jeudi, 14 juillet 2011

Ah, ça ira, ça ira, ça ira... oui,. mais où ? et quand ?

Nous sommes le 14 juillet. Et, réflexe pavlovien de vieux gauchiste, on va évidemment vous parler, ici aussi, comme dans "Le Courrier" de ce matin, de révolution . On ne fait d'ailleurs plus, dans nos pays et nos villes qui en connurent quelques unes, qu'en parler. On pourrait vous parler d'autre chose, la date se prêtant pour nous à  bien des détours et à d'autres célébrations, mais c'est de quelque chose qui traîne dans nos armoires, dans nos histoires, dans nos familles et dans nos bibliothèques dont nous écrivons ici. Quelque chose qui a cela, et peut-être cela seul, en commun avec l'amour et avec la liberté, qu'on ne peut ni le faire ni en jouir seul.

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mardi, 12 juillet 2011

De l’égalité, de la légalité, du service public...

On aura touché la dernière limite de la perfectibilité, alors seulement que le droit du plus faible aura remplacé sur le trône le droit du plus fort

(Auguste Blanqui)

 

 

L’idéologie (le terme n’est pas en soi péjoratif, l’expression d’un refus de l’idéologie étant elle-même celle d’une idéologie) du service public, à laquelle la gauche adhère, quoi qu’il en soit de la sincérité de cette adhésion, apparaît désormais moins comme celle d’un service au public que comme celle du service de l’Etat « en soi ». Elle est moins une alternative à la conception bourgeoise de l’Etat que la perfection de son mensonge, et ce qu’elle habille d’un discours égalitaire une réalité fondamentalement inégalitaire. Le service public, comme service au public, ne peut en effet se fonder que sur l’absolue égalité des droits et devoirs de tous ses usagers, indépendamment de leurs moyens et situations, ce qui implique forcément la gratuité du service fourni. Cette égalité absolue est absolument contredite dans les faits par la double inégalité des ressources et du pouvoir, en sus de l’être politiquement par la recherche obsessionnelle des équilibres budgétaires. L’inégalité des ressources produit un dualisme social où s’ignorent, quand ils ne s’opposent pas, ceux qui ont les moyens de se passer du service public et ceux qui n'ont que par lui accès à des droits fondamentaux (l’éducation, les soins, la sécurité personnelle). L’inégalité du pouvoir (entre ceux qui en disposent et ceux qui le subissent) détermine quant à elle un accès différent, en qualité, en quantité et en vitesse, aux service publics, et d’abord aux informations nécessaire pour y accéder et en user.

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dimanche, 10 juillet 2011

La gauche doit aujourd’hui son échec à elle-même. La résignation au chômage, la coupure avec les milieux populaires, des pratiques trop éloignées de nos idéaux, voilà les raisons de notre affaissement. (Lionel Jospin... en 1993...),

La gauche doit aujourd’hui son échec à elle-même. La résignation au chômage, la coupure avec les milieux populaires, des pratiques trop éloignées de nos idéaux, voilà les raisons de notre affaissement.
(Lionel Jospin, en 1993, lors de sa démission de la direction du PS français)

Le déclin du socialisme européen s’est amorcé dans le moment même (le début des années ’80) de ses grandes victoires électorales en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Italie. La social-démocratie ayant remporté les batailles qui lui importaient le plus, elle perdait la guerre qu’elle aurait dû mener dans le temps même où elle investissait les palais présidentiels et gouvernementaux. Ce qu’elle gagna en poids institutionnel, elle le perdit en hégémonie culturelle et en légitimité sociale ; elle ne tarda guère à mener la même politique que celle qu’à sa place la droite aurait menée, et fit ainsi le contraire de ce pourquoi elle avait été élue.

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samedi, 09 juillet 2011

Un spectre hante la gauche européenne : celui de son impotence

Un spectre hante la gauche européenne : celui de son impotence. Pour conjurer ce spectre, les intellectuels organiques de cette gauche, et de chacune de ses composantes nationales, scandent depuis un quart de siècle les mots d’ordre de la « rénovation », du big bang ou de l’aggiornamento. Ces mots d’ordre ont un présupposé commun : il y a encore quelque chose à faire avec la gauche dans l’état où l’histoire nous la laisse. Ce présupposé, nous le récusons. Il y a certes « quelque chose à faire avec la gauche », mais pour en faire tout autre chose que ce qu’elle est devenue.

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vendredi, 08 juillet 2011

La sinistra in Europa non è da rinnovare, o da ricostruire, o da ripensare, o da ricomporre, ma da inventare. Radicalmente e dacapo. (Paolo Flores d'Arcais)

S’il fallait en un mot qualifier l’état de la gauche (1) politique en Europe, et plus précisément encore l’état de ses partis et organisations politiques, nous userions sans doute du mot « débilité », en son strict sens, qui désigne une faiblesse maladive.

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mercredi, 22 juin 2011

Institutions et citoyenneté : les termes d'un débat

En marge de la foirade constituante genevoise
Institutions et citoyenneté : les termes d'un débat


Nos institutions politiques nous viennent d'un temps qui, s'ils furent de naissance de la démocratie (ou plutôt : d'une certaine forme, tronquée, de démocratie) furent aussi ceux de la contention de la démocratie dans des limites qui ne furent pas fixées par les citoyens (et moins encore par les citoyennes), ou par les peuples, mais par les pouvoirs politiques eux-mêmes. Ces institutions (l'Etat et ses appareils, la nation et ses idéologies) sont d'une démocratie vieillie, partielle, amputée ; d'une démocratie fondée sur la nation par crainte du peuple, sur  le territoire par crainte de l'étranger et sur l'Etat par crainte des citoyens (et plus encore, sans doute, des citoyennes). Ces institutions sont de fermeture. A l'égard des étrangers, d'abord (les droits politiques restent pour l'essentiel le privilège d'un indigénat déterminé par la naissance et le territoire, ou l'octroi à bien plaire de la nationalité par naturalisation -il n'est d'ailleurs pas sans ironie que le même terme signifie l'octroi de la nationalité et la taxidermie des cadavres) ; à l'égard des jeunes et des femmes ensuite ; des marges sociales, culturelles et politiques, enfin. Et des pauvres, surtout, de ces  « classes dangereuses  » que par mille moyens l'on tenait éloignées de l'exercice des droits que l'on proclamait par ailleurs.

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mardi, 31 mai 2011

Mouvement des « Indignés » : Passer de l'indignation à l'insoumission

Parti d'Espagne, essaimant au Portugal, en Grèce, en France, en Belgique, le mouvement des « Indignés » aura samedi prochain 4 juin un prolongement en Suisse*, en reprenant la conclusion du manifeste espagnol : «  A la vue de cela, je suis indigné/e - Je crois que je peux le changer - Je crois que je peux aider - Je sais que, tous ensemble, on le peut - Sors avec nous. C'est ton droit ». Ce mouvement est, pour la gauche -toute la gauche- porteur d'espoir, parce qu'il est porteur de la critique de la gauche et de la dénonciation des renoncements du réformisme et des impuissances du révolutionnarisme. Ce qu'il fera de cette critique, et ce qu'il fera de sa force, dépendra de sa capacité à résister aux récupérations, et sa détermination à passer de l'indignation à l'insoumission.


* Berne : 14h00 Devant le parlement /  Genève : 14h00 Place Neuve /  Neuchâtel : 14h00 Sortie du funambule /  La Chaux-de-Fonds : 14h00 devant l'Espacitié /  Bienne, Fribourg, Lausanne, Sion, Zurich : 14h00 Lieux é préciser (surveillez facebook)

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vendredi, 27 mai 2011

Faire de la politique en riant de la politique qu'on fait...

Sus aux agélastes !

A quelques jours de re-prêter le serment rituel préludant à l'exercice d'un (modeste) mandat politique, et après moult réunions diverses et variées, mais dont la variété compense mal la récurrence, on se dit que, décidément, quelque chose manque cruellement à notre action politique, quelque chose que quelques une de nos grands ancêtres connaissaient, et pratiquaient, quelque chose qu'il nous semble avoir perdu en route sur les marches du pouvoir, ou de ses antichambres : la capacité d'introduire dans tous les fonctionnements sociaux, dans chacun et dans le moindre d'entre eux, l'élément de trouble qui non seulement le perturbera, mais permettra d'en rendre évident le caractère fondamentalement arbitraire. Cet élément, c'est le rire. Serions-nous tous devenus de ceux que Rabelais désignait sous le nom d'agélastes : ceux qui ne savent pas rire, et surtout pas d'eux-mêmes ?

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jeudi, 26 mai 2011

Fusion radicale-libérale à Genève : Marche nuptiale avec béquilles

Voilà, c'est fait, les deux vieux partis de la droite genevoise, les radicaux et les libéraux, ont décidé de fusionner. Il n'y a plus à Genève de libéraux et de radicaux, plus que des radelibes. Mais on peut tout dire de cette fusion, sauf qu'elle enthousiasme ceux-là même qui y appellaient -la plupart d'entre eux se contentant de s'y résigner. Une résignation massive : la fusion a été acceptée à des majorités écrasantes, dans les deux partis. Il est vrai qu'ils n'avaient guère le choix : le processus était si avancé, et le contexte politique si défavorable au statu quo, qu'on voit mal comment les deux époux plus que centenaires (on ne ricane pas : le PS n'est pas beaucoup plus jeune...) auraient pu repousser encore leurs noces, au risque que le plus mal en point des deux défunte avant la nuit de noce. Leurs épousailles en tout cas paraissent plus requises par leur état de santé que suscitées par leurs sentiments. La marche nuptiale a résonné, mais les époux marchent avec des béquilles.

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mercredi, 25 mai 2011

Débâcle électorale des socialistes espagnols : Le (juste) prix des renoncements

Les élections municipales et régionales espagnoles ont vu les socialistes (mais l'étaient-ils encore?) subir leur plus lourde défaite depuis le rétablissement de la démocratie, il y a bientôt quarante ans. Le PSOE a perdu les mairies de Barcelone (au profit des catalanistes), de Séville, de Saint-Jacques de Compostelle, de La Corogne, de Leon,  et presque toutes les régions qu'ils dirigaient : les Asturies, la Manche, l'Aragon, les Baléares, etc... Pour l'opposition de droite, c'est une victoire, mais une victoire par défaut : on a moins voté pour eux que contre le PSOE. Les deux grands partis espagnols totalisent désormais moins des deux tiers des votes, à peine plus du tiers en Catalogne, à peine plus du quart au Pays Basque, et le vainqueur des élections de dimanche ne doit sa victoire qu'à la démobilisation massive de l'électorat de gauche. Un électorat qui s'est sans doute plus retrouvé dans les campeurs  « indignés »  de la Puerta del Sol que dans les candidats aux élections, pour une défaite socialiste qui n'est finalement que le prix des renoncements socialistes.

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mercredi, 18 mai 2011

A propos de Dominique Strauss-Kahn (et de ceux qui lui ressemblent)


Sex addict ? Power addict !

Il paraît que Dominique Strauss-Kahn était un  « drogué du sexe», un   « sex addict ». Il était aussi un  « drogué du pouvoir », un  « power addict». Et cet homme qui était l'un des puissants de ce monde, sous nos yeux ne fut plus qu'une pauvre chose hagarde, blafarde, dans son costard de grand couturier réduit à l'apparence d'une fripe, muet entre deux flics paradant devant les caméras de télévision, muet encore devant un tribunal l'expédiant en prison, entre un dealer et un braqueur qui n'avaient ni l'un, ni l'autre les moyens d'offrir comme lui une caution d'un million de dollars pour ne pas être incarcéré.  Ces images à elles seules le carbonisent : coupable ou non, « DSK » est politiquement mort. Et pourtant, si la mise en scène policière et judiciaire de sa chute peut donner la nausée, on ne pleurera pas sur son sort, s'il s'est réellement rendu coupable de ce dont on l'accuse, et où le grotesque le dispute à l'odieux.

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mardi, 19 avril 2011

L' « Identité nationale », dernier masque du racisme ?

Détournement de nation

En France, où les Sarkozy, Besson, Hortefeux, Guéant voulaient en faire un thème de débat prioritaire, histoire de brouter sur les pâturages du Front National (ce qui n'a finalement engraissé que celui-ci) l' « identité nationale »  est devenue la dernière excuse de la xénophobie, une machine à désigner l'allogène comme ennemi de l'intérieur, et à trier les indigènes en bons et mauvais Français. Et la droite suisse, elle aussi à la traîne de l'extrême-droite, n'est pas loin de faire le même usage du même concept, tordu, battu et retordu dans tous les sens jusqu'à n'en plus prendre aucun. La nation, dressée par les révolutionnaires contre les identités religieuses et communautaires vaut pourtant bien mieux que l'usage qu'on est en train d'en faire, et qui la réduit à l'ethnie.

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mardi, 12 avril 2011

Triomphe de la Lega au Tessin : Essere incudine o martello ?

Avec le même discours, les mêmes recettes, les mêmes gesticulations (mais, il est vrai avec la trogne de sdf deBignasca et non le look de mercenaire de Stauffer, et surtout avec vingt ans d'activisme derrière elle), la Lega tessinoise a enfoncé le MCG genevois, frisé ce week-end les 30 % de suffrages, est devenue le premier parti de son canton, et a conquis au détriment des radelibes un deuxième siège au Conseil d'Etat. « Le phénomène de la Lega va au-delà de toute imagination », soupire, sur l'enclume, le président du PLR, Fulvio Pelli, pour qui « le Tessin va bien ». Le Tessin, peut-être, mais lequel ?  « Il faut être enclume ou marteau » : la Lega martèle depuis vingt ans... mais avec deux conseillers d'Etat bien sous tout rapports politiques, la Lega elle est désormais un parti gouvernemental de droite, comme les autres, partageant le bilan des autres. Tout le talent de Bignasca est d'avoir réussi à le faire oublier et à faire oublier que la Lega n'est pas seulement le marteau, mais aussi l'enclume...

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mardi, 05 avril 2011

Elections zurichoises et vaudoises : déroute du « centre-droit »

C'est rienka la faute aux Japonais

Les élections du week-end signent une nouvelle déroute du « centre-droit », à Zurich et dans le canton de Vaud. A Zurich, ce sont les Verts libéraux qui, en doublant leur représentation parlementaire, et le Parti bourgeois-démocratique, qui font figure de vainqueurs des élections cantonales, lourdement perdues par les radicaux-libéraux. Dans le canton de Vaud, les socialistes et les Verts progressent dans les exécutifs municipaux des villes, et là aussi, ce sont les radelibes qui reculent. Cependant, la gauche stagne dans les parlements municipaux, où l'UDC (en l'absence d'un équivalent vaudois du MCG) progresse. Explication des perdants : tout ça, c'est la faute à Fukushima. A y regarder de plus près, les retombées électorales suisses de l'accident nucléaire japonais ne sont pourtant pas si évidentes...

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jeudi, 31 mars 2011

Un projet socialiste : la révolution bourgeoise ?

Prendre le capitalisme à ses mots...

Il n'est pas impossible que les principes les plus fondamentaux d'un projet socialiste aient été, et soient, exprimés par quelques uns des textes par lesquels la bourgeoise a donné les justifications idéologiques de son ordre, les « droits de l'homme », les « droits des femmes », les « droits de l'enfant », les « droits sociaux et politiques »... Relisez-les, ces textes : aucun d'entre eux ne dit autre chose que l'impossibilité de le concrétiser autrement que par un bouleversement complet de l'ordre social et politique, et chacun d'entre eux exprime, pour le moins, une part du vieux projet révolutionnaire de réunification de l'homme réel et de l'homme potentiel, de l'individu et de ses rêves, de la personne et de ses droits. Nous pouvons prendre le capitalisme au piège de son propre discours, en le prenant à ses mots : on l'abolira plus sûrement en concrétisant les droits qu'il fait mine de proclamer qu'en niant la légitimité de ces droits au motif, même vérifié, de l'hypocrisie de ceux qui les proclament.

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mercredi, 23 février 2011

Pour en finir avec la gauche caviar : Rejoignez la gauche anchois !

gauche anchois.jpgLe PS et les Verts (et sans doute aussi la « gauche de la gauche ») réalisent des scores électoraux supérieurs à leur moyenne nationale auprès de groupes sociaux définis comme ceux des « spécialistes socioculturels » et techniques, et des scores inférieurs à leur moyenne nationale auprès des travailleurs de la production (la classe ouvrière traditionnelle), des services et des bureaux. Dans ces groupes sociaux, chez les retraités et même chez les jeunes,  l'UDC  est devenue le premier parti au plan suisse. En bref : l'UDC est devenue le parti de «  la Suisse d'en bas », des « petites gens », des « gens de peu », c'est-à-dire des couches sociales disposant de formation culturelle et professionnelle inférieure à la moyenne. Si vous en avez marre de voir des chômeurs élire les amis de ceux qui les ont licenciés, des locataires élire les copains ce ceux qui les tondent, des retraités élire ceux qui veulent les priver d'allocations, des femmes élire des gros cons qui veulent les renvoyer à la vaisselle et des jeunes voter pour des idées d'avant-hier,  et donc, si vous en avez jusque-là de la gauche caviar, rejoignez la gauche anchois !

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lundi, 31 janvier 2011

Financement des partis politiques et des campagnes électorales : Contraindre à la transparence ?

Il vaudrait mieux, sans doute, n'avoir nul  besoin de contraindre les partis politiques, et en particulier ceux de droite puisque ce sont ceux-ci qui y rechignent le plus, à la transparence de leur financement et de celui de leurs campagnes électorales... Les y inciter par l'exemple ? C'est ce que le PS de la Ville a fait vendredi, en publiant son budget de campagne, les autres partis ne pouvant décemment plus, en période électorale, se défiler (quoique certains aient tout de même trouvé quelques astuces pour sous-estimer leurs dépenses, et que d'autres aient carrément déclaré n'importe quoi -il est vrai que ceux-là nous y ont habitués). Le même soir, le Grand Conseil votait une loi sur le financement des partis politiques -mais une loi qui ne plafonne pas leurs dépenses électorales, et laisse donc faire la main invisible d'un « libre marché politique » qui, logiquement, transforme la démocratie en marchandise. Et une loi dans laquelle, au passage, on ne se refait pas, la droite a réussi à glisser un nouveau cadeau fiscal, aux sponsors de ses propres partis cette fois.

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vendredi, 14 janvier 2011

L'indignation, et après ?

Tunisie, Algérie, Egypte, Pakistan, Côte d'Ivoire... Suisse...
L'indignation, et après ?


Hier, nous reprenions de Stéphane Hessel le titre, impératif, de son petit opuscule :  « Indignez-vous ! ». Nous le reprenions en appelant à une manifestation de dénonciation du terrorisme, des épurations religieuses, de la répression des droits fondamentaux. La manifestation a eu lieu. Et l'indignation y a été plus étique qu'éthique. C'est que l'indignation, si elle est comme s'en souvient le Résistant que fut Hessel, « le moteur de la résistance », ne suffit pas à rendre possible le nécessaire -la résistance, précisément. Il faut à l'indignation autre chose et plus : l'insoumission, qui suppose une organisation. Sans l'insoumission, l'indignation n'est qu'une posture. Sans l'organisation, l'insoumission n'est qu'une élégance, sans autre fin que nous plaire à nous-mêmes, et qui ne plaira qu'à nous-mêmes. Mais sans rire ni aimer, que vaut l'organisation ?

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lundi, 03 janvier 2011

2011, année électorale (entre autres) : De la nécessité d'avoir les yeux plus gros que le ventre

On ne regrettera pas l'année grégorienne 2010, politiquement assez calamiteuse -en Suisse comme dans le reste de l'Europe. Qu'en sera-t-il de 2011, année électorale ? Municipales  à Genève et dans le canton de Vaud, puis, à l'automne, élections fédérales, et avant cela un test important à Genève : le vote, le 13 février, sur le retour de la vente des Indulgences dans la Cité de Calvin -autrement dit : l'amnistie fiscale proposée par la droite... Au fond, cela dépend de nous -cette année sera, politiquement, ce que nous serons capables d'en faire. On ne gagne jamais rien en n'ayant pour ambition que celle de ne pas perdre. Et à se résigner à admettre comme vérité révélée le résultat, toujours hasardeux, des petits calculs pré-électoraux, on ne se garantit, et ne mérite, jamais qu'un résultat : la défaite.

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jeudi, 16 décembre 2010

Berlusconi, ahimè !

Silvio Berlusconi reste chef du gouvernement italien. De justesse, et après avoir acheté, au sens le plus crapuleux du terme, les quelques députés d'opposition qu'il lui fallait. Mais si Berlu reste, c'est aussi faute d'alternative. Il y a certes une opposition politique en Italie, mais quelle alternative politique à Pinocchio ? La gauche ? celle qui veut rester telle et ne s'est pas « repositionnée au centre », c'est-à-dire nulle part, s'est révélée incapable d'unité, sans programme, sans direction -et accessoirement sans « leader ». La droite ? Qu'un Gianfranco Fini, venu des tréfonds du néo-facisme, soit aujourd'hui le seul qui puisse représenter une « solution de rechange » à Berlusconi dit bien en quelle situation se retrouve l'Italie.  Comme souvent, l'Italie a été initiatrice, précurseure*. Elle le fut souvent pour le meilleur, il lui est aussi arrivé de l'être pour le pire : le fascisme est de son invention. Et donc, la berlusconnerie aussi. Mais être initiatrice et précurseure n'implique nullement un monopole : l'Italie a inventé Berlusconi, mais il y a désormais des Berlusconi un peu partout.


*Les vieux codificateurs machistes de la langue française ne pouvant concevoir qu'une femme pût être « précurseur », ils ont décidé que cet adjectif ne pouvait être que masculin. « Précurseure » n'est donc pas français de leur français ? Tant pis pour eux.

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