Politique - Page 3

  • La Chambre des Communes rejette l'accord sur le Brexit

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    roulette russe.jpgRoulette britannique

    On connaît la roulette russe, on connaissait moins la roulette britannique. C'est à quoi pourtant a joué la première ministre de Royaume-"Uni", Theresa May, hier, à la Chambre des Communes. Elle avait, dimanche, prévenu les députés : si vous rejetez l'accord que son gouvernement  a négocié avec l'Union Européenne pour mettre en oeuvre le "Brexit",  et qui a été conclu en novembre dernier,la "rupture de confiance" que cela exprimerait serait une "catastrophe" pour la démocratie. Par 432 voix contre 202, l'accord a été rejeté. C'est depuis un siècle la défaite la plus lourde d'un gouvernement britannique face au parlement. Et cette défaite, face à une majorité composite, contradictoire, formée de partisans du Brexit et de partisans du maintien dans l'Union Européenne, produit une crise politique qui la dépasse, et qui ne met pas en jeu seulement le gouvernement et la mise en vigueur du Brexit, mais surtout l'unité même du Royaume-Uni : l'Ecosse, l'Irlande du Nord, Londres avaient voté contre le Brexit. Qui (à part Pierre Maudet, bien sûr) peut encore sauver la Grande-Bretagne du piège dans lequel elle s'est elle-même précipitée, sinon le peuple -pardon : les peuples britanniques eux-mêmes, soit par des élections anticipées aboutissant à un changement de majorité et de gouvernement, ce qui justifierait un report de la date butoir du Brexit, et l'ouverture de nouvelles négociations, soit par un second référendum sur le Brexit lui-même, avec la possibilité d'une annulation du premier -non par le gouvernement ou le parlement, mais par le peuple, qui ayant le pouvoir de décision a aussi celui de changer d'avis (après tout, en Suisse,  les exemples ne sont pas rares de votes populaires corrigeant, voire annihilant, des votes populaires antérieurs).

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  • "Affaire Maudet" : Décervelage, pirates, flibustiers et thaumaturges

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    Maudet De Senarclens 2018.jpgDans le calendrier pataphysique, ce 15 janvier est le 18ème jour du mois de Décervelage, et c'est le jour des Sts Pirates et Flibustiers, thaumaturges. Et il est à Genève un homme politique dont c'est le grand jour -on ne dira pas le grand soir, aucune révolution n'étant prévue, juste, peut-être, un petit putsch ou un gros règlement de compte. Cet homme politique, c'est Pierre Maudet. Et ce jour est celui d'une Assemblée générale de son parti, le PLR (parti libéral-radical, au cas où ce sigle vous serait inconnu), qui va devoir choisir entre soutenir Maudet ou l'appeler à démissionner de son mandat de Conseiller d'Etat. Faut-il vous rappeler pourquoi le PLR et son ministre de choc en sont arrivés là ? vous rappeler l'"Affaire Maudet" ? Comment ça, quelle affaire ? vous suivez pas l'actu genevoise ou quoi ? Vous savez pas qui est l'"Homme de l'Année" ? Depuis huit mois vous ne lisez pas les journaux, n'écoutez pas les radios, ne regardez pas les télés, ne suivez pas les réseaux sociaux de Romandie ?

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  • "Gilets jaunes", série 1, 9ème épisode : Le dur désir de durer

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    Cause toujours.jpgSamedi, c'était le 9ème épisode de la mobilisation des "gilets jaunes", cette étrange mutinerie à temps partiel, le week-end, d'une classe ("moyenne") qui n'en est pas une. 80'000 policiers avaient été mobilisés dans toute la France pour contenir à peine plus de manifestants. Ce n'est donc pas tant l'ampleur du mouvement qui fait son succès, indéniable, que son obstination, sa pérennité : il tient des rond-points, des rues, des places, des péages, depuis déjà plus de deux mois, sans relais politiques ni syndicaux. En juin, mai'68 était dépassé... en janvier 2019, novembre 2018 dure... La philosophe Catherine Malabou, admettant qu'"il serait certes abusif de qualifier les "gilets jaunes" d'anarchistes", observe que "le retour de la lutte des classes, la visibilité des anonymes, le refus, dont on espère qu'il durera, de l'obédience à un chef ou un parti, préfigurent sans nul doute l'écriture d'un nouveau chapitre de l'actualité libertaire, susceptible de conférer à l'aujourd'hui sa ressource d'avenir". La philosophe est optimiste, en appelant, après Gramsci, à la fois au pessimisme de la raison et à l'optimisme de la volonté... et donc à ne pas se faire d'illusion sur le mouvement des "gilets jaunes", mais à ne pas non plus à désespérer de ses effets.

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  • Révocation des élus : réveil d'un vieille revendication démocratique

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    1794.JPGGenevois, encore un effort pour être démocrates...

    L'"Affaire Maudet" (on suppose que vous savez de quoi il est question...) a déjà eu deux mérites avouables ici : celui de geler le projet d'une prison supplémentaire à Genève, celle des Dardelles, et celui de réveiller une vieille revendication démocratique (et révolutionnaire) : celle d'un droit populaire de révocation des élus. Et pas seulement de Pierre Maudet -il ne s'agirait plus alors d'un droit démocratique, mais d'un droit de vindicte. La première constitution genevoise, celle de 1794, le prévoyait (avec une définition restrictive du "peuple", réduit aux hommes protestants) et la proposition avait été faite (on y avait même contribué) à la Constituante genevoise (dont on n'était pas membre) auteure de la Constitution en vigueur depuis 2012. Mais réveillée aujourd'hui à partir des fautes d'un Conseiller d'Etat, la revendication du droit de révocation des élus ne l'est encore qu'à moitié, ou au quart : on hésite à donner ce droit au peuple et on préférerait le réserver au parlement, et on hésite à l'étendre au parlement (ce qui impliquerait alors qu'on le donne au peuple)... Genevois, encore un effort pour être démocrates...

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  • Caisse-maladie publique et assurance soins dentaires : Oui et Oui

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    caisse-maladie.jpgDans un mois, le 10 février, on votera à Genève sur deux initiatives populaires lancées par le Parti du Travail, et qui ont largement abouti : l'une pour l'instauration d'une assurance cantonale de soins dentaires, l'autre pour la création d'une caisse cantonale publique d'assurance-maladie. Ces deux initiatives ont le même mérite : celui de proposer une alternative concrète et réalisable au système qui règne sur la politique de la santé. Ainsi, le projet d'une caisse cantonale publique est de garantir à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins. Les primes de cette assurance devraient être abordables pour tous, peut-être (s'il est légalement possible) proportionnelles aux revenus, mais les initiants précisent que cette assurance s'adresserait d'abord aux personnes ne disposant que de bas revenus. La caisse serait un établissement public autonome, comme les Services Industriels ou les Transports Publics. Elle offrirait les prestations de base garanties par le droit fédéral. Quant à l'initiative pour une assurance de soins dentaires obligatoire, financée pour moitié par l'Etat et pour moitié par un prélèvement paritaire (deux fois 0,5 %) sur les salaires, elle permettrait à toutes les personnes qui actuellement renoncent à ces soins faute de pouvoir les payer d'y accéder. Deux propositions de justice sociale, auxquelles il convient de dire deux fois OUI.

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  • Feliz ano novo

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    Bolsonaro.jpgUne année 2019 qui commence comme elle peut...

    L'année a commencé sur les chapeaux de roue. Ou de chenilles de chars, on ne sait pas trop. Depuis mardi, Jair Bolsonaro préside le Brésil. Il a été élu fin octobre avec un peu plus de 55 % des suffrages (contre un peu moins de 45 % au candidat du Parti des Travailleurs, Fernando Haddad, qui avait pourtant gagné 16 millions d'électeurs supplémentaires entre le premier et le second tour, contre 8 millions pour Bolsonaro). Bolsonaro a été élu grâce, arithmétiquement à une abstention de 20 % des inscrits et à près de 10 millions de votes blancs ou nuls, et politiquement grâce au soutien des groupes agro-alimentaires exportateurs (la violence a l'égard des paysans sans terre s'est d'ailleurs accrue sitôt Bolsonaro élu), des évangéliques, des forces armées (des militaires juchés sur des tanks ont célébré son élection, et sept des 22 ministres du nouveau gouvernement -qui ne compte que deux femmes, dont une pasteure évangélique, aucun noir et aucun représentant du Nordeste- sont des militaires), de la place financière et économique, des partis de droite et des grands media. Il a de bons amis, Bolsonaro : Trump, Salvini, Orban. Et un chouette programme : exploiter les territoires indiens, autoriser les pesticides (sa ministre de l'agriculture est la créature de l'agrobusiness), déforester l'Amazonie, normaliser l'enseignement, purger politiquement la fonction publique, criminaliser les migrants (dans un pays constitué par des migrants après extermination des indigènes) et les réfugiés. Et dans deux semaines, il sera en Suisse. A Davos, bien sûr, sinon où ? à Belle-Idée ?

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  • Prêche de Frimaire

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    épithètes.jpgLe socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser

    En ce premier jour de l'hiver, et donc premier jour du premier mois de l'hiver, le mois de Frimaire, et avant de prendre une décade de pause parfaitement imméritée au prétexte de fêtes qu'on se plaît à snober (à quelques écarts près), on se contentera de vous gratifier d'un prêche : la conclusion de l'opuscule* que nous commîmes au début de l'année grégorienne qui s'achève -opuscule qui, soit dit en passant en en tout désintéressement, doit encore pouvoir être trouvé dans quelques librairies pas encore condamnées par le "marché", et opuscule dont nous précisions que l'auteur "est membre du Parti socialiste genevois depuis 40 ans. C'est donc qu'il y a adhéré et qu'il y est resté. Et qu'il n'en a pas été purgé, quelque effort qu'il ait pu faire pour mériter cet honneur, que ce parti accorde si pingrement".

    *Pascal Holenweg, Le socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser, Editions de l'Aire, 2018

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  • Un Pacte international sur les migrations sans la signature suisse ?

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    terre-capote.jpgCoïtus interruptus

    La Suisse ne signera pas (du moins pas pour le moment, pas avant que les Chambres fédérales en aient débattu) le Pacte sur les migrations de l'ONU. Le Conseil fédéral, qui se dit pourtant convaincu que ce pacte "correspond aux intérêts de la Suisse", puisqu'il vise à diminuer la migration "irrégulière" en organisant une migration "ordonnée", a donc courageusement décidé de ne pas décider. Après avoir annoncé qu'il signerait un texte à la rédaction duquel il avait fait participer son ambassadeur auprès de l'ONU.  La Suisse était donc absente à la signature du pacte, lundi 10 dernier à Marrakech. Comme les gouvernements "populistes" (qu'on nous pardonne cet oxymore -comme si on pouvait être "populiste" en étant au pouvoir...) des USA, de Hongrie, d'Autriche, d'Australie, de la République Tchèque, d'Israël et de Pologne. Le texte du Pacte est pourtant purement déclamatoire et sans conséquence impérative ni effet juridique : chaque Etat signataire en fait rigoureusement ce qu'il veut. S'il vise à définir des critères pour une politique mondiale ordonnant la migration, renforçant la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic des migrants, sécurisant les frontières, veillant au respect des droits humains, organisant le rapatriement et la réintégration des migrants "irréguliers" dans leur pays d'origine et l'intégration des migrants "réguliers" dans leur pays d'accueil, il le fait en reprenant des principes déjà exprimés dans les grands textes internationaux proclamant les droits fondamentaux de la personne, et dans la plupart des constitutions nationales. Et il ne créée nullement un "droit à la migration" (comme s'il fallait créer un tel droit, alors que la migration est un  fait millénaire qui se contrefout de toute espèce de droit). Seulement voilà : parler de "migration", même "ordonnée", sans la qualifier a priori de menace et d'invasion, c'est agiter un chiffon rouge (ou jaune ?) sous le mufle des xénophobes. Et à moins d'un an des élections fédérales, la majorité de droite du Conseil fédéral, à commencer par l'acratopège ministre des Affaires Etrangères a eu peur des réactions du bestiau. D'où ce pitoyable coïtus interruptus.

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  • A Genève, la Ville et le canton ont un budget : "Well Done, old chap"...

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     well done old chap.jpgGenève, terre de contrastes

    Vendredi et samedi, successivement le canton et la Ville de Genève ont été dotés par leurs parlements respectifs d'un budget pour 2019. Situations contrastées et postures politiques contradictoires pour des résultats finalement assez semblables : le commentaire du "Temps" de samedi sur le budget cantonal vaut pour le budget municipal : "la sérénité au détriment des économies". Mais si c'est grâce à "Ensemble à Gauche" que le canton de Genève a un budget (refusé par le PLR, l'UDC et le PDC mais imposé par la gauche et le MCG), c'est malgré "Ensemble à Gauche" que la Ville en a un (accepté par tous les groupes sauf Ensemble à Gauche). Le canton a "le budget de la gauche", commente la "Tribune de Genève". La Ville a le budget de... euh... un budget dont la principale qualité, et la seule qui importait au fond à tout le monde, était d'être. Et d'éviter de faire appel au peuple pour rétablir un budget acceptable après que la droite ait bousillé le projet initial.

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  • Retour à nos portes du terrorisme islamiste

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    MORTOPOR.jpgDanse macabre

    Un "djihadiste" d'un modèle assez courant dans nos contrées (un délinquant de droit commun et d'habitude, condamné en France, en Suisse et en Allemagne pour près d'une vingtaine de délits divers, "radicalisé" en prison et "fiché S" comme tel) a tué deux personnes, en a blessé mortellement (elle est en mort cérébrale) une troisième et grièvement une quatrième hier, à Strasbourg, pendant le "Marché de Noël" de l'une des deux capitales européennes. Retour à nos portes (il n'avait pas cessé ailleurs, en Irak, au Pakistan, en Afghanistan, en Syrie...) du terrorisme islamiste, et des interrogations qu'il suscite -car il doit en susciter, à la fois sur sa nature et sur les réponses, ou plutôt les ripostes, autres que sécuritaires qui doivent lui être opposées.

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  • Et ce soir, Macron parle... Mais à qui ?

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    les-gilets-jaunes-jm.jpgJupiter et les Jaunes

    Le président et le gouvernement français ont donc "cédé à la rue" (elle est en France le seul lieu de la démocratie directe) en renonçant notamment à augmenter les taxes sur le carburant, et ont ouvert une "consultation" des "corps intermédiaires" (dont les syndicats) qu'ils donnaient plutôt l'impression de solidement mépriser jusqu'alors. Mais ce recul, inévitable, sur une intention justifiée (dissuader de l'automobile traditionnelle), mais fort mal traduite en actes, et encore plus mal accompagnée pour toutes celles et tous eux qui ne peuvent aller travailler, consommer, se délasser autrement qu'en automobile faute de transports publics, ne répond en fait à aucune des causes profondes qui ont fait descendre sur les rond-point, les péages d'autoroutes et dans les rues des villes des dizaines de milliers de personnes qui n'avaient jamais manifesté de leur vie, ni jamais soutenu aucun mouvement populaire, pas plus les syndicats que d'autres organisations sociales. D'ailleurs, les "jaunes", dans l'histoire des luttes ouvrières, n'ont jamais été autre chose que des adversaires (et puis, choisi parce que c'est voyant, c'est quand même très moche, un gilet jaune...). Il n'est pas sans signification que le mouvement présent se fasse sans grèves, que les "gilets jaunes" ne s'adressent qu'au gouvernement et au président, pas au patronat, et qu'ils n'exigent pas l'abrogation des "lois Macron" sur le travail... Sauf que si le mouvement, ou plutôt la révolte des "gilets jaunes" n'a rien de "progressiste", et qu'elle semble (mais seulement "semble") refluer, elle a tout d'un révélateur, et a au moins fait descendre Jupiter de son Olympe. En dévaluant au passage la quasi totalité du personnel et des partis politiques français, pathétiques dans leurs efforts de récupération ou de désarmement d'un mouvement qui les ignore superbement. Mais tout va se dénouer : ce soir, Jupiter va parler. Mais à qui ?

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  • Réformes de l'imposition des entreprises : rien de bien neuf

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    évasion fiscale.jpgRéformes suisse et genevoise de l'imposition des entreprises :
    Rien de bien neuf

    Le Conseil d'Etat genevois a présenté à la mi-octobre son projet de réforme de l'imposition des entreprises : il cale le taux d'imposition de leur bénéfice sur le taux vaudois (13,79 %), soit un alourdissement de celui des multinationales sous statut spécial (imposées actuellement à 11,6 %) et un allègement de celui de toutes les autres (imposées actuellement à 24 %).  Gains de l'opération cantonale pour les entreprises autres que les multinationales : nuls pour les plus petites, celles qui ne font quasiment pas, voire pas du tout, de bénéfices imposables, mais de plusieurs centaines de milliers de francs par an pour les plus grandes, sans que l'on puisse assurer qu'elles investiront ces gains dans leurs capacités de production (équipements, personnel) ou les répartiront dans les poches de leurs actionnaires. Coût minimal de l'opération pour les collectivités publiques genevoises (le canton et les communes) : 434 millions de francs par an (dont 84,5 millions pour les communes), selon les estimations cantonales -à peine moins que dans le premier projet (RIE III), 65 millions de moins que dans celui, refusé, de la PF17.  Mais les estimations de ce genre sont nimbées d'incertitudes : la RIE II ne devait coûter que 80 millions de francs aux collectivités publiques, elle leur en aura coûté plus de 2 milliards... Et ce qu'elles perdent doit être compensé. Par des réductions de prestations, ou des hausses de taxes, ou au plan suisse une hausse de la TVA -l'impôt le plus injuste, qui touche tout le monde au même taux, multi-millionnaires et sdf indistinctement. Pour faire passer la pilule, le Conseil d'Etat propose certes quelques mesures d'accompagnement, comme des places d'accueil pour la petite enfance (financées par un prélèvement sur la masse salariale), des rétrocessions aux communes ou la suspension (mais pas la suppression) du "bouclier fiscal" protégeant les hauts revenus et les grosses fortunes, mais renonce à celles qui étaient prévues pour nous faire avaler la RIE III : soutien aux transports publics, à la formation et à l'emploi des "seniors". Rien de bien neuf, donc. Et aucune raison de soutenir aujourd'hui ce qu'on refusait hier.

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  • Ville de Genève : La droite s'attaque au statut du personnel

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    Ubu.jpgPrise d'otage

    Prenant les 4000 employée de la Ville en otage de l'animosité qu'elle cultive à l'égard du Conseil administratif, la droite municipale veut imposer, sans négociation, sans discussion même au Conseil Municipal, une modification du statut de ce personnel, et s'autoriser elle, et elle seule, à ne pas accorder aux salariés de la fonction publique l'indexation de leurs salaires. Et cela sans concertation, sans discussion, sans débat, sans négociation avec le personnel, sa commission et ses syndicats. Rien, strictement rien, ni financièrement, ni règlementairement, ne justifie qu'on modifie ainsi un statut résultant d'une négociation, en méprisant totalement le "partenariat social" pourtant rituellement invoqué à chaque grève (pour la condamner). Rien ne le justifie, mais une pulsion l'explique : le besoin désespéré (et désespérant) de la droite municipale genevoise d'exister face à un Exécutif de gauche.

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  • Des gilets jaunes

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    gilet jaune.jpgGrand Jacques ou Poujade ?

    Dimanche, les "gilets jaunes" français ont pris les Champs Elysées que le gouvernement leur avait interdit. Ils étaient une dizaine de milliers. Dans l'ensemble du pays, un peu plus de 100'000. Une mobilisation en baisse, et une stratégie gouvernementale (et présidentielle) d'attente du pourrissement du mouvement. En quoi il aura été aidé à Paris par quelques centaines de militants d'extrême-droite. Mais le mouvement lui-même peut toujours compter sur la sympathie passive d'une majorité des Français sondés, même si la majorité de ces sympathisants doutent qu'il puisse aboutir à des concessions (sinon marginales) du pouvoir. Mais c'est quoi, ce mouvement qui semble surgir de nulle part (comme si un mouvement pouvait surgir de nulle part) ? Un épiphénomène ? un mouvement de colère passagère ? la renaissance du poujadisme ? La dernière jacquerie ? Une francisation tardive du "qualunquisme" italien ?

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  • Flicage des assurés : Drôle de priorités

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    espion.jpgA presque deux contre un, les Suissesses et les Suisses ont accepté de modifier la loi sur les assurances sociales pour leur donner la base légale nécessaire à renforcer la surveillance des assurés. Seuls deux cantons l'ont refusée : Genève et le Jura. On ne regrettera pas le référendum, ni de l'avoir soutenu. Ni même sa défaite nationale. On regrettera en revanche le manque d'engagement du PS suisse dans le soutien, tardif, qu'il lui a apporté, contrastant avec le soutien acritique qu'a apporté à la loi le président socialiste de la Confédération. Là où le PS a réellement mené campagne contre la nouvelle loi, comme à Genève, elle a été refusée. Bref, les assurances, même privées, recevront pour la surveillance des assurés plus de droits que la police pour celle de possibles terroristes. Drôle de priorités.

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  • L'UDC perd sa "mère des batailles"

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    poubelle.jpgLe combat continue

    L'initiative de l'UDC contre les supposés "juges étrangers" a été massivement repoussée, à deux contre un au plan suisse, trois contre un dans plusieurs cantons romands. Elle n'a d'ailleurs été acceptée dans aucun canton. C'est sans doute la plus lourde défaite de l'UDC en votation populaire à laquelle on a assisté hier -non pas tant du fait du score du refus de ce texte absurde, mais du fait que l'UDC elle-même en avait fait sa "mère des batailles". Ainsi, la progression de la droite populiste et nationaliste, qu'on constate dans de nombreux pays européens, n'est pas une fatalité. Et la prétention de l'UDC d'être "le parti du peuple suisse" se réduit à celle de n'en être que le tiers -ce qui est déjà beaucoup plus que ce que peuvent revendiquer les partis équivalents dans les pays voisins. Il est vrai que pour balancer le texte udéciste à la poubelle, il aura fallu former une coalition aussi vaste que contradictoire, où l'on retrouvait le PS et le PLR, les syndicats et le patronat, les ONG et les entreprises exportatrices... L'UDC a perdu sa "mère des batailles" ? peut-être. Mais le combat continue : en ce dimanche de votations, cette bête à corne ne les a pas perdues.

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  • Bilan de santé du socialisme européen -et suisse

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    labyrose.jpgLes naufragés et le rescapé

    Hier soir, l'Assemblée Générale du PS genevois a désigné ses six candidates et candidats (trois et trois) à l'élection l'année prochaine de la députation genevoise au Conseil national, et son candidat (Carlo Sommaruga) à celle au Conseil des Etats. Dix candidates et candidats se présentaient au suffrage des militants, et ont, en trois minutes, dit pourquoi, pour faire quoi et au nom de quoi ils se présentaient. On retiendra ici les interventions de deux d'entre eux (pour lesquels on a voté mais qui n'ont pas été désignés). Pour Thomas Bruchez, porte-parole de la JS genevoise, "la politique ne s'arrête pas aux portes du parlement et aux rapports de force qui y règnent", il y a le mouvement social, il y a la rue. Il a raison, et nous ne disons jamais dans cette feuille autre chose. Ni, comme Thomas Bruchez l'a dit aussi, autre chose que les socialistes ne sont pas seulement là pour résister, mais aussi pour changer la société. Et que cela suppose autre chose que des compromis dictés précisément par les rapports de force parlementaires. Et comme Michel Zimmermann, nous sommes convaincus que "le PS a tout à perdre lorsqu'emporté dans la spirale d'un équivoque pragmatisme parlementaire (...) il tourne le dos aux principes qui constituent sa singularité et font sa force". Ni Thomas, ni Michel ne seront candidats du PS genevois au Conseil national. C'est dommage. Mais ce que nous partageons de leurs positions reste : il faut bien que les misères du socialisme européen nous soient de quelque enseignement, même si le PS suisse y échappe, précisément parce qu'il n'a pas sombré dans le conformisme "social-libéral" qui a naufragé les PS voisins, et dont nous nous sommes, et nous voulons encore, garder.

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    Lien permanent Catégories : Politique, PS 9 commentaires
  • Haroun El Poussah et Iznogoud sont dans un bateau...

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    Iznogoud.jpgScandale (planétaire) des notes de frais des magistrats de la Ville de Genève : Haroun El Poussah et Iznogoud sont dans un bateau...

    On a passé, entre postures de virginité politique et gesticulations d'exemplarité, dix heures de séances de Conseil Municipal genevois à prêcher, gloser, vitupérer, dénoncer à propos du rapport de la Cour des Comptes sur les notes de frais des magistrats de la Ville, avec au bout du compte quasiment rien de décisif au chapitre des réponses à ce scandale planétaire. De ces magistrats, il y en a un de droite et quatre de gauche. Ils sont de quatre partis (le PS, les Verts, Ensemble à Gauche et le PDC). Il y a donc trois partis (l'UDC, le MCG, le PLR) et une des deux composantes d'"Ensemble à Gauche" (le Parti du Travail) qui ne sont pas représentés à l'Exécutif de la capitale mondiale du monde mondial. Et donc l'assaut est donné par ces trois partis et cette composante contre les quatre autres partis et l'autre composante. Les heures passent. Les discours aussi.  La morale à deux balles s'abat sur le parlement municipal comme la vérole sur le bas-clergé breton. Une petite manif bat le perron à l'appel d'un petit parti en mal d'existence. On regarde sa montre. On bouquine un peu (on avait pris les "Mille et une Nuits" avec soi). On attend la fin. Elle vient. On a décidé quoi ? Rien, ou presque : on a renvoyé toutes les propositions qui supposaient une décision à l'examen en commission des Finances. Mais on a été nourris et payés. Par la Ville. Et donc ses contribuables. Au nom de l'exemplarité et de la transparence.

     

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  • Frais professionnels des magistrats de la Ville de Genève : "Tous pourris (sauf moi)" ?

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    avuedenezilestcinqheures.jpgDernière nouvelle du front (on va faire semblant de croire que c'en est un) de la polémique sur les notes de frais des conseillers administratifs de la Ville de Genève : une procédure pénale est ouverte contre inconnu pour "gestion déloyale des intérêts publics" (cette procédure pénale suspend toute procédure disciplinaire), les bureaux de quatre Conseillers administratifs ont été perquisitionnés, le Conseil administratif a publié les notes de frais de tous ses membres depuis dix ans (y compris Manuel Tornare, Patrice Mugny et Pierre Maudet...) et le Conseil d'Etat annonce qu'il "sera transparent sur ses notes de frais". "Sera"... il ne l'était donc pas ? Enfin, ne boudons pas notre plaisir de constater que tout le petit monde politique genevois réclame désormais la transparence du financement des activités politiques. Même la droite ? même. On ne doute donc pas qu'elle finira par soutenir l'initiative populaire pour "plus de transparence dans la vie politique", que, comme le Conseil fédéral, elle rejette actuellement totalement...

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  • L'ennemie publique N° 1

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    culture.jpgQue signifie une "politique culturelle" ?

    "Culture et savoir diminuent en tout homme qui les possèdent la possibilité d'être dupe des mots, d'être crédule aux mensonges. Culture et savoir augmentent en tout homme le pouvoir de comprendre la réalité où il vit. (...) La conscience de cette réalité a une valeur explosive : elle ne peut qu'entraîner à la volonté de la transformer. (...) La bourgeoisie doit donc abaisser la culture, la conscience des gens qu'elle domine". (Paul Nizan, "L'ennemi public n° 1", 1935). Bien sûr, Nizan écrit ainsi il y a presque 90 ans. Mais le temps est-il passé, de cet abaissement de la culture et de la conscience par "la bourgeoisie", de quelque manière qu'on la définisse ? Disons, pour parler d'autre chose que des notes de restaurant, de taxi ou de téléphone des magistrats municipaux genevois, qu'à entendre les représentants des partis de droite exposer ce qui leur tient lieu de programme culturel, nous avons la lourde impression que le temps stagne...

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