mardi, 28 février 2017

Gauche française : la conjuration des ego


Ah, que la défaite sera belle...

On est bien contents : Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon vont cesser de s'insulter. Du moins en public. Mélenchon : "À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe. Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne". Voila. Evidemment, ça n'engage qu'eux-mêmes. Pas leurs lieutenants, leurs porte-paroles, leurs spadassins et leurs partisans. Celui qui veut maintenir un parti socialiste en le tirant à gauche et celui qui veut faire disparaître le PS pour le remplacer par autre chose ne pouvaient évidemment pas tomber d'accord sur la candidature unique de l'un des deux. Il faut savoir se contenter de peu dans cette conjuration des egos : Hamon et Mélenchon ont promis de cesser de se traiter mutuellement et publiquement de tous les noms. En somme, ils sont passés de l'enfance à l'adolescence. Pour l'âge adulte, on verra dans cinq ans. Quand Macron se représentera pour un deuxième mandat, le spectre de Marine suffisant d'ici là à la majorité des électrices et électeurs de gauche pour les conduire à voter Macron au deuxième tour (et même, pour une partie non négligeable d'entre eux, dès le premier tour, pour éliminer Fillon. Le vote utile, en se bouchant le nez, en se fermant les yeux et en s'obturant les oreilles. Avant que chaque composante de la gauche rende les autres responsables d'une défaite non seulement annoncée par les augures, mais organisée par la gauche elle-même.

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vendredi, 24 février 2017

LE PROGRAMME POLITIQUE DU PARTI SOCIALISTE

adhemar-schwitzguebel.jpgContribution légèrement anaRchronique d'Adhémar Schwytzguébel* à l'élaboration du programme du Parti socialiste genevois

*Conférence donnée à Saint-Imier le 29 février 1876

Le socialisme veut l'organisation de la souveraineté du peuple d'une manière réelle, par la reconnaissance complète de l'autonomie et de la liberté des individus, des groupes, des communes, des fédérations.
Les organes au moyen desquels le peuple manifeste sa souveraineté ne sont plus l'Etat et les institutions qui en découlent, mais le corps de métier, la Commune et la Fédération.
Le peuple ne délègue plus sa souveraineté, mais l'exerce directement dans chacun des organes nécessaires à la satisfaction de ses intérêts. Les délégations qui pourront encore être nécessaires n'auront qu'un caractère purement administratif, toute action gouvernementale et autoritaire étant supprimée.
La formule au moyen de laquelle les individus, les groupes, les Communes s'engagent réciproquement, ne sera plus la loi unique, mais le contrat librement débattu et consenti dans les groupes et n'engageant que les contractants.
Les conflits qui surgiront seront réglés dans les groupes intéressés par des tribunaux d'arbitres. Les affaires criminelles qui pourront se produire seront de la compétence de la Commune ou de la Fédération, suivant leur importance.

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mardi, 21 février 2017

Les jours d'après le vote du 12 février : Règlements de comptes à RIE III Corral

OK Corral.jpgOn a des plaisirs coupables, mais d'autant plus jouissifs qu'ils sont rares : par exemple lire et entendre les déclarations des porte-paroles de la droite (toute la droite, du PDC à l'UDC en passant par le PLR) après une défaite électorale. Comme celle d'il y a dix jours, sur la réforme de l'imposition des entreprises, dans la version des Chambres fédérales (qui en avaient fait un arbre de noël en accrochant à la proposition initiale du Conseil fédéral toute une série de boules et de guirlandes clignotantes pour faire joli aux yeux des "sociétés à statut" (et en particulier des multinationales). On a donc savouré le "nous avons perdu car le projet était mauvais" du président de l'USAM, l'udéciste Jean-François Rime, qui avait défendu mordicus ce "mauvais" projet pendant des mois, et dégusté le report de la faute sur Eveline Widmer-Schlumpf qui, en attaquant le projet aurait "fait la différence" en venant "polluer le débat", comme l'en accuse le président de la Chambre vaudoise de commerce et d'industrie. Qui en revanche ne se demande pas comment il se fait que les déclarations de l'ancienne Conseillère fédérale pèsent plus que celles de son successeur, Ueli Maurer, et de tous les ténors de la droite... Jouissifs lendemains de votation, on vous dit

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lundi, 20 février 2017

Présidentielle française : sac de nœuds et dilemme de gauche

gauche Gagner quoi, contre qui ?

A deux mois de l'élection présidentielle française, la seule hypothèse dont on puisse être à peu près certain qu'elle se réalisera est celle de la présence de Marine Le Pen au tour décisif -le second. Pour le reste, c'est-à-dire pour ce qui est de son compétiteur, plus rien n'est sûr, alors qu'il y a quelques mois encore tous les commentateurs et sagaces analystes se disaient assurés qu'en désignant son candidat, la droite démocratique désignait de fait le prochain président. Aujourd'hui, son candidat, François Fillon, n'occupe plus dans les intentions de vote que la troisième place, éliminatoire. Quant à la gauche, elle présente pas moins de quatre candidatures. Dont deux, celles de Hamon et de Mélenchon, se tiennent la barchichette à dix ou quinze points d'intentions de vote de Le Pen et Macron, et même encore derrière Fillon. Un candidat de gauche a-t-il encore la moindre chance d'être présent au deuxième tour de l'élection ? Et lequel ? Et sur quel projet ? Et pour quoi faire ? Etre élu ou mobiliser toute la droite contre lui, et derrière la candidate du Front National ?

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15:21 Publié dans élections, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gauche | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 février 2017

On s'est plantés sur Trump

Errare humanum est, ergo...

USA, TrumpOn a un aveu à vous faire. Une confession, même : finalement, Trump, on l'aime bien. Certes, on s'est profondément mis le doigt dans l'oeil en présumant qu'il ne ferait pas ce qu'il annonçait, qu'il ne tiendrait pas ses promesses, que sa pratique de président serait toute différente de sa pratique de candidat. Eh bien non : il fait ce qu'il avait dit qu'il ferait. Enfin, disons qu'il essaie de le faire. Trump est cohérent : il disait des conneries, pendant la campagne électorale, il les commet après l'élection. Et, pour peu qu'on ait à disposition quelque cynisme, et quelque propension à ricaner du malheur de quelques autres, c'est assez jouissif. ça ne dissipe pas les inquiétudes, mais ça aide à les surmonter. Une sorte d'antidépresseur politique, en somme. N'en abusons pas, mais n'y rechignons pas non plus : nous n'avons guère d'autre sous la main (quoique Fillon, peut-être...)

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13:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : usa, trump | |  Facebook | | | |

lundi, 13 février 2017

RIE III : Retour à l'envoyeur

rie iiiDa capo

Vendredi, "Le Temps" tirait sa dernière cartouche en proclamait en édito que la réforme de l'imposition des entreprises, version 3.0 (RIE III) "est un très bon projet qui permet l'équité fiscale entre entreprises, la fin des statuts spéciaux et une amélioration de la compétitivité du pays. Il se suffit à lui-même". A lui-même, sans doute. Et suffisant au "Temps", aussi. Mais pas aux Suisses et aux Suisses. Et même pas aux Genevois, dont on aurait pourtant pu attendre qu'ils votassent massivement en faveur d'une proposition dont les partisans clamaient que le refus allait provoquer l'exode massif des multinationales et autres sociétés à statut, grosses employeuses de contribuables locaux (et d'expatriés et de frontaliers, ce qui ne peut que rendre assez égayant le soutien que le MCG et l'UDC apportaient au projet finalement refusé). Le refus clair et net (à près de 60 % des suffrages) de la RIE III éclaircit le paysage politique, national et local. National, puisqu'en renvoyant le paquet à son expéditeur, le peuple le charge de lui en présenter un plus... présentable. Local, puisqu'on en finit avec la bouffonne "convention" que les partisans de la réforme fédérale voulaient faire signer aux "partis gouvernementaux", à commencer (parce que c'est eux qu'il fallait ligoter pour leur faire avaler la réforme cantonale) par les partis de gauche. Da Capo, on vous dit !

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mardi, 07 février 2017

RIE III : désolés, "la gauche bouge encore"

RIE III

Etre majoritaires, absolument

Titre de l'édito du "Temps"de jeudi dernier, à propos de la montée du "non" à la RIE III dans les sondages : "RIE III : la gauche bouge encore". On est désolés de faire de la peine au "Temps" (mais on le remercie quand même : l'édito n'était pas signé "éditorialiste masqué"), mais oui, "la gauche bouge encore" : elle (le PS en tête) a lancé le référendum contre la version de droite de la réforme de l'imposition des entreprise, l'a fait aboutir, a mené campagne (avec des moyens financiers ridicules si on les compare à ceux des partisans de la réforme), et elle peut gagner dimanche. Pas toute seule, évidemment (Ia gauche dans ce pays ne pèse qu'un petit tiers des suffrages, et il lui faut donc pour gagner une majorité détourner une partie de l'électorat de droite de son sillon), mais en ayant convaincu une partie importante de cette fameuse "classe moyenne", dont nul à vrai dire ne sait ce qu'elle est, que le projet qui lui est soumis est inacceptable. Un référendum, en effet, n'est pas une élection : on ne choisit pas un parti, on se prononce sur un texte. Et si on veut le renvoyer à son expéditeur, il ne suffit pas d'être relativement  majoritaire, il faut l'être absolument.

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jeudi, 02 février 2017

RIE III : Vers un retour du paquet piégé à l'expéditeur ?


RIE III Retour à l'envoyeur.JPGEncore un effort !

Nous partîmes un tiers et nous voilà la moitié (si l'on en croit les sondages, qui n'annoncent jamais ce qui va être voté, mais seulement ce qu'auraient voté les sondés le jour où on les a interrogés si le vote avait lieu ce jour là) : un sondage SSR donne le "oui" à 45 % et le "non" à 44 %, un sondage Tamedia donne le "non" à 47 % et le "oui" à 45 %. Suspense... Un tiers des électeurs PDC interrogés auraient voté "non" le jour du sondage, comme plus de 40 % des électeurs UDC et Verts libéraux, et la majorité des électeurs du PBD, alors que ces trois partis appellent à voter "oui". A force de confusion, de polémiques, de manipulations, d'obscurités et de prédictions délirantes, le camp du "oui" s'est effrité. Même l'ancienne ministre (de droite) des Finances fédérales, Eveline Widmer-Schlumpf, qui avait lancé la troisième réforme de l'imposition des entreprises, en désavoue le résultat : elle le trouve "déséquilibré", alourdi par des mesures d'accompagnement contestables, comme la déduction possible d'intérêts fictifs, et éloigné de l'objectif initial et fondamental d'abolir les avantages fiscaux offerts aux sociétés à dimension internationale. Encore un effort, citoyennes et citoyens, pour renvoyer à l'expéditeur ce paquet trop bien ficelé pour ne pas cacher quelque chose qui vous explosera à la figure...

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lundi, 30 janvier 2017

Large victoire de Benoît Hamon à la "primaire" socialiste : Coup de sac bienvenu

Benoit Hamon.jpgBenoît Hamon a donc été désigné comme candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, par (en gros) 60 % des suffrages, contre 40 % à Manuels Valls. Ce résultat clair, c'est celui d'un vote contre l'appareil du PS, même si Hamon avait reçu le soutien de notables socialistes, ralliés à lui entre les deux tours de la "primaire" (ou le soutenant depuis le début), et c'est une victoire des "frondeurs" et de l'aile gauche d'un parti qui sort quasi miraculé de cette "primaire". Le "coup de sac" bienvenu de la désignation de Hamon ouvre le jeu de la présidentielle, y réinstalle le PS et réinstalle le PS à gauche (il était temps). Mais elle le condamne aussi (il y a pire pensum) à devoir rassembler autour de sa candidature plus que les forces qui lui ont permis d'être désigné. Il est en meilleure position pour le faire qu'aurait pu l'être Valls, mais il est toujours flanqué sur sa droite d'un Emmanuel Macron en pleine ascension, et sur sa gauche d'un Jean-Luc Mélenchon -qui aurait d'ailleurs préféré avoir à faire à Valls plutôt qu'à Hamon. Il faut bien reconnaître que de choix, le PS français n'en a plus guère qu'entre la recomposition ou la décomposition. Cette clarification, acquise malgré lui, et largement contre lui, sera peut-être tenue pour l'un des rares legs positifs de François Hollande.

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mardi, 24 janvier 2017

"Primaire" de la gauche (mais pas toute) française : Tour de chauffe

valls-hamon-valls_5784063.jpgDonc, c'est Hamon (avec 36 % des suffrages) et Valls (31 %) qui sortent du (petit) chapeau de la primaire socialiste (et radicale de gauche, et un peu écolo) de dimanche. Exit Montebourg, qui ne donnait d'ailleurs pas vraiment l'impression de vouloir la gagner, cette primaire. On l'aimait bien, Montebourg. On l'aimait plus qu'on aimait ses positions politiques. Il appelle à voter Hamon au deuxième tour. Hamon et lui, cela fait une majorité si la totalité des suffrages de l'un s’additionnent à la totalité de ceux de l'autre. Et du fond de son lit d'hôpital, façon "Appel de Cochin", Martine Aubry appelle à voter Hamon. Ou à voter contre Valls, comme on veut. Dimanche, le PS aura un candidat à la présidentielle. Le troisième ou le quatrième candidat de gauche (on a déjà Macron -admettons qu'il soit de gauche- et Mélenchon Et Poutou, forcément). Coincé entre sa droite macroniste et sa gauche mélenchoniste, le PS ne joue même pas sa place au deuxième tour de la présidentielle, mais sa place au coeur de la gauche. En 1969, le candidat socialiste, Gaston Defferre terminait quatrième de la présidentielle, avec 5 % des suffrages, loin derrière le candidat gaulliste (Pompidou), le candidat centriste (Poher) et le candidat communiste (Duclos). On ne donnait plus très cher de l'avenir du parti socialiste. Deux ans plus tard, Mitterrand le prenait d'assaut, aidé par la gauche socialiste d'alors (le Ceres de Chevènement, Sarre et Motchane), s'y installait et le préparait à l'installer (et surtout à l'installer lui-même) au pouvoir. C'est résiliant, un vieux parti, et le PS, sous un nom ou un autre, a plus d'un siècle d'âge, en France, si on le fait remonter à la réunification opérée par Jaurès et Guesde, et près d'un siècle et demi si on le fait remonter à la première organisation politique socialiste...

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jeudi, 19 janvier 2017

Le Couronnement de Trump : Beauf Ier, Président

Trump, USADemain, vendredi, Donald Trump sera investi 45e Président des Etats Unis. Après-demain, samedi, des centaines de milliers de personnes manifesteront, non contre cette investiture, conforme au système baroque d'élection à la présidence d'un candidat ayant obtenu un moindre soutien électoral que sa concurrente, mais contre ce système, et contre le discours tenu par ce candidat élu, et contre une bonne partie de son programme*. La cérémonie d'investure elle-même sera d'ailleurs boycottée par des élus démocrates à la Chambre des Représentants, qui dénoncent les attaques de Trump contre l'un des leur, John Lewis, 76 ans, Représentant de la Géorgie, figure de la lutte pour l'égalité entre "noirs" et "blancs", co-organisateur de la fameuse Marche pour l'Egalité en 1963, accusé de n'avoir que de "belles paroles" à offrir à ses concitoyens. "Je ne veux pas contribuer à légitimer un homme qui ment à profusion, insulte quiconque n'est pas d'accord avec lui" et manque de respect pour les femmes, résume le démocrate Don Beyer (ancien ambassadeur en Suisse). Eh oui, Beauf Ier sera dès demain président des Etats-Unis...

* En Suisse, la "Marche des Femmes pour la Dignité" s'inscrira, au même moment, à Genève, dans le même refus du mépris des femmes et des minorités que la marche de Washington expérimera : Rendez-vous à 11 heures au Jardin Anglais pour une marche close par un rassemblement au Quai Wilson à 12 heures 30

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mercredi, 18 janvier 2017

Convention de mise en oeuvre cantonale de la RIE III : Tais-toi et signe ?

RIE III

Un peu plus d'une centaine de socialistes réunis en assemblée générale ont décidé lundi soir de ne pas signer la "convention" entre partis gouvernementaux favorables au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la RIE III (ouf, ça, c'est de la phrase !). Mais on a quand même mis trois bonnes heures pour savoir si on disait NON à la convention ou NON à la signature de la convention...  Finalement on a, péniblement, dit NON à la signature de la convention. Du moins pas maintenant. On aurait évidemment préféré dire carrément NON à la Convention elle-même (et donc au projet du Conseil d'Etat), voire même qu'une majorité lui dise OUI (être minoritaires ne nous déprime pas vraiment), et avoir une position claire à défendre ou à combattre (on se serait gênél, tiens...) mais on fera avec ce simple refus de signature : comme la Convention entre partis gouvernementaux n'était supposée être valide que si tous la signaient hier, et que ni le PS ni les Verts ne l'ont signée, il ne devrait plus y avoir de convention, sauf entre le PLR, le PDC et le MCG, ce qui ne changerait pas grand-chose aux front en présence. A moins que les entreprenants auteurs du papier que le PS n'a pas signé hier (pas plus que les Verts)  ne décident finalement de la mettre au frigo en attendant le résultat du vote de février prochain sur la réforme fédérale sur laquelle s'appuie la réforme cantonale.  C 'est clair ? Bon, d'accord, ça mérite peut-être une chtite clarification...

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mardi, 17 janvier 2017

La monnaie de singe de la droite genevoise

Carte de pauvre.jpg

Y'a bons


A Genève, l'Hospice Général a traité l'an dernier un nombre record de dossiers d'aide financière (ils étaient déjà 13'000 en 2015) et 13 % de la population  bénéfice d'une aide sociale (cette proportion étant stable dans une population en augmentation, cela signifie que plus de gens vivent dans la précarité) mais selon Caritas, un tiers des personnes ayant droit à une aide sociale ne la demandent pas. Cette pauvreté se concentre dans les villes, et particulièrement dans la Ville. Sur les 71 secteurs du canton de Genève qui présentent des signes importants de précarité, et donc de risques de pauvreté, 44 sont situés en Ville de Genève : ils sont tous caractérisés par un revenu annuel median faible, une proportion importante d'enfants scolarisés d'origine sociale modeste, une forte concentration de bas revenus et de chômeurs et un pourcentage élevé de bénéficiaires de subsides sociaux -du genre de celui que la droite municipale genevoise propose de verser désormais sous forme de bons, c'est-à-dire en monnaie de singe. Le président de Caritas, Dominique Froidevaux, constate qu'en Suisse, "mesurer la pauvreté n'a jamais été une priorité politique". En revanche, pour la droite municipale, dissuader les pauvres de faire valoir leurs droits en est une.

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lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

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vendredi, 13 janvier 2017

Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

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jeudi, 12 janvier 2017

Partis socialistes français et suisse : Y'en a presque point comme nous.

socialisme, social-démocratieCe soir, à la télé française, sept socialistes feindront de débattre dans le cadre d'une "primaire de gauche" -qui ne concerne d'ailleurs plus qu'une partie de la gauche- au terme de laquelle sera désigné le candidat du PS à l'élection présidentielle de la fin du printemps prochain. Sept candidats, dont quatre anciens ministres (et même un ancien Premier ministre) de François Hollande, qui vont sans doute faire ce qu'ils peuvent pour se distancer du bilan d'un quinquennat jugé par une écrasante majorité de Françaises de Français comme assez calamiteux, mais dont ils ont été, pour un temps au moins (mais jusqu'au bout pour Manuel Valls) des acteurs. Autant dire que le vainqueur de la "primaire" du PS et de ses satellites ne sera pas désigné pour succéder à François Hollande, ni même, sans doute, pour se retrouver au deuxième tour de la présidentielle, mais pour tenter de maintenir au sein de la gauche française le primat d'un parti coincé entre le social-libéralisme à la Macron et la social-démocratie de gauche de Mélanchon. Certes, le PS français survivra à sa crise (il a survécu à toutes, et même à ses propres errements, depuis sa fondation par Jaurès et Guesde, il y a un siècle), et ses deux concurrences sur ses deux flans sont plus des mouvements que des partis, mais à voir l'état dans lequel le quinquennat de Hollande l'a laissé, on se sent tout de même mieux en ce moment au PS suisse qu'on se sentirait au PS français. C'est notre "y'en a point comme nous"... "Point", ou presque : n'oublions pas le Labour de Corbyn, et même le courant socialiste de Sanders.

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dimanche, 01 janvier 2017

Fin (enfin) d'une année de merde


De Profundis

On ne regrettera pas l'an de disgrâce 2016. Et on ne changera pas non plus de calendrier pour l'extirper de nos mémoires embuées par le champagne et embourbées dans le foie gras des libations de fin d'année. 2016, année de Trump, de Poutine, du Brexit, de la Syrie exsangue... Dies Irae ? Dies, on a comme un doute, mais irae, certainement. De Profundis, en tout cas. Et puis quoi ? Cette année morte n'est ni la première ni la dernièr, que scandent nos défaites. Nous avons survécu aux autres, nous survivrons à celle-là. Nous ne sommes pas résignés, nous sommes patients. Et nous avons de la mémoire.

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jeudi, 22 décembre 2016

Budgets de la Ville et du canton : Genève et Genève sont dans un bateau...

Jetdeautordu.jpgChouette ! une nouvelle séance du Conseil Municipal de la Ville de Genève, aujourd'hui, pour adopter (ou refuser) le budget 2017 qu'on n'a pas été foutus d'adopter (ou de refuser) il y a deux semaines. A deux jours de noël (la séance peut durer toute la nuit : quand on aime, on ne compte pas son temps), nous préparera-t-on au moins une crèche dans la salle des séances ? Parce qu'on a tout ce qu'il faut : Pour l'âne et le bœuf, on a même l'embarras du choix. Pour Joseph, on devrait pas avoir de difficulté à trouver un cocu consentant. Pour Marie, c'est plus problématique : même au Conseil Municipal de la Ville, une vierge en cloque, ça se trouve pas facilement. Pour les rois mages, on verra sur place.  Et pour le chti Jesus, on suggère le chti MCG qui roupille déjà pendant toutes les séances... Ouala, on est au complet. On peut chanter "il est né le divin budget". Né, ou mort-né. Mais va falloir chanter fort pour couvrir les pleurnicheries du PLR brimé par la méchante Sandrine qui fait rien qu'à pas vouloir faire ce que le PLR voudrait qu'elle fasse, qu'elle n'a pas été élue pour faire, qu'elle ne fait donc pas et que le PLR qui trépigne d'impuissance électorale devant la porte du Palais Eynard depuis le départ de Pierre Maudet pour la Tour Baudet, ne peut pas faire.

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mercredi, 21 décembre 2016

Projet de convention entre partis "gouvernementaux" sur la RIE III : Silence dans les rangs !

libertepresse.jpgComment museler des partis politiques en leur faisant signer une "convention" par laquelle ils s'engagent à ne plus bouger pendant de années ? ça s'appelle un Projet de Convention relatif aux modalités de mise en œuvre de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), et c'est proposé par le Conseil d'Etat genevois aux partis dont des membres siègent en son sein, c'est-à-dire le PLR, le PDC, le PS, les Verts et le MCG (on trouvera le texte de la chose sur internet à l'adresse http://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/). Le PS se prononcera le 16 janvier en assemblée générale sur cette sorte de capitulation en rase campagne référendaire. Le Comité directeur propose de dire "non". C'est bon d'être accord avec le comité directeur de son parti. D'accord, faut pas en abuser, mais c'est bon...  D'autant que même si, par accident, inadvertance ou gueule de bois prolongée après les fêtes de fin d'année, une assemblée générale des socialistes genevois avalisait la proposition gouvernementale d'"Union Sacrée pour la RIE III", cet aval (ou cet avachissement) ne vaudrait que le temps qu'une autre assemblée générale l'envoie promener. Cela s'appelle un fonctionnement démocratique. Et ça exclut le port de la muselière. Même accepté dans un moment d'égarement.

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16:15 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii, ps | |  Facebook | | | |

mardi, 13 décembre 2016

Pannes informatiques, intellectuelles et politiques : Genève en panne de budget

ARAIGNEE.jpgLa majorité de droite dilatée du Conseil Municipal de la Ville de Genève a une ligne. Une ligne de quoi, on ne sait pas, mais une ligne. Pour la deuxième année consécutive (et cette fois avec l'apport d'Ensemble à Gauche et de cinq Verts pour compenser la défection du PDC), elle empêche la Ville d'avoir un budget à temps pour éviter les « douzièmes provisionnels » (le budget de l'année précédente découpé en tranches mensuelles tant qu'un budget annuel n'a pas été adopté). On en vient d'ailleurs à se demander pourquoi ces « douzièmes provisionnels » ne deviennent pas la procédure budgétaire par défaut. Et on se réjouit déjà des (d)ébats budgétaires de l'année prochaine et des deux années suivantes (puisque la « législature » est désormais quinquennale), et de ce que la droite dilatée et ses alliés d'occasion nous inventeront pour ne pas avoir à faire leur boulot... Donc samedi, une panne informatique perturbant les votes s'étant ajoutée à une panne intellectuelle les rendant sans objet, il s'ensuivit une panne politique privant la Ville de budget pour l'année prochaine. Du moins jusqu'à ce que la majorité de son  Conseil municipal, même dilatée jusqu'à feue l'"extrême-gauche", condescende, même difficilement, à faire le travail pour lequel elle a été élue. Mais restons optimistes : peut-être que d'ici janvier... ou en février... ou en mars... ou le 1er avril, un sursaut de conscience politique dotera la Ville d'un budget. Peut-être.  Mesuré est notre optimisme.

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16:06 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ville de genève, conseil municipal, budget | |  Facebook | | | |