lundi, 17 octobre 2016

Naturalisations : les choses bougent... à petits pas...

Faiseurs de Suisse.jpgPendant qu'en Ville de Genève rechigne toujours à supprimer un appendice parasitaire (la commission municipale des naturalisations) qui allonge le délai et renchérit le traitement des demandes de naturalisation (et fonctionne même dans l'illégalité en transmettant directement ses rapports au Conseil administratifs), les choses bougent, à Berne et à Genève, s'agissant de l'acquisition de la nationalité suisse par des étrangers. Le 1er janvier prochain, la loi fédérale change, et les conditions d'accès à la nationalité suisse se durciront, notamment en rendant impossible (sauf exceptions dûment validées) de se faire naturaliser suisse si on ne dispose que d'un  permis de séjour B : 650'000 personnes sont concernées. Genève et Vaud encouragent donc ceux de leurs résidents étrangers qui remplissent les conditions actuelles d'une naturalisation, mais ne rempliront plus les conditions exigées dans deux mois, à déposer leur demande avant la fin de l'année. Et puis, à Berne, les deux chambres du parlement ont (prudemment) entrouvert la porte à une naturalisation (un peu) facilitée des étrangers de la "troisième génération" : les fils et filles né-e-s en Suisse de parent nés en Suisse de parents immigrants. C'est ce qu'on appelle la "politique des petits pas". Des tout petits pas même -mais dans le bon sens, pour une fois dans ce domaine...

Lire la suite

00:01 Publié dans Immigration, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nationalité, naturalisation | |  Facebook | | | |

lundi, 10 octobre 2016

Héberger des réfugiés menacés d'expulsion : La fronde de David et la loi de Goliath

david-and-goliath-shane-robinson.jpgLe Municipal (membre de l'exécutif communal) POP (Parti du Travail) de Lausanne, David Payot, ayant déclaré. qu'il était prêt à héberger chez lui un réfugié menacé d'expulsion, le PLR local (suivi par l'UDC) est monté sur ses grands hongres en déposant au Conseil communal une résolution demandant "La Municipalité parraine-t-elle un hors-la-loi ?", doublée d'une demande de révocation de l'élu popiste, coupable de faire passer la légitimité avant la légalité. Comme naguère le Conseiller d'Etat PDC genevois Dominique Föllmi, accompagnant à l'école une petite turque en situation irrégulière. Comme il y a quelques jours la députée socialiste tessinoise Lise Bosia Mirra, arrêtée pour avoir fait passer la frontière à quatre mineurs africains. On rappellera au passage au PLR lausannois, que David Payot n'est pas "parrainé" par la Municipalité, mais qu'il y a été élu par le peuple, comme le candidat du POP et non de l'UDC, sans jamais avoir caché ses engagements ni ses convictions solidaires. De ceux qui "obéissent à la loi" quelle qu'elle soit et de ceux qui y désobéissent quand elle est injuste, on honore d'ailleurs désormais les désobéissants plutôt que les obéissants.  Les Justes plutôt que les carpettes. La fronde de David plutôt que la loi de Goliath.


 
 

Lire la suite

14:05 Publié dans Immigration, Politique, Solidarité, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile | |  Facebook | | | |

vendredi, 30 septembre 2016

Nouvelle loi sur le renseignement : L'ombre du djihadiste

L'ombre du djihadiste planait sur les urnes du scrutin de dimanche dernier, concernant la nouvelle loi sur le renseignement, attaquée par un référendum lancé par une coalition allant de la Jeunesse socialiste aux Jeunes PLR... Le Conseiller fédéral Parmelin, plaidant pour la loi que lui avait laissée en héritage son prédécesseur Ueli Maurer, n'y était d'ailleurs pas allé par quatre chemins en déclarant que voter "non", c'était se rendre par avance "complice d'un futur attentat". 34,5 % des participants au scrutin ayant voté "non", un tiers des Suissesses et des Suisses sont donc des complices des djihadistes. La loi, approuvés par 65,5 % des votes et par tous les cantons, est tout de même porteuse de menaces, moins pour la liberté que pour l'intimité, menaces que les référendaires ont prié le gouvernement de conjurer en garantissant réellement qu'il n'y aura pas de "nouvelle affaires des fiches", pas de surveillance généralisée, et un risque très réduit de dérapages. Et Amnesty International a appelé le Conseil fédéral à appliquer la loi de "façon mesurée". Mesurée à quoi ? à la peur ambiante ? ça promet...

Lire la suite

mardi, 27 septembre 2016

Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

 En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

obeses.jpg

Lire la suite

15:45 Publié dans Développement durable, Economie, Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

lundi, 26 septembre 2016

Echec de l'initiative "AVS+" : L'assurance avant les assurés ?

AVS, 2e PilierOn attendait mieux qu'une défaite honorable, mais on s'en contentera -pour l'instant. L'initiative syndicale "AVS+", pour une augmentation des rentes de l'AVS, a été rejetée à 59,4 %. Et donc acceptée par un peu plus de 40 % des votantes et tants. 40 %, c'est plus que ce que la gauche pèse dans ce pays -et l'initiative a tout de même été acceptée à Genève, Neuchâtel, dans le Jura, le canton de Vaud et au Tessin. Et presque acceptée à Bâle. Mais si on votait sur l'initiative syndicale, on exprimait ce vote en pensant non seulement au contenu de l'initiative, mais aussi à tout ce que trimballent les débats en cours sur le système de retraite. On votait sur une hausse de 10 % des rentes AVS en pensant à la réforme "Prévoyance Vieillesse 2020" proposée par Alain Berset, et aux diverses offensives de la droite parlementaire pour réduire l'importance de l'assurance-vieillesse par rapport à la prévoyance professionnelle -autrement dit : réduire l'importance de la solidarité par rapport à la capitalisation individuelle.
Bref : on a voté en se préoccupant plus de la situation de l'assurance que de celle des assurés.

Lire la suite

21:47 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : avs, 2e pilier | |  Facebook | | | |

vendredi, 23 septembre 2016

Aux urnes pour "AVS +"

Vous n'avez pas encore voté ?

Pour voter par correspondance en faveur de l'initiative "AVS+", c'est trop tard. Il va falloir vous rendre au local de vote dimanche avant midi pour déposer, à l'ancienne, comme nos parents et nos grande-parents, votre bulletin dans l'urne. Un exercice qui en vaut la peine : pour éviter ce que les défenseurs de l'AVS dénoncent comme son "saccage", il faut que l'initiative qui améliore les rentes de ce premier pilier de la retraite, fasse le meilleur résultat possible -le meilleur résultat étant évidemment son acceptation. Car ce n'est pas seulement l'initiative elle-même qui est l'enjeu du vote de dimanche : c'est le niveau des retraites dans ce pays, et la capacité du système des "trois "piliers" de la maintenir, quand seul le premier -l'AVS, précisément- est assez solide, assez durable et assez équitable pour remplir le mandat constitutionnel de rentes assurant, à la retraite, une vie digne. Vous avez oublié de voter par correspondance ? Aux urnes de votre local, citoyennes et citoyens !

Lire la suite

21:58 Publié dans Solidarité, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, retraites, 2ème pilier | |  Facebook | | | |

mercredi, 21 septembre 2016

Après nous, le déluge ?

nord-sud2.jpgMon confort, ma planète

De tous les textes soumis au vote populaire dimanche prochain, l'initiative des Verts pour une "économie verte" est sans conteste le plus ambitieux. Mais ce n'est pourtant pas lui qui fait le plus débat : l'initiative syndicale "AVS+", sa défense, sa contestation, prend plus de place dans les media, suscite une controverse plus mobilisatrice. Il est vrai qu'elle repose sur une perception plus aigüe de l'urgence sociale -mais un débat largement relayé n'est pas forcément voué à en éclipser un autre, ni une urgence sociale à reléguer une urgence environnementale. Comme toute la gauche, nous soutenons les deux initiatives en lice : celle pour une assurance vieillesse qui respecte le mandat constitutionnel d'assurer un revenu suffisant pour vivre dignement sans aide sociale, et celle pour une économie qui ne salope et ne bousille pas l'environnement planétaire sur lequel, forcément, elle repose puisqu il n'y a pas d'autre à sa disposition -et à la nôtre. Face à cette initiative-là, celle des Verts, le discours des tenants du statu quo (plus ou moins fardé de bonnes intentions) est simple : on fait déjà tout ce qu'on peut, l'initiative menace notre confort, elle est donc à refuser. Parce que notre confort passe avant notre planète. Après nous (nos consommations, nos modes de vie, nos privilèges), le déluge. Pour les autres. Les pauvres, et les générations futures.

Lire la suite

15:33 Publié dans Développement durable, Environnement, Monde, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : economie verte, écologie | |  Facebook | | | |

mardi, 20 septembre 2016

Nouvelle loi sur le renseignement : Les illusions dangereuses

Dimanche soir, selon toute vraisemblance (et selon tous les sondages), la nouvelle loi sur le renseignement, qui renforce les pouvoirs et les moyens du service de renseignement de la Confédération, sera adoubée (et peut-être même plébiscitée) par le peuple. Ses partisans, tel Pierre Maudet dans la "Tribune de Genève" du 15 septembre, voient dans cette loi une simple adaptation aux menaces nouvelles (qui ne sont d'ailleurs pas si nouvelles que cela, si les moyens sur quoi elles reposent sont aussi nouveaux que les technologies qu'ils emploient), et une dotation à la Suisse d'un " Service de Renseignement digne de ce nom". Les adversaires de la loi, dont nous sommes, y voient à la fois une menace et une illusion dangereuse : une menace sur la liberté individuelle, une illusion de sécurité, fauteuse d'insécurité réelle. La peur étant mauvaise conseillère, l'illusion fera certainement accepter largement la menace. Sans plus de sécurité, avec seulement plus de surveillance.

Lire la suite

15:41 Publié dans Sécurité, insécurité, Suisse, terrorisme, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : surveillance, police, antiterrorisme | |  Facebook | | | |

vendredi, 16 septembre 2016

Initiative pour une "économie verte" : Mettre la "COP 21" en oeuvre...

stationservice.jpgLancée par les Verts et déposée en 2012, soumise au vote dans dix jours, l'initiative pour une "économie verte" (de son vrai titre : "pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources") propose de réduire l'impact écologique de l'économie à un niveau supportable pour la nature, en inscrivant dans la constitution fédérale l'objectif d'une économie "durable" d'ici 2050, par une production écologique, la réutilisation, la réparation, le recyclage et l'élimination sans dommage environnemental des biens produits. Par économie "durable", on entend une économie et des modes de vie ne laissant pas une empreinte écologique supérieure, en un an, à celle que l'écosystème planétaire est capable d'absorber. Or il faudrait trois planètes Terre pour absorber l'activité humaine si tous les habitants du globe utilisaient (et gaspillaient) autant de ressources naturelles que les Suisses. L'initiative demande donc que d'ici 2050, l'empreinte écologique de la Suisse soit réduite des deux tiers. Et c'est possible, en conjuguant protection climatique, utilisation efficace des ressources (lutte contre le gaspillage), production et importations "propres". Tous engagements qui permettraient d'atteindre celui pris à la COP 21, en novembre 2015, pour réduire le réchauffement climatique. En somme, l'initiative des Verts est une sorte d'initiative de "mise en oeuvre" des engagements pris alors par la Suisse.

Lire la suite

00:14 Publié dans Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : economie verte, cop 21 | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 septembre 2016

Système de retraites : le premier pilier doit rester le premier

La solidarité ou la thésaurisation

AVS. Retraites


Dimanche 25 septembre, dans le menu des votations fédérales, on a l'initiative syndicale "AVSplus", soutenue par toute la gauche, combattue par toute la droite (et le Conseil fédéral) et par le patronat. Un bon gros clivage politique basique. L'initiative propose une hausse de 10 % des rentes AVS. L'enjeu, c'est le choix du pilier du système de retraite à privilégier, et à soutenir, d'entre les trois qui constituent aujourd'hui ce système,  l'AVS, assurance sociale fondée sur la solidarité, plutôt que la prévoyance professionnelle (le "2ème pilier"), épargne forcée fondée sur la capitalisation individuelle, ou le "troisième pilier", c'est-à-dire l'épargne volontaire. Les syndicats et la gauche privilégient l'AVS, le patronat, la droite et le gouvernement privilégient le "deuxième pilier, et font tout ce qu'ils peuvent pour le renflouer. Un combat de principe autant qu'un combat de classe : la solidarité sociale contre la thésaurisation individuelle. Le premier pilier doit le rester : premier, et pilier. AVS+ y concourrait efficacement, à un coût tout à fait supportable pour les conributeurs (les salariés et les entreprises).

Lire la suite

01:21 Publié dans Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs. retraites | |  Facebook | | | |

jeudi, 01 septembre 2016

RIE III : On passe aux choses sérieuses

danger de tomber de haut.jpgRéformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises :
On passe aux choses sérieuses...

"La mère de toutes les batailles" : reprenant l'expression utilisée par Saddam Hussein pour qualifier sa guerre (perdue) contre les Etats-Unis et leurs alliés, le président du Conseil d'Etat genevois l'a utilisée pour qualifier l'enjeu du projet gouvernemental de réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), c'est-à-dire du volet genevois de la réforme fédérale. Un projet gouvernemental qui sera d'abord soumis au Grand Conseil, puis au peuple, référendum oblige (et s'agissant essentiellement de lois fiscales, il suffit de 500 signatures pour ce référendum). Le projet genevois est d'imposer toutes les entreprises au taux unique de 13,49 %, soit 0,3 % de moins que le taux adopté par les Vaudois -quoi que s'en récrie le Conseil d'Etat, on est bien dans la concurrence fiscale entre cantons. Pur les caisses publiques cantonale et municipales genevoises, ce taux correspond à une perte brute de ressources de 570 millions de francs (dont 111 millions pour les communes), ramenée à une perte nette de 440 millions grâce à une compensation fédérale et à diverses mesures cantonales. Genève a-t-elle les moyens de se priver de 440 millions de recettes fiscales ? Son gouvernement, incapable de maintenir le financement nécessaires aux services publics, s'en dit persuadé. La "mère de toutes les batailles" commence comme toutes les batailles, par faire une première victime : la vérité...

Lire la suite

13:18 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rie iii, imposition des entreprises | |  Facebook | | | |

mercredi, 31 août 2016

Police fouineuse, le retour ?

Un "non" de témoignage et de prudence

Le 25 septembre, on se prononcera sur la nouvelle loi fédérale sur le renseignement, attaquée en référendum par une coalition dont font partie le PS, les Verts, la "gauche de la gauche" et le Parti pirate, mais également Amnesty International. En revanche, on ne votera pas sur la loi renforçant les moyens de surveillance des communications : le référendum lancé par un comité assez hétéroclite (les Jeunes PLR, UDC et Verts libéraux, le Parti Pirate, Operation Libero et, initialement, la Jeunesse Socialiste -qui a finalement abandonné ce combat) a échoué au stade de la récolte de signatures, mais de peu. Le 25 septembre on dira "non" à la loi sur le renseignement. Par réflexe, avouons-le, mais aussi par raison : parce que cette nouvelle loi est inutile, et dangereuse. Portée par l'ambiance générale, après les attentats djhadistes de ces deux dernières années, elle ne risque guère d'être refusée : selon un premier sondage Tamedia, elle recueille 55 % d'avis favorables en moyenne suisse, grâce à son succès massif auprès de l'électorat de droite. Notre opposition tient donc du témoignage, et du principe de précaution.

Lire la suite

14:25 Publié dans Sécurité, insécurité, Suisse, terrorisme, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : police, surveillance | |  Facebook | | | |

lundi, 01 août 2016

Koikonchante, keskonfête aujourd'hui ?

drapeau-suisse rupestre.jpgSur nos monts quand le soleil...

La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, et le vice-président du PDC, Yannick Buttet, ont sonné la charge contre les paroles, pourtant assez insignifiantes, proposée par la société suisse d'utilité publique (la SSUP) pour être celles, nouvelles, de l'hymne national suisse. Qu'est-ce qu'elle disent, ces paroles pleines de bons sentiments (à chanter sur la musique de l'hymne actuel) : "Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance, signe de paix et d'indépendance, ouvrons notre coeur à l'équité et respectons nos diversités, à chacun la liberté, dans la solidarité, chantons d'une même voix sur fond rouge la blanche croix". Ouala. Et qu'est-ce qu'elle a entendu, Amaudruz ? "une nouvelle attaque contre notre passé, contre ce que nous sommes, menée une fois de plus par les tenants du cosmopolitisme triomphant". Et "le programme politique de la gauche". Un hymne socialiste, rien que ça. Et Buttet, alors, il a entendu quoi, lui ? Une volonté d'extirper Dieu de l'hymne national. Et d'accuser la Société suisse d'utilité publique de "nuire à la Suisse" et de "nier l'existence de la patrie". Des traîtres gauchistes, quoi. Et déicides. Bref, la SSUP est pleine, y'a un complot  et on va faire chanter aujourd'hui cette chose antipatriotique à Meinier (du coup le MCG a appelé à boycotter la fête) et même sur le Grütli (par le "choeur suisse des jeunes chanteurs", en quatre langues). Le PDC Butter et l'UDC Keller ont donc appelé en rétorsion à ce que la gestion du Grütli soit retiré à la SSUP.  Pour la confier en partenariat à l'ASIN et au Séminaire d'Ecône ?)...

Lire la suite

14:49 Publié dans Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1er août, hymne national | |  Facebook | | | |

mercredi, 22 juin 2016

Services publics : l'initiative balayée, les vrais enjeux restent

Service_Public.jpgOn a voté, reste à clarifier

Mal foutue, ambiguë sur certains de ses aspects, dangereuse sur d'autres, et d'origine douteuse (les magazines consuméristes), l'initiative "Pro Services Publics" a été très nettement refusée par le peuple des consommateurs, des usagers et des citoyens. Une bonne chose de faite : ce texte, même soutenu par quelques militants de gauche (comme Olivier Cottagnoud, Denis de la Reussille ou Michel Zimmermann) plombait le débat sur le service public. Il eut pourtant le mérite de le relancer, même de manière contestable, et de porter dans un débat politique national le constat des insuffisances du service public, et les contradictions de sa gestion : comment, en effet, admettre (sauf à se résigner à ce que les critères des entreprises privées s'appliquent aux entreprises publiques)  que la directrice de la poste puisse toucher 300'000 francs de bonus en 2015 alors que des centaines d'offices postaux ont été purement et simplement fermés ?  Pour l'en féliciter ? Le vote du 5 juin n'a rien clos, il a seulement déblayé le terrain du débat. Et révélé l'urgence d'en clarifier les enjeux.

Lire la suite

17:06 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

lundi, 13 juin 2016

La loi, et après ?

Bandeau asile.jpg

ça n'a pas traîné : le lendemain du vote largement favorable à la nouvelle loi sur l'asile (à plus de deux contre un, aucun canton ne manquant à l'appel du "oui"), la droite démocratique se vautrait sur les plate-bandes de l'UDC pour exiger une application la plus stricte (pour ne pas écrire : la plus aveugle) possible des dispositions les plus restrictives de la loi, la mise en oeuvre la plus rapide et la plus effective possible des renvois, et l'application la plus prudente (pour ne pas écrire : la plus insignifiante) possible des avancées contenues dans la loi. Sur quoi, le jour suivant, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelait à l'ordre le canton de Vaud, coupable de ne pas exécuter assez promptement les décisions fédérales de renvoi... Alors bien sûr que la situation serait pire encore (pas pour nous : pour les réfugiés) si la loi avait été refusée, puisque même en ne menant pas vraiment campagne, c'était le parti xénophobe et tribal qui constituait le coeur de l'opposition à la loi soumise au peuple... et qui geint en attribuant sa défaite à la "machine de propagande" créée par le Conseil fédéral pour "duper le peuple"...  A l'inverse, la socialiste Cesla Amarelle se félicite que le peuple ait "saisi les réels enjeux  cette votation" et de ce que l'on puisse désormais aborder la question de l'asile "plus sereinement". Bel optimisme. Démenti toutefois par l'offensive de la droite sitôt le vote acquis. Le "front commun" des partis gouvernementaux en faveur de la loi n'était pas un "front républicain" contre la xénophobie -seulement une alliance contre l'UDC. Une alliance de circonstance, ne présageant rien dont on puisse se réjouir. Et ne répondant pas à la question : la loi a été approuvée, qu'en faire ?

Lire la suite

15:28 Publié dans Immigration, Solidarité, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

mardi, 31 mai 2016

Diagnostic préimplantatoire : mettre fin à une hypocrisie

DPI.jpgEn 2015, le peuple avait accepté (avec 62 % de "oui") l'inscription dans la constitution du principe de l'accès au diagnostic préimplantatoire (DPI, c'est-à-dire de l'analyse génétique et de la sélection, avant leur implantation dans l'utérus de la mère, des embryons provenant d'une fécondation in vitro). Mais ce principe constitutionnel en restait précisément au stade du principe, sans précision sur qui pouvait y avoir accès, et à quelles conditions. Ce sont ces précisions que la loi soumise au vote le 5 juin propose -le principe, lui, est acquis, quel que soit le résultat du vote populaire. Si ce résultat devait être négatif (les sondages prévoient le contraire), le parlement reprendra la main -et les couples qui souhaitent avoir accès à ces tests devront continuer à se rendre à l'étranger, où ils sont, en Europe, presque partout autorisés. Comme les femmes désireuses de mettre fin à leur grossesse devaient, si elles résidaient dans les Etats qui criminalisaient l'avortement, se rendre à l'étranger pour y recourir. Si elles en avaient les moyens.  C'est à ce genre d'hypocrisie qu'il convient de mettre fin, s'agissant du DPI comme il s'était agi de l'IVG.

Lire la suite

13:46 Publié dans Famille, Femmes, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dpi, diagnostic préimplantatoire. avortement | |  Facebook | | | |

lundi, 30 mai 2016

Vers un refus du revenu de base inconditionnel ? Rendez-vous en 2045...

vignette RBI2.jpgSelon les sondages l'initiative pour un revenu de base inconditionnel serait très nettement rejetée, mais malgré le mot d'ordre du PS suisse, une majorité d'électeurs et d'électrices socialistes la soutiendrait, et les Romands y seraient moins opposés que les Alémaniques. Selon un sondage allemand, 64 % des Européens seraient favorables à un RBI, et seuls 4 % arrêteraient de travailler s'il était instauré à un niveau suffisant pour pouvoir vivre en ne comptant que sur lui. Pour l''ancien Secrétaire (ministre) au Travail américain (sous Clinton), Robert B. Reich, l'instauration d'un revenu de base est "inévitable". Reste à savoir s'il serait inconditionnel, et à quel niveau il se situerait. 2500 francs par mois, comme évoqué par les initiants (mais pas inscrit dans l'initiative) ? Ce serait "trop et trop peu à la fois", estime la socialiste bâloise Suzanne Leutenegger Oberholzer. La question, de toute façon, n'est pas dans le montant du RBI, qui serait fixé par le parlement, mais dans son principe même. Parce que c'est ce principe qui fait débat. Un débat qui continuera après le rejet probable de l'initiative -n'a-t-il pas fallu trente ans pour que l'AVS soit créée ? Rendez vous en 2045, pour toucher votre premier RBI...

Lire la suite

14:42 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : rbi, revenu minimum, revenu de base | |  Facebook | | | |

lundi, 23 mai 2016

Budget, effectifs et investissements militaires : A l'Ost, du nouveau

GSsA, armesA la mi-avril, la majorité de droite (UDC, PLR, PDC) de la commission parlementaire (Conseil national) de la Sécurité a fait un joli cadeau à notre glorieux ost fédéral : elle a voté une motion chargeant le Conseil fédéral de présenter un programme d'armement 2017 prévoyant que les fonds qui seront alloués à l'armée puissent être intégralement utilisés. Plus de "non dépensé", de soldes de crédits inutilisés, de munitions achetées et pas tirées : on dépense tout le pognon qu'on reçoit. Et tant mieux si on en reçoit plus, on pourra en claquer plus. Pas de frein aux dépenses, ni de frein à l'endettement, ni de réductions budgétaires, ni de recherche de bonis aux comptes qui tiennent. La fête, quoi. Commentaire du socialiste genevois Carlo Sommaruga : "c'est une attitude irresponsable envers les économies demandées dans les autres départements (...), une logique démentielle d'enfant gâté". Mais une logique tout de même, ajouterons-nous. A rebours de celle que ses partisans préconisent en général pour les dépenses sociales, culturelles, d'aide au développement, mais parfaitement accordée en revanche à une bonne vieille tradition  politique de ce pays. Politique, ou religieuse : celle qui honore une vache sacrée, l'armée.

Lire la suite

14:23 Publié dans Armée, défense nationale, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gssa, armes | |  Facebook | | | |

mardi, 17 mai 2016

Financement des partis et des campagnes politiques : Qui paie qui, et pour quoi ?

Une coalition de partis de gauche (le PS, les Verts), de quelques petits partis de droite (le PBD, les Evangéliques) ou d'ailleurs (les Pirates) a lancé le 26 avril une initiative populaire fédérale "pour plus de transparence dans le financement de la vie politique". Exiger plus de transparence dans la vie politique suisse n'est pas une revendication maximaliste : encore moins de transparence que ce n'est le cas en Suisse serait difficile pour une démocratie... Et savoir qui paie qui et pour quoi n'est après tout qu'une exigence légitime -que selon un sondage sur internet, trois Suisses-ses sur quatre partageraient. L'initiative ne demande pas la lune -seulement ce qui se pratique déjà à Genève et Neuchâtel, et qui pourrait se pratiquer à Fribourg : la publication, avant une votation ou une élection, de la liste des principaux donateurs aux partis et comités de campagne, et l'interdiction des dons anonymes.

Lire la suite

17:14 Publié dans élections, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

mercredi, 11 mai 2016

Vers une acceptation de l’initiative "pour le service public" ?

Le piège est ouvert...

piège à loup.jpgSelon le premier sondage en ligne du groupe Tamedia, l'initiative "pro service public" serait massivement acceptée (58 % des sondés la soutiennent, 27 % s'y opposent), en particulier au sein des électorats de l'UDC, du PS et des Verts. L'électorat de gauche serait donc favorable à une initiative que les partis de gauche appellent à combattre. Pourquoi les défenseurs traditionnels et patentés du service public combattent-ils une initiative qui proclame vouloir précisément défendre le service public ? Et pourquoi la Fédération romande des consommateurs (FRC) ne soutient-elle pas cette initiative, lancée par des journaux de défense des consommateurs ? Parce que l'initiative est mal foutue et dangereuse. "On ne peut pas résoudre les problèmes de trois entreprises totalement différentes -la Poste, les CFF et Swisscom- avec une même solution. Il faut privilégier des approches par secteur (...) (et) définir d'abord c qu'est le service public avant d'en définir les modalités", résume le secrétaire général de la FRC. Reste à en convaincre l'électorat de gauche, plus inquiet des dérives du service public que des menaces que fait peser sur lui une initiative qui porte sa défense en sautoir. Le piège est ouvert, mais il l'a été par par les directions des service publics, et leurs tutelles politiques...

Lire la suite

16:03 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : service public, services publics, la poste, swisscom, cff | |  Facebook | | | |