samedi, 11 octobre 2008

Politique d'asile : Le dur désir de durcir

On ne s'attendait pas à autre chose, on n'est donc ni surpris, ni déçus, ni scandalisés : la politique d'asile qu'entend mener Eveline Widmer-Schlumpf est la même que celle que menait Christoph Blocher. Un projet de révision des lois sur l'asile et les étranger va être mis en consultation : il durcit encore la politique d'asile de notre terre d'asile, devenue terre du refus de l'asile : Admission provisoire (au lieu d'un statut de réfugié) pour les objecteurs de conscience et les déserteurs, suppression de la possibilité de déposer une demande d'asile dans les ambassades, interdiction faite (sous peine d'amende) aux requérants d'asile de participer à des manifestations en Suisse ou de critiquer son pays sur internet…

Cité interdite du refuge…

Dénoncée comme traîtresse par l'UDC, la Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf se taille un bel uniforme de garde-frontière xénophobe pour rassurer ses anciens amis : elle n'est pas moins xénophobe que son prédécesseur, si elle l'est plus suavement. Sa politique est celle de la Suisse. Doit-on se résigner à ce qu'elle soit aussi celle de Genève ? Genève est le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, et le texte fondamental du droit international d'asile est une convention signée à Genève. Faudra-t-il que Genève s'émancipe de la Suisse pour que la " Cité du Refuge " reste fidèle à son propre héritage, et réponde à l'écho de son nom ? Si l'inconscience des électrices et électeurs nous y expédie, nous proposerons donc à la Constituante d'inscrire dans le projet de nouvelle Constitution genevoise les principes suivants -et peu nous chaut qu'ils soient ou non compatibles avec le droit fédéral :

- Toute personne persécutée dans son pays a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile auprès de la République.

- Aucune autorité, instance ou force de la République ne doit concourir à l'expulsion vers un pays où elle court un risque sérieux de mort, de torture ou de traitement inhumain ou dégradant, d'une personne ayant sollicité l'asile de la République.

- Les édifices religieux, les bâtiments de l'Université, le siège du gouvernement de la République, le siège du Parlement de la République et les Mairies sont réputés lieux d'asile, inviolables sauf sur demande expresse, respectivement des organes décisionnaires des institutions propriétaires des édifices religieux, du Rectorat de l'Université, du Conseil d'Etat, du Bureau du Grand Conseil ou du Conseil administratif.

03:54 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |