vendredi, 31 août 2018

Miasmes xénophobes : Gros vents et petites brises

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Les vents politiques nous semblent souffler depuis les lieux des miasmes xénophobes ? Sans doute. Mais tout le monde ne se comporte pas en girouettes : en France, le Conseil constitutionnel a consacré, contre le ministère de l'Intérieur, et en faveur de Cedric Herrou le "principe de fraternité" en affirmant qu'une aide désintéressée à des étrangers en situation irrégulière ne saurait être passible de poursuite. Ainsi, le principe de solidarité affirmé par l'agriculteur des Hautes Alpes a-t-il été affirmé contre le "délit de solidarité" qui valait à Cédric Herrou d'être poursuivi pour l'aide qu'il apportait à des immigrants venus d'Italie. La plus haute juridiction française a rappelé que la Fraternité était proclamée, avec la Liberté et l'Egalité, par la devise de la République, et que la Constitution s'y référait comme à un "idéal commun".  Quelques jours plus tard, le philosophe Etienne Balibar publiait dans "Le Monde" (daté du 17 juillet) une tribune en appelant à l'instauration d'un "droit international de l'hospitalité", face au "retournement du droit de l'asile" en "obsession pour le refoulement de l'immigration  dite clandestine et l'identification des "faux réfugiés" : en usant de critères "extraordinairement restrictifs" pour "disjoindre l'obtention du statut de réfugié et le droit de circulation" et soustraire la souveraineté des Etats à toute véritable contestation, on ne fait plus place, comme motifs d'asile, aux "conditions de guerre civile ou de guerre économique, dictature ou restriction de la démocratie, catastrophe environnementale". Les Etats transforment ainsi "des masses de migrants en réfugiés sans refuge". De gros vents mauvais soufflent de Hongrie et d'Italie (entre autres contrées) ? Quelques brises moins pestilentielles permettent encore de respirer...

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16:15 Publié dans asile, réfugiés, France, Italie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : xénophobie | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 août 2018

D'un sionisme l'autre

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Israël : du nationalisme au tribalisme

Tel-Aviv, 4 août : A l'appel des Druzes, des dizaines de milliers de personnes manifestent contre un texte adopté par le parlement israélien, et qui, pour le résumer, proclame que désormais Israël sera un Etat démocratique pour les juifs, et un Etat juif pour les autres : la "loi fondamentale" approuvée le 19 juillet par la majorité de droite et d'extrême-droite religieuse du parlement israélien ne dit pas autre chose, en scellant la dérive du sionisme politique (nationaliste, au strict sens du terme : qui constitue une nation, juive, laquelle se dote d'un Etat démocratique, qui, dans sa loi fondamentale, proclame l'égalité fondamentale de ses citoyens quelque soit leur religion) vers un sionisme tribaliste et religieux tenant de l'apartheid, du suprématisme religieux et de l'identarisme ethnique. Le sionisme fondait un Etat juif, mais cet Etat juif n'était pas, formellement, l'Etat des seuls juifs, s'il en était le foyer national : la déclaration d'indépendance d'Israël proclamait "une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe" -quoi qu'il en soit du respect, ensuite et dans les actes de l'Etat de cette proclamation, au moins fut-elle faite. La nouvelle "loi fondamentale", elle, stipule que "le droit d'autodétermination nationale dans l'Etat d'Israël est propre au peuple juif" (qu'est-ce d'ailleurs que ce "peuple" défini par une religion ?) ce qui signifie que les autres, les non-juifs, Palestiniens musulmans ou chrétiens, en sont privés. Ce "peuple juif" n'est pas le peuple israélien, ni même le peuple des juifs d'Israël : puisqu'il est défini par sa religion, tous les juifs de la diaspora en sont aussi (sans qu'on leur ait demandé leur avis) et disposent donc de ce "droit d'autodétermination nationale dans l'Etat d'Israël" nié aux non-juifs dans ce même Etat d'Israël. Ce n'est donc plus le peuple d'Israël qui devient le sujet principal du droit fondamental d'Israël, mais seulement la partie juive de ce peuple -et d'entre cette partie juive, celle qui se définit d'abord comme juive plutôt que comme israélienne : "Israël est désormais l'Etat des Juifs et non de ses citoyens", juifs ou non, résume Michel Warschawski. De fait, non seulement les arabes musulmans et chrétiens (ensemble, 17,5 % de la population) sont exclus du droit à l'autodétermination, mais les juifs qui ne placent pas leur judaïté au-dessus de leur citoyenneté le sont aussi. Or le judaïsme est une religion, pas une nationalité. Et Israël devrait être un Etat, une citoyenneté, pas une religion. En amalgamant l'Etat et l'une des religions qui s'y pratique, fût-elle majoritaire, en passant du sionisme nationaliste au sionisme religieux, en inscrivant une sorte de "dhimmitude" dans un texte de force constitutionnelle, la droite et l'extrême-droite israéliennes font-elles autre chose que ce que nous dénonçons, légitimement, quand les islamistes le prônent et le pratiquent ?

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13:44 Publié dans Israël, Palestine, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sionisme, druzes | |  Facebook | | | |

mardi, 28 août 2018

Rentrée scolaire à Genève, "ville sociale et solidaire" : Zavez demandé votre Carte de pauvre ?

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C'est la rentrée scolaire. En Ville de Genève, les familles les moins friquées (2571 familles en 2016, pour 3838 enfants) reçoivent une modeste allocation de rentrée scolaire (130 francs par an par enfant à l'école primaire, 180 francs par enfant au Cycle d'Orientation). Cette allocation, la droite n'en voulait pas, la gauche l'avait imposée, la droite, donc la sabote : Au Conseil municipal, une majorité formée des élus du PDC, du PLR, de l'UDC et du MCG a décidé de ne plus la verser sous forme monétaire, par virement bancaire ou postal, mais de la faire distribuer sous forme de bons valables chez les commerçants de la Ville de Genève qui condescendent à les accepter. Manque de pot, la méthode choisie (les bons valables seulement dans des commerces de la Ville) pour réduire une allocation en aumône ne pouvait être appliquée : de l'avis de la Commission de la concurrence (COMCO), la restriction aux commerces de la Ville de Genève de la validité des bons (ou des cartes) que le Conseil municipal avait décidé de substituer aux versements était contraire au droit fédéral. Du coup, le prétexte du soutien aux commerces genevois, allégué par les auteurs de la modification du règlement relatif aux aides financières du service social, se retrouvait dissout dans sa propre insignifiance. Il ne reste donc comme motivation de cette modification que celle de bien faire comprendre aux bénéficiaires de ces aides en quel mépris on les tient.

 

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13:29 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ville de genève, allocation de rentrée scolaire | |  Facebook | | | |

mercredi, 01 août 2018

1er août : Qu'est-ce qu'on fête ?

Capture.JPGOuala, on est le jour de nôtre fête nationale, à nous autres, Suisses et Suissesses. Mais on y fête quoi ? Mauvaise question : ce n'est pas "quoi" l'on fête qui interroge, : mais qui fête, et qui fête qui. On ne fête pas la Confédération, la patrie, l'ethnie, la souche : on SE fête. Et cette fête suffit à la fête. On SE fête, et tant pis si on ne le mérite pas forcément. On SE fête parce qu'on est là. La Suisse ne fête pas sa naissance (il s'en faudra de cinq siècles depuis le pacte originel pour qu'un Etat suisse soit créé), ni son indépendance (les cantons "primitifs" sont tous des petits bouts du Saint Empire) : les Suisses (au sens large : celles et ceux qui habitent la Suisse) SE fêtent tels qu'ils sont aujourd'hui. Plus riches, plus libres, plus en paix que les autres. Et très contents de l'être. Et peu soucieux de savoir à quoi tiennent ces privilèges.

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14:32 Publié dans Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : 1er août | |  Facebook | | | |

samedi, 14 juillet 2018

14 juillet, fête de la révolution "en soi" et "pour soi"

Belledemai.jpgLe meilleur et le pire

Dans le calendrier pataphysique, le 14 juillet, c'est la Fête du Père Ubu. Dans le nôtre, c'est celle de la Révolution. Même pas de la révolution française, mais de la révolution"en soi et "pour soi". La Révolution majuscule, paradigmatique. En un temps où servi à toutes les sauces le mot même de « révolution » semble ne plus rien signifier qui importe, parce qu’il a été plus souvent utilisé pour désigner ce qui trahissait l’idée même de révolution que pour désigner la révolution elle-même, il faut bien commencer par rappeler ce qu’elle est, et en quoi nous sommes désormais si peu nombreux à croire encore : un bouleversement de la politique, des institutions et des rapports sociaux. Et un bouleversement pour le meilleur, non pour le pire.

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00:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : révolution, 14 juillet | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 juin 2018

Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »

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Election présidentielle turque :
Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »


Incarcéré depuis le 4 novembre 2016 au Centre pénitentiaire de haute sécurité d’Edirne en Turquie, Selahattin Demirtas a écrit ce texte mardi 12 juin et l’a transmis au « Monde ». En attente d’un procès, il risque une peine de prison de cent quarante-deux ans, selon le code pénal turc. Turc d’origine kurde, il préside le Parti démocratique des peuples et a depuis sa prison présenté sa candidature à l’élection présidentielle turque du 24 juin.

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16:19 Publié dans élections, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : turquie, kurdistan, demirtas, hdp | |  Facebook | | | |

lundi, 18 juin 2018

Initiative pour des "multinationales responsables" et contre-projet : Parer le vote populaire ?

L'initiative populaire "pour des multinationales responsables", portée par 80 ONG et soutenue par la gauche, demande que les multinationales basées en Suisse assument devant des tribunaux suisses leurs responsabilités dans le respect des droits humains et de l'environnement, et répondent de leur violation, même copmmise à l'étranger par des filiales à l'étranger. Elle pourrait, si elle est maintenue par ses auteurs, être soumise au peuple en 2019. Discutée une première fois au sein des Commissions des affaires juridiques du Conseil national et du Conseil des Etats, elle sera traitée par le Parlement l'année prochaine. En attendant, le Conseil national lui a accolé (malgré l'UDC) un contre-projet indirect (qui ne lui serait donc pas opposé) qui intègre, en les affadissant, quelques unes de ses exigences dans le Code des Obligations, ce qui suffit à ses auteurs pour envisager de la retirer. Les syndicats patronaux ("Economie suisse" en tête) ont combattu de toutes leurs forces la proposition d'en lancer un, mais le Groupement des Entreprises Multinationales (rassemblant 93 firmes) et de grandes entreprises comme Migros ou Ikea le soutenaient, en échange d'un retrait de l'initiative, dont les partisans du contre-projet craignent qu'elle soit acceptée par le peuple (en novembre, un sondage lui accordait 77 % d'opinions favorables) : elle pourrait bien en effet lui être soumise juste avant ou juste après une réforme de l'imposition des entreprises qui contiendra forcément une proposition de baisser leur charge fiscale. Il ne serait alors pas facile d'expliquer aux citoyens pourquoi on se refuse à demander, poliment, aux multinationales de respecter un peu les droits fondamentaux, tout en leur faisant un beau cadeau fiscal... Dans ces conditions, le contre-projet tient du pare-feu... ou plutôt : du pare-vote populaire.

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16:50 Publié dans Droits de l'Homme, Economie, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : multinationales | |  Facebook | | | |

vendredi, 15 juin 2018

Une couche de réforme fiscale, une couche de soutien à l'AVS : Poker ou bonneteau ?

bonneteau.jpgLe Conseil des Etats a massivement (par 34 voix contre 5) approuvé le projet d'une "loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l'AVS", mais on attend un acronyme) -un projet double-couche : une couche de réforme de l'imposition des entreprises pour plaire à la droite (on baisse cette imposition), une couche de soutien à l'AVS (chaque franc perdu par les caisses publiques à cause de la couche fiscale sera versé à l'AVS) pour plaire à la gauche. Le peuple avait refusé la précédente réforme de l'imposition des entreprise dite RIE III et refusé ensuite celle de l'AVS. Les sénateurs ont donc additionné une réforme fiscale et un financement social, le tout devant être acceptable par une majorité. On ne lui demande même pas de susciter l'enthousiasme, à ce projet, on ne lui demande que d'être accceptable à la fois par les syndicats et le patronat, par le PLR et le PDC et par le PS. L'UDC ? on fait une croix dessus. le PBD, les Verts libéraux et la gauche de la gauche ? on s'en fout. Les Verts ? on les oublie. Et on promet aux uns, à gauche, que le paquet AVS/PF17 est un remède contre le report de l'âge de la retraite des femmes (sauf que l'UDC a tout de même annoncé qu'elle allait le reproposer, et que le PLR s'est contenté d'annoncer qu'il ne reproposera pas tout de suite), et aux autres, à droite, qu'il est un calmant des velléités référendaires de la gauche. Bref, on additionne deux couches, deux manœuvres, deux promesses. Coup de poker ou coup de bonneteau ?

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16:28 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, pf17 | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 juin 2018

Les socialistes genevois et le cumul des mandats : Genferei hors-délai

quidautre.jpgLe Parti socialiste genevois a, comme d'autre (en fait, la plupart des partis politiques de la République) adopté comme règle celle du non-cumul des mandats politiques électifs : on ne peut, en principe, être à la fois député, conseiller ou magistrat municipal ou parlementaire fédéral. Une règle simple -qui a frappé mardi soir deux élues (le féminin n'est pas sans importance...) socialistes, et non des moindres : la présidente du parti et Conseillère administrative d'Onex Carole-Anne Kast et la Conseillère administrative de Genève Sandrine Salerno. La règle socialiste en effet contient en elle-même la possibilité d'y déroger, mais à une condition draconienne : qu'une assemblée générale du parti accepte cette dérogation à la majorité des deux tiers des membres présents. A trois voix près, les deux députées et magistrates, qui avaient lié leur sort, ont raté cette majorité qualifiée, tout en obtenant une large majorité simple (74 voix sur 115). Une catastrophe ? Non. Mais une connerie, certainement. Commise trop tard pour permettre au PS de concourir à la Genferei 2018, mais qui doit fort réjouir la droite parlementaire, débarrassée par les socialistes eux-mêmes de deux fortes têtes socialistes.

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15:20 Publié dans Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cumul des mandats | |  Facebook | | | |

mardi, 05 juin 2018

"Discours de Saint-Pierre" du président du gouvernement genevois : Fumeux"contrat de législature"

fumée.jpg"Débattons sereinement, avançons conjointement, agissons résolument", a prêché le Maire de Champignac... euh... non, le président du Conseil d'Etat genevois, en un lieu idéal pour un prêche : non un désert mais un temple (celui de Saint-Pierre). Et ce fut prédication de consensus : "Le peuple nous demande de chercher l'entente et le dialogue. Il est fatigué des luttes stériles. Les illusionnistes ne font plus recettes" (ce qui explique sans doute l'absence totale de la fumeuse traversée routière du lac dans le discours du président du gouvernement). Et Maudet d'appeler les partis à passer entre eux (entre eux tous ? du MCG à Ensemble à Gauche) un contrat de législature pour permettre à l'Exécutif de concrétiser ses projets, notamment de réforme de l'imposition des entreprises. Alors, sur quoi le passer, ce "contrat de législature" ? et entre qui ? et avec quel contenu ? Disons que pour le moment, et sans doute pour un assez long moment, les réponses à ces questions sont.... comment dire... assez fumeuses...

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15:56 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

lundi, 04 juin 2018

Chute du gouvernement de droite espagnol

Rajoy.jpgSegur que tomba, tomba, tomba...

La gauche italienne a de quoi être un peu envieuse de la gauche espagnole : à un jour près, l'extrême-droite italienne alliée aux populistes arrivait au pouvoir et son chef s'installait au ministère de l'Intérieur en promettant de faire la vie dure aux immigrants (réfugiés compris), et la gauche espagnole, alliée aux indépendantistes catalans et basques, renversait le gouvernement de droite. Les vents soufflent contraires, au sud de l'Europe. L'Espagne tourne une page lamentable, mais sans que la page suivante ait été écrite. C'est peut être une chance : rien n'étant donné, tout peut être inventé. A commencer par une nouvelle constitution, tirant un trait sur celle d'une "transition" qui n'a plus de raison d'être, plus de 40 ans après la mort de Franco... et sur une monarchie déconsidérée par les monarques eux-mêmes.

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jeudi, 31 mai 2018

Sous le PAV, la rage ?

pavL'étrange campagne de la droite

La droite genevoise appelle à voter NON à la modification de la loi sur le périmètres Praille-Acacias-Vernets (PAV), avec d'étranges arguments. Elle refuse la loi au prétexte qu'elle prévoit 62 % de "logements sociaux" et que "c'est trop". Sauf que si la modification est refusée, c'est la loi actuelle qui restera s'imposer. Et qu'elle prévoit 65 % de ce que la droite appelle des "logements sociaux". Le comité de droite reproche aussi à la modification de la loi de ne prévoir de propriété par étages qu'en droit de superficie. Sauf que si la modification de la loi est refusée, de la propriété par étage, il n'y en aura plus du tout. Donc le comité qui trouve que 62 % de "logements sociaux", c'est trop et que la propriété par étage telle que proposée est "restrictive", se bat en fait contre ses propres critères, pour plus de "logements sociaux" et pas de propriété par étage du tout. Et une densité de logements moindre, puisque le projet soumis au vote double la proportion de logements nouveaux par rapport à celle d'emplois nouveaux ou importés. En fait, il n'est pas un argument des opposants de droite au nouveau projet PAV qui ne se puisse être retourné contre ses auteurs. Et pas un, non plus, qui ne puisse s'expliquer par la rage des milieux immobiliers de ne pas maîtriser le plus ambitieux projet urbanistique de ce début de siècle.

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17:06 Publié dans Genève, Logement, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pav | |  Facebook | | | |

mercredi, 30 mai 2018

Renforcer l'AVS pour faire passer PF17 : Compromis ou marchandage ?

danger de tomber de haut.jpgLes cartels syndicaux romands, Genevois et Vaudois en tête, ont plaidé devant l'Assemblée des délégués de l'Union Syndicale Suisse, vendredi dernier, pour un refus du "compromis" adopté par la commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats sur l'imposition du bénéfice des entreprises (PF17) -un compromis qui consiste, pour éviter deux référendums (contre la PF 17 et contre la réforme de l'AVS) à accorder à l'AVS un financement équivalent aux pertes fiscales engendrées par la PF17. Pourtant, l'USS a adopté une résolution proclamant sa volonté de défendre les services publics face aux "projets de baisses d'impôts dévastateurs", et de s'opposer, par l'instauration d'un taux d'imposition minimal, à la "concurrence fiscale" entre les cantons. Or le projet fédéral de PF17 aura précisément pour conséquence une lourde ponction dans les ressources publiques finançant les services publics que l'USS affirme vouloir défendre, et est construite, dans chaque canton, en fonction des taux des canton voisin (c'est patent dans l'argumentation de ses partisans genevois) -autrement dit, en fonction de la concurrence fiscale que l'USS affirme vouloir combattre. Défend-on  les services publics en acceptant une chute de 2,1 milliards de francs de leur financement, fût-elle compensée par un financement équivalent de l'AVS, comme si les deux enjeux étaient jumeaux ? L'Union Syndicale ayant refilé SchwarzPeter aux cartels et aux syndicats cantonaux, tout en prenant position avant eux, ce sont ceux-ci qui donneront la position réelle du mouvement syndical. Et en Romandie, il est clairement opposée au compromis de la commission du Conseil des Etats, comme en témoigne la prise de position de la Communauté genevoise d'Action Syndicale (CGAS), qui rassemble tous les syndicats du canton : ce qui est présenté comme un "compromis acceptable" par les directions politiques et syndicales (ce qui n'implique d'ailleurs nullement qu'il faille forcément l'accepter) est, pour la CGAS, un marchandage inacceptable.

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16:08 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, pf17 | |  Facebook | | | |

lundi, 28 mai 2018

Budget tardif, budget apéritif (proverbe municipal)

pentecotesinaiviie.jpgPentecôte en Ville de Genève

On est fin mai 2018. Et le Conseil municipal de la Ville de Genève va (peut-être) voter les jours prochains un budget 2018 pour la Ville, presque cinq mois après le début de l'année budgétaire. La Commission des Finances a rendu sa proposition : elle propose d'accepter le projet de budget du Conseil administratif -vote acquis par une majorité faite de la gauche et du MCG, contre la droite traditionnelle (PLR, PDC, UDC). Laquelle a renoncé à présenter un rapport de minorité. Après deux votes populaires rétablissant contre elle les projets qu'elle refusait, puis dans lesquels elle avait coupé au petit malheur la malchance, c'était plus prudent. On s'amusera tout de même de cet effet d'une Pentecôte tardive. Et on saluera les vertus pédagogiques de l'appel au peuple auquel il nous a fallu recourir les deux dernières années pour rétablir un budget qui ait un sens.

 

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15:34 Publié dans budgets publics, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mercredi, 23 mai 2018

Nouveau gouvernement genevois : Pas maudit, Maudet

Le président du PDC genevois se posait "la question de la désignation de Pierre Maudet" à la présidence du Conseil d'Etat, le président des Verts se posait la question de la présence même de Maudet au Conseil d'Etat, la présidente du PS considérait que Maudet ne pouvait plus conserver la tutelle politique de la justice et de la police, le syndicat de la police judiciaire assurait que les policiers ont "perdu toute confiance et tout respect" en/pour Maudet... Résultat des courses ? Pierre Maudet prend comme prévu la présidence du Conseil d'Etat tout en gardant la sécurité et l’aéroport. Serge Dal Busco lâche les Finances mais reprend les transports, Thierry Apothéloz hérite de la culture, des sports etdu social que lâche Poggia, Nathalie Fontanet se retrouve aux Finances, Anne Emery-Torracinta se concentre sur la formation et l'instruction publique, Antonio Hodgers élargit son champ à l'environnement, l'agriculture, le nature et le développement durable, Mauro Poggia lâche le social mais gagne l'inspection et les relations du travail... Chaque camp politique est dans son écosystème : Les finances et la sécurité à la droite, l'environnement, la culture et le social à la gauche, les infrastructures et les transports au centre. On change les noms des départements, on s'échange les services et les offices, on redéfinit les champs, mais on ne bouleverse rien : on réorganise. Un peu. Une sorte de Genferei molle...

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mardi, 15 mai 2018

Elections genevoises : Du canton à la commune

autonomie Ville.jpgLe résultat des élections cantonales genevoises a des effets directs, immédiats (ou presque) sur les instances municipales (Conseils municipaux et conseils administratifs) : Un magistrat communal, Thierry Apothéloz, a été élu au Conseil d'Etat, trois autres, Sandrine Salerno, Carole-Anne Kast et Yvan Rochat, au Grand Conseil, où ont également été élus des conseillers municipaux (une dizaine rien qu'en Ville de Genève -mais ils étaient quarante conseillères  municipales et conseillers municipaux de la Ville à se présenter au Grand Conseil). Si les règles en vigueur dans les partis politiques excluent le cumul des mandats (sauf au MCG), elles permettent tout aussi généralement des dérogations au moins temporaires à ce principe (le temps par exemple de terminer un mandat en cours -les élections municipales étant prévues dans deux ans) : en Ville, Rémy Pagani en a obtenu une, Sandrine Salerno devrait également en obtenue une, l'un et l'autre pouvant ainsi terminer leur dernier mandat au Conseil administratif de la Ville (on ne voit pas pourquoi on le leur refuserait). Mais plus fondamentalement que cette petite cuisine, l'élection d'un nouveau parlement et d'un nouveau gouvernement pourrait être, avant les élections municipales de 2020, l'occasion de reposer la question de l'autonomie communale, dans un canton qui l'a toujours eu en horreur (surtout, mais pas exclusivement, s'il devait s'agir de celle de la Ville de Genève...)...

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16:29 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : communes, répartition des tâches | |  Facebook | | | |

lundi, 14 mai 2018

Autodissolution de ETA : Dans le sens de l'histoire...

ETA, Espagne, Euzkadi, Pays Basque, Catalogne

Le 3 mai à Genève, puis le 4 à Combo-les-Bains, ETA a annoncé son autodissolution par le « démantèlement de toutes ses structures » et sa décision de mettre fin « à toute activité politique » : « ETA ne sera plus un acteur qui exprime des positions politiques, engage des initiatives ou interpelle d’autres acteurs », mais ses anciens membres pourront poursuivre la lutte « dans d’autres champs » que le militaire, pour un Pays Basque « réunifié, indépendant, socialiste, euskaldun (linguistiquement basque) et non patriarcal », et pour le droit du peuple basque d’en décider ainsi (ce qui suggère un référendum d’autodétermination, « à la catalane »). Cette décision, dans le sens de l'histoire (ETA n'avait plus aucune perspective réaliste) aurait été approuvée à 93 % par un vote interne. David Harland, directeur du Centre Henri-Dunant pour le dialogue humanitaire où l’annonce de la dissolution d’ETA a été faite, remercie l'ancien Premier ministre socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero pour ses efforts en faveur d'une cessation des actions violentes d'ETA, annonce « la fin du terrorisme européen » : « Bien sûr, il y a encore des attentats, mais ils sont le fait de groupes fondamentalistes religieux extérieurs ». Encore faudrait-il que des gouvernements comme celui de Madrid renoncent à jeter de l'huile sur d'autres feux que celui qui vient de s'éteindre...

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13:32 Publié dans Politique, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : eta, espagne, euzkadi, pays basque, catalogne | |  Facebook | | | |

mercredi, 09 mai 2018

Conseil d'Etat genevois : qui fera quoi ?

Capture.JPGLe message et le messager


Les sept élues et élus au Conseil d'Etat genevois ont jusqu'à la fin mai pour présenter au Grand Conseil la répartition entre eux des départements. Et le Grand Conseil se prononcera sur cette répartition. Et s'il la refuse, il faudra lui en proposer une nouvelle. Hier, la "Tribune (encore) de Genève" titrait : "Comment composer le Conseil d'Etat idéal". On pourrait évidemment répondre qu'il n'y a pas de Conseil d'Etat "idéal", qu'il n'y a que des Conseils d'Etat réels, et qu'ils ont le plus souvent assez peu de rapports l'un avec les autres. Ou alors que le Conseil d'Etat idéal, c'est forcément celui qui a été élu. Et que ce n'est pas la presse qui le compose mais le peuple (ou plutôt la part minoritaire de celles et ceux qui y disposent du droit d'élire : le mieux élu du second tour, Mauro Poggia, ne l'a été que par un peu plus de 10 % de la population genevoise...). Quant à savoir qui fera quoi dans le nouveau gouvernement genevois, ce n'est certes pas sans importance, mais ce n'est pas cela qui devra déterminer la position de la gauche face aux propositions du collège gouvernemental, mais le contenu de ces propositions. Le message, plus que le messager.

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mardi, 08 mai 2018

Une loi idiote mérite-elle un référendum ?

signes religieux ostentatoires.jpg

Petits énervement sur la laïcité

Les Verts genevois ont annoncé qu'ils allaient faire recours devant la Chambre constitutionnelle de la Cour de Justice contre l'interdiction faite par la nouvelle loi cantonale genevoise sur la laïcité aux membres et élus du Grand Conseil et des Conseils municipaux (les communes n'ayant pas été consultées, rappelle Carole-Anne Kast...) d'arborer des signes religieux "ostentatoires". Ils ont également fait savoir qu'ils étaient "a priori favorables aux objectifs d'un référendum" contre la loi -laquelle n'est d'ailleurs pas encore entrée en vigueur (elle ne le sera qu'au terme du délai référendaire si aucun référendum n'a été lancé ou n'a abouti, ou après un vote populaire qui lui serait favorable si référendum valide il y a eu), et ne peut donc être invoquée contre quelque élu ou quelque élue que ce soit. D'autant qu'elle a été votée par le précédent parlement, à écrasante majorité de droite et d'extrême-droite, et qu'il n'est pas du tout exclu que le nouveau parlement, où l'Alternative forme le "bloc" le plus important, finisse par la réviser, ne serait-ce que pour s'éviter le ridicule d'avoir à sévir contre tel ou telle de ses membres pour un bout de tissu, un crucifix en collier, une kippa ou une passoire athée. En attendant, la seule question qu'on se pose est de savoir si des dispositions aussi idiotes que celles qui ont été votées par le défunt parlement cantonal genevois méritent plutôt l'honneur d'un référendum ou l'indignité de n'en tenir aucun compte.

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lundi, 07 mai 2018

Election du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

avuedenezilestcinqheures.jpgElection du Conseil d'Etat genevois : Normalisation

Genève n'a pas fait la révolution, hier. D'ailleurs, elle ne voulait pas la faire, et même la gauche avait calibré ses ambitions à l'aune du possible : gagner un siège. Objectif atteint. On ne révolutionne pas, on rééquilibre. Mauro Poggia peut être satisfait, qui espérait se retrouver dans un Conseil d'Etat dont il serait le "médiateur" -entendez : le pivot, le faiseur de majorité entre trois élue et élus de gauche et trois élue et élus de droite, ce qui serait "logique avec le parlement en présence" où ni l'Entente ni l'Alternative ne sont majoritaires, ni peuvent l'être sans l'apport de ce qui reste du MCG. Il faut bien avouer que la gauche de la gauche n'a pas manifesté une envie contagieuse d'êtrepartie prenante d'une majorité gouvernementale  : Sa candidate, Jocelyne Haller, ne fait qu'un peu plus de la moitié des suffrages de Thierry Apothéloz, et est même distancée par Luc Barthassat. A défaut de morale, il y a là une logique : si l'envie d'être élu ne suffit pas à l'être (sinon Barthassat l'aurait été), l'absence d'envie de l'être suffit à ne pas l'être...

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15:16 Publié dans élections, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |