lundi, 04 janvier 2016

Il faut fermer l'Usine. Pis voila. Pis c'est tout.

Et soudain, dans la nuit d'un samedi et d'un dimanche de décembre dernier, à Genève, les GPS médiatiques et les boussoles politiques s'affolèrent et les cartes de géographie se brouillèrent : éditorialistes et correspondants se mirent, après une manif "sauvage" ayant "dégénéré" en tags et casses de vitrines, à confondre Genève et Sarajevo. Genève "défigurée", sanglotait "Le Temps", qui évoquait aussi le "chaos", la "Tribune" préférant écrire d'un "grand saccage". Lorsqu'un èmecégiste avait comparé une précédente manif et les tags qu'elle avait laissé derrière elle à la "Nuit de Cristal" nazie, on s'était indignés. Là, on se contentera de ricaner.  On a les débuts d'années débonnaires.

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mardi, 22 décembre 2015

Manif casseuse au prétexte de la défense de la culture alternative : Providentielle diversion

On a attendu un peu avant de vous livrer nos états d'âme sur la manif casseuse de samedi, à Genève, convoquée au prétexte de la défense de la culture alternative. On a attendu le temps de laisser dégoiser les blaireaux et de nous repaître des commentaires hallucinés foisonnant sur les réseaux sociaux (on vous recommande notamment les délires miliciens du président du Conseil municipal de la Ville de Genève, qui appelle notamment les "commerçants" à s'armer et à tirer dans le tas). Le débat, ou ce qui en tient lieu, que suscite l'événement se situe lui-même au niveau spéléologique d'un échange décérébré d'invectives, avec la sommation, d'un côté, de condamner sans chercher à comprendre, et de l'autre de se solidariser sans essayer de réfléchir : avec son fameux "ni rire,ni pleurer, mais comprendre", Spinoza passerait auprès de chaque camp pour un suppôt du camp adverse... Et la défense de la culture alternative et de ses lieux, dans tout ça ? Oubliée. Providentielle diversion opérée par la casse, pour les épurateurs culturels.

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vendredi, 18 décembre 2015

Budget de la Ville de Genève : L'action sociale menacée comme la culture

La droite coagulée ne s'est pas attaquée qu'au seul budget culturel de la Ville de Genève, cette semaine,  si elle en a fait sa cible principale. S'attaquant à toutes les subventions, et toutes les lignes de fourniture, elle s'est aussi attaquée au budget de l'action sociale. Le CAPAS (collectif d'associations pour l'action sociale), qui regroupe 34 associations accordant à plus de 88'000 personnes des prestations de toute nature (de la distribution de seringues, la vaccination et les soins de santé primaire au repas et à la réinsertion professionnelle), sonne l'alarme : ces prestations sont en augmentation constante (comme le nombre de leurs bénéficiaires) depuis des années, sans que les subventions aient suivi. Mais maintenant, non seulement elles ne suivent plus l'augmentation des besoins, mais il faudrait qu'elles reculent ?  Qu'est-ce qui va en souffrir ? le soutien aux familles et aux adultes en situation précaire, les mesures d'insertion sociale et professionnelle, le soutien aux personnes atteintes dans leur santé psychique, le suivi des jeunes déscolarisés, l'intégration des migrants et des marginaux...

budgets publics, Ville de Genève

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jeudi, 17 décembre 2015

Elections régionales françaises : Au bal des perdants

 Si le premier tour des élections régionales françaises avait vu une victoire incontestable du Front National, le deuxième tour, dimanche dernier, a vu, lui, une victoire non moins incontestable, avec ou sans "front républicain" à l'appui, du "tout sauf le FN"  : des treize nouvelles régions dont les conseils et les exécutifs étaient renouvelés, le FN n'a conquis aucune, pas même celles où ses têtes de listes, Tati Marine dans le Nord et Nièce Marion dans le sud, avaient réussi à capter plus de 40 % des suffrages au premier tour. Et finalement, sur treize régions, la droite démocratique en a récupéré sept alors qu'elle en espérait dix, et le PS en a gardé cinq (la Corse passe aux nationalistes...) alors qu'il craignait devoir se contenter (en Europe...) de deux, voire la seule Bretagne. Avec un taux de participation de 58 %, en hausse de huit points entre les deux tours, le résultat est difficilement contestable. Pour autant, il n'est une victoire pour personne, pas même (ou surtout pas) pour ceux qui clament être vainqueurs, et ne tranche aucun des choix stratégiques et programmatiques en jeu dans les trois camps en présence.

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mardi, 15 décembre 2015

Ville de Genève : le quatrième débat sur le budget commence. Dans la rue.

Qu'a imposé la droite coagulée en Ville de Genève ? Pour nous en tenir à la politique culturelle, première visée par ces coupes, elle a imposé une coupe de 10 % dans les fonds de soutien à la création et à sa représentation (les « fonds généraux ») et une coupe de 2 % dans les subventions directes. Sauf pour le Grand Théâtre, mais en revanche, pour son orchestre attitré. On admire la logique. Cette coupe dans les subventions municipales s'ajoute à une coupe cantonale proposée de 1 % par année pendant cinq ans dans les subventions directes. Un théâtre comme Am Stram Gram y perdrait 30'000 francs, dont 20'000 francs du seul fait de la Ville. Une économie ridicule sur le budget de la Ville. Une perte importante sur celui d'un théâtre qui n'a pas vu augmenter depuis 10 ans le soutien public qu'il, reçoit... A elle seule, et sans compter, évidemment, les coupes dans les lignes de biens et marchandises qui concernent des lieux culturels la création culturelle devrait assumer, pour 1 million 400'000 francs de coupes dans les fonds de soutien et les subventions, soit 9 % de toutes les coupes proposées, pour économiser à peine plus d'un pour mille des dépenses municipales.  On est donc bien face à une attaque en règle contre, non pas tant la politique culturelle de la Ville, ce qui serait déjà inacceptable puisque la droite n'en proposez aucune qui soit alternative, sinon ne plus financer que le Grand Théâtre et le Musée d'Art et d'Histoire, mais contre l'ensemble du champ culturel genevois, du tissu culturel genevois, de ses lieux, de ses acteurs, de ses salariés. Avec une cible prioritaire : la culture émergente, la création indépendante des institutions, et, évidemment, la culture alternative. Et le secteur le plus fragile de l'économie et du si bien nommé « marché » du travail, celui des intermittents du spectacle. Ces choix budgétaires frappent un secteur qui a fait travailler, et vivre de leur travail, près de 1900 personnes l'année dernière, sans compter le personnel des institutions. Ni, évidemment, le personnel municipal affecté aux institutions. Les coupes dans les fonds de soutien à la création et à leur représentation vont en outre affecter toutes les manifestations qui permettent cette représentation comme les festivals de cinéma (Black Movie, Filmar, Cinetransat et les autres), les fêtes du théâtre et de la danse.

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lundi, 14 décembre 2015

Débat budgétaire en Ville de Genève : la droite coagulée innove

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On touche le fond...

On se résignerait facilement à passer deux jours et une nuit et demie à éplucher un projet de budget municipal, comme il nous est déjà arrivé de le faire, si c'était pour qu'au bout du compte la Ville ait un budget équilibré (et même en l'occurrence bénéficiaire) qui maintienne à la fois ses prestations à la population et les droits des quelques milliers de ses employés. Or la droite  dilatée, qui avait en Ville de Genève entamé l'exercice budgétaire par refuser de s'y livrer, ne s'y est finalement résolue qu'en proposant des coupes n'importe où, sur n'importe quelle ligne, n'importe quelle subvention, n'importe quelle allocation. Pour donner un signe de son existence.
Il y a, dans une démocratie, deux moyens de prendre la place d'un exécutif : gagner les élections, ou réussir un putsch. La révolution est exorbitante de ce choix : elle bouleverse le cadre même de la société, et de toutes ses institutions. La droite municipale genevoise a évidemment usé du premier moyen, mais depuis vingt ans, elle se casse les dents sur une élection au scrutin majoritaire que la gauche emporte régulièrement haut la main. Quant au putsch, la droite municipale n'en a pas la force (ce qui explique qu'elle soit régulière tentée de faire appel au canton pour museler la commune...). Elle s'est donc mise à la recherche d'un nouveau moyen, et l'a trouvé : la prise d'otage de la politique sociale et culturelle. Une  prise d'otage budgétaire comme consolation de l'impuissance politique : on touche le fond, là...

 

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vendredi, 11 décembre 2015

La DEDD déforeste

Budget de la Ville de Genève : C'est reparti comme en  2011
 
On a reçu notre ordre de marche : "Le Conseil municipal est convoqué en séances extraordinaires pour samedi 12 décembre 2015 à 8 h., 10h. 13h30, 16h15 et 20 heures et lundi 14 décembre 2015 à 17h et 20h30 et mardi 15 décembre 2015 à 0h, 2h. 4h., 6h. et 8h". Et tout ça pour voter (ou non) le budget 2016 de la Ville de Genève, à partir du rapport de la commission des finances chargée d'examiner le projet du Conseil administratif. A supposer que la commission des finances soit capable de produire un rapport que l'on puisse examiner. Il paraît que c'est le "grand moment" annuel du Conseil municipal. Expérience faite, c'est surtout le plus chiant. Mais on s'y résignerait, si c'était pour qu'au bout du compte la Ville ait un budget équilibré (voire, en l’occurrence, bénéficiaire) qui maintienne à la fois ses prestations à la population et les droits des quelques milliers de ses employés. Or la DEDD (la droite élargie, distendue et dilatée), qui avait entamé l'exercice budgétaire par refuser de s'y livrer, ne s'y est finalement résolue qu'en proposant des coupes n'importe où, sur n'importe quelle ligne, n'importe quelle subvention, n'importe quelle allocation. L'important, c'est de couper. De déforester, à la tronçonneuse. Pour donner un signe. Un signe de quoi ? De son existence, pardi... Elle nous avait déjà fait le coup en 2011, elle nous le refait cette année.  En 2011, elle avait reculé face à la mobilisation des victimes potentielles de son exercice de déforestation culturelle et sociale. Même exercice, même réponse. Mais sans doute avec un référendum en prime. Histoire de donner tout de même la parole aux victimes du massacre à la tronçonneuse.

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jeudi, 10 décembre 2015

Election du Conseil fédéral (et du deuxième udéciste) : "Le bon, la brute et le truand" ou les Trois Mousquetaires ?

On avait, avouons-le, quelque difficulté à se passionner pour l'élection du Conseil fédéral. Les Chambres allaient-elles choisir le Bon, la Brute ou le Truand ? Athos, Porthos ou Aramis ? Ou d'Artagnan (que le Père Dumas nous pardonne de prendre ses héros pour représenter un choix qui ne leur arrive pas aux chausses) ?  Des deux scenarii qu'évoquait hier la "Tribune de Genève", celui de la normalisation (élection d'un des trois candidats UDC), celui de la confrontation (élection d'un-e UDC non-candidat, voire d'un-e non UDC), c'est, comme il était de plus en plus probable après que le "centre" ait confirmé sa réputation de pusillanimité, le premier qui a été traduit en actes. Admettons qu'on ait choisi le Bon. Ou Porthos. Et ça va changer quoi ? Pas grand chose. L'UDC a deux sièges au Conseil fédéral ? Elle en avait déjà deux il y a quatre ans (Eveline Widmer Schlumpf était UDC, avant d'être exclue pour crime de lèse-Blocher)... l'"arc lémanique" est à nouveau représenté au gouvernement fédéral ? Oui, et alors ? en avait-il besoin ?

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lundi, 07 décembre 2015

Premier tour des élections régionales françaises : Sans surprise, et sans excuse...


Extrême-droite, Front National, RégionalesComme prévu par les sondages, le premier tour des Régionales françaises voit le Front National devancer la droite démocratique et le PS. Ce n'était sans doute que le premier tour d'une élection qui se joue en  deux tours, et si le Front National devance la gauche et la droite démocratique dans presque la moitié des régions, il n'est lui-même majoritaire dans aucune, et ne devrait l'emporter au deuxième tour qu'en l'absence de "front républicain", mais tout de même : la gauche française à l'étiage de la gauche suisse, et le FN à celui de l'UDC, il y a de quoi s'inquiéter. Sans d'ailleurs être en mesure de donner des leçons à une gauche française qui ne fait pas pire que nous. Et on ne consolera même pas en se disant que si le FN fait 30 % des suffrages, cela signifie qu'il y a tout de même 70 % des électrices et des électeurs qui ne votent pas FN (dont une majorité d'électeurs de gauche, si on additionne les listes sur lesquelles se sont portées leurs voix, plus nombreux au plan national -mais aussi plus divisés...- que leurs adversaires frontistes) : ce n'est pas une consolation (ou alors fort maigre) d'abord parce que la moitié de l'électorat n'a pas voté; ensuite parce que dans le vote "non-FN", il reste une part de votes d'extrême-droite à ajouter à ceux récoltés par le FN : les votes pour des listes d'extrêmes-droite dissidentes, ou pour des listes de la droite dite "démocratique" qui ne diffèrent, dans leur discours politique, du FN que par leur adhésion au libéralisme économique -pour tout le reste, de la xénophobie au conservatisme social en passant par le culte de la frontière, pas grand chose ne les sépare du FN... Il faut un microscope pour déceler la différence entre un Estrosi et une Maréchal-Le Pen qui vont s'affronter en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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jeudi, 03 décembre 2015

Dans notre calendrier de l'Avent : La grève et le Bien public

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On avait, mardi, ouvert la première fenêtre de notre calendrier de l'Avent. Et dans cette fenêtre il y avait une grève et une manif.  Et dans le deuxième fenêtre, hier, il y avait aussi une grève et une manif. Et aujourd'hui encore, une grève et une manif.  Faut dire que notre calendrier de l'Avent, c'est une version de gauche, avec des grèves et des manifs, des débats sur la culture et les budgets publics, un projet de Nouvelle Comédie, un soutien à l'Usine, tout ça, mais pas l'ombre d'un sapin, pas la fumerolle d'une bougie, rien qui ressemble à une crèche. Mais une grève et des manifs. Du mouvement de la fonction publique (et parapublique, et des acteurs de la culture) on a déjà écrit ici et ailleurs qu'il ne défend plus seulement le statut de la fonction publique, les droits des fonctionnaires, les conditions de travail dans le secteur social ou les subventions à la culture, mais désormais le service public en tant que tel, et qu'ainsi, la grève de la fonction publique est finalement une grève pour les usagers du service public -une grève pour le Bien public, en somme. Tout à fait à sa place dans un calendrier de l'Avent, donc.

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lundi, 30 novembre 2015

Succession d'Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral : On s'en tamponne (un peu) !

Autant vous l'avouer  : savoir lequel sera élu des trois candidats de l'UDC à la succession d'Eveline Widmer-Schlumpf, le Romand, l'Alémanique (qui a adhéré à l'UDC parce qu'"en Suisse centrale, le PDC a tendance à glisser à gauche") ou le Tessinois (pas membre de l'UDC mais de la Lega), on s'en tamponne le botte-cul. Comme de savoir où ira gésir Ueli Maurer. Et on s'en tamponnerait aussi de savoir quel département l'éduciste nouveau prendra (les Finances, l'Armée, la Justice et la police, l'Intérieur), si d'aucun-e-s ne caressaient pas l'idée sadique, du point de vue de la défense du droit d'asile, de lui confier la tutelle de la politique d'asile. Ce droit à l'indifférence (relative) que nous prônons, c'est l'avantage que nous offre le système de démocratie "semi-directe" (et donc "semi-parlementaire") : le Conseil fédéral a l'initiative (partielle) des lois et des choix politiques, pas leur maîtrise. Et si le parlement a glissé à droite, avec une majorité UDC-PLR au Conseil national, ce glissement est moins calamiteux qu'on pouvait le craindre, avec une majorité PS-PDC au Conseil des Etats... et des majorités populaires et cantonales que l'on peut construire, surtout s'agissant de la politique sociale, contre des décisions parlementaires.

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vendredi, 27 novembre 2015

Grèves à Genève : La DMEDD reprend le travail...

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"Il faut savoir terminer une grève" (Maurice Thorez). Ou la reprendre (la fonction publique genevoise) 
   
Cela fait bien trois mois que nous (la gauche) sommes prêts à étudier le projet de budget 2016 de la Ville de Genève, et qu'on attend que la DMEDD (Droite municipale élargie, distendue et dilatée) se déclare prête, elle aussi, à faire son boulot et à nous laisser faire le nôtre. Et ouf ! ça y'est : la DMEDD a accepté d'entrer en matière sur le projet de budget. On peut commencer à bosser. Ou plutôt : les membres de la commission des finances du Conseil municipal peuvent commencer. Quant à ceux des autres commissions, dites "spécialisées", ils devront s'organiser eux-mêmes, entre eux : le projet n'est pas renvoyé à leurs commissions. Pas le temps. Trop de temps perdu à attendre que la DMEDD mette fin à la grève qu'elle avait entamée fin août. Trois mois de grève, dis donc... la fonction publique cantonale peut en prendre de la graine. Nul doute, dès lors, que la droite municipale sera la première à soutenir la reprise de la grève de la fonction publique genevoise. Il y a septante ans, Maurice Thorez lançait aux travailleurs français son fameux "il faut savoir terminer une grève". La droite municipale a mis septante ans à l'apprendre, mais au moins, c'est fait. Et ne soyons pas mauvais joueurs : la droite municipale a du même mouvement, fût-ce sans le vouloir, reconnu la légitimité du droit de grève et celle du droit à la paresse, proclamé il y a bientôt un siècle et demi par le camarade Paul Lafargue, et nous saluons ce ralliement. Non sans rester quelque peu suspicieux : que la droite municipale
ait fini par accepter de faire son travail ne signifie pas encore qu'elle va le faire intelligemment.

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mercredi, 25 novembre 2015

Large soutien, de partout, à l'Usine : Défendre l'exception

culture1.jpgLa Fédération suisse des salles de concerts et des festivals de musiques actuelles à but non lucratif ("Petzi", dans son acronyme germanique, qui nous renvoie à nos lectures de gamins) a exprimé, comme des milliers de personnes et des dizaines de lieux culturels genevois et suisses (et étrangers) son soutien à l'Usine dans le "bras-de-fer" engagé avec la bureaucratie cantonale. Un soutien apporté en particulier à ses salles de concert, en relevant que "le cadre administratif et légal, notamment au sujet des patentes est inadapté à nos membres dans l'Usine et le plus souvent aux salles de concerts à but non lucratif", dont "l'objectif est d'abord culturel", et dont les subventions et recettes, y compris celles, "secondaires et accessoires" tirées des bars, "servent ce but et aucun autre". Constat d'évidence : L'Usine est une exception culturelle à laquelle on veut appliquer un règlement (le "règlement d'exécution de la loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement") dont les 66 articles  prennent 18 pages de la Feuille d'Avis Officielle... Cette exception, de plus, est une survivante : elle est l'héritage des grandes années des squats, de leur brassage social, de leur fonctionnement associatif, autogestionnaire, égalitaire, collectif, rigoureusement incompatible avec les logiques administratives derrière lesquelles l'Etat se réfugie (la Ville, pour sa part, s’accommodant tant que faire se peut de ces logiques "alternatives", et n'y voyant en tout cas pas motif à renoncer de soutenir les lieux où elles sont à l'oeuvre).

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mardi, 24 novembre 2015

Etats d'urgence antiterroristes : No bunker !

Les appels à un renforcement de l'efficacité des services de sécurité, des polices, des armées, des services spéciaux, des services de l'immigration, des garde-frontières, à la fermeture des frontières, à la lutte contre l'immigration, aux restrictions des libertés de déplacement (qu'on se rassure cependant : il ne s'agira jamais que d'entraver la circulation des personnes, pas celle des capitaux) se sont fait assourdissants, depuis les attentats de Paris . Mais à utiliser le seul critère de l'efficacité, sans le soumettre, sans le plier à l'impératif de légitimité, on se condamne à applaudir à l'efficacité de l'opération parisienne du week-end dernier : en deux heures, le groupe auteur de l'opération a tué des dizaines de personnes et traumatisé une bonne part des opinions publiques du monde "développé". Pour se préparer à applaudir à l'efficacité de la traque et du châtiment des coupables, nous faut-il d'abord applaudir à l'efficacité des tueurs pour ensuite nous enfermer dans un bunker ?

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16:46 Publié dans Politique, Sécurité, insécurité, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : antiterrorisme, djihad | |  Facebook | | | |

vendredi, 20 novembre 2015

Petits marchandages Ville-canton : Soldes au Bricoculture

 Un accord, sous forme de "déclaration conjointe", a donc été passé entre le Conseil administratif de la Ville de Genève et le Conseil d'Etat du canton pour une première répartition des compétences et des charges dans le domaine de la politique culturelle. Un accord qui n'engage que les deux exécutifs et qui n'est pas en soi une décision : les parlements cantonal et municipal (mais surtout le premier) devront se prononcer, spécifiquement ou dans le cadre de leurs débats budgétaires respectifs, sur chacun des points de cet accord, chacune des allocations budgétaires qu'il prévoit, chacun des transferts qu'il propose. Et il contient quoi, cet accord ? Les bases d'une réelle politique culturelle commune ? Que non pas : une "shopping liste" au Bricoculture, un grand marchandage à partir de critères imprécis, voire introuvables : la Ville prendrait ainsi en charge le soutien à la création dans les arts de la scène, le canton celui de la politique du livre, la Bibliothèque de Genève, puis à terme, l'art lyrique.  En fonction de quel raisonnement ? Pourquoi ces domaines à ces collectivités, et pas d'autres domaines ? Parce que, comme le suggérait un conseiller municipal UDC, le théâtre serait de gauche et l'opéra de droite ? On peine à comprendre. A moins qu'il n'y ait rien d'autre à comprendre qu'un gage donné au PLR pour sortir la Nouvelle Comédie de l'ornière dans laquelle il l'a embourbée ?

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jeudi, 19 novembre 2015

"La France est en guerre"... mais quelle guerre, contre qui ?


Drôle de guerre...

La France est en guerre", ont proclamé tous les dirigeants politiques français, de gauche et de droite, au pouvoir ou dans l'opposition. "En guerre" contre qui, ou contre quoi ? L'"Etat islamique" (Daech) ? l'islamisme armé ?  l'islamisme radical, l'islamisme, l'islam ? Et dans cette guerre, que vaut l'alliance avec les pétromonarchies du Golfe qui soutiennent l'islamisme sunnite, mais avec qui la France, "en guerre" contre l'islamisme armé, fait des affaires et à qui elle vend armes et avions ? "Qu'est-ce qu'une guerre ? C'est quand des pauvres qui ne se connaissent pas se massacrent pour des riches qui se connaissent et ne se massacrent pas", écrivaient les socialistes libertaires français en août 1914, à propos des guerres entre Etats... On n'en est plus là. Enfin plus tout à fait. Ce n'est pas qu'on soit foncièrement non-violents, ni obstinément pacifistes (contre la "bête immonde", quelle autre solution que l'écraser ?). mais on aime bien savoir contre qui et quoi une guerre se mène, quand, même si on n'est pas français, on est conviés à la soutenir comme étant aussi la nôtre...

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jeudi, 12 novembre 2015

Grèves de la fonction publique et de la construction : Belles couleurs genevoises d'automne

grève, fonction publiqueLes couleurs de cet automne sont belles, à Genève  : Le mouvement est considérable, quantitativement, par le nombre des grévistes et des manifestants, et qualitativement, par leur détermination et par la rencontre des travailleurs de la fonction publique et de ceux de la construction. La grève de la fonction publique genevoise, entamée mardi, poursuivie mercredi, reconduite aujourd'hui, est un indéniable succès, qu'on le mesure par le pourcentage de grévistes, le nombre de manifestants (10'000 mardi, autant mercredi)... les commentaires furieux, et souvent insultants, déféqués sur les réseaux sociaux... alors même que cette grève, est moins une grève pour la défense de droits acquis par et pour le personnel des services publics qu'une grève pour le maintien des prestations à la population, de leur qualité et de leur accessibilité -autrement dit : une grève pour les habitantes et les habitants de Genève, y compris celles et ceux qui conchient la grève et les grévistes.

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13:33 Publié dans Genève, Politique, syndicats | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : grève, fonction publique | |  Facebook | | | |

mercredi, 11 novembre 2015

Démolition du cinéma "Le Plaza" ? On ne lâche rien !

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Nous avions appris par la presse que le Conseil administratif de la Ville de Genève avait renoncé à faire recours contre la décision du canton d'autoriser la démolition du cinéma Le Plaza, alors même qu'il avait émis un préavis négatif -sur lequel le canton s'était assis- à la demande d'autorisation de la démolition, eu égard aux qualités de cette salle, à sa valeur architecturale, patrimoniale et culturelle. Or une motion et une pétition demandant précisément à la Ville de s'opposer à cette démolition, sont à l'examen à la commission des pétitions et à la Carts. N'aurait-il pas été, de la part du Conseil administratif  politiquement élégant, plutôt que préjuger cet examen par les commissions municipales, de faire recours contre l'autorisation de démolir, dans l'attente d'un vote du plénum, quitte à retirer ce recours si le plénum ne suivait pas les demandes de la pétition et de la motion ? Poser la question,  c'est (un peu) déjà y répondre. Et pour mieux y répondre encore, cinq recours ont été déposés lundi contre l'autorisation de démolir le Plaza. Parce que quand les zautorités baissent les bras, les citoyens lèvent le poing. Et que les seuls combats perdus d'avance sont ceux qu'on refuse de mener. Non mais.

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lundi, 09 novembre 2015

Le Conseil des Etats, bastion de la résistance à la droite : Kilukru ?

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On ne va certes pas hurler d'euphorie, mais ça fait du bien par où ça passe (et les sanglots longs de la droite ajoutent encore à notre plaisir coupable) : la très nette réélection du "ticket" de gauche à Genève et du président du PSS à Fribourg, la première place de la socialiste dans le canton de Vaud (mais, hélas, suivie non pas de son colistier Vert, apparemment lâché par une partie de l'électorat socialiste, mais d'un candidat PLR que l'UDC ne concurrençait pas), les bouillons udécistes (et èmecégiste) dans les trois cantons romands, ont fait de ce deuxième tour de l'élection du Conseil des Etats une sorte de correction des résultats d'il y a trois semaines, pour le Conseil national -une correction bienvenue, d'autant qu'hier, on était, dans notre calendrier à nous, le 18 Brumaire, et que ce n'était pas le jour idéal pour des succès de la gauche. Le Conseil des Etats, naguère honni de la gauche, devenu bastion de la résistance à la droite : Kilukru ?

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mercredi, 04 novembre 2015

2e tour de l'élection du Conseil des Etats : C'est pas le moment de mollir

Il va peut-être se passer quelque chose d'assez paradoxal, politiquement, après les deuxièmes tours de l'élection du Conseil des Etats : cette Chambre, naguère conspuée par la gauche (qui peinait à s'y installer, du fait du scrutin majoritaire -voire même parlementaire, dans certains cantons), va se transformer en bastion de résistance à la droite de la droite, l'UDC ayant aujourd'hui les mêmes difficultés à y faire élire ses candidats que le PS et les Verts il y a vingt ou trente ans. Le glissement à droite du Conseil National, on le sait, ne se produira pas, en tout cas pas dans les mêmes proportions, voire pas du tout, au Conseil des Etats. Du coup, on n'en réclame plus la suppression, la relégation en une Chambre de deuxième ordre, ou la transformation : non, on va pouvoir s'appuyer dessus pour freiner l'UDC et le PLR, majoritaires (de peu, et ensemble, mais majoritaires tout de même) au Conseil National. Mais en attendant que cette perspective se traduise dans les faits, il nous reste une chose à faire, si on ne l'a pas déjà faite : voter. A gauche, et seulement à gauche. A Genève, il vous reste deux jours pour envoyer votre bulletin par la poste. Et le dimanche matin pour le glisser vous-même dans l'urne. Et c'est pas le moment de mollir.

 

conseil des etats

 

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