lundi, 26 octobre 2015

La gauche socialiste et ses "fondamentaux" : A la recherche du socle perdu...

Où en sommes-nous, à gauche (et plus précisément au parti socialiste) de nos "fondamentaux", de leur respect, de leur révision, de leur oubli ? Qu'est-ce qui distingue la gauche de la droite démocratique (de l'extrême-droite, on espère bien  que la question n'ait même pas à être posée ? En d'autres termes, la gauche, aujourd'hui, c'est quoi ? Et ça veut dire quoi, "être socialiste" ? Faute d'un projet social et économique "alternatif", le PS occupe, et il a parfaitement raison et légitimité de le faire, le terrain sociétal (culturel, éducatif), celui des libertés individuelles, de la recomposition des modèles familiaux, de l'"ouverture", du "vivre ensemble", du "multiculturel" -tous thèmes qui lui assurent un ancrage dans les classes "moyennes" issues de l'université, mais ne lui permettent pas de retrouver dans les classes populaires (ouvrières, employées, chômeuses) l'ancrage perdu (en Suisse, le premier parti "ouvrier", au sens sociologique et politique du qualificatif, c'est l'UDC...), sans lequel ce parti, et la gauche en général, ne relève plus que d'un vague progressisme culturel, sans danger pour les maîtres du jeu social et économique -qui peuvent d'ailleurs même adhérer à ce "progressisme" irénique.

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vendredi, 23 octobre 2015

Deuxième tour de l'élection genevoise au Conseil des Etats : la gauche et les droites

Il n'y aura pas à Genève de choc frontal entre toute la gauche et toute la droite lors du deuxième tour de l'élection au Coneil des Etats. Pas d'affrontement "bloc contre bloc", mais un  affrontement "blocs contre blocs" : la gauche (PS, Verts, EàG) avec la socialiste Liliane Maury Pasquier et le Vert Robert Cramer, la droite (PDC, PLR) avec le radelibe Benoît Genecand, la droite de la droite (UDC, MCG) avec l'udéciste Yves Nydegger et le èmecégiste Eric Stauffer, chaque bloc contre les deux autres. Le MCG a échoué dans sa tentative de négocier son pouvoir de nuisance contre une reconnaissance de la nécessité pour le PLR de s'allier avec lui, l'UDC, plombée par un partenaire teigneux et revanchard, a échoué à se faire reconnaître comme un élément constitutif de la droite gouvernementale plutôt que comme son réservoir électoral en cas d'élection majoritaire, et le PLR a échoué dans sa pêche aux électeurs UDC et MCG. Seul le PDC (cantonal) se tire avec les honneurs (et sous les insultes du MCG) de ce maquignonnage burlesque, pour avoir refusé d'y prendre part (le PDC municipal, cependant, regardant courageusement ailleurs pendant que le président MCG du Conseil municipal de la Ville, élu grâce aux voix PDC, traitait le président du PDC cantonal de "traître" et de "petit ignare connaissant autant la stratégie politique que mon chien". Le pardon des offenses est sans doute une vertu chrétienne, mais poussé à ce niveau, il tient plutôt d'une pratique masochiste.

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mercredi, 21 octobre 2015

La liberté d'expression au risque du négationnisme : Le droit de tout dire ?

La Cour européenne des droits de l'Homme a donné gain de cause à un négationniste turc du génocide arménien, au nom de la liberté d'expression, et en considérant que la négation du génocide, en tant que telle, ne pouvait être sanctionnée si elle ne s'accompagnait pas de propos haineux, d'appels à la violence ou d'autres comportements du même genre, répréhensibles en tant que tels. Cette position de la CEDH est cohérente de la ligne suivie par la Cour depuis presque sa création : toute restriction à la liberté d'expression doit être contenue dans des limites très congrues, et cette liberté n'a de sens, de réalité, que si elle vaut aussi pour des opinions choquantes, qu'il s'agisse ici de la négation d'un génocide ou, dix mois plus tôt, à Paris, d'un blasphème. Avouons-le : sur le principe, cette position nous convient -comme celle de Pierre Vidal-Naquet, pour qui le débat face aux révisionnistes doit être un débat politique, historique, un débat d'idées -pas un débat judiciaire.

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mardi, 20 octobre 2015

Populisme, extrême-droite, fascisme... De quoi l'UDC est-elle le nom ?

Bon, alors, l'UDC et ses satellites (et un peu concurrents, quand même) locaux, genre MCG à Genève ou Lega au Tessin, c'est quoi ? Un parti populiste de droite (comme il y a un populisme de gauche) ? de droite conservatrice (comme il y a un conservatisme de gauche) ? de droite nationaliste (comme il y a un nationalisme de gauche) ? de droite de la droite (comme il y a une gauche de la gauche) ? d'extrême-droite (comme il y a une... pardon : comme il y avait une extrême-gauche visible ) ? Le président du PSS, Christian Levrat, a qualifié l'UDC de parti "fascistoïde" attaquant les "valeurs fondamentales de la Suisse", et le président du PBD, Martin Landolt, l'a rangée "toujours plus à l'extrême-droite". Alors, comment qualifier l'UDC, le MCG, la Lega ? D'un parti fasciste on est loin. D'un parti dangereux, en revanche...

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lundi, 19 octobre 2015

"La droite revient"... Ah bon, elle était partie ?

"La droite revient", nous annonçait déjà samedi "Le Temps", en présentant cette annonce comme le "seul pronostic que l'on peut hasarder pour les élections fédérales". "La droite revient" : elle était donc partie ? cela, avouons-le. nous avait échappé. En fait, hier, on est un peu revenu en arrière, en 2007, lors du dernier triomphe de l'UDC (qui avait d'ailleurs précédé l'éviction de Blocher du Conseil fédéral). L'institut Sorono avait tenté, la semaine dernière, une prévision du résultat des élections non en pourcentage de suffrages mais en nombre de sièges. Exercice difficile puisqu'il fallait tenir compte des résultats en suffrages dans 23 cantons, pour deux élections différentes (l'une à la proportionnelle, l'autre à la majoritaire) dans chaque canton- or le résultat final est en gros celui que suggérait Sorono : un rapport de force changé au profit de l'aile la plus droitière du parlement, mais sans qu'elle obtienne la majorité absolue (paradoxalement, c'est le Conseil des Etats, naguère considéré comme un bastion de la droite, qui prive aujourd'hui le PLR et l'UDC de cette majorité absolue) sauf à détourner du droit chemin centriste une partie du PDC. Et à gauche, quoi de nouveau ? Le recul des Verts et, malgré la belle élection à Neuchâtel de Denis de la Reussille (qui devra siéger au sein du groupe socialiste, s'il ne veut pas faire tapisserie), la stagnation dans sa marge de la "gauche de la gauche" laissent le PS en position hégémonique -mais dans un camp à la surface électorale réduite. Le PS, qui d'autre à gauche ? Dans les urnes, plus grand monde... Reste la rue, d'où tout vient.

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mardi, 13 octobre 2015

Elections fédérales : Faire mentir les sondages !

votez!.jpgAvec quelques nuances, les derniers sondages pré-électoraux convergent : le parlement suisse, qui n'est déjà pas franchement de gauche, risque fort de l'être encore moins après les élections fédérales. "Risque fort" ne signifie cependant pas que le risque sera la réalité, mais seulement qu'il faut en tenir compte : les sondages ne sont pas des promesses de vote, mais seulement des indications de l'état d'esprit, de l'humeur, de l'électorat au moment où on le sonde. Ils ne prédisent rien, mais signale une tendance possible, ou probable : en l'occurrence, une progression de l'UDC et du PLR plus forte que la régression du PDC, des Verts libéraux et du PBD, et une progression du PS insuffisante à compenser le recul des Verts et la stagnation de la "gauche de la gauche". Bref, une droite qui progresse (sur le centre) et une gauche qui stagne. Et seule une mobilisation de l'électorat de gauche peut faire démentir ces sondages. La participation au vote, si on croit non plus les sondages mais les chiffres officiels à six jours de la clôture du scrutin, n'est pas fameuse : cela aussi peut s'inverser, car s'abstenir, c'est laisser les autres décider : même si la démocratie ne se réduit pas à des votes, il arrive que le "piège à cons" ne soit pas l'élection mais l'abstention...

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lundi, 12 octobre 2015

Offensive du canton contre l'Usine : Le franc-tireur et l'adjudant (fable genevoise et édifiane)

Usine Pour le Conseiller d'Etat Maudet et ses sous-fifres, à l'écoute attentive des cafetiers-restaurateurs, oui : un centre culturel autogéré, dès lors qu'on peut s'y abreuver, n'est qu'une sorte de bistrot. L'Usine entretient cinq buvettes bénéficiant d'une autorisation générale les couvrant les cinq, mais à la faveur d'un changement de loi (la fusion de la loi sur les spectacles et de celle sur les débits de boisson, fusion qui en elle-même est exemplaire, par la confusion entretenue entre deux domaines irréductibles l'un à l'autre, et la conception qu'ont certains de la culture...), le Département de l'adjudant Maudet exige que les franc-tireurs du centre culturel alternatif se mettent au pas des bistroquets, et que les lieux de l'Usine où l'on peut boire ou se restaurer soient considérés comme des buvettes, des cafés-restaurants ou des bars, au nom d'une "égalité de traitement" avec les rades, tavernes et auberges, parfaitement ignorante des spécificités du lieu -des spécificités qui le rendent irréductible à un commerce. Mais allez expliquer cela aux ronds-de-cuir de Courteline (et on aime Courteline)...

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15:12 Publié dans Culture, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usine | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 octobre 2015

La Ville de Genève, "zone hors Tisa"

Stop Tisa.jpgMercredi, le Conseil Municipal de la Ville a voté une résolution proposée par les partis de gauche (et soutenue... par le MCG et l'UDC...) proclamant Genève "zone hors Tisa", exigeant la transparence sur les négociations de l'accord TISA (Accord sur le commerce des services), s'opposant à toute obligation de privatiser les biens et les services publics et enjoignant le Conseil administratif (qui accepte de le faire : "les services publics ne sont pas des biens comme les autres" et doivent être défendus contre la volonté d'en faire des marchandises, a résumé la Conseillère administrative Sandrine Salerno) d'intervenir auprès du Conseil. fédéral pour l'inciter à ne pas engager la Suisse dans la voie dessinée par TISA. La Ville de Genève rejoint ainsi les communes romandes qui se sont déjà déclarées "hors TISA", comme, à Genève, celles de Carouge, Meinier, Puplinge et Plan-les-Ouates, et dans le canton de Vaud celles de Lausanne et Renens. En face, le PDC a estimé qu'en adoptant cette résolution, le Conseil Municipal "outrepassait les compétences communales", et le PLR a cru y voir une "alliance entre l'UDC et les socialistes pour fermer les frontières"... Mauvaise foi ou myopie ? Les deux, mon colonel...

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16:19 Publié dans Commerce, Economie, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tisa, agcs, libre-échange | |  Facebook | | | |

mardi, 06 octobre 2015

Scoop : Le Portugal n'est pas la Grèce. Ni la Suisse...

   
Saudade...

Une droite gouvernementale à moins de 40 % des suffrages, en recul de plus de dix points depuis les précédentes législatives) , un PS à 32 %, une gauche alternative à 10 %, des communistes et des Verts ensemble à 8 %, et au final une gauche majoritaire dans les urnes et au parlement : on signe tout de suite. Sauf que c'est le résultat des élections législatives de dimanche au Portugal,  pas celui des élections fédérales de dans deux semaines en Suisse (où la gauche pèse autour du tiers des suffrages et des sièges, et l'extrême-droite autant), et qu'on aurait préféré non seulement un PS plus à gauche (mais ça, on le préfère partout) et plus fort que la droite gouvernementale, mais surtout une gauche capable d'un peu plus d'unité que celle dont le défaut va permettre à la droite de rester au pouvoir en étant minoritaire, mais unie, contre des adversaires majoritaires s'ils étaient ensemble, mais tous minoritaires puisqu'ils sont divisés. Saudade...

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14:00 Publié dans élections, Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : portugal, ps, gauche | |  Facebook | | | |

lundi, 05 octobre 2015

Election du Conseil des Etats : Liliane et Robert, qui d'autre ?

Le parlement fédéral qu'on va réélire dans deux semaines était, dans sa composition sortante, formé de 62 élues et élus de l'UDC (dont six Conseillers aux Etats) y compris 2 léghistes, un èmecégiste et un sans parti, 57 socialistes (dont onze ...), 44 démo-chrétiens et évangéliques (dont treize...), 41 libéraux-radicaux (dont onze...), 17 Verts (dont deux...), 14 Verts libéraux (dont deux...) et 17 bourgeois-démocratiques (dont une). Le PDC se retrouve devant le PLR grâce à sa forte représentation au Conseil des Etats, et le PS à seulement cinq sièges de  l'UDC pour la même raison.  A Genève, la gauche détient sept des treize sièges attribués au canton dans les deux Chambres du parlement fédéral -une majorité absolue qu'elle obtient en détenant depuis huit ans, à la grande fureur de la droite, les deux sièges genevois au Conseil des Etats  Son objectif est de les garder les sept.La droite, qui ne s'est jamais consolée de s'être fait virer du Sénat, veut y revenir, et récupérer un siège au Conseil national. Or elle ne peut y arriver que si nous l'y aidons, en gaspillant nos voix...


        

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jeudi, 01 octobre 2015

Anciennes pitreries et Nouvelle Comédie : Quand le PLR surjoue Tartuffe

Nouvelle Comédie, théâtrePar neuf voix (PLR, UDC, MCG) contre six (la gauche et le PDC), la commission des travaux du Grand Conseil a décidé d'inviter le parlement genevois à refuser d'entrer en matière sur le crédit proposé par le Conseil d'Etat pour compléter celui que la Ville de Genève, par un vote largement majoritaire de son Conseil Municipal , à accordé au projet de "Nouvelle Comédie". Les explications données par le PLR pour justifier le vote de ses commissaires (l'opposition du MCG et de l'UDC étant déjà connue et, s'agissant d'un projet culturel, relève du réflexe pavlovien) sont d'une assez monumentale tartufferie : le PLR a d'abord voulu ajourner le vote, alors que tous les éléments du projet set tous les critères d'un prononcement, quel qu'il soit, sont connus  sont connus depuis des mois. Il a ensuite expliqué qu'il fallait attendre les premiers résultats de la réforme de la répartition des compétences entre les communes (et, s'agissant de la culture, surtout de la Ville) et le canton, réforme qui n'aboutira pas (si elle aboutit...) avant 2017 alors que le chantier de la Nouvelle Comédie devrait s'ouvrir en 2016, si on veut éviter que les coûts prennent l'ascenseur. Il a enfin, par la voix du député Zweifel, considéré que la Ville pouvait tout payer toute seule (alors que le PLR de la Ville ne cesse de clamer que la Ville est au bord du gouffre financier), et conclu en apothéose tartuffière, par la voix du président du parti, Alexandre de Senarclens, que ce n'était "pas de gaieté de coeur" que le PLR s'apprêtait à couler le projet en rendant impossible son financement paritaire entre la Ville et le canton...

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mardi, 29 septembre 2015

Une affaire de couilles

heurtoir.jpgDe la sous-représentation des femmes au parlement fédéral

On lit, dans la brochure officielle éditée par la Chancellerie fédérale et accompagnant accompagne les listes électorales, ce rappel : "les femmes sont sous-représentées" au Conseil national : dans la Chambre basse sortante, on comptait 61 femmes pour 139 hommes, alors que les femmes sont majoritaires (52 %) dans la population résidente, et cette sous-représentation ne va certainement pas se réduire après les élections de cette année.  Ce qui ne gène d'ailleurs pas les élus du segment le plus à droite du paysage politique, lesquels, comme Oskar Freysinger, se repaissent des vieilles âneries patriarcales sur le déclin de la politique lié à la féminisation du personnel politique, et sur le caractère naturellement, organiquement, définitivement masculin du combat politique -dont les femmes seraient naturellement, organiquement, définitivement incapables d'assumer les rites et les pratiques... Parce que chez ces gens-là, Monsieur, La politique, c'est une affaire de couilles. Et si on privilégiait plutôt la tête ?

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lundi, 28 septembre 2015

On tot comença...

Catalogne : (re)naissance d'une nation ou coup politique ?

Catalogne, Espagne, séparatisme

     Les partis en faveur de l'indépendance de la Catalogne (la coalition Junts Pel Si et la gauche alternative de la Cup) ont donc obtenu la majorité des sièges au Parlement catalan, et il ne leur manque que deux pourcents des suffrages pour obtenir la majorité des suffrages dans les urnes (en novembre 2014, un référendum symbolique avait donné 80 % des suffrages à l'indépendance, mais avec plus de 60 % d'abstention -hier, on a dépassé les 80 % de participation). A Madrid, à Bruxelles et ailleurs, on tente de minimiser et on assure qu'on se démènera pour que le choix indépendantiste ne se traduise. institutionnellement, par rien, ou par des miettes. C'est que ce choix est fort subversif du dogme de l'intangibilité des frontières internes de l'Union Européenne (il y eut d'autres sécession en Europe, d'autres éclatements, mais ils concernaient des pays qui n'étaient pas membres de l'UE - : la Tchécoslovaquie, l'Union Soviétique, la Yougoslavie...) : Pour la première fois dans un Etat membre de l'Union Européenne. un vote populaire ratifie un projet de sécession, et derrière les Catalans, il y a, en embuscade sur un projet indépendantiste, les Basques et, à nouveau, les Ecossais. Et d'autres encore, un peu ou beaucoup plus loin.  "On tot commença" (tout commence)...

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vendredi, 25 septembre 2015

Politique d'asile : le parlement genevois, déversoir électoraliste

Sornettes d'automne...

La semaine prochaine, le Grand Conseil genevois est convoqué en séance extraordinaire sur la politique d'asile, par le duo MCG-UDC (en fait surtout par le MCG -à Genève comme au Tessin, l'UDC est à la remorque de sa concurrence) pour débattre de résolutions issues du tonneau xénophobe. Une opération par laquelle la droite de la droite locale, en transformant le parlement en déversoir électoraliste,  espère se faire voir et entendre sur son obsession : les étrangers (en l’occurrence, les réfugiés). Et surtout, une opération par laquelle le MCG, dont l'objectif électoral est de piquer un des deux sièges UDC, va tenter précisément de séduire l'électorat blochérien en étant plus blochérien que Blocher. Coût de l'opération électorale : 26'000 francs. Payés par le canton (en jetons de présence et en frais de fonctionnement parlementaire), pour proposer au Grand Conseil une sauce qu'il venait de rejeter... mais à laquelle ledit Grand Conseil, si une majorité se met d'accord sur un texte d'amendement général aux trois textes staufféro-blochériens, est tout de même libre de substituer la sienne, du genre des textes votés sur le même sujet, il y a une semaine, par le Conseil municipal de la Ville : une position respectueuse, elle, de l'histoire de la "Cité du Refuge", et d'une convention internationale sur les réfugiés qui porte le nom de cette Cité...

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jeudi, 24 septembre 2015

Campagnes électorales : qui paie, et combien ?

En campagne pour les élections fédérales, les partis ne sont pas tous logés à la même enseigne financière -et ne font pas tous preuve du même souci de transparence. L'écart entre les moyens dont disposent les trois grands partis de droite (UDC, PLR et PDC) et ceux dont doivent se contenter les partis de gauche (PS, Verts, groupes de la "gauche de la gauche") est effarant : les partis (de droite) les plus riches peuvent consacrer jusqu'à vingt fois plus d'argent à faire campagne que les partis (de gauche) les plus fauchés. Certes, on n'en est pas encore tout à fait dans la situation où les votes populaires sont totalement déterminés par les moyens dont disposent les partis (sans quoi la gauche ne réussirait jamais ni à gagner un référendum, ni à gagner une élection  -or elle y arrive tout de même...), mais on est déjà dans une situation où la liberté du choix démocratique est restreinte par l'inégalité des ressources consacrées à l'influencer.

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mercredi, 23 septembre 2015

"Plan Berset" sur les retraites : Quinze ans de sursis ?

retraite.jpgLe Conseil des Etats a donc avalisé le plan du Conseil fédéral, porté par le socialiste Alain Berset, présenté comme une "réforme du système des retraites". Pour faire accepter ce plan par la gauche parlementaire et, sans doute, par le peuple, le Conseil des Etats l'a un peu amélioré, en rétablissant des éléments (la compensation du renchérissement, le niveau du financement par l'impôt) que le Conseil fédéral voulait mettre à mal, et en augmentant les rentes AVS des futurs rentiers (mais pas celles des rentiers actuels). Alain Berset vante ce compromis (les mauvais esprits -il y en a- parlent, eux, de marchandage) : "Pour la première fois depuis la fin du siècle passé, une réforme (des retraites) qui a de réelles chances de passer est sur la table". A quel prix ? 70 francs par mois de plus pour les rentiers AVS (240 francs pour les couples). Pour le Conseiller fédéral socialiste, on tient là une "réforme équilibrée capable d'obtenir le soutien d'une majorité". Et même, une réforme à laquelle, selon lui, ses opposants ne proposent aucune alternative. Or il y a une alternative (de gauche), le basculement progressif du "2e pilier" dans l'AVS qui, elle, serait réellement une réforme, quand le "plan Berset" n'est, de l'aveu même du Conseiller fédéral, qu'un moyen d'assurer quinze ans d'équilibre à un système, l'actuel, fragilisé moins par le nombre de rentiers que par un "deuxième pilier" bien plus sensible que l'AVS à la conjoncture économique (et à la spéculation et aux placements imprudents).

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lundi, 21 septembre 2015

Grèce : la victoire désenchantée de Syriza

Tsipras, par défaut 

On les avait enterrés un peu vite sous les pelletées d'"austérité" du mémorandum européen, Alexis Tsipras, et son parti avec lui... or ce sont eux (lui, surtout) qui viennent de gagner largement les élections législatives anticipées, avec une marge qu'aucun sondage n'avait prévue. Et c'est leur troisième victoire électorale, après celles des législatives de janvier et du référendum de juillet. Il y avait pourtant de la résignation et du désenchantement dans la campagne électorale. De la résignation à un "vote utile" pour Syriza, un vote par défaut d'un autre choix pour éviter le retour de la droite au pouvoir ("la restauration de l'ordre ancien", dénonçait Tsipras) et du partage du pouvoir entre la "Nouvelle Démocratie" et le Pasok, la première étant aussi nouvelle que le second est socialiste, et du désenchantement à l'égard  de Syriza, même si Alexis Tsipras est l'homme politique le plus respecté par les citoyennes et les citoyens. Ces élections se jouaient entre Syriza et la "Nouvelle Démocratie", les petits partis ne pouvant au mieux (comme celui des "Grecs Indépendants") que jouer un rôle d'appoint à l'un ou l'autre des deux grands, pour lui permettre d'obtenir une majorité parlementaire : le PASOK (socialiste d'étiquette, clanique de réalité) est toujours moribond, l'"Unité Populaire" issue de la gauche de Syriza n'a pas eu le temps de rassembler plus qu'une petite minorité des déçus de la gauche gouvernementale, le Potami (centriste europhile) est sans implantation populaire, les communistes sont fossilisés dans leur sectarisme et les néonazis d'"Aube Dorée" (qui restent tout de même la troisième force politique du pays) sont infréquentables... Dès lors, le choix était simple : Tsipras, qui d'autre ?

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mercredi, 16 septembre 2015

Répartition des compétences entre le canton et les communes : Où en est la "chasse aux doublons" ?

Comme l'on sait, la "chasse aux doublons", sport politique assez habituel de la droite genevoise, avait connu en 2013, avec l'élection d'un Conseil d'Etat plus à droite, et d'un Grand Conseil encore plus à droite, que les précédents, une vigoureuse inflexion rhétorique et procédurale, avec notamment la création d'un "comité de pilotage" (accessoire désormais indispensable à tout projet politique), formé paritairement par l'Association des communes genevoises et le Conseil d'Etat, et aidant ce dernier à accoucher d'un projet de loi (transmis au Grand Conseil en janvier de cette année) à la vaste ambition : fonder la répartition des tâches entre le canton et les communes. On attend toujours le retour de la chasse aux "doublons".

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lundi, 07 septembre 2015

Budget municipal genevoise : la droite cale...

Travailler, c'est trop dur...

Ce soir, au Conseil Municipal de la Ville de Genève, on décidera d'entrer ou non en matière sur le projet de budget 2016 de la Ville, et si c'est "oui", de le renvoyer ou non en commission. Le Conseil administratif de la Ville de Genève a fait son travail : présenter un projet de budget équilibré (légèrement bénéficiaire, même).  Le Conseil Municipal fera-t-il le sien -étudier ce projet ? Sa putative majorité de droite distandue tient à l'en empêcher. Suspense insoutenable... En octobre de toute façon, le Conseil administratif devra présenter un rectificatif budgétaire, basé sur les nouvelles prévisions cantonales de recettes fiscales. Si l'entrée en matière sur son projet actuel est refusée, ce rectificatif deviendra simplement un nouveau projet, et on repartira pour un tour... quel intérêt peut bien avoir un exercice dont le seul effet sera de faire perdre deux mois ou d'en venir aux fameux "douzièmes provisionnels", une sorte de budget provisoire découpé en tranches mensuelles, et basé (sans y être identique) sur le budget de l'année précédente ? Quel intérêt ? Un seul, de pédagogie : celui de permettre au bon peuple de distinguer celles et ceux qui, au Conseil Municipal, veulent faire leur boulot, de celles et ceux qui s'y refusent -et veulent empêcher les autres de le faire...

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jeudi, 03 septembre 2015

Alexis Tsipras sur le bûcher de la gauche

Retour sur la Grèce

Dans "Le Monde" du 28 août, l'économiste Maria Negreponti-Delivanis excommunie Alexis Tsipras et son gouvernement pour ce qu'elle même qualifie de "sacrilège" : "le premier gouvernement de gauche radicale en Grèce aura donné sa bénédiction à la poursuite d'une dictature financière étouffante"... "sacrilège", "bénédiction" : est-on encore dans un débat politique ou est-on passé à la prédication religieuse (après avoir, tout aussi religieusement, brûlé le héros qu'on adorait) ? Il est vrai que l'enthousiasme de la gauche de la gauche (y compris de la gauche des partis socialistes et sociaux-démocrates) après la victoire électorale de Syriza et les attentes qui étaient nées de la formation du gouvernement présidé par Alexis Tsipras, étaient exorbitantes de la réalité, c'est-à-dire des possibilités mêmes de ce gouvernement, et de ce pays, d'être l'étincelle mettant le feu à toute la plaine. C'était oublier un peu vite les rapports de force, mais c'était aussi, de la part de nombre de ceux qui collaient à Tsipras comme une bernicle à son rocher et ne s'en sont détachés que pour se coller à Varoufakis,  oublier qu'avant sa victoire déjà, et après elle, Tsipras, Syriza, et même Varoufakis, situaient leur mouvement dans le champ du socialisme démocratique  : "il y a une tradition réformiste de la gauche démocratique, nous nous y inscrivons", déclarait ainsi Varoufakis, même si les mots "réformiste"  et "démocratique" ne prennent pas pour lui le sens, détourné et dévalué, que lui donnent les sociaux-libéraux...

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