Suisse - Page 6

  • Les jours d'après le vote du 12 février : Règlements de comptes à RIE III Corral

    Imprimer

    OK Corral.jpgOn a des plaisirs coupables, mais d'autant plus jouissifs qu'ils sont rares : par exemple lire et entendre les déclarations des porte-paroles de la droite (toute la droite, du PDC à l'UDC en passant par le PLR) après une défaite électorale. Comme celle d'il y a dix jours, sur la réforme de l'imposition des entreprises, dans la version des Chambres fédérales (qui en avaient fait un arbre de noël en accrochant à la proposition initiale du Conseil fédéral toute une série de boules et de guirlandes clignotantes pour faire joli aux yeux des "sociétés à statut" (et en particulier des multinationales). On a donc savouré le "nous avons perdu car le projet était mauvais" du président de l'USAM, l'udéciste Jean-François Rime, qui avait défendu mordicus ce "mauvais" projet pendant des mois, et dégusté le report de la faute sur Eveline Widmer-Schlumpf qui, en attaquant le projet aurait "fait la différence" en venant "polluer le débat", comme l'en accuse le président de la Chambre vaudoise de commerce et d'industrie. Qui en revanche ne se demande pas comment il se fait que les déclarations de l'ancienne Conseillère fédérale pèsent plus que celles de son successeur, Ueli Maurer, et de tous les ténors de la droite... Jouissifs lendemains de votation, on vous dit

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Politique, Suisse, votations 2 commentaires
  • Forta : la Vachette à lait a eu son fourrage

    Imprimer

     

    La route sur son rail

    La route à donc son fonds à elle, comme le rail : un fonds pérenne de plus de 3 milliards dès 2018, inscrit dans la Constitution fédérale. Et elle est bien contente, la route (même si "Les 38,1% de NON au FORTA sont un "succès d'estime" pour l'ATE) de s'être fait un rail à trois milliards. Le fonds FORTA a été accepté par le bon peuple des automobilistes, des cyclistes, des piétons et des usagers des transports publics, le même bon peuple qui avait refusé l'initiative dite "Vache à lait" du lobby routier, et qui a accepté le fonds "Vachette à lait" et son mode de financement. La gauche appelait à voter "non" au FORTA (soutenu par toute la droite) -mais sans faire réellement campagne, et en comptant dans ses rangs des partisans du projet : un comité romand de gauche appelait ouvertement à voter "oui", en expliquant privilégier le pragmatisme à des "postures militantes" : pour eux (Manuel Tornare, Daniuel Brélaz, Nuria Gorerite, entre autres), le retard des investissements routiers en Suisse romande n'autorisait pas à refuser purement et simplement le FORTA, même si son financement est critiquable : 650 millions puisés dans la caisse fédérale, en effet, c'est beaucoup, même si un dixième du fonds pourra être affecté à des projets d'agglomération, et même si la taxe sur les huiles minérales a été augmentée -mais elle pouvait l'être sans douleur, puisqu'elle n'avait pas été adaptée au renchérissement. Augmenter de 4 centimes la taxe sur le litre d'essence est une mesure totalement indolore, là où s'imposerait une augmentation bien plus importante, et dont le produit serait affecté en bien plus grande part que le FORTA le prévoit à la "mobilité douce".

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Suisse, Transports, votations 0 commentaire
  • Naturalisation facilitée des petits-enfants d'immigrés : Un peu d'air frais

    Imprimer

    Capture.JPGPar plus de 60 % des suffrages, et par 19 cantons contre cinq (et deux demi-cantons), les Suissesses et les Suisses ont accepté la proposition de faciliter un peu la naturalisation des petits-enfants d'immigrés. Une proposition prudente, pour un vote net. Le premier vote d'"ouverture" depuis des décennies -même si l'ouverture en question ne l'a été à des gens déjà entrés nés dans un "chez nous" qui est aussi chez eux. Ce vote ne renverse pas le droit de la nationalité, il l'aménage -et dans l'ambiance actuelle, c'est déjà beaucoup.  "Bien sûr que nous aurions aimé plus" que ce qui a été finalement proposé, reconnaît Ada Marra, mais l'aurions-nous obtenu, quand on mesure la difficulté qu'il y eut déjà à faire admettre ce qui était déjà beaucoup trop pour les chamanes de la tribu. Il était temps que la Suisse cesse de fabriquer ses propres étrangers ? Pour eux, il sera toujours temps de croire que la Suissitude se transmet par le sperme, que seuls ceux qui veulent être suisses ont à prouver leur intégration à la Suisse, même quand ils sont nés, qu'ils y ont toujours vécu, que leurs parents aussi y sont nés et y ont toujours vécu. Et que la seule question qui se pose, puisqu'ils ne partiront pas, est de savoir s'ils y resteront comme les Suisses qu'ils sont, ou comme les étrangers en quoi la tribu persiste à les voir. N'empêche : dimanche, même si le vote ne portait que sur un principe constitutionnel qui implique une loi d'application (déjà prête, mais pas encore adoptée, et qui sera soumise à référendum)on a ouvert un peu la fenêtre, et un peu d'air frais est entré. On respire un peu mieux. Merci, Ada...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Immigration, Suisse 1 commentaire
  • RIE III : Retour à l'envoyeur

    Imprimer

    rie iiiDa capo

    Vendredi, "Le Temps" tirait sa dernière cartouche en proclamait en édito que la réforme de l'imposition des entreprises, version 3.0 (RIE III) "est un très bon projet qui permet l'équité fiscale entre entreprises, la fin des statuts spéciaux et une amélioration de la compétitivité du pays. Il se suffit à lui-même". A lui-même, sans doute. Et suffisant au "Temps", aussi. Mais pas aux Suisses et aux Suisses. Et même pas aux Genevois, dont on aurait pourtant pu attendre qu'ils votassent massivement en faveur d'une proposition dont les partisans clamaient que le refus allait provoquer l'exode massif des multinationales et autres sociétés à statut, grosses employeuses de contribuables locaux (et d'expatriés et de frontaliers, ce qui ne peut que rendre assez égayant le soutien que le MCG et l'UDC apportaient au projet finalement refusé). Le refus clair et net (à près de 60 % des suffrages) de la RIE III éclaircit le paysage politique, national et local. National, puisqu'en renvoyant le paquet à son expéditeur, le peuple le charge de lui en présenter un plus... présentable. Local, puisqu'on en finit avec la bouffonne "convention" que les partisans de la réforme fédérale voulaient faire signer aux "partis gouvernementaux", à commencer (parce que c'est eux qu'il fallait ligoter pour leur faire avaler la réforme cantonale) par les partis de gauche. Da Capo, on vous dit !

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Politique, Suisse, votations 1 commentaire
  • Naturalisation un peu facilitée des petits-enfants d'immigrés : Et nous, on est intégrés, vous êtes sûrs ?

    Imprimer

    naturalisation, intégration, droit du sol, droit du sang"On prend le risque d'attribuer un droit de cité à la légère, à des personnes qui ne sont pas intégrées", fulmine l'udéciste vaudois Michaël Buffat lorsqu'on lui demande ce qu'il pense de la naturalisation un tout petit peu facilitée pour les "étrangers de la troisième génération" (c'est-à-dire à 25'000 personnes nées en Suisse, dans leur très grande majorité italiennes, espagnoles ou portugaises de passeport, et dans leur très grande majorité nées de parents eux-mêmes nés en Suisse de parents immigrants en Suisse pour y travailler). Mais que fait-on d'autre qu'"attribuer le droit de cité à la légère" quand on pratique, comme en Suisse, le "droit du sang" ? Ne nous l'a-t-on pas attribué à nous, Suisses "de souche", "à la légère", à la naissance, avant même qu'on soit capable de dire un mot et de pouvoir nous intégrer à quoi que ce soit ? Et en quoi diable l'auteur de ces lignes se trouverait-il par miracle plus "intégré" qu'un employé de banque qui a voté PLR (ou UDC, ou MCG) aux dernières Municipales, qui est né en Suisse de parents nés en Suisse, qui a fait toutes ses écoles en Suisse, qui parle mieux français que la plupart des membres du Conseil Municipal ou du Grand Conseil -mais qui est encore de nationalité française (ou italienne, ou portugaise) ?

    Lire la suite

  • FORTA : Le piège

    Imprimer

    cul-de-sac2.jpgRépondre à la "pendularité" ou l'encourager ?

    A quelques jours du verdict des urnes sur le projet de fonds routier FORTA (un vote dont on n'attend d'ailleurs pas qu'il complaise à nos attentes), il n'est peut-être pas inutile (et quand bien même ce serait...) de dire la raison fondamentale qui nous fera voter "non". Certes, son financement est déséquilibré (il pompe 650 millions de francs dans les caisses fédérales et ne demande qu'un effort insignifiant aux automobiles) et ce qu'il promet d'allouer à la mobilité douce est dérisoire comparé à ce qu'il allouera effectivement aux autoroutes. Mais surtout, il est la traduction concrète d'un choix politique qui porte non seulement sur la politique des transports mais aussi sur l'aménagement du territoire, la politique du logement et la politique économique, celui d'encourager à la "pendularité" entre des lieux d'habitation et des lieux de travail de plus en plus éloignés les uns des autres. On dira que la politique des transports dont témoigne FORTA répond à l'accroissement de cette "pendularité" ? En fait, elle n'y répond pas : elle la crée, l'encourage, l'étend et en allonge les temps et les distances. Elle rend possible un éloignement des lieux de travail et des lieux d'habitat, avec les coûts que cela implique, et avec la double désocialisation que cela provoque, sur chacun de ces lieux : celles et ceux qui désormais travaillent loin de là où ils habitent ne sont plus complètement socialisés dans aucun de ces lieux, et ne les connaissent plus en profondeur : "on devient mobile géographiquement, mais pas mentalement", résume le sociologue Vincent Kaufmann. Déplacé, pas inséré.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Suisse, Transports, votations 0 commentaire
  • RIE III : désolés, "la gauche bouge encore"

    Imprimer

    RIE III

    Etre majoritaires, absolument

    Titre de l'édito du "Temps"de jeudi dernier, à propos de la montée du "non" à la RIE III dans les sondages : "RIE III : la gauche bouge encore". On est désolés de faire de la peine au "Temps" (mais on le remercie quand même : l'édito n'était pas signé "éditorialiste masqué"), mais oui, "la gauche bouge encore" : elle (le PS en tête) a lancé le référendum contre la version de droite de la réforme de l'imposition des entreprise, l'a fait aboutir, a mené campagne (avec des moyens financiers ridicules si on les compare à ceux des partisans de la réforme), et elle peut gagner dimanche. Pas toute seule, évidemment (Ia gauche dans ce pays ne pèse qu'un petit tiers des suffrages, et il lui faut donc pour gagner une majorité détourner une partie de l'électorat de droite de son sillon), mais en ayant convaincu une partie importante de cette fameuse "classe moyenne", dont nul à vrai dire ne sait ce qu'elle est, que le projet qui lui est soumis est inacceptable. Un référendum, en effet, n'est pas une élection : on ne choisit pas un parti, on se prononce sur un texte. Et si on veut le renvoyer à son expéditeur, il ne suffit pas d'être relativement  majoritaire, il faut l'être absolument.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Politique, Suisse, votations 1 commentaire
  • Offensive générale contre l'aide sociale : Naissance du Quart Etat

    Imprimer

    pauvreté,aide sociale

    Si méprisante qu'elle soit à l'égard de celles et ceux qu'elle vise et contraint, et si absurde qu'elle soit du trivial point de vue de l'efficacité, la volonté de la droite municipale genevoise de transformer une allocation sociale (celle de rentrée scolaire) en aumône accordée en bons a quelque chose d'exemplaire de la dégradation continue des politiques et des pratiques d'aide sociale, à Genève et en Suisse, depuis plus de dix ans. 13 % de la population genevoise reçoit une aide sociale,mais un tiers de celles et ceux qui pourraient en bénéficier ne la sollicitent pas. Ce taux de 13 % est stable, alors que la population augmente, ce qui signifie que le nombre de personnes vivant dans la précarité augmente et que, comme le Conseil d'Etat lui-même le reconnaît, une part de plus en plus importante de la population genevoise est menacée de pauvreté : le nombre de chômeurs en fin de droit s'accroît, celui des emplois mal rémunérés aussi (5,5 % des travailleuses et des travailleurs sont des "travailleurs pauvres" dont le salaire ne suffit pas à couvrir les besoins). L'Hospice traitait 13'000 dossiers d'aide sociale en 2015, et en 2016, ce record a été battu, le nombre de personnes bénéficiant du Vestiaire Social a doublé entre 2014 et 2015, le nombre de repas gratuits offerts par les colis du coeur est passé entre 2015 et 2016 de 80'000 à plus de 100'000... Et c'est ainsi, du Tiers Etat, naît un Quart Etat. Sans qu'un Sieyès ne s'avise de rappeler que n'étant rien, il rêve tout de même d'être quelque chose.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Suisse 0 commentaire
  • Gens de Dublin

    Imprimer

    expulsion.jpgAppel contre une politique d'asile "aveugle"

    Un appel* a été lancé par des élus, des citoyens sans mandats politiques et des organisations (dont les partis de gauche et le PDC)  pour que la Suisse en général, et Genève en particulier, tiennent mieux compte des aspects humains dans l'application des fameux accords de Dublin qui sont supposés déterminer l'accueil des requérants d'asile, en posant comme principe, souvent inapplicable, celui de l'accueil dans le premier pays signataire où le requérant est arrivé. Les auteurs et signataires de l'appel ne contestent pas l'accord de Dublin, mais la manière dont il est appliqué : au nom de Dublin, la Suisse sépare des familles, renvoie des malades vers des pays  où aucun soin n'est garanti , soustrait des enfants en pleine année scolaire, renvoie des mères d'enfants en bas âge, alors même que l'accord prévoit la possibilité de déroger à ses propres critères "notamment pour des motifs humanitaires et de compassion", et d'examiner une demande d'asile "même si cet examen ne lui incombe pas". Il faut savoir lire un texte en entier, et jusqu'au bout. Et oser utiliser les possibilités qu'il offre, même celles qui font hurler la tribu.

    *www.solidaritetattes.ch

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Immigration, Suisse 8 commentaires
  • RIE III : Vers un retour du paquet piégé à l'expéditeur ?

    Imprimer


    RIE III Retour à l'envoyeur.JPGEncore un effort !

    Nous partîmes un tiers et nous voilà la moitié (si l'on en croit les sondages, qui n'annoncent jamais ce qui va être voté, mais seulement ce qu'auraient voté les sondés le jour où on les a interrogés si le vote avait lieu ce jour là) : un sondage SSR donne le "oui" à 45 % et le "non" à 44 %, un sondage Tamedia donne le "non" à 47 % et le "oui" à 45 %. Suspense... Un tiers des électeurs PDC interrogés auraient voté "non" le jour du sondage, comme plus de 40 % des électeurs UDC et Verts libéraux, et la majorité des électeurs du PBD, alors que ces trois partis appellent à voter "oui". A force de confusion, de polémiques, de manipulations, d'obscurités et de prédictions délirantes, le camp du "oui" s'est effrité. Même l'ancienne ministre (de droite) des Finances fédérales, Eveline Widmer-Schlumpf, qui avait lancé la troisième réforme de l'imposition des entreprises, en désavoue le résultat : elle le trouve "déséquilibré", alourdi par des mesures d'accompagnement contestables, comme la déduction possible d'intérêts fictifs, et éloigné de l'objectif initial et fondamental d'abolir les avantages fiscaux offerts aux sociétés à dimension internationale. Encore un effort, citoyennes et citoyens, pour renvoyer à l'expéditeur ce paquet trop bien ficelé pour ne pas cacher quelque chose qui vous explosera à la figure...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Politique, Suisse, votations 0 commentaire
  • FORTA : "Vache à lait" écrémé

    Imprimer

    Financer les routes ou la mobilité ?

    vachefolle.jpgLe 12 février, le bon peuple des villes, des banlieues, des campagnes et des montagnes -le peuple suisse, quoi- est appelé à voter sur ses routes. Ou pour être plus précis, sur un fonds routier de durée illimitée, le FORTA, dont le gouvernement assure qu'il va, d'un coup de baguette magique, quoique bétonnée, éliminer les bouchons sur les autoroutes et fluidifier le trafic dans les villes. Le fonds est doté de 3 milliards de francs par année, assurés par les moyens actuels de financement des routes nationales et par une surtaxe sur les huiles minérales (avec à la clef une  hausse de 4 centimes du prix de l'essence). Ce financement, réservé au fonds, va priver la caisse fédérale de 650 millions de francs de recettes annuelles (on prévoit de les compenser comment ? Par des zéconomies, pardi ! Et où les faire, les zéconomies ? Dans la formation, la culture, l'agriculture et la solidarité internationale). Ainsi constitué, le fonds  doit assurer le développement et l'entretien des routes (400 kilomètres de routes cantonales vont devenir fédérales). Il avait été présenté comme une alternative à l'initiative populaire du lobby automobile, l'initiative "vache à lait", qui voulait affecter à la route la totalité de l'impôt sur les carburants. L'initiative ayant été balayée par le peuple et les cantons, c'est au projet du FORTA qu'on a désormais affaire. Une sorte de "vache à lait écrémé". Le lobby automobile qui le trouvait insuffisant s'y est rallié (un tiens vaut mieux que deux tu ne l'as pas eu) après que son financement été revu. Seule la gauche (pas unanime, puisque des élus fédéraux socialistes  et verts appellent à voter "oui") est réticente, voire opposée à ce qui, tout de même, reste plus un cadeau à la route et au transport automobile individuel et privé qu'un financement de la mobilité.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Suisse, Transports, votations 0 commentaire
  • Naturalisation des étrangers de la "troisième génération" : Surmonter le refus Heimatstil

    Imprimer

    naturalisation, nationalitéLe 26 septembre 2004, 51,6 % des votantes et des votants (et 19 cantons et demi-cantons) refusaient de faciliter la naturalisation des "étrangers de la troisième génération". Tous les cantons romands sauf le Valais avaient accepté ce que tous les cantons alémaniques sauf Bâle-Ville et Berne avaient refusé. Le 12 février prochain, il faudra, pour revenir sur ce vote d'il y a 12 ans (et demi), obtenir non seulement un basculement de la majorité populaire (il est à portée), mais surtout (puisque là est l'obstacle) un basculement de plusieurs cantons opposants dans le camp du "oui". C'est donc en Alémanie que va se jouer le sort de la proposition soumise au vote (soutenue par tous les partis nationaux sauf l'UDC, elle est d'ailleurs déjà appliquée en Romandie). On peut préjuger d'un vote favorable des villes alémaniques. On peut aussi préjuger d'un refus "heimatstil" réitéré des cantons de Suisse centrale et des campagnes alémaniques. On ne se risquera pas à parier sur le sens du vote de ce qui n'est ni la ville, ni la campagne, mais ce pays intermédiaire entre l'une et l'autre : le pays des banlieues et des zones péri-urbaines, à forte population immigrée et à forte population étrangère (les deux termes ne sont pas synonymes : un immigré est quelqu'un qui vient d'ailleurs, même quand il est suisse; un étranger est un ressortisssant d'un Etat étranger, même quand il est né ici. Il y a donc des immigrés suisses et des indigènes étrangers -mais allez expliquer cela à un udéciste...)

    Lire la suite

  • RIE III : Le jour d'après

    Imprimer

    RIE IIIBelles promesses et lourdes menaces

    Entre les belles promesses qui rendent les citoyens joyeux (genre diminuer les impôts des entreprises va en faire rentrer plus) et les lourdes menaces qui les rendent peureux, la campagne des partisans de la réforme fédérale des entreprises version III.0 a pris une étrange tournure...  On nous annonce quasiment que si le projet soumis au vote était refusé, toutes les multinationales (c'est fragile, ces petites bêtes) pourraient quitter la Suisse, que les PME qui travaillent pour elles pourraient toutes faire faillite, qu'au moins 200'000 emplois seraient supprimés, dont 50'000 rien qu'à Genève, qu'Ueli Maurer lancera un programme d'économies de plusieurs milliards de francs et que le PIB de la Suisse tombera au-dessous de celui de la Somalie. C'est comme on vous le dit : le Jour du Jugement, pas moins. On se dit alors qu'on a bien fait de garder au frais les cartes de rationnement de nos parents. Elles ont peut-être 75 ans, mais comme on nous promet quasiment le retour au rationnement (les bons pour les pauvres, c'est fait), au Plan Wahlen et au Réduit National... Sérieusement, il se passera quoi, si le "non" à la RIE III gagne le 12 février ? Sérieusement, il ne se passera rien : c'est si le "oui" gagne qu'il se passera des choses extrêmement désagréables pour tout le monde (ou presque) quand en cascade la Confédération reportera des charges sur les cantons qui reporteront des charges sur les communes qui les reporteront sur leurs habitants...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Suisse, votations 0 commentaire
  • L'Hebdo au mur

    Imprimer

    presse.jpgRingier-Springer condamne l'"Hebdo" à mort

    L'"Hebdo", condamné à mort dimanche soir par le groupe Ringier-Springer, cessera de paraître après son ultime numéro, le 2 février. Le journal aura vécu 35 ans. Deux ans de plus que le Christ (la comparaison s'arrêtant là, à moins que, crucifié par son éditeur, le journal ne ressuscite par la volonté de ses journalistes). La présidente de la section UDC de la Ville de Genève en est toute contente sur Face de Bouc : "un de moins en 2017. Bon début d'année"... Au moins, c'est franc. Pour le reste, on a droit à la colère impuissante des syndicats et au choeur des pleureuses de circonstance (qui nous rappellent ceux qui avaient salué en longs et lourds sanglots la disparition de "La Suisse", en 1994). "Cauchemar, stupéfaction, choc, consternation, tristesse" psalmodie en "une" la "Tribune de Genève", pour qui "La mort de "L'Hebdo" secoue la presse suisse". La secoue-t-elle, ou révèle-t-elle la fragilité d'une presse aux mains de groupes financiers ne laissant aux journaux réellement indépendants que les miettes d'un marché où les profits se raréfient ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Médias, Suisse 4 commentaires
  • Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

    Imprimer

    vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Immigration, Politique, Suisse, votations 2 commentaires
  • Exode mondial et accueil (?) helvétique

    Imprimer

    harragas.jpgAsile : Tenir les promesses

    Il y a actuellement au moins 65 millions de personnes déplacées et réfugiées dans le monde : un record depuis la Guerre Mondiale. Et ce sont les pays les plus pauvres qui accueillent la plus grande part de ces migrants forcés et de ces réfugiés -les pays les plus riches, eux, manifestent une absence totale de volonté de résoudre cette crise, tout en fignant de croire qu'elle les frappe principalement, alors qu'elle ne les frappe que subsidiairement, voire, comme la Suisse, que marginalement (la Suisse ne reçoit que 3 % de l'ensemble des réfugiés arrivant en Europe, et des milliers d'entre eux n'y restent pas : entre janvier et fin novembre de l'année dernière, 8166 requérants d'asile enregistrés à leur arrivée en Suisse ont disparu dans la nature sans annoncer leur départ* (c'est presque deux fois plus que les années précédentes).
    Une dizaine de pays totalisant ensemble moins de 2,5 du PIB mondial accueillent, parce qu'ils sont voisins de pays en crise ou en guerre, la majorité de tous les réfugiés de la planète. Ils n'ont pas les moyens de cet accueil, pas les forces de cette responsabilité -mais on la leur laisse, parce que les pays les plus riches y trouvent le moyen de ne pas assumer, eux qui en ont les moyens, cette responsabilité. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 1,20 million de réfugiés et de réfugiées particulièrement vulnérables (des femmes, des enfants, des vieillards, des malades, des handicapés et des blessés) devront être relocalisés dans un autre pays que celui dans lequel ils ont trouvé un asile précaire, dans des conditions souvent indignes. Moins d'un dixième des places d'accueil nécessaires ont été accordées par une trentaine d'autres pays que ceux de ce premier accueil, qui tient le plus souvent de l'entassement. Même en Europe, des milliers de réfugiés sont bloqués en Grèce et en Italie par la fermeture des frontières des autres pays, au mépris de leurs engagements internationaux.
    En Suisse, Amnesty International a adressé au Conseil fédéral une pétition lui demandant d'accueillir en Suisse plus de réfugiés, en respectant au moins deux promesses faites en 2015 : soulager la Grèce et l'Italie de 1500 requérants d'asile, et accueillir 1500 réfugiés syriens particulièrement vulnérables. Promesses non encore tenues.

    * Le Secrétariat d'Etat aux Migrations estime que la plupart d'entre eux (dont une grande partie sont des ressortissants africains) ont quitté la Suisse (le nombre de sans-papiers vivant en Suisse n'aurait donc pas augmenté) après avoir abandonné la procédure d'asile sans l'en informer, parce qu'ils ne lui donnent aucune chance d'aboutir, ou qu'ils veulent rejoindre des proches dans un autre pays, notamment en Allemagne.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Immigration, Suisse 0 commentaire
  • Quand le patronat nous explique la RIE III

    Imprimer

    Bandeau RIE III.jpg


    Encore des questions ? Euh... non...

    « RIE 3 : c'est quoi ? », fait semblant de se demander, en édito, le journal patronal « Entreprise romande » qui vient, gentiment, au secours de celles et ceux, comme centre « entrepreneuse de talent, ayant à son actif la création de plusieurs entreprises et auteure de plusieurs ouvrages », qui se posent LA question : « RIE 3, c'est quoi ? ». Donc « Entreprise romande » va lui expliquer, « parce qu'il ne suffit pas de dire les choses. Encore faut-il s'assurer qu'elles ont été entendues et comprises ». Par les malentendants et les malcomprenants. De toute façon, poursuit l'édito, « comprendre l'essentiel » de RIE 3, « c'est relativement simple ». Surtout quand c'est « Entreprise Romande » qui explique à ses lecteurs et lectrices du patronat local, au cas où il aurait des doutes. Donc, il s'agit d'établir un taux unique d'imposition des entreprises (à 13,49 %), en haussant un peu celui des multinationales (actuellement à 11 %) et en baissant beaucoup celui des entreprises locales (actuellement à 24 %) pour leur apporter « un bol d'air non négligeable » sans « faire fuir » les multinationale, parce que c'est fugace, ces grosses bêtes. Bref, conclut l'édito qui explique simplement l'essentiel, « la RIE 3, c'est le futur de notre économie et de notre société ». Ouala. Et ceux qui sont contre, ils sont partisans du passé, de la mort de l'économie et de la société. Et « une fois qu'on a compris ces principes, le reste n'est que querelles de spécialistes ou de démagogues ». "Le reste", c'est quoi ? C'est le trou creusé dans les caisses publiques par la RIE 3, la menace d'une baisse des prestations sociales, des engagements culturels et des investissements indispensables de la Confédération, des cantons, et des communes. Rien d'important. Des futilités pour « spécialistes » ou pour « démagogues ». C'est extraordinaire, comme tout est simple, quand le patronat nous l'explique simplement. La dernière phrase de l'édito d'« Entreprise Romande » est interrogative : « encore des questions ? ». Euh, non, là, comme ça, ça va, on a eu notre dose...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Suisse, votations 0 commentaire
  • Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants : Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants

    Imprimer

    nationalité, naturalisationSavez-vous qu'on obtenait plus vite l'équivalent de la nationalité (la « bourgeoisie ») au XVIIe siècle qu'on l'obtient aujourd'hui ? Parole de descendant d'immigrants installés à Berne au XVIe siècle et «embourgeoisés» bernois après deux générations quand il en faut, 500 ans plus tard, souvent trois pour, peut-être, éventuellement, être suissisé... Trois générations de séjour en Suisse : c'est ce qu'une proposition de la socialiste vaudoise Ada Marra, acceptée par le parlement (après avoir toutefois été revue à la baisse), suggère comme condition pour bénéficier d'une "naturalisation facilitée". La proposition de ce tout petit pas, qui ne pourrait concerner que 5000 personnes qui sont déjà Suisses de fait, est soumise au vote populaire en février prochain. Tous les partis politiques représentés au parlement fédéral soutiennent cette proposition -tous, sauf un, et on ne vous fera pas l'injure de vous demander de deviner celui pour lequel la suissitude doit continuer à ne se transmettre que par le sperme, et pour qui vous aurez beau être né en Suisse de parents nés en Suisse de parents arrivés en Suisse il y a plus d'un demi-siècle, vous devriez continuer à être considéré comme un métèque définitif.

    Lire la suite

  • Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises: La charrue, les boeufs et le consensus

    Imprimer

    Une étrange agitation semble s'être emparée des partis politiques genevois (et du Conseil d'Etat, et même du Conseil administratif de la Ville), à propos du volet cantonal de la réforme des entreprises (RIE III), dans la version qu'en propose le Conseil d'Etat, alors même que le sort du cadre fédéral de cette réforme n'est pas encore scellé, puisqu'il ne sera que dans trois mois, le 12 février, en vote populaire après que le référendum lancé par la gauche ait (largement) abouti. Or si la réforme fédérale devait subir le sort que nous souhaitons lui réserver (un refus), la proposition de réforme cantonale faite par nos Magnifiques Seigneurs et Syndics ne reposerait plus sur rien -même pas sur du vent. Qu'importe : on négocie dans tous les coins. On parle même d'une "convention" qui lierait les partis "gouvernementaux genevois" (le PLR, le PDC, le MCG, les Verts et le PS) pendant une législature entière, et par laquelle ils s'engageraient à ne pas déposer de projets ayant des conséquences sur le budget, qu'il s'agisse de nouvelles dépenses, de nouvelles économies ou de modifications fiscales. Que vaudrait un tel engagement, dont seuls les partis gouvernementaux seraient signataires, et qui ne s'imposerait donc ni aux forces d'opposition (de droite ou de gauche), ni aux organisations sociales (patronales et syndicales, notamment), ni aux citoyens... ni même aux membres, militants, élus des partis signataires ? Rien. Du vent. Du même vent que celui sur lequel on tente de construire un consensus sur une réforme cantonale reposant sur une réforme fédérale dont on ne peut prédire le sort que le peuple lui réservera. On ne serait là pas en train de mettre une charrue (au soc douteux) avant les boeufs ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, Politique, Suisse, votations 2 commentaires
  • Sortie du nucléaire : Hâte-toi lentement

    Imprimer

    Les cantons romands (sauf les bilingues, Valais, Fribourg et le Jura bernois) ont accepté l'initiative des Verts pour une "sortie programmée du nucléaire". Les deux cantons de Bâle aussi. Mais pas le reste de la Suisse. L'initiative a donc été repoussée  -tout en faisant le meilleur score (46 %) atteint depuis longtemps par une initiative antinucléaire dans ce pays. On ne sortira donc pas du nucléaire rapidement. On attendra. On attendra que nos centrales soient en bout de course, pour ne pas les remplacer. Peut-être. Si la "stratégie énergétique" concoctée par le Conseil fédéral passe la rampe d'un référendum lancé contre elle par l'UDC. Or l'échec de l'initiative des Verts n'était pas confirmé depuis cinq minutes qu'on entendait déjà des représentants du PDC et du PLR dire qu'après tout, si l'initiative a été repoussée, c'est que les Suissesses et les Suisses ne voulaient pas abandonner la filière nucléaire de production énergétique -alors que leurs partis invoquaient la "stratégie énergétique 2050" qui implique elle aussi la sortie du nucléaire (mais à plus long terme) comme contre-projet indirect à l'initiative. Cette duplicité a fonctionné. Les masques peuvent maintenant tomber. Et le combat antinucléaire reprendre.

    Lire la suite