vendredi, 01 février 2013

Elle court, elle court, la rumeur

Mais kibèzki ?

C'est le plus vieux medium du monde. Pas le plus courageux, mais le plus économique. Le plus efficace, aussi, puisque le moins contrôlable, et le seul qui évite à l'émetteur d'une « information » d'avoir à l'assumer, et à rendre compte de sa véracité. Vous pouvez tout faire passer par une rumeur. Tout et n'importe quoi  le vrai comme le faux, l'absurde, l'injurieux. Le moralisateur hypocrite salive en cancanant, l'envieux prend ses marques en dévalorisant. La rumeur précède l'information. En la dévaluant par avance. Elle accompagne la politique. En la réduisant à ce qu'elle a de pire, et de plus vide. On ne se demande pas qui propose quoi, on veut savoir qui couche avec qui. La politique pour les nuls, en somme.

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vendredi, 08 juin 2012

Vers une initiative populaire visant à « garantir la pluralité de la presse » ?

Pas de politique sans presse politique !

Une commission du Parti socialiste suisse planche paraît-il sur une éventuelle initiative populaire visant à  «garantir la pluralité de la presse», face aux monopoles qui, dans plusieurs régions, se sont installés dans la presse quotidienne. Le sujet est piégeux : si on n'inclut pas les media audiovisuels (la SSR et les télés et radios privées) et électroniques (internet) dans une réflexion politique sur les media, celle-ci risque fort de ne répondre qu'aux angoisses posthumes de Thophraste Renaudot. Surtout s'agissant de la presse politique, et d'entre elle, de la presse de gauche. Qu'en reste-t-il, et quelle volonté susbiste de la maintenir ou de la faire renaître ?

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lundi, 30 avril 2012

La Ville de Genève va-t-elle vendre son réseau câblé à une société privée ?

De la friture dans le tuyau

Le Conseil administratif de la Ville de Genève (sauf Rémy Pagani, qui a fait savoir qu'il n'était pas d'accord, ce qui lui a valu les remontrances de ses collègues) propose au Conseil Municipal de l'autoriser à vendre au plus offrant (peut-être à la multinationale UPC Cablecom, déjà actionnaire minoritaire de Naxoo depuis 2006, et y disposant d'un véritable droit de veto, pour ne pas dire de blocage), les 51,1 % d'actions que possède la commune dans la société Télégenève, c'est-à-dire Naxoo, le réseau câblé qui dessert les 83'000 foyers de la Ville et 70'000 autres dans le reste du canton. La Municipalité (de gauche) de Genève a certainement d'excellentes raisons techniques, empiriques, pragmatiques, pour déposer ce qui est en fait une proposition de privatisation. Mais la question de la propriété de ce tuyau qu'est un téléréseau se pose en les termes d'un choix de principe : qu'est-ce qui doit être en mains publiques, qu'est-ce qui peut être laissé (ou remis) en mains privées ? Et est-il judicieux de se défaire d'un réseau de communication quand on sait que l'importance de ces réseaux, et donc de leur propriété, et donc de leur contrôle politique, ne va cesser de s'accroître ?

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lundi, 05 mars 2012

8oo fois "CauseS touSjours"...

Garder la gueule ouverte !

On aurait pu attendre un chiffre encore plus rond, le millième numéro, pour nous auto-congratuler, mais dans la morosité politique ambiante, on n'a pas eu la patience : voilà donc le 800e numéro de «  CauseS TouSjours ». Et on est encore tout ébahi, à la fois d'avoir réussi à pondre autant, et d'avoir même réussi à être lu. Sur écran ou sur papier, en pdf ou sur l'un ou l'autre des blogs où nous déversons notre prose quelques heures après l'avoir expédiée, matutinalement, à quelques centaines de destinataires résignés à ce que nous encombrions leur boîte aux lettres électronique. En cela, nous sommes bien « genevois » (ou grecs...), conformes à l'image que la blochérienne « Weltwoche » de la semaine dernière donnait des Welches, et qui après tout  nous a fait si grand plaisir : Ach ! touchours la keule ouferte !

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jeudi, 21 juillet 2011

Le medium, c'est le massage

Dans la longue histoire des moyens de communication entre les humains jamais une innovation technologique n'a annihilé les technologies antérieure, et toujours s'y est-elle ajoutée. Certes, les modes spécifiques anciens de production et de diffusion de l'information ont été déplacés des lieux de production vers les musées -mais si on n'utilise plus de tablettes de cire pour écrire on écrit toujours, et si on n'utilise plus de linotype dans les imprimeries, on imprime toujours ; si on ne filme plus avec des caméras manuelles on filme toujours et si on ne projette plus avec les projecteurs des frères Lumière on diffuse toujours des images animées et enregistrées. L'Internet s'ajoute à l'édition, à la radio, au cinéma, à la télévision -il ne les supprime pas. Mais y dit-on autre chose que ce que l'on disait sans lui ? Le medium, c'est le massage...

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lundi, 24 janvier 2011

Courrier A, courrier B, Courrier F, A, C...

La Poste, en entreprise soucieuse non de la qualité et de l'utilité de ses prestations mais de l'équilibre de ses comptes, envisage donc de priver l'unique quotidien romand de gauche, et l'unique quotidien indépendant genevois ( « Cause toujours » mis à part), « Le Courrier », de l'aide indirecte (des tarifs d'expédition préférentiels) que l'ex-service public devenu une entreprise commerciale en mains publiques est, encore (mais pour combien de temps) tenu d'assurer. Prétexte ultime (après avoir tenté de prétendre que  « Le Courrier » n'est pas un quotidien « généraliste ») : cette aide est apportée aux quotidiens régionaux ou locaux, et La Poste a décrété que « Le Courrier » n'en était pas un, la preuve, il se qualifie de quotidien « suisse »  sur son site internet... le prétexte vaut ce que valent désormais les mots « service public » pour La Poste, dont  la décision, si elle se confirme, condamnera « Le Courrier » à assumer un surcoût de 325'000 francs pour sa diffusion. C'est le dixième de son budget. Pour La Poste, 325'000 francs, c'est rien, une paille, une bulle d'écume, mais pour le quotidien genevois, cette paille, c'est le prix de la survie.

LeCourrier.jpg

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mardi, 19 octobre 2010

Communiquons, il en restera peut-être quelque chose

A quoi sert l'exercice auquel nous nous livrons ici ?

Autorisons-nous une petite respiration, en nous demandant à quoi sert, ou à quoi rime, ce que nous faisons en  «  communiquant » nos états d'âme par cette feuille, sur un  « blog » ou sur quelque  « réseau social »  genre Facebook ? A nous donner à nous-même l'impression d'exister socialement, sans doute. Mais pour le reste, nous n'avons guère qu'une certitude : nous ne faisons rien de neuf, si nous le faisons par des moyens neufs : dans la longue histoire des moyens de communication entre les hommes, jamais une innovation technologique n'a annihilé les technologies antérieure, et toujours s'y est-elle ajoutée. Si on n'utilise plus de tablettes de cire pour écrire, on écrit toujours; si on n'utilise plus de linotype, on imprime toujours; si on ne filme plus avec des caméras manuelles, on filme toujours et si on ne projette plus avec les projecteurs des frères Lumière, on diffuse toujours des images animées et enregistrées. L'Internet s'ajoute à l'édition, à la radio, au cinéma, à la télévision -il ne les supprime pas. Le bombardement de vacuité auquel est soumis le « public » se fait par lui comme il se faisait par l'imprimerie : pour ce pilonnage, la couleuvrine moyenâgeuse convient aussi bien que le bombardier furtif -on en recevra toujours la même merde. Là s'illustre la formidable illusion de Mac Luhan : un nouveau medium ne suscite pas un nouveau message. Il peut  seulement, comme ceux qui le précédèrent, porter un message qu'il n'était pas destiné à porter : Gutenberg « invente » l'imprimerie moderne pour diffuser la Bible, mais l'imprimerie diffusera aussi l'Encyclopédie, Sade et Artaud. Nous ne visons pas si haut -mais nous visons dans la même direction : toujours à côté de la cible désignée.

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jeudi, 05 mars 2009

Danse macabre autour d'un pluralisme médiatique défunt

Que " Le Matin Bleu " disparaisse et que Tamedia reprenne les activités suisses d'Edipresse ne changera pas grand chose au " paysage médiatique " de ce pays, et ne réduira guère ce qui y subsiste de pluralisme de l'information écrite. On n'assiste pas à la mise à mort de ce pluralisme, mais à la danse macabre des marchands et des publicitaires, dont les dépendances entrecroisées (Publicitas détient encore un cinquième du capital d'Edipresse, un quart de celui de la Basler Zeitung, plus d'un quart de Hersant-Suisse, par exemple) réduisent la presse écrite au rôle d'étal de souk. Que le souk soit de moins en moins achalandé n'est sans doute pas sans expliquer les incestueuses épousailles annoncées hier ces jours : la publicité est en recul de 25 à 30 % dans les deux premiers mois de 2009, les offres d'emploi en recul de 70 % dans certaines régions. Deux crocodiles assoiffés convolent dans un marigot asséché…

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jeudi, 06 novembre 2008

One FM ? Buzz FM ? Boum-boum FM ? Bla-bla FM ?

L'autorité fédérale qui attribue les concessions radio a donc décidé d'en attribuer une au projet de Stéphane Barbier-Mueller, " Buzz FM ", au détriment d'une radio existante, " One FM ". Une radio chasse l'autre, et alors ? C'est le jeu des " concessions " : il n'y a qu'au cimetière des Rois qu'elles sont éternelles. Et encore. Et nous voilà avec un ordre de marche : on nous somme de nous mobiliser pour la défense de One FM. Pourquoi devrait-on le faire ? Avec un choix musical tout à fait convenu et le minimum syndical en matière d'information (une quinzaine de flash par jour), One FM mérite-elle la mobilisation de toute la République ? Quant à la défendre au prétexte qu'elle serait la radio privée " la plus écoutée ", on s'autorisera à considérer comme bien piètre l'argument de l'audimat : ceux qui écoutent cette radio (ou qui l'entendent en arrière fond, mais que les statistiques d'audience comptabilisent comme des " auditeurs ") en écouteraient toute autre du même genre -et que cette autre soit genevoise, vaudoise ou française nous importe peu : leurs soupes se valent.

Beaucoup de bruit pour rien

Le seul motif que nous pourrions avoir de nous mobiliser pour One FM serait le maintien des quarante emplois de cette radio commerciale. Pour le reste, le " scandale " dénoncé dans la fin de la concession accordée à la radio n'en est pas un, et le tintouin organisé autour de cette péripétie n'est que beaucoup de bruit pour pas grand chose, ce qui est moins assez cohérent avec les programme de ladite radio*. On se permettra donc de ricaner en entendant Michel Chevrolet dénoncer un " diktat stalinien ", Viviane Jutheau de Witt évoquer un " massacre " (le génocide était hors de portée ?) et Daniel Zappelli soutenir One FM au nom de la " justice "... Un peu de sérieux ne nuirait pas au débat qui doit s'engager sur les critères de sélection des concessions radio et TV, pas seulement à Genève (puisque des décisions du même genre ont été prises à Zurich) On n'est pas dans un combat pour la liberté d'expression, ou le pluralisme des media , ou la lutte contre l'arbitraire bureaucratique de Mutti Helvetia : One FM aurait-elle été choisie plutôt que Buzz FM, ce choix n'aurait pas été moins arbitraire que celui qui est dénoncé aujourd'hui, la liberté d'expression et le pluralisme des media n'y auraient rien gagné, ni perdu. Ce qui est en cause, ce sont les critères de la loi fédérale, que le département fédéral a appliqué, et les contenus des appels d'offre auxquels il s'est tenu. Si l'on veut contester quelque chose, ce sont ces critères et ce contenu, ou le numerus clausus médiatique qui n'accorde à Genève qu'un nombre insuffisant de concessions (dont une est d'ailleurs accordée à une radio lausannoise, Radio-Lac). pas le choix qui en découle...
* écoutez plutôt Radio Zones (FM 93.8)

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