vendredi, 02 septembre 2011

Au prétexte du naufrage annoncé de la Constituante genevoise

Le lien politique : adhésion ou contrat ?

Ce qui est en cause dans tout débat sur la réforme des institutions politiques, et ce que la Constituante genevoise, si elle avait fait son boulot, aurait du s'attacher à réformer,  est la nature du lien ou du contrat politiques, et l’identité de qui le tisse ou le conclut. Qui est le Souverain ? Sur quoi s’exerce sa souveraineté ? Le choix se fait entre l’adhésion et le contrat: l’adhésion qui se fait à ce qui déjà existe, et le contrat qui créée ce qui sans lui n’existerait pas et avant lui n’existait pas. De la nature de ce choix découle la nature du lien politique, le type d’institutions matérialisant ce lien, l’étendue des droits et des libertés des individus formant le corps politique.

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lundi, 22 août 2011

Crier d'abord pour pouvoir ensuite parler

Il nous a peut-être fallu, pour être entendus -à  supposer que nous souhaitions l'être- parler plus fort qu'il ne faudrait, et peut-être plus violemment -exprimer une pensée plus simplifiée que celle qui nous vient. Le murmure ambigu par lequel se dit le mieux l'état du monde, le projet de le changer et le contenu de ce changement, resterait inaudible, submergé par le bruit de la connerie marchande, s'il n'était introduit par le fracas d'un discours d'autant plus péremptoire que sa clarté sera faite du refus de l'apparente tolérance pluraliste du champ médiatique -tolérance apparente, puisque derrière cette polyphonie on retrouve toujours la même vieille ligne mélodique, monodique, qui fait office de critère de sélection de ce qui méritera d'être relaté, diffusé, et de ce qu'il conviendra de taire et de celer. Ce mouvement ne déplace aucune ligne, et surtout pas celle qui sépare les dominants des dominés, les compétents des exécutants, le pouvoir de ceux sur qui il s'exerce. Qu'on ne nous reproche pas d'être péremptoires : nous ne le sommes que pour pouvoir ne plus l'être une fois franchi le mur du silence qui enterre les pensées du changement. Dans ce monde, il faut d'abord crier, pour pouvoir ensuite parler.


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samedi, 20 août 2011

RECONSTRUIRE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE

La décomposition, plus lente que nous l'aurions souhaitée, des conceptions bureaucratiques et étatistes du socialisme, a laissé ces idéologies présentes, faisandées certes, mais encore consommables pour ceux que les fumets de moisissure mettent en appétit. Et là  où s'est, apparemment, effondré le « système soviétique » et ses succédanés, réapparaissent d'anciennes pestilences que le stalinisme avait gelées. Beaucoup crurent que l'internationalismeavait son camp dans celui du collectivisme d'Etat. La chute de ce dernier a rejeté ceux qui y voyaient autre chose que ce qu'il était dans les ténèbres intérieures du populisme nationalitaire -ainsi a-t-on vu, lu, entendu, d'anciens hérauts de la solidarité internationale se porter -rhétoriquement- au secours de Slobodan Milosevic ou de Saddam Hussein au nom de la défense de la souveraineté des Etats -il est vrai que les héritiers du « socialisme dans un seul pays » n'avaient qu'un chemin fort bref à  parcourir pour devenir les défenseurs du droit de n'importe quel potentat à  massacrer « son » peuple à  l'intérieur des frontières de « son » Etat.

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mercredi, 17 août 2011

Un peu de cohérence ne nous ferait pas de mal...

Nous devrions être de ceux pour qui il n'y a pas de plus grand honneur que celui de n'en mériter aucun qui soit décerné d'en haut. D'autres, qui parfois furent révolutionnaires, ou qui plus souvent se plurent à  en prendre la posture, attendent, et souvent reçoivent, de quelque pouvoir quelque reconnaissance : un titre, un poste, une médaille, une fonction, une rencontre, une prébende. Ces mondanités et ces échanges de bons procédés scellent plus sûrement que toute répression l'entrée dans le monde des maîtres de quelques uns qui voulurent, ou dirent, le combattre.

Les intellectuels de gauche ont cette faiblesse récurrente de vouloir être reconnus par leurs adversaires, mais aussi par tout pouvoir quel qu'il soit, et rien ne semble leur plaire davantage qu'en retour de leur fascination constante pour qui gouverne, le gouvernant leur accorde quelque attention. N'est-ce pas pour cette même raison, et en raison de cette même faiblesse, que si nombreux furent ceux d'entre eux qui se firent chantres ou admirateurs de quelque leader de quelque pays de la périphérie, dès lors que ce leader leur parut tenir entre ses mains quelque pouvoir ?

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lundi, 15 août 2011

LES MÉTHODES DU CHANGEMENT : « Tous les moyens, même légaux »

Ce qui, dans un groupe politique proclamant sa volonté d'agir pour un changement social, permet une communication réciproque, égalitaire, entre celles et ceux qui le composent, n'est ni une adhésion commune à  un projet politique commun, mais un commun refus individuel de ce qui est, une commune volonté individuelle de « changement » et une commune acceptation de la possibilité de contribuer à ce changement. Un tel groupe politique est d'abord l'ensemble des désirs individuels de changement ; l'organisation, quelle qu'elle soit, est un instrument entre les mains et pour les rêves de ceux qui la constituent ; elle n'a ni ne doit avoir sur eux aucune prise dont ils ne pourraient se déprendre. Le parti n'est pas au-dessus de ses militants, ni le syndicat de ses adhérents, ni l'organisation de ses membres. Il faut donc prendre l'organisation comme l'on prend un outil, et s'en déprendre comme l'on se dévêt. Il faut la prendre pour la part de légitimité qu'elle peut contenir, en sachant qu'elle n'en contiendra jamais qu'une part, et pour l'utilité qu'elle offre. Il faut la prendre sans s'en vouloir les chefs, ni accepter d'en être les instruments -et puisque nous refusons d'être chefs, juges ou flics, nous refusons aussi de notre propre organisation qu'elle nous dirige, nous juge et nous surveille. Pour nous, en somme, il n'est politiquement rien au-dessus de nous. Le réseau que nous pouvons former n'a ni direction, ni instance de jugement. On ne peut en être exclu, puisque l'on ne peut y adhérer, que l'on en est dès et tant que l'on souhaite en être, que l'on n'en est plus dès que l'on tente d'en prendre la tête.

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dimanche, 14 août 2011

« Notre mandat, nous ne le tenons que de nous-mêmes » (Lettre de Marx à Engels, 18 mai 1859)

La gauche, ici et maintenant, n'a nul besoin d'organisation politique nouvelle, supplémentaire ou se substituant à une organisation existante, ou l'élargissant, ou la gauchissant. Elle n'a nul besoin d'organiser une nouvelle pratique collective de prise du pouvoir ou de participation au pouvoir. Les organisations existantes suffisent à cet exercice, quoi qu'elles en fassent. Et si l'on devait définir ce qui nous manque, ce serait sans doute de quelque chose comme une  inorganisation politique  comptant sur le hasard, le désordre, le jeu et l'individualité pour subvertir l'ordre, les normes et la massification.
Il conviendrait enfin d'en finir à la fois avec la nostalgie de l'organisation de masse, tenue par ce caractère même à  fonctionner au consensus, ou de l'organisation d'avant-garde, vouée par son avant-gardisme même à  des pratiques de pouvoir et à  des autoproclamations autoritaires, et de se constituer en réseau, ou en conspiration, ne tenant comme les premiers socialistes notre mandat que de nous-mêmes, n'ayant de comptes à  rendre à  personne : ni à  des membres, ni à  des militants, ni à  des disciples, et jamais à  des chefs. Les militants attendent des résultats, les disciples des certitudes, les chefs de la discipline.

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vendredi, 12 août 2011

Pour en finir avec le "mouvement citoyen"

Depuis quelques années, la gauche politique emplit ses discours de la référence à  la « citoyenneté », au « mouvement citoyen », aux « actions citoyennes ». Le qualificatif même mesure le mouvement : il ne s'agit pas de changer de société, mais d'inclure dans la société existante celles et ceux qu'elle a rejetés, comme si, admettant qu'il n'y ait plus de révolutionnaires, il fallait se contenter de revendiquer qu'il n'y ait que des citoyens. C'est déjà mieux que des sujets -c'est encore moins que des insoumis.

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jeudi, 11 août 2011

Nos partis : qu'en faire ?

Contemplons ce qui constitue aujourd'hui (et depuis au moins deux décennies) la base sociale des partis de gauche en Europe,  socialistes et sociaux-démocrates, mais également d'une "gauche de la gauche" ayant elle-même réduit son rôle à  ne plus être que la mauvaise conscience d'une social-démocratie oublieuse d'elle-même, et désignons-la par son nom, cette base sociale : la petite bourgeoisie. Une base sociale de rentiers et de fonctionnaires, de cadres moyens et d'universitaires, d'hommes et de femmes aux niveaux de revenu, de fortune et de salaire supérieurs à  la moyenne nationale. Les jeunes, les salariés du secteur privé sont sous-représentés. Les personnes en situation précaires absentes. Les exclus, exclus. Qu'attendre d'une telle base ? Qu'elle redéfinisse le contrat social ? Mais le contrat actuel est le sien, et sa redéfinition dans un sens socialiste, répondant aux attentes du mouvement social de contestation de l'ordre des choses et aux besoins des couches et de la classe dominées de la société, ne pourrait se faire qu'au détriment des intérêts, des situations, des acquis de cette petite bourgeoise, progressiste in pectore et conservatrice (quand elle n'est pas réactionnaire) in facto., et trop soucieuse de paraître ce qu'elle voudrait être et qu'elle n'est pas pour risquer d'en perdre même la possibilité.

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mercredi, 10 août 2011

QUELS INSTRUMENTS DU CHANGEMENT ?

De l'histoire des révoltes, nous ne pouvons que retirer la conviction que tout mouvement d'opposition radicale à  l'ordre des choses est condamné, s'il est victorieux, à  devenir lui-même le garant d'un ordre qu'il défendra contre une nouvelle opposition, par les mêmes moyens (ou des moyens pires encore) dont il fut fait usage contre lui ; s'il n'est que partiellement victorieux, à  se réduire progressivement en une opposition réformiste, intégrée à  ce qu'elle projette de réformer ; s'il échoue, à  se muer en un corporatisme défensif, ou en un désespoir suicidaire. Ainsi, toute opposition radicale victorieuse devient le pouvoir auquel les forces révolutionnaires auront à  s'affronter ; toute opposition partiellement victorieuse, une part de ce pouvoir, et donc de l'objet de la révolution ; toute opposition radicale défaite, une scorie pesant sur le mouvement révolutionnaire. Nous avons donc à  être bien plus qu'une opposition à  l'ordre des choses : sa négation même.

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mardi, 09 août 2011

« Jusqu'à présent, les révolutionnaire n'ont fait que prendre le pouvoir; il s'agit maintenant de s'en déprendre»

Depuis la victoire de la révolution bourgeoise, plus aucune révolution n'a vaincu. C'est que la mesure même de la victoire ou de la défaite de la révolution a changé : il s'agissait en 1789 de renverser le pouvoir d'une classe, et les institutions qui matérialisaient ce pouvoir, pour lui substituer le pouvoir d'une autre classe, avec les institutions le matérialisant. Mais il ne s'agirait plus désormais pour une révolution aujourd'hui de substituer une classe à  une autre, d'installer un pouvoir à  la place d'un autre, mais d'abolir les classes, et de se passer des pouvoirs.C'est dire que, quelque discours que l'on tienne encore sur la révolution, il n'y a plus guère de mouvement révolutionnaire pour en faire autre chose qu'une nostalgie ou un rêve. Car ne peut être révolutionnaire qu'un mouvement qui se donnerait pour but l'abolition de l'Etat, du salariat et de la propriété privée, et traduirait cette volonté en actes, une organisation et une volonté qui refuserait la parcellisation de la critique, la division du travail politique, la médiation et la représentation de la volonté de changement. Autant dire que le révolutionnarisme, de nos jours, dans nos lieux, n'est plus guère qu'une posture...

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lundi, 08 août 2011

Groupons-nous et demain, l'Inteeernationa-a-a-a-le sera le genre humain...

Il n'y a pas de réponse nationale à  la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à  la révolution industrielle : le repli à  l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. La critique de la globalisation capitaliste ne doit pas nous faire oublier que le mouvement socialiste a toujours eu pour projet le dépassement des limites nationales, et a dès l'origine rendu hommage au caractère révolutionnaire du capitalisme.

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samedi, 06 août 2011

Un projet sans action n'est qu'un rêve. Une action sans projet n'est qu'un spasme.

Notre projet est d'abord un refus -le refus de la délégation. Ce refus implique le refus de l'autorité, de la spécialisation, de la hiérarchie ; le refus de l'Etat, du salariat, de l'appropriation privée ; le refus des dieux et des maîtres. C'est déjà  autre chose et c'est déjà  bien plus que n'en proposent les progressismes encore en état de proposer quelque chose, et qui, comme tout le monde, sont pour la paix, contre la guerre ; comme tout le monde, préfèrent la bonne bouffe à  la malbouffe ; comme tout le monde, veulent abolir la misère et amener la prospérité. Programmes de ventres pleins et de digestions paisibles.

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mercredi, 03 août 2011

Les lieux et les temps changent...

Les lieux et les temps de production prennent des formes nouvelles, chacune de ces formes nouvelles devenant terrain nouveau de lutte, et produisant des formes nouvelles, ou redécouvrant des formes anciennes, de lutte. Le temps de production a dévoré le lieu de production, et s'y est substitué comme critère déterminant des rapports de production, et des choix économiques des forces de production.

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mardi, 02 août 2011

Abolir la propriété privée ? Et si c'était déjà fait ?

Revenons-en à Proudhon (et, avant lui, à Rousseau) : la propriété, c'est toujours le vol, puisque être propriétaire c'est toujours exclure autrui du droit de jouir de ce dont on revendique la propriété. Dans le même temps où le droit de propriété est garanti, l'exclusion de la jouissance des droits fondamentaux est donc proclamée, et la propriété n'est plus seulement pour le propriétaire la propriété de ce dont il s'affirme propriétaire, mais aussi -et surtout- la propriété des droits des non-propriétaires, c'est-à-dire, enfin, la propriété des non-propriétaires eux-mêmes, comme personnes, comme individus. Le vieux rapport d'esclavage n'a donc pas été aboli : il n'a été que transformé : Si l'on ne possède plus (ou pas encore à nouveau) formellement les corps, on possède encore l'espace et le temps en lesquels ils se meuvent et vivent. Mais cette possession est la seule qui compte encore : le développement même du capitalisme tend à rendre obsolète la propriété privée des biens. S'approprier des biens ralentit désormais le processus d'appropriation du temps et de l'espace, c'est-à-dire des vies, et c'est moins la possession que la disposition de ces biens qui importe. A quoi bon d'ailleurs acquérir un bien qui dans le mois qui suit sera dépassé par le « progrès technologique » ? Disposer de ce bien sans le posséder évite au moins d'avoir à s'en débarrasser. Restent donc le temps et l'espace, non renouvelables, dont la possession est pouvoir pur. Quant aux biens marchands, ils peuvent être laissés à la possession des classes moyennes et à la convoitise des classes pauvres : ils enchaînent les premières (qui s'y prêtent volontiers) aux normes sociales que ces biens matérialisent, et les secondes à l'espoir -le seul que leur laisse le système- d'accéder à l'heureuse médiocrité du petit bourgeois.

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dimanche, 31 juillet 2011

A propos du salariat (et de la prostitution)

Changer la vie reste notre ambition -une ambition plus haute que celle, bien commune, de changer de mode de vie. Changer la vie, c'est changer le contenu de la vie -ce qui ne peut sans trahison se réduire à en changer l'emploi. Or la vie du plus grand nombre est scandée par le travail salarié -le salariat étant non le paiement du travail mais celui du temps passé au pouvoir de qui fait travailler. Changer la vie n'est donc possible que si l'on admet comme nécessaire l'abolition du salariat.

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samedi, 30 juillet 2011

L'Etat : qu'en faire ?

Toute violence a besoin pour se soutenir d'une force supérieure à celle qui veut la renverser. Aussi les tyrans qui ont le peuple pour ami et les grands pour ennemis ont une autorité bien plus solidement assise que ceux qui ne sont appuyés que par les grands

(Machiavel)

La plupart des mouvements révolutionnaires du XIXème et du XXème siècle ont en commun cette défaite, d'avoir abouti à l'Etat -à la prise du pouvoir d'Etat, et à son renforcement. Or il n'y a pas d'Etat révolutionnaire concevable, et la submersion de la révolution par la volonté de pouvoir d'Etat signe toujours la défaite de la révolution. L'Etat ne peut jamais, nulle part, être détenteur d'un projet révolutionnaire. Il est toujours, partout, détenteur d'un projet conservateur par définition : celui de sa propre survie.

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vendredi, 29 juillet 2011

Rapports de classes : retour de la plèbe ?

Nous n'attendons plus que revienne le vieux prolétariat. Nous ne croyons pas aux fantômes. Mais ce qui ne peut revenir peut néanmoins renaître, sans doute sous une autre forme, mais de la même matrice. Le capitalisme qui a produit le prolétariat, produit aujourd'hui la classe historique, dont le nom nous importe peu, et que l'on peut si l'on y tient désigner comme la vieille plèbe, formée de toutes celles et de tous ceux qui ne décident pas de leur propre vie. C'est cette classe, qui va des salariés exécutants aux exclus, qui dit aujourd'hui la possibilité de la société sans classe -sa nécessité ne faisant doute que pour ceux, et désormais celles, qui n'ont jamais socialement vécu que de la division en classes.

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jeudi, 28 juillet 2011

Quelle alternative ?

Au capitalisme réellement existant (et réellement existant aujourd'hui, non à celui ayant existé il y a un siècle), quel socialisme réellement possible la gauche révolutionnaire oppose-t-elle ? La social-démocratie s'arc-boute sur sa volonté de socialiser le capitalisme pour en raboter les aspérités les plus blessantes, ou à défaut les dissimuler sous le vernis de l'Etat social ; ce qu'il reste du mouvement communiste bascule peu à peu dans une nostalgie rigoureusement réactionnaire, mâtinée de corporatisme (en direction et à partir de la fonction publique, mais aussi des petits rentiers). Qu'y a-t-il de socialiste dans tout cela ? Rien, strictement rien. Mais il y a tout du socialisme possible dans les possibilités même du capitalisme : l'affranchissement du travail, le dépérissement de l'Etat, la socialisation de la propriété privée, le primat de la culture sur l'économie (puisque le capitalisme lui-même impose désormais le primat de l'information sur la propriété).

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mercredi, 27 juillet 2011

La mondialisation : le risque et la chance

La mondialisation que dénonce à l'envi la "gauche de la gauche" n'est rien d'autre que l'extension à l'ensemble de la planète d'activités, de normes et de processus de décisions auparavant limités à un espace géographique et social précis. En tant que telle, la mondialisation est non seulement dans la logique du capitalisme, mais elle est même constitutive de sa capacité à s'imposer, en levant les obstacles nationaux à la circulation du capital. La mondialisation est la condition même de la pérennité du capitalisme. Mais en même temps, elle le change : il n'est désormais plus nécessaire de transférer réellement des capitaux existants d'un pays, d'un espace ou d'un acteur économique à un autre pour opérer un échange financier, ni d'investir un capital dans une activité productive pour en tirer profit, mais il suffit désormais de transmettre une information douteuse sur un capital hypothétique pour qu'un capital réel soit constitué quelque part, et un travail réel dissout ailleurs. La mondialisation capitaliste aboutit à une économie de casino où le profit ne naît plus de l'investissement productif mais du jeu spéculatif, et où l'on gagne plus en supprimant des emplois qu'en en créant.

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mardi, 26 juillet 2011

A propos du mode de production collectiviste d'Etat

« (...) dans l'intérêt d'une juste répartition de la terre nous avons de propos délibéré laissé mourir en une seule année environ 5 millions de paysans avec leurs familles. Nous avons poussé si loin la logique dans la libération des êtres humains des entraves de l'exploitation industrielle, que nous avons envoyé environ dix millions de personnes aux travaux forcés dans les régions arctiques et dans les forêts orientales, dans des conditions analogues à celles des galériens de l'Antiquité. Nous avons poussé si loin la logique que, pour régler une divergence d'opinions nous ne connaissons qu'un seul argument : la mort (...) Nos ingénieurs travaillent avec l'idée constamment présente à l'esprit que toute erreur de calcul peut les conduire en prison ou à l'échafaud ; les hauts fonctionnaires de l'administration ruinent et tuent leurs subordonnés, parce qu'ils savent qu'ils seront rendus responsables de la moindre inadvertance et seront eux-mêmes tués ; nos poètes règlent leurs discussions sur des questions de style en se dénonçant mutuellement à la Police secrète (...). Agissant logiquement dans l'intérêt des générations à venir, nous avons imposé de si terribles privations à la présente génération que la durée moyenne de son existence est raccourcie du quart. Afin de défendre l'existence du pays, nous devons prendre des mesures (...) en tout point contraires aux buts de la Révolution. Le niveau de vie du peuple est inférieur à ce qu'il était avant la Révolution, les conditions de travail sont plus dures, la discipline est plus inhumaine, la corvée du travail aux pièces pire que dans les colonies où l'on emploie des coolies indigènes ; nous avons ramené à douze ans la limite d'âge pour la peine capitale ; nos lois sexuelles sont plus étroites d'esprit que celles de l'Angleterre, notre culte du Chef plus byzantin que dans les dictatures réactionnaires. Notre presse et nos écoles cultivent le chauvinisme, le militarisme, le dogmatisme, le conformisme et l'ignorance. Le pouvoir arbitraire du gouvernement est illimité, et reste sans exemple dans l'histoire ; les libertés de la presse, d'opinion et de mouvement ont totalement disparu, comme si la Déclaration des Droits de l'Homme n'avait jamais existé. Nous avons édifié le plus gigantesque appareil policier, dans lequel les mouchards sont devenus une institution nationale, et nous l'avons doté du système le plus raffiné et le plus scientifique de tortures mentales et physiques. Nous menons à coups de fouet les masses gémissantes vers un bonheur futur et théorique que nous sommes les seuls à entrevoir »

Arthur Koestler (Le Zéro et l'Infini, chapitre VIII)

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