mardi, 09 novembre 2010

Initiative et contre-projet pour le « renvoi des criminels étrangers » : On touche le fond ? creusons !

Le 28 novembre prochain sont soumis à la sagacité, écliptique, du peuple une initiative pour le  « renvoi des criminels étrangers » et un contre-projet parlementaire, inégalement applicables mais également xénophobes. Une initiative et un contre-projet qui, en instituant la  « double peine » (prison+expulsion), proclament qu'un même crime est moins grave lorsqu'il est commis par un Suisse que par un étranger, qu'une victime est moins victime lorsqu'elle l'est d'un Suisse que lorsqu'elle l'est d'un étranger, que la suissitude est une circonstance atténuante du crime et de ses conséquences. Pourquoi s'arrêter bêtement là, à la nationalité ?  Il nous faudrait aussi considérer qu'un crime commis à  Genève est plus grave quand il est commis par un Confédéré que par un Genevois et plus grave quand il est commis en Ville de Genève par un habitant d'une autre commune que par un habitant de la Ville : Tant qu'à piétiner le principe de l'égalité devant la loi, autant le faire consciencieusement...

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mercredi, 03 novembre 2010

Un nouveau Kulturkampf ? Prolos dupés, bobos dépassés

Ainsi, selon une étude portant sur les élections fédérales 2007, la Suisse se retrouverait plongée dans un nouveau « Kulturkampf » opposant les tenants du repli et ceux de l'ouverture, un conflit identitaire dont l'UDC et les Verts auraient jusqu'à présent tiré profit et qui ferait passer au second plan les thèmes liés à la politique sociale, et permettrait à un parti (l'UDC) dont la ligne politique est celle du démantèlement de l'Etat social, ou de ce qui en tient lieu en Suisse, de rafler les votes de celles et ceux qui ont le plus à perdre à ce démantèlement, pendant que la gauche se renforce auprès d'un électorat de « classes moyennes » et « supérieures » à haut niveau de formation, c'est-à-dire d'une base sociale et électorale qui était auparavant celle de la droite... et qui n'a pas grand intérêt à voir se réaliser les programmes économiques et sociaux de gauche, si elle adhère à ce qui, éthiquement, culturellement, fonde ces programmes.

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lundi, 01 novembre 2010

Congrès du Parti socialiste suisse : Aussi loin qu'il était possible

Le congrès du PSS est donc allé aussi loin qu'il était possible à ce parti d'aller, tel qu'il est, aujourd'hui. Pas aussi loin, évidemment, qu'on aurait pu le souhaiter ici -mais ce serait vraisemblablement aller trop loin que vouloir transformer sur le champ le PSS en un équivalent suisse de la FAI espagnole de 1936... En un temps où ni la position, ni la posture de parti gouvernemental ne sied ni ne sert à un parti socialiste, le congrès du PSS n'est peut-être pas non plus allé aussi loin qu'il aurait fallu (il n'a pas claqué la porte du Conseil fédéral), mais finalement, il est tout de même allé assez loin pour qu'il puisse encore être fait, politiquement, quelque chose avec le premier parti de la gauche de ce pays. Quelque chose qui ne se résume pas à « gagner les élections » fédérales de 2011 (et quelques élections locales avant). Quelque chose qui ressemble à un projet politique de gauche. Quelque chose qui ressemble à une alternative au glissement progressif de ce pays dans la marne udéciste.

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lundi, 25 octobre 2010

Initiative pour des « impôts équitables » : Une majorité à portée. Sur deux.

Selon un sondage SSR publié vendredi, et à prendre avec les longues pincettes d'usage pour tout sondage, l'initiative du PS « pour des impôts équitables » recueillerait 58 % d'avis plus ou moins favorables, contre 23 % d'oppositions, moyennant 19 % d'indécision. Une bonne nouvelle ? sans doute. Mais elle aussi à prendre avec des pincettes. D'abord parce que l'expérience nous enseigne que les « avis favorables » à des propositions fiscales progressistes ont tendance à s'estomper au fur et à mesure que s'approche le moment de se prononcer par un vote, et non plus une simple opinion, sur ces propositions; ensuite, parce que la même expérience nous rappelle que les bénéficiaires d'une politique fiscale « équitable » sont bien moins assidus à la participation au vote que ceux qui en paieraient le prix (c'est-à-dire les couches les plus «aisées» et fortunées). Enfin, parce que même si les 58 % d'avis favorables se traduisaient effectivement en plus de 50 % de votes populaires favorables, cela ne garantirait pas encore le succès de l'initiative, qui doit recueillir non seulement une majorité populaire nationale, mais aussi une majorité populaire dans une majorité de canton, chaque canton pesant du même poids, qu'il ait 40'000 habitants ou dix, vingt ou trente fois plus.

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lundi, 18 octobre 2010

Initiative et contre-projet sur le renvoi des « criminels étrangers » : La peste ou le choléra ?

Deux textes sont soumis au peuple fin novembre prochain : une initiative et un contre-projet, qui ont en commun de vouloir inscrire dans la Constitution une disposition instituant la  « double peine » : pour le même délit ou le même crime qu'un Suisse, un étranger sera, en sus de la peine qu'il encourt  « normalement », automatiquement condamné à l'expulsion, pour peu qu'il ait été condamné pour un crime, un délit ou même une infraction listée à la louche dans l'initiative ou, avec plus de perversité, évoquée par référence à la longueur de la peine dans le contre-projet. L'UDC, et la majorité de l'électorat si l'on en croit les sondages, a parfaitement raison de traiter par le mépris le contre-projet concocté par la droite traditionnelle, à l'initiative « pour le renvoi des criminels étrangers » : ce contre-projet n'est en réalité qu'un plagiat, mais un plagiat plus dangereux que l'original -et c'est d'ailleurs bien ainsi que la Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf tente de le vendre, en le présentant comme pouvant être applicable, contrairement à un texte formellement défaillant. La gauche n'a pas à choisir entre la peste et le choléra, la xénophobie brute de décoffrage et la xénophobie calibrée, toutes deux étant discriminatoire jusque dans l'ostracisme qu'elles proposent : les cités grecques étaient plus égalitaires, qui expulsaient les criminels qu'elles ne trucidaient pas, mais qui expulsaient (ostracisaient, donc) indigènes comme étrangers, citoyens comme métèques.

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vendredi, 15 octobre 2010

Initiative socialiste pour des « impôts équitables » : En finir avec les pickpockets fiscaux

Mettre fin aux abus de la concurrence fiscale en établissant un taux d'imposition minimum pour les gros revenus : c'est le but de l'initiative populaire socialiste, soumise au vote du peupe et des cantons le 28 novembre prochain. L'initiative concerne les impôts cantonaux et communaux des personnes physiques (les entreprises ne sont donc pas concernées, pas plus, hélas, que les étrangers friqués mis au bénéfice de forfaits fiscaux). Elle propose un taux d'imposition minimum de 22 % du revenu imposable au-delà de 250'000 francs, et de 5 %o de la fortune imposable au-delà de deux millions. Au total, cela concernerait un contribuable sur cent, et ne toucherait pas la « classe moyenne », ce qui, en creux, la situe bien là où il est concevable de la situer si on la définit par le revenu : en gros, entre la moitié et le double du revenu moyen ou dans les deux quartiles inférieur et supérieur au revenu médian. Si l'initiative était acceptée, 16 cantons devraient revoir leur législation fiscale (aucun canton romand n'est concerné), et les cantons les plus touchés sont les petits cantons alémaniques qui, jouant sur tous les tableaux, se livrent à une concurrence acharnée pour attirer à eux les gros contribuables des cantons assurant et payant des infrastructures que les « paradis fiscaux » cantonaux utilisent. Une véritable pratique de pickpockets...

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mercredi, 06 octobre 2010

La « meilleure armée du monde » en modèle réduit

Encore 80'000 hommes de trop...

Le Conseiller fédéral Ueli Maurer veut, pour la Suisse, « la meilleure armée du monde » ? Il l'aura. En modèle réduit, d'un tiers. Le Conseil fédéral a décidé que l'armée suisse ne comprendra plus que 80'000 hommes (dont quelques femmes, qui militairement sont presque des hommes comme les autres, l'égalité progresse à grands pas cadencés) au lieu de 120'000 actuellement. Tout va se réduire dans cette armée Märklin : le nombre de brigades de défense (qui passent de neuf à deux), le niveau d'équipement de la troupe, le nombre de soldats pouvant être engagés à l'étranger, les jours de service, le nombre de places d'armes et de sites militaires, le budget... Le parti d'Ueli Maurer, l'UDC, estimait déjà que passer de 120'000 à 95'000 hommes relevait quasiment de la haute trahison. Maintenant qu'on descend encore un peu plus bas, à quelle sauce les udécistes vont-ils apprêter cette couleuvre ? Ueli der Soldat, lui, reste droit dans ses bottes rapiécées : « nous devons avoir et aurons un jour la meilleure armée du monde ». Meilleure, même, si tout va bien, que la Garde Suisse du Vatican et la Compagnie 1602. Nous, on est d'accord. A une nuance près cependant : réduire l'armée suisse d'un tiers et la limiter à 80'000 hommes, c'est bien, mais seulement comme premier pas. Parce que c'est encore 80'000 hommes de trop.

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mercredi, 29 septembre 2010

« Nouveau » Conseil fédéral : La journée des dupes

La répartition des ministères au sein du Conseil fédéral ayant déjà fait couler beaucoup d'encre, on nous pardonnera d'y ajouter notre petit ru. Or donc, les trois partis de «centre-droit», le PDC, PRD et le PBD se sont entendus pour se goinfrer les quatre ministères les plus importants (en termes de budgets et d'impact économique) : ils ont confié l'un des quatre à la dissidente UDC, histoire de sécuriser son siège, et ont laissé au PS ce qu'ils (et le PS avec eux) considèrent, d'ailleurs à tort, comme des miettes. Contre sa volonté et celle de son parti, Simonetta Sommaruga dirigera un département qui mène une politique que le PS combat et qu'elle aussi est supposée combattre. Doris Leuthard reprend, sous les applaudissements du lobby pro-nucléaire, le département que tenait Moritz Leuenberger. Eveline Widmer-Schlumpf passe aux Finances, qu'auraient pu, mais que n'a pas voulu, reprendre Micheline Calmy-Rey, Johann Schneider-Ammann, l'homme du patronat, reprend l'Economie (là, on est dans la continuité), Didier Burklhalter garde, couleur miraille,  l'Intérieur et Ueli Maurer continuera de ronger son frein et l'armée à la Défense. Bref : pour notre 500e numéro, le Conseil fédéral nous a offert une « journée des dupes » (les dupes étant le PS et l'UDC) qui vaudrait bien, si la tradition ne s'en était perdue, qu'on y réponde par une mazarinade, et surtout que le PS y réponde autrement qu'en pleurant sur la concordance perdue ou, comme Simonette, sur la « solution consensuelle » qu'on aurait pu, ou du, adopter pour ne fâcher personne.

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mardi, 21 septembre 2010

Qui, demain, pour succéder à Leuenberger et Merz ? Rien à braire

rienabraire.jpgMercredi matin, l'Assemblée fédérale désignera les successeurs (successrice-s ?) de Morizu Leuenberger et Hans-Rudolf Merz au Conseil fédéral. On est instamment priés de s'y intéresser, voire, si on n'a vraiment rien de plus mieux à faire, de s'y passionner : qui de Jacqueline Fehr et Simonetta Sommaruga succédera à Moritz ? qui de Karin KellerSutter et Johann Schneider-Ammann succédera à Merzeli ? Quels seront les scores de l'UDC Jean-François Rime et de la verte Brigit Wyss ? Le suspense est insoutenable, Alain Rebetez est sous prozac, les « faiseurs de rois » préparent leur nuit dans les bars des hôtels bernois... et nous ? Nous, on s'en fout. Parce que politiquement cette élection ne changera rien à rien -sinon à la vie des élu-e-s, dont, fort égoïstement, nous n'avons pas grand chose de plus à faire. Le Conseil fédéral restera à droite, les socialistes y resteront, l'UDC n'y gardera qu'un siège, les Verts n'y rentreront pas. D'ailleurs, que nos partis y siègent ou non, ce gouvernement n'est pas le nôtre mais celui des véritables maîtres de ce pays, ceux qui n'ont pas besoin de se faire élire quelque part pour disposer du pouvoir réel que leur donnent l'argent et les actions. Vous pouvez faire la grasse matinée et laisser reposer votre télé mercredi matin : il y a beau temps que dans ce pays s'applique la maxime donnée par Tancrède au Guépard : il faut faire semblant de changer les choses pour qu'elles ne changent pas.

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15:15 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique | |  Facebook | | | |

lundi, 20 septembre 2010

Révision de l'assurance-chômage : encore une semaine pour dire NON au bonneteau social !

bonneteau.jpg

Au vote, citoyens !

Il vous reste une semaine pour, si vous ne l'avez déjà fait, exprimer un NON sec et sonnant à la révision de la loi sur l'assurance-chômage,  qui imposerait aux chômeurs de 30 ans d'accepter n'importe quel emploi, réduirait les droits à l'indemnisation des moins de 25 ans, obligerait à cotiser plus longtemps pour être indemnisé moins longtemps, soustrairait les occupations temporaires au calcul des périodes de cotisations donnant droit à des indemnités, supprimerait les aides aux cantons ou régions particulièrement frappés par le chômage, et plafonnerait la contribution de solidarité versée par les salariés les plus riches... Le Conseil fédéral et la droite font campagne sur le thème :  « c'est la révision ou une augmentation des cotisations », tout en nous proposant à la fois la réduction des prestations et l'augmentation inégalitaire des cotisations : le salarié bas de gamme paierait 2,2 % de cotisations sur son salaire, le patron de Novartis 0,003 %, et le patron multimillonnaire du Crédit Suisse, Brady Dougan, ne cotiserait pas plus qu'un salarié à 10'000 balles par mois... Les partisans de la révision la présentent comme  « équilibrée et socialement acceptable » ? En réalité, elle est déséquilibrée et socialement injuste : elle est payée uniquement par les classes populaires et  « moyennes », et tout particulièrement par les jeunes, les femmes et les salarié-e-s à statut précaire...

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lundi, 23 août 2010

Successions Merz et Leuenberger : A qui le tour de manège ?

Petite cuisine politique fédérale : le 22 septembre, fête de la révolution dans le calendrier républicain, ce qui témoigne en l'ocurrence d'un bel optimisme, les Chambres fédérales éliront les successeurs (ou successrices, si ça se dit) de Moritz Leuenberger et de Hans-Rudolf Merz au gouvernement. L'ordre des élections étant déterminé par celui de l'ancienneté au Conseil fédéral, c'est le siège socialiste qui sera repourvu en premier. Petit avantage tactique au PS sur les radicaux-libéraux, puisque le choix de celle qui succédera à Moritz Leuenberger limitera les possibilités de choix de celui ou celle qui succèdera à Hans-Rudolf Merz, et que les socialistes disposeront d'une possibilité de faire éventuellement payer aux radelibes toute tentative de ceux-ci de soutenir une candidate (ou un candidat) socialiste non investi par le PS, tout en gardant, eux, la possibilité de soutenir un-e candidat-e radelibe dissident... De leurs côtés, les Verts vont tenter un tour de piste, et en face l'UDC cherche le moyen de rendre au PS la monnaie de sa pièce de 2007 en lui faisant le coup de la candidature dissidente modèle Widmer-Schlumpf et s'en va draguer quelques socialistes mâles alémaniques disposés à jouer ce jeu (auquel on finit toujours par trouver un joueur)... Bref, on s'amuse comme on peut.

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dimanche, 25 juillet 2010

Les fiches, le retour...

De la longévité des fouines

Vous vous souvenez de l' « affaire des fiches » ? C'était il y a vingt ans. En 1989, une commission d'enquête parlementaire avait révélé que 700'000 personnes étaient fichées et espionnées en Suisse, sans base légale, par les polices fédérale et cantonales. Ce scandale avait abouti à une refonte de la loi, censée permettre un «contrôle qualité systématique » du fichage des personnes suspectes. Il s'avère aujourd'hui que ce « contrôle qualité » n'est que de la poudre aux yeux, que le ficheur en chef, Urs von Däniken, a menti comme un arracheur de fiches en annonçant des contrôles qui n'ont jamais eu lieu, que les ministres successifs en charge du problème, Christophe Blocher et Ruth Metzler, s'en sont contrefoutu, que le fichage arbitraire continue, que des données sont récoltées de manière illégale, que des données obsolètes ont été simplement transférées d'un fichier à l'autre au lieu d'être supprimées, que des personnes sont fichées au hasard, parce qu'elles connaissent quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui pourrait peut-être avoir été ou pouvoir être, un jour, éventuellement, dangereux pour la sécurité intérieure de notre petit paradis.
On vous invite vivement à demander à qui de droit si vous êtes fichés par les fouines fédérales (honte à vous si vous ne l'êtes pas !), et pourquoi, en utilisant la lettre type que vous pouvez télécharger
www.droitsfondamentaux.ch/index_f.shtml

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mercredi, 23 juin 2010

Inégalités salariales : 1:12, vite !

Inégalités salariales : 1:12, vite !

Les écarts salariaux continuent de se creuser dans notre beau pays. En 2009, les différences entre le plus bas salaire et le salaire moyen des dirigeants d'un groupe se sont accentuées de 18 % par rapport à 2008, et de 70 % par rapport à 2002. La crise a provoqué un recul du chiffre d'affaire, un diminution des bénéfices, des suppressions d'emploi, mais le salaire moyen des membres de la direction de 27 groupes a augmenté de 20 % entre 2008 et 2009, pendant que ces groupes supprimaient 7300 emplois en Suisse . A l'UBS, renflouée grâce aux fonds publics, le rapport entre les revenus des dirigeants et ceux des salariés les plus mal payés est même passé de 51:1 à 1190:1... « Travail Ssuisse », qui a donné ces chiffres lundi, exige une limitation des bonus à un mois de salaire, la suppression des indemnités d'entrée ou de départ des dirigeants, et l'imposition des bonus de plus d'un million. C'est un début, mais on peut faire mieux : signer l'initiative lancée par la Jeunesse Socialiste, et soutenue par le PS, l'initiative « 1:12 » qui exige que le salaire des dirigeants d'une entreprise ne dépasse pas le dodécuple de celui de l'employé-e le-la plus mal payé-e...

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jeudi, 17 juin 2010

L'UDC et les banques

Laquais un jour, laquais toujours...

C'était prévisible, et on se surprend pourtant à en être surpris : l'UDC a une nouvelle fois retourné sa veste (ethnique rupestre à l'extérieur, livrée de laquais à l'intérieur) pour complaire aux banques. Après avoir accepté dans les deux Chambres du Parlement fédéral (au Conseil national, cette acceptation a pris la forme d'une abstention) l'« accord UBS » avec les Etats-Unis, qu'ils faisaient mine de dénoncer depuis des mois, les blochériens du Conseil des Etats ont adopté la posture que leur patron leur recommandait, et ont refusé la création d'une commission d'enquête parlementaire. Les banques ne voulaient pas de cette commission, la droite radelibe non plus, l'UDC a suivi, la commission est passée à la trappe. Il reste encore à l'UDC une occasion de retourner une nouvelle fois sa veste-livrée : la proposition de la gauche de soumettre au référendum populaire facultatif l'accord UBS. L'UDC a fait ce qu'elle devait faire -ce qu'elle est depuis toujours prête à faire : de grands moulinets médiatiques pour amuser les foules, tout en préparant, avec les banques et le patronat, la mise en service de l'éteignoir politique. C'est cela, après tout, la fonction du laquais : ouvrir les portes du carrosse, descendre le marchepied et aider le maître à poser l'escarpin sur le plancher des vaches à lait : le bon peuple de ce pays.

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vendredi, 04 juin 2010

« Renvoi des criminels étrangers » : D'une pierre, deux mauvais coups

La majorité du groupe socialiste au Conseil national a donc soutenu, en se bouchant le nez d'une main et de l'autre faisant le poing dans sa poche, le contre-projet, concocté par la droite pédécé et radelibe, à l'initiative UDC  « pour le renvoi des criminels étrangers ». Et ce vote socialiste est d'abord une ânerie, ensuite une compromission. Une ânerie, parce que le calcul tactique sur lequel il se fonde ( « si l'initiative vient seule devant le peuple elle sera acceptée, alors que si on lui oppose un contre-projet, il lui sera préféré ») relève d'un pari stupide; une compromission, parce que rien ne distingue fondamentalement le contre-projet de l'initiative, si ce n'est sa cohérence formelle et sa compatibilité avec le droit international. Une majorité de socialistes a donc choisi d'opposer à une initiative xénophobe et inapplicable, une loi tout aussi xénophobe, mais qui pourra être appliquée. Tous les élus du PS n'ont cependant pas tenu se raisonnement : plusieurs se sont abstenus, dont leur président, Christian Levrat, et une dizaine ont voté contre les deux textes, et ce faisant défendu une position socialiste sans la diluer dans des calculs tactiques hasardeux. Honneur à eux. Car le vote du Conseil national fait d'une pierre deux mauvais coup : il rend possible, puisque légale, des pratiques parfaitement discriminatoires, et il légitime, sur le fond, le discours tenu par l'extrême-droite,  les partisans du contre-projet sachant eux-mêmes que ce discours est fondé sur la manipulation des peurs, le trucage des chiffres et l'exploitation des préjugés tribaux.

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jeudi, 03 juin 2010

Après le rapport sur la gestion de la crise UBS par le Conseil fédéral...

Tant qu'à avoir un gouvernement...

Le Conseil fédéral ne sort pas grandi du rapport parlementaire sur sa gestion de la crise UBS. Et tous les commentateurs politiques en font le même résumé : le gouvernement n'a rien gouverné. La Suisse, pas gouvernée ? La belle affaire... d'ailleurs elle l'est, gouvernée : par les pouvoirs financiers... Veut-on qu'elle le soit par des politiques ? Lesquels, désignés par qui ? L'élection du Conseil fédéral par le peuple est une vieille revendication socialiste, portée deux fois par initiative populaire, par deux fois repoussée par le peuple. Que l'UDC l'ait réchauffé ne devrait donc pas nous déplaire. Au nom de quoi d'ailleurs la refuser ? Au nom de l'équilibre institutionnel, de la collégialité, du consensus, tous bibelots dont nous n'avons plus grand chose à faire ? L'UDC s'y attaque ? grand bien lui fasse -et nous fasse, puisque son projet prévoit une élection au scrutin majoritaire rendant impossible l'élection d'un UDC romand et très improbable celle de deux UDC, et favoriserait plutôt l'élection d'un ou d'une conseiller-e fédéral-e vert-e, avec l'appui du PS, en sus de deux conseillers fédéraux socialistes. Une telle configuration changerait-elle radicalement la politique de ce pays ? évidemment non. Mais tant qu'à avoir un gouvernement, et tant que la majorité s'y résignera, autant qu'il soit élu par le peuple. Même si c'est aujourd'hui l'UDC, après le PS hier, qui le propose...

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lundi, 31 mai 2010

« La Gauche », c'est parti

Marcher avec ses deux pieds

« La Gauche / Linke Alternative / La Sinistra » a été officiellement fondée samedi dernier à Lausanne. Le congrès fondateur a adopté programme et statuts, désigné une coordination nationale et approuvé les grandes orientations d'un mouvement qui ne se définit pas comme un nouveau parti, mais comme un « nouveau mouvement social national », déclinable localement et régionalement.  « La Gauche » reconnaît, sans avoir ressenti le besoin de les inscrire dans ses statuts, la « double appartenance » (on pourra donc en être membre sans quitter l'organisation ou le parti dont on est déja membre, ce qui le mettra face au dilemne d'accepter eux aussi la « double appartenance » ou de déclencher une purge) et le droit de tendance. A une journaliste s'étonnant de voir un socialiste participer au congrès fondateur de « La Gauche », le socialiste en question pouvait se contenter de répondre qu'on marche mieux et plus loin avec deux jambes qu'avec une seule, même si on prend le risque de s'emmêler les pinceaux -le seul moyen de ne pas se casser la gueule étant évidemment de rester couché. Avoir un pied dans les clous et un pied en dehors, agir dans les institutions et pouvoir s'en abstraire, se doter d'un mouvement politique capable de dire clairement « non » à ce que la gauche institutionnelle accepte par résignation (la construction de nouvelles prisons, par exemple), et se battre pour ce que la gauche institutionnelle n'ose pas défendre, sans rompre avec cette gauche institutionnelle et les instruments de travail politique qu'elle offre, ne sont pas des luxes, mais une nécessité.
Pour prendre connaissance des décisions du congrès : fredox@bluewin.ch
Pour adhérer à La Gauche :
http://www.la-gauche.ch/adhesion-adesione/

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vendredi, 28 mai 2010

"La Gauche" : Qu'y faire ?

L'auteur de ces lignes est membre du Parti socialiste (genevois, en l'occurrence, sans qu'il sache précisément si cette circonstance est aggravante ou atténuante). Il en est même un peu vice-président. Et il sera au congrès fondateur de « La Gauche », samedi, à Lausanne, ce socialiste genevois. Que diable va-t-il y faire ? Pas de l'entrisme -le PS serait d'ailleurs bien incapable d'en tirer bénéfice. Alors, quoi ? On dit qu'il faut juger un arbre à ses fruits. Certes, mais pour qu'un arbre donne des fruits, il faut bien d'abord le planter, cet arbre, et le faire pousser. On pourrait certes « attendre de voir », poser son cul dans l'herbe tendre du champ politique connu et laisser les autres tenter l'expérience de l'ouverture d'un champ politique nouveau, puisque « La Gauche » veut être autre chose qu'un parti politique de plus... mais tout de même, est-ce qu'il n'y a pas quelque urgence à contribuer à le faire naître cet espace politique nouveau, avant que toutes les volontés de le faire naître s'y soient épuisées ? C'est bien joli, se dit le socialiste de service, de continuellement donner des leçons aux autres, mais il serait peut-être temps de les suivre soi-même, ces leçons... A samedi, camarades...

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mercredi, 26 mai 2010

Le laquais udéciste retrouve sa livrée

« Accord UBS » avec les USA : Le laquais udéciste retrouve sa livrée

Après avoir dit pis que pendre de l' « accord UBS » passé avec les Etats-Unis, en répétant ce que les banques elles-mêmes en disaient, l'UDC a donc finalement décidé de lui apporter son appui, après que les banques aient, finalement, compris qu'il valait mieux en passer par là que se retrouver pendant des années devant les tribunaux américains et risquer un véritable boycott aux USA. Les banques décident, l'UBS retourne sa veste, et son groupe parlementaire dira  « oui » à l'accord qui implique la transmission de liste des comptes en banque au fisc étasunien. A peu près seul contre tous (la droite libérale-radicale et le PDC s'étant aligné sur le Conseil fédéral), le PS aura ainsi tenu jusqu'au bout une ligne qui n'avait pourtant rien de gauchiste, et qui, de l'autre côté de l'Atlantique, a été celle du gouvernement américain : on pourra sans grande peine trouver quelque symbole à la coïncidence de la remise au pas de l'UDC en Suisse, et à la victoire de l'administration Obama sur Wall Street aux USA. Il faudrait pourtant une imagination plus débordante que la nôtre pour considérer les Démocrates américains comme des socialistes, et leur président pour un boutefeu gauchiste, En Suisse,  c'est bien pour éviter que le Conseil fédéral s'en aille chercher une majorité en acceptant les conditions posées par les socialistes (l'encadrement des banques et la taxation des bonus) que l'UDC a regagné sa niche et repris sa livrée.

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jeudi, 20 mai 2010

Petit exercice radelibe de surf sur le sentiment d'insécurité

Un ectoplasme en guise de programme

Quatre conseillères d'Etat radicales-libérales (plus une Conseillère nationale, en prime) ont tenu conférence de presse lundi dernier pour présenter leurs propositions « pour une Suisse plus sûre » : renforcement de l'arsenal pénal, en particulier à l'égard des mineurs, vidéosurveillance, expulsion plus rapide des demandeurs d'asile déboutés... bref, le paquet habituel d'emplâtres sécuritaire sur une jambe de bois, avec un petit emballage actualisé à propos de l'alcoolisme des jeunes (histoire de changer du discours convenu sur la toxicomanie ?) et le hooliganisme (qui-n'a-rien-à-voir-avec-le-sport-qui-est-un-vecteur-d'intégration-sociale). De la bouillie pour les chats d'appartements (les chats de gouttière n'en ont rien à cirer). Des discours venteux pour un programme ectoplasmique. Bref, une tentative politicienne de surf sur un sentiment persistant d'insécurité. Un exercice dans lequel les radelibes n'auront jamais le talent de l'UDC, et se condamneront eux-mêmes à n'être jamais que de pâles copies et d'improbables doublures de leur concurrents de droite.

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