mardi, 19 janvier 2010

Haïti avant, Haïti après

"Au bout du petit matin, cette ville inerte et ses au-delà de lèpres, de consomption., de famines, de peurs tapies dans les ravins, de peurs juchées dans les arbres, de peurs creusées dans le sol, de peurs en dérive dans le ciel, de peurs amoncelées et ses fumerolles d'angoisses" (Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal).

Haïti avant, Haïti après

Haïti après le séisme : 200'000 morts, pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de téléphone, pas de services publics, le manque de nourriture et de soins, un pouvoir politique hébété,  les cadavres empilés puis balancés au bulldozer dans des fosses communes, ou pourrissant sous les décombres. Haïti avant le séisme : pas d'eau courante, ni d'électricité, ni de téléphone pour la majorité de la population, des services publics défaillants, la sous-alimentation, les épidémies, l'analphabétisme, un pouvoir politique illusoire.  Un écrivain breton (Xavier Grall, je crois) écrivit de l'Irlande qu'elle avait "l'habitude du malheur"... et Haïti, donc, misérable avant le séisme, misérable et détruite après... mais son malheur ne doit rien à une quelconque fatalité. Le séisme relève d'une mécanique, celle de la tectonique des plaques, et la misère est un produit de l'histoire, celle du génocide des indigènes, de la déportation des esclaves, du colonialisme, de l'extorsion de fonds en punition de l'indépendance, de l'opposition séculaire entre une bourgeoisie mulâtresse héritière du colonialisme et une majorité "noire"  héritière de l'esclavage, puis des dictatures installées sur ce racket en exploitant la mémoire de  la déportation, du colonialisme et de la libération.


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mercredi, 02 décembre 2009

Libérez Murad Akincilar !

murad.jpgDéjà trois mois de détention arbitraire

Murad Akincilar, syndicaliste et militant des droits humains, secrétaire syndical Unia à Genève, est retourné en juillet dans son pays natal, la Turquie, afin d'y poursuivre ses engagements syndicaux et d'y faire progresser les droits humains. Le mercredi 30 septembre 2009, Murad Akincilar a été arrêté à Istanbul à son domicile par des agents en civil. Interné sur la base de soupçons dans le cadre d'une procédure d'exception, Murad Akincilar n'est ni inculpé, ni prévenu. Il n'a pas connaissance des accusations portées contre lui et ne peut donc s'en défendre. Il est toujours en prison, et sa santé est menacée. Il est privé de ses droits élémentaires : le contact avec sa famille et son avocate, la connaissance des charges retenues contre lui, des conditions de détention décentes conformément aux engagements internationaux de la Turquie.Il a besoin d'un soutien matériel (notamment financier, pour sa défense), et la mobilisation pour sa libération doit se poursuivre.
UNIA organise
VENDREDI 4 DECEMBRE dès 18 heures, dans la grande salle du syndicat (5 chemin Surinam) une SOIREE DE SOLIDARITE, au prix d'entrée de 20 FS, dont le bénéfice sera versé sur le compte du Comité de soutien.

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vendredi, 18 septembre 2009

Réinventer l'internationalisme

" La solidarité internationale, si elle n'est pas dégradée en moralisme de chrétiens gauchistes, ne peut être qu'une solidarité entre les révolutionnaires "
(I.S. avril 1962)

La décomposition, lente, trop lente, des conceptions bureaucratiques et étatistes du socialisme, a laissé ces idéologies présentes, faisandées certes, mais encore consommables pour ceux que les fumets de moisissure mettent en appétit. Et là où se sont, apparemment, effondrés le " système soviétique " et ses succédanés, ont réapparu d'anciennes pestilences que le stalinisme avait gelées. La décomposition de l' internationalisme stalinien a annoncé la décomposition du léninisme lui-même -mais elle n'est pas la fin de l'internationalisme ; bien plutôt fut-elle la condition de sa renaissance possible. Il fallait se débarrasser de ces oripeaux et se libérer de ces chaînes : aujourd'hui, le fantôme du Comintern ne nous hante plus. Il nous reste à exorciser celui du tiers-mondisme.

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mardi, 05 mai 2009

Faire payer la crise par les plus pauvres

Pérou : les mineurs refusent de payer les déficits d'une multinationale suisse Faire payer la crise par les plus pauvres Le 24 novembre dernier, la compagnie minière péruvienne Perubar, qui appartient à la multinationale suisse Glencore, décidait de cesser ses activités à Chicla, dans les Andes, de licencier tous les mineurs qu'elle employait et de cesser de payer ses impôts à la commune. Motif, ou plutôt prétexte (la décision Perubar de cesser toute activité à Chicla coïncidait curieusement avec l'annonce de la création d'un syndicat national des mineurs, à l'initiative, précisément, des mineurs de Chicla) : avec la chute des prix des matières premières, l'extraction du zinc est devenue déficitaire, et la compagnie péruvienne, ni la multinationale suisse, ne veulent supporter ce déficit, fût-il temporaire. Ce sont donc aux mineurs de trinquer. A Genève, comme dans toute l'Europe, le 16 janvier prochain, des manifestations sont organisées sous le slogan "Nous ne payerons pas leur crise". Au Pérou, les travailleurs se mobilisent sous le même slogan. Et ils ont besoin de notre soutien. Le SOLIFONDS entend le leur apporter : soutenez son appel, en faveur de la Central Nacional de la Mujer Minera (CNMM, Centrale nationale des femmes de mineurs, affiliée à la Confédération unitaire du travail CUT). Soutenez la Central Nacional de la Mujer Minera (CNMM) SOLIFONDS, Quellenstrasse 25, 8031 Zurich, , Compte postal 80-7761-7 Glencore du délit Economiquement ravagé par une politique ultralibérale, engagée sous la présidence burlesque d'Alberto Fujimori mais poursuivie par ses successeurs, le Pérou a vu ses ressources économiques littéralement pillées après la privatisation des mines et le vente de licences à des multinationales, qu'on a attirées en démantelant les législations sur la protection de l'environnement et les rapports de travail. Résultat : 500 millions de dollars de dégâts environnementaux, et une précarisation massive du travail (les deux tiers des mineurs n'ont pas de contrat fixe de travail et sone engagés par des sociétés de travail temporaire). Cerise sur le gâteau : la sous-enchère fiscale. Les compagnies minières ne paient qu'un impôt de 3,8 % sur le bénéfice, alors que les salariés doivent s'acquitter de 12 % de leur revenu. C'est loin, le Perou ? Pas tant que cela, économiquement : la Suisse est le sixième importateur de ressources minières péruviennes, et la multinationale suisse Glencore est notamment propriétaire de la PERUBAR, qui lui vend sa production à des prix préférentiels pour devenir "déficitaire sur le papier" (alors qu'elle tranfère ses bénérfices à sa holding), puis ferme ses mines, licencie tous les mineurs et décide de ne plus payer ses impôts. Dans les mines qu'elle possède au Pérou (mais également en Colombie), Glencore fait des licenciements abusifs une pratique constante, et de la répression antisyndicale une règle. Glencore, c'est dans le monde une flotter de cent porte-conteneurs, cinquante entrepôts de pétrole, huit milliards de participations dans des sociétés minières ou de matières premières. La multinationale, fondée en 1974 par Marc Rich, a réalisé en 2007 un chiffre d'affaire de plus de 115 milliards de francs, et un bénéfice de plus de cinq milliards. Sur le dos de qui ? La solidarité avec les mineurs péruviens, à laquelle nous appelle le Solifonds, est une solidarité avec les victimes des décisions d'une multinationale d'origine suisse, dont le siège est en Suisse, et dont les bénéfices raflés dans le monde entier affluent en Suisse. Le 16 mai, nous défilerons à Genève sous le slogan "Nous ne paierons pas leur crise"... les mineurs péruviens doivent-ils la payer pour nous ?

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jeudi, 19 mars 2009

L'autre Maghreb

Collecte de fonds pour la solidarité avec les luttes de libération sociale
Soutenir les mouvements sociaux du Maghreb


Tous les pays du Maghreb sont traversés par la même contradiction, entre une société fondamentalement démocratique, ou aspirant à l'être, et aspirant à se voir reconnue comme telle par le pouvoir politique qu'elles subissent, et des régimes qui s'acharnent, plus ou moins violemment, mais avec la même constance, à leur nier ce droit. " Face à l'arbitraire des régimes et à la restriction des espaces de liberté, le chemin est certes long, tortueux et semé d'embûches, mais nous sommes convaincus qu'un autre Maghreb est possible ",. ont ainsi affirmé les organisateurs du Forum Social Maghrébin qui s'est tenu l'été dernier au Maroc. Le SOLIFONDS lance un appel au soutien financier de deux combats dans trois pays : celui pour les droits des femmes au Maroc, celui pour les libertés syndicales en Tunisie et en Algérie.

Les mouvements sociaux au Maroc, en Tunisie et en Algérie ont pris une ampleur telle que leur voix et leur combat pour la démocratie, les droits humains, les libertés fondamentales, et contre le bradage des richesses nationales, la corruption et la répression, ne peut plus, ne doit plus, être ignoré. Le SOLIFONDS lance un appel, auquel nous vous invitons vivement à répondre, au financement du soutien à la Confédération générale tunisienne du Travail (CGTT), au Syndical national autonome algérien des personnels de l'administration publique (SNAPAP) et à la Ligue démocratique marocaine pour les droits de la femme (LDDF). En Algérie comme en Tunisie, les syndicats officiels (l'UGTT et l'UGTA) ne sont plus, depuis longtemps, que des bureaucraties rentières au service du pouvoir en place ; au Maroc, malgré la promulgation en 2004 d'un nouveau code de la famille supposé être " progressiste ", le système juridique et les pratiques sociales restent, à l'encontre des femmes, discriminatoires et violents. Les syndicats libres et les mouvements des femmes sont au Maghreb à la pointe du combat de la société elle-même pour la démocratie, contre des pouvoirs qui ne craignent rien tant que l'émergence de ce mouvement social, son implantation nationale et ses pratiques de formation et d'organisation, " à la base ", de militantes et de militants capables de résister à la fois à la répression et à l'instrumentalisation.

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samedi, 11 octobre 2008

Politique d'asile : Le dur désir de durcir

On ne s'attendait pas à autre chose, on n'est donc ni surpris, ni déçus, ni scandalisés : la politique d'asile qu'entend mener Eveline Widmer-Schlumpf est la même que celle que menait Christoph Blocher. Un projet de révision des lois sur l'asile et les étranger va être mis en consultation : il durcit encore la politique d'asile de notre terre d'asile, devenue terre du refus de l'asile : Admission provisoire (au lieu d'un statut de réfugié) pour les objecteurs de conscience et les déserteurs, suppression de la possibilité de déposer une demande d'asile dans les ambassades, interdiction faite (sous peine d'amende) aux requérants d'asile de participer à des manifestations en Suisse ou de critiquer son pays sur internet…

Cité interdite du refuge…

Dénoncée comme traîtresse par l'UDC, la Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf se taille un bel uniforme de garde-frontière xénophobe pour rassurer ses anciens amis : elle n'est pas moins xénophobe que son prédécesseur, si elle l'est plus suavement. Sa politique est celle de la Suisse. Doit-on se résigner à ce qu'elle soit aussi celle de Genève ? Genève est le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, et le texte fondamental du droit international d'asile est une convention signée à Genève. Faudra-t-il que Genève s'émancipe de la Suisse pour que la " Cité du Refuge " reste fidèle à son propre héritage, et réponde à l'écho de son nom ? Si l'inconscience des électrices et électeurs nous y expédie, nous proposerons donc à la Constituante d'inscrire dans le projet de nouvelle Constitution genevoise les principes suivants -et peu nous chaut qu'ils soient ou non compatibles avec le droit fédéral :

- Toute personne persécutée dans son pays a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile auprès de la République.

- Aucune autorité, instance ou force de la République ne doit concourir à l'expulsion vers un pays où elle court un risque sérieux de mort, de torture ou de traitement inhumain ou dégradant, d'une personne ayant sollicité l'asile de la République.

- Les édifices religieux, les bâtiments de l'Université, le siège du gouvernement de la République, le siège du Parlement de la République et les Mairies sont réputés lieux d'asile, inviolables sauf sur demande expresse, respectivement des organes décisionnaires des institutions propriétaires des édifices religieux, du Rectorat de l'Université, du Conseil d'Etat, du Bureau du Grand Conseil ou du Conseil administratif.

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