mardi, 09 décembre 2014

Répartition des tâches entre les communes et le canton de Genève : Petit rappel de quelques principes...

Il y a deux semaines, le Conseil municipal de la Ville de Genève a renvoyé en commission un projet de règlement déposé par les Verts et "Ensemble à Gauche", concernant la capacité d'intervention du Conseil Municipal dans les "négociations" entre les communes et le canton sur la répartition des tâches et des compétences entre les unes et l'autre. On revient donc sur les propositions (admettons qu'elles vaillent la peine d'être considérées comme telles) faites dans ce cadre par le mirifique gouvernement genevois. On vous fera grâce d'en prendre prétexte pour vous gratifier d'un exposé sur le projet anarchiste de remplacement de l'Etat par la libre association des communes, pour nous en tenir à un rappel des principes constitutionnels et des lois qui en découlent.  Ce n'est pas que l'actuelle constitution  genevoise soit un modèle d'audace et d'imagination politiques, c'est simplement que c'est le texte sur lequel le gouvernement cantonal est supposé s'appuyer pour organiser la répartition des tâches et des ressources entre collectivités publiques -et en l’occurrence, entre communes et canton. Et que ce texte garantit "l'autonomie des communes", proclame le principe de "subsidiarité" et pose comme méthode celle de la concertation...

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vendredi, 05 décembre 2014

Reconnaissances européennes de l'Etat palestinien : A quand un geste de la Suisse ?

A une très large majorité (toute la gauche), le Parlement français a adopté mardi une résolution socialiste (certes non contraignante) enjoignant au gouvernement de reconnaître officiellement l'Etat Palestinien. En octobre, le Parlement britannique avait déjà fait de même, et le gouvernement (social-démocrate) suédois avait même procédé à cette reconnaissance officielle, la Suède étant le premier pays d'Europe occidentale (et le 135ème au monde) à le faire. "Les conditions de la reconnaissance d'un Etat palestinien ne sont pas réunies, plaident les adversaires de cette reconnaissance. Ces conditions étaient-elles mieux réunies lors de la reconnaissance de l'Etat d'Israël, en 1948 ? Avait-on attendu "la paix" pour le reconnaître ? Contrôlait-il la totalité de son territoire ? Les Etats qui reconnurent alors Israël étaient alors bien moins sourcilleux sur les conditions de cette reconnaissance (il est vrai que nombreux étaient ceux qui avaient à faire oublier leur indifférence, voire leur complicité, à la Shoah) que certains aujourd'hui à l'égard de celle d'un Etat Palestinien. Cet Etat palestinien que  135 Etats reconnaissent aujourd'hui, comme la plupart d'entre eux reconnaissent aussi l'Etat d'Israël. La Suisse n'est pas de ces 135 Etats. Peut-elle différer encore longtemps de s'y adjoindre ?

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mercredi, 03 décembre 2014

Transports publics genevois, fonction publique, budget du canton : SchwarzPeter in Genf

touche pas a mes TPG.JPGDemain, comme nul en Romandie ne peut l'ignorer, les Transports Publics Genevois devraient être en grève, malgré un début de commencement de négociation «  encourageant », selon les syndicats. « Qui pilote le droit de grève dans les services publics et aux TPG ? », s'interrogentla Communauté genevoise d'Action Syndicale et le Cartel Intersyndical des services publics. Réponse : personne. Les syndicats négocient, organisent la grève, exercent le droit de grève -mais leurs interlocuteurs,à commencer par le gouvernement,, jouent à propos de la grève comme à propos du financement du service public, au très vieux jeu du « SchwarzPeter », où il s'agit de se débarrasser le plus vite possible d'une carte (le « Pierre noir ») en la refilant au voisin. Le gouvernement renvoie les syndicats au Conseil d'administration des TPG, ou à leur direction qui les renvoie au Conseil d'administration, avec qui les syndicats négocient mais qui les renvoie quand il peut au parlement ou au gouvernement qui les renvoie au parlement qui les renvoie au gouvernement. Lequel est lui aussi, dans ce conflit comme dans d'autres, en grève. Mais depuis un an. Et sans aucun service minimum.
Demain jeudi, à 16 heures 30, devant l'Hôtel-de-Ville, à l'appel de tous les syndicats genevois, on se rassemblera pour soutenir la grève des TPG et les actions de défense du service public. Y'a urgence.

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lundi, 24 novembre 2014

Répartition des tâches entre communes et canton : Le bailli nous la baille belle


autonomie Ville.jpgLe Conseil Municipal de la Ville de Genève se réunit en séance extraordinaire aujourd'hui, sur convocation d'une vingtaine de ses membres (les groupes Ensemble à Gauche et Verts) pour débattre de la répartition des tâches entre communes et canton, et plus précisément d'un projet de "règlement municipal relatif à la répartition des tâches entre communes et Canton" présenté par le groupe "Ensemble à Gauche". Projet mal fichu, et à reprendre, mais débat légitime, et à tenir, car le sujet est à la fois d'importance et d'actualité. D'importance, puisque cette répartition détermine la capacité d'agir de la commune et borne le champ de son action (cela vaut pour toutes les communes, indépendamment de leurs majorités politiques et de leurs moyens financiers). Et sujet d'actualité, puisque le Conseil d'Etat a produit un avant-projet de "loi-cadre" qu'il fait mine de soumettre à consultation auprès des communes. Drôle de "consultation" : sans concertation ni négociation, réduite une "prise de température" par un questionnaire bâclé, scolaire et confus. A renvoyer à son expéditeur avec prière instante de faire correctement son boulot, en respectant la Constitution.

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vendredi, 21 novembre 2014

Au lendemain de la grève des Transports Publics Genevois : Gueule et langue de bois (de justice) à droite

 

TPG, grève

C'est fou ce que ça peut être révélateur, une grève réussie -et on ne parle pas là de la capacité des travailleurs et de leurs syndicats à l'organiser, et de la gauche à la soutenir, mais des réactions qu'elle suscite à droite. La « Tribune de Genève » de mardi annonçait le « chaos » -mais « chaos » il n'y eut point. Sinon dans la masse de déclarations à la mord-moi-le-tram qui ont salué la « grève à la française ». Toute déçue de ce que les syndicats opposés à la grève n'aient pas pour autant accepté de la casser, que la police ne soit pas intervenue contre les piquets et que le chaos annoncé ait fait défaut, la droite nous fait un gros caca nerveux : Pour le PLR, la grève est « scandaleuse et totalement anti-démocratique »... Antidémocratique, l'usage d'un droit constitutionnel  ?  C'est vrai que dans la constitution libérale de 1815, y'avait pas le droit de grève. Mais bon, deux cent ans et deux constitutions plus tard, faut vous y faire, les gars : la démocratie a progressé. Avec le droit de grève.

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mardi, 18 novembre 2014

PS français : Il va bien falloir choisir...

Levez-vous, orages nécessaires...

En France, le « virage » social-libéral désormais assumé par Hollande et Valls a réduit la base parlementaire et la base populaire de la présidence et du gouvernement en place à un tel (bas) niveau que seuls l'appel à la discipline de parti et le réflexe légitimiste des élus empêche encore l'éclatement du PS français. Et on dit bien l'éclatement, pas la dissolution : l 'éclatement entre un parti « démocratique » à l'italienne et un parti socialiste (ou social-démocrate, puisque quoique n'ayant jamais assumé cette filiation, le PS français a toujours été un parti social-démocrate, même quand il aimait jouer avec des références révolutionnaires). Un tel éclatement serait sans doute clarificateur du choix entre deux lignes que leurs tenant savent inconciliables, même s'ils se refusent à tirer les conclusions de cette certitude. Entre Hollande et Valls d'un côté, Montebourg, Veillon et Aubry de l'autre, il va pourtant bien falloir choisir. Avant ou après une défaite électorale ? Levez-vous, orages nécessaires !

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mardi, 11 novembre 2014

Catalogne : Simulacre de référendum ou référendum sur le référendum ?

catalunya.jpgIllégal ? Légitime !

Dimanche, en Catalogne, lors de ce que ses adversaires considéraient comme un « simulacre de référendum » et qui s'avère avoir été une sorte de « référendum sur le référendum », les votants ont massivement répondu « oui » aux questions « La Catalogne doit-elle être un Etat ? » et  « cet Etat doit-il être indépendant ? » (de l'Espagne). La consultation catalane succède à une consultation écossaise portant sur la même revendication indépendantiste, mais légitimée, elle, par le gouvernement britannique -qui y risquait pourtant gros, et sentit passer le vent du boulet.. Récusée par le gouvernement central et la Cour constitutionnelle espagnols, maintenue sous une forme ambiguë (sans portée juridique, mais avec une lourde portée politique) la consultation catalane n'était peut-être pas légale, mais elle était légitime, Une légitimité confirmée par la participation de deux millions de personnes, sans lesquelles ce « référendum sur le référendum »  n'aurait été qu'une mise en scène.

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lundi, 10 novembre 2014

OPA arnaqueuse sur l'écologie : Ecopop, ou la catatonie environnementale

dev_durable.jpgC'est-y pas plus clair comme ça ? Dans la « Tribune de Genève » du 6 novembre, c'était l'avocat d'extrême-droite Pascal Junod qui était commis à la défense de l'initiative « Ecopop » et à l'attaque des écolos qui ne la soutiennent pas. Il semble bien pourtant que certains prennent encore ce projet xénophobe pour un manifeste de la décroissance... Or de quoi nous parle Ecopop, non dans son exposé apologétique (et apodictique), mais dans le texte soumis au vote populaire ? De population ? oui, mais de population immigrante. De planning familial ? Oui, mais de familial ailleurs, et le plus loin possible. Et en Suisse, et au comportement des Suisses (de souche, de résidence ou d'importation), quels changements propose-t-elle ? Aucun. Ecopop ne dit rien de l'aménagement du territoire, rien de la politique des transports, rien de la consommation intérieure, rien de la production et de la consommation d'énergie : hors de son obsession démographique, Ecopop est catatonique.          

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jeudi, 06 novembre 2014

Transports publics et mobilité douce : entre plébiscite populaire et sabotage parlementaire

19.jpgIl n'était ni un sondage, ni une enquête scientifique, le questionnaire à Lulu, mais c'est une gentille petite claque que les réponses qui y ont été données adressent aux mauvaises odeurs, au TCS, à l'ACS, à Feu Vert et au MCG -pour une fois vert, mais de rage... Questionnés en septembre sur la «  mobilité », Plus de 12'000 Genevois-ses y ont répondu et plébiscitent transports publics et mobilité douce. Il ne reste plus qu'à traduire ça en actes politiques, qu'aucun sondage ne remplacera jamais, et en choix clairs, qui devront bien s'éloigner du mantra constitutionnel sur la fumeuse « liberté de choix du mode de transport ». Oui, notre optimisme est parfois déconcertant... D'autant qu'au moment où on apprenait que les réponses au questionnaire de la Direction des Transports soutenaient une priorité aux transports publics, on apprenait aussi que la Commission des Transports du Grand Conseil soutenait un «  contrat de prestation » des Transports Publics Genevois réduisant leurs prestations et leurs places de travail au lieu de les renforcer, cela pour se venger de l'adoption réitérée de l'initiative populaire imposant une baisse des tarifs des TPG, et la faire payer aux usagers (et au personnel) plutôt que s'en servir pour renforcer l'attractivité des transports publics...

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mercredi, 05 novembre 2014

Retrouver l'inspiration d'un renouveau de l'internationalisme ? L'an prochain à Zimmerwald...

 

socialisme, internationalisme, Zimmerwald

La Jeunesse Socialiste suisse réfléchit à une commémoration du centenaire de la conférence de Zimmerwald, qui avait réuni en septembre 1915, dans la campagne bernoise, à l'inititiative de socialistes suisses et italiens, des représentants de la gauche socialiste européenne, opposée aux « unions sacrées » passées dans les Etats en guerre entre les partis socialistes et sociaux-démocrates, les partis de droite, les gouvernements et les armées au nom de la « défense nationale », deux ans après que le congrès de Bâle de l'Internationale ait solennellement proclamé que si la guerre éclatait en Europe, les partis socialistes et les syndicats y répondraient par une grève générale à l'échelle du continent. On conviendra donc que pour trouver en 2015 l'inspiration nécessaires à un renouveau de l'internationalisme et de la lutte contre les nationalismes, le centenaire de Zimmerwald vaut mieux que le demi-millénaire de Marignan...

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mardi, 04 novembre 2014

Bidouiller les chiffres pour sauver les privilèges fiscaux : La louche des Tartuffes et la soupe des forfaits

Hier, les Argentiers cantonaux romands n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour estimer la perte fiscale qu'ils font mine de prévoir en cas d'abolition des forfaits fiscaux : un milliard de francs. Et d'autres chiffres servis avec les mêmes mines d'enterrement (de la prospérité) sont évoqués par les partisans de cette « imposition sur la dépense » : 22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus...  Les comités Théodule (dont un pathétique « Sauvons Genève de la misère ») qui à Genève appellent à sauver ce privilège fiscal argumentent avec le même souci de la crédibilité des chiffres : en les balançant à la louche, en les arrondissant au milliard supérieur, sans donner plus que les conseillers d'Etat de sources crédibles à l'appui de leurs estimations. Et puis, même s'ils avaient raison, même si leurs chiffres étaient crédibles et leurs alarmes fondées, à qui la faute ? Qui a fait perdre à Genève, depuis des années, plus de rentrées fiscales en distribuant des cadeaux aux multinationales (et ce n'est pas fini) et aux grosses fortunes que tout ce que rapportent l'ensemble des « forfaits fiscaux »  ? Qui, sinon ces Tartuffes menant campagne à la louche contre l'équité fiscale ?

«  Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques »

Les chiffres donnés par les partisans des forfaits fiscaux sont donc bidouillés à la varlope, pour faire joli (on  se reportera pour avoir une idée de ce bidouillage à l'article du Temps d'hier : «  Des chiffres discutables à l'appui des forfaits »). Et encore : même revus à la baisse, ces chiffres se basent tous sur une double hypothèse absurde : celle d'abord du départ massif de Suisse, en cohorte, de tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux, et celle ensuite de leur non-remplacement par des contribuables «  normaux », quoique riches -mais de ce genre, honorable, de riches contribuables qui, à l'instar de Metin  Arditi, ne voient pas pourquoi ils devraient bénéficier d'un privilège fiscal en sus de tous ceux liés, déjà, à leur richesse. En réalité, dans les cinq cantons où ils ont été abolis, les caisses publiques n'ont pas subi de perte, et si une partie des bénéficiaires de ce cadeau ont effectivement quitté les cantons qui ont renoncé à leur offrir, d'autres sont restés et ont été soumis à l'impôt « normal », plus élevé, et plus nourrissnt des collectivités. A Bâle-Ville, à Bâle-Campagne, à Zurich, dans les Rhodes extérieures d'Appenzell et à Schaffhouse, les finances publiques ne se portent pas plus mal après la suppression de «l'imposition sur la dépense» qu'avant. Si une majorité (mais pas la totalité) des « forfaitaires » de Bâle-campagne sont partis, la majorité de ceux de Bâle-Ville et de Zurich (et d'Appenzell) sont restés..

22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus... d'où sortent les chiffres brandis comme des épouvantails (à pigeons) par les partisans des forfaits fiscaux ? essentiellement d'une « enquête » bidon opérée en 2009 par un lobby partisan des « forfaits fiscaux » sur 126 contribuables en bénéficiant. Un échantillon sans aucune représentativité, et une estimation fondée de la plus grossière des manières : en multipliant la moyenne des chiffres donnés par ces 126 personnes par le nombre total des bénéficiaires des forfaits fiscaux. On se croirait au dépouillement des élections nord-coréennes -mais non, on est dans une campagne de votation en  Suisse...
Il est vrai qu'en certains cantons, certaines communes (dont celles qui financent la campagne en faveur des forfaits fiscaux et la manifestation organisée à Berne par leurs partisans), la Suisse tient de la république bananière (l'expression renvoie à ces Etats d'Amérique du Sud totalement dépendants d'une seule activité, d'une seule ressource, d'un seul contributeur : United Fruit dans le Guatemala narré par Asturias, par exemple...) : Ainsi, Crans Montana à elle seule comptait plus du tiers (500) de tous les forfaits fiscaux (1389) du Valais en 2013, et son budget en est totalement dépendant : « Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques », résume le Maire de Lens... Et à Genève, selon le ministre des Finances cantonal, on passerait d'un « équilibre très fragile» à une situation au bord de la rupture... Mais qui est responsable de cette situation ? Ceux qui pratiquent la «duoculture» du cadeau fiscal et du tourisme (comme en Valais) ou de la finance (comme à Genève), ou ceux qui, comme les initiants de La Gauche et du PS genevois, proposent le 30 novembre un autre développement et défendent l'équité fiscale?

Le Conseiller d'Etat Serge dal Busco se lamente de l'«hostilité anti-riches» qu'il voit monter ? Il ferait mieux de se demander vraiment pourquoi elle monte, et si les défenseurs des privilèges n'en sont pas un tantinet responsables...

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lundi, 03 novembre 2014

Déclinisme, décadentisme et catastrophisme au menu : Déprime time

Il y a comme cela, régulièrement, des bouquins dont on cause tellement dans tous les media possibles qu'on a l'impression de les avoir déjà lus alors même qu'on n'en a pas tourné la première page, et qu'on n'en a même pas envie. Ce buzz nous avait dissuadés de décoder le Da Vinci, d'aller au-delà de la première nuance de Grey, de célébrer un autre Dicker que Jacques ou de nous abîmer dans les règlements de compte adultérins de Valérie Valérie Trierweiler, il nous dissuade aujourd'hui de prendre, ou de perdre, pour lire Eric Zemmour la plus petite part du temps que nous consacrons à relire Dostoïevski. Pourtant, il faudrait peut-être que nous nous résignions à ce sacrifice, puisqu'on nous serine que le succès du pavé de Zemmour, « Le Suicide français », est « révélateur ». Reste à savoir de quoi... d'un temps de déprime politique, en tout cas, mais encore ?

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vendredi, 31 octobre 2014

Répartition des tâches entre Genève... et Genève : Musclor fait de la gonflette

Musclor.jpgLe gouvernement genevois est pressé : il a princièrement laissé un délai d'un mois aux 45 communes du canton, et à leur association pour « apporter leurs commentaires » sur un avant-projet de « loi-cadre fixant les principes de la répartition des charges entre communes et canton » ou « émettre d'autres propositions » que celles qu'il fait (http://ge.ch/communes-canton/consultation-communes). Le Conseil d'Etat veut déposer son projet de loi avant la fin de l'année, et les lois concernant les propositions spécifiques en 2015. Et il menace, si les communes ne lui répondent pas dans le délai qu'il a fixé, d'avancer sans elles. Il a pourtant jusqu'en 2018 pour le faire -mais non : il a le feu aux « doublons », et il veut brusquer les choses, au point de rendre publiques ses propositions alors qu'il avait convenu avec les communes de ne pas le faire avant qu'elles aient pu se prononcer. Que fait un gouvernement sans projet et sans imagination pour se donner l'apparence d'en avoir ? Il fait le chef, il donne des ordres et fixe des délais. Musclor montre ses muscles -mais on voit surtout la gonflette.

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mardi, 28 octobre 2014

Si les forfaits fiscaux étaient abolis (ou plutôt : quand ils le seront...) : L'exode, vraiment ?


    Le premier sondage sur les intentions de vote à propos de l'initiative de La Gauche pour l'interdiction des forfaits fiscaux au plan suisse est certes encourageant, mais il reste un mois avant le vote, et la droite s'est mise en ordre de bataille pour prêcher le refus d'une proposition qu'elle présente comme quelque chose tenant du cataclysme économique et social. Certes, ce n'est pas la première fois qu'elle nous fait le coup, et on y est habitués, mais on est aussi habitués à ce que, sauf exceptions (l'initiative Minder, par exemple), ces prophéties de malheur trouvent suffisamment preneurs pour transformer des tendances favorables en décisions défavorables (sur la caisse publique, par exemple...). Donc, à entendre les défenseurs des forfaits fiscaux, leur abolition entraînerait l'exode de tous les contribuables qui en bénéficient. Tous, sans exception. Dans un exode massif, qui coûterait un milliard de recettes fiscales, trois milliards de consommation intérieure, 22'000 emplois et un demi-milliard de mécénat. Pas moins. L'Exode, on vous dit. Avec les sept plaies d'Egypte en option ?

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14:24 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : forfaits fiscaux, impôt | |  Facebook | | | |

lundi, 27 octobre 2014

Dilemme démocratique au menu : Que faire des initiatives populaires contraires au droit international ?

Reçue par le président de la Cour européenne des droits de l'Homme, Simonetta Sommaruga lui assurait début septembre que la Convention dont la Cour assure le respect était devenue «partie intégrante de l'ordre juridique suisse». Certes, mais des initiatives contraires aux dispositions de la Convention sont, elles aussi, devenues « parties intégrantes de l'ordre juridique suisse » dès lors qu'elles ont été acceptées par la majorité du peuple et des cantons... Or le parlement a déjà le pouvoir (c'est la constitution qui le lui donne) de déclarer une initiative irrecevable, mais la dernière initiative populaire fédérale ainsi soustraite au vote date ainsi d'il y a près de 20 ans et elle était de gauche : en 1996, l'initiative « pour une politique d'asile raisonnable », émanant des milieux de défense du droit d'asile, avait ainsi été poubellisée par le parlement -qui ne prenait pas de risque, la défense du droit d'asile n'étant pas la cause la plus populaire dans ce pays. Dilemme démocratique : un vote populaire peut-il s'abstraire du droit en vigueur, quand ce droit a lui-même été ratifié par un autre vote populaire ?

De l'initiative populaire comme pétition

Les initiatives populaires, qui servaient plutôt, depuis l'instauration de la « démocratie de concordance » (et. avant elle, de la « paix  du travail »), à présenter au peuple des propositions rationnelles mais impossibles à présenter au parlement pour cause de rapport de force politique insurmontable, tiennent désormais de la pétition, utilisées pour exprimer des positions radicales (de gauche, comme l'initiative 1:12, ou de droite, comme les initiatives xénophobes de l'UDC) dont les tenants n'ignorent pas qu'elles sont incompatibles avec l'ordre juridique existant (dont les traités internationaux font partie) et qu'elles sont donc inapplicables sans remise en cause fondamentale de cet ordre -ce que l'UDC s'apprête à faire en lançant une initiative proclamant la primauté du droit national sur le droit international.  Le parlement fédéral, qui a longtemps ignoré cette évolution de l'usage du droit d'initiative, semble vouloir la prendre en compte : la commission des institutions politiques du Conseil des Etats a ainsi, sur la base d'une proposition des Evangéliques (soutenus par la gauche),  rédigé un rapport sur les critères de recevabilité, et a contrario d'invalidation, des initiatives populaires.

Actuellement, le pouvoir d'annulation d'une initiative populaire par le parlement se limite à l'examen de deux critères, celui de l'unité de forme et de matière et celui de respect du droit international public impératif. La commission du Conseil des Etats propose d'y ajouter les critères de non-discrimination, de proportionnalité et de non-rétroactivité. Les signataires d'une initiative populaire déclarée irrecevable par le pèarlement en seraient certainement frustréls. mais « je préfère décevoir 100'000 signataires (en annulant l'initiative) qu'un million et demi de votants » en n'appliquant pas une initiative acceptée par le peuple, répond Robert Cramer.
Pourquoi le parlement n'use-t-il pas du pouvoir dont il dispose déjà ? Sans doute par peur de la réaction des initiants : 100'000 signatures (au moins) au bas d'un texte, dans un pays de cinq millions d'électrices et d'électeurs, c'est un poids politique qu'on ne néglige pas quand on est soi-même élu-e par le peuple. Surtout quand on a passé son temps à proclamer qu'il fallait lui « faire confiance », au peuple. Même l'idée du Conseil fédéral de prévenir, sur les listes de signatures, que l'initiative que l'on s'apprêterait à signer est probablement contraire au droit supérieur a été rejetée par le parlement. On en reste donc avec, incorporés au droit national, des textes contraires au droit international, et donc inapplicables puisque ce droit est, dans l'ordre juridique supérieur au droit fédéral, comme le droit fédéral est supérieur au droit cantonal...

Vexée de se retrouver dans cette situation d'avoir gagné des votes populaires impossibles à traduire en droit effectif, l'UDC a décidé samedi dernier de lancer une initiative pour instaurer la primauté du droit suisse sur le droit international. Et y'a une idée à creuser là : tant qu'on y est, on pourrait lancer, par exemple à Genève, au nom du principe de subsidiarité, une initiative instaurant, la primauté du droit cantonal sur le droit fédéral, du droit municipal sur le droit cantonal et du droit individuel de ceux qui s'accordent tous les droits sur le droit public qui prétend les limiter aux droits des autres ?

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vendredi, 24 octobre 2014

On vous dit ça, mais c'est juste histoire de dire autre chose des élections municipales...

Votez pour vous !

Et si on parlait des élections municipales à venir autrement qu'en prêchant pour sa paroisse ? Si on parlait de la commune avant que de parler des élections ? Selon un beau et solide lieu commun, la commune est « le premier échelon de la démocratie ». Certes. Mais cette affirmation ne renvoie pas à la structure institutionnelle : elle fait référence à la pratique même de la démocratie, d’une démocratie vivante, enracinée, portées par les gens et portant sur des enjeux concrets. La commune est un lieu, le premier et le plus important, d’expérimentation politique, de mise en œuvre des procédures démocratiques sur ce qui a immédiatement des conséquences concrètes sur la vie même des habitants. C’est dire  que toute restriction des compétences de la commune est une restriction de la démocratie, et que toute tentative de suppression de ce « premier échelon de la démocratie » est une tentative de suppression de la démocratie elle-même, là où elle a un contenu vérifiable sur le terrain, et donc là où elle est subversive de l’ordre social – de tout ordre social, quel qu’il soit. Au printemps prochain, allez voter. Pour vous.

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jeudi, 23 octobre 2014

Où en est la gauche française (et donc genevoise) ?

Miroir, mon beau miroir...

Nous poser la question  de savoir où en est la gauche française -de toute la gauche française, entre reconstruction, rénovation, redéfinition et déréliction,   c'est un peu (beaucoup) se poser la question de savoir où nous en sommes nous-mêmes, ici, dans ce coin de pays : on n'échappe pas à une proximité séculaire entre les débats d'un côté du Jura et les débats de l'autre, dans quelque sens que se fasse l'inspiration et que se donne l'impulsion (il fut en effet un temps où c'est de chez nous que partaient les étincelles qui faisaient les Lumières). Et comme il y a contiguïté et continuité de la France à la Romandie, et tout particulièrement entre la France et Genève, dans le miroir que nous tend la gauche française, c'est bien nous que nous reconnaissons...

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mardi, 21 octobre 2014

« Ecopop » : Brouillard vert sur la xénophobie ordinaire, ou l'écologie à la mode bunker

propriété privée.jpgEcolo fondamentaliste encarté au PDC, Philippe Roch ne voit pas ce que l'initiative « Ecopop » qu'il soutient peut bien avoir de xénophobe. L'a-t-il lue avant de la soutenir au seul motif qu'elle « lance le débat sur la démographie » ? L'initiative ne s'en prend pas à la consommation individuelle des ressources (et des espaces) par la population résidente, ni au gaspillage de ces ressources et de ces espaces par les Suisses eux-mêmes -elle s'en prend à l'immigration; elle ne s'en prend pas au vieillissement de la population résidente (un vieillissement lui-même fauteur d'immigration) mais à la natalité dans les pays bénéficiaire de l'aide suisse au développement... Elle ne « lance pas le débat » sur la démographie, elle le rabaisse au niveau d'un seul et unique prédicat : la dégradation de l'environnement, le bétonnage, le gaspillage, « c'est la faute des autres ». La faute des immigrants, la faute des pauvres du Sud. Et on serait bien chez nous, entre nous seuls, sans ces importuns... Bref, de l'écologie à la mode bunker : « propriété privée, défense d'entrer, chien méchant »...

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14:31 Publié dans Développement durable, Environnement, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : ecopop, démographie | |  Facebook | | | |

lundi, 20 octobre 2014

Revenir sur les « cadeaux fiscaux » distribués à Genève : Impôt de gauche, impôt de droite ?

La coalition de la « gauche de la gauche » genevoise («Ensemble à Gauche») propose, pour équilibrer le budget cantonal, assurer le maintien des prestations sociales et réduire la dette du canton, de revenir sur les cadeaux fiscaux faits en 1998. La gauche, unie, avait déjà tenté en 2005 pareille effacement d'une connerie qui coûte très cher aux finances publiques, mais le corps électoral actif avait décidé de ne pas toucher aux cadeaux qu'il avait reçu (il est vrai que ce sont les couches sociales les plus aisées qui votent le plus, et les plus précarisées qui votent le moins). « Ensemble à Gauche » remet donc l'ouvrage sur le métier, et elle fait bien, parce que sa démarche relance, depuis la gauche,  un débat indispensable sur le rôle de l'impôt, et le choix à faire entre deux conceptions de l'« équilibre budgétaire » : calibrer les recettes à la couverture des dépenses (conception de gauche), ou calibrer les dépenses aux ressources fiscales existantes (conception de droite)...

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16:37 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : impôts | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 octobre 2014

Grand Conseil genevois : cri primal, thérapie de groupe et autoabsolution

Donc, Gominator ne sera pas sanctionné pour avoir mis le souk au Grand Conseil vendredi soir, et avoir refusé (avec le soutien de ses spadassins à la double casquette de députés et de policiers) d'être conduit vers la sortie par des gendarmes lambdas, même pas députés : « sollicité de se prononcer » sur une proposition de sanction, « le Bureau n'a pas adopté cette proposition » -ni ne l'a d'ailleurs refusée puisqu'il y avait égalité des voix (les représentants du PS, du PLR et du PDC étaient favorables à une sanction, celui du MCG -Gominator lui-même- et ceux de l'UDC et d'Ensemble à Gauche y étaient opposés, et le représentant vert était absent). Comme il faut une majorité pour qu'une décision soit prise, dans un sens ou un autre, aucune décision n'a été prise. Et le MCG, annonçant la nouvelle de l'autoabsolution de Stauffer avant même que le bureau le fasse, de plastronner : « la sagesse l'a emporté et la démocratie se voit renforcée ». D'où il appert que la sagesse consiste à ne rien décider, qu'on renforce la démocratie en allant à la pêche mais que le bureau du Grand Conseil ne convient pas mieux à une thérapie de groupe que le Grand Conseil lui-même à un cri primal.

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