Suisse - Page 5

  • Naturalisations : état des lieux

    Imprimer

    natus2.jpgDeux mois pour faire le pas

    L'Union Syndicale Suisse a lancé, en février dernier, un appel à tous les étrangers nés en Suisse à entamer une procédure de naturalisation, et a invité les villes et les communes à agir pour les y inciter et le leur faciliter. La présidente de l'USS estime ainsi "qu'il est dans l'intérêt d'une démocratie de convaincre autant d'habitants et d'habitantes d'un pays que possible de devenir des citoyens et des citoyennes majeurs et actifs". Dans le même camp, le Parti socialiste suisse a également lancé  un appel ("Nous voulons plus de Suisse pour toutes et tous") pour la naturalisation des personnes au bénéfice d’un permis B tant que cela leur est encore possible, c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre de cette année. Le PSS propose à celles et ceux qui désirent acquérir la nationalité suisse d'entrer en contact avec une conseillère ou un conseiller en naturalisation (on s’inscrit ici : http://www.sp-ps.ch/fr/aide-la-naturalisation). Il reste deux mois pour faire le pas...

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Immigration, Suisse 5 commentaires
  • Réforme du système des retraites : Désaccord à corps

    Imprimer

    chute de mots.jpgLe 27 octobre, le Conseiller fédéral Alain Berset réunissait 27 protagonistes de la campagne sur son défunt projet de réforme du système de retraite : les partisans de gauche et les opposants de gauche, les opposants de droite et les partisans de droite, ceux qui veulent repousser l'âge de la retraite et ceux qui le refusent, ceux qui veulent une réforme globale et ceux qui veulent une réforme saucissonnée. Résultat selon Alain Berset lui-même : "il y a désaccord sur presque tous les points", et selon l'ATS, un peu plus euphémique : "Il n'y a pas de convergence de vue sur les contours d'une future réforme. Le seul constat partagé à été celui de la nécessité d'agir". Faut faire quelque chose. Oui, bon, d'accord, mais quoi ? Il faut un financement additionnel pour l'AVS afin de maintenir le niveau des rentes. Oui, bon, d'accord, mais quel  financement additionnel ? une hausse des cotisations, une hausse de la TVA, un déplafonnement de l'impôt fédéral direct ? un report  à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes ? un report de l'âge de la retraite de tout le monde à 66 ans ? à 67 ans ? Et le 2e Pilier, on en fait quoi ? On le renforce, on le renfloue, on le fusionne avec le premier ? "tous les points sont ouverts sur la table", a résumé Alain Berset. La table ? Disons : l'établi...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse 1 commentaire
  • Offensive udéciste contre le droit international

    Imprimer

    CEDH.jpg

    On votera l'année prochaine sur une initiative de l'UDC qui, sous prétexte de privilégier le droit suisse au droit international, en invoquant (pour l'exorciser) le spectre des "juges étrangers" (et en confondant donc "juges étrangers" et juges internationaux, dont certains sont Suisses...), entend réduire la protection que le droit international et ses institutions (la Cour européenne des droits de l'homme, par exemple, institution du Conseil de l'Europe -dont la Suisse est membre) accordent ou tentent d'accorder aux droits et aux libertés des personnes, et des minorités sociales, culturelles, politiques. L'initiative udéciste remet à la fois en cause cette protection et la sécurité même du droit national, dans tous les domaines : en proposant d'empêcher le Tribunal fédéral suisse d'appliquer la Convention européenne des droits de l'homme, elle ne propose rien d'autre qu'empêcher des personnes de porter leur cause devant une Cour dont les décisions s'imposent à l'Etat. C'est un peu comme si on voulait empêcher des Suisses de porter leur cause devant le Tribunal fédéral, au nom de la suprématie des tribunaux cantonaux : la hiérarchie des normes de droit, qui pose le droit international au-dessus des droits nationaux (et le droit fédéral au dessus des droits cantonaux) est un instrument de défense des libertés individuelles et des droits de la personne face à l'Etat (ou à ses composantes régionales), pas un instrument de contrainte de la souveraineté nationale, et c'est à ce titre qu'il convient de la défendre... Ce ne sont pas les fantômatiques "juges étrangers" qui menacent les droits des Suisses, c'est la volonté de certains Suisses aux idées noueuses de priver leurs propres compatriotes de la protection du droit international, si insuffisante qu'elle soit encore.

    Lire la suite

  • Transparence du financement de la vie politique : initiative déposée

    Imprimer

    transparenceгласность !

    L'initiative populaire "Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique a été déposée le 10 octobre, avec un peu moins de 110'000 signatures. Essentiellement soutenue par le Parti socialiste, soutenue également par les Verts, le parti pirate, le parti évangélique le parti bourgeois démocratique (PBD), leurs organisations de jeunesse et Transparency International. l'initiative veut contraindre les partis représentés aux Chambres fédérales à rendre publics leurs comptes annuels et les dons  de plus de 10'000 francs par an et par personne qu'ils reçoivent, en argent ou en nature. Les comptes des campagnes électorales et référendaires devraient également être publiés, dès un budget de 100'000 francs. Ce que l'initiative propose, c'est, en gros, ce que plusieurs cantons (Neuchâtel, le Tessin, Genève) connaissent déjà.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, Suisse, votations 3 commentaires
  • Interdiction du voile "islamique" intégral : On votera. Nul. Forcément.

    Imprimer

    Disparition de la femme.jpg

    Donc, l'initiative crypto-udéciste pour, formellement, l'interdiction de se cacher le visage dans l'espace public, et en motivation réelle pour l'interdiction des diverses formes de "voile islamique intégral" (d'où sa désignation désormais commune d'"initiative anti-burqa"), a abouti (grâce à un nombre exceptionnellement élevé de signatures en provenance de Suisse centrale...), a été déposée à la mi-septembre, et sera soumise au peuple, vraisemblablement en pleine campagne électorale pour les fédérales de 2019. Le Conseil des Etats avait déjà sèchement refusé une initiative parlementaire visant le même objectif, en estimant que ce n'était pas à la Confédération de légiférer sur un problème, relevant soit du symbolique (la burqa considérée comme un symbole, évidemment patent, de l'oppression des femmes ou, plus fantasmatique, de l'"islamisation de la société"), du maintien de l'ordre public, ce qui est de la compétence institutionnelle des cantons, voire des communes.

    Lire la suite

  • Crise de la presse romande : Et si on cessait de pleurer ?

    Imprimer

    presse romande.jpg

    Un "think thank" (un club de réflexion, donc) "Nouvelle presse" a été lancé en juin par le mensuel "La Cité", "dans un esprit de construction et non de lamentation", pour réfléchir sur les réponses à donner à la dégradation de la situation de la presse dans ce pays -et ce coin de pays. Réfléchir, cela s'impose, en effet : pleurer sur la situation de la presse romande en général, et genevoise en particulier, surtout si ces pleurs ne sont que larmes sauriennes, ne permet guère de relever les défis auxquels les media écrits ont à faire face, à commencer par le défi de leur indépendance, et donc de leur financement. Et donc, aussi, de leur lectorat. Parce qu'il n'y a pas cinquante sources de financement de la presse : il y a la vente au numéro et à l'abonnement, et donc le lectorat, il y a la publicité (dont les recettes ont diminué de plus de la moitié entre 2008 et 2016, et continunt de diminuer), il y a l'aide publique, c'est-à-dire l'Etat (au sens large : Confédération, cantons, communes), et il y a enfin le soutien individuel, militant, ou le soutien mécénal, de fondations et d'entreprises. Et c'est à peu près tout. Lesquelles de ces sources de financement sont à la fois suffisantes en volume pour assurer l'existence d'un titre, et suffisamment désintéressées pour n'en pas menacer l'indépendance ? On exprimera en tout cas de sérieux doutes, nourris par Tamedia, sur la capacité du "marché" de remplir ces deux conditions...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Médias, Suisse 4 commentaires
  • "L'initiative 99 %" de la Jeunesse Socialiste : Une question de justice

    Imprimer

    iniatiative99%.jpg

    La Jeunesse socialiste a lancé le 4 octobre une initiative populaire fédérale pour "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital", dite "Initiative 99 %", proposant de taxer à 150 % la part des revenus excédentaires des plus fortunés des résidents suisses -ceux dont la fortune, précisément, pèse au total près de 500 milliards de francs. Le texte prévoit que les revenus du capital supérieurs à un montant défini par la loi seraient taxés à 150 %, les 100'000 premiers francs étant exonérés et les fonds de prévoyance n'étant pas concernés. Pour les initiants, il s'agit de justice : la richesse créée sans travail, mais grâce aux conditions créées par l'effort collectif, doit profiter à toutes et tous, au lieu que de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse que celle imposée aux salariés. Les ressources fiscales ainsi dégagées (estimées dans une fourchette de 5 à 10 milliards de francs) devraient servir à alléger la charge fiscale des petits et moyens revenus, à financer des prestations sociales, et pourraient également alléger le fardeau (pour les assurés modestes) des primes d'assurance-maladie. Lancée par la JS, l'initiative est soutenue par le PS (dont le président, Christian Levrat, fait partie du comité d'initiativew), les Verts et solidaritéS.

    Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur https://99pourcent.ch/

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Politique, PS, Suisse 9 commentaires
  • Apu RIE III, coucou PF17 !

    Imprimer

    bonneteau.jpgLe Conseil fédéral découvre les villes

    Le Département fédéral des Finances et le Conseil fédéral découvrent les villes : ils avaient promis que les cantons et les villes seraient "étroitement associés aux travaux" de conception de la nouvelle mouture de réforme fédérale de l'imposition des entreprises, après le refus de la précédente (l'illustre RIE III). Une RIE IIIbis ? Non : superstitieuses, les zautorités fédérales ont débaptisé l'objet maudit, et lui donnent désormais le nom de "Projet fiscal 17". Sur lequel les villes donc seront consultées (mieux vaut tard que jamais), sur la base des propositions du Conseil fédéral et des cantons, présentées en juin et soumises à consultation jusqu'au 6 décembre. Rien de tel qu'une baffe référendaire pour revenir aux réalités : comme le proclamait la Municipale des Finances lausannoise Florence Germond (et son homologue genevoise, socialiste comme elle, Sandrine Salerno exprimait la même conviction) : "On a l'habitude de dire qu'on ne peut pas gagner une votation sans les cantons. Il faudra désormais ajouter : sans l'appui des villes". Le 12 février, cet appui avait manqué à la RIE III -et pour de bonnes raisons : le projet de réforme fédérale vidait les caisses des villes. Pour amadouer les cantons et leur faire soutenir le RIE III, la droite avait porté de 17 % à 21,2 % la part de l'impôt fédéral direct qui leur reviendra. Manoeuvre réussie : les cantons, contrairement aux grandes villes, ne s'opposaient plus à la réforme. En oubliant que la baisse des ressources fiscales fédérales aura forcément des répercussions négatives sur ceux des engagements financiers de la Confédération dont les cantons bénéficient (dans le domaine de la formation, ou de l'assurance-maladie, par exemple).

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Economie, Fiscalité, Politique, Suisse 0 commentaire
  • Réforme des retraites : Un "non" ambigu mais prometteur

    Imprimer

    ermite.jpgA la trappe ou à la Trappe ?

    La réforme du système de retraite a donc été refusée par le peuple. On appelait à ce refus, avec toute la gauche (et pas seulement l'"extrême-gauche") politique et syndicale genevoise, et on constate que même s'ils sont moins nombreux, et plus localisés, que les "non" de droite, les "non" de gauche ont fait la différence en s'y ajoutant . La gauche du "oui" y a vu une "alliance contre-nature" -mais elle-même faisait alliance avec le patronat romand. Le système suisse de retraites ne sera donc pas réformé. La victoire du "non", à la fois ambiguë et prometteuse, n'est ainsi ni vraiment une victoire de la gauche, ni totalement une victoire de la droite, mais une victoire du statu quo, une victoire défensive : l'âge de la retraite des femmes ne sera pas reporté, la TVA ne sera pas augmentée. Pour le reste, ce scrutin ne révèle rien, il confirme : aucune vraie réforme sociale n'est possible sans le soutien de toute la gauche, comme aucune vraie réforme fiscale n'est possible sans celui de toute la droite. Or sur la réforme des retraites, la gauche était divisée : le report de l'âge de la retraite des femmes aura fait la différence dans les urnes. Et Le vote d'hier affirme au moins une chose : toute "réforme" du système de retraite impliquant un report de l'âge de la retraite (des femmes, des hommes ou des deux) et un renforcement du 2e Pilier au détriment du 1er, passera à la trappe. Et ses auteurs à la Trappe. Avec voeu de silence. Et de méditation. Le temps pour la gauche (toute entière) de se rappeler que le parlement n'est pas l'alpha et l'omega de l'espace politique, et que ce qui en sort peut être combattu, même par un parti (le PS, en l’occurrence) qui en avait accouché comme d'un moindre mal.

    Lire la suite

  • Cassis im Bundeshüüs

    Imprimer

    Cassis.jpgL'élection qui ne change pas grand-chose

    On ne peut pas dire que la surprise ait été au rendez-vous, hier matin, au Palais fédéral : Ignazio Cassis a été élu au Conseil fédéral. Election logique : à force de dépasser ses deux concurrents par la droite (ça va être autorisé sur les autoroutes, ça l'est déjà dans les campagne pour le Conseil fédéral), il a obtenu le soutien massif de l'UDC, pendant que ses deux concurrents devaient se partager (et partager avec lui) le soutien des autres partis. Donc voilà. Cassis succède à Burkhalter au Conseil fédéral (mais pas forcément aux Affaires Etrangères). Et alors ? ça change quoi ? Pas grand chose. Un petit glissement à droite, peut-être. Au point où on est, ça va tenir de l'imperceptibilité. A moins évidemment que Cassis n'hérite du département de Berset en partance pour de nouvelles aventures dans un autre ministère. Le lobbyste en chef des assurances-maladie désigné ministre de la santé, ça simplifierait en effet diablement la compréhension par les assurés du racket qu'ils subissent...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, Suisse 1 commentaire
  • Réforme du système des retraites : Le nom de notre NON

    Imprimer

    vignetteAVS.JPGAu Téléjournal, hier soir, le Conseiller fédéral Alain Berset faisait mine de s'étonner de l'"étrange alliance du patronat zurichois et de l'extrême-gauche genevoise" pour un "non" à la réforme des retraites soumise au vote dimanche prochain. Doit-on lui répondre (après avoir pris note que pour lui la totalité des syndicats genevois, qui disent aussi "non", comme d'ailleurs le PS genevois, sont d'"extrême-gauche") en s'étonnant à notre tour de l'"étrange alliance de l'Union Syndicale Suisse (et du PS suisse) et du patronat romand" autour du "oui" ?  On préférera ici dire les mots du nom de notre NON : "report de l'âge de la retraite des femmes".

    Lire la suite

  • Les Schweizermacher s'accrochent

    Imprimer

    avuedenezilestcinqheures.jpgNaturalisations : et si on entrait dans le XXIe siècle ?

    Nous avons mis, dans ce pays comme dans d'autres, deux siècles pour passer de la "bourgeoisie" à la citoyenneté. Naguère, pour être quelqu'un et disposer de quelque droit politique, il ne fallait être ni femme, ni pauvre, ni étranger, ni célibataire, ni catholique à Genève ou protestant en Valais, ni juif ou athée où que ce soit. Or subsistent, récurrentes, d'étranges nostalgies de ce temps joli et des rites de passage scandant l'entrée dans le cercle restreint des détenteurs de droits politiques. Régulièrement nous viennent donc aux narines des remugles de tribalisme compulsif. C'est ainsi qu'à la mi-juillet, la commission des naturalisations de la commune de Buchs, en Argovie, a préavisé négativement sur la demande d'une ressortissante turque, née en Suisse, habitant depuis 16 ans dans la commune, y ayant effectué toute sa scolarité, fiancée à un Suisse qu'elle va épouser, disposant d'un emploi stable et d'une réputation irréprochable, parlant même le dialecte, ayant passé le test écrit de citoyenneté avec 100 % de bonnes réponses, mais que la commission a jugée insuffisamment intégrée pour pouvoir prétendre à l'honneur du passeport helvétique, après lui avoir fait passer un examen en forme d'interrogatoire : 92 questions, dont certaines relevaient de la pure absurdité (genre "Préférez-vous visiter Genève ou l'Arc lémanique ?"...). Ne sachant où se trouvait le point de récolte de l'huile usagée, faisant ses courses à la Migros plutôt que dans l'épicerie du coin (sans doute tenue par un conseiller municipal, ou un de ses parents ou de ses copains), désignant le ski plutôt la lutte au caleçon comme "sport typiquement suisse", la jeune femme a été jugée non intégrée... Et ce prurit tribal n'est pas un exemple isolé : une commission municipale des naturalisations (c'est un vivier, et pas seulement en Alémanie) avait refusé la requête d'un professeur allemand, au motif, en effet incontestable, que ses amis n'habitaient pas la commune mais la commune d'à côté. Et en Thurgovie, la demande de naturalisation d'un jeune allemand, qui avait grandi et étudié à Kreuzlingen, qui parle le dialecte local et qui est en train de fonder une entreprise dans la commune, a été rejetée aux motifs, également incontestables, qu'il ne pouvait énumérer les temples protestants et les musées de la ville. Non, aimables et civilisés lecteurs, vous ne rêvez pas, vous n'avez pas été pris brutalement dans une déchirure du continuum spatio-temporel : on est bien en Suisse, au XXIe siècle. Après Jésus-Christ, même. Commentaire judicieux de la "Tribune de Genève" : "le pouvoir laissé aux communes en matière de naturalisation permet ce genre de décisions arbitraires". C'est ce pouvoir, fort heureusement ôté aux communes genevoises par la loi cantonale, que l'extrême-droite locale, une partie de la droite et quelques égarés de gauche, réclament à nouveau, après s'être tardivement aperçu qu'ils l'avaient perdu alors qu'ils se prenaient encore depuis bientôt vingt ans pour les "faiseurs de Suisses" qu'ils ne sont plus. Que la commission municipale des naturalisations soit inutile, coûteuse, parasitaire, leur importe peu : pour elles et eux, il s'agit de la maintenir, sous quelque nom que ce soit, pour entretenir l'illusion qu'ils puissent jouer un rôle dans le processus de naturalisation...

    Lire la suite

  • Réforme des retraites (PV2020) : La raison d'un NON

    Imprimer

    vignetteAVS.JPGLe référendum de gauche contre la réforme de la prévoyance vieillesse (AVS et 2e Pilier) a largement abouti, et le Comité « Non à la hausse de l'âge de la retraite. Non à la baisse des rentes » a déposé le 6 juillet 58’718 signatures validées (sur 70'000 récoltées) auprès de la Chancellerie. La majorité de ces signatures ont été récoltées en Romandie, avec un succès notable à Genève et dans une moindre mesure dans le canton de Vaud. Le 24 septembre, les citoyennes et les citoyens pourront ainsi s’exprimer non seulement sur la hausse de la TVA finançant la réforme, soumise à référendum obligatoire, mais également sur l’ensemble de la Loi sur la prévoyance vieillesse 2020. Le référendum de gauche s'attaque essentiellement à la hausse de l’âge de la retraite des femmes, et accessoirement à la baisse des rentes de 2e pilier : s'il ne s'était agi que de cela, il n'y aurait sans doute pas eu de référendum de gauche -ce qui fait mal, ce qui justifie notre opposition à un projet soutenu par la majorité des membres du PS suisse et toutes les faîtières syndicales fédérales, c'est bien, d'abord, le report d'un an de l'âge de la retraite des femmes...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Retraites, AVS, AI, Suisse, votations 0 commentaire
  • Tamedia ? Jaipognon !

    Imprimer

    chute de mots.jpgConcentrations, regroupements, achats, démantèlement dans la presse suisse :

    Tamedia fait le ménage : après l'annonce du regroupement des rédactions de "20 Minutes" et du "Matin", le groupe de presse annonce celui, à Lausanne, d'une partie de la rédaction de la "Tribune de Genève", du Matin Dimanche" et de "24 Heures". "ça ne sent pas très bon", soupire le président du Conseil d'Etat genevois, François Longchamp. Non, ça ne sent pas très bon : Le regroupement des rédactions du "Temps" et de "L'Hebdo" n'avait déjà été que le prélude à la disparition de l'"Hebdo. Mais ce que ça sent, on le renifle depuis des lustres : Il n'y aura plus qu'un seul quotidien genevois (Le Courrier) l'année prochaine, quand il y en avait cinq il y a cinquante ans ? à qui la faute ? A ceux qui ont racheté des titres, pour les fusionner puis les couler, ou à ceux qui les ont vendus ? Ou à ceux qui n'ont rien fait pour défendre les titres menacés de disparaître, sinon les pleurer le jour de leurs obsèques ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Médias, Suisse 0 commentaire
  • Maudet au Pont d'Arcole

    Imprimer

    Bonaparte_pont_Arcole.jpgLe notable, la Vaudoise et le hussard

    Dans un pays dont le peuple vote tous les trois mois, l'élection d'un membre du gouvernement n'a certes pas autant d'importance que celle que les candidats à cette élection se plaisent à lui accorder. Il n'empêche... Le 1er septembre, le PLR désignera ses candidats au Conseil fédéral, à la succession de Didier Burkhalter. Le deuxième siège PLR n'étant contesté ni par l'UDC, ni par le PDC, ni par le PS, et la "latinité" étant posée (sans d'ailleurs être définie de façon convaincante) comme une condition pour pouvoir être élu-e, le siège laissé vacant par la démission du Neuchâtelois sera occupé par l'un-e ou l'autre des trois candidats (à la candidature) en lice : le notable, la Vaudoise et le hussard : le Tessinois Ignazio Cassis, favori des bundehausologues (d'autant qu'il est chef du groupe PLR, qui désignera les candidats), la Vaudoise Isabelle Moret, qui pourrait bénéficier, tout en s'en défendant, d'un bonus féminin, et le Genevois Pierre Maudet, parti à l'assaut du PLR comme Bonaparte au Pont d'Arcole. En même temps, comme dirait Macron, faut faire gaffe : qui commence au Pont d'Arcole peut finir à Saint-Hélène... Car c'est bien d'abord le PLR, impréparé à la succession de Burkhalter, qu'il va falloir convaincre. Et ensuite, le parlement fédéral. Les citoyen ? Bof... Il y aurait même un risque pour elle ou lui qu'une candidate ou un candidat jouisse d'une trop grande faveur des foules : les parlementaires n'aiment rien tant que montrer que ce sont eux qui décident, et pas l'opinion publique : les socialistes Lilian Uchtenhagen et Christiane Brunner en ont fait les frais.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, Suisse 9 commentaires
  • Fêtes nationales, rites tribaux et frites belges

    Imprimer

    Manif identitaire.jpgLe 1er raout ? c'est bénin...

    Le 1er août, en Ville de Genève (au Parc La Grange, dès 15 heures), c'est le Bénin qui sera hôte d'honneur de la Fête Nationale suisse. Parce que le 1er août, c'est aussi la Fête Nationale du Bénin. Et donc, à Genève, les deux fêtes nationales seront célébrées en même temps (sans être fusionnées). Et ça a fait hurler le MCG au Conseil municipal. Et ça a suscité une pétition sur internet "Pour un 1er août suisse". Parce que partager notre fête nationale avec des nègres, c'est salissant ? Et que notre "identité nationale" est si faible, si improbable, que la confronter à une autre risquerait de la dissoudre ? L'extrême-droite locale explique sa pétition (retirée avec 489 signatures) : "Jusqu'à preuve du contraire, le Suisse ne descend pas du Béninois". Certes. Mais jusqu'à preuve du contraire, le Suisse et le Béninois descendent tous deux des mêmes ancêtres. Africains, les ancêtres. Eh oui, les gars, faut vous y faire : l'espèce humaine est née en Afrique, a grandi en Afrique, et n'a peuplé toute la planète(même le territoire de la Suisse actuelle ? Voui, même...) qu'en partant de l'Afrique. Et il y a autre chose à quoi il va falloir vous résigner : à ce qu'une fête nationale ne soit pas un rite tribal. On sait, ça va être dur. On compatit ? Non, même pas. Ah, juste une chose, encore, et on vous jure qu'on ne l'a pas inventé : le 1er août, c'est la Journée internationale de la frite belge. Quand on vous dit que le 1er raout, c'est bénin...

    Lire la suite

  • De 3400 à 765 offices postaux en Suisse

    Imprimer

    poste, La Poste, service public, Poste Lucem Tenebrae ?

    Il y a quinze ans, il y avait encore 3400 offices postaux en Suisse. Dans trois ans, il ne devrait plus en rester que 765, et 459 sont aujourd'hui directement menacés de fermeture. La Poste dit négocier avec les cantons et les communes, mais cette négociation se fait comme on tronçonne : La Poste négocie avec chaque canton, chaque commune, sur les offices qu'elle veut supprimer sur leur territoire -mais aucune négociation nationale ne se fait. On divise pour régner, on sépare pour fermer, on donne la liste des offices menacés à des jours différents pour entraver la naissance d'une protestation nationale, on discute, comme à Genève, avec le Conseil d'Etat sans tenir compte des communes... On a failli en débattre hier soir au Conseil municipal de Genève -mais pour la droite, il était plus important et plus urgent de faire voter par le Conseil municipal un crédit pour améliorer la zone VIP de la patinoire des Vernets que de lui permettre de dénoncer la fermeture d'offices postaux et le refus de La Poste d'entamer de véritables négociations sur son redéploiement. Heureusement, l'exécutif municipal, lui, a pris position...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Suisse 0 commentaire
  • Transition énergétique, énergie nucléaire, énergies renouvelables : Dimanche, on sort du fossile. Ou pas.

    Imprimer

    hommes-des-cavernes.jpgLa France a désormais son ministre de la "transition écologique", dimanche la Suisse aura, si le peuple en décide ainsi, sa loi de "transition énergétique". De transition de quoi à quoi ? pour résumer : des énergies fossiles aux énergies renouvelables. L'année dernière, le peuple avait refusé une sortie rapide du nucléaire. Cette année, on lui en propose une plus lente -mais l'objectif reste d'en sortir, et de réduire le plus massivement possible la part prise par les sources fossiles (le charbon, le pétrole, et donc l'uranium) dans la production d'énergie, en augmentant la part des sources renouvelables (solaire, éolien, hydrique). "Et si c'était non à la transition énergétique ?", s'interrogeait la "Tribune de Genève"... à la proposition soumise au peuple, il y a deux alternatives : le statu quo et la fuite en avant... relancer le nucléaire et gonfler les importations de courant étranger, l'un n'excluant d'ailleurs pas l'autre. Dimanche, on saura donc quel choix aura fait le Souverain helvétique. Au fait, vous l'avez envoyé, votre bulletin de vote ? Parce que sinon, c'est avant midi au local de vote que vous pourrez exercer votre droit d'aider la Suisse à sortir de l'âge du fossile.

    Lire la suite

  • Stratégie énergétique 2050 : Sortir du nucléaire ou y rester ? telle est la question

    Imprimer

    centrale nucléaire.jpg2050, pas 1984...

    "Que nous apporte la nouvelle loi sur l'énergie ?", font mine de se demander dans une annonce publicitaire ses opposants de droite (il n'y en a pas de gauche). Réponse : moins de sécurité, une baisse de la qualité de la vie, des douches froides à 3200 francs, une hausse massive des coûts, la destruction du paysage par les éoliennes (les centrales nucléaires, en revanche, ne détruisent pas le paysage, elles l'agrémentent, si, si), la surveillance par l'Etat de la consommation d'énergie des particuliers, plus de bureaucratie et d'économie planifiée. 1984, quoi, avec une génération de retard. On est dans la "vérité alternative" à la Trump ou à la Le Pen : dire n'importe quoi pourvu que cela fasse effet. Restons sérieux  : la question à laquelle on répondra le 21 mai prochain, en votation populaire sur la "stratégie énergétique 2050", est de savoir si on veut rester dans un mode de production énergétique dominé par les énergies fossiles (dont le nucléaire) ou promouvoir, pour les remplacer, les économies de consommation et les énergies renouvelables : photovoltaïque, éolienne, géothermique, hydroélectrique (la liste n'est pas close). Ces modes de production énergétique ont certes, tous, des inconvénients -mais ils sont dérisoires si on les compare à ceux basés sur le charbon, le pétrole, l'uranium ou le plutonium. On ne va pas couvrir la Suisse de milliers d'éoliennes (même le chiffre de 1000 avancés par les opposants relève de la "vérité alternative") massacrant 100'000 oiseaux chaque année. On va revanche fermer les centrales nucléaires, et laisser disparaître les petites centrales hydroélectriques qui perturbent l'équilibre des rivières (et de leur faune) sans produire assez d'énergie pour que cela soit utile.

    Lire la suite

  • PV 2020 : C'est NON quand même

    Imprimer

    vignetteAVS.JPGLes socialistes suisses adoubent la réforme des retraites... comme prévu

    Lundi, le 1er mai avait notamment pour thème, en Suisse romande du moins, la défense des retraites et le renforcement de l'AVS. La veille, le PSS annonçait le résultat du vote général de ses membres sur le projet "Prévoyance vieillesse 2020" : La direction du parti voulait un "mandat clair", c'est un plébiscite : par 11’061 OUI contre 1’153 non, soit 90,6 % de OUI, le projet adopté par le parlement et soutenu par le groupe parlementaire, la direction du parti et les Femmes socialistes a été adoubé par la base. La participation au vote a été de 39 %, en augmentation de 7 % par rapport au dernier vote général de 1995. Toutes les sections cantonales ont approuvé la réforme : les résultats se situent entre 66,7 % de OUI à Genève (où l'assemblée générale du parti a adopté le mot d'ordre du "non" et du soutien au référendum) et 97,6 % de OUI à Obwald et Nidwald. On savait même pas qu'il y avait des socialistes à Nidwald, dis-donc... Seuls les Romands et Bâlois (de la ville) ont voté NON à plus de 10 % . On espérait mieux, mais on fera avec -de toute façon, minoritaires, on savait qu'on le serait avant même qu'on en ait la confirmation par le résultat du vote général, et le référendum, on l'a déjà signé, alors ça sera NON quand même.

    Lire la suite