Suisse - Page 3

  • Loi fédérale sur les jeux d'argent : Le pain des jeux

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    casino-en-ligne.jpgLe 10 juin, en vote fédéral, nous sommes appelés à accepter ou refuser la loi fédérale sur les jeux d'argent, combattue par deux référendums, un de droite libertarien largement financé par des établissements de jaux, et un autre, de gauche, lancé essentiellement au nom de la liberté d'accès à l'internet, la loi soumise au vote permettant de bloquer l'accès à des sites étrangers de jeux payants qui ne respecteraient pas le cadre légal qu'elle pose. En deçà de cet enjeu de principe, il y a un enjeu financier : fort prisés, les jeux d'argent, de la roulette des casinos à la loterie à numéros, rapportent des milliards à ceux qui les organisent, mais aussi un milliard de contributions obligatoires à l'Etat et, à partir de lui, aux organismes, aux activités, aux acteurs sociaux et culturels, ainsi qu'à l'AVS, à qui il redistribue le produit des jeux. La loi proposée par le Conseil fédéral et le Parlement veut étendre les règles nationales sur les jeux d'argent a l'espace numérique, appliquer le droit suisse aux entrepreneurs de jeux sur internet basés à l'étranger et accessibles depuis la Suisse, pour pouvoir aussi tirer des revenus de ceux dégagés par ces opérateurs, et pouvoir donc redistribuer aussi le pain réel de ces jeux virtuels. Une ponction assez "morale", finalement. Et on ne voit pas pour quelle raison les opérateurs basé à l"étranger" y échapperaient, dès lors qu'ils appâtent des joueurs résidant en Suisse.

    Ce n'est pas le forum qui est menacé, c'est le souk.

    Deux méthodes de contrôle de l'offre de jeux payants sur internet sont actuellement mises en oeuvre. La première est celle de la menace de blocage en ligne des sites non autorisés : 17 pays européens la pratiquent, dont la France et l'Italie. La seconde, pratiquée en Grande-Bretagne ou au Danemark, est celle de la licence, attribuée ou non à des exploitants étrangers : les sites sans licence ne sont pas bloqués, mais la possibilité de les payer l'est. Ce qui est proposé au vote populaire suisse, c'est un régime d'autorisations et de concessions publiques à des exploitants à qui sont imposées des exigences et des contrôles. La principale nouveauté est l'extension de ce système aux jeux en ligne et aux tournois de poker hors des maisons des jeux. Par ailleurs. la loi imposerait aux cantons et aux loteries de prendre des mesures contre l'addiction au jeu, aux fédérations sportives et sociétés de paris de signaler tous trucages possible et élargirait le cercle des exploitants de jeux d'argents soumis à la loi sur le blanchiment.

    Ce qui fait débat et contestation dans ce dispositif est la possibilité de blocage des sites internet de jeux payants basés à l'étranger et donc non soumis au droit suisse, mais proposant des jeux en Suisse sans disposer d'autorisation et sans contribuer financièrement ni à l'AVS, ni à la culture, ni au sport, ni à aucune activité d'utilité publique. Ce "marché noir du jeu" pèse 300 millions de francs par an et échappe à toute ponction utile. La possibilité offerte par la loi de bloquer l'accès en Suisse à ces sites (comme 17 pays européens peuvent déjà le faire) révulse deux groupes, contradictoires d'opposants : les dévots du libre marché et les défenseurs de la liberté d'accès à l'internet. Le premier groupe nous indiffère. Le second nous semble se tromper de combat : la capacité donnée par le projet de loi de bloquer les sites de jeux en ligne basés à l'étranger ne menace en rien la liberté d'informer, de débattre, ds s'exprimer -elle ne menace que la liberté de margoulins de siphonner les revenus des joueurs, sans avoir à en redistribuer la moindre parcelle à activité plus utile (ou au financement de l'AVS). Ce n'est pas le forum qui est menacé, c'est le souk. Et encore : la marge du souk, son  arrière Cour des faux Miracles. Pas de quoi monter aux barricades. Bref, on votera OUI à la loi, Parce qu'on ne mélange pas les torchons mercantiles avec les serviettes ludiques.

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  • Initiative "Monnaie Pleine", soumise au vote le 10 juin : OUI à une assurance...

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    francs suisses.jpg

    Souvenez-vous (c'est pas si vieux) : il y a dix ans, en 2018, la Confédération et la Banque Nationale (BNS) balançaient des milliards dans une opération de sauvetage d'UBS, menacée de disparaître dans les tourbillons de la crise financière mondiale, et "trop grande pour faillir" (to big to fail) sans risquer de casser toute l'économie suisse. La crise qui avait failli engloutir UBS avait en fait été créée par les imprudences systématiques (systémiques, même)des banques, qui avaient accordé des crédits non garantis par les débiteurs, ni couverts par les fonds propres des créditeurs. L'initiative "monnaie pleine" soumise au vote populaire le mois prochain est une forme de réponse à cette crise : elle prévoit que les banques ne pourront plus accorder de prêts au-delà des fonds dont elles disposent réellement (et qui aujourd'hui ne couvrent que 1 % des dépôts en banque). Autrement dit,. qu'elles ne pourront plus créer de la "monnaie scripturale" (qui représente actuellement 90 % de la masse monétaire dans un pays comme la Suisse). Une forme d'assurance, en somme, chaque prêt étant garanti par les fonds propres de la banque, celle-ci ne risquant plus de se retrouver dans la situation d'UBS, et la Confédération et la BNS dans l'obligation de sauver une banque "trop grande pour faillir".

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  • Jeux Olympiques d'hiver 2026 en Suisse : Plus de concurrence que d'enthousiasme

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    JO.jpgOn en est où, de la candidature du Valais (et quelques autres cantons) à l'organisation des Jeux Zolympiques d'hiver 2026 ? On en est à attendre le vote des Valaisans, le 10 juin prochain, sur un crédit de 100 millions de francs pour la promotion de la candidature de "Sion 2026". De ce vote dépendra l'attribution ou non du milliard de garantie de déficit promis par la Confédération -à moins qu'un autre vote, fédéral celui-là, soit organisé sur ce milliard, ce que les promoteurs de la candidature suisse veulent éviter -on les comprend : on ne peut pas dire que l'enthousiasme populaire soit au rendez-vous de la candidature valaisanne (et circonvoisine). A défaut d'enthousiasme, "Sion 2026" aura de la concurrence : Huit autres villes sont candidates au raoût olympique hivernal (que certaines ont déjà organisé) : Stockholm, Graz, Sapporo, Calgary, Erzurum, Milan, Turin et Cortina d'Ampezzo. En référendum, la population d'Innsbruck avait enterré une première candidature autrichienne. Un exemple que les Valaisans seraient bien inspirés de suivre.

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  • Presse écrite : petits arrangement entre amis

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    curafifi.jpgTamedia ? J'ai Blocher

    Le groupe de presse Tamedia et Christoph Blocher se sont échangé (sous réserve d'un nihil obstat de la Commission fédérale de la concurrence) les journaux : Tamedia rachète les parts de Blocher dans la Basler Zeitung et Blocher celles de Tamedia dans les journaux gratuits Tagblatt der Stadt Zurich, Geneve Home Informations et Lausanne Cités. Certes, la Commission fédérale de la concurrence doit encore avaliser la transaction. Mais le pluralisme des media, la Comco s'en tamponne un peu la rotative -tout au plus pourrait-elle s'inquiéter de la concentration des espaces publicitaires.

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  • Après le naufrage de "No Billag", c'est l'aide à la presse qui fait surface

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    carcan.jpgLes cris de l'écrit

    Après le naufrage de l'initiative "No Billag", naufrage qui n'a fait de victimes que les initiants, la possibilité d'une aide publique à la presse privée a fait surface. Elle était catégoriquement refusée par les grands éditeurs privés, lors même qu'elle était soutenue, voire réclamée, par les journaux indépendants. Et puis voilà, surtout en Romandie, que de fervents opposants à ce qu'ils dépeignaient comme une "mainmise de l'Etat sur la presse" se ravisent, et envisagent ce qu'ils affectaient de prendre pour une calamité. C'est sans doute qu'ils ont compris qu'ils pouvaient eux-mêmes y avoir avantage. Mais c'est aussi que la situation de la presse écrite privée s'aggrave de jour en jour -et les grands groupes ne sont d'ailleurs pas innocents de cette aggravation. L'éditeur de la "Liberté" de Fribourg considère qu'une "aide directe à la presse est souhaitable, tant qu'elle n'altère pas l'indépendance de nos médias". Pourrait-elle l'altérer plus, cette indépendance, que l'intégration de nombre de ces media dans de grands groupes (genre Tamedia ou Ringier) qui suppriment des journaux, fusionnent des rédactions, font disparaître des rubriques et taillent dans les effectifs des journalistes ? Ce sont pourtant de là, surtout, que nous viennent les cris de l'écrit...

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  • Droit international, droits humains, juges "étrangers" : Affaiblir encore l'arme des faibles ?

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    CEDH.jpgJusqu'au 18 mars se tient à Genève le festival annuel du fil et forum international des droits humains, le FIFDH. Et hier, au Conseil des Etats, une initiative de l'UDC dite "le droit suisse au lieu des juges étrangers", mais dont la cible est le droit international des droits humains, subissait son examen de passage parlementaire et était clairement rejetée -seuls les six udécistes l'ont soutenue. Déposée en août 2016, l'initiative de l'UDC propose de contraindre les traités internationaux à la constitution nationale, sinon à les dénoncer. Seuls les traités internationaux soumis à référendum continueraient d'être appliqués tels quels s'ils n'ont pas été refusés par le peuple. En clair, l'UDC propose de violer la plupart des traités internationaux signés et ratifiés par la Suisse. Au-delà de la simple opportunité politicienne (les élections fédérales, c'est l'année prochaine, le vote sur l'initiative aussi, et il faut caresser son électorat dans le sens du poil), et de la rogne de voir des textes d'initiatives votés par une majorité populaire se heurter, lorsqu'il s'agit de les appliquer, à des normes de droit supérieur, ce qui suscite l'ire de l'UDC dans la primauté du droit international sur le droit national n'est rien moins que les textes internationaux garantissant les droits humains fondamentaux,  individuels et collectifs. Des textes qui, précisément, pour autant que la Suisse respecte ses propres engagements et sa propre signature (ce que l'UDC trouve superfétatoire) empêchent de faire n'importe quoi au nom du "peuple souverain". Et permettent à chaque personne de ce peuple (suisse) de se défendre contre "son" Etat (la Suisse), ou son canton, ou sa commune... Ce moyen pour les plus faibles de se défendre contre les plus forts, va-t-on l'affaiblir alors qu'il faudrait le renforcer ?

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  • JO d'hiver en Suisse : Les Valaisans se prononceront le 10 juin. Et les autres ?

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    Sion 2026.jpgLe Grand Conseil valaisan a, à une majorité écrasante (101 voix contre 22), et sans surprise, apporté son soutien financier (100 millions) à la candidature de Sion à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Les Valaisans se prononceront en votation populaire le 10 juin prochain ? Et les autres ? des votes sont certes prévus, ou possibles, dans les cantons, voire les communes, associées à la candidature valaisanne, mais dans la mesure où toute la Suisse devra payer (au moins un milliard) pour une éventuelle organisation des JO hivernaux sur son territoire, et que le budget cantonal couvrant les 100 millions votés par le parlement valaison n'est lui-même couvert que par la redistribution aux cantons "pauvres" (dont le Valais) de contributions des cantons "riches" (dont Genève) à la péréquation financière fédérale, un vote de toute la Suisse, comme le demande une motion socialiste au Conseil national, et que le Conseil national vient d'accepter,  serait pour le moins légitime.

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  • Rejet massif de l'initiative "No Billag" : Tabula non rasa

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    poubelle.jpgLa SSR ne mettra pas la clef sous la porte : les Suissesses et les Suisses, même celles et ceux dont on supposait qu'elles et ils pourraient soutenir l'initiative "No Billag" (les plus jeunes, les Tessinois...) l'ont refusée, à une majorité massive (presqu'à trois contre un) du peuple et de tous les cantons. Au final, "No Billag", soutenue par l'UDC et les Jeunes PLR, fait moins bien que l'initiative 1:12 de la JSS et que celle du GSsA pour l'abolition de l'armée. Toutefois, et même s'il est habituel qu'une initiative populaire puisse "décoller" dans les premiers sondages qui la concerne, bien avant que la campagne de votation ait démarré, le fait que cette initiative-là ait pu recueillir dans ces premiers sondages une majorité approbative signifie bien au moins un double questionnement, sur le rôle des media publics, et sur leur financement. Que cette approbation se soit affritée, pour se dissoudre, dans les mois qui suivirent son expression initiale, tient moins du grand complot médiatico-politique évoqué par ses partisans que de sa faiblesse constitutive (consubstantielle à son hypocrisie fondatrice : elle proclamait s'attaquer à la redevance alors qu'elle s'attaquait à la SSR) : en mettant l'accent sur la seule redevance, en ne tenant aucun discours crédible sur le rôle de la SSR, et en confondant le moyen de communication et ses instruments (les postes de radio et de télévision) avec le producteur du contenu communiqué (comme si regarder une émission de la SSR sur internet par un ordinateur ou un smartphone était regarder autre chose que la même émission vue sur un poste de télévision ou entendue sur un poste de radio), l'initiative a raté sa cible, et ses partisans l'ont décrédibilisée.

     

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  • L'enjeu réel du vote sur "No Billag" : Ne laisser place qu'au Marché

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    mire TV.jpgAlors même que se déploie un peu partout une offensive contre les media publics, la Suisse est le seul pays où on envisage la suppression sur décision populaire d'une radio-télévision publique, et le désengagement total de l'Etat central des media audiovisuels. Car c'est bel et bien ce que demande l'initiative "No Billag" dont les derniers sondages nous annoncent une sèche défaite, mais qui n'en conserve pas moins encore quelque chances d'être acceptée. Quelques chances pour les initiants, mais surtout pour les groupes qui, derrière eux, lorgnent moins sur le contenu diffusé par la SSR que sur la part de marché publicitaire qu'elle réussit encore à capter.

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  • Service postal public : la "tactique du salami"

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    office postal fermé.jpgInconvenience formats

    Le Conseil des Etats a exigé, le 30 novembre dernier, que l'accès aux services de la Poste, y compris pour les paiements, soit garanti dans toutes les régions du pays, alors que la Poste veut faire passer le nombre de ses bureaux de 1197 en décembre dernier à 800 ou 900 (avec 1200 suppressions d'emplois à la clef), en compensation de quoi le nombre des "points d'accès" basés dans des commerces privés passerait d'un millier aujourd'hui à 1200 ou 1300 dans deux ans. Or "Le Courrier" de mardi révélait qu'un document interne de La Poste, datant de mai 2016 et signé par le directeur de l'unité "réseau postal", envisageait de réduire d'un quart, dès 2020, le nombre de ces mêmes "agences postales", tout en continuant de supprimer les bureaux traditionnels ("le nombre d'offices postaux n'est pas gravé dans la pierre", avait déclaré le mois dernier le président du Conseil d'administration de la Poste, Urs Schwaller). Par quoi va-t-on alors les remplacer, les bureaux supprimés et les agences abandonnées ? par des automates (des "convenience formats"), ou par rien du tout ? Le Conseiller national PDC grison Martin Candinas dénonce la "tactique du salami" engagée par la poste : on coupe une tranche après l'autre, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Hypothèse optimiste : au moins, le salami, il aura nourri quelqu'un une fois coupé...

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  • "No Billag" : des plans "B" sortis d'un chapeau claque

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    tvfuture-ok.jpg

    Les derniers sondages donnent l'initiative "No Billag", et donc l'abolition de tout financement fédéral d'une chaîne de radio ou de télévision, qu'elle soit publique ou privée), assez largement (plus de 60 % de "non") défaite : seuls les électeurs de l'UDC seraient enclins à dire "ja". Il est vrai qu'il n'y a guère que de mauvaises raisons de voter "oui" à "No Billag". Pour autant, il faut bien admettre qu'il y en a aussi quelques unes, de mauvaises raisons, de voter "non", la première étant le maintien de la SSR telle qu'elle est. Or telle qu'elle est, elle a besoin de réformes -y compris de réforme de son financement, afin de passer de la redevance à l'impôt. Sauf que pour réformer la SSR (et son financement), il faut bien qu'il y ait encore une SSR à réformer. Et qu'après l'attilesque "No Billag", la seule question qui pourra encore se poser est celle du délai de disparition de la SSR, et de la durée de son agonie, car tous les plans "B" sortis du chapeau claque des initiants ou de leurs soutiens relèvent du pur foutage de gueule (la majorité des "sondés" Tamedia du 1er février n'y croyant d'ailleurs même pas).

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  • Il y a cent ans, la Grève Générale : Commémorer pour quoi faire ?

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    Grève Générale 1918 cahier de revendication.jpgNous voilà donc dans l'année du centenaire d'un mouvement et d'un moment qui fut celui d'un accouchement de la Suisse actuelle : la Grève générale de novembre 1918. Ce "moment" syndical (et politique) est d'abord celui d'une peur surmontée, celle de la grève générale, ensuite celui d'une peur assumée, celle d'une répression sanglante, enfin celui d'une peur provoquée,  celle qui s'est emparée de la bourgeoisie, du patronat, de la classe politique dominante du pays, face à un mouvement qu'elles n'imaginaient pas possible, qu'elles réprimèrent, mais dont, les unes après les autres, elles acceptèrent les revendications, pour éviter de revivre l'expérience traumatisante qu'elles en firent. La question que pose la commémoration d'un moment aussi exceptionnel est bien : qu'en faire ? Une nostalgie ou un enseignement ?

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  • Initiative udéciste pour le primat du droit national : Vive mon droit à moi tout seul

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    hommes-des-cavernes.jpg

    Déposée en août 2016, l'initiative de l'UDC intitulée à la manière typique du parti "le droit suisse au lieu de juges étrangers" (le qualificatif "musulman" manque pour que les quotas rhétoriques udécistes soient remplis, mais ce ne doit être qu'un oubli), sera sans doute soumise au vote populaire en 2019. Elle propose de plier les traités internationaux à la constitution fédérale, et de dénoncer ceux qui contraindraient la Suisse à des obligations contradictoires de sa constitution. Seuls les traités internationaux soumis à référendum continueraient d'être appliqués tels quels s'ils n'ont pas été refusés par le peuple. En clair, l'UDC propose de violer la plupart des traités internationaux signés et ratifiés par la Suisse. Lancera-t-on pour y répondre une initiative "le droit genevois au lieu de juges suisses-allemands", qui proposerait de traiter le droit fédéral comme l'extrême-droite propose de traiter le droit international ? La démarche procéderait de la même logique : mon droit à moi tout seul vaut plus que le droit de tous. Une caricature de stirnerianisme. C'est en quoi l'acceptation de l'initiative affaiblirait la protection des droits fondamentaux en Suisse même, et, que ce texte "menace la démocratie", comme le dénoncent, après le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe,  une centaine d'associations et d'ONG (de Caritas à Amnesty International en passant par Swissaid) regroupées dans la coalition "Facteur de protection D".

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  • Les Jeux Olympiques d'hiver 2026 en Suisse ? Au vote populaire !

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    print_st_moritz_jo.jpgLe 10 juin prochain, le Valais se prononcera en votation populaire sur une participation financière de 100 millions de francs (60 millions pour les infrastructures, 40 pour la sécurité) à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver dans le canton. Mais les JO devraient aussi se dérouler dans les cantons de Vaud, Fribourg, Berne et Grisons, et la Confédération a prévu une participation financière d'un milliard. Le Valais sera-t-il seul à se prononcer en votation sur un projet fort contesté, mais soutenu par le PLR dans tous les cantons concernés, et dont les promoteurs assurent qu'il est d'"envergure nationale" ? Le président de "Sion 2026", Jürg Stahl se la joue confiant : "je ne crains pas un vote national". Et ça tombe bien, les opposants non plus : une initiative parlementaire déposée par des élus fédéraux de gauche et de l'UDC exige une votation fédérale.

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  • Initiative "antiburqa" : vers un contre-projet indirect

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    burqa-fondue.jpgQuand le fétichisme désarme la raison

    Le Conseil fédéral, estimant que l'Etat n'a pas à dire à ses citoyennes et citoyens comment ils doivent s'habiller (ce avec quoi nous sommes parfaitement d'accord, soit écrit en passant), propose un contre-projet indirect (le PS aurait préféré un contre-projet direct) à l'initiative "antiburqa" du  comité crypto-l'UDC qui avait déjà commis l'initiative "anti-minarets". Le gouvernement se dit conscient du malaise suscité par la présence, même rare et fugace, de femmes entièrement voilée ("aucune femme ne devrait porter la burqa" résume Simonetta Sommaruga), mais ne tient ni à ce qu'une prescription vestimentaire soit inscrite dans la constitution fédérale, ni à imposer une prescription légale à tous les cantons, le phénomène mis en exergue par l'initiative étant de réalité fort différente d'un canton à l'autre (jusqu'à l'irréalité totale dans certains cantons -lesquels seront certainement ceux qui donneront la plus forte majorité à l' l'initiative). Certains cantons ont déjà interdit le voilage des visages (St-Gall, le Tessin), d'autres s'y sont explicitement refusés (Zurich, Soleure, Schwytz et Glaris, où ce refus a été prononcé par la Landsgemeinde). Ce que le Conseil fédéral pourrait proposer, c'est une disposition pénale réprimant la contrainte exercée sur une personne pour se dissimuler le visage (la contrainte étant déjà, quelle qu'elle soit, punie par le code pénal sans qu'il y ait besoin d'une plainte) et une obligation d'être à visage découvert dans tout rapport avec les autorités. Deux mesures de bon sens, la première permettant en outre de sanctionner les responsables d'une d'une contrainte imposée aux femmes, sans qu'elles aient besoin de porter plainte (il y a poursuite d'office), plutôt que les victimes de cette contrainte. Sauf que le gouvernement lui-même ne se faire sans doute pas beaucoup d'illusions sur la capacité de sa réponse, purement rationnelle, à l'initiative de dissuader le peuple et les cantons d'"interdire la burqa" comme ils ont interdit les minarets (76 % des personnes interrogées dans un sondage effectué en décembre dernier étaient prêtes à voter l'initiative). Le fétichisme, il est vrai, et cela vaut pour celui qui impose le voile ou la burqa comme pour celui qui veulent les prohiber, est assez imperméable à la raison...

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  • De "No Billag" à "No ATS", ou le chemin de la désinformation

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    telex-machine.jpgCanal Moins

    Le 8 janvier, l'ATS, notre bonne vieille Agence télégraphique suisse, annonçait une restructuration. D'envergure, la restructuration :
    Dans une lettre ouverte aux autorités politiques fédérales et cantonales, la rédaction de l'agence écrit : "Si la restructuration annoncée le 8 janvier est mise en oeuvre, l'ATS ne pourra plus jouer son rôle actuel". Pas plus que la SSR si "No Billag" devait être acceptée par le peuple et le canton le 4 mars. D'ailleurs, dans les deux cas, on voit de grand groupes privés pointer leur muffle, les uns pour créer leur propre agence de presse, les autres pour créer leur propre télévision. Une différence notable doit toutefois être relevée, entre les deux mises à mort - la différence entre une exécution et un suicide : "No Billag" a été lancée contre la SSR par ses adversaires et ses concurrents de la SSR, et c'est le peuple qui décidera de son sort. Alors que "No ATS" est fomentée par l'ATS elle-même. Et que le peuple ne sera pas consulté. Pourtant, c'est bien lui, au bout du parcours de l'information que l'ATS produit, qui est le consommateur de cette information, qu'il reçoit par la presse écrite, mais aussi par la radio, la télévision et l'internet... tous destinataires de ce que l'ATS diffuse...

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  • L'Assurance-maladie la plus chère d'Europe ? c'est en Suisse...

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    Assurance-maladie.jpgPrimes plombées et plombantes

    Les primes de l’assurance-maladie de base vont augmenter en moyenne de 4 % en 2018. Elles avaient déjà augmenté de 4,8% en 2017. En vingt ans, elles auront augmenté de 150 %. Selon l’indice des primes d’assurance-maladie (IPAM) de l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui reflète l’évolution des primes d’assurance-maladie obligatoire et des primes d’assurance-maladie complémentaire et qui permet de chiffrer les répercussions de l’évolution des primes sur la croissance du revenu disponible, la hausse des primes enregistrée en 2017 a ralenti la croissance du revenu disponible moyen de 0,3 point. Si les primes étaient restées stables, les ménages auraient disposé de moyens supplémentaires pour des dépenses de consommation ou pour de l’épargne. Autrement dit : non seulement le système actuel d'assurance-maladie plombe les revenus des habitants de ce pays, mais il plombe aussi l'économie nationale, en réduisant la consommation et l'épargne, et donc l'investissement. Et ça ne va pas s'arranger en 2018...

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  • Age de la retraite des femmes : le Conseil fédéral s'obstine ? Alors nous aussi...

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    pas de victoire sans lutte.jpgTenir bon...

    Tirant ce qu'il considère, lui (mais pas nous), comme les leçons de son échec avec sa défunte réforme (PV2020) de l'assurance-vieillesse, le Conseil fédéral, qui avec Alain Berset voulait une réforme conjointe de l'AVS (1er pilier) et de la Prévoyance professionnelle (2e Pilier) propose désormais de les disjoindre et de privilégier l'"assainissement" de l'AVS. La capacité du gouvernement de tirer les leçons du vote de septembre dernier a toutefois ses limites : il semble n'avoir pas compris, ou du moins pas admis, que cet échec tenait pour beaucoup, du moins en Romandie, au report à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes, refusé par la majorité d'entre elles, et qu'il remet sur le tapis. Ce qui lui vaut déjà les félicitations du PLR, mais lui vaudra aussi, et vaudra au parlement s'il suit le gouvernement sur cette voie, un nouveau référendum de gauche. Qui, cette fois, pourrait -disons : devrait être soutenu par le PS et par l'Union syndicale suisses, et plus seulement par la Jeunesse socialiste, le PS genevois et les cartels syndicaux genevois et vaudois.

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  • Media : Les 150 ans du Courrier, la dernière année de la SSR ?

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    Vignette No Billag.JPGLe dur désir de durer

    "Le Courrier" fête son 150e anniversaire : le premier numéro de ce qui est aujourd'hui le dernier, le seul, quotidien de gauche de Suisse romande, est paru le 5 janvier 1868 comme une "feuille religieuse et nationale", alors hebdomadaire, vouée à défendre les droits des catholiques dans une Genève encore dominée par les protestants et leur église elle aussi "nationale". Intéressante collision de cet anniversaire avec la campagne sur l'initiative "No Billag" : un quotidien papier fête ses 150 ans, avec le dur désir de durer encore longtemps, au moment où on se demande si le medium audiovisuel public survivra à l'offensive de ses adversaires.
    On se permet de vous recommander le dernier numéro, exceptionnellement quadrilingue (vu l'enjeu) du magazine « Culture enjeu », qui porte sur l'initiative « No Billag » ... En français, en allemand, en italien et en romanche, on vous dit en quoi il importe que cette initiative purement mercantiliste soit refusée. http://www.cultureenjeu.ch/

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  • Assurance-maladie : floraison d'initiative

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    lobotomie.jpgSoignons, Signons !

    Sur le front de la lutte pour une véritable sécurité sociale, et donc une réforme du système d'assurance-maladie, les initiatives désormais s'additionnent, à Genève. La gauche genevoise vient de lancer la sienne, "pour des primes d'assurance-maladie plafonnées à 10 % du revenu du ménage", qui exige que le canton adapte les subsides d'assurance-maladie afin de ramener la charge de la prime au maximum à 10% du revenu. Pour les initiants, cette mesure bénéficiera avant tout aux personnes (retraité-e-s seul-e-s ou en couple) et aux familles (couples sans enfants, familles de la "classe moyenne") qui ne sont pas ou peu aidées par le système actuel des subsides à l'assurance-maladie, versés principalement aux personnes et aux familles les plus modestes.
    On signe ici : http://www.ps-ge.ch/in-10pourcent/
    Même le nouveau parti du fondateur du MCG, Eric Stauffer, s'y est mis (le thème, il est vrai, est porteur, en proportion du poids des primes versées aux caisses) : il annonce le lancement d'une initiative pour une caisse cantonale publique... et sans primes, mais financées par l'impôt.
    Enfin, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet 14'400 signatures au bas de son initiative populaire cantonale pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social". Le projet de l'initiative est celui d'une caisse garantissant à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins.

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