jeudi, 01 octobre 2015

Anciennes pitreries et Nouvelle Comédie : Quand le PLR surjoue Tartuffe

Nouvelle Comédie, théâtrePar neuf voix (PLR, UDC, MCG) contre six (la gauche et le PDC), la commission des travaux du Grand Conseil a décidé d'inviter le parlement genevois à refuser d'entrer en matière sur le crédit proposé par le Conseil d'Etat pour compléter celui que la Ville de Genève, par un vote largement majoritaire de son Conseil Municipal , à accordé au projet de "Nouvelle Comédie". Les explications données par le PLR pour justifier le vote de ses commissaires (l'opposition du MCG et de l'UDC étant déjà connue et, s'agissant d'un projet culturel, relève du réflexe pavlovien) sont d'une assez monumentale tartufferie : le PLR a d'abord voulu ajourner le vote, alors que tous les éléments du projet set tous les critères d'un prononcement, quel qu'il soit, sont connus  sont connus depuis des mois. Il a ensuite expliqué qu'il fallait attendre les premiers résultats de la réforme de la répartition des compétences entre les communes (et, s'agissant de la culture, surtout de la Ville) et le canton, réforme qui n'aboutira pas (si elle aboutit...) avant 2017 alors que le chantier de la Nouvelle Comédie devrait s'ouvrir en 2016, si on veut éviter que les coûts prennent l'ascenseur. Il a enfin, par la voix du député Zweifel, considéré que la Ville pouvait tout payer toute seule (alors que le PLR de la Ville ne cesse de clamer que la Ville est au bord du gouffre financier), et conclu en apothéose tartuffière, par la voix du président du parti, Alexandre de Senarclens, que ce n'était "pas de gaieté de coeur" que le PLR s'apprêtait à couler le projet en rendant impossible son financement paritaire entre la Ville et le canton...

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mardi, 29 septembre 2015

Une affaire de couilles

heurtoir.jpgDe la sous-représentation des femmes au parlement fédéral

On lit, dans la brochure officielle éditée par la Chancellerie fédérale et accompagnant accompagne les listes électorales, ce rappel : "les femmes sont sous-représentées" au Conseil national : dans la Chambre basse sortante, on comptait 61 femmes pour 139 hommes, alors que les femmes sont majoritaires (52 %) dans la population résidente, et cette sous-représentation ne va certainement pas se réduire après les élections de cette année.  Ce qui ne gène d'ailleurs pas les élus du segment le plus à droite du paysage politique, lesquels, comme Oskar Freysinger, se repaissent des vieilles âneries patriarcales sur le déclin de la politique lié à la féminisation du personnel politique, et sur le caractère naturellement, organiquement, définitivement masculin du combat politique -dont les femmes seraient naturellement, organiquement, définitivement incapables d'assumer les rites et les pratiques... Parce que chez ces gens-là, Monsieur, La politique, c'est une affaire de couilles. Et si on privilégiait plutôt la tête ?

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lundi, 28 septembre 2015

On tot comença...

Catalogne : (re)naissance d'une nation ou coup politique ?

Catalogne, Espagne, séparatisme

     Les partis en faveur de l'indépendance de la Catalogne (la coalition Junts Pel Si et la gauche alternative de la Cup) ont donc obtenu la majorité des sièges au Parlement catalan, et il ne leur manque que deux pourcents des suffrages pour obtenir la majorité des suffrages dans les urnes (en novembre 2014, un référendum symbolique avait donné 80 % des suffrages à l'indépendance, mais avec plus de 60 % d'abstention -hier, on a dépassé les 80 % de participation). A Madrid, à Bruxelles et ailleurs, on tente de minimiser et on assure qu'on se démènera pour que le choix indépendantiste ne se traduise. institutionnellement, par rien, ou par des miettes. C'est que ce choix est fort subversif du dogme de l'intangibilité des frontières internes de l'Union Européenne (il y eut d'autres sécession en Europe, d'autres éclatements, mais ils concernaient des pays qui n'étaient pas membres de l'UE - : la Tchécoslovaquie, l'Union Soviétique, la Yougoslavie...) : Pour la première fois dans un Etat membre de l'Union Européenne. un vote populaire ratifie un projet de sécession, et derrière les Catalans, il y a, en embuscade sur un projet indépendantiste, les Basques et, à nouveau, les Ecossais. Et d'autres encore, un peu ou beaucoup plus loin.  "On tot commença" (tout commence)...

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vendredi, 25 septembre 2015

Politique d'asile : le parlement genevois, déversoir électoraliste

Sornettes d'automne...

La semaine prochaine, le Grand Conseil genevois est convoqué en séance extraordinaire sur la politique d'asile, par le duo MCG-UDC (en fait surtout par le MCG -à Genève comme au Tessin, l'UDC est à la remorque de sa concurrence) pour débattre de résolutions issues du tonneau xénophobe. Une opération par laquelle la droite de la droite locale, en transformant le parlement en déversoir électoraliste,  espère se faire voir et entendre sur son obsession : les étrangers (en l’occurrence, les réfugiés). Et surtout, une opération par laquelle le MCG, dont l'objectif électoral est de piquer un des deux sièges UDC, va tenter précisément de séduire l'électorat blochérien en étant plus blochérien que Blocher. Coût de l'opération électorale : 26'000 francs. Payés par le canton (en jetons de présence et en frais de fonctionnement parlementaire), pour proposer au Grand Conseil une sauce qu'il venait de rejeter... mais à laquelle ledit Grand Conseil, si une majorité se met d'accord sur un texte d'amendement général aux trois textes staufféro-blochériens, est tout de même libre de substituer la sienne, du genre des textes votés sur le même sujet, il y a une semaine, par le Conseil municipal de la Ville : une position respectueuse, elle, de l'histoire de la "Cité du Refuge", et d'une convention internationale sur les réfugiés qui porte le nom de cette Cité...

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jeudi, 24 septembre 2015

Campagnes électorales : qui paie, et combien ?

En campagne pour les élections fédérales, les partis ne sont pas tous logés à la même enseigne financière -et ne font pas tous preuve du même souci de transparence. L'écart entre les moyens dont disposent les trois grands partis de droite (UDC, PLR et PDC) et ceux dont doivent se contenter les partis de gauche (PS, Verts, groupes de la "gauche de la gauche") est effarant : les partis (de droite) les plus riches peuvent consacrer jusqu'à vingt fois plus d'argent à faire campagne que les partis (de gauche) les plus fauchés. Certes, on n'en est pas encore tout à fait dans la situation où les votes populaires sont totalement déterminés par les moyens dont disposent les partis (sans quoi la gauche ne réussirait jamais ni à gagner un référendum, ni à gagner une élection  -or elle y arrive tout de même...), mais on est déjà dans une situation où la liberté du choix démocratique est restreinte par l'inégalité des ressources consacrées à l'influencer.

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mercredi, 23 septembre 2015

"Plan Berset" sur les retraites : Quinze ans de sursis ?

retraite.jpgLe Conseil des Etats a donc avalisé le plan du Conseil fédéral, porté par le socialiste Alain Berset, présenté comme une "réforme du système des retraites". Pour faire accepter ce plan par la gauche parlementaire et, sans doute, par le peuple, le Conseil des Etats l'a un peu amélioré, en rétablissant des éléments (la compensation du renchérissement, le niveau du financement par l'impôt) que le Conseil fédéral voulait mettre à mal, et en augmentant les rentes AVS des futurs rentiers (mais pas celles des rentiers actuels). Alain Berset vante ce compromis (les mauvais esprits -il y en a- parlent, eux, de marchandage) : "Pour la première fois depuis la fin du siècle passé, une réforme (des retraites) qui a de réelles chances de passer est sur la table". A quel prix ? 70 francs par mois de plus pour les rentiers AVS (240 francs pour les couples). Pour le Conseiller fédéral socialiste, on tient là une "réforme équilibrée capable d'obtenir le soutien d'une majorité". Et même, une réforme à laquelle, selon lui, ses opposants ne proposent aucune alternative. Or il y a une alternative (de gauche), le basculement progressif du "2e pilier" dans l'AVS qui, elle, serait réellement une réforme, quand le "plan Berset" n'est, de l'aveu même du Conseiller fédéral, qu'un moyen d'assurer quinze ans d'équilibre à un système, l'actuel, fragilisé moins par le nombre de rentiers que par un "deuxième pilier" bien plus sensible que l'AVS à la conjoncture économique (et à la spéculation et aux placements imprudents).

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lundi, 21 septembre 2015

Grèce : la victoire désenchantée de Syriza

Tsipras, par défaut 

On les avait enterrés un peu vite sous les pelletées d'"austérité" du mémorandum européen, Alexis Tsipras, et son parti avec lui... or ce sont eux (lui, surtout) qui viennent de gagner largement les élections législatives anticipées, avec une marge qu'aucun sondage n'avait prévue. Et c'est leur troisième victoire électorale, après celles des législatives de janvier et du référendum de juillet. Il y avait pourtant de la résignation et du désenchantement dans la campagne électorale. De la résignation à un "vote utile" pour Syriza, un vote par défaut d'un autre choix pour éviter le retour de la droite au pouvoir ("la restauration de l'ordre ancien", dénonçait Tsipras) et du partage du pouvoir entre la "Nouvelle Démocratie" et le Pasok, la première étant aussi nouvelle que le second est socialiste, et du désenchantement à l'égard  de Syriza, même si Alexis Tsipras est l'homme politique le plus respecté par les citoyennes et les citoyens. Ces élections se jouaient entre Syriza et la "Nouvelle Démocratie", les petits partis ne pouvant au mieux (comme celui des "Grecs Indépendants") que jouer un rôle d'appoint à l'un ou l'autre des deux grands, pour lui permettre d'obtenir une majorité parlementaire : le PASOK (socialiste d'étiquette, clanique de réalité) est toujours moribond, l'"Unité Populaire" issue de la gauche de Syriza n'a pas eu le temps de rassembler plus qu'une petite minorité des déçus de la gauche gouvernementale, le Potami (centriste europhile) est sans implantation populaire, les communistes sont fossilisés dans leur sectarisme et les néonazis d'"Aube Dorée" (qui restent tout de même la troisième force politique du pays) sont infréquentables... Dès lors, le choix était simple : Tsipras, qui d'autre ?

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mercredi, 16 septembre 2015

Répartition des compétences entre le canton et les communes : Où en est la "chasse aux doublons" ?

Comme l'on sait, la "chasse aux doublons", sport politique assez habituel de la droite genevoise, avait connu en 2013, avec l'élection d'un Conseil d'Etat plus à droite, et d'un Grand Conseil encore plus à droite, que les précédents, une vigoureuse inflexion rhétorique et procédurale, avec notamment la création d'un "comité de pilotage" (accessoire désormais indispensable à tout projet politique), formé paritairement par l'Association des communes genevoises et le Conseil d'Etat, et aidant ce dernier à accoucher d'un projet de loi (transmis au Grand Conseil en janvier de cette année) à la vaste ambition : fonder la répartition des tâches entre le canton et les communes. On attend toujours le retour de la chasse aux "doublons".

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lundi, 07 septembre 2015

Budget municipal genevoise : la droite cale...

Travailler, c'est trop dur...

Ce soir, au Conseil Municipal de la Ville de Genève, on décidera d'entrer ou non en matière sur le projet de budget 2016 de la Ville, et si c'est "oui", de le renvoyer ou non en commission. Le Conseil administratif de la Ville de Genève a fait son travail : présenter un projet de budget équilibré (légèrement bénéficiaire, même).  Le Conseil Municipal fera-t-il le sien -étudier ce projet ? Sa putative majorité de droite distandue tient à l'en empêcher. Suspense insoutenable... En octobre de toute façon, le Conseil administratif devra présenter un rectificatif budgétaire, basé sur les nouvelles prévisions cantonales de recettes fiscales. Si l'entrée en matière sur son projet actuel est refusée, ce rectificatif deviendra simplement un nouveau projet, et on repartira pour un tour... quel intérêt peut bien avoir un exercice dont le seul effet sera de faire perdre deux mois ou d'en venir aux fameux "douzièmes provisionnels", une sorte de budget provisoire découpé en tranches mensuelles, et basé (sans y être identique) sur le budget de l'année précédente ? Quel intérêt ? Un seul, de pédagogie : celui de permettre au bon peuple de distinguer celles et ceux qui, au Conseil Municipal, veulent faire leur boulot, de celles et ceux qui s'y refusent -et veulent empêcher les autres de le faire...

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jeudi, 03 septembre 2015

Alexis Tsipras sur le bûcher de la gauche

Retour sur la Grèce

Dans "Le Monde" du 28 août, l'économiste Maria Negreponti-Delivanis excommunie Alexis Tsipras et son gouvernement pour ce qu'elle même qualifie de "sacrilège" : "le premier gouvernement de gauche radicale en Grèce aura donné sa bénédiction à la poursuite d'une dictature financière étouffante"... "sacrilège", "bénédiction" : est-on encore dans un débat politique ou est-on passé à la prédication religieuse (après avoir, tout aussi religieusement, brûlé le héros qu'on adorait) ? Il est vrai que l'enthousiasme de la gauche de la gauche (y compris de la gauche des partis socialistes et sociaux-démocrates) après la victoire électorale de Syriza et les attentes qui étaient nées de la formation du gouvernement présidé par Alexis Tsipras, étaient exorbitantes de la réalité, c'est-à-dire des possibilités mêmes de ce gouvernement, et de ce pays, d'être l'étincelle mettant le feu à toute la plaine. C'était oublier un peu vite les rapports de force, mais c'était aussi, de la part de nombre de ceux qui collaient à Tsipras comme une bernicle à son rocher et ne s'en sont détachés que pour se coller à Varoufakis,  oublier qu'avant sa victoire déjà, et après elle, Tsipras, Syriza, et même Varoufakis, situaient leur mouvement dans le champ du socialisme démocratique  : "il y a une tradition réformiste de la gauche démocratique, nous nous y inscrivons", déclarait ainsi Varoufakis, même si les mots "réformiste"  et "démocratique" ne prennent pas pour lui le sens, détourné et dévalué, que lui donnent les sociaux-libéraux...

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mercredi, 02 septembre 2015

A propos des budgets de Genève

Le trou et la corne (d'abondance)

Le Conseil administratif de la Ville de Genève a présenté mercredi dernier son projet de budget 2016, bénéficiaire de 1,3 million de francs sur une masse totale de plus de 1,4 milliard. Il n'est pas parfait, ce projet, il peut être amélioré, on peut y renforcer les engagements sociaux de la Ville, garantir la réalisation de projets déjà acceptés (le Pavillon de la Danse, par exemple, ou même la Nouvelle Comédie), ré-internaliser des fonctions actuellement sous-traitées à des privés (le nettoyage, par exemple), mais on conviendra qu'on est loin de l'état dans lequel les finances cantonales se retrouvent (avec un  trou prévu de 240 millions de francs) -et qui va servir de prétexte, à ceux-là même qui les ont mises dans cet état, de produire pour le coup un vrai budget cantonal de droite à côté duquel le budget municipal de gauche prendra des airs de corne d'abondance...

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mardi, 01 septembre 2015

Elections fédérales : un peu plus de gauche ou encore plus de droite ?

votez!.jpgLe poids des votes

La maison « CauseS touSjours« » ne reculant devant aucun cadeau, elle vous livre un scoop :  au soir des élections fédérales de cet automne, la Suisse n'aura pas basculé à gauche. Ni d'ailleurs à droite, puisqu'elle y est déjà. Mais elle peut y être encore un peu plus, à droite, ou un peu moins. Un  peu plus si l'UDC et le PLR atteignent leur objectif commun d'être majoritaires à eux deux au parlement et au Conseil fédéral, un peu moins si le PS progresse, et que les Verts d'une part, le PDC d'autre part, restent à peu près stables. Tout cela tient à moins d'une dizaine de sièges au parlement et à un seul siège au gouvernement. Et on aurait tort de sous-estimer cet enjeu, si modeste qu'il paraisse.

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mardi, 14 juillet 2015

Discours (rituel) du 14 juillet : La révolution, d'accord, mais ailleurs...

 

14juillet1789.jpg

 

On a pris l'habitude de rompre, tous les 14 juillet, d'écrire, gravement, forcément gravement de la révolution. Parce que le 14 juillet, Sire, ce n'était pas une émeute, mais une révolution. Et parce qu'écrire de la révolution, c'est plus facile, moins fatiguant et moins dangereux que la faire. Alors comme chaque année, on va en écrire -ou plutôt, on va écrire de son absence. Et peut-être aussi, en filigrane, de notre propension à reporter sur d'autres, ailleurs, les attentes que nous sommes bien en peine de satisfaire nous-mêmes, ici. En célébrant ces autres, avant que de les vouer aux gémonies dès lors qu'ils ne font pas ce qu'on attendait qu'ils fassent à notre place. Ainsi sentons-nous, présentement, nombre de nos camarades genevois (et circonvoisins) de la gauche bâbord prêts à se battre jusqu'au dernier Grec pour défendre la juste ligne prolétarienne (et la sortie de l'euro) contre le traître Tsipras... Parce que la révolution, nous, ici, on sait comment les autres doivent la faire. Ailleurs.

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jeudi, 09 juillet 2015

MAUVAISE GRECE

(ce texte est paru dans "Le Courrier" du mercredi 8 juillet)

Font chier, les Grecs. On leur explique posément,  sagement, qu'il faut qu'ils écoutent ceux qui savent (et qui ont la clef du coffre), qu'ils fassent ce qu'on leur dit de faire s'ils veulent rester dans la famille, et qu'est-ce qu'ils font, les Grecs ? Ils n'en font qu'à leur mauvaise tête de Grecs. Sous prétexte de démocratie. Et sous prétexte qu'ils l'auraient même inventée, la démocratie, alors que tout le monde sait que la démocratie, elle a été inventée le 1er août 1291 sur une prairie à vache au bord du lac des Quatre Cantons. Même que la démocratie, les Grecs, au long de leur histoire récente, ils en ont plus souvent payé l'absence (sous Metaxas, puis sous l'occupation allemande, puis lors de la guerre civile, puis sous le régime des colonels...) que célébré la présence.    

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samedi, 27 juin 2015

Des vacances sans vacance...

réfléchir, c'est commen cer à désobéir.jpgDes devoirs, des plaisirs...

On vous laisse à vos vacances, et on se laisse aux nôtres, pour quelques semaines. Mais les mots sont trompeurs : vacance n'est pas vacuité. Pas forcément. C'est se sortir, si l'on peut, des routines, des pesanteurs, des rites de nos agendas. Et d'entre eux, des routines, des pesanteurs et des rites politiques -de ce dont nos exubérances parlementaires forment l'écume des jours politiques...  Et c'est aussi se libérer de ces conformismes modernistes engluants, de ces progressismes consensuels auxquels ils nous prend de plus en plus souvent l'envie un peu perverse d'opposer de radicales nostalgies -de celles qui n'ont rien à voir avec les "néo-réacs" régressifs qui, parés d'une étiquette d'"incorrection politique" qu'ils se sont eux-mêmes décernée, se pavanent dans tous les media en clamant leur marginalité et l'odieuse censure dont ils seraient les victimes... partons donc à la recherche de ces radicales nostalgies, plus anarchistes que libertaires, qui sont autant de résistances intérieures à la modernité marchande... nos devoirs de vacances nous seront des plaisirs rares...

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jeudi, 25 juin 2015

Après Syriza et Podemos : le Parti démocratique des peuples de Turquie (HDP)

Turquie, Kurdistan, AKP, HDP, Erdogan, Demirtas

Printemps kurde, printemps turc

Après la Grèce et l'Espagne, la Turquie ? selon les résultats officiels des récentes élections législatives en Turquie, le parti islamiste au pouvoir, l'AKP est arrivé en tête du scrutin, mais n'a recueilli que 40,8% des suffrages. Une dégringolade de près de dix points par rapport à son score d'il y a quatre ans (49,9%). Avec 258 des 550 sièges de députés, l'AKP est nettement en dessous de la majorité absolue, et incapable de former un gouvernement sans se coaliser avec un autre parti. En fait, le grand vainqueur du scrutin est le quatrième parti en suffrages : Le HDP (Parti démocratique du peuple), qui a obtenu 13,1% des suffrages et raflé 80 sièges d'un coup pour son entrée au parlement. Les deux autres principaux adversaires  de l'AKP, le parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate et kémaliste), en léger recul,  et le parti de l'action nationaliste (MHP, droite), en légère progression obtiennent respectivement 25% et 16,3% des suffrages et 133 et 80 sièges. Le recul des islamo-conservateurs de l'AKP prive en outre le sultan Erdogan de la possibilité d'instaurer sans passer par un référendum le régime présidentiel dont il rêve.

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mardi, 23 juin 2015

Une bonne idée neuve vieille de 500 ans : le revenu de base inconditionnel

Même si la gauche renâcle...

Cette année encore peut-être, plus vraisemblablement l'année prochaine, on se prononcera en votation populaire sur l'initiative populaire pour un  revenu de base inconditionnel, déposée en octobre 2013 avec plus de 125'000 signatures. Et les citoyens et yennes de notre beau pays seront les premiers et les premières au monde à pouvoir voter sur une proposition qui se trouve sans doute être la plus subversive de toutes celles faites depuis quelques décennies, du moins à ce niveau du processus légal de décision politique, dans le champ social -une proposition qui rencontre des soutiens, et affronte des oppositions, qui transcendent le clivage gauche-droite (sans que cela remette en question la prégnance politique de ce clivage). On ne vous cachera pas plus longtemps que le revenu de base inconditionnel, ou dont la seule condition est l'existence de son bénéficiaire, on est pour. Et qu'à l'initiative proposant de l'instaurer, on votera donc « oui« ». Même si la gauche renâcle,  à ce qui fait, dans le bon sens, bouger les lignes.
  

 

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vendredi, 19 juin 2015

Hébergement des « hommes en trop » : Genève : la Ville au front, le canton aux fraises

 

Manif samedi.jpg

 

Aujourd'hui, premier jour de Messidor, comme depuis deux jours, la Maison des Arts du Grütli, à Genève, est aussi un lieu de refuge. Elle le restera, avec l'accord de la Ville de Genève, au moins jusqu'à lundi. Elle est l'un des lieux de la Fête de la musique, d'aujourd'hui à dimanche. Elle sera encore ce soir à 18 heures le lieu d'un rassemblement de solidarité avec les requérants d'asile que les autorités cantonales veulent stocker dans des abris PC souterrains. Et demain samedi en partira à 16 heures une manifestation de soutien au mouvement « No Bunkers », qui dénonce le traitement que font subir aux immigrants en général, aux requérants d'asile (déboutés ou non) en particulier, les autorités cantonales et fédérales suisses, actrices d'une politique à la fois hypocrite, impuissante et provocatrice. Une politique à laquelle la Ville de Genève, aujourd'hui, répond par la disponibilité, le dialogue, le respect des revendications et surtout des droits des immigrants -ces « hommes en trop ». Ce n'est pas le seul terrain, le seul champ politique, où la Commune se retrouve devoir assumer la tâche de pouvoirs supposés lui être « supérieurs », mais c'est aujourd'hui le plus visible de tous ceux où la Ville s'oblige à être au front, parce que le canton est aux fraises.

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lundi, 15 juin 2015

Initiative populaire fédérale « pour des multinationales responsables » : Pour que la Suisse assume son poids dans l'économie mondialisée

Des enfants, par centaines de milliers selon Amnesty International, exploités dans les plantations de cacao dont la production est achetée par les industriels suisses du chocolat, des conditions de travail s'apparentant au mieux au servage, au pire à l'esclavage, dans les usines textiles asiatiques qui approvisionnent les grands distributeurs suisses, l'extraction ravageuse pour l'environnement de matières premières utilisées par des multinationales dont le siège, le capital (ou les deux) sont suisses : notre pays et ses entreprises sont loin d'être innocents des désastres sociaux et écologiques, des violations des droits fondamentaux et de la surexploitation du travail humain dans le monde. Après une pétition signée par 135'000 personnes, une initiative populaire fédérale a été lancée il y a deux mois pour rendre les multinationales « suisses » responsables de leurs actes, et la Suisse responsable de « ses » multinationales : il s'agit de faire assumer par la Suisse son poids dans l'économie mondialisée.
On ne saurait trop vous inciter à signer cette initiative : on peut en obtenir les feuilles de signatures en les téléchargeant depuis http://konzern-initiative.ch/

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jeudi, 11 juin 2015

14 juin : On devrait voter sur la redevance, on votera sur la SSR....

Si vous lisez le petit menu des festivités votatoires (on dit bien un apéritif dinatoire, pourquoi pas une festivité votatoire ?) du 14 juin, au chapitre de la révision de la loi sur la radio et la télévision, vous trouverez une proposition de modifier la redevance finançant l'entreprise publique de radio et de télévision (mais aussi, désormais, d'internet), la SSR. Mais si vous suivez le débat qui s'est engagé sur cette proposition, ce n'est plus de la redevance dont il est question, mais de la SSR elle-même, de son rôle, de ses programmes, de sa taille, de son coût... Vieille histoire : depuis les années soixante, la SSR est la cible constante d'attaques de la droite patronale et politique, qui ne cesse de la dénoncer comme un nid de (suivant les époques) crypto-communistes, socialistes ou gauchistes. Un vieux débat sur une vieille dame (la SSR est née en 1931 comme seule entreprise autorisée à diffuser des programmes de radiodiffusion). Mais là, ce vieux débat sur cette vieille dame, il a quand même tout d'une nappe de brouillard : après tout, ce qui est proposé au vote, ce n'est qu'une modernisation de la redevance, pas un prononcement sur les programmes du medium public...

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