mardi, 11 janvier 2011

Incitation à la délation et xénophobie PLR : Eaux de Vichy

Le Conseil fédéral examine donc une proposition consistant à obliger les enseignants à dénoncer leurs élèves sans-papiers. Le président du syndicat romand des enseignants, Georges Pasquier y a répondu comme il convenait : « Je ne vois qu'une solution, la désobéissance civile ». On ne s'étonnera pas en revanche que la transformation des enseignants en mouchards fasse saliver un Oskar Freysinger, enseignant de son état et candidat délateur affirmé -on n'en attendait pas moins de lui. Réagissant naguère à l'obligation faite aux officiers d'état civil de dénoncer à la police les fiancés en situation illégale, la pourtant très droitière Suzette Sandoz, ancienne Conseillère nationale libérale vaudoise, évoquait la mise sur pied d'une délation d'Etat « comme dans les pires régimes totalitaires ». Son collègue Claude Ruey soupirait : «  à droite (...), à force de boire le poison (xénophobe) à petite dose pour s'immuniser, (mes collègues) se sont empoisonnés ». Ou mithridatisés, on ne sait. On n'est donc pas autrement surpris non plus de l'adoption par le PLR d'un programme « migratoire » udéciste.   La prochaine étape, c'est sans doute l'installation de la capitale fédérale à Vichy...

Lire la suite

14:06 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : suisse, politique, xénophobie, udc, plr, délation | |  Facebook | | | |

jeudi, 16 septembre 2010

Luc Barthassat, Jean-Charles Rielle, Alain Morisod, Oscar Tosato, Sandrine Salerno, et les autres : MERCI !

Les bonnes nouvelles sont si rares, dès lors que l'on évoque la politique suisse à l'égard des immigrants en général, et des immigrants sans statut légal en particulier, qu'on saluera comme elles le méritent, et surtout comme le méritent celles et ceux qui se sont battus pour qu'elles soient prises, deux décisions récentes : Mardi, le Conseil des Etats, suivant le Conseil national, a accepté une proposition du démocrate-chrétien genevois Luc Barthassat (mais refusé deux propositions visant au même objectif, émanant l'une du vert genevois Antonio Hodgers et l'autre du canton de Neuchâtel), chargeant le Conseil fédéral de mettre en oeuvre un dispositif permettant aux jeunes « sans papiers »  (ou plutôt sans statut légal de résidence, puisque des papiers, ils en ont,des  vrais, et de toutes sortes) d'accéder à une formation professionnelle par apprentissage. Quelques jours auparavant, à Genève, la famille kosovare Selimi recevait de l'Office des migrations l'autorisation de rester en Suisse, alors qu'elle devait en être expulsée. Dans les deux cas, celui de la famille Selimi et celui des jeunes apprentis « sans papiers », il aura fallu à la fois une mobilisation de l'opinion publique et des démarches de responsables politiques pour que deux petites brèches soit faites dans la xénophobie d'Etat et son manteau d'hypocrisie et d'arguties procédurières. A Luc Barthassat, Jean-Charles Rielle, Alain Morisod, Oscar Tosato, Sandrine Salerno, et tous les autres perceurs de brèches : merci !

Lire la suite

13:38 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : suisse, sans-papiers | |  Facebook | | | |

lundi, 22 mars 2010

Politique d'asile : La Suisse s'assoit sur le droit et sur les requérants

Le 17 mars dernier, un requérant d'asile nigérian de 29 ans, débouté de sa demande d'asile, et qui résistait à son expulsion après avoir mené une grève de la faim, est mort sur le tarmac de l'aéroport de Zurich, étouffé par les mesures prises pour le maîtriser, le lier pieds et poings pour pouvoir l'enfourner dans l'avion pour Lagos. Selon des témoignages, plus d'une cinquantaine de policiers auraient été mobilisés pour expulser seize requérants d'asile, les auraient forcé à uriner dans des bouteilles avant de les conduire dans l'avion attachés et casqués... Un cirque lamentable, qui se solde par la mort d'un homme, le troisième décès de ce genre en Suisse depuis 1999 lors d'un renvoi sous mesures de contraintes. En 2001, en Valais, un Nigérian de 27 ans était mort après qu'un policier se soit carrément assis sur son ventre. L'Office fédéral des migrations a suspendu les vols spéciaux de rapatriement en attendant les résultat de l'enquête, le directeur de l'ODM reconnaissant la nécessité d'adapter les mesures de contraintes s'il se confirmait qu'elles ont joué un rôle direct dans la mort du jeune Nigérian, et Amnesty International réclame la mise sur pied d'une commission d'enquête indépendante et impartiale, et que les renvois forcés de requérants d'asile déboutés soient surveillés par des observateurs indépendants (comme c'est désormais le cas à Genève, depuis novembre), ce dont l'ODM aurait admis le principe.

Lire la suite

15:44 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : asile, expulsions | |  Facebook | | | |

vendredi, 12 mars 2010

Ouverture de places d'apprentissages pour les jeunes sans statut légal : Mer de brouillard sur une évidence

Oscar Tosato, Sandrine Salerno, Luc Barthassat et Antonio Hodgers ont donné avec d'autres, mais avec plus d'écho que d'autres, un joli coup de pied dans une sombre fourmilière : Les deux socialistes en proposant que les deux villes dont il et elle sont magistrat-e engagent en apprentissage des jeunes sans statut légal, le démocrate-chrétien et le Vert en mettant le Conseil National face à la réalité et à sa négation par la l'hypocrisie des politiques et des réglementations fédérales et cantonales. Une réalité si gênante et une hypocrisie si confortable que pour rendre le débat incompréhensible, les adversaires du projet des municipalités de Lausanne et Genève en sont réduits à entretenir, volontairement, la confusion entre jeunes sans statut légal, sans-papiers. clandestins et travailleurs « au noir » : les jeunes sans statut légal que les municipalités pourraient engager comme apprentis ne sont pas «sans papiers» (il ne leur manque qu'un permis de séjour), ils ne sont pas clandestins (ils sont inscrits à l'école, couverts par l'assurance scolaire, connus des services scolaires), et s'ils pouvaient être engagés comme apprentis, ce ne serait pas «au noir» mais ouvertement, sur la base d'un contrat de travail, en payant les cotisations sociales qu'ils doivent, et en recevant le salaire auquel ils ont droit.

Lire la suite

15:20 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : genève, sans-papiers, apprentissage | |  Facebook | | | |

mercredi, 03 mars 2010

Immigration légale et illégale : Pas un jour sans eux !

Hier, lundi 1er mars, dans plusieurs villes françaises, mais aussi en Italie et en Grèce, était organisée une « journée sans immigrés », la «journée sans nous», pour démontrer l'apport indispensable de l'immigration aux sociétés, aux économies, aux services publics des pays de bon ou mauvais (et de plus en plus mauvais) accueil des migrants. L'idée est reprise d'une initiative américaine : en 2006, aux Etats-Unis, des centaines de milliers d'immigrants hispaniques avaient cessé le travail pour dénoncer un projet de loi criminalisant les travailleurs clandestins. Les grandes villes du pays en avaient été paralysées, et le projet avait été retiré. Hier, la journée française n'a obtenu qu'un succès plus modeste, et a fait moins de bruit que la tempête qui a balayé les côtes atlantiques. Elle n'en a pas moins mis en évidence, avec la promesse d'y revenir, mieux organisés, et plus massivement suivis, ce que tout le monde est capable de voir : Aucun secteur, privé ou public, de la société et de l'économie de nos pays ne pourrait fonctionner sans l'apport de l'immigration, légale ou non, ni, dans les cantons frontaliers, celui de la main d'oeuvre frontalière. Et tout le monde le sait, Front National français, UDC suisse et MCG genevois compris, si bien peu en admettent les conséquences.

Lire la suite

02:02 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse, lausanne, genève, sans-papiers | |  Facebook | | | |

Immigration légale et illégale : Pas un jour sans eux !

Hier, lundi 1er mars, dans plusieurs villes françaises, mais aussi en Italie et en Grèce, était organisée une « journée sans immigrés », la «journée sans nous», pour démontrer l'apport indispensable de l'immigration aux sociétés, aux économies, aux services publics des pays de bon ou mauvais (et de plus en plus mauvais) accueil des migrants. L'idée est reprise d'une initiative américaine : en 2006, aux Etats-Unis, des centaines de milliers d'immigrants hispaniques avaient cessé le travail pour dénoncer un projet de loi criminalisant les travailleurs clandestins. Les grandes villes du pays en avaient été paralysées, et le projet avait été retiré. Hier, la journée française n'a obtenu qu'un succès plus modeste, et a fait moins de bruit que la tempête qui a balayé les côtes atlantiques. Elle n'en a pas moins mis en évidence, avec la promesse d'y revenir, mieux organisés, et plus massivement suivis, ce que tout le monde est capable de voir : Aucun secteur, privé ou public, de la société et de l'économie de nos pays ne pourrait fonctionner sans l'apport de l'immigration, légale ou non, ni, dans les cantons frontaliers, celui de la main d'oeuvre frontalière. Et tout le monde le sait, Front National français, UDC suisse et MCG genevois compris, si bien peu en admettent les conséquences.

Lire la suite

02:00 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse, lausanne, genève, sans-papiers | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 février 2010

« Identité nationale » et défouloirs racistes

Un refus politicien du politique

Annonçant l'organisation en Italie, l'automne prochain, d'une « Conférence internationale sur la ville interethnique », le sous-secrétaire d'Etat italien aux Affaires étrangères, Enzo Scotti, proclame dans la « Tribune de Genève » que  l'Italie « montre le chemin vers la cité interethnique ». Un chemin que même un sous-fifre de Berlusconi devrait connaître : « interethniques », les villes le sont depuis qu'elles existent. Mais le sous-secrétaire d'Etat italien n'est pas seul à touiller la marmite identitaire : En France, le débat sur l'« identité nationale » tourne au défouloir raciste, et on sait l'usage que font des nostalgies tribales nos propres identitaires rupestres. Regarder le monde social à travers des lunettes raciales, ethniques, identitaires, c'est toujours refuser de le voir tel qu'il est, en même temps que refuser de se voir soi-même tel qu'on est. La « race », l'« ethnie », l'« identité », la religion, sont des réalités construites, parfaitement arbitraires mais fort utiles, non à la compréhension de la réalité, et moins encore à son changement, mais à son déni. En somme, c'est le contraire de la politique, si on admet de la politique la définition qu'en donnait Hannah Arendt : « ce qui traite de la communauté et de la réciprocité d'être différents  ».

Lire la suite

01:30 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : racisme, xénophobie | |  Facebook | | | |

jeudi, 29 octobre 2009

De la xénophobie à la démophobie

Malthusianisme aux couleurs vertes.

" Une trop forte immigration met en danger les espaces de repos en Suisse " : cette petite phrase de deux Conseillers nationaux verts, le Zurichois Bastien Girod et la Saint-Galloise Yvonne Gilli, leur a valu, à gauche, d'être accusés d'avoir rallié le camp xénophobe. Erreur d'appréciation, et de lecture : nos deux verts ne sont pas xénophobes, ils sont démophobes. Ça n'est pas moins stupide, si c'est moins méprisable. Ce qu'ils ont en tête ne dit strictement rien d'autre que ceci : plus on est nombreux, plus on pollue. A moins que l'augmentation de notre nombre s'accompagne d'une réduction de nos moyens de polluer. Mais que l'augmentation de la population soit le fait de l'immigration ou de la procréation indigène, le résultat est le même. Or l'immigration, aujourd'hui, est la condition du maintien d'un minimum d'équilibre démographique entre les générations, et la rupture de cet équilibre serait infiniment plus dommageable à notre environnement que la simple augmentation arithmétique de la population.

Lire la suite

02:01 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : verts, environnement, xénophobie, démographie | |  Facebook | | | |

vendredi, 02 octobre 2009

Travailleurs sans papiers : Du gris au noir

Le Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT) dénonce la confusion entretenue par le Conseil d'Etat, et plus particulièrement François Longchamp, entre travail au noir et travail sans permis, dans la liste des entreprises interdites d'accès aux marchés publics à Genève pour avoir enfreint le loi. Pour le syndicat, cette confusion, bien dans l'air xénophobe (et électoral) du temps, entre travail " au noir " (non déclaré aux assurances sociales et aux impôts) et travail " au gris " (déclaré, les travailleurs payant impôts et cotisations sociales) est calamiteuse pour les travailleurs sans permis, dont elle provoque le licenciement, et le passage " au noir "  puisque ces travailleurs n'ont pas droit au chômage, alors qu'ils ont payé les cotisations de l'assurance-chômage. La répression du travail " au gris" fabrique ainsi du travail " au noir ", et des travailleurs clandestins. Quelqu'un doit bien gagner quelque chose à cet exercice imbécile..

Lire la suite

16:52 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

vendredi, 04 septembre 2009

Les autres otages de Kadhafi

Du bon usage de la Libye

Hier, mercredi, le Conseil fédéral s'est engagé à respecter l'accord léonin signé à Tripoli par Hans-Rudolf Merz, même si la Libye n'a pas encore laissé partir les deux hommes d'affaires suisses retenus par le régime de frère Mouammar, et médiatiquement présentés comme des " otage " -un terme sans doute excessif, s'agissant des deux Suisses, mais un terme qui convient assez bien aux pratiques libyennes. Même lorsqu'elles arrangent nos belles démocraties : en Libye, des centaines d'Africains croupissent dans des camps d'internement, après avoir été refoulés des eaux territoriales européennes, notamment italiennes, que ces immigrants clandestins avaient péniblement atteintes à bord d'embarcations de fortune -des centaines d'autres se noyant avant d'être interceptés. Ceux-là aussi, ceux-là surtout, sont otages. Otages de la politique européenne d'immigration. Qui parle de ces otages-là ? Qui s'engage pour leur libération ? Quel président risquerait pour eux de " perdre la face " ?

Lire la suite

03:37 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : s uisse, libye, otages, kadhafi | |  Facebook | | | |

samedi, 20 juin 2009

21 juin : Fête de la musique. Et des réfugiés.

Ce week-end, celui de l'arrivée de l'été, celui du jour le plus long, est le week-end de la Fête de la Musique, en tous cas à Genève. Mais c'est aussi celui, samedi, de la Journée du réfugié, placée en Suisse sous le slogan " Les réfugiés ont besoin de protection, pas de préjugés ". Car la petite musique qu'on entend depuis des années dans ce pays, à chaque fois qu'il est question de l'asile, et des réfugiés, est de celle qui accompagnent les chasses à l'homme. Des millions d'humains sont dans le monde à la recherche d'un refuge. Moins d'un millième de cette population en exil arrive en Suisse, et y sollicite l'asile (16'606 demandes en 2008, soit 53% de plus qu'en 2007). En Suisse, le nombre de demandes d'asile déposées au premier trimestre 2009 (4938) est en recul (de 1317 demandes) par rapport au dernier trimestre 2008. Seules 14,3 % des demandes ont été acceptées en première instance.

Lire la suite

01:51 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : asile, suisse | |  Facebook | | | |

samedi, 22 novembre 2008

A propos de la " libre circulation "

A propos de la " libre circulation "

On votera donc l'année prochaine, une fois de plus, et avec grosso modo la même configuration politique que la fois précédente, sur la " libre circulation " et son extension. La même configuration politique, c'est-à-dire la droite radicale et libérale, le centre-démocrate chrétien, la gauche socialiste, alternative et verte, les organisations patronales et les syndicats pour le " oui ", contre l'UDC, les petites organisations d'extrême-droite, l'ASIN et quelques groupes d'extrême-gauche, appelant à voter " non ". Les arguments n'ont changé dans aucun des deux camps, et dans aucune de leurs composantes (quoique l'UDC se soit livré à un exercice assez périlleux de retournement de veste, changeant trois fois de position en quelques mois, pour finalement retrouver sa position initiale, celle du refus). Au delà de la question posée par le vote de 2009, c'est bien celle de la réponse à donner à la mondialisation capitaliste : une réponse par la protection nationale, ou une réponse par la lutte internationale.

" Les frontières, on s'en fout ! "

Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à la révolution industrielle : le repli à l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. A la globalisation et à la mondialisation capitalistes, nous n'avons pas à opposer l'enfermement national, pas plus que les socialistes du XIXème siècle n'opposaient à la révolution industrielle le retour aux institutions féodales, mais l'internationalisme, la solidarité internationale, l'élargissement du processus de décision à l'ensemble des nations, et la généralisation à l'ensemble des personnes et des peuples des droits fondamentaux conquis (fût-ce partiellement et précairement) dans notre partie du monde -droits qu'il convient en outre de renforcer et d'élargir ici-même. C'est en tant qu'elle est négatrice de ces droits que nous combattons la globalisation capitaliste, et c'est pour élargir ces droits que nous y opposons notre propre internationalisme. Mais si le mouvement socialiste est fondé sur l'internationalisme, et sur l'exigence de la solidarité internationale, son pluralisme a permis l'expression en son sein ou à ses marges de conceptions fort éloignées de ces exigences. Ces conceptions défensives, nationalistes, isolationnistes, conservatrices, perdurent. La mondialisation capitaliste leur a même redonné, en même temps qu'un vernis de " résistance ", des forces et une audience nouvelles -sans leur donner plus de pertinence qu'elles n'en eurent jamais. Nous avons à nous en défaire, et à les combattre.

02:13 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : suisse, europe | |  Facebook | | | |