mardi, 04 mai 2010

Au grand bal des goinfres, les banquiers suisses sauvent leurs bonus

Au grand bal des goinfres, les banquiers suisses sauvent leurs bonus

Après celle des actionnaires de l'UBS, l'Assemblée générale des actionnaire du Crédit Suisse a ratifié la politique de rémunération de la direction de la banque, et donc les bonus pharaoniques qui leur sont accordés, deux jours après que le Conseil fédéral ait fait mine de vouloir taxer ce genre de prébendes dès lors qu'elles dépasseraient deux millions.  Les opposants à ces cadeaux ont tout de même obtenu à l'assemblée du  CS 29,16 % des votes exprimés, ce qui a suscité, de la part du président du Conseil d'administration de la banque, la promesse d'améliorer les programmes de rémunération pour obtenir plus de soutien des petits actionnaires. Elle en aura peut-être besoin, la banque, de ce soutien : le programme actuel pourrait conduire à ce que les dirigeants du Crédit Suisse se partagent jusqu'à un milliard de francs. Pour l'heure, le directeur général du Crédit Suisse, Brady Dougan, gagne 91 millions de francs, le Crédit Suisse a distribué 149 millions de francs à ses treize managers, soit 42 millions de plus qu'en 2008, et les administrateurs du groupe ont vu leur rémunération doubler, en passant à 22,3 millions au total. Au grand bal des goinfres, Dougan et ses copains du Crédit Suisse font bonne figure.

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mardi, 27 avril 2010

Rapport sur la politique suisse de sécurité : Cultiver des mythes bouffés aux mites

Renvoyé par deux fois à son expéditeur, le rapport sur la politique de sécurité proposé par Ueli Maurer a finalement été, par lassitude, résignation ou désintérêt, accepté et publié par le Conseil fédéral à la mi-avril. Et ce texte a pratiquement fait l'unanimité contre lui, à force d'accumulation de lieux communs bouffés aux mites depuis la fin de la guerre froide, d'absence de priorités, de contradictions insurmontables et d'allergies inguérissables. Au bout du compte, le seul parti politique a avoir réussi à trouver quelque intérêt au pensum d'Ueli der Soldat a été... le « parti bourgeois démocratique », issu d'une scission du parti de Maurer. Un rapport creux à force de se vouloir consensuel, donc. Mais la médiocrité même de l'exercice a son utilité, paradoxale : le rapport de sécurité du Conseil fédéral dresse un diagnostic -non pas tant de la politique de sécurité, mais de l'incapacité politique et intellectuelle d'en concevoir une qui ait un sens à partir d'un instrument dont on ne veut pas se défaire : l'armée. Ueli Maurer aura décidement plus fait pour l'abolition de l'armée en trois ans de présence au Conseil fédéral que le GSsA en vingt ans d'activisme antimilitariste.

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16:46 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : armée, défense, sécurité, maurer | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 avril 2010

Le dilemme des antimilitaristes : Abolir la conscription ou abolir l'armée ?

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) s'interroge : faut-il lancer une initiative pour l'abolition du service militaire obligatoire ? Pour les uns, une telle initiative se justifierait pour prendre de vitesse la droite que tente l'idée de rendre plus difficile l'accès au service civil, et plus lourd ce service (déja moitié plus long que le service militaire). Mais la suppression du service militaire ne serait pas celle de l'armée, et si elle remettrait à sa juste place, dans une vitrine de musée, le mythe du « citoyen-soldat », elle porte le risque de voir émerger, à la place de l'armée de conscription, une armée de métier plus contestable encore. Côté socialiste, le projet de nouveau programme du PSS considère certes que « le service militaire obligatoire est dépassé », mais veut le remplacer par un « système de recrutement volontaire ». C'est-à-dire, au moins à terme, par une armée de métier, même si la mission que les socialistes lui assigne serait de « contribuer avant tout à la protection de la population civile et à la promotion de la paix ». Mais pourquoi diable maintenir une armée, si c'est pour lui donner pour tâche celles de la Protection Civile et des Peace Brigades internationales ?

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mercredi, 07 avril 2010

« Renvoi des criminels étrangers » : Gesticulations

Le PDC et les radelibes, qui ne veulent ni l'un ni les autres de l'initiative UDC sur le « renvoi des criminels étrangers », et surtout pas laisser l'UDC s'ébrouer seule sur le terrain sécuritaire, proposaient chacun un contre-projet à l'initiative. Les deux partis se sont finalement coalisés pour faire adopter par le Conseil des Etats, où ils détiennent ensemble la majorité, un contre-projet pour « l'expulsion des criminels étrangers dans le respect de la Constitutution », manière de dire que si la forme de l'initiative UDC leur déplaît, sur le fond, ils sont sur la même ligne qu'elle. Démo-chrétiens et radelibes considèrent, au contraire d'Amnesty International qui en avait demandé l'ivalidation, que l'initiative ne viole pas le droit international impératif, mais n'en recommandent pas moins son rejet au profit de leur contre-projet, qui prévoit le renvoi de tout étranger condamné pour toute une série de délits et de crimes qui n'ont en commun que de figurer sur un inventaire à la Prévert suisse qui va de l'« abus de prestation sociale » au crime de sang. Initiative et contre-projet ont non seulement en commun l'essentiel de leur contenu, mais surtout l'essentiel de leur démarche : celle d'une gesticulation démagogique. On peut d'ores et déjà prendre les paris sur le résultat du vote : initiative et contre-projet seront probablement tout deux acceptés, la seule incertitude portant sur leurs scores respectifs. Quant à leur effet sur le taux de criminalité, on sait déjà qu'il sera nul. Et que cela n'importe ni aux auteurs de l'initiative, ni à ceux du contre-projet.

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14:28 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : politique, sécurité, udc | |  Facebook | | | |

mardi, 06 avril 2010

Révision de l'assurance-chômage : Aux armes référendaires, citoyens !

Chômdur, dur...

Le Parlement a approuvé la 4eme révision de l'assurance chômage, faite sur le dos des chômeurs, malgré les appels au report du projet, lancés par une partie de la droite (les jeunes libéraux-radicaux, par exemple) qui craint un rejet en votation populaire, ou les grognements de l'UDC, qui estime qu'on ne va pas assez loin dans le démantèlement du droit à l'indemnisation. Le comité national référendaire contre la révision de l'Assurance Chômage préparait depuis des mois le referendum, il a donc lancé celui-ci, avec le soutien du PS et des syndicats. Sur ce dossier aussi,  « le peuple de gauche doit défaire l'aristocratie radicale » , comme le proclamait Christian Levrat devant l'Assemblée des délégués du PS, fin février...  « Aristocratie radicale » épaulée en l'occurrence par la cléricature démo-chrétienne pour faire payer la crise de l'emploi à ses victimes. Ah, ça ira, ça ira, ça ira !

télécharger la feuille de signature pour le référendum :
http://www.facebook.com/l/002bd;www.non-dlaci.ch/signatur...

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mercredi, 24 mars 2010

Secret bancaire : ça fuit de partout !

Il y a un peu plus d'un an, le 13 mars 2009, le Conseil fédéral annonçait le renoncement de la Suisse à la vieille distinction jésuitique (quoique fort oecuméniquement adoptée par la banque protestante) entre fraude et évasion fiscale, du moins pour les clients étrangers, et domiciliés à l'étranger, des banques suisses. Et depuis, les milieux bancaires et la droite politique ne savent plus à quel saint se vouer et cherchent désespérément à sauver, dans une joyeuse cacaphonie, ce qui peut encore l'être du secret bancaire. Des voix radicales, et même libérales, se font toutefois entendre pour que cette position dogmatique soit abandonnée et que l'évidence soit reconnue : le bon vieux secret bancaire de Grand Papa est bel et bien mort. Non le secret bancaire en soi, mais le secret bancaire sous sa forme désormais défunte. Or autoriser la livraison d'informations aux fiscs étrangers alors qu'on l'interdit toujours aux fiscs cantonaux suisses est difficilement justifiable, sinon par le rapport de force politique entre la Confédération et les Etats voisins d'une part, la Confédération et les cantons d'autre part : il est infiniment plus facile à Berne de résister à Bâle ou à Genève qu'à l'Allemagne, la France ou les Etats-Unis. On a les courages qu'on peut.

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mardi, 16 mars 2010

Domestiques politiques attendent gages patronaux

Les partis de droite furieux contre EconomieSuisse :
Domestiques politiques attendent gages patronaux


Les partis bourgeois en ont gros sur la patate, après la déculottée prise le week-end dernier, lors du vote sur le 2e pilier. Et ils en veulent méchamment à « EconomieSuisse » : l'organisation faîtière du patronat helvétique a en effet totalement pris en main la campagne (ratée) en faveur du projet brutalement refusé par le peuple. Radicaux, démo-chrétiens et udécistes reprochent amèrement au syndicat patronal d'avoir claqué une dizaine de millions de francs pour cette campagne, au lieu que de financer directement les partis de droite, comme ils le faisaient auparavant. C'est vrai que ça doit être dur de devoir mener campagne comme de vulgaires partis de gauche, sans subventions directes du patronat, et de devoir attendre que celui-ci consente à accorder quelque aumône à ses commis politiques, quand ça l'arrange, qu'une campagne doit être menée sur un sujet qui touche des « intérêts économiques » qui ne veulent pas trop se montrer. Pour couronner le tout, EconomieSuisse a eu recours à une agence pour embaucher des jeunes qui ont fait campagne pour elle, sans rien connaître au dossier... « EconomieSuisse ferait mieux de nous donner des moyens plutôt que payer des jeunes qui n'y comprennent rien », pleurniche le président du PDC, Christophe Darbellay. Il ne lui vient pas à l'idée, à Darbellay, que son parti, le parti radical-libéral et l'UDC, pourraient se démerder pour se financer eux-mêmes au lieu que de mendier auprès du patronat ? Ce sont les domestiques que l'on gage...

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lundi, 15 mars 2010

Initiative Minder : On votera. Malgré Blocher

Forte de 114'000 signatures, l'initiative lancée par l'entrepreneur schaffhousois Thomas Minder, inquiète le patronat et la droite politique : l'initiative demande l'établissement d'un contrôle des rémunérations des dirigeants d'entreprises par les actionnaires de ces entreprises, pour éviter que des gestionnaires totalement irresponsables, dans tous les sens du qualificatif, se mettent des bonus plein les poches en coulant l'entreprise. La proposition de Minder n'a rien de subversif, mais est suffisamment populaire pour qu'en ordre apparemment dispersé, quoique peut-être plus savamment organisé qu'il y paraît, le Conseil fédéral, le Conseil des Etats, le PDC, les radelibes, l'UDC et EconomieSuisse se soient mis, les uns après les autres, à allumer des contre-feux  : le Conseil fédéral propose une réforme du Code des Obligations, le PDC un contre-projet direct, le Conseil des Etats a repoussé l'initiative Minder tout en allégeant les propositions du Conseil fédéral pour les rendre quasi insignifiantes et EconomieSuisse a ravalé la façade de son « code de bonnes pratiques ». Comme ces barrages politiques paraissaient insuffisants, c'est Blocher qui s'y est mis, pour concocter un contre-projet indirect, et obtenir de Minder qu'il retire son initiative si ce contre-projet était accepté par une majorité parlementaire. Las ! Majorité parlementaire il n'y a point... Résultat : on se prononcera sur l'initiative Minder. Or c'est justement ce que Blocher voulait éviter.

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mardi, 09 mars 2010

2e Pilier : touche pas à MA rente

« Le peuple suisse vient de tracer une ligne rouge, une première limite à ne pas franchir dans le démantèlement des assurances sociales » déclare notre président à tous (pas Longet, Levrat) après la lourde défaite de la droite sur le 2e pilier, dimanche. Ouais. D'abord, tracer une «ligne rouge » autour du 2e pilier, c'est un peu vite oublier que ce machin a été concocté par la droite (avec l'appui résigné du PSS et de l'USS, certes) contre un projet de « retraites populaires » qui aurait renforcé l'AVS au lieu que d'instaurer une retraite par épargne forcée. Ensuite, il nous semble que des limites à ne pas franchir dans le démantèlement des assurances sociales, on en a déjà franchies quelques unes. On se réjouira certes que celle-ci n'ait pas (encore) été franchie, mais en faire une grande victoire de la gauche, le début de la « reconquête sociale » qu'y voit « Le Courrier » ou, comme « Le Matin », une manifestation de « révolte » des Suisses, c'est un peu excessif.. Le vote de dimanche est juste un vote de rentiers qui veulent garder leurs sous, qui ont parfaitement raison de ne pas vouloir les filer aux assurances privées et de payer la crise à la place des responsables de la crise, mais dont la plupart n'auraient certainement pas voté l'intégration du 2e pilier dans l'AVS, c'est-à-dire la transformation de leur rente par capitalisation en un renforcement de la rente par répartition...

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samedi, 27 février 2010

Au boulot, les invalides !

Le Conseil fédéral a transmis au parlement une proposition de révision de l'assurance-maladie visant à remettre au travail, en six ans (2012-1018), 16'000 bénéficiaires d'une rente (soit l'équivalent de 12'500 rentes pleines, ou 5 % de l'ensemble des rentières et rentiers AI) pour invalidité. Cette révision, la sixième, succèderait à deux autres ayant fait baisser de moitié, entre 2003 et 2009, le nombre de nouvelles rentes accordées chaque année, et de plus de 10'000 le nombre total de rentiers AI entre 2006 et 2009. Y'a-t-il moins d'invalides pour autant ? Non, mais il y a moins de bénéficiaires de rentes invalidité. Et pour nos bons gouvernants, c'est ce qui importe. Sur les rentiers AI comme sur les rentiers AVS, les rentiers IIème pilier et les indemnisés chômeurs s'abat la logique comptable qui tient lieu de projet politique à tant de nos élues et élus.

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vendredi, 26 février 2010

Crise libyenne : L'Europe sauve la mise de la Suisse

Mardi soir, l'un des deux Suisses retenus depuis des mois en Libye, en rétorsion de l'arrestation à Genève du fils du Frère en chef, a pu retrouver le sol suisse. Le deuxième otage suisse du clan Kadhafi a, lui, été conduit en prison sous prétexte d'infraction aux lois sur l'immigration. Pour en arriver à ce dénouement mi-figue, mi-datte, il aura fallu que les ambassadeurs européens à Tripoli passent la nuit dans une ambassade de Suisse encerclée par des policiers armés, et que l'Union européenne s'engage, contrainte et forcée par le  « mécanisme de Schengen », dans un conflit qui au départ ne la concernait absolument pas, mais qui, sans cet engagement européen, en serait encore au stade où il était lorsque Hans-Rudolf Merz revenait de Tripoli avec le linge sale des otages, mais sans les otages. La Suisse sortie du merdier libyen par l'Europe ? Le principal enseignement de la crise libyenne ne manque pas d'ironie. La même que celle dont l'ineffable Kouchner tenta de faire preuve lorsqu'à la question d'un journaliste suisse sur une possible solidarité de l'Europe avec l'Helvétie face à la Libye, il fit mine de s'étonner :  « Ah bon, la Suisse est membre de l'Union ? Excellente nouvelle ! » .

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mardi, 16 février 2010

Secret bancaire : Le travail de deuil peut enfin commencer

Selon un sondage effectué par téléphone auprès d'un échantillon, restreint, de 602 personnes en Romandie et en Alémanie, 62 % des Suisses et Suissesses refuseraient de renoncer au secret bancaire, renoncement qu'acceptent en revanche 35 % des personnes interrogées. Mais le même sondage suggère que 45 % des personnes interrogées acceptent l'échange automatique d'informations avec les autorités fiscales étrangères sur les clients étrangers des banques suisses, que 67 % acceptent de supprimer la distinction entre fraude et évasion fiscale pour les clients étrangers des banques suisses, et que 55 % l'acceptent aussi pour leurs clients suisses. Les Helvètes sont donc attachés à un secret bancaire qu'ils sont prêts à démanteler, pour peu qu'on en garde quelque trace symbolique. Depuis le temps qu'on leur présente ce secret comme un principe fondamental et qu'on leur fait croire que sans lui, on se retrouverait au stade de développement du Népal, il aurait été surprenant que leur travail de son deuil se fît en quelques mois.

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jeudi, 11 février 2010

Trop de vieux trop vieux ?

Deuxième pilier et prévisions démographiques

Il y a un an, le Conseil fédéral et la Banque Nationale trouvaient 60 milliards de francs (en gros, vingt ou trente fois le coût de la reconstruction d'Haïti après le séisme) pour sauver l'UBS du naufrage. Et presque au même moment, le même Conseil fédéral décidait, avec l'appui de la majorité parlementaire de droite, de réduire de presque 10 % les rentes du 2ème pilier, en réduisant le « taux de conversion ». On n'a pas pu lancer de référendum contre le pillage des fonds publics pour sauver une banque privée, on a pu en lancer un contre le pillage de la prévoyance professionnelle pour sauver les profits tirés de l'utilisation, pour des investissements à court terme, des masses de capitaux qu'elle mobilise. Des investissements, et parfois des spéculations, dont les heureux gestionnaires ont d'ailleurs vu leurs bonus revenir au galop après les alertes de la crise financière. Baisser les rentes pour permettre la distribution de bonus ? C'est un raccourci, certes. Mais seulement un raccourci. Parce qu'au bout du compte (qui fait les bons amis), c'est bien à cela que revient la réduction du taux de conversion. Même lorsque l'on tente de la justifier par des prévisions démographiques contestables.

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vendredi, 05 février 2010

Renvoi des « criminels étrangers » : Le cauchemar de la droite démocratique

Tétanisés par la peur d'un nouveau succès de l'UDC, démo-chrétiens et radelibes veulent un contre-projet à  l'initiative udéciste « pour le renvoi des étrangers criminels », qui propose de rendre automatique la « double peine » (prison plus expulsion) dans toute une série de cas (pas seulement des crimes graves), dont le seul point commun est d'impliquer des étrangers. Face à cette initiative, qui instituerait une procédure quasi mécanique d'expulsion, vers des pays qu'ils ne connaissent pas, dont ile ne parlent pas la langue et dont il nous reviendront illégalement aussi vite qu'ils pourront, de gens nés en Suisse de parents nés en Suisse, la position de la gauche est claire et nette : c'est un « non » de principe à une initiative discriminatoire, inapplicable et contraire au droit international, un refus d'entrée en matière sur une mauvaise réponse (l'expulsion automatique) à une mauvaise question (puisqu'il y a confusion entre étrangers et immigrés, crimes et délits, criminalité en général et criminalité des étrangers en particulier). Au centre et à droite, en revanche, on les a à zéro : on s'est fait piéger sur les minarets (les électorats du PDC et du PLR ont voté majoritairement en faveur de l'initiative que combattaient leurs partis), on ne veut pas se faire à nouveau piéger sur la sécurité. On entre donc en matière sur l'exercice udéciste, qu'on légitime dans le même mouvement où l'on prétend y répondre.

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jeudi, 04 février 2010

Merci, camarade Merkel...

Les autorités allemandes, la Chancelière Angela Merkel en tête, ont déclaré accepter de payer pour obtenir une liste, volée en Suisse, de 1500 contribuables allemands ayant planqué leur pognon en Suisse. Et c'est une excellente nouvelle. Un tiers de l'évasion fiscale allemande aboutit en Suisse, essentiellement à Zurich. Les contribuables allemands ont placé plus de 250 milliards de francs en Suisse, sur les 2200 milliards que notre beau pays abrite en actifs gérés par la banque offshore. 56 % des avoirs déposés dans les banques suisses l'ont été par des non-résidants, et selon des estimations crédibles, 80 % des comptes suisses détenus par des ressortissants de l'Union européenne ne sont pas déclarés aux fiscs des pays d'origine. On comprend la panique des banquiers, si on se permettra de trouver parfaitement ridicule l'indignation  « morale » de la Suisse officielle.

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mardi, 26 janvier 2010

Ce qui importe pour la Poste : Service universel ou service public ?

A peine le président du Conseil d'administration de la Poste, Claude Béglé, avait-il démissionné que, du chapeau où il le gardait au frais depuis deux semaines, Moritz Leuenberger tirait son remplaçant, l'ancien directeur de l'Union patronale suisse, Peter Hasler. Ce qui a au moins un avantage : on sait à qui on a affaire, et pas de gants à prendre. C'est l'avantage des bons vieux clivages binaires et le confort de se retrouver face à « l'ennemi de classe », même à la tête de ce qui est encore supposé être un service public, et même si le ministre socialiste de tutelle affirme qu'il partage les vues de sa trouvaille sur la « responsabilité éthique des entreprises ». Cela dit, Hasler ou Béglé, comme dirait Chirac, ça nous en touche une sans remuer l'autre. L'essentiel n'est pas dans le jeu de chaises musicales à la tête de la Poste, mais dans la définition de son statut et de ses missions. Et, c'est le peuple qui tranchera. Sur le fond, et pas des têtes.

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jeudi, 21 janvier 2010

L'armée alarmée : le tribut à la tribu trébuche

La droite s'alarme : les demandes d'admission au service civil, dont la durée est supérieure de moitié au service militaire, ont triplé ou quadruplé depuis la suppression de l'absurde « examen de conscience » lors duquel on prétendait vérifier que le candidat au service civil était réellement tenaillé par un dilemme existentiel tel qu'on ne pouvait lui refuser le droit de ne pas faire le guignol dans une école de recrue, et bisser cette guignolade dans des cours de répétition. Quelques 7000 jeunes auraient choisi le service civil plutôt que le service militaire en 2009, contre 1600 à 2000 les années précédentes. Du coup, Ueli der Soldat et ses soutiens politiques prônent un durcissement des critères d'admission au service civil, pour sauver notre glorieuse armée de l'hémorragie qui la mine. Mais à force de se plaindre de l'état de notre glorieuse armée, Ueli der Soldat commence à fatiguer les seuls seuls partis (le PDC et les radelibes) prêts à soutenir des réformes militaires dont l'UDC ne veut pas par militarisme, et le PS et les Verts ne veulent pas par antimilitarisme.

 

 

 

 

 

 

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vendredi, 15 janvier 2010

Un Ouzbek, ça va... Deux Ouïgours, bonjour les dégâts...

Détenus de Guantanamo accueillis en Suisse ?  Un Ouzbek, ça va...  Deux Ouïgours, bonjour les dégâts...

La Suisse s'émeut : après que Genève ait accepté de recevoir un Ouzbek détenu pour rien à Guantanamo, mais risquant le pire s'il devait rentrer en Ouzbékistan, le Jura a accepté de recevoir deux Ouïgours chinois raflés par les Américains en Afghanistan après leur avoir été vendus par des seigneurs de guerre afghans, et eux aussi détenus pour rien (depuis huit ans...) à Guantanamo. L'arrivée annoncée de l'Ouzbek à Genève avait déjà fait lever le sourcil inquiet de quelques politiciens locaux ornant de leurs séants les bancs des parlements, mais l'hypothèse de l'arrivée des deux Ouïgours dans le Jura a provoqué une spetite panique, soigneusement attisée par l'Ambassade de Chine (soutenue par Christoph Blocher) pour qui il s'agit de « terroristes » Que rien n'ait jamais pu être retenu contre eux par les Américains n'a évidemment aucune importance. En revanche, le marché chinois, ça, c'est important. On ne va tout de même pas se fâcher avec la puissance montante du moment pour deux métèques. Musulmans, en plus, les métèques. C'est vrai, quoi, ils pouvaient pas être bouddhistes, ces Ouïgours, comme des Tibétains normaux ?

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mardi, 05 janvier 2010

L'extinction (à moitié) du paupérisme

Pour une décennie de lutte contre la pauvreté ?

Entre 700'000 et 900'000 personnes vivent en Suisse dans une situation de pauvreté, qui leur donne ou leur donnerait droit à l'aide sociale. Caritas a lancé à Noël une campagne, formulée dans une déclaration soutenue par une quarantaine d'organisations caritatives (et par l'église catholique) pour une « décennie de lutte contre la pauvreté », avec pour objectif la réduction de moitié du nombre de pauvres dans notre pays.  L' « extinction du paupérisme » est un bel objectif, même en se contentant de ne l'atteindre qu'à moitié. C'était d'ailleurs celui que se donnait Louis-Napoléon Bonaparte, avant de (mal) finir en Prince-président, puis Empereur. Victor Hugo : « M. Louis Bonaparte se laisse volontiers entrevoir socialiste. Il sent qu'il y a là pour lui une sorte de champ vague, exploitable à l'ambition. (...) Quand il publia, étant à Ham, son livre sur l' Extinction du paupérisme, livre en apparence ayant pour but unique et exclusif de sonder la plaie des misères du peuple et d'indiquer les moyens de la guérir, il envoya l'ouvrage à l'un de ses amis avec ce billet qui a passé sous nos yeux : "Lisez ce travail sur le paupérisme, et dites-moi si vous pensez qu'il soit de nature à me faire du bien". » Caritas, et les organisations qui appellent à une « décennie de lutte contre la pauvreté », ne sont pas suspectes de tels calculs. Il est vrai qu'en 2010 le socialisme n'apparaît plus guère comme « une sorte de champ vague, exploitable à l'ambition », et que « l'extinction du paupérisme » lui importe désormais moins que la défense de la capacité de consommation des classes moyennes.

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jeudi, 24 décembre 2009

Notre " Homme de l'Année " : Hervé Falciani

C'est un marronnier des fins (ou début) d'année : on désigne l' " Homme de l'Année " (disons : l'humain de l'année). L'année dernière, ce fut, sans conteste, Bernard Madoff, l'homme qui révéla la profonde absurdité du capitalisme financier. Et cette année, le lauréat s'appelle Hervé Falciani. Grâce à lui, la justice française se trouve en possession des noms de 130'000 clients et anciens clients (dont près de 3000 Français) de la banque genevoise HSBC (celle qui a racheté la banque Safra, et qui a fait en 2008 le plus gros bénéfice de toutes les banques privées de Suisse) : ces noms figurent sur des listes vieilles de trois ans saisies par les Français sur l'ordinateur de Falciani, après que la Suisse, qui avait ouvert sur lui une enquête, l'ait fait arrêter. C'est encore la Suisse qui a livré à la justice française les mots-clefs qui lui ont permis d'avoir accès aux données bancaires cryptées que Falciani stockait sur son ordinateur. On se fout de savoir comment et pourquoi Falciani a agi, s'il a ou non tenté de monnayer ses listings, et qu'il soit ou non mythomane nous indiffère : quoi qu'il soit et ait fait, il aura bien mérité de la lutte pour l'abolition du secret bancaire... De toute façon, à l'heure où un pape allemand s'apprête à béatifier un pape germanophile, on peut bien se permettre de chanter comme on veut, pour les raisons qu'on veut, les louanges de qui on veut.

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00:29 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : falciani, banques, fisc | |  Facebook | | | |