jeudi, 19 mars 2009

L'autre Maghreb

Collecte de fonds pour la solidarité avec les luttes de libération sociale
Soutenir les mouvements sociaux du Maghreb


Tous les pays du Maghreb sont traversés par la même contradiction, entre une société fondamentalement démocratique, ou aspirant à l'être, et aspirant à se voir reconnue comme telle par le pouvoir politique qu'elles subissent, et des régimes qui s'acharnent, plus ou moins violemment, mais avec la même constance, à leur nier ce droit. " Face à l'arbitraire des régimes et à la restriction des espaces de liberté, le chemin est certes long, tortueux et semé d'embûches, mais nous sommes convaincus qu'un autre Maghreb est possible ",. ont ainsi affirmé les organisateurs du Forum Social Maghrébin qui s'est tenu l'été dernier au Maroc. Le SOLIFONDS lance un appel au soutien financier de deux combats dans trois pays : celui pour les droits des femmes au Maroc, celui pour les libertés syndicales en Tunisie et en Algérie.

Les mouvements sociaux au Maroc, en Tunisie et en Algérie ont pris une ampleur telle que leur voix et leur combat pour la démocratie, les droits humains, les libertés fondamentales, et contre le bradage des richesses nationales, la corruption et la répression, ne peut plus, ne doit plus, être ignoré. Le SOLIFONDS lance un appel, auquel nous vous invitons vivement à répondre, au financement du soutien à la Confédération générale tunisienne du Travail (CGTT), au Syndical national autonome algérien des personnels de l'administration publique (SNAPAP) et à la Ligue démocratique marocaine pour les droits de la femme (LDDF). En Algérie comme en Tunisie, les syndicats officiels (l'UGTT et l'UGTA) ne sont plus, depuis longtemps, que des bureaucraties rentières au service du pouvoir en place ; au Maroc, malgré la promulgation en 2004 d'un nouveau code de la famille supposé être " progressiste ", le système juridique et les pratiques sociales restent, à l'encontre des femmes, discriminatoires et violents. Les syndicats libres et les mouvements des femmes sont au Maghreb à la pointe du combat de la société elle-même pour la démocratie, contre des pouvoirs qui ne craignent rien tant que l'émergence de ce mouvement social, son implantation nationale et ses pratiques de formation et d'organisation, " à la base ", de militantes et de militants capables de résister à la fois à la répression et à l'instrumentalisation.

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samedi, 11 octobre 2008

Politique d'asile : Le dur désir de durcir

On ne s'attendait pas à autre chose, on n'est donc ni surpris, ni déçus, ni scandalisés : la politique d'asile qu'entend mener Eveline Widmer-Schlumpf est la même que celle que menait Christoph Blocher. Un projet de révision des lois sur l'asile et les étranger va être mis en consultation : il durcit encore la politique d'asile de notre terre d'asile, devenue terre du refus de l'asile : Admission provisoire (au lieu d'un statut de réfugié) pour les objecteurs de conscience et les déserteurs, suppression de la possibilité de déposer une demande d'asile dans les ambassades, interdiction faite (sous peine d'amende) aux requérants d'asile de participer à des manifestations en Suisse ou de critiquer son pays sur internet…

Cité interdite du refuge…

Dénoncée comme traîtresse par l'UDC, la Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf se taille un bel uniforme de garde-frontière xénophobe pour rassurer ses anciens amis : elle n'est pas moins xénophobe que son prédécesseur, si elle l'est plus suavement. Sa politique est celle de la Suisse. Doit-on se résigner à ce qu'elle soit aussi celle de Genève ? Genève est le siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, et le texte fondamental du droit international d'asile est une convention signée à Genève. Faudra-t-il que Genève s'émancipe de la Suisse pour que la " Cité du Refuge " reste fidèle à son propre héritage, et réponde à l'écho de son nom ? Si l'inconscience des électrices et électeurs nous y expédie, nous proposerons donc à la Constituante d'inscrire dans le projet de nouvelle Constitution genevoise les principes suivants -et peu nous chaut qu'ils soient ou non compatibles avec le droit fédéral :

- Toute personne persécutée dans son pays a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile auprès de la République.

- Aucune autorité, instance ou force de la République ne doit concourir à l'expulsion vers un pays où elle court un risque sérieux de mort, de torture ou de traitement inhumain ou dégradant, d'une personne ayant sollicité l'asile de la République.

- Les édifices religieux, les bâtiments de l'Université, le siège du gouvernement de la République, le siège du Parlement de la République et les Mairies sont réputés lieux d'asile, inviolables sauf sur demande expresse, respectivement des organes décisionnaires des institutions propriétaires des édifices religieux, du Rectorat de l'Université, du Conseil d'Etat, du Bureau du Grand Conseil ou du Conseil administratif.

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