vendredi, 04 mai 2018

Election du gouvernement genevois : Deux tiers d'abstention ?

votez!.jpgMercredi soir à minuit, à quatre jour du scrutin, le taux de participation au deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat stagnait misérablement à 16,7%. Parti comme c'est parti, on devrait avoir deux tiers d'abstention. Il est désormais trop tard pour voter par correspondance. Si comme apparemment beaucoup de Genevois vous n'avez reçu votre bulletin de vote qu'aujourd'hui, il va falloir vous rendre au local de vote de votre quartier ou de votre commune, dimanche matin de dix heures à midi. Et si vous ne l'avez pas reçu du tout, ce matériel, comme l'auteur de ces lignes à l'heure où il les écrit ? Vous revêtez une robe de bure, vous prenez un cierge, vous vous couverez la tête de cendres et vous vous rendez au service des votations et élections supplier qu'on vous donne le moyen d'exercer votre droit de vote -après vous être platement excusé de vouloir l'exercer, ce droit ?

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jeudi, 03 mai 2018

Autocommémoration : Notre Mai à nous

Mai68 et après.JPG

On commémore : Il y a cinquante ans, c'était le Mai 1968 français. C'est celui-là qu'on commémore -on bougeait beaucoup ailleurs, on se révoltait, on subvertissait aussi, mais dans nos contrées, c'est le printemps français qu'on se remémore, en nostalgie ou en détestation, en apologie ou en envie de revanche, en autocélébration ou en excorcisme.
Remémorons-nous alors le nôtre* : On avait 16 ans en 1968. On était entre l'Aubépine (on s'était fait virer l'année précédente du CO) et La Clairière. On avait commencé, mélancoliquement, un apprentissage de commerce. Et vint le printemps. De ce que ce printemps a pu réveiller en nous, c'est une volonté d'agir sans certitude du chemin à prendre pour agir. On dit "réveillé"parce que ça y était déjà, présent comme un héritage familial, celui d'un milieu politiquement engagé et culturellement curieux. Un milieu de membres du Parti du Travail (qui le quittèrent l'année même de notre naissance pour suivre Léon Nicole dans sa tentative de créer un nouveau parti de gauche) -un milieu fort ressemblant à celui du communisme à la française ou à l'italienne, et dont on oublie aujourd'hui ce qu'il a apporté, culturellement, à celles et ceux qui en étaient et venaient d'"en bas" de la hiérarchie sociale : Il leur a apporté ce qu'on appelait encore à l'époque "la grande culture" -des livres, des disques, des places de théâtre et de concert. Il leur a ouvert un monde -même si ce monde était surtout celui du patrimoine culturel, pas celui de la subversion culturelle.

* "On" n'utilise pas la première personne du pluriel (ou l'indéfini) par envie de majesté, mais parce que "notre" situation n'est pas si exceptionnelle que le Moi Je s'imposerait naturellement...

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mercredi, 02 mai 2018

Elections genevoises : eine Grosse Koalition ?

Bandeau Conseil d'Etat.jpg


Lieber eine Linksmehreit

En édito, lundi, "Le Temps" plaide pour une "Grosse Koalition" à Genève : "Le Conseil d'Etat sorti des urnes doit s'inspirer de l'exemple allemand" d'un accord entre la démocratie-chrétienne et la social-démocratie. Avec Pierre Maudet dans le rôle d'Angela Merkel pour "faire travailler les ministres sur un programme de gouvernement où l'intérêt partisan cède devant celui du canton". Concrètement, ça veut dire quoi ? Faire avaler à la gauche la traversée du lac ou un taux d'imposition des entreprises calibré sur la concurrence avec Vaud ? C'est ça, "l'intérêt du canton ?". D'ailleurs, on rappellera que ce qui a provoqué la "Grosse Koalition" allemande, c'est surtout la crainte d'un retour, faute de gouvernement, à de nouvelles élections que l'extrême-droite pourrait gagner... Or à Genève, elle vient de les perdre, les élections... Alors, plutôt qu'une Koalition, il siérait de donner à Genf eine Mehreit. Lieber eine Linksmehreit... Et on peut le faire...

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lundi, 30 avril 2018

Elections : Un spectre hante Genève :

Bandeau Conseil d'Etat.jpg

Petites peurs entre amis

On a vu, samedi soir, au Téléjournal,, une assemblée de l'Entente genevoise (le PDC et le PLR, donc) exorciser cette menace spectrale : "deux socialistes au Conseil d'Etat ?"... Et l'auditoire, bouleversé par cette évocation cataclysmique, de clamer un "noooon !" horrifié. Deux socialistes (et un Vert) dans un Conseil d'Etat de sept membres, c'est quoi, où, quand ? Le début de la révolution à Petrograd il y a un siècle ? Pas vraiment : c'est le deuxième tour de l'élection d'un gouvernement cantonal de la Confédération Helvétique en 2018. Et ils y présentent qui, à ce gouvernement, les socialistes ? Rosa Luxemburg et Ernesto "Che" Guevara ? Non : Anne Emery-Torracinta et Thierry Apothéloz... Alors bon, d'accord, entre le premier et le deuxième tour d'une élection, il convient de mobiliser l'électorat. Mais on dit bien : de le mobiliser, pas de lui faire prendre un glissement à gauche pour la chevauchée des cavaliers de l'Apocalypse...

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vendredi, 27 avril 2018

Rêve Inuit en Catalogne

inuits.jpgLe Groenland et les Feroe, cap vers l'indépendance

Mardi, l'élection du parlement du Groenland a donné une majorité aux indépendantistes "modérés", avec 27,2 % des suffrages aux sociaux-démocrates du Siumut et 25,5 % à la gauche-verte de Inuit Ataqatigiit. Les autonomistes de Demokraatit, partisans du maintien dans le cadre danois, ont obtenu 19,5 % des suffrages. Le Groenland dispose d'un statut de large autonomie depuis 1979, et la constitution danoise lui reconnaît, ainsi qu'aux Iles Feroe, le droit à l'indépendance (aux Feroe, où les élections ont été reportées, les indépendantistes et les autonomistes sont de force égale), même si le Danemark n'y est pas favorable. C'est immense, le Groenland, bien plus vaste que la Catalogne. Mais sur cette île cinq fois plus vaste que la France ne vivent que 55'000 habitants. L'équivalent d'un quartier de Barcelone. Pourquoi ces 55'000 habitants se voient-ils reconnaître par leur Etat de tutelle, le Danemark, un droit, le droit à l'autodétermination,  nié aux millions de Catalans par l'Espagne ? Précisément parce que le Groenland est un territoire danois et que le Danemark est une démocratie. Et qu'il n'est donc pas surprenant qu'aujourd'hui des centaines de milliers de Catalanes et de Catalans se rêvent Inuits.

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mercredi, 25 avril 2018

Etat de la social-démocratie européenne : Renouveau ou derniers soupirs ?

roses en carré.jpgAndrea Nahles a été élue dimanche à la tête de ce qui fut le plus puissant des parti socialistes (au sens de "sociaux-démocrates") européen, le SPD allemand. D'abord opposée à la "grande coalition" avec les chrétiens-démocrates d'Angela Merkel, elle s'y était finalement ralliée. Sa tâche tient de l'herculéen : redresser électoralement et politiquement le SPD. Electoralement, puisque le parti est tombé à son plus bas niveau historique (il est à 17 % des intentions de vote, juste un poil au-dessus de l'extrême-droite de l'AfD). Politiquement, puisque la social-démocratie allemande est profondément divisée entre son aile droite et son aile gauche. Il y a cependant pire situation : celle du PS français, par exemple, qui vient d'élire un nouveau Premier Secrétaire, Olivier Faure mais de perdre son organisation de jeunesse (le MJS a rejoint le mouvement "Generation.s" de Benoît Hamon) et en est à lutter pour sa survie et ne pas être broyé par Mélenchon sur sa gauche et Macron sur sa droite. Mais il y a aussi meilleure situation : celle du Labour britannique (et même, soit dit en passant, celle du PS suisse...), renaissant, avec Jeremy Corbyn, en se repositionnant à gauche.

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lundi, 23 avril 2018

Election du Conseil d'Etat genevois : Clarifications

normal_gauche-droite.jpgLe premier tour de l'élection du Conseil d'Etat a joué son rôle : il a clarifié les enjeux, personnels et collectifs. A droite, le PLR Alexandre de Senarclens, arrivé en dixième position, s'est retiré de la course -ce qui a pour conséquence l'abandon par le PLR de tout espoir de gagner un siège (quitte à le prendre à l'allié PDC) : pour lui, l'enjeu, désormais, c'est de garder son deuxième siège, le trône de Maudet ayant été pourvu par Maudet. Pour le PS, en revanche, l'enjeu est de récupérer son deuxième siège et de faire élire Thierry Apothéloz aux côtés d'Anne Emery-Torraccinta, Sandrine Salerno s'étant effacée, malgré son bon résultat personnel (elle devance le sortant Barthassat et talonne la PLR Fontanet), pour ne pas diviser l'électorat socialiste.

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vendredi, 20 avril 2018

La gauche genevoise invente l'unité duale

votez!.jpg16 % d'unité

Pour l'élection du Conseil d'Etat, la gauche genevoise se présente sur deux "listes" : une socialiste et verte, et une autre d'"Ensemble à Gauche", chaque liste appelant à voter pour l'autre en plus de voter pour elle. On a donc Anne Emery-Torracinta, Thierry Apothéloz et Antonio Hodgers sur la première liste, Jocelyne Haller sur la deuxième. "Ensemble à Gauche" voulait que les socialistes et les Verts s'engagent à défendre un taux d'imposition des entreprises de 16 %, en a fait une condition, mais le PS et les Verts ont décidé de s'en tenir au principe de "zéro pertes fiscales", d'ailleurs porté par une initiative lancée par toute la gauche politique et syndicale, y compris "Ensemble à Gauche". ça valait la peine de renoncer à la force symbolique d'une liste unitaire dans une campagne qui offre quelques possibilités de prendre, un, voire deux sièges (et donc une majorité au Conseil d'Etat) à la droite, et d'y renoncer sous prétexte d'une divergence sur un taux ?

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mardi, 17 avril 2018

Election du Conseil d'Etat genevois, deuxième Round : un choix clair

savate.jpgDans une Assemblée générale compacte, le PS genevois a décidé, sans coup férir et sans débat, de présenter la double candidature d'Anne Emery-Torracinta et de Thierry Apothéloz au Conseil d'Etat, Sandrine Salerno s'étant retirée (respect...) pour renforcer les chances d'élection des deux candidats socialistes, et donc de la reconquête d'un siège perdu, alors même qu'elle avait obtenu plus de voix que le PDC Barthassat, figurant pourtant sur la liste unique de l'Entente. En même temps, le PS a confirmé, sans vote, son choix d'une liste unique avec les Verts (et Antonio Hodgers) et "Ensemble à Gauche", (et Jocelyne Haller). Ainsi, la gauche genevoise revendique-t-elle une majorité gouvernementale, face à un parlement sans majorité, où la gauche détient un siège de plus que la droite démocratique, et où la droite populiste suisse (UDC) et genevoise (MCG) a perdu douze de ses 31 sièges... Excellentes choses, pour un choix clair, le 6 mai : la droite, en effet, revendique elle aussi une majorité gouvernementale, sur la base d'un programme de casse sociale revendiquée -elle a obtenu pour cela le soutien d'Eric Stauffer. Et de ses sponsors brésilien et thaïlandais ?

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lundi, 16 avril 2018

Elections cantonales genevoises : Normalisation ?

elephant-rose-01.jpgNos craintes étaient infondées, nos espoirs aussi, d'ailleurs (mais ils étaient plus ténus) : les élections genevoises de ce week-end ont un peu "normalisé" le parlement de Piogre, et présagé d'un rééquilibrage de son gouvernement. Au Grand Conseil, La gauche gagne sept sièges, la droite démocratique gagne cinq sièges, l'extrême droite perd douze sièges. A gauche les Verts effacent leur défaite de 2013, le PS continue de se réinstaller, petit à petit, à son niveau "normal" et "Ensemble à Gauche" se maintient au parlement. A droite, le PLR efface lui aussi sa défaite de 2015 (c'était l'effet de la fusion entre radicaux et libéraux) et le PDC résiste à l'érosion. A la droite de la droite, le MCG paie cash la scission staufférienne et l'UDC, très faible à Genève, recule. On retrouve ainsi une gauche à 40 % des suffrages (et 41 sièges), une droite démocratique presque au même niveau (38 % et 40 sièges) et une droite populiste, avec une composante d'extrême-droite, à 17 % et 19 sièges. Franchement, ça aurait pu être pire.

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vendredi, 13 avril 2018

Genève : Petite campagne, petit vote, programme de casse

droite-gauche.jpgA droite toute ?

ça vote petitement, pour les élections genevoises de ce week-end : mercredi soir, le taux de participation se traînait à 22,9% (soit 60'268 votes enregistrés). C'est bien peu, même si c'est à hauteur des élections cantonales précédentes. Il ne reste plus que dimanche, de 10 heures à midi, pour voter, dans les locaux de vote. A midi, les Genevoises et Genevois auront élu leur nouveau parlement. Les Genevois, les Genevoises ? Disons plutôt autour de 40 % de celles et ceux qui ont le droit de vote et qui ne constituent pas même la moitié de la population. On reviendra ailleurs sur ce que cela signifie de l'état d'une démocratie et de la représentativité de l'une de ses institutions (le parlement). On se contentera ici de rappeler que la droite, qui a su s'unir pour l'élection du Conseil d'Etat alors que la gauche en a été infoutue, a un vrai programme de casse sociale, dont l'énoncé devrait suffire à réveiller l'instinct unitaire de l'électorat de gauche...

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jeudi, 12 avril 2018

Politique (sociale) du logement de la Ville de Genève : Qui loger d'abord ?

soupirail.jpgQui loger d'abord ?

On a beaucoup entendu parler hier soir, sans beaucoup de pertinence, de la politique du logement telle que menée par la Ville de Genève, et par sa Gérance Immobilière (la GIM). A une droite qui refuse une politique sociale du logement priorisant la satisfaction des besoins les plus urgents et les droits des moins aisés, et une "gauche de la gauche" qui dénonce les modalités pratiques d'une telle politique, entre invocations rituelles à une "classe moyenne" à géométrie variable et règlements de compte personnels, la question à se poser est bien celle posée par la Conseillère administrative Sandrine Salerno : "Est-ce que le parc de la GIM doit servir à loger tout le monde ou, comme aujourd'hui, les populations les plus précaires de Genève". Il y a bien là un choix de priorité (voire un choix de société), pour une Municipalité : qui loger d'abord ? Celles et ceux qui ne peuvent pas l'être sans qu'une collectivité publique les y aide, ou "tout le monde", y compris celles et ceux qui n'ont pas besoin d'une telle aide ? Celles et ceux qui n'ont pas de logement, juste un hébergement, ou celles et ceux qui en un qui ne leur convient pas ?

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mercredi, 11 avril 2018

Quand on GeM, on ne compte pas

veau d'or.jpgDes électeurs en or

Le veau d'or bourrera-t-il les urnes genevoises, qu'on finira de remplir dimanche à midi pour l'élection du Grand Conseil et le premier tour de celle du Conseil d'Etat ? L'électeur de "Genève en Marche", ou de l'un ou l'autre (ou des deux ensemble) de ses candidats au Conseil d'Etat, Eric Stauffer et Ronald Zacharias, cet électeur en tout cas vaut de l'or (et du coup, celui du MCG aussi, puisque l'ancien parti de Stauffer claque lui aussi un pognon fou pour éviter de se faire lourder du parlement par le nouveau parti du même Stauffer -sans même que celui ait pour cela besoin d'y entrer à sa place). A eux deux, GeM et MCG auront dépensé pour leur campagne électorale plus que tous les autres partis réunis. On ne sait pas si ça leur donnera à tous les deux (ou à l'un des deux aux dépens de l'autre) de pouvoir former un groupe parlementaire, mais leur prodigalité électorale aura au moins eu un heureux bénéficiaire : la presse genevoise, qui n'aura jamais été autant arrosée de pleines pages quadrichromiques que par ces deux partis, ensemble et séparément...

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mardi, 10 avril 2018

Les élections genevoises sous le couperet du quorum

VignetteElections6.jpgSévèrement urnés

Dans cinq jours, Genève aura renouvelé son parlement et sélectionné, d'entre toutes les candidates et candidats à son gouvernement, celles et ceux qui seront présentes et présents au second tour de son élection. Si vus n'avez pas encore voté, il vous reste jusqu'à jeudi soit pour le faire par correspondance. Et dimanche matin pour le faire au local de vote. Bien malin, ou bien imprudent, qui se risquera à prédire les résultats de ce scrutin : d'abord parce qu'avec un taux de participation qui devrait être inférieur à 50 % du corps électoral, et donc une abstention majoritaire, toute prédiction tient du pari hasardeux. Ensuite parce que la barrière du quorum menace la plupart des listes déposées pour le parlement : 7 %, c'est énorme, et dans le pire des cas, cela peut priver un quart des citoyennes et citoyens ayant voté de toute représentation conforme à leur choix, et en tout cas produire un parlement où les rapports de force seront décalés de ceux qui se seront exprimés dans les urnes : concrètement, un parti ayant reculé en suffrages peut ainsi progresser en sièges...

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mercredi, 04 avril 2018

Cours, camarade, '68 est derrière-toi

La beauté est dans la rue.jpgOn avait 16 ans en 1968. On s'était fait virer l'année précédente de l'école obligatoire, et on avait commencé, mélancoliquement, un apprentissage de commerce. Et vint le printemps. De ce que ce printemps a pu réveiller en nous (on dit "réveillé" puisque ça y était déjà, présent comme un héritage familial) c'est une volonté d'agir sans certitude du chemin à prendre pour agir. Donc, on commémore. Pour analyser, ou pour embaumer ? "N'est-ce pas une manière efficace de neutraliser les luttes que d'en célébrer le folklore, et de faire spectacle du Quartier Latin avec ses barricaces en noir et blanc ?", s'interroge Yannick Haenel dans Le Monde des Livres" ? Cours, camarade, Mai '68 est derrière-toi !

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lundi, 26 mars 2018

Les élus du peuple, des "agents de l'Etat" ?

avuedenezilestcinqheures.jpgComme une odeur de moisi...

Du peu que nous ayons eu le courage de le suivre (à la télé, on n'a pas poussé le masochisme jusqu'à l'Hôtel-de-Ville), nous ne pûmes qu'être assez consternés par le débat, au Grand Conseil genevois, sur la loi cantonale sur la laïcité -un débat qui va se poursuivre en avril, puisque le parlement n'a pas réussi à le clore en mars, et qui a atteint une sorte d'apogée pataphysique lorsqu'il a porté sur les apparences vestimentaires et bijoutières des élus et des élues : pour complaire aux obsessions fétichistes d'une majorité, cultiver la laïcité de la peur et imposer aux parlementaires la règle imposée aux magistrats (Conseillers d'Etat, Conseillers administratifs, Maires et adjoints) de s'abstenir d'arborer des "signes religieux ostentatoires", le Grand Conseil a assimilé (en s'y assimilant lui-même) les députés et les conseillers municipaux à des "agents de l'Etat". Même les staliniens, même les théocrates, même les monarchistes de la Restauration (ou leurs compères pseudo-républicains de la Restauration genevoise) n'avaient pas osé pareille confusion... C'est quoi, un député ou un conseiller municipal, dans une démocratie ? c'est le représentant du peuple, de la nation ou de ses électeurs,  mais jamais le représentant de l'Etat ! Alors à Genève, les députés et les conseillers municipaux seraient des "agents de l'Etat"... Une Genferei de plus, mais nettement moins marrante que les autres : si les députés et conseillers municipaux sont des "agents de l'Etat", il n'y a plus d'opposition parlementaire concevable... Il ne resterait plus alors qu'à pousser cette ânerie politique à son terme logique, et à faie nommer directement les députés et les conseillers municipaux par le Conseil d'Etat, comme les fonctionnaires (comme des agents de l'Etat, quoi)... Il était vraiment temps que le Grand Conseil sortant puisse sortir, il commençait sérieusement à sentir le moisi...

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04:40 Publié dans Genève, Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : démocratie, parlement | |  Facebook | | | |

lundi, 19 mars 2018

Au prétexte de la Catalogne

FIFDH.jpgLa démocratie, c'est l'autodétermination

La visite de Carles Puigdemont à Genève, la rencontre que nous avons eu avec lui, le débat auquel il a participé à la clôture du Festival international du film et forum des droits humains, hier soir (on y reviendra) sont l'occasion ici de refaire le point sur le conflit politique majeur qui a secoué (et secoue encore) l'Espagne depuis l'engagement, par le parlement catalan, sa majorité indépendantiste, son gouvernement et son président, dans un processus d'autodétermination. Refaire le point sur ce conflit, et sur ce qu'il signifie précisément du droit des peuples à l'autodétermination -c'est-à-dire le droit des peuples de se définir comme des nations, et le droit des nations à l'indépendance étatique, toute relative qu'elle puisse être. Car qui peut décider qu'un peuple devient une nation, sinon ce peuple lui-même ? Et qui peut décider que cette nation peut être un Etat, sinon cette nation elle-même ? Et l'autodétermination n'est-elle pas précisément ce qui distingue la démocratie de toute autre forme de régime politique ?

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15:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, catalogne, autodétermination, indépendance | |  Facebook | | | |

samedi, 17 mars 2018

"Repenser le système d'aide sociale" : pour en faire quoi ?

exclusion.jpgLe droit, pas l'aumône

"Le système d'aide sociale doit être repensé", déclare le Conseiller d'Etat sortant, et candidat à sa réélection, Mauro Poggia. Et il a parfaitement raison Mauro Poggia. Du moins quand il affirme cette nécessité de "repenser" ce système. Et aussi quand il constate que "l'emploi n'est plus un rempart à la précarité" et que "les "working poors" sont de plus en plus nombreux". Il faut donc "repenser le système d'aide sociale". Mais pour en faire quoi ? Et d'abord, comment décrire ce système ? Comme un empilage de prestations toutes conditionnelles et jamais suffisantes, de procédures suspicieuses et incoordonnées entre elles, de bureaucraties et de réglementations tatillonnes... En attendant l'instauration d'un revenu garanti et inconditionnel, couvrant les besoins essentiels, et d'un salaire minimum permettant aux "working poors" d'être "working" sans être "poors", il ne suffira pas de "désenchevêtrer" pour "repenser", et il faudra commencer par le commencement : admettre que l'aide sociale est un droit, pas une aumône, sortir du mépris et du paternalisme, cesser de considérer les ayant-droit à une aide sociale comme des solliciteurs présumés coupables de mensonge à qui il convient d'exiger de prouver, à réitérées reprises par des dizaines de documents (et à qui, quand ils les ont tous fournis, on va en redemander encore d'autres) qu'ils ne sont pas des "abuseurs de l'aide sociale"...

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mercredi, 14 mars 2018

Droit international, droits humains, juges "étrangers" : Affaiblir encore l'arme des faibles ?

CEDH.jpgJusqu'au 18 mars se tient à Genève le festival annuel du fil et forum international des droits humains, le FIFDH. Et hier, au Conseil des Etats, une initiative de l'UDC dite "le droit suisse au lieu des juges étrangers", mais dont la cible est le droit international des droits humains, subissait son examen de passage parlementaire et était clairement rejetée -seuls les six udécistes l'ont soutenue. Déposée en août 2016, l'initiative de l'UDC propose de contraindre les traités internationaux à la constitution nationale, sinon à les dénoncer. Seuls les traités internationaux soumis à référendum continueraient d'être appliqués tels quels s'ils n'ont pas été refusés par le peuple. En clair, l'UDC propose de violer la plupart des traités internationaux signés et ratifiés par la Suisse. Au-delà de la simple opportunité politicienne (les élections fédérales, c'est l'année prochaine, le vote sur l'initiative aussi, et il faut caresser son électorat dans le sens du poil), et de la rogne de voir des textes d'initiatives votés par une majorité populaire se heurter, lorsqu'il s'agit de les appliquer, à des normes de droit supérieur, ce qui suscite l'ire de l'UDC dans la primauté du droit international sur le droit national n'est rien moins que les textes internationaux garantissant les droits humains fondamentaux,  individuels et collectifs. Des textes qui, précisément, pour autant que la Suisse respecte ses propres engagements et sa propre signature (ce que l'UDC trouve superfétatoire) empêchent de faire n'importe quoi au nom du "peuple souverain". Et permettent à chaque personne de ce peuple (suisse) de se défendre contre "son" Etat (la Suisse), ou son canton, ou sa commune... Ce moyen pour les plus faibles de se défendre contre les plus forts, va-t-on l'affaiblir alors qu'il faudrait le renforcer ?

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lundi, 12 mars 2018

Qu'arrive-t-il à l'Italie qui ne lui soit déjà arrivé ?

5 Etoiles.jpgQualunquismo ?

Qu'arrive-t-il à l'Italie, qui fut l'un des lieux d'invention, de Machiavel à Gramsci, de la politique ? Avec le résultat des législatives italiennes d'il y a une semaine, on croit être revenus septante ans en arrière, au temps du "qualunquisme" et du "Fronte dell'Uomo Qualunque" (Front de l'Homme quelconque), créé fin 1944 par Guglielmo Giannini. Il y a en effet bien des points communs entre les "Cinque Stelle" de Beppe Grillo et Luigi Di Maio, quelques soient par ailleurs leurs divergences, et le Front Qualunquiste de Giannini : la défiance envers les institutions, les partis, la classe politique... Aucun parti, aucune coalition n'a obtenu la majorité des sièges au parlement, et n'est donc en mesure de former le prochain gouvernement, mais arrivé en tête de tous les partis concourant aux élections législatives italienne d'il y a huit jours, c'est au Mouvement des Cinq Etoiles que le président de la République devrait, logiquement, confier les rênes de l'Etat. Et un parti foncièrement antigouvernemental et pour le moins eurosceptique formant le gouvernement d'un des Etats fondateurs de l'Europe, grâce à une loi électorale concoctée précisément contre les Cinq Etoiles par un Premier ministre victime de sa propre loi, le paradoxe serait bien dans le droit fil de la tumultueuse histoire italienne, et de son inventivité politique. Pour le pire et le meilleur.

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13:11 Publié dans élections, Europe, Italie, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinque stelle, m5s | |  Facebook | | | |