Suisse - Page 4

  • Assurance-maladie : floraison d'initiative

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    lobotomie.jpgSoignons, Signons !

    Sur le front de la lutte pour une véritable sécurité sociale, et donc une réforme du système d'assurance-maladie, les initiatives désormais s'additionnent, à Genève. La gauche genevoise vient de lancer la sienne, "pour des primes d'assurance-maladie plafonnées à 10 % du revenu du ménage", qui exige que le canton adapte les subsides d'assurance-maladie afin de ramener la charge de la prime au maximum à 10% du revenu. Pour les initiants, cette mesure bénéficiera avant tout aux personnes (retraité-e-s seul-e-s ou en couple) et aux familles (couples sans enfants, familles de la "classe moyenne") qui ne sont pas ou peu aidées par le système actuel des subsides à l'assurance-maladie, versés principalement aux personnes et aux familles les plus modestes.
    On signe ici : http://www.ps-ge.ch/in-10pourcent/
    Même le nouveau parti du fondateur du MCG, Eric Stauffer, s'y est mis (le thème, il est vrai, est porteur, en proportion du poids des primes versées aux caisses) : il annonce le lancement d'une initiative pour une caisse cantonale publique... et sans primes, mais financées par l'impôt.
    Enfin, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet 14'400 signatures au bas de son initiative populaire cantonale pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social". Le projet de l'initiative est celui d'une caisse garantissant à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins.

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  • Commissions municipales de naturalisations : Pas de Roestigraben pour l'arbitraire.

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    natus.jpgLa commission municipale des naturalisations de la Ville de Nyon a refusé la nationalité suisse (en la refusant en même temps à son épouse et à ses trois enfants) à un Italien de passeport né en Suisse il y a 45 ans, qui maîtrisait parfaitement le français (sans doute même mieux que nombre de ses "examinateurs") et était parfaitement intégré dans sa commune et son canton... mais avait confondu deux conseillères d'Etat vaudoises lors de son interrogatoire par la commission.  Une semaine avant lui, une jeune Française avait aussi été recalée, parce qu'elle n'avait pas pu dire si le poisson du blason de la commune nageait vers la gauche ou vers la droite. Même le président de la Confédération, Alain Berset, en est resté pantois, au point d'adresser un message de solidarité personnelle à Salvatore Scanio : "J'ai été touché par la situation que vous vivez face à votre procédure de naturalisation". Et si le président de la Confédération ne peut, en tant que tel, rien faire pour effacer les âneries des "faiseurs de Suisses" nyonnais, Alain Berset a pu, en tant qu'Alain Berset, exprimer son espoir que le déjà Suisse de fait voulant le devenir aussi de droit ait "le courage et la force (...) de dépasser cette épreuve et de continuer". On avait pris l'habitude, de ce côté de la limite entre la tribu et la société, de considérer qu'il n'y avait guère que dans la Suisse alémanique profonde qu'on pouvait refuser à un habitant ou une habitante de ce pays, né-e dans ce pays, éduqué-e dans ce pays, ayant fondé une famille dans ce pays, travaillant dans ce pays, le droit d'avoir la nationalité de ce pays parce qu'elle ou il ne faisait pas ses courses à la Migros du coin mais à la Coop de la commune d'à côté, ou n'aime pas le bruit des cloches de vaches, ou ne cite pas l'Inn au nombre des fleuves qui prennent leur source en Suisse, ou considère que le ski est un sport national suisse, ou ne connaît pas Arnold von Melchtal... il faut se résoudre à admettre qu'en Romandie aussi, on peut faire usage de critères aussi imbéciles pour prendre une décision aussi navrante. Et qu'il n'y a pas de Roestigraben pour l'arbitraire. Hélas

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  • Le Jeu des Chaises Musicales, discipline olympique

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    luge.jpgLe président du comité de candidature du Valais (et de quelques autres cantons) pour l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026 ("Sion 2026"), l'avocat d'affaire lausannois Jean-Philippe Rochat, figurait, par son cabinet d'avocat, dans les "Panama Papers" (des documents puisée dans les archives du cabinet Mossack Fonseca, sur plus de 200'000 structures "offshore" administrées par l'officine panaméenne, et décrivant une vaste entreprise de fraude, de soustraction et d'"optimisation" fiscales). Il se défendait dans un communiqué d'avoir fait quoi que ce soit d'illégal (la fraude et la soustraction sont illégales, pas l'"optimisation", qui consiste à trouver le moyen de payer le moins d'impôt possible tout en restant dans les clous), mais comme l'écrivait la "Tribune de Genève", "à l'heure où le projet olympique vient d'obtenir un milliard de francs de soutien de la Confédération, de telles pratiques tombent mal". Encore plus mal que le poing de Christian Constantin (ancien vice-président du comité de candidature) dans la gueule d'un type qui lui déplaisait -Constantin, lui aussi, avait été poussé vers la sortie après avoir balancé son gnon. Et n'avait pas manqué l'occasion, une fois rendue publique la présence de Rochat dans les "Panama Papers", de lui adresser cette flèche du Parthe : "demander de l'argent public alors qu'on défend l'optimisation de fonds privés, ce n'est pas compatible. En termes d'images, c'est dévastateur". Résultat : Jean-Philippe Rochat, lui aussi poussé vers la sortie, s'est retiré de la présidence du comité de candidature "Sion 2026" et y a été remplacé par l'UDC zurichois Jürg Stahl, certes président de "Swiss Olympic", mais dont le parti est plutôt opposé à l'organisation de JO d'hiver en Suisse. "Swiss Olympic" annonce que "la candidature suisse aux jeux olympiques d'hiver 2026 entre dans une nouvelle phase". Comme la lune quand elle décroît ? Si les promoteurs de l'importation en Suisse des JO d'hiver se mettent eux-mêmes à décrédibiliser leur projet, la Suisse a peut-être une chance d'y échapper.

     

     

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  • Recyclage de la réforme de l'imposition des entreprises : Bis Repetita

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    On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgLa Communauté genevoise d'action syndicale, qui réunit tous les syndicats genevois, jusqu'à celui de la police, est très claire : que le projet fédéral ou cantonal de réforme de l'imposition des entreprise ait changé de nom, passant de "RIE III" à "PF17", importe peu : si son contenu ne change pas profondément, la CGAS lancera les référendums contre le recyclage du projet fédéral et contre son volet cantonal, tant qu'ils entraîneront des pertes fiscales pour les collectivités publiques et une détérioration des prestations à la population. C'était déjà la raison pour laquelle les syndicats avaient été, avec le PS suisse, en première ligne du combat, victorieux, contre la RIE III fédérale le 12 février dernier. Le nouveau projet fédéral et son volet cantonal risquent donc fort de se retrouver face à une opposition tout aussi déterminée que celle qui mit à bas leurs premières moutures, d'autant que s'il a été revu sur certains points (il renonce par exemple à la "déduction des intérêts notionnels", le projet fédéral contient toujours des éléments (la "patent box", les déductions fiscales pour la recherche et le développement, par exemple) contestables, et que le volet cantonal proposé par le Conseil d'Etat fixe le nouveau taux d'imposition des entreprises à un niveau "vaudois" trop bas (13,8 %). Les syndicats ne contestent nullement l'objectif avoué de la réforme, c'est-à-dire l'établissement d'un taux d'imposition unique pour toutes les entreprises, et donc la fin du privilège jusqu'alors accordé aux multinationales. Mais ils contestent fermement l'usage de cet objectif comme un prétexte pour faire de nouveaux cadeaux à toutes les entreprises, pouvant aller jusqu'à 70 % d'allègements fiscaux, au détriment des finances et des prestations publiques -et donc de l'ensemble de la population, mais surtout de sa part économiquement la plus modeste.

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  • La Grève Générale, un siècle plus tard : Quel cahier de revendication ?

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    Grève Générale 1918.jpgEn novembre prochain, la gauche et les syndicats suisses célébreront
    (www.greve-generale.ch) le centenaire du plus important mouvement social de la Suisse moderne (celle qui naît avec la République Helvétique dont
    on pourrait d'ailleurs aussi célébrer, toujours l'année prochaine, le 220e anniversaire) : la Grève Générale de novembre 1918. 250'000 travailleurs (dans un pays de 3 millions et demi d'habitants) se mettent en grève, à l'appel du Comité d'Olten créé par l'Union Syndicale et le Parti Socialiste : on a faim dans les villes, les familles dont les pères montent la garde aux frontières sont sans ressources (il n'y a pas
    d'assurance perte de gain et la solde est dérisoire), la situation sociale est catastrophique -et des grèves sectorielles, comme celle des
    employés de banque zurichois, ont déjà éclaté. Le cahier de revendication de la grève est un programme politique -celui d'un Etat
    fédéral rénové, et d'une politique fédérale progressiste. La Grève fut levée, pour éviter un bain de sang, au bout de deux jours. Elle apparut
    donc, dans l'immédiat, comme se soldant par une défaite. Et pourtant, il suffit de relire précisément son cahier de revendications pour constater
    que la plupart (pas toutes, certes...) d'entre elles ont finalement été satisfaites, certaines (l'AVS, le suffrage féminin...) après plusieurs
    décennies, d'autres (l'élection du Conseil national à la proportionnelle, la semaine de travail de 48 heures) beaucoup plus rapidement. Et surtout, c'est bien la Grève Générale de 1918 qui posa le mouvement ouvrier suisse comme une puissance politique. La peur qu'elle inspira à la classe et à la caste dominantes fera le reste : ses revendications seront satisfaites, ses organisateurs intégrés (peut-être
    même un peu trop...) à l'institutionnalité politique. Mais au-delà de l'exercice commémoratif, une question peut être posée un siècle après
    l'événement : quel pourrait être en 2018 le cahier de revendication d'une grève générale aussi politique que celle de 1918 ? La Jeunesse Socialiste suisse a ouvert un site internet participatif pour recueillir les propositions : c'est sur https://generalstreik-reloaded.ch/fr/

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  • L'initiative "No Billag" serait acceptée, selon un étrange sondage : Nous enfumerait-on ?

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    fumée.jpgSelon un étrange sondage réalisé du 17 au 27 novembre auprès de 1010 Suisses et Suisses rémunérés pour leur participation, 57 % des personnes interrogées voteraient "oui" le 4 mars à "No Billag" (et 34 % "non"), c'est-à-dire à la suppression de la redevance obligatoire pour l'accès à la radio et à la télévision. Pourquoi évoquer un "étrange" sondage ? d'abord, parce que son échantillon (l'ensemble des personnes interrogées) ne comprend aucune citoyenne ni aucun citoyen d plus de 65 ans, alors que cette classe d'âge est celle qui participe le plus massivement aux scrutins. Ensuite, parce que les résultats du sondage tels que publiés dans la presse ne distinguent pas les réponses des Romands et des Alémaniques, alors que tous les autres sondages effectués sur la question indiquent que les Romands soutiennent beaucoup moins "No Billag" que les Alémaniques. Enfin, parce que dans le même temps où le "sondage" indique une majorité favorable à la suppression de la redevance, il indique une majorité encore plus claire satisfaite des programmes radio et télé financés par la redevance. Sans vouloir complotiser bêtement (ni même intelligemment, si c'est concevable), on s'interroge : ne serait-on pas en train de nous enfumer ?

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  • Echec de la réforme PV2020 des retraites : Qui a marqué l'autogoal ?

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    préhistoire-du-foot.jpgLe Parti socialiste suisse et l'Union syndicale Suisse sont certes des organisations démocratiques. Et pluralistes. Mais ça n'empêche pas leurs directions respectives d'être quelque peu rancunières : après l'échec de la réforme des retraites (PV2020) qu'elles soutenaient toutes deux, et que soutenaient la majorité de leurs délégués, de leurs sections, de leurs fédérations, elles s'en sont prises aux minorités qui, en leur sein, appelaient à voter "non" à ladite réforme. Comme le PS genevois, la Jeunesse Socialiste ou la Communauté genevoise d'action syndicale. Et avaient ainsi contribué à son rejet dans les urnes. Une "erreur historique" dont se serait rendu coupable "un quarteron d'apparatchiks", selon le président du PSS, Christian Levrat, un "autogoal" selon sa vice-présidente, Géraldine Savary. Mais un "autogoal" marqué par qui ? Réponse de la présidente du PS genevois : "si la PV2020 a été rejetée, ce n'est pas à cause du PSG ni à cause des JS, mais parce que, comme ailleurs en Europe, l'électorat naturel de la social-démocratie voit de moins en moins dans le consensus et les compromis au sommet de perspectives à la résolution de ses problèmes". Bien dit, Carole-Anne...

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  • Le peuple contre le droit ? Foutaise...

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    Droit, UDCDroit international et droits démocratiques : Le peuple contre le droit ? Foutaise...

    L'UDC ayant fait aboutir son initiative "le droit suisse au lieu de juges étrangers", l'initiative sera soumise au peuple et aux cantons l'année prochaine. Elle prétend imposer soit l'adaptation, soit la dénonciation des traités internationaux conclus par la Suisse, et qui seraient contraires à la constitution fédérale -et donc à des initiatives populaires la modifiant, et ayant été acceptées. Quatre initiatives populaires ont été ces dernières années dans ce cas, d'avoir été approuvées par le peuple et le canton, alors que leur contenu, inscrit désormais dans la constitution, était contraire à des dispositions importantes du droit international, contenues dans des traités signés et ratifiés par la Suisse : les initiatives pour l'internement à vie des criminels considérés comme dangereux, pour le renvoi des délinquants étrangers, pour l'interdiction des minarets et contre l'"immigration de masse".  On est là au coeur de la contradiction entre deux principes également fondamentaux : celui de la primauté du droit international (et de la valeur de la signature de la Suisse au bas d'un texte), d'une part, celui de la primauté du prononcement populaire en droit national, d'autre part. Et on ne cessera à ce propos de le rappeler : contrairement à ce qu'un vieux truisme affirme, la démocratie n'est pas un système où "le peuple a toujours raison", mais un système où le peuple a le pouvoir. Ce qui n'est évidemment pas, mais alors pas du tout, la même chose.

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  • A l'automne tombent les feuilles des arbres. Et les augmentations de primes d'assurance-maladie. Et les initiatives populaires.

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    feuilles d'automne.jpgQuand LAMA fait cracher, LAMA toujours faire ainsi

    A l'automne tombent les feuilles des arbres. Et les augmentations de primes d'assurance-maladie. Presque tout le monde s'en plaint (certains ont tout de même les moyens de s'en foutre), mais presque tout le monde s'y résigne : Genève est l'un des cantons où les primes d'assurance-maladie sont les plus élevées et subissent les plus fortes hausses moyennes : 5,4 % pour 2018 (4 % en moyenne nationale, mais jusqu'à 6,4 % dans le canton de Vaud). Or le niveau des primes est un facteur déterminant de paupérisation, avec le niveau des loyers. A Genève, les trois partis de l'"Alternative" (la gauche genevoise représentée au parlement cantonal), le PS, les Verts et "Ensemble à Gauche") ont lancé une initiative cantonale proposant des subsides cantonaux afin de permettre de plafonner à 10 % la part prise par les primes d'assurance-maladie sur le revenu des personnes et des familles (dans le canton de Vaud, un tel plafonnement, négocié et intégré dans les mesures d'accompagnement de la réforme de l'imposition des entreprises, va être mis en place à 12 % en 2018 et 10 % en 2019.
    La récolte de signatures (il en faut 5100 valables) vient de commencer pour l'initiative cantonale genevoise*, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet la sienne pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social"et deux autres initiatives, fédérales, sont en cours de signature : l'une contre les liens d'intérêts entre caisses-maladie et parlement fédéral, l'autre pour autoriser les cantons à créer une caisse publique : On peut télécharger des feuilles de signatures sur http://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2017/11/IN10-PS.pdf

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  • Les media de service public invités au silence sur "No Billag"

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    museliere.jpgDébat avec muselière

    En mars prochain, les Suissesses et les Suisses voteront sur une initiative populaire "No Billag", qui propose la suppression de la redevance d'accès aux programmes des media publics (la SSR). Un débat s'est donc ouvert, et va se tenir pendant quatre mois encore, sur cette initiative. Mais quel débat, dans quelles conditions ? Les dirigeants de la SSR ont édicté des règles strictes imposant à ses responsables, ses porte-paroles et ses collaborateurs, et même à ses programmes, un devoir de réserve s'appliquant à toute la période de campagne sur l'initiative. La SSR a même décidé de cesser toute campagne de promotion de ses chaînes et de ses services. Le service public de media renonce à se défendre ? c'est pousser fort loin le souci de ne pas donner aux partisans d'une initiative qui menace frontalement son existence, l'occasion de faire, à leur niveau et à leur manière, du "trumpisme" en se présentant comme les adversaires valeureux (et brimés) d'un "monopole" illégitime. En Romandie, la RTS a invité ses collaborateurs de mettre une sourdine à leur expression sur les réseaux sociaux, de n'y intervenir qu'en dehors de leur temps de travail et "d'éviter toute attaque directe et de garder leur calme". Admettre que les collaborateurs de la SSR sont aussi des citoyens, et qu'en tant que tels ils sont libres de leur opinion et de leur expression quand ils s'expriment à titre personnel, est-ce trop exiger ? Comment débattre sur les radios et télévisions de service public, et même sur les réseaux sociaux, d'une initiative qui menace le service public ? En faisant silence sur la menace ?

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  • Foutage de gueules taille olympique

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    coup-pied-hockey.jpgLes JO d'hiver 2026 en Suisse ?

    Le Valais, associé à Vaud, Fribourg et Berne, est candidat à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Sa candidature est soutenue par "Swiss Olympic" et par le Conseil fédéral, qui prévoit d'y mettre un milliard mais ne peut exclure qu'il faudrait y mettre bien plus. Ce serait la première fois depuis 78 ans que les JO reviendraient en Helvétie. Le Valais ne pouvant assumer seul l'organisation de Jeux Olympiques, même d'hiver, il s'est associé à d'autres cantons, mais la décision d'organiser ou non les JO sera le fait d'un vote populaire dans le seul Valais, et non d'un vote dans toute la Suisse alors que toute la Suisse payerait la facture. Le Conseil fédéral, le CIO, le comité de promotion de la candidature suisse, assurent vouloir des Jeux raisonnables, modestes, "durables, à taille humaine et financièrement responsables". Et pourquoi pas respectueux de l'environnement et de l'amateurisme sportif, pendant qu'on y est ? Le Foutage de gueule, en tout cas, il l'est, lui, de taille olympique...

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  • Naturalisations : état des lieux

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    natus2.jpgDeux mois pour faire le pas

    L'Union Syndicale Suisse a lancé, en février dernier, un appel à tous les étrangers nés en Suisse à entamer une procédure de naturalisation, et a invité les villes et les communes à agir pour les y inciter et le leur faciliter. La présidente de l'USS estime ainsi "qu'il est dans l'intérêt d'une démocratie de convaincre autant d'habitants et d'habitantes d'un pays que possible de devenir des citoyens et des citoyennes majeurs et actifs". Dans le même camp, le Parti socialiste suisse a également lancé  un appel ("Nous voulons plus de Suisse pour toutes et tous") pour la naturalisation des personnes au bénéfice d’un permis B tant que cela leur est encore possible, c'est-à-dire jusqu'au 31 décembre de cette année. Le PSS propose à celles et ceux qui désirent acquérir la nationalité suisse d'entrer en contact avec une conseillère ou un conseiller en naturalisation (on s’inscrit ici : http://www.sp-ps.ch/fr/aide-la-naturalisation). Il reste deux mois pour faire le pas...

     

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    Lien permanent Catégories : Immigration, Suisse 5 commentaires
  • Réforme du système des retraites : Désaccord à corps

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    chute de mots.jpgLe 27 octobre, le Conseiller fédéral Alain Berset réunissait 27 protagonistes de la campagne sur son défunt projet de réforme du système de retraite : les partisans de gauche et les opposants de gauche, les opposants de droite et les partisans de droite, ceux qui veulent repousser l'âge de la retraite et ceux qui le refusent, ceux qui veulent une réforme globale et ceux qui veulent une réforme saucissonnée. Résultat selon Alain Berset lui-même : "il y a désaccord sur presque tous les points", et selon l'ATS, un peu plus euphémique : "Il n'y a pas de convergence de vue sur les contours d'une future réforme. Le seul constat partagé à été celui de la nécessité d'agir". Faut faire quelque chose. Oui, bon, d'accord, mais quoi ? Il faut un financement additionnel pour l'AVS afin de maintenir le niveau des rentes. Oui, bon, d'accord, mais quel  financement additionnel ? une hausse des cotisations, une hausse de la TVA, un déplafonnement de l'impôt fédéral direct ? un report  à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes ? un report de l'âge de la retraite de tout le monde à 66 ans ? à 67 ans ? Et le 2e Pilier, on en fait quoi ? On le renforce, on le renfloue, on le fusionne avec le premier ? "tous les points sont ouverts sur la table", a résumé Alain Berset. La table ? Disons : l'établi...

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    Lien permanent Catégories : Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse 1 commentaire
  • Offensive udéciste contre le droit international

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    CEDH.jpg

    On votera l'année prochaine sur une initiative de l'UDC qui, sous prétexte de privilégier le droit suisse au droit international, en invoquant (pour l'exorciser) le spectre des "juges étrangers" (et en confondant donc "juges étrangers" et juges internationaux, dont certains sont Suisses...), entend réduire la protection que le droit international et ses institutions (la Cour européenne des droits de l'homme, par exemple, institution du Conseil de l'Europe -dont la Suisse est membre) accordent ou tentent d'accorder aux droits et aux libertés des personnes, et des minorités sociales, culturelles, politiques. L'initiative udéciste remet à la fois en cause cette protection et la sécurité même du droit national, dans tous les domaines : en proposant d'empêcher le Tribunal fédéral suisse d'appliquer la Convention européenne des droits de l'homme, elle ne propose rien d'autre qu'empêcher des personnes de porter leur cause devant une Cour dont les décisions s'imposent à l'Etat. C'est un peu comme si on voulait empêcher des Suisses de porter leur cause devant le Tribunal fédéral, au nom de la suprématie des tribunaux cantonaux : la hiérarchie des normes de droit, qui pose le droit international au-dessus des droits nationaux (et le droit fédéral au dessus des droits cantonaux) est un instrument de défense des libertés individuelles et des droits de la personne face à l'Etat (ou à ses composantes régionales), pas un instrument de contrainte de la souveraineté nationale, et c'est à ce titre qu'il convient de la défendre... Ce ne sont pas les fantômatiques "juges étrangers" qui menacent les droits des Suisses, c'est la volonté de certains Suisses aux idées noueuses de priver leurs propres compatriotes de la protection du droit international, si insuffisante qu'elle soit encore.

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  • Transparence du financement de la vie politique : initiative déposée

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    transparenceгласность !

    L'initiative populaire "Pour plus de transparence dans le financement de la vie politique a été déposée le 10 octobre, avec un peu moins de 110'000 signatures. Essentiellement soutenue par le Parti socialiste, soutenue également par les Verts, le parti pirate, le parti évangélique le parti bourgeois démocratique (PBD), leurs organisations de jeunesse et Transparency International. l'initiative veut contraindre les partis représentés aux Chambres fédérales à rendre publics leurs comptes annuels et les dons  de plus de 10'000 francs par an et par personne qu'ils reçoivent, en argent ou en nature. Les comptes des campagnes électorales et référendaires devraient également être publiés, dès un budget de 100'000 francs. Ce que l'initiative propose, c'est, en gros, ce que plusieurs cantons (Neuchâtel, le Tessin, Genève) connaissent déjà.

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  • Interdiction du voile "islamique" intégral : On votera. Nul. Forcément.

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    Disparition de la femme.jpg

    Donc, l'initiative crypto-udéciste pour, formellement, l'interdiction de se cacher le visage dans l'espace public, et en motivation réelle pour l'interdiction des diverses formes de "voile islamique intégral" (d'où sa désignation désormais commune d'"initiative anti-burqa"), a abouti (grâce à un nombre exceptionnellement élevé de signatures en provenance de Suisse centrale...), a été déposée à la mi-septembre, et sera soumise au peuple, vraisemblablement en pleine campagne électorale pour les fédérales de 2019. Le Conseil des Etats avait déjà sèchement refusé une initiative parlementaire visant le même objectif, en estimant que ce n'était pas à la Confédération de légiférer sur un problème, relevant soit du symbolique (la burqa considérée comme un symbole, évidemment patent, de l'oppression des femmes ou, plus fantasmatique, de l'"islamisation de la société"), du maintien de l'ordre public, ce qui est de la compétence institutionnelle des cantons, voire des communes.

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  • Crise de la presse romande : Et si on cessait de pleurer ?

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    presse romande.jpg

    Un "think thank" (un club de réflexion, donc) "Nouvelle presse" a été lancé en juin par le mensuel "La Cité", "dans un esprit de construction et non de lamentation", pour réfléchir sur les réponses à donner à la dégradation de la situation de la presse dans ce pays -et ce coin de pays. Réfléchir, cela s'impose, en effet : pleurer sur la situation de la presse romande en général, et genevoise en particulier, surtout si ces pleurs ne sont que larmes sauriennes, ne permet guère de relever les défis auxquels les media écrits ont à faire face, à commencer par le défi de leur indépendance, et donc de leur financement. Et donc, aussi, de leur lectorat. Parce qu'il n'y a pas cinquante sources de financement de la presse : il y a la vente au numéro et à l'abonnement, et donc le lectorat, il y a la publicité (dont les recettes ont diminué de plus de la moitié entre 2008 et 2016, et continunt de diminuer), il y a l'aide publique, c'est-à-dire l'Etat (au sens large : Confédération, cantons, communes), et il y a enfin le soutien individuel, militant, ou le soutien mécénal, de fondations et d'entreprises. Et c'est à peu près tout. Lesquelles de ces sources de financement sont à la fois suffisantes en volume pour assurer l'existence d'un titre, et suffisamment désintéressées pour n'en pas menacer l'indépendance ? On exprimera en tout cas de sérieux doutes, nourris par Tamedia, sur la capacité du "marché" de remplir ces deux conditions...

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  • "L'initiative 99 %" de la Jeunesse Socialiste : Une question de justice

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    iniatiative99%.jpg

    La Jeunesse socialiste a lancé le 4 octobre une initiative populaire fédérale pour "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital", dite "Initiative 99 %", proposant de taxer à 150 % la part des revenus excédentaires des plus fortunés des résidents suisses -ceux dont la fortune, précisément, pèse au total près de 500 milliards de francs. Le texte prévoit que les revenus du capital supérieurs à un montant défini par la loi seraient taxés à 150 %, les 100'000 premiers francs étant exonérés et les fonds de prévoyance n'étant pas concernés. Pour les initiants, il s'agit de justice : la richesse créée sans travail, mais grâce aux conditions créées par l'effort collectif, doit profiter à toutes et tous, au lieu que de bénéficier d'une fiscalité plus avantageuse que celle imposée aux salariés. Les ressources fiscales ainsi dégagées (estimées dans une fourchette de 5 à 10 milliards de francs) devraient servir à alléger la charge fiscale des petits et moyens revenus, à financer des prestations sociales, et pourraient également alléger le fardeau (pour les assurés modestes) des primes d'assurance-maladie. Lancée par la JS, l'initiative est soutenue par le PS (dont le président, Christian Levrat, fait partie du comité d'initiativew), les Verts et solidaritéS.

    Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur https://99pourcent.ch/

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  • Apu RIE III, coucou PF17 !

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    bonneteau.jpgLe Conseil fédéral découvre les villes

    Le Département fédéral des Finances et le Conseil fédéral découvrent les villes : ils avaient promis que les cantons et les villes seraient "étroitement associés aux travaux" de conception de la nouvelle mouture de réforme fédérale de l'imposition des entreprises, après le refus de la précédente (l'illustre RIE III). Une RIE IIIbis ? Non : superstitieuses, les zautorités fédérales ont débaptisé l'objet maudit, et lui donnent désormais le nom de "Projet fiscal 17". Sur lequel les villes donc seront consultées (mieux vaut tard que jamais), sur la base des propositions du Conseil fédéral et des cantons, présentées en juin et soumises à consultation jusqu'au 6 décembre. Rien de tel qu'une baffe référendaire pour revenir aux réalités : comme le proclamait la Municipale des Finances lausannoise Florence Germond (et son homologue genevoise, socialiste comme elle, Sandrine Salerno exprimait la même conviction) : "On a l'habitude de dire qu'on ne peut pas gagner une votation sans les cantons. Il faudra désormais ajouter : sans l'appui des villes". Le 12 février, cet appui avait manqué à la RIE III -et pour de bonnes raisons : le projet de réforme fédérale vidait les caisses des villes. Pour amadouer les cantons et leur faire soutenir le RIE III, la droite avait porté de 17 % à 21,2 % la part de l'impôt fédéral direct qui leur reviendra. Manoeuvre réussie : les cantons, contrairement aux grandes villes, ne s'opposaient plus à la réforme. En oubliant que la baisse des ressources fiscales fédérales aura forcément des répercussions négatives sur ceux des engagements financiers de la Confédération dont les cantons bénéficient (dans le domaine de la formation, ou de l'assurance-maladie, par exemple).

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    Lien permanent Catégories : Economie, Fiscalité, Politique, Suisse 0 commentaire
  • Réforme des retraites : Un "non" ambigu mais prometteur

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    ermite.jpgA la trappe ou à la Trappe ?

    La réforme du système de retraite a donc été refusée par le peuple. On appelait à ce refus, avec toute la gauche (et pas seulement l'"extrême-gauche") politique et syndicale genevoise, et on constate que même s'ils sont moins nombreux, et plus localisés, que les "non" de droite, les "non" de gauche ont fait la différence en s'y ajoutant . La gauche du "oui" y a vu une "alliance contre-nature" -mais elle-même faisait alliance avec le patronat romand. Le système suisse de retraites ne sera donc pas réformé. La victoire du "non", à la fois ambiguë et prometteuse, n'est ainsi ni vraiment une victoire de la gauche, ni totalement une victoire de la droite, mais une victoire du statu quo, une victoire défensive : l'âge de la retraite des femmes ne sera pas reporté, la TVA ne sera pas augmentée. Pour le reste, ce scrutin ne révèle rien, il confirme : aucune vraie réforme sociale n'est possible sans le soutien de toute la gauche, comme aucune vraie réforme fiscale n'est possible sans celui de toute la droite. Or sur la réforme des retraites, la gauche était divisée : le report de l'âge de la retraite des femmes aura fait la différence dans les urnes. Et Le vote d'hier affirme au moins une chose : toute "réforme" du système de retraite impliquant un report de l'âge de la retraite (des femmes, des hommes ou des deux) et un renforcement du 2e Pilier au détriment du 1er, passera à la trappe. Et ses auteurs à la Trappe. Avec voeu de silence. Et de méditation. Le temps pour la gauche (toute entière) de se rappeler que le parlement n'est pas l'alpha et l'omega de l'espace politique, et que ce qui en sort peut être combattu, même par un parti (le PS, en l’occurrence) qui en avait accouché comme d'un moindre mal.

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