lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

Lire la suite

13:21 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, PS, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

vendredi, 13 janvier 2017

Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

Lire la suite

16:31 Publié dans Immigration, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

jeudi, 12 janvier 2017

Partis socialistes français et suisse : Y'en a presque point comme nous.

socialisme, social-démocratieCe soir, à la télé française, sept socialistes feindront de débattre dans le cadre d'une "primaire de gauche" -qui ne concerne d'ailleurs plus qu'une partie de la gauche- au terme de laquelle sera désigné le candidat du PS à l'élection présidentielle de la fin du printemps prochain. Sept candidats, dont quatre anciens ministres (et même un ancien Premier ministre) de François Hollande, qui vont sans doute faire ce qu'ils peuvent pour se distancer du bilan d'un quinquennat jugé par une écrasante majorité de Françaises de Français comme assez calamiteux, mais dont ils ont été, pour un temps au moins (mais jusqu'au bout pour Manuel Valls) des acteurs. Autant dire que le vainqueur de la "primaire" du PS et de ses satellites ne sera pas désigné pour succéder à François Hollande, ni même, sans doute, pour se retrouver au deuxième tour de la présidentielle, mais pour tenter de maintenir au sein de la gauche française le primat d'un parti coincé entre le social-libéralisme à la Macron et la social-démocratie de gauche de Mélanchon. Certes, le PS français survivra à sa crise (il a survécu à toutes, et même à ses propres errements, depuis sa fondation par Jaurès et Guesde, il y a un siècle), et ses deux concurrences sur ses deux flans sont plus des mouvements que des partis, mais à voir l'état dans lequel le quinquennat de Hollande l'a laissé, on se sent tout de même mieux en ce moment au PS suisse qu'on se sentirait au PS français. C'est notre "y'en a point comme nous"... "Point", ou presque : n'oublions pas le Labour de Corbyn, et même le courant socialiste de Sanders.

Lire la suite

14:58 Publié dans Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : socialisme, social-démocratie | |  Facebook | | | |

dimanche, 01 janvier 2017

Fin (enfin) d'une année de merde


De Profundis

On ne regrettera pas l'an de disgrâce 2016. Et on ne changera pas non plus de calendrier pour l'extirper de nos mémoires embuées par le champagne et embourbées dans le foie gras des libations de fin d'année. 2016, année de Trump, de Poutine, du Brexit, de la Syrie exsangue... Dies Irae ? Dies, on a comme un doute, mais irae, certainement. De Profundis, en tout cas. Et puis quoi ? Cette année morte n'est ni la première ni la dernièr, que scandent nos défaites. Nous avons survécu aux autres, nous survivrons à celle-là. Nous ne sommes pas résignés, nous sommes patients. Et nous avons de la mémoire.

Lire la suite

19:09 Publié dans De tout un peu, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : révolution, socialisme | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 décembre 2016

Budgets de la Ville et du canton : Genève et Genève sont dans un bateau...

Jetdeautordu.jpgChouette ! une nouvelle séance du Conseil Municipal de la Ville de Genève, aujourd'hui, pour adopter (ou refuser) le budget 2017 qu'on n'a pas été foutus d'adopter (ou de refuser) il y a deux semaines. A deux jours de noël (la séance peut durer toute la nuit : quand on aime, on ne compte pas son temps), nous préparera-t-on au moins une crèche dans la salle des séances ? Parce qu'on a tout ce qu'il faut : Pour l'âne et le bœuf, on a même l'embarras du choix. Pour Joseph, on devrait pas avoir de difficulté à trouver un cocu consentant. Pour Marie, c'est plus problématique : même au Conseil Municipal de la Ville, une vierge en cloque, ça se trouve pas facilement. Pour les rois mages, on verra sur place.  Et pour le chti Jesus, on suggère le chti MCG qui roupille déjà pendant toutes les séances... Ouala, on est au complet. On peut chanter "il est né le divin budget". Né, ou mort-né. Mais va falloir chanter fort pour couvrir les pleurnicheries du PLR brimé par la méchante Sandrine qui fait rien qu'à pas vouloir faire ce que le PLR voudrait qu'elle fasse, qu'elle n'a pas été élue pour faire, qu'elle ne fait donc pas et que le PLR qui trépigne d'impuissance électorale devant la porte du Palais Eynard depuis le départ de Pierre Maudet pour la Tour Baudet, ne peut pas faire.

Lire la suite

13:52 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budget, ville de genève | |  Facebook | | | |

mercredi, 21 décembre 2016

Projet de convention entre partis "gouvernementaux" sur la RIE III : Silence dans les rangs !

libertepresse.jpgComment museler des partis politiques en leur faisant signer une "convention" par laquelle ils s'engagent à ne plus bouger pendant de années ? ça s'appelle un Projet de Convention relatif aux modalités de mise en œuvre de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), et c'est proposé par le Conseil d'Etat genevois aux partis dont des membres siègent en son sein, c'est-à-dire le PLR, le PDC, le PS, les Verts et le MCG (on trouvera le texte de la chose sur internet à l'adresse http://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/). Le PS se prononcera le 16 janvier en assemblée générale sur cette sorte de capitulation en rase campagne référendaire. Le Comité directeur propose de dire "non". C'est bon d'être accord avec le comité directeur de son parti. D'accord, faut pas en abuser, mais c'est bon...  D'autant que même si, par accident, inadvertance ou gueule de bois prolongée après les fêtes de fin d'année, une assemblée générale des socialistes genevois avalisait la proposition gouvernementale d'"Union Sacrée pour la RIE III", cet aval (ou cet avachissement) ne vaudrait que le temps qu'une autre assemblée générale l'envoie promener. Cela s'appelle un fonctionnement démocratique. Et ça exclut le port de la muselière. Même accepté dans un moment d'égarement.

Lire la suite

16:15 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii, ps | |  Facebook | | | |

mardi, 13 décembre 2016

Pannes informatiques, intellectuelles et politiques : Genève en panne de budget

ARAIGNEE.jpgLa majorité de droite dilatée du Conseil Municipal de la Ville de Genève a une ligne. Une ligne de quoi, on ne sait pas, mais une ligne. Pour la deuxième année consécutive (et cette fois avec l'apport d'Ensemble à Gauche et de cinq Verts pour compenser la défection du PDC), elle empêche la Ville d'avoir un budget à temps pour éviter les « douzièmes provisionnels » (le budget de l'année précédente découpé en tranches mensuelles tant qu'un budget annuel n'a pas été adopté). On en vient d'ailleurs à se demander pourquoi ces « douzièmes provisionnels » ne deviennent pas la procédure budgétaire par défaut. Et on se réjouit déjà des (d)ébats budgétaires de l'année prochaine et des deux années suivantes (puisque la « législature » est désormais quinquennale), et de ce que la droite dilatée et ses alliés d'occasion nous inventeront pour ne pas avoir à faire leur boulot... Donc samedi, une panne informatique perturbant les votes s'étant ajoutée à une panne intellectuelle les rendant sans objet, il s'ensuivit une panne politique privant la Ville de budget pour l'année prochaine. Du moins jusqu'à ce que la majorité de son  Conseil municipal, même dilatée jusqu'à feue l'"extrême-gauche", condescende, même difficilement, à faire le travail pour lequel elle a été élue. Mais restons optimistes : peut-être que d'ici janvier... ou en février... ou en mars... ou le 1er avril, un sursaut de conscience politique dotera la Ville d'un budget. Peut-être.  Mesuré est notre optimisme.

Lire la suite

16:06 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ville de genève, conseil municipal, budget | |  Facebook | | | |

lundi, 12 décembre 2016

Et s'il fallait Trump pour nous réveiller ?

coupdepied.jpgDe la coup-de-pied-au-cul-thérapie

Et s'il fallait Trump pour réveiller la gauche, quitte à la réveiller par un grand coup de pied au cul ? Comme Prince Charmant éveillant la Belle au Bois Dormant, on aurait évidemment pu trouver mieux que Trump -il est vrai que comme Belle au Bois Dormant, on pourrait aussi trouver mieux que la gauche américaine (ou européenne) dans son état présent, mais on fait avec ce qu'on a. Ce qui n'empêche pas, mais au contraire enjoint, de vouloir mieux, et de faire ce qu'on peut, là où "l'histoire nous surprend", pour faire advenir ce mieux. A fragmenter son discours et ses programmes en autant de composantes sociales qu'elle en reconnaît à la société dans laquelle elle agit (et au risque, patent, d'en oublier toujours : après tout, le "blanc chrétien de la classe moyenne" qui a voté Donald pour faire chier Minnie pourrait se revendiquer lui aussi être d'une "communauté" disposant de son droit fondamental à être reconnue au nom de la "diversité"...), et à cultiver la "diversité" d'identité fragmentées, distinctes et qui finissent toujours, forcément, par devenir concurrentes, la gauche en a oublié ce qui, depuis un petit quart de millénaire qu'elle existe, la structurait et la légitimait : le principe et le projet de l'égalité.

Lire la suite

18:49 Publié dans élections, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 décembre 2016

Week-end prolongé du Conseil Municipal de Genève

droite-gauche.jpgAffres budgétaires rituelles

Samedi, dès 8 heures du matin et peut-être jusqu'à minuit, et si on y a pris goût (quand on aime on ne compte pas), encore lundi soir et jusqu'à mardi matin, le Conseil municipal de la Ville de Genève va s'attaquer à son exercice rituel favori : l'examen du projet de budget présenté par le Conseil administratif (et que la majorité de droite dilatée -MCG, UDC, PLR, PDC) a fait refuser (à une voix de majorité) par la Commission des Finances. On ne préjugera pas du résultat de cette nuit des petit couteaux suisses (avec tire-bouchon), et on ne sait pas si on en sortira avec un budget 2017 ou avec la reproduction du budget 2016 (il était bon, c'était le nôtre) découpé en tranches mensuelles. Ce qu'on sait déjà, c'est qu'incapable de proposer un budget alternatif à celui proposé par le Conseil administratif, la droite dilatée va essayer, en coupant n'importe quoi n'importe où dans le budget, de se donner au moins l'apparence d'exister, face à un Conseil administratif à 80 % de gauche, où elle ne réussit pas à faire élire un ou une deuxième représentant-e de ses partis, et où le seul représentant (PDC) de droite ne doit peut-être d'y être qu'au renoncement de la gauche à présenter cinq candidatures.

Lire la suite

15:49 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, ville de genève | |  Facebook | | | |

lundi, 05 décembre 2016

Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants : Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants

nationalité, naturalisationSavez-vous qu'on obtenait plus vite l'équivalent de la nationalité (la « bourgeoisie ») au XVIIe siècle qu'on l'obtient aujourd'hui ? Parole de descendant d'immigrants installés à Berne au XVIe siècle et «embourgeoisés» bernois après deux générations quand il en faut, 500 ans plus tard, souvent trois pour, peut-être, éventuellement, être suissisé... Trois générations de séjour en Suisse : c'est ce qu'une proposition de la socialiste vaudoise Ada Marra, acceptée par le parlement (après avoir toutefois été revue à la baisse), suggère comme condition pour bénéficier d'une "naturalisation facilitée". La proposition de ce tout petit pas, qui ne pourrait concerner que 5000 personnes qui sont déjà Suisses de fait, est soumise au vote populaire en février prochain. Tous les partis politiques représentés au parlement fédéral soutiennent cette proposition -tous, sauf un, et on ne vous fera pas l'injure de vous demander de deviner celui pour lequel la suissitude doit continuer à ne se transmettre que par le sperme, et pour qui vous aurez beau être né en Suisse de parents nés en Suisse de parents arrivés en Suisse il y a plus d'un demi-siècle, vous devriez continuer à être considéré comme un métèque définitif.

Lire la suite

18:08 Publié dans Immigration, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nationalité, naturalisation | |  Facebook | | | |

mercredi, 30 novembre 2016

Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises: La charrue, les boeufs et le consensus

Une étrange agitation semble s'être emparée des partis politiques genevois (et du Conseil d'Etat, et même du Conseil administratif de la Ville), à propos du volet cantonal de la réforme des entreprises (RIE III), dans la version qu'en propose le Conseil d'Etat, alors même que le sort du cadre fédéral de cette réforme n'est pas encore scellé, puisqu'il ne sera que dans trois mois, le 12 février, en vote populaire après que le référendum lancé par la gauche ait (largement) abouti. Or si la réforme fédérale devait subir le sort que nous souhaitons lui réserver (un refus), la proposition de réforme cantonale faite par nos Magnifiques Seigneurs et Syndics ne reposerait plus sur rien -même pas sur du vent. Qu'importe : on négocie dans tous les coins. On parle même d'une "convention" qui lierait les partis "gouvernementaux genevois" (le PLR, le PDC, le MCG, les Verts et le PS) pendant une législature entière, et par laquelle ils s'engageraient à ne pas déposer de projets ayant des conséquences sur le budget, qu'il s'agisse de nouvelles dépenses, de nouvelles économies ou de modifications fiscales. Que vaudrait un tel engagement, dont seuls les partis gouvernementaux seraient signataires, et qui ne s'imposerait donc ni aux forces d'opposition (de droite ou de gauche), ni aux organisations sociales (patronales et syndicales, notamment), ni aux citoyens... ni même aux membres, militants, élus des partis signataires ? Rien. Du vent. Du même vent que celui sur lequel on tente de construire un consensus sur une réforme cantonale reposant sur une réforme fédérale dont on ne peut prédire le sort que le peuple lui réservera. On ne serait là pas en train de mettre une charrue (au soc douteux) avant les boeufs ?

Lire la suite

15:24 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

mardi, 29 novembre 2016

Sortie du nucléaire : Hâte-toi lentement

Les cantons romands (sauf les bilingues, Valais, Fribourg et le Jura bernois) ont accepté l'initiative des Verts pour une "sortie programmée du nucléaire". Les deux cantons de Bâle aussi. Mais pas le reste de la Suisse. L'initiative a donc été repoussée  -tout en faisant le meilleur score (46 %) atteint depuis longtemps par une initiative antinucléaire dans ce pays. On ne sortira donc pas du nucléaire rapidement. On attendra. On attendra que nos centrales soient en bout de course, pour ne pas les remplacer. Peut-être. Si la "stratégie énergétique" concoctée par le Conseil fédéral passe la rampe d'un référendum lancé contre elle par l'UDC. Or l'échec de l'initiative des Verts n'était pas confirmé depuis cinq minutes qu'on entendait déjà des représentants du PDC et du PLR dire qu'après tout, si l'initiative a été repoussée, c'est que les Suissesses et les Suisses ne voulaient pas abandonner la filière nucléaire de production énergétique -alors que leurs partis invoquaient la "stratégie énergétique 2050" qui implique elle aussi la sortie du nucléaire (mais à plus long terme) comme contre-projet indirect à l'initiative. Cette duplicité a fonctionné. Les masques peuvent maintenant tomber. Et le combat antinucléaire reprendre.

Lire la suite

18:24 Publié dans Energie, Environnement, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : centrales nucléaire, stratégie énergétique 2050 | |  Facebook | | | |

vendredi, 25 novembre 2016

La droite municipale genevoise refuse le budget de la Ville


Au prétexte de la RIE III

La majorité de droite dilatée de la commission des Finances du Conseil municipal de la Ville de Genève (on a notre dose de génitifs, là...) a donc refusé le projet de budget 2017 présenté par le Conseil administratif. Prétexte du refus : la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), qui va entraîner des pertes de ressources de plusieurs dizaines de millions de francs par année pour la Ville. L'ironie de la situation tient évidemment au fait que la droite qui refuse le projet de budget au nom des pertes fiscales provoquées par la réforme, soutient ladite réforme dans la version présentée par le Conseil d'Etat, appelle le Conseil municipal à la soutenir et même à soutenir la possibilité donnée aux communes d'adopter pendant cinq ans des budgets déficitaires, alors qu'elle (la droite dilatée municipale, donc)  exige en Ville un excédent budgétaire d'au moins 15 millions... Ce qui serait d'ailleurs facile à obtenir en augmentant d'un centime additionnel le taux de l'impôt communal...

Lire la suite

15:29 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

mardi, 22 novembre 2016

Union des Villes Genevoises : Que peste la droite rupestre !

On se souvient que la création de l'Union des Villes Genevoises, non pas concurremment mais parallèlement à l'Association des Communes genevoises (qui regroupe les 45 communes du canton, de la plus petite à la plus grande, de la moins peuplée à la plus peuplée) avait donné des boutons à la droite (et aux droites municipales, à quelques exceptions près), qui y voyait une entreprise sournoise de la gauche pour affaiblit la vieille Association des communes genevoises, où la droite, précisément, et en particulier la droite des villages, est hégémonique. Certes, l'initiative de créer l'UVG avait été prise par des magistrates et magistrats de gauche, mais elle était ouverte (et l'est toujours) à toutes les magistrates et magistrats, de gauche, de droite, du centre ou d'ailleurs, membres des exécutifs municipaux y ayant adhéré. Les élus de droite des six exécutifs membres de l'Union y participent d'ailleurs activement, et si l'UVG ne rassemble que des exécutifs à majorité de gauche (ceux de Genève, Vernier, Lancy, Meyrin, Carouge et Onex), c'est que ceux à majorité de droite ont refusé d'y adhérer. Et c'est donc maintenant les droites municipales des villes qui demandent aux exécutifs municipaux de quitter l'Union des villes. Pour inciter les membres de ces exécutifs à créer à la place une Amicale des Conseiller-e-s Administratif-ves des Villes Genevoises ?

Lire la suite

lundi, 21 novembre 2016

Election de Trump : "révolution conservatrice" ou arnaque politique du siècle ?

langue de bois.jpgDonald Trump sera donc élu président des Etats-Unis, mais contre la majorité du peuple votant. Avec un million de suffrages en moins que son adversaire démocrate. Si les citoyennes et citoyens des Etats-Unis d'Amérique élisaient leur présidence au suffrage universel direct. c'est une présidente qu'ils auraient élue. Ils ne s'en retrouveront pas moins avec Trump. Beautés des élections indirectes... Cela dit, comme le relevait Daniel Warner dans "Migros Magazine" (on a de bonnes lectures), "Il y a toujours une grande différence entre un candidat et un gagnant. Pendant la campagne, les candidats doivent répondre aux caprices du public. Une fois en poste, ils deviennent plus réalistes". La paradoxale (si paradoxale qu'elle est impssible) "révolution conservatrice" que l'élection probable de Trump annoncerait (comme d'ailleurs, à sa manière, le succès de François Fillon aux "primaires" de la droite française, hier) pourrait bien être surtout l'arnaque du siècle. Il est vrai que si la carrière de Trump laisse placer un gros doute sur ses compétences de chef d'Etat, elle n'y laisse en revanche aucune place s'agissant de ses talents d'aigrefin.

Lire la suite

15:38 Publié dans élections, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : usa, trump | |  Facebook | | | |

mercredi, 09 novembre 2016

Présidentielles américaines : Trump hilare rit...

 
L'establishment, désormais, c'est lui

Malgré ses propos indignes, son comportement, ses insultes, son inculture politique, sa misogynie  et ses mensonges, malgré sa reprise d'un discours d'extrême-droite, malgré le lâchage des caciques républicains, à moins que ce soit grâce à tout cela (ce n'est tout de même pas la première fois, et ce ne sera sans doute pas la dernière, qu'on peut gagner une élection en faisant les poubelles) Donald Trump a donc gagné l'élection des électeurs de la présidence américaine, surfant sur la colère du Petit Blanc et sur le rejet d'une Hillary Clinton incarnant -à juste titre- l'establishment (ou la nomenklatura), aussi bien d'ailleurs l'establishment démocrate que républicain. L'establishment, désormais, c'est Trump et tous ceux qui, après l'avoir combattu, se rallieront à lui, quand l'"attrait de la mangeoire" est plus fort que l'adhésion politique. Trump ne pouvait gagner qu'en agrégeant les colères sociales et en mobilisant massivement les classes populaires "blanches", il y a réussi. Clinton ne pouvait gagner qu'en agrégeant les votes de celles et ceux que Trump insultait -elles et ils étaient en effet assez nombreux : femmes, noirs, mexicains, elle y a échoué, et les Américains ont peut-être moins voté pour le candidat que contre la candidate. Pour lui barrer la route. Et leur mobilisation a eu un prix jamais atteint dans aucune élection, nulle part dans le monde :  Bernie Sanders avait beau considérer que "les milliardaires ne devraient pas pouvoir acheter les élections", c'est bien ce qu'ils ont fait : pour obtenir les 270 "grands électeurs" nécessaires (sinon suffisants) à leur élection à la présidence, Hillary Clinton et Donald Trump auront dépensé, respectivement, 1,3 milliard et 800 millions de dollars.

Lire la suite

19:14 Publié dans élections, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : usa, trump, clinton | |  Facebook | | | |

lundi, 07 novembre 2016

Les enjeux de l'élection américaine : Les couilles de Donald et les courriels d'Hillary

Alors, qui sera à la tête de l'Empire (un peu  décadent, certes, mais toujours impérial...) après Obama ? Le cinglé ou la corruptrice ? Avouons-le : cette question ne nous angoisse guère. Si nous étions frappés du même anti-américanisme pulsionnel que nombre de nos bons camarades, on prierait (mais qui ?) pour Donald  : son élection entraînerait un repli des USA sur eux-mêmes. Mais surtout, ce qui a frappé dans cette campagne, c'est son absence totale de contenu politique, de débat d'idées, de confrontation de projets. Qui, de Trump ou de Clinton, aura parlé réellement de politique sociale et de l'emploi, des enjeux géostratégiques, des défis environnementaux, de culture, de démographie (autrement qu'en proposant d'ériger un mur contre l'immigration pour en protéger un pays d'immigrants et de descendants d'immigrants) ? Aucun-e des deux. Par quoi a été dominée la campagne, dans ses dernières semaines ? par les couilles de Donald et les courriels d'Hillary. Ou pour le dire comme Vladimir Poutine (un expert en délicatesse rhétorique, et loin d'être un imbécile) l'a dit : "qui a pincé qui et qui couche avec qui"... On a certainement les campagnes électorales qu'on mérite -et si les Etats Unis ne méritent que celle qui s'y est tenue, tant pis pour eux : ils auront aussi le président ou la présidente qu'ils méritent.

Lire la suite

16:01 Publié dans élections, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : usa, trump, clinton | |  Facebook | | | |

jeudi, 03 novembre 2016

Réforme de l'imposition des entreprises : L'Etat aux côtés du patronat...

RIE III

On votera en février prochain sur la réforme fédérale de l'imposition des entreprise (RIE III, pour les intimes), fruit d'un coup de force de la droite parlementaire, qui a imposé une réforme sans négociation, sans contreparties sociales et agrémentée de plusieurs mécanismes permettant aux entreprises multinationales qui devraient payer un peu plus d'impôt de compenser ce surcroît de contribution par des déductions nouvelles. Facture pour les caisses publiques : plusieurs milliards de francs. Qu'il faudra compenser par des "économies" sur les budgets sociaux, de formation, de coopération. Autrement dit : par une réduction des prestations publiques. S'adressant à un raout des syndicats patronaux (la "Rentrée des Entreprises"), le Conseiller d'Etat Pierre Maudet leur a assuré (c'est la Feuille d'Avis Officielle qui en rend compte, le 7 octobre, c'est dire si c'est vrai) que "l'Etat est à vos côtés". Mais qui diable pouvait en douter ?

Lire la suite

16:19 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

lundi, 24 octobre 2016

Quand la Wallonie fait hoqueter l'Europe...

 tigre.jpgTigre de papier...

On connait l'antienne (depuis le temps qu'on l'entend, il faudrait être sourd pour ne pas la connaître...) : l'Union Européenne est un monstre bureaucratique, un Léviathan totalitaire au service de la mondialisation capitaliste, un roc de mépris des peuples et de la démocratie... Et puis voilà qu'un accord de "libre-échange", le CETA,  négocié depuis sept ans (mais négocié par qui, au nom de qui et de quoi ?) entre le Canada et l'Union Européenne, et que tous les Etats membres de l'Union Européenne sont prêts à accepter, pourrait finalement être balancé dans les poubelles de l'histoire parce qu'une région de l'un des 28 Etats membres de l'UE refuse de l'accepter (du moins en son contenu sorti des négociations) et que dans l'Etat dont cette région est constitutive, l'accord des parlements régionaux est une condition de la signature d'un tel traité. Cet Etat, c'est la Belgique. Cette région, c'est la Wallonie. C'est pas gigantesque, la Wallonie. C'est trois millions et demi d'habitants  (deux fois la Romandie...), sur les 500 millions d'habitants des 28 Etats de l'Union Européenne. La Wallonie, c'est un caillou dans la chaussure, un grain de sable dans la machine -mais ça suffit pour faire claudiquer, et pour bloquer la machine. Peut-être bien que la Wallonie finira par céder aux pressions extraordinaire qu'elle subit de presque toutes parts (presque, puisque Attac, les Verts, la gauche de la gauche et les altermondialistes la soutiennent) pour qu'elle lève son veto. Mais même si elle devait finalement céder, elle aura au moins démontré par sa résistance une chose : Le Léviathan européen n'est qu'un tigre de papier...

 

Lire la suite

20:54 Publié dans Europe, Politique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : wallonie, ceta, mondialisation, libre-échange, tisa, ttip | |  Facebook | | | |

vendredi, 21 octobre 2016

Affres budgétaires et phynancières genevoises : Beautés de la langue de bois

 Interrogé par le mensuel "Affaires Publiques", le ministre genevois des Phynances, Serge dal Busco, décrit en ces termes la situation financière genevoises : "Du côté des revenus, il est très difficile de dégager de nouveaux moyens" (il a en effet été plus facile de priver le canton d'un milliard de recettes annuelles en faisait se succéder 13 réductions d'impôts en quinze ans), "les projets que nous présentons pour tirer profit de certaines niches fiscales spécifiques se heurtent à de très fortes résistances politiques" (là, un traducteur est demandé), et comme il va falloir d'une part investir et que d'autre part "nous allons devoir assumer, à court terme, un manque à gagner fiscal temporaire lié à la réforme de l'imposition des entreprises" (on appréciera le "à court terme" et le "temporaire"...), "nous devons agir sur la part des dépenses publiques sur lesquelles le Conseil d'Etat et le Grand Conseil ont la main. Réduire les dépenses sans nuire aux prestations, avec notamment des gains d'efficience, voilà l'enjeu". Nous voilà pleinement rassurés et précisément informés. Rien de tel qu'une bonne dose de langue de bois pour donner l'impression qu'on dit quelque chose, quand ce qu'on dit ne dit rien de ce qui est, et moins que rien de ce qui sera.

Lire la suite

14:23 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : budgets publics, rie iii | |  Facebook | | | |