeux.

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  • La loi, et après ?

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    Bandeau asile.jpg

    ça n'a pas traîné : le lendemain du vote largement favorable à la nouvelle loi sur l'asile (à plus de deux contre un, aucun canton ne manquant à l'appel du "oui"), la droite démocratique se vautrait sur les plate-bandes de l'UDC pour exiger une application la plus stricte (pour ne pas écrire : la plus aveugle) possible des dispositions les plus restrictives de la loi, la mise en oeuvre la plus rapide et la plus effective possible des renvois, et l'application la plus prudente (pour ne pas écrire : la plus insignifiante) possible des avancées contenues dans la loi. Sur quoi, le jour suivant, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelait à l'ordre le canton de Vaud, coupable de ne pas exécuter assez promptement les décisions fédérales de renvoi... Alors bien sûr que la situation serait pire encore (pas pour nous : pour les réfugiés) si la loi avait été refusée, puisque même en ne menant pas vraiment campagne, c'était le parti xénophobe et tribal qui constituait le coeur de l'opposition à la loi soumise au peuple... et qui geint en attribuant sa défaite à la "machine de propagande" créée par le Conseil fédéral pour "duper le peuple"...  A l'inverse, la socialiste Cesla Amarelle se félicite que le peuple ait "saisi les réels enjeux  cette votation" et de ce que l'on puisse désormais aborder la question de l'asile "plus sereinement". Bel optimisme. Démenti toutefois par l'offensive de la droite sitôt le vote acquis. Le "front commun" des partis gouvernementaux en faveur de la loi n'était pas un "front républicain" contre la xénophobie -seulement une alliance contre l'UDC. Une alliance de circonstance, ne présageant rien dont on puisse se réjouir. Et ne répondant pas à la question : la loi a été approuvée, qu'en faire ?

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  • Diagnostic préimplantatoire : mettre fin à une hypocrisie

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    DPI.jpgEn 2015, le peuple avait accepté (avec 62 % de "oui") l'inscription dans la constitution du principe de l'accès au diagnostic préimplantatoire (DPI, c'est-à-dire de l'analyse génétique et de la sélection, avant leur implantation dans l'utérus de la mère, des embryons provenant d'une fécondation in vitro). Mais ce principe constitutionnel en restait précisément au stade du principe, sans précision sur qui pouvait y avoir accès, et à quelles conditions. Ce sont ces précisions que la loi soumise au vote le 5 juin propose -le principe, lui, est acquis, quel que soit le résultat du vote populaire. Si ce résultat devait être négatif (les sondages prévoient le contraire), le parlement reprendra la main -et les couples qui souhaitent avoir accès à ces tests devront continuer à se rendre à l'étranger, où ils sont, en Europe, presque partout autorisés. Comme les femmes désireuses de mettre fin à leur grossesse devaient, si elles résidaient dans les Etats qui criminalisaient l'avortement, se rendre à l'étranger pour y recourir. Si elles en avaient les moyens.  C'est à ce genre d'hypocrisie qu'il convient de mettre fin, s'agissant du DPI comme il s'était agi de l'IVG.

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