lundi, 25 novembre 2013

Genève : S'attaquer au budget municipal pour s'attaquer à la commune

En attendant de pouvoir réaliser son vieux rêve de suppression de la commune, la droite municipale genevoise s'attaque donc à son budget. Et dans son budget, à ce qui manifeste la présence de la municipalité auprès de la population, pour un peu plus que ce qu'on a hérité du moyen-âge. La fermeture proposée des lieux de participation et d'échanges démocratiques et d'un service produisant une expertise indispensable à la mise en oeuvre d'une politique concrète d'intégration, est une sorte de premier pas : c'est toute la politique sociale, avant sans doute de s'en (re)prendre à sa politique culturelle, de la Ville de qui est ciblée, afin que de l'action de la commune ne reste plus que celle de la police municipale et des pompiers, la première étant supplétive de la police cantonale et les seconds intervenant dans tout le canton. On en reviendrait ainsi à une conception médiévale de l'action publique, réduite au maintien de l'ordre et de la sécurité physique de lade la population dont on aura auparavant décidé qu'elle seule avait droit à la sécurité. En somme, la municipalité dont rêve la droite genevoise est une Municipalité réduite au Guet et aux Chasse-Gueux.

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samedi, 23 novembre 2013

NON aux coupes dans le budget 2014 de la Ville de Genève

Manif Ville.jpg

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jeudi, 21 novembre 2013

Naturalisations : on remet le couvert

nationalité, naturalisationCent fois sur le métier...

Bon, c'est vrai, on l'avoue : on est d'un naturel assez obstiné. Dans le fond. Et prêt à cent fois sur le métier remettre l'ouvrage, pourvu que le métier nous soit accessible et que l'ouvrage nous paraisse le mériter. Le métier, en l’occurrence, c'est le Conseil Municipal où nous sévissons. Et l'ouvrage, c'est l'étape municipale de la procédure de naturalisation des étrangers (ou plutôt, pour l'extrême-droite, de taxidermie des métèques). Une étape que nous voulons raccourcir, purger de son arbitraire, libérer de ses parasites. Bref, on a redéposé hier une nouvelle proposition de suppression de la commission municipale des naturalisations, agrémentée d'une proposition de délégation formelle à l'exécutif municipal de la compétence de préaviser au nom de la commune sur les dossiers de naturalisation. C'est cette proposition qu'on soumet à votre sagacité -ce qui ne mange pas de pain, puisqu'elle est déjà déposée. Après tout, vous n'en manquez certainement pas plus que nous, de sagacité, tout élus du peuple que nous nous croyons. Et comme on sent qu'on commence à vous lasser avec ce sujet, c'est promis, dès demain, on vous parlera d'autre chose.

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mercredi, 20 novembre 2013

Vente de Naxoo ä Cablecom : le référendum provoque un « plan social »...

Peut (beaucoup) mieux faire...

Nous avions soutenu le référendum lancé contre la décision du Conseil Municipal de la Ville de Genève d'accepter la vente des actions détenues par la Ville dans le réseau Télégenève SA (Naxoo) à UPC Cablecomm. Nous refusions et refusons toujours,  l'autorisation donnée à UPC Cablecom de licencier jusqu'à 10% des employés de Naxoo par année pendant 5 ans, ainsi que la liberté totale de licencier après ce délai. Nous dénoncions également le refus d'UPC Cablecom de signer toute convention collective de travail. Ces jours, un accord passé entre l'acheteur (UPC Cablecom), le vendeur (la Ville de Genève), le personnel et la société Télégenève, semble répondre à quelques unes (quelques unes, seulement) des raisons que nous avions de soutenir le référendum lancé contre la vente de Naxoo. Le référendum n'est d'ailleurs certainement pas pour rien dans la signature de l'accord - mais un accord encore insuffisant pour nous convaincre d'accepter la vente des actions municipales dans le téléréseau municipal. 

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mardi, 19 novembre 2013

Coupes budgétaires (même dans un budget équilibré...) : Mobilisations !

A La Chaux de Fonds, samedi, 600 manifestants, rassemblés pour dénoncer les mesures d'« austérité »  adoptées par le gouvernement (de gauche) pour équilibrer le budget, ont conspué le président (socialiste) du Conseil d'Etat. A Genève, la droite municipale a fait proposer par la commission des finances des mesures qui ne sont même pas d'«austérité », mais de pur élagage, sans même l'explication, ou l'alibi, d'un déficit budgétaire à effacer, puisque le budget attaqué était équilibré. Lundi prochain, 25 novembre, à 16 heures devant l'Hôtel-de-Ville, un rassemblement  devrait se tenir à l'appel, de la gauche, des syndicats, de la commission du personnel de la Ville et des associations visées par les coupes budgétaires proposées par la droite en Ville de Genève, pour lui dire son fait, à la droite municipale. Et c'est une bonne date pour cela, le 25 novembre  : dans le calendrier républicain, c'est le 5 Frimaire, jour du cochon.... celui qui ne veut pas se laisser saigner...

Au parlement municipal, dans la rue... et dans les urnes ?

A l'exception de Bâle, qui n'a pas de municipalité, et de Genève, dont la Municipalité a présenté un projet de budget équilibré (et même bénéficiaire, d'un poil, mais suffisamment gratteur, le poil, pour déchaîner les pulsions épilatrices), toutes les « grandes villes » de Suisse prévoient des déficits budgétaires pour 2014 : Lausanne prévoit un déficit de 31,4 millions, Zurich de 231,6 millions, Berne de 1,7 million, Winterthur de 1,3 million (malgré une hausse de l'impôt municipal), Saint-Gall de 5,2 millions... En 2014, la majorité des villes suisses, grandes, moyennes ou petites présenteront des budgets déficitaires. Et toujours pour les mêmes raisons : le report de charges cantonales sur les communes, la réduction ou le plafonnement des ressources fiscales à force de cadeaux faits (et projetés, telle l'abaissement à 15 % de l'imposition cantonale des bénéfices des entreprises) aux hauts revenus, grosses fortunes et entreprises multinationales, et l’accroissement des charges, en particulier dans le domaine de l'action et de la solidarité sociales.
Les centres urbains dépensent entre 1000 et 2000 francs de plus par habitant que les communes périphériques. Et pas parce qu'ils ont envie de dépenser, ou qu'ils sont saisis d'une pulsion somptuaire irrépressible : parce que dans leur champ de compétence politiques, deux domaines sont « surinflationnistes » : la culture et la solidarité sociale.-les villes concentrent en effet les institutions culturelles publiques, et les populations les plus fragiles : personnes âgées, chômeurs, clandestins, marginaux, personnes sans domicile fixe... La raison des déficits des villes, elle est là : pas dans une « mauvaise gestion », mais dans un surcroît de charges que les cantons et la Confédération sont bien aises de reporter sur les communes et, d'entre elles, celles qui ont la «surface» financière et démographiquie suffisante pour qu'on les suppose capables d'absorber ces charges. Et de fait, elles sont parfaitement capables d'absorber des déficits, c'est-à-dire de les réduire pour peu qu'on leur en laisse le temps et les moyens.

Des « grandes villes » suisses, Genève est donc la seule municipalité à avoir réussi à présenter un projet de budget équilibré, sans hausses d'impôts ni réduction de prestations. La droite municipale, qui n'avait cessé de couiner pendant des mois qu'elle refuserait tout budget déficitaire s'est ainsi retrouvée devant un projet de budget qu'elle n'avait plus aucune raison de refuser. Plus aucune, ou presque. Plus aucune, sauf une : l'urgent besoin de faire savoir qu'elle existe. Et qu'elle arrive, si elle s'unit du PDC au MCG à être majoritaire en commission. Alors, pour se sentir exister et faire sentir au bon peuple qu'elle existe, elle propose n'importe quoi, sans tenir aucun compte des besoins, ni même des logiques budgétaires : suppression des Unités d’action communautaire (UAC) et de l’« Agenda 21 »  (le service mettant en oeuvre la politique municipale de cohésion sociale, de développement durable et de lutte contre les discriminations). A quoi s'ajouteraient des réductions dans toutes les lignes budgétaires finançant le fonctionnement même des services publics et de l'administration municipales. Tout cela sans aucune raison raisonnable, pas même pour dégager un excédent de recettes utilisables.
Contre un budget municipal qui ressemblerait à celui que la droitunie genevoise propose, une mobilisation s'impose. Elle passera par le travail que la gauche fera au Conseil Municipal, mais elle devra aussi s'appuyer sur une mobilisation dans la population et dans les services publics menacés de perdre des moyens (matériels et humains) indispensables à leur action, quand ils ne sont pas menacés de suppression pure et simple. Et puis, finalement, si ce travail et cette mobilisation ne suffisent pas, on en appellera « au peuple », puisqu'on en a la possibilité (en effet, si un référendum est exclu par l'art. 78 de la constitution contre le budget communal pris dans son ensemble, il est possible « contre les dispositions budgétaires qui introduisent une recette ou une dépense nouvelle ou qui modifient le taux d'un impôt ou le montant d'une dépense de l'exercice précédent ». Et on serait précisément dans ce cas là...

Au parlement municipal, dans la rue et, éventuellement, dans les urnes, c'est donc un vrai débat qui s'annonce, sur ce que signifie un budget public, et un vrai choix politique qui sanctionnera ce vrai débat. Car il faut bien le dire clairement : mieux vaut pas de budget du tout qu'un budget aussi foireux que celui que nous propose l'attelage de la droite et de l'extrême-droite municipales genevoises.

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lundi, 18 novembre 2013

Zavez pas encore voté ? Zavez tort ! On est Jour 1:12 - 6

salaires, votation, 1:12Comment ça, « j'ai pas encore voté...» ? Zattendez quoi ? Que les syndicats patronaux aient voté à votre place ? Secouez-vous, il ne vous reste que six jours pour voter en faveur de la réduction des inégalités salariales : le sort de l'initiative « 1:12 » de la Jeunesse Socialiste, qui propose de réduire au dodécuple l'écart, dans chaque entreprise, entre le plus bas et le plus haut salaire, sera jeté le 24 novembre. L'initiative, soutenue par toute la gauche politique et syndicale et par des personnalités telles que l'ancien économiste en chef de la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement), Heiner Flassbeck, est combattue par toute la droite (et l'extrême-droite, cela devrait aller sans dire...), y compris le héros des petits actionnaires Thomas Minder, qui n'en avoue pas moins avoir pour elle de la « sympathie ». Ce qui ne mange pas de pain. Ni de brioche. 

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samedi, 16 novembre 2013

Projet de budget 2014 de la Ville de Genève (suite, et certainement pas fin)

On a oublié, vendredi, dans nos vitupérations contre les âneries budgétaires de la droite municipale, que celle-ci ne proposait pas seulement de supprimer le service "Agenda 21" et de virer une trentaine de travailleurs sociaux, mais aussi de couper dans toutes les "lignes 31" finançant le fonctionnement même de l'administration municipale. Or dans le seul domaine de la culture et du sport, ces coupes provoqueraient de gros dégâts : dans l'organisation des manifestations culturelles (Fête de la Musique, Nuit des Musées, Musiques en été, etc) et sportives (Urban Geneva, Jeux de Genève, VTT Trial, etc.), dans l'animation dans les bibliothèques municipales et leurs possibilités d'acquisition, dans la capacité d'entretien du matériel sportif courant, dans les possibilités d'expositions temporaires dans les musées etc... Mais bon, hein, tout ça, c'est de la culture (et un peu de sport), et on sait bien que la culture, c'est un truc de gauche... acheter des livres pour les bibliothèques, pis quoi encore ? Apprendre à lire ? Pis après, les gens, ils vont lire des trucs même pas écrits par des gens de chez nous ? ou des naturalisés genre Haldas ?

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vendredi, 15 novembre 2013

Gauche et droite genevoises, le retour...

Trois blocs ? Non : deux...

En commission des finances du Conseil Municipal de la Ville de Genève, la droite, toute la droite, a sorti son boulier et son sabre, et proposé de supprimer un service entier, 45 postes de travail, un fonds, une ligne budgétaire (au moins), sans autre motif, et moins encore de raison, que de montrer qu'elle peut être majoritaire, même en Ville. On n'y croyait pas vraiment, mais on avait contribué, par paresse intellectuelle, à la colporter, cette image d'un champ politique genevois partagé entre trois blocs reproduisant chacun les alliances électorales de cet automne : une gauche, une droite et une extrême-droite.  L'exercice auquel vient de se livrer la droite municipale unie, du PDC au MCG, fait de cette image une illusion d'optique. Il n'y a pas «  trois blocs« » à Genève, il n'y en a toujours que deux. La gauche et la droite. Rien au milieu, rien ailleurs. Pas de « centre », pas de « ni de gauche, ni de droite », mais une droite de laquelle l'extrême-droite n'est pas exclue.
Et dont elle conduit même le char à bœufs.

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jeudi, 14 novembre 2013

Autour de l'anarcho-syndicalisme...

Ploum, ploum, tralala...

Lundi 25 novembre, le Collège du Travail et la Conférence Universitaire des Associations d'Etudiants organisent*, avec l'Association pour l'étude de l'histoire du mouvement ouvrier, le Centre international de recherche sur l'anarchisme et l'Ecole syndicale d'Unia, une rencontre autour de Lucien Tronchet et de ses combats, syndicaux mais aussi politiques. Et du 14 au 17 novembre, à Saint Imier, se tiendront à l'Espace Noir des « journées de l'anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire » (www.espacenoir.ch). Mais d'où, de si loin, nous revient donc l'anarcho-syndicalisme ?
 *Uni Mail, de 19 heures à 22 heures 30, salle M R040.

anarchisme, anarcho-syndicalisme, Tronchet

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mardi, 12 novembre 2013

Votes de la Ville, des villes et de la « campagne » : « Zonage » politique

En survolant les résultats détaillés de l'élection genevoise d'avant-hier, on constate la reproductions des différences habituelles entre le vote de la ville-centre, celui des villes périphériques et celui des communes « rurbaines » (celles qui furent rurales et ne le sont plus). Ainsi, la Ville aurait élu les trois candidats de gauche et n'aurait pas élu le candidat MCG, qui a fait un meilleur résultat dans la couronne urbaine et dans la « campagne » qu'en Ville. Rien de nouveau sous le soleil politique, à Genève : la Ville vote plus à gauche que le canton, les « grandes communes » (les autres villes) évoluent vers un bipartisme PS-MCG, et la « campagne » est à la droite bourgeoise (l'« Entente »). Mais au-delà de ces différences de prononcement politique selon le lieu d'habitat, de ce «zonage politique», l'épisode permet de se (re)poser la question de la place politique des villes dans ce pays, et même dans ce canton profondément urbain (jusqu'à ce qu'on considère comme sa « campagne »)...

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lundi, 11 novembre 2013

Election du gouvernement genevois : Bon, et maintenant, on fait quoi ?

A 14 heures, hier, la girouette était encore au pied de la Tour Baudet. A 15 heures, elle était placée sur la tour. A 17 heures, elle y restait (malgré le vote de la Ville). L'Alternative perd donc un siège (vert) au gouvernement genevois, et le MCG y entre. Enfin, le MCG... disons un candidat ayant, après avoir tâté des libéraux et des démocrate-chrétiens, jeté son dévolu sur le marchepied MCG pour se faire élire. Au fond, n'était la charge symbolique de l'élection ou non au gouvernement cantonal d'un candidat présenté par le MCG, il importait peu que Poggia soit élu ou non, sauf s'il était en position de « faire la majorité » entre trois ministres de l'Entente et trois ministres de l'Alternative. Tel ne sera pas le cas, pour 1300 voix. De toute façon, il n'y a pour aucun Conseil d'Etat de majorité stable, ni au parlement, ni dans l'électorat. L'Entente majoritaire au gouvernement (en ayant sacrifié Isabel Rochat) ne l'est ni au parlement, ni dans l'électorat. D'ailleurs, aucune des alliances en concurrence ne l'est, majoritaire, chacune pesant en gros un tiers des suffrages et des sièges parlementaires, et ne pouvant constituer une majorité qu'en se coalisant avec une autre alliance, contre la troisième...
Bon, là, on en a pris pour cinq ans. On en fera quoi, de ces cinq ans ?

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vendredi, 08 novembre 2013

« Se souvenir et agir » : D'un 9 novembre l'autre...

9 novembre.jpgLe 9 novembre 1932, alors que l'extrême-droite genevoise tenait meeting sous la forme d'une parodie de procès intenté aux dirigeants du Parti socialiste, une contre-manifestation de gauche, unitaire, rassemblant socialistes, communistes, anarchistes, se faisait mitrailler par notre glorieuse armée fédérale, appelée là où elle n'avait rien à faire par un Conseil d'Etat (de droite) aux abois et semblant s'être persuadé (ou voulant le faire croire) que les socialistes allaient tenter une révolution et le renverser. Bilan de la fusillade : 13 morts dans les rangs des manifestants et des passants. «Nous avons un devoir de mémoire», dit le comité qui appelle, comme chaque année, à se souvenir de ce massacre. A « se souvenir et agir », quand d'un ventre encore fécond sourdent d'inquiétants gargouillis...

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08:23 Publié dans Genève, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 07 novembre 2013

« Garantir le bonheur du peuple » ?

Plus haut que possible...

Prendre du champ, respirer, même un air venu d'il y a plus de deux siècles mais resté bien plus frais que celui que nous inhalons, ici et maintenant : entre deux échauffourées politiques locales, on est tombé sur, et on s'est plongés dans, un petit recueil de textes de Saint-Just (autour des rapports et décrets de ventôse, sur les institutions républicaines).  Des textes qui tous, la proclamant ou l'ayant constamment en arrière-pensée, expriment cette ambition plus haute que le possible : « garantir le bonheur du peuple »... mais de quoi Saint-Just parle-t-il quand il parle de bonheur ? Et de qui, quand il parle du peuple ? Si pour Camus la question du suicide était la seule question philosophique, pour Saint-Just, la seule question politique était celle du bonheur -celle du droit du bonheur, que proclamait déjà la constitution américaine (pour l'homme blanc), et des conditions de ce droit, que Saint-Just et les siens voulaient assurer à toutes et à tous. Vaste et exigeant programme. Programme de fous.

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mardi, 05 novembre 2013

Elections cantonales genevoises : la culture montre le bout de son nez. ENFIN !

Débat mardi.jpgLa campagne pour l'élection du Conseil d'Etat touche à sa fin, et on n'y a pas beaucoup parlé de culture. C'est le moment qu'elle montre, enfin, le bout de son nez. Parce que si jusqu'à présent, la politique culturelle était essentiellement le fait des communes, et en particulier celui de la Ville de Genève, une nouvelle loi entrée en vigueur donne au canton des compétences nouvelles, et surtout exprime des ambitions cantonales nouvelles. Des ambitions qui supposent qu'on leur consacrent des moyens. Des moyens que les majorités politiques cantonales ne semblent pas vouloir leur consacrer -l'essentiel de leurs efforts politiques se résumant pour l'instant à de grands discours, d'autant plus sonores qu'ils sont creux (c'est le principe du tambour). Et surtout gratuits.
Ce soir, à 20 heures, au Théâtre de Poche, un débat permettra de faire le point.

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lundi, 04 novembre 2013

Une réponse aux insultes, menaces et invectives xénophobes au Conseil Municipal de Genève

On publie ci-dessous, la réponse de plusieurs conseillères municipales et conseillers municipaux genevois invectivés mercredi dernier par le Conseiller municipal MCG Denis Menoud, soutenu par son parti. Cette réponse prend la forme d'un communiqué car les personnes mises en cause lors de la séance du Conseil Municipal, retransmise en direct par la télévision locale, n'ont pu obtenir de la présidence dudit Conseil le droit de répondre à leur invectiveur. Dont les méthodes et le discours, assumés par le MCG, clarifient s'il en était besoin la place du MCG dans le champ politique -ni à gauche, ni à droite, mais bel et bien à l'extrême-droite. Là d'où viennent les seuls régimes qui, en Europe occidentale, aient produit des dispositifs légaux privant de leur nationalité celles et ceux qui l'avaient acquise par naturalisation et ne correspondaient pas au « profil  du bon national », tel que ces régimes le définissaient....

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03:03 Publié dans Genève, Immigration, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : naturalisation, xénophobie, extrême-droite, mcg | |  Facebook | | | |

jeudi, 31 octobre 2013

Commission municipale des naturalisations : Schweizermacher (noch) nicht kaputt...

  • avuedenezilestcinqheures.jpgLe Conseil Municipal de la Ville de Genève (c'est-à-dire une majorité formée de la droite, de l'extrême-droite et de quelques idiots utiles qui furent naguère de gauche) a donc refusé de renoncer à sa commission des naturalisations et d'en déléguer le préavis au Conseil administratif. Il en fut de ce débat (du moins avant que de l'enclos MCG ne sourdent les invectives) comme des précédents sur des propositions de même nature : pour nous, cela tenait de la mise en route, ou en forme, pour les débats à venir sur des propositions semblables (la proposition refusée hier a d'ailleurs immédiatement été redéposée), ou comparables (l'une est déjà à l'ordre du jour du Conseil Municipal : puisque des Conseillers municipaux tiennent à oeuvrer au sein d'une commission parasitaire, autant que cela ne coûte rien à la Ville et qu'ils le fassent bénévolement).

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16:00 Publié dans Genève, Immigration, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : nationalité, citoyenneté, naturalisation | |  Facebook | | | |

mardi, 29 octobre 2013

Initiative "familiale" de l'UDC : Papafume et Mamancoud

Femme au foyer.jpgLe 24 novembre, on se prononcera en votation populaire sur une initiative de l'UDC qui propose que les déductions fiscales accordées aux parents qui ont des frais de garde extérieure de leurs enfants soient aussi accordées aux parents qui les gardent eux-mêmes. Cela semble "neutre" et égalitaire -mais cela ne l'est pas. En réalité, la proposition udéciste d'accorder aux parents dont l'un (c'est-à-dire, soyons clairs, l'une) garde les enfants des déductions fiscales pour des frais de garde qu'ils n'ont pas,  trimballe la nostalgie du vieux modèle familial, ou plutôt de l'idée nostalgique qu'on s'en fait, dans lequel le père travaille à l'extérieur et "subvient aux besoins de la famille" pendant que la mère œuvre  dans le cadre familial, fait le ménage, les courses et la cuisine et s'occupe des enfants. Papa fume, Maman coud et l'UDC veille. Attendrissant, non ?

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lundi, 28 octobre 2013

Gauche « morale » contre gauche « responsable » : Un débat à la con

Vendredi dernier, « Le Monde » titrait en « une » : « La guerre des gauches sévit dans la majorité » présidentielle française. Valls contre Taubira, PS contre Verts. Et de nous produire une « analyse des fractures idéologiques entre gauche 'morale' et gauche 'pragmatique' (...) entre idéalisme politique et réalisme économique ». Avec un appel du sociologue Jean-Pierre Le Goff à « briser l'influence du gauchisme culturel », un autre du dispensable Guy Sorman à faire émerger un « social-libéralisme à la française », sans oublier la rituelle dénonciation (par Eric Fassin cette fois) de la «droitisation du PS». La routine, quoi.  Un vrai faux débat à la con. Parce qu'enfin, on ne voit pas pourquoi « moral » (on préfererait d'ailleurs « éthique ») et « pragmatique » devraient s'opposer, ni en quoi tenir aux valeurs qui le fonde relèverait, pour un mouvement politique, de l'« idéalisme », ni en quoi les renier tiendrait du « réalisme »...

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mardi, 22 octobre 2013

Encore la frontière ? ben oui, la frontière, encore...

Bis repetita...

« La frontière, la région, encore ? Vous nous en avez déjà causé hier, faudrait pas que ça devienne une obsession» nous dira-t-on peut-être. ça lasse ? Qu'importe ! on en remet une couche. Avec l'aide du gouvernement français. Et notre propre contribution municipale.  Dimanche, entre 7000 et 10'000 personnes ont manifesté à Annemasse, Pontarlier et Saint-Louis, contre une décision du gouvernement français, tombée sur les résidents français travaillant en Suisse (voui, ceux à qui on est en passe à Genève d'imposer le port d'une étoile tricolore, pour mieux les reconnaître, puisque ces sournois nous ressemblent trop), à qui il serait imposé dès juin 2014 de renoncer à l'assurance-privée qui leur permettait de se soigner en Suisse (aux HUG à Genève, par exemple), pour cotiser à la Sécu. Une décision prise sans consultation d'une assemblée représentative du million d'habitant de la région -et pour cause, une telle assemblée n'existe pas.
Et politiquement, la « Grande Genève » non plus, du coup...

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vendredi, 18 octobre 2013

De la politique comme métier : Ôte-toi de là que je m'y mette !

Prenons du champ :  et  si le résultat d'une élection comme celle du parlement genevois (ou de la « partielle » cantonale de Brignoles) était la conséquence d'une rupture bien plus ancienne et plus profonde qu'il y paraît entre celles et ceux qui « font de la politique », de quelque bord qu'ils et elles soient (y compris, donc, du nôtre, et de celui de la droite de la droite qui répugne encore, pour le moment, à s'admettre d'extrême-droite) et celles et ceux au nom de qui cette politique se fait ? Quand l'élection du parlement d'une des plus vieilles républiques d'Europe se fait avec l'abstention de 60 % d'un corps électoral qui ne constitue dans son entier qu'une minorité de la population, et qu'aucun parti n'atteint les 20 % de cette maigre masse de suffrages, on peut nourrir de fort doutes sur la légitimité de l'institution politique, autant que sur celle du processus électoral qui la peuple de « populistes » qui, quoi qu'ils en gueulent, ne veulent pas changer le système mais y entrer et en profiter comme les autres, au nom, et surtout à la place, de celles et ceux qui votent pour eux.

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