jeudi, 03 novembre 2016

Réforme de l'imposition des entreprises : L'Etat aux côtés du patronat...

RIE III

On votera en février prochain sur la réforme fédérale de l'imposition des entreprise (RIE III, pour les intimes), fruit d'un coup de force de la droite parlementaire, qui a imposé une réforme sans négociation, sans contreparties sociales et agrémentée de plusieurs mécanismes permettant aux entreprises multinationales qui devraient payer un peu plus d'impôt de compenser ce surcroît de contribution par des déductions nouvelles. Facture pour les caisses publiques : plusieurs milliards de francs. Qu'il faudra compenser par des "économies" sur les budgets sociaux, de formation, de coopération. Autrement dit : par une réduction des prestations publiques. S'adressant à un raout des syndicats patronaux (la "Rentrée des Entreprises"), le Conseiller d'Etat Pierre Maudet leur a assuré (c'est la Feuille d'Avis Officielle qui en rend compte, le 7 octobre, c'est dire si c'est vrai) que "l'Etat est à vos côtés". Mais qui diable pouvait en douter ?

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lundi, 24 octobre 2016

Quand la Wallonie fait hoqueter l'Europe...

 tigre.jpgTigre de papier...

On connait l'antienne (depuis le temps qu'on l'entend, il faudrait être sourd pour ne pas la connaître...) : l'Union Européenne est un monstre bureaucratique, un Léviathan totalitaire au service de la mondialisation capitaliste, un roc de mépris des peuples et de la démocratie... Et puis voilà qu'un accord de "libre-échange", le CETA,  négocié depuis sept ans (mais négocié par qui, au nom de qui et de quoi ?) entre le Canada et l'Union Européenne, et que tous les Etats membres de l'Union Européenne sont prêts à accepter, pourrait finalement être balancé dans les poubelles de l'histoire parce qu'une région de l'un des 28 Etats membres de l'UE refuse de l'accepter (du moins en son contenu sorti des négociations) et que dans l'Etat dont cette région est constitutive, l'accord des parlements régionaux est une condition de la signature d'un tel traité. Cet Etat, c'est la Belgique. Cette région, c'est la Wallonie. C'est pas gigantesque, la Wallonie. C'est trois millions et demi d'habitants  (deux fois la Romandie...), sur les 500 millions d'habitants des 28 Etats de l'Union Européenne. La Wallonie, c'est un caillou dans la chaussure, un grain de sable dans la machine -mais ça suffit pour faire claudiquer, et pour bloquer la machine. Peut-être bien que la Wallonie finira par céder aux pressions extraordinaire qu'elle subit de presque toutes parts (presque, puisque Attac, les Verts, la gauche de la gauche et les altermondialistes la soutiennent) pour qu'elle lève son veto. Mais même si elle devait finalement céder, elle aura au moins démontré par sa résistance une chose : Le Léviathan européen n'est qu'un tigre de papier...

 

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20:54 Publié dans Europe, Politique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : wallonie, ceta, mondialisation, libre-échange, tisa, ttip | |  Facebook | | | |

vendredi, 21 octobre 2016

Affres budgétaires et phynancières genevoises : Beautés de la langue de bois

 Interrogé par le mensuel "Affaires Publiques", le ministre genevois des Phynances, Serge dal Busco, décrit en ces termes la situation financière genevoises : "Du côté des revenus, il est très difficile de dégager de nouveaux moyens" (il a en effet été plus facile de priver le canton d'un milliard de recettes annuelles en faisait se succéder 13 réductions d'impôts en quinze ans), "les projets que nous présentons pour tirer profit de certaines niches fiscales spécifiques se heurtent à de très fortes résistances politiques" (là, un traducteur est demandé), et comme il va falloir d'une part investir et que d'autre part "nous allons devoir assumer, à court terme, un manque à gagner fiscal temporaire lié à la réforme de l'imposition des entreprises" (on appréciera le "à court terme" et le "temporaire"...), "nous devons agir sur la part des dépenses publiques sur lesquelles le Conseil d'Etat et le Grand Conseil ont la main. Réduire les dépenses sans nuire aux prestations, avec notamment des gains d'efficience, voilà l'enjeu". Nous voilà pleinement rassurés et précisément informés. Rien de tel qu'une bonne dose de langue de bois pour donner l'impression qu'on dit quelque chose, quand ce qu'on dit ne dit rien de ce qui est, et moins que rien de ce qui sera.

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14:23 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : budgets publics, rie iii | |  Facebook | | | |

mercredi, 19 octobre 2016

La gauche en Europe : D'où viens-je, où cours-je ?

Excellent documentaire français, sur la deuxième chaîne télé romande, dimanche soir : une histoire de l'anarchisme. Toujours bon à prendre, un travail de mémoire, surtout quand il porte sur l'un des courants fondateurs du socialisme, que les autres courants non moins, mais pas plus, fondateurs n'ont eu de cesse de faire oublier. On a donc vu passer les incontournables (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Malatesta), les maudits (Ravachol, Bonnot), les héroïques (Durutti, Makhno), de grandes figures révolutionnaires au féminin (Louise Michel, Emma Goldman), et tous et toutes les autres. Et surtout, un formidable mouvement à la fois politique et social. Dont il semblait pourtant qu'il ne subsistait plus grand chose, sinon quelques nostalgies et quelques irréductibles. Mais de le voir passer sans qu'il ait trépassé, increvable, ça fait du bien. Surtout en un moment où, réfugié ou non dans des organisations (et même des partis) traditionnels de gauche, on contemple avec consternation l'état de la gauche en Europe... Avec consternation, mais sans renoncement : ce qui qui défaille peut être ranimé. Et de savoir d'où l'on vient aide à savoir où l'on est, et à décider où on veut aller.

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mardi, 11 octobre 2016

La Grande-Bretagne après le Brexit : Labour, toujours Labour

La Première ministre conservatrice britannique, Theresa May, proclamant que "le Brexit veut dire le Brexit" (elle n'y était pas favorable, mais elle l'assume) a annoncé que le procesus de retrait du Royaume Uni (s'il est encore uni...) de l'Union Européenne sera enclenché au plus tard fin mars de l'année prochaine. Sans que ni l'Ecosse, ni l'Irlande du Nord, qui avaient voté contre le Brexit, ni le Pays de Galles, qui l'avait accepté de justesse, ne soient conviés à participer en tant que tels aux négociations avec l'UE. La Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon, a néanmoins proclamé que l'"Ecosse était déterminée à rester dans l'Union Européenne". Ses interlocuteurs européens se sont bien gardés de prendre position sur cette volonté écossaise, à l'exception du Premier Ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui s'est opposé à ce que l'Ecosse soit partie prenante des négociations sur les modalités du "Brexit", puisque ce serait lui reconnaître au moins implicitement un droit à l'autodétermination que le même Rajoy nie à la Catalogne qui le revendique comme l'Ecosse... En attendant, c'est surtout à gauche qu'il y a du nouveau -et le nouveau, c'est le "vieux" Jeremy Corbyn, et sa volonté de refaire du Parti Travailliste un parti socialiste (social-démocrate, au plein sens historique du terme), et un parti de masse. Et il est en passe de réussir. Malgré le Brexit, ou grâce au Brexit, on ne sait. Mais à cause (entre autres) du Brexit, certainement.

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lundi, 10 octobre 2016

Héberger des réfugiés menacés d'expulsion : La fronde de David et la loi de Goliath

david-and-goliath-shane-robinson.jpgLe Municipal (membre de l'exécutif communal) POP (Parti du Travail) de Lausanne, David Payot, ayant déclaré. qu'il était prêt à héberger chez lui un réfugié menacé d'expulsion, le PLR local (suivi par l'UDC) est monté sur ses grands hongres en déposant au Conseil communal une résolution demandant "La Municipalité parraine-t-elle un hors-la-loi ?", doublée d'une demande de révocation de l'élu popiste, coupable de faire passer la légitimité avant la légalité. Comme naguère le Conseiller d'Etat PDC genevois Dominique Föllmi, accompagnant à l'école une petite turque en situation irrégulière. Comme il y a quelques jours la députée socialiste tessinoise Lise Bosia Mirra, arrêtée pour avoir fait passer la frontière à quatre mineurs africains. On rappellera au passage au PLR lausannois, que David Payot n'est pas "parrainé" par la Municipalité, mais qu'il y a été élu par le peuple, comme le candidat du POP et non de l'UDC, sans jamais avoir caché ses engagements ni ses convictions solidaires. De ceux qui "obéissent à la loi" quelle qu'elle soit et de ceux qui y désobéissent quand elle est injuste, on honore d'ailleurs désormais les désobéissants plutôt que les obéissants.  Les Justes plutôt que les carpettes. La fronde de David plutôt que la loi de Goliath.


 
 

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14:05 Publié dans Immigration, Politique, Solidarité, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 octobre 2016

Nouvelle répartition des tâches entre le canton et les communes à Genève : Qui va "fabriquer du politique" ?

labyrinthe.jpgAprès l'action sociale (la loi répartissant les tâches entre les cantons et les communes dans ce domaine a été promulguée le 11 mai), après la politique culturelle, et avec le même manque d'ambition que dans ces deux champs d'action, le Conseil d'Etat genevois a engagé la réforme de la répartition des tâches entre le canton et les communes dans le domaine des transports et de la mobilité. Et là encore, on est dans le bricolage. "La montagne est en train d'accoucher d'une marmotte" et "rien n'est pensé pour fabriquer du politique à l'échelon communal", déplore le président de l'Association des communes genevoise, Thierry Apothéloz. A moins, ajouterons-nous, que tout ne soit au contraire pensé pour qu'on ne "fabrique pas du politique" au niveau des communes, que cette "fabrication" reste l'apanage du canton, que les communes ne soient toujours que des échelons d'exécution, constamment sous surveillance. Surtout les communes urbaines, surtout les villes (elles sont une douzaine dans le canton). "Nous avons fait une série de propositions, celles d'importance sont restées lettre morte", précise Apothéloz, qui ajoute : "Dès que nous proposons des compétences supplémentaires (pour les communes), le canton est pour le moins réticent". CQFD.

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mardi, 04 octobre 2016

RIE III : Tu veux ou tu veux pas ?

 droite-gauche.jpgLe PS genevois entre le "oui mais" et le "non mais"
  
Demain, une Assemblée des délégués du PS genevois débattra du "volet genevois" de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises (la fameuse "RIE III) votée par les deux Chambres du parlement suisse, contre laquelle un référendum a été lancé (notamment par le PS suisse) et a abouti, et sur laquelle on votera donc, l'année prochaine. La question, au plan genevois, est donc de savoir quelle position le PS va adopter à l'égard des propositions du gouvernement cantonal. Ces propositions consistant en la mise en oeuvre cantonale d'une réforme que le PS combat au niveau suisse, il serait logique qu'elles soient combattues aussi par le PS au niveau cantonal. Mais la logique n'est pas une mécanique, et des voix (de députés, de la Conseillère administrative Sandrine Salerno, responsable des finances de la Ville de Genève, notamment) se sont élevées au sein du PS genevois pour considérer qu'après tout, les propositions gouvernementales étaient acceptables, si le parlement s'y tenait et que la droite ne les dénaturait pas ni ne le amputait. Une sorte de "oui mais", auquel répond une sorte de "non mais", exprimant un refus du projet du Conseil d'Etat en même temps que la conviction que "de toute façon, il faudra en passer par une réduction des ressources fiscales" du canton et des communes. Le problème, c'est que tout ce débat sera tranché en votation populaire, quand il n'y a pas de "mais" qui tienne dans un vote référendaire, binaire, forcément binaire, et qu'à la question "tu veux ou tu veux pas",  il n'y a de réponse possible que "oui" ou "non", les fioritures, les précautions rhétoriques, comptant pour beurre de cuisine politique... Il va donc bien falloir prendre une position claire sur la RIE III, version genevoise.

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jeudi, 22 septembre 2016

1er Vendémiaire, jour du raisin. Et de l'Ethernité.

gauche, dugongd, gauche dugong Bonne et heureuse année !

Bonne et heureuse année ! Nous sommes en effet le premier Vendémiaire, premier jour de l'an nouveau dans le calendrier républicain, et premier jour, aussi, de la Première République française, proclamée au lendemain de la victoire de Valmy. Et en ce jour de Nouvel-An (qui est aussi, dans le calendrier pataphysique, le jour de l'Ethernité, 15ème jour du mois de l'absolu), nous avons accoutumé de vous balancer l'indispensable, l'incontournable, l'irréfragable Manifeste de la Gauche Dugong -ce que nous faisons donc ici, non sans rappeler toutefois la genèse de ce qui, à n'en point douter, marquera, comme Goethe le vit dans Valmy, un tournant de l'Histoire.

Or donc, il y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », tôt condamnée par le réchauffement de la planète, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques locales, régionales, nationales, continentales, mondiales et galactiques rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément... et la seule... vous en voyez une autre, vous ?

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mercredi, 14 septembre 2016

Système de retraites : le premier pilier doit rester le premier

La solidarité ou la thésaurisation

AVS. Retraites


Dimanche 25 septembre, dans le menu des votations fédérales, on a l'initiative syndicale "AVSplus", soutenue par toute la gauche, combattue par toute la droite (et le Conseil fédéral) et par le patronat. Un bon gros clivage politique basique. L'initiative propose une hausse de 10 % des rentes AVS. L'enjeu, c'est le choix du pilier du système de retraite à privilégier, et à soutenir, d'entre les trois qui constituent aujourd'hui ce système,  l'AVS, assurance sociale fondée sur la solidarité, plutôt que la prévoyance professionnelle (le "2ème pilier"), épargne forcée fondée sur la capitalisation individuelle, ou le "troisième pilier", c'est-à-dire l'épargne volontaire. Les syndicats et la gauche privilégient l'AVS, le patronat, la droite et le gouvernement privilégient le "deuxième pilier, et font tout ce qu'ils peuvent pour le renflouer. Un combat de principe autant qu'un combat de classe : la solidarité sociale contre la thésaurisation individuelle. Le premier pilier doit le rester : premier, et pilier. AVS+ y concourrait efficacement, à un coût tout à fait supportable pour les conributeurs (les salariés et les entreprises).

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lundi, 12 septembre 2016

Budget 2017 de la Ville de Genève : La droite retrouve le sens du ridicule

société secrète.JPG

Le projet de budget 2017 de la Ville de Genève a été présenté par le Conseil administratif fin août. Il est équilibré (avec un boni de deux millions), les investissements (130 millions) sont autofinancés aux deux tiers.  La Conseillère administrative Sandrine Salerno, qui avait réuni les représentants des groupes au Conseil municipal afin de tenter un dialogue préalable plutôt qu'un recours systématique aux urnes pour réparer les conneries de la droite, n'en avait pas moins précisé que le projet de budget était préparé, conformément à la procédure habituelle (et à la loi) par le Conseil administratif et non "en amont" avec les groupes, fussent-ils majoritaires en s'étant agglutinés. L'année dernière, on s'en souvient, la droite dilatée (du PDC au MCG) s'était coagulée pour refuser d'entrer en matière sur le projet du Conseil administratif, ce qui avait rendu impossible son examen sérieux en commission, avait abouti à des coupes linéaires dans les subventions sociales et culturelles et dans les lignes finançant le fonctionnement même de l'administration municipale et des services publics, et assurant le respect du statut du personnel.  Et tout cela s'était terminé par un vote référendaire lors duquel les citoyens-contribuables avaient refusé ces coupes et adopté le projet de budget du Conseil administratif. La procédure était originale (faire adopter par le peuple un budget devant l'être par le Conseil municipal), mais on y avait perdu six mois. Cette année, à défaut de sens des responsabilités, la droite municipale genevoise genevoise semble avoir au moins retrouvé celui du ridicule : elle semble résignée à faire son travail et à étudier le projet de budget. Le budget de la Ville ne servira donc pas à rémunérer le refus de 42 conseiller-e-s municipaux et pales d'étudier le budget de la Ville. On risque donc de faire notre boulot ? Hosanna  !

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lundi, 01 août 2016

Koikonchante, keskonfête aujourd'hui ?

drapeau-suisse rupestre.jpgSur nos monts quand le soleil...

La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, et le vice-président du PDC, Yannick Buttet, ont sonné la charge contre les paroles, pourtant assez insignifiantes, proposée par la société suisse d'utilité publique (la SSUP) pour être celles, nouvelles, de l'hymne national suisse. Qu'est-ce qu'elle disent, ces paroles pleines de bons sentiments (à chanter sur la musique de l'hymne actuel) : "Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance, signe de paix et d'indépendance, ouvrons notre coeur à l'équité et respectons nos diversités, à chacun la liberté, dans la solidarité, chantons d'une même voix sur fond rouge la blanche croix". Ouala. Et qu'est-ce qu'elle a entendu, Amaudruz ? "une nouvelle attaque contre notre passé, contre ce que nous sommes, menée une fois de plus par les tenants du cosmopolitisme triomphant". Et "le programme politique de la gauche". Un hymne socialiste, rien que ça. Et Buttet, alors, il a entendu quoi, lui ? Une volonté d'extirper Dieu de l'hymne national. Et d'accuser la Société suisse d'utilité publique de "nuire à la Suisse" et de "nier l'existence de la patrie". Des traîtres gauchistes, quoi. Et déicides. Bref, la SSUP est pleine, y'a un complot  et on va faire chanter aujourd'hui cette chose antipatriotique à Meinier (du coup le MCG a appelé à boycotter la fête) et même sur le Grütli (par le "choeur suisse des jeunes chanteurs", en quatre langues). Le PDC Butter et l'UDC Keller ont donc appelé en rétorsion à ce que la gestion du Grütli soit retiré à la SSUP.  Pour la confier en partenariat à l'ASIN et au Séminaire d'Ecône ?)...

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jeudi, 14 juillet 2016

14 juillet, 26 Messidor, jour du Père Ubu...

épithètes.jpgQue reste-t-il des révolutions passées ?
Nous sommes aujourd'hui, 14 juillet, le 26 Messidor, et nous devrions célébrer ce jour comme celui du Père Ubu, dans le calendrier pataphysique qui nous est aussi cher que le calendrier républicain. Le 14 juillet, devenu fête "nationale" (autrement dit : de la récupération de la Nation par l'Etat, défilé militaire à la clef) fut d'abord une fête révolutionnaire. Qu'elle célébrât la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération, peu importe : c'est la Révolution qu'elle célébrait -la révolution française, archétype de toutes les révolutions qui suivirent, ou la Révolution majuscule, la Révolution en soi et pour soi. Encore faut-il s'entendre sur ce mot, "révolution". Et sur ce qu'il signifie, politiquement, historiquement -et pas astronomiquement. Et sur ce qui reste de cette signification, et du vieux dur désir de révolution, pour la révolution elle-même, non pour sa victoire -ou ce que l'on crut être sa victoire.

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vendredi, 01 juillet 2016

Prendre une pause, se déprendre de nos poses

Provence.jpgDu temps libre, pas du temps vide

Voilà, nous sommes au mitan du beau mois de Messidor. On va donc se donner un peu du temps offert par le rituel vacancier estival.  Du temps non pour prendre des forces -il nous semble en avoir encore assez- mais pour prendre du recul, de la hauteur, de la distance, en n'étant plus tenu par un agenda rempli par d'autres. Réfléchir à ce qu'on va faire, et surtout aux raisons qu'on se donnera pour le faire. Prendre une pause, se déprendre de nos poses. C'est un mot idiot, que celui de "vacance", même mis au pluriel : il signifie le vide. Comme si on ne le rencontrait pas plus souvent, ce vide, dans les mois laborieux que dans les semaines de "vacances". Prenons donc du temps libre, non du temps vide. On a beaucoup parlé et écrit, depuis des mois, sur tout. Ou sur n'importe quoi, c'est comme vous voulez. On peut donc se taire pendant quelques semaines, quitte à rompre brièvement ce silence, non par devoir mais par envie.

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mardi, 21 juin 2016

L'extrême-droite aux portes du pouvoir ?

Groupes-folkloriques.jpg Prélude autrichien

Il s'en est fallu de peu, d'un souffle, il y a quelques semaines, pour que les Autrichiennes et les Autrichiens élisent à leur présidence le candidat d'un parti d'extrême-droite, qui aurait été le premier chef d'Etat européen à être issu de cette soue depuis la fin de la Guerre Mondiale. Mais avec presque 50 % des suffrages (tout étant dans ce "presque"), Norbert Hofer, le candidat du fort mal nommé "Parti autrichien de la liberté" (FPOe), qui a d'ailleurs fait recours contre le résultat,  et demandé l'annulation du scrutin, se retrouve porteur d'une symbolique plus menaçante que la réalité du pouvoir qu'il aurait pu avoir en tant que président de l'Autriche : la symbolique d'une possible accession de l'extrême-droite à la tête d'un Etat européen. Car il y a, en Europe, aujourd'hui, une réelle dynamique de l'extrême-droite (ou de la "droite radicale, si on préfère cet euphémisme), qu'aucune "grande coalition" à l'autrichienne (alliant sociaux-démocrates du SPOe et chrétiens conservateurs du OevP), ni aucun "front républicain" à la française, n'arrive à entraver. Au contraire : ces coalitions et ces fronts permettent à l'extrême-droite, du moins quand elle n'a jamais réussi à se faire démocratiquement confier le pouvoir, de se présenter comme une alternative, quand elle n'est qu'une résurgence.

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vendredi, 17 juin 2016

Réforme de la fiscalité des entreprises ( RIE III) : D'un référendum, l'autre

Après quatre ans de souk législatif, le parlement fédéral a adopté le cadre général de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Les cantons étant laissés par la Confédération libres de fixer le taux unique d'imposition, ils se sont livrés entre eux à un petit exercice de sous-enchère : Neuchâtel a fixé ce taux à 15,6 % ? Vaud l'a fixé à 13,8 %, et le Conseil d'Etat genevois propose 13 % (la limite inférieure des taux pratiqués dans l'Union Européenne).  Qui dit moins ? Au plan suisse, le PS a annoncé le lancement d'un référendum -il ne sera pas seul : la "gauche de la gauche" en fera autant, et sans doute aussi les syndicats. Au plan genevois, le PS cantonal a posé de telles conditions à son ralliement à un projet "consensuel", et ces conditions sont à ce point inacceptables pour la droite, que, logiquement, et cohérent comme on le (comme on nous) connaît, il ne devrait faire aucun doute qu'il lancera aussi, avec les mêmes alliés, un référendum contre le volet cantonal de la RIE III (et si d'aventure il ne le faisait pas, on le fera pour lui), un volet cantonal qui devrait ressembler comme un petit frère, ou au moins un cousin germain, aux propositions du Conseil d'Etat, du patronat, des multinationales et de la droite (on n'a oublié personne dans cette énumération ?). Des propositions qui vont coûter au moins un demi-milliard aux caisses publiques. On a donc deux référendum sur le feu : un référendum national, et, dans la foulée, un référendum cantonal.

droite-gauche.jpg

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jeudi, 09 juin 2016

Il n'y aura pas de retour des "congés-vente" à Genève

pas de victoire sans lutte.jpgOn ne gagne pas par hasard...

Par 51,82 %, les Genevois et voises ont refusé un projet de loi des milieux immobiliers incarnés par le député MCG Ronald Zacharias, soutenu par toute la droite, du PDC au MCG en passant par le PLR et l'UDC, visant à "faciliter le rachat de leur appartement par les locataires" -doux euphémisme pour un retour possible des fameux "congés-vente", cette pratique relevant du chantage et qui se résumait en l'injonction "achetez ou partez" adressée par les propriétaire d'un logement à des locataires le plus souvent dans l'incapacité financière d'assumer le premier terme de cette fausse alternative. Un premier enseignement, en forme d'enfoncement d'une porte ouverte, peut être tiré de ce vote contre le projet de la droite : on ne gagne pas par hasard, même à l'arraché : on gagne quand on fait ce qu'il faut pour. Il convient de s'en souvenir, parce que d'autres combats du même genre contre d'autres projets de lois issus du même tonneau, ou pour des projets issus de notre propre barrique, se profilent, contre ou pour lesquels une même mobilisation va devoir se faire, et un même "front commun" se constituer, que ceux qui se sont imposés dimanche, pour au moins préserver le parc locatif, dans une période de pénurie déjà longue, et qui promet de ne pas s'achever à court terme. Pas plus que le conflit politique sur le logement.

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jeudi, 02 juin 2016

Coupes budgétaires en Ville de Genève : Un hors d'oeuvre ?

Il vous reste la journée d'aujourd'hui pour envoyer votre bulletin de vote par la poste (sinon, c'est dimanche matin de 10 heures à midi au bureau de vote) si vous ne vous résignez pas à l'opération de ratiboisage de quasiment toutes les subventions sociales et culturelles accordées par la Ville de Genève, opération montée par la droite municipale en décembre dernier et contre laquelle la gauche, les milieux culturelles et les associations et mouvements d'action sociale ont lancé un référendum. Des coupes aveugles, par ukase, sans concertation, sans évaluation ni des situations, ni des besoins. Qui va trinquer ? Tout le monde, ou presque (voir sous http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2016/01/23/coupe...)... Et ce n'est qu'un hors d'oeuvre : le plat de résistance, c'est une coupe de 50 millions dans le budget, pour absorber une perte de 50 millions préparée par les mêmes forces politiques qui annoncent la coupe. Au four et au moulin, la droite ? Alors aux votes, la gauche !

Ville de Genève, budget

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jeudi, 26 mai 2016

Un vieux débat continue à gauche : laïc et nunc

laïcité"La gauche genevoise se déchire sur la laïcité", titre carrément en Une la "Tribune de Genève" du 23 mai (jour de l'angélique dans le seul calendrier laïque que nous ayons sous la main, avec le calendrier pataphysique). Et la "Julie" de tartiner ensuite en pleine page Trois sur cette gauche genevoise "empêtrée dans la laïcité". Pas empêtrée dans un voile ou une grillade de porc, non: dans la laïcité... Nous voilà frais, camarades : déchirés, empêtrés... dans un débat dont l'éditorialiste du quotidien nous assure que "la gauche se serait bien passée". Alors qu'elle le mène depuis deux siècles et demi, d'abord face à "l'infâme" du temps où c'était le libéralisme voltairien qui était de gauche.  Ce débat, après tout, c'est celui qui déjà opposait, au sein de ce qui était "la gauche" de l'époque, Voltaire et Rousseau, Guesde et Jaurès, Bakounine et Marx... A Genève, le parlement doit se prononcer sur deux projets de loi contradictoires devant concrétiser le prédicat constitutionnel, contradictoire lui aussi, de la "laïcité de l'Etat", le PS va tenir une assemblée générale sur le thème de la laïcité, les Verts travaillent aussi à préciser leur position, et le DAL, La Gauche (deux composantes d'"Ensemble à Gauche"...) et le Réseau laïque organisent une (demie)- Journée de la Laïcité,  samedi 4 juin de 9 heures à midi à Uni Mail (salle MR070). Le vieux débat ne reprend pas, il se poursuit.

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15:28 Publié dans Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |

mardi, 17 mai 2016

Financement des partis et des campagnes politiques : Qui paie qui, et pour quoi ?

Une coalition de partis de gauche (le PS, les Verts), de quelques petits partis de droite (le PBD, les Evangéliques) ou d'ailleurs (les Pirates) a lancé le 26 avril une initiative populaire fédérale "pour plus de transparence dans le financement de la vie politique". Exiger plus de transparence dans la vie politique suisse n'est pas une revendication maximaliste : encore moins de transparence que ce n'est le cas en Suisse serait difficile pour une démocratie... Et savoir qui paie qui et pour quoi n'est après tout qu'une exigence légitime -que selon un sondage sur internet, trois Suisses-ses sur quatre partageraient. L'initiative ne demande pas la lune -seulement ce qui se pratique déjà à Genève et Neuchâtel, et qui pourrait se pratiquer à Fribourg : la publication, avant une votation ou une élection, de la liste des principaux donateurs aux partis et comités de campagne, et l'interdiction des dons anonymes.

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17:14 Publié dans élections, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |