mercredi, 14 septembre 2016

Système de retraites : le premier pilier doit rester le premier

La solidarité ou la thésaurisation

AVS. Retraites


Dimanche 25 septembre, dans le menu des votations fédérales, on a l'initiative syndicale "AVSplus", soutenue par toute la gauche, combattue par toute la droite (et le Conseil fédéral) et par le patronat. Un bon gros clivage politique basique. L'initiative propose une hausse de 10 % des rentes AVS. L'enjeu, c'est le choix du pilier du système de retraite à privilégier, et à soutenir, d'entre les trois qui constituent aujourd'hui ce système,  l'AVS, assurance sociale fondée sur la solidarité, plutôt que la prévoyance professionnelle (le "2ème pilier"), épargne forcée fondée sur la capitalisation individuelle, ou le "troisième pilier", c'est-à-dire l'épargne volontaire. Les syndicats et la gauche privilégient l'AVS, le patronat, la droite et le gouvernement privilégient le "deuxième pilier, et font tout ce qu'ils peuvent pour le renflouer. Un combat de principe autant qu'un combat de classe : la solidarité sociale contre la thésaurisation individuelle. Le premier pilier doit le rester : premier, et pilier. AVS+ y concourrait efficacement, à un coût tout à fait supportable pour les conributeurs (les salariés et les entreprises).

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lundi, 12 septembre 2016

Budget 2017 de la Ville de Genève : La droite retrouve le sens du ridicule

société secrète.JPG

Le projet de budget 2017 de la Ville de Genève a été présenté par le Conseil administratif fin août. Il est équilibré (avec un boni de deux millions), les investissements (130 millions) sont autofinancés aux deux tiers.  La Conseillère administrative Sandrine Salerno, qui avait réuni les représentants des groupes au Conseil municipal afin de tenter un dialogue préalable plutôt qu'un recours systématique aux urnes pour réparer les conneries de la droite, n'en avait pas moins précisé que le projet de budget était préparé, conformément à la procédure habituelle (et à la loi) par le Conseil administratif et non "en amont" avec les groupes, fussent-ils majoritaires en s'étant agglutinés. L'année dernière, on s'en souvient, la droite dilatée (du PDC au MCG) s'était coagulée pour refuser d'entrer en matière sur le projet du Conseil administratif, ce qui avait rendu impossible son examen sérieux en commission, avait abouti à des coupes linéaires dans les subventions sociales et culturelles et dans les lignes finançant le fonctionnement même de l'administration municipale et des services publics, et assurant le respect du statut du personnel.  Et tout cela s'était terminé par un vote référendaire lors duquel les citoyens-contribuables avaient refusé ces coupes et adopté le projet de budget du Conseil administratif. La procédure était originale (faire adopter par le peuple un budget devant l'être par le Conseil municipal), mais on y avait perdu six mois. Cette année, à défaut de sens des responsabilités, la droite municipale genevoise genevoise semble avoir au moins retrouvé celui du ridicule : elle semble résignée à faire son travail et à étudier le projet de budget. Le budget de la Ville ne servira donc pas à rémunérer le refus de 42 conseiller-e-s municipaux et pales d'étudier le budget de la Ville. On risque donc de faire notre boulot ? Hosanna  !

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lundi, 01 août 2016

Koikonchante, keskonfête aujourd'hui ?

drapeau-suisse rupestre.jpgSur nos monts quand le soleil...

La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, et le vice-président du PDC, Yannick Buttet, ont sonné la charge contre les paroles, pourtant assez insignifiantes, proposée par la société suisse d'utilité publique (la SSUP) pour être celles, nouvelles, de l'hymne national suisse. Qu'est-ce qu'elle disent, ces paroles pleines de bons sentiments (à chanter sur la musique de l'hymne actuel) : "Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance, signe de paix et d'indépendance, ouvrons notre coeur à l'équité et respectons nos diversités, à chacun la liberté, dans la solidarité, chantons d'une même voix sur fond rouge la blanche croix". Ouala. Et qu'est-ce qu'elle a entendu, Amaudruz ? "une nouvelle attaque contre notre passé, contre ce que nous sommes, menée une fois de plus par les tenants du cosmopolitisme triomphant". Et "le programme politique de la gauche". Un hymne socialiste, rien que ça. Et Buttet, alors, il a entendu quoi, lui ? Une volonté d'extirper Dieu de l'hymne national. Et d'accuser la Société suisse d'utilité publique de "nuire à la Suisse" et de "nier l'existence de la patrie". Des traîtres gauchistes, quoi. Et déicides. Bref, la SSUP est pleine, y'a un complot  et on va faire chanter aujourd'hui cette chose antipatriotique à Meinier (du coup le MCG a appelé à boycotter la fête) et même sur le Grütli (par le "choeur suisse des jeunes chanteurs", en quatre langues). Le PDC Butter et l'UDC Keller ont donc appelé en rétorsion à ce que la gestion du Grütli soit retiré à la SSUP.  Pour la confier en partenariat à l'ASIN et au Séminaire d'Ecône ?)...

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14:49 Publié dans Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1er août, hymne national | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 juillet 2016

14 juillet, 26 Messidor, jour du Père Ubu...

épithètes.jpgQue reste-t-il des révolutions passées ?
Nous sommes aujourd'hui, 14 juillet, le 26 Messidor, et nous devrions célébrer ce jour comme celui du Père Ubu, dans le calendrier pataphysique qui nous est aussi cher que le calendrier républicain. Le 14 juillet, devenu fête "nationale" (autrement dit : de la récupération de la Nation par l'Etat, défilé militaire à la clef) fut d'abord une fête révolutionnaire. Qu'elle célébrât la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération, peu importe : c'est la Révolution qu'elle célébrait -la révolution française, archétype de toutes les révolutions qui suivirent, ou la Révolution majuscule, la Révolution en soi et pour soi. Encore faut-il s'entendre sur ce mot, "révolution". Et sur ce qu'il signifie, politiquement, historiquement -et pas astronomiquement. Et sur ce qui reste de cette signification, et du vieux dur désir de révolution, pour la révolution elle-même, non pour sa victoire -ou ce que l'on crut être sa victoire.

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16:08 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : révolution, 14 juillet | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 juillet 2016

Prendre une pause, se déprendre de nos poses

Provence.jpgDu temps libre, pas du temps vide

Voilà, nous sommes au mitan du beau mois de Messidor. On va donc se donner un peu du temps offert par le rituel vacancier estival.  Du temps non pour prendre des forces -il nous semble en avoir encore assez- mais pour prendre du recul, de la hauteur, de la distance, en n'étant plus tenu par un agenda rempli par d'autres. Réfléchir à ce qu'on va faire, et surtout aux raisons qu'on se donnera pour le faire. Prendre une pause, se déprendre de nos poses. C'est un mot idiot, que celui de "vacance", même mis au pluriel : il signifie le vide. Comme si on ne le rencontrait pas plus souvent, ce vide, dans les mois laborieux que dans les semaines de "vacances". Prenons donc du temps libre, non du temps vide. On a beaucoup parlé et écrit, depuis des mois, sur tout. Ou sur n'importe quoi, c'est comme vous voulez. On peut donc se taire pendant quelques semaines, quitte à rompre brièvement ce silence, non par devoir mais par envie.

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mardi, 21 juin 2016

L'extrême-droite aux portes du pouvoir ?

Groupes-folkloriques.jpg Prélude autrichien

Il s'en est fallu de peu, d'un souffle, il y a quelques semaines, pour que les Autrichiennes et les Autrichiens élisent à leur présidence le candidat d'un parti d'extrême-droite, qui aurait été le premier chef d'Etat européen à être issu de cette soue depuis la fin de la Guerre Mondiale. Mais avec presque 50 % des suffrages (tout étant dans ce "presque"), Norbert Hofer, le candidat du fort mal nommé "Parti autrichien de la liberté" (FPOe), qui a d'ailleurs fait recours contre le résultat,  et demandé l'annulation du scrutin, se retrouve porteur d'une symbolique plus menaçante que la réalité du pouvoir qu'il aurait pu avoir en tant que président de l'Autriche : la symbolique d'une possible accession de l'extrême-droite à la tête d'un Etat européen. Car il y a, en Europe, aujourd'hui, une réelle dynamique de l'extrême-droite (ou de la "droite radicale, si on préfère cet euphémisme), qu'aucune "grande coalition" à l'autrichienne (alliant sociaux-démocrates du SPOe et chrétiens conservateurs du OevP), ni aucun "front républicain" à la française, n'arrive à entraver. Au contraire : ces coalitions et ces fronts permettent à l'extrême-droite, du moins quand elle n'a jamais réussi à se faire démocratiquement confier le pouvoir, de se présenter comme une alternative, quand elle n'est qu'une résurgence.

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vendredi, 17 juin 2016

Réforme de la fiscalité des entreprises ( RIE III) : D'un référendum, l'autre

Après quatre ans de souk législatif, le parlement fédéral a adopté le cadre général de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Les cantons étant laissés par la Confédération libres de fixer le taux unique d'imposition, ils se sont livrés entre eux à un petit exercice de sous-enchère : Neuchâtel a fixé ce taux à 15,6 % ? Vaud l'a fixé à 13,8 %, et le Conseil d'Etat genevois propose 13 % (la limite inférieure des taux pratiqués dans l'Union Européenne).  Qui dit moins ? Au plan suisse, le PS a annoncé le lancement d'un référendum -il ne sera pas seul : la "gauche de la gauche" en fera autant, et sans doute aussi les syndicats. Au plan genevois, le PS cantonal a posé de telles conditions à son ralliement à un projet "consensuel", et ces conditions sont à ce point inacceptables pour la droite, que, logiquement, et cohérent comme on le (comme on nous) connaît, il ne devrait faire aucun doute qu'il lancera aussi, avec les mêmes alliés, un référendum contre le volet cantonal de la RIE III (et si d'aventure il ne le faisait pas, on le fera pour lui), un volet cantonal qui devrait ressembler comme un petit frère, ou au moins un cousin germain, aux propositions du Conseil d'Etat, du patronat, des multinationales et de la droite (on n'a oublié personne dans cette énumération ?). Des propositions qui vont coûter au moins un demi-milliard aux caisses publiques. On a donc deux référendum sur le feu : un référendum national, et, dans la foulée, un référendum cantonal.

droite-gauche.jpg

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jeudi, 09 juin 2016

Il n'y aura pas de retour des "congés-vente" à Genève

pas de victoire sans lutte.jpgOn ne gagne pas par hasard...

Par 51,82 %, les Genevois et voises ont refusé un projet de loi des milieux immobiliers incarnés par le député MCG Ronald Zacharias, soutenu par toute la droite, du PDC au MCG en passant par le PLR et l'UDC, visant à "faciliter le rachat de leur appartement par les locataires" -doux euphémisme pour un retour possible des fameux "congés-vente", cette pratique relevant du chantage et qui se résumait en l'injonction "achetez ou partez" adressée par les propriétaire d'un logement à des locataires le plus souvent dans l'incapacité financière d'assumer le premier terme de cette fausse alternative. Un premier enseignement, en forme d'enfoncement d'une porte ouverte, peut être tiré de ce vote contre le projet de la droite : on ne gagne pas par hasard, même à l'arraché : on gagne quand on fait ce qu'il faut pour. Il convient de s'en souvenir, parce que d'autres combats du même genre contre d'autres projets de lois issus du même tonneau, ou pour des projets issus de notre propre barrique, se profilent, contre ou pour lesquels une même mobilisation va devoir se faire, et un même "front commun" se constituer, que ceux qui se sont imposés dimanche, pour au moins préserver le parc locatif, dans une période de pénurie déjà longue, et qui promet de ne pas s'achever à court terme. Pas plus que le conflit politique sur le logement.

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jeudi, 02 juin 2016

Coupes budgétaires en Ville de Genève : Un hors d'oeuvre ?

Il vous reste la journée d'aujourd'hui pour envoyer votre bulletin de vote par la poste (sinon, c'est dimanche matin de 10 heures à midi au bureau de vote) si vous ne vous résignez pas à l'opération de ratiboisage de quasiment toutes les subventions sociales et culturelles accordées par la Ville de Genève, opération montée par la droite municipale en décembre dernier et contre laquelle la gauche, les milieux culturelles et les associations et mouvements d'action sociale ont lancé un référendum. Des coupes aveugles, par ukase, sans concertation, sans évaluation ni des situations, ni des besoins. Qui va trinquer ? Tout le monde, ou presque (voir sous http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2016/01/23/coupe...)... Et ce n'est qu'un hors d'oeuvre : le plat de résistance, c'est une coupe de 50 millions dans le budget, pour absorber une perte de 50 millions préparée par les mêmes forces politiques qui annoncent la coupe. Au four et au moulin, la droite ? Alors aux votes, la gauche !

Ville de Genève, budget

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15:21 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ville de genève, budget | |  Facebook | | | |

jeudi, 26 mai 2016

Un vieux débat continue à gauche : laïc et nunc

laïcité"La gauche genevoise se déchire sur la laïcité", titre carrément en Une la "Tribune de Genève" du 23 mai (jour de l'angélique dans le seul calendrier laïque que nous ayons sous la main, avec le calendrier pataphysique). Et la "Julie" de tartiner ensuite en pleine page Trois sur cette gauche genevoise "empêtrée dans la laïcité". Pas empêtrée dans un voile ou une grillade de porc, non: dans la laïcité... Nous voilà frais, camarades : déchirés, empêtrés... dans un débat dont l'éditorialiste du quotidien nous assure que "la gauche se serait bien passée". Alors qu'elle le mène depuis deux siècles et demi, d'abord face à "l'infâme" du temps où c'était le libéralisme voltairien qui était de gauche.  Ce débat, après tout, c'est celui qui déjà opposait, au sein de ce qui était "la gauche" de l'époque, Voltaire et Rousseau, Guesde et Jaurès, Bakounine et Marx... A Genève, le parlement doit se prononcer sur deux projets de loi contradictoires devant concrétiser le prédicat constitutionnel, contradictoire lui aussi, de la "laïcité de l'Etat", le PS va tenir une assemblée générale sur le thème de la laïcité, les Verts travaillent aussi à préciser leur position, et le DAL, La Gauche (deux composantes d'"Ensemble à Gauche"...) et le Réseau laïque organisent une (demie)- Journée de la Laïcité,  samedi 4 juin de 9 heures à midi à Uni Mail (salle MR070). Le vieux débat ne reprend pas, il se poursuit.

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15:28 Publié dans Politique, religion | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |

mardi, 17 mai 2016

Financement des partis et des campagnes politiques : Qui paie qui, et pour quoi ?

Une coalition de partis de gauche (le PS, les Verts), de quelques petits partis de droite (le PBD, les Evangéliques) ou d'ailleurs (les Pirates) a lancé le 26 avril une initiative populaire fédérale "pour plus de transparence dans le financement de la vie politique". Exiger plus de transparence dans la vie politique suisse n'est pas une revendication maximaliste : encore moins de transparence que ce n'est le cas en Suisse serait difficile pour une démocratie... Et savoir qui paie qui et pour quoi n'est après tout qu'une exigence légitime -que selon un sondage sur internet, trois Suisses-ses sur quatre partageraient. L'initiative ne demande pas la lune -seulement ce qui se pratique déjà à Genève et Neuchâtel, et qui pourrait se pratiquer à Fribourg : la publication, avant une votation ou une élection, de la liste des principaux donateurs aux partis et comités de campagne, et l'interdiction des dons anonymes.

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mercredi, 04 mai 2016

Petits échauffements genevois avant l'Ascension

Neptune.jpgVoile et vapeurs

Il est des polémiques qui découragent l'intelligence. Ce n'est pas que leur objet soit insignifiant, c'est qu'y prennent part des intervenants que rebute l'effort de comprendre (du latin comprehendere, saisir...) ce que dit l'autre -"comprendre" intellectuellement, sans empathie, comme on peut comprendre ce que dit ou écrit quelqu'un avec qui on n'est pas d'accord, voire un adversaire, et même un ennemi : comprendre ce qu'il dit, c'est bien une condition nécessaire pour le contredire, ou le combattre, avec un minimum d'efficacité. Ainsi peut-on être athée  et faire l'effort de comprendre ce que disent Pascal ou Augustin. Ou être anarchiste et faire l'effort de comprendre ce que disent Marx ou Lénine. Mais dans la polémique foireuse qui égaie Genève à propos du port du foulard supposé "islamique" par des employées de l'Etat ou de la Ville, cet effort semble hors de portée neuronale de ceux qui s'acharnent à n'entendre que ce qu'ils ont envie d'entendre, même lorsque l'autre ne l'a pas dit.  Comme si une connexion ne se faisait pas entre l'émettrice qui dit "le voile, je m'en fous" et le récepteur qui comprend (ou fait semblant de comprendre) "le voile, je l'encourage"...

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vendredi, 29 avril 2016

1er mai, 28 mai, 5 juin : Chaud, le printemps, chaud

 

1ermai.jpg

 Le printemps politique n'est pas le printemps saisonnier. Que la température frisquette de ces jours ne vous trompe pas : le printemps politique, cette année, sera chaud. Dimanche, on sera dans la rue. Comme tous les Premier Mai. Non pour célébrer la fête du travail, mais pour célébrer celles des travailleuses et des travailleurs. Et de leur émancipation. Quatre semaines plus tard, on sera à nouveau dans la rue. Pour dénoncer les coupes budgétaires, les menaces sur les services publics, le mépris des salariés de la fonction publique. Et une semaine plus tard encore, nous serons dans les urnes. Pour annuler ces coupes, repousser ces menaces, rétablir les moyens nécessaire à la commune pour qu'elle puisse jouer son rôle, assumer ses tâches, faire son travail. Mais aussi, pour faire avancer le projet de revenu de base inconditionnel.

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vendredi, 15 avril 2016

Comptes 2015 (et budget 2016) de la Ville de Genève : Bon comptes et mauvaises coupes

La Ville de Genève à présenté ses comptes 2015. Alors que le budget était presque à l'équilibre avec un tout petit excédent de revenus, les comptes en présentent un de 39,5 millions, grâce à une maîtrise des charges et à des revenus non budgétisés. Pour rendre le tableau encore plus souriant, la dette est stabilisée et les investissements sont presque totalement autofinancés (ils le sont à 95,2%). "C'est une bonne nouvelle qui permet d'envisager sereinement les années à venir", résume la Conseillère administrative Sandrine Salerno. Une bonne nouvelle pour la Ville et ses habitants, sans doute. Mais pas pour la droite municipale, qui espère depuis des années que la situation financière de la Commune soit assez mauvaise (et que la droite cantonale l'ait rendue assez précaire) pour justifier l'usage de la hache et du rabot budgétaires auquel cette droite s'essaie. Or le 5 juin, on votera précisément sur des coupes budgétaires opérées par ladite droite, municipale et coagulée. Des coupes qui se confirment comme étant inutiles puisque les finances de la Ville sont bonnes, nuisibles puisqu'elles s'en prennent à des prestations à la population, et stupides puisqu'elles sont mécaniques, linéaires et aveugles.

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jeudi, 14 avril 2016

Réforme de l'imposition des entreprises : La droite charge le bateau

RIE IIIAu Conseil National, la droite a réussi le tour de force de "charger le bateau", déjà bien alourdi, de la Réforme de l'imposition des entreprises, saison III (RIE III), en y introduisant de nouveaux cadeaux fiscaux, au point d'inquiéter même le Conseiller fédéral le plus à droite, Ueli Maurer, sur le coût de l'exercice (et le résultat final en votation populaire, après le référdum annoncé par la gauche ?) Ainsi de la "taxe au tonnage", une sorte de forfait fiscal permettant aux compagnies de fret maritime d'être imposées non sur leurs bénéfices, mais sur la capacité de charge de leurs bateaux. Ainsi également de la déduction des "intérêts optionnels", un cadeau qui coûterait un quart de milliard à la Confédération et un tiers de milliard aux cantons. Ainsi, toujours, de l'abolition du plafond des déductions liées aux produits des brevets et aux dépenses de recherche... Quant on aime (les cadeaux fiscaux), on ne compte pas. Il vaudrait mieux pourtant, quand il s'agit de fiscalité : en 2008, pour faire accepter la deuxième réforme de l'imposition des entreprises, le Conseil fédéral, la droite et le patronat avaient assuré qu'elle ne coûterait que 80 millions de francs par année. Trois ans plus tard, il s'avère qu'elle coûtera presque dix fois plus (plus de 7 milliards en dix ans). Alors quand le Conseil fédéral estime à 1,2 milliard les pertes fiscales de la seule Confédération (plus celles des cantons et des communes), dues à son projet de troisième réforme, doit-on s'attendre à ce qu'elles soient en réalité de dix milliards ?

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mardi, 12 avril 2016

Répartition des tâches entre les communes et le canton de Genève : "Désenchevêtrer", vraiment ?

ficelles.jpgUne réforme de la répartition des tâches entre le canton de Genève et les communes genevoise a été imposée par la nouvelle constitution cantonale et doit être achevée le 31 mai 2018. Elle est conduite en fonction d'une "feuille de route" faisant référence aux grands principes de "proximité, subsidiarité, transparence et efficacité", et selon une règle imposant que toute transfert de tâches est accompagné d'un transfert de ressources, via un "fonds de régulation" alimenté par le canton et les communes, chaque collectivité y versant ce que lui coûte la tâche qu'elle transfère à une autre collectivité. A la fin du processus, une "bascule fiscale" corrigera à la hausse ou à la baisse le montant des centimes additionnels (c'est-à-dire le niveau de l'impôt communal) pour arriver à une "neutralité globale" de l'exercice. Cette jolie mécanique pourrait fonctionner, si on ne tenait compte ni du contexte politique, ni des arrière-pensées des uns et des autres, ni des choix politiques majoritaires (en particulier de ceux du gouvernement et du parlement cantonaux). Or maintenant, on en arrive à un domaine qui est l'un des rares où, à Genève, les communes sont premières : la politique culturelle. Et là, on est plus dans le "désenchevêtrement", mais dans le marchandage.

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vendredi, 08 avril 2016

Référendum contre la loi sur l'asile : Ni brun, ni rose : blanc ?

Balance-apothicaire-1850-avec-poids_2142.jpgComment dire "oui" à la loi sans dire "oui" à la politique qu'elle contient ? Et comment dire "non" à la loi sans que ce non ne fasse que compléter celui de l'UDC, qui ne refuse la loi que parce qu'elle en voudrait une pire encore : c'était, résumé, le dilemme en lequel mercredi soir les socialistes genevois se débattaient. Personne lors de l'assemblée générale du PS genevois n'a défendu la loi, dans son contenu. Et personne n'a ignoré non plus le risque qu'un "non" de gauche ne soit que l'appendice d'un "non" xénophobe. Ni rose Simonette, ni brun UDC, le PS genevois a décidé de se sortir de ce piège en appelant à voter blanc. Non pas à s'abstenir, mais à voter en ne votant ni pour une loi qui ne le mérite pas, ni pour un référendum qui le mérite encore moins.  Pendant la campagne référendaire, un "non" de gauche, pour les raisons exprimées notamment par Ueli Leuenberger, Nils de Dardel ou, lors de l'assemblée socialiste, Maurice Gardiol, est évidemment possible et légitime. Il ne faut que le rendre audible. Mais dans les urnes, le dimanche 5 juin, il n'y aura plus de "non" de gauche, il n'y aura que des "non " à une loi contre laquelle c'est l'UDC qui a lancé un référendum, pour le pire, pas la gauche, contre le pire. Malgré toutes les raisons que nous avions de le faire. C'est cette faiblesse, ou cette erreur, que nous payons aujourd'hui.

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17:34 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, droit d'asile | |  Facebook | | | |

lundi, 04 avril 2016

Loi sur l'asile : Pas de "front républicain"

Pina Bausch.jpgL'espèce de "front républicain", du grand patronat à la gauche révolutionnaire, qui a fait trébucher l'UDC le 28 février, lors de la votation sur son initiative de "mise en oeuvre" de l'expulsion automatique des "criminels étrangers", ne se reformera pas le 5 juin, pour sauver la révision de la loi sur l'asile, attaquée par un référendum de la même UDC. Un comité "unitaire" pour le "oui" a bien été formé, rassemblant tous les partis nationaux sauf l'UDC, et de grandes organisations de défense des droits humains en général et du droit d'asile en particulier (comme Amnesty International ou l'OSAR), mais ce comité aura peu de moyens, et va conduire une campagne fondée sur un appel au "pragmatisme" dont la force mobilisatrice reste à prouver. Enfin, la gauche est divisée : le PS va soutenir la loi proposée par le gouvernement, votée par ses parlementaires et portée par sa conseillère fédérale, les Verts vont en faire autant, mais un "non de gauche" s'exprime déjà, et va s'exprimer pendant toute la campagne.

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17:01 Publié dans Droits de l'Homme, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

jeudi, 31 mars 2016

Pompe à phynance genevoise : Les comptes sont bons, le budget est mort

pompe à phynance.jpg

Des comptes 2015 légèrement déficitaires (de 21 millions) alors que le Conseil d'Etat les annonçait calamiteux (avec un déficit de plus de 200 millions), une caisse de pension du personnel de l'Etat lourdement re-provisionnée, et pas de budget 2016 : la pompe à phynance genevoise fonctionne comme celle du Père Ubu : pataphysiquement. Certes, ne pas avoir de budget n'empêche pas l'Etat de fonctionner. D'ailleurs, en vingt ans, Genève s'est retrouvée six fois dans cette situation, et n'en est pas morte. Il vaut sans doute mieux se passer de budget que se faire imposer un budget inepte... Genève n'a pas de budget ? Elle s'en passera. Elle a un Conseil d'Etat ? Elle pourrait tout aussi bien s'en passer aussi. D'ailleurs, ne s'en passe-t-elle pas déjà ?

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16:08 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budgets publics | |  Facebook | | | |

mardi, 29 mars 2016

Révision de la loi sur l'asile : dilemme...

asile, droit d'asile, réfugiésQue faire d'une loi qui nous déplaît, combattue par qui nous déplaît plus encore ? C'est le dilemme de la gauche suisse face à la révision de la loi sur l'asile, combattue par l'UDC, mais soutenue par les villes, les cantons, le Conseil fédéral et la majorité du parlement, coalisés pour la promouvoir.  La dernière votation fédérale sur une question liée au droit d'asile date de trois ans et s'était soldée par une lourde défaite de la gauche : en juin 2013, plus des trois quarts des votantes et tants acceptaient des mesures urgentes que nous combattions. Cette année, c'est l'UDC et ses satellites qui combattent la révision proposée. Pour deux raisons principales : l'octroi d'une assistance juridique gratuite aux requérants, et la possibilité d'exproprier des particuliers ou des communes pour créer des centres d'accueil, si la situation l'exige (une possibilité qui cependant existe déjà, et n'a encore jamais été utilisée). Dire "oui" à une loi qu'en d'autres temps nous aurions reprouvée, ou "non" comme le disent des forces qu'en ce temps nous combattons et qui nous combattent ?

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17:31 Publié dans Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : asile, droit d'asile, réfugiés | |  Facebook | | | |