Histoire - Page 3

  • Suisse 1964-2014 : Quoi de neuf ?

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    La nostalgie est toujours ce qu'elle était

    Dans ce pays (comme ailleurs), on aime bien commémorer. On n'a pas de grands drames historiques à faire remonter à la surface, mais on a ceux des autres, dont on a vécu les retombées -la Grande Guerre, la Guerre Mondiale-, et tout de même aussi quelques grands moments de rupture, dont on choisit ceux qui méritent d'être officiellement célébrés (comme à Genève cette année et l'année prochaine en l'honneur, pourtant contestable, de la Restauration de l'Ancien Régime et de l'adhésion à la Confédération suisse), pour laisser les autres (la Grève Générale de 1918, la fusillade du 9 novembre 1932, le Sonderbund...) à ceux qui s'en veulent légataires. Et puis, on a ces événements dont on fait des symboles. Ainsi, cette année, de l'exposition nationale de 1964, à Lausanne.  On avait douze ans (et on ne laissera personne dire que c'est le plus bel âge de la vie) et on y était allé, à l'Expo, mais le souvenir ne nous en taraudait pas, jusqu'à ce qu'on nous le titille à grand renforts d'articles et de sujets radio et télé... Il semble que d'aucuns aient quelque nostalgie de ce temps. ça se cultive, la nostalgie, quand le présent ne porte guère à l'euphorie...

    «  La Suisse trait sa paix et vit en vache... »

    On vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Les moins de trente, de quarante et même de cinquante ans non plus, d'ailleurs. C'est dire si on est vieux. On vous parle d'un temps où la télé était en noir et blanc et les téléphones en noir et noir. Où on lisait des livres. Et même des livres imprimés avec de l'encre sur du papier. D'un temps où les femmes n'avaient pas le droit de vote en Suisse (sauf dans quelques cantons excentriques). D'un temps, celui du rêve automobile, où était inaugurée la première autoroute de Suisse, entre Genève et Lausanne (cinquante ans après, nous, on préfère toujours la route de Suisse...).

    Société de consommation, surchauffe économique, meules yé-yé, invention de la « jeunesse » comme catégorie sociale, course à l'espace avec les Soviétiques en tête, Guerre du Vietnam... Franco était encore au pouvoir en Espagne, Salazar au Portugal, Stroessner au Paraguay, Ulbricht en Allemagne de l'est, Enver Hodja en Albanie, et Khrouchtchev était limogé en Union Soviétique...  La France présidée par De Gaulle venait de sortir d'une Guerre d'Algérie qu'elle niait comme une guerre. L'Allemagne était divisée en deux. Le Marché Commun n'avait pas encore accouché de l'Union Européenne... De quoi devrions-nous êtes nostalgiques ? Du temps où de grands intellectuels faisaient référence, et où il convenait de choisir entre Sartre et Aron, après avoir été sommés de choisir entre Sartre et Camus ?

    Et puis, pour revenir en Suisse, sommes-nous si sûrs que grand chose de fondamental ait changé dans ce pays, en cinquante ans ? Neuf ans avant l'Expo64, un groupe d'architectes alémaniques, dont Max Frisch était, avait publié un manifeste (« Achtung : die Schweiz ») contre une Suisse en passe de se « momifier » : « On y vit de plus en plus à l'étroit, sans projet, dans le provisoire. Nos politiciens ne font que gérer et se ressemblent tous ». Et le manifeste de proclamer : « Nous ne voulons pas d'un pays qui se résume à un asile de vieux, un coffre-fort, un lieu de villégiature, une idylle artificielle. Nous voulons une Suisse qui se regarde dans le miroir, ose, s'attaque aux problèmes d'aujourd'hui ».
    Ce texte a presque notre âge. Et nous pourrions le signer aujourd'hui, en cette année où la commémoration des cinquante ans d'une exposition nationale apologétique s'est accompagnée de la résurrection de l'initiative Swarzenbach et du statut de saisonnier -pourquoi d'ailleurs nous a-t-on si peu rappelé qu'en 1964, l'immigration en Suisse était plus forte qu'en 2014, où d'aucune, majoritaires, ont cru (ou voulu) la voir «massive» ?

    « Cela fait partie de notre identité de nous demander qui nous sommes », observe Bernard Crettaz. C'est dire que nous ne le savons pas, qui nous sommes. Et qu'il nous est, encore aujourd'hui, plus facile de savoir (ou de croire) qui nous ne sommes pas : des francophones qui ne sont pas français, des italophones qui ne sont pas italiens, des germanophones qui ne sont pas allemands ni autrichiens, quelques romanchophones qui sont les seuls à n'être que ce qu'ils sont, et beaucoup d'immigrants et d'enfants d'immigrants. Et puis ceci, encore : un pays façonné par une bourgeoisie urbaine et protestante, construisant son idéologie sur les mythes d'une paysannerie de montagnes catholiques... Les mythes, et les nostalgies, celle, surtout, d'un pays qui n'a jamais existé tel qu'il se veut redevenir, mais qui, tous les quart de siècles (ou à peu près) se met en exposition.
    Sans doute pour mieux ne pas se voir tel qu'il est : urbaine, européenne, tertiaire, métissée.

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  • Quand la République de Genève passait pour un modèle...

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    Genève, République des Abeilles

    Comme on est atteint d'une crise de flemmingite aigüe et qu'on ne pas tarder à avoir mieux à faire que vous gratifier de nos états d'âme, on laisse lâchement la parole à deux vieux camarades, Diderot et d'Alembert, qui vont nous parler un peu de nous (en chantant nos louanges. ça nous changera, sans nous rajeunir). Donc, tiré de l' Encyclopédie, un petit extrait (dans l'orthographe originale) de l'article « Genève », qui se conclut par ces mots doux : « Nous ne donnerons peut-être pas d'aussi grands articles aux plus vastes monarchies ; mais aux yeux du philosophe la république des abeilles n'est pas moins intéressante que l'histoire des grands empires, & ce n'est peut-être que dans les petits états qu'on peut trouver le modele d'une parfaite administration politique (...) »

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  • Autour de l'anarcho-syndicalisme...

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    Ploum, ploum, tralala...

    Lundi 25 novembre, le Collège du Travail et la Conférence Universitaire des Associations d'Etudiants organisent*, avec l'Association pour l'étude de l'histoire du mouvement ouvrier, le Centre international de recherche sur l'anarchisme et l'Ecole syndicale d'Unia, une rencontre autour de Lucien Tronchet et de ses combats, syndicaux mais aussi politiques. Et du 14 au 17 novembre, à Saint Imier, se tiendront à l'Espace Noir des « journées de l'anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire » (www.espacenoir.ch). Mais d'où, de si loin, nous revient donc l'anarcho-syndicalisme ?
     *Uni Mail, de 19 heures à 22 heures 30, salle M R040.

    anarchisme, anarcho-syndicalisme, Tronchet

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  • « Se souvenir et agir » : D'un 9 novembre l'autre...

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    9 novembre.jpgLe 9 novembre 1932, alors que l'extrême-droite genevoise tenait meeting sous la forme d'une parodie de procès intenté aux dirigeants du Parti socialiste, une contre-manifestation de gauche, unitaire, rassemblant socialistes, communistes, anarchistes, se faisait mitrailler par notre glorieuse armée fédérale, appelée là où elle n'avait rien à faire par un Conseil d'Etat (de droite) aux abois et semblant s'être persuadé (ou voulant le faire croire) que les socialistes allaient tenter une révolution et le renverser. Bilan de la fusillade : 13 morts dans les rangs des manifestants et des passants. «Nous avons un devoir de mémoire», dit le comité qui appelle, comme chaque année, à se souvenir de ce massacre. A « se souvenir et agir », quand d'un ventre encore fécond sourdent d'inquiétants gargouillis...

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  • La Pierre et le Vent : Sur elle

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    Zassoulitch.jpgQuant à elle, Vera Zassoulitch, qu'on s'est autorisé l'imaginer correspondre avec Netchaïev (on sait qu'elle le fit en 1869, puisqu'elle fut pour cela arrêtée en 1869, condamnée, emprisonnée, puis libérée en 1871), elle était née en 1851 dans une famille de la noblesse, mais rencontra pendant ses études à Saint-Petersbourg les milieux révolutionnaires, auxquels elle adhéra. Décrivant leur situation en 1869, elle évoquait le « silence » autour d'eux, leur « isolement », leur « angoisse », leur « désespoir » même, devant l'absence de réponses à leurs interrogations devant la « futilité » des théories qu'on leur prêchait. Netchaïev arrivait donc à point nommé, et qui plus est arrivait du peuple, non de l'aristocratie ou de la bourgeoisie, pour donner le mot d'ordre que cette jeunesse révoltée, mais pas encore révolutionnaire, attendait, avec toute son « avidité militante » : « action ! ». Vera Zassoulitch résume cette rencontre : « Netchaïev n'était pas un produit de notre monde (...), de l'Intelligentsia; il était un étranger parmi nous (...) ce ne sont pas des concepts puisés dans ses contacts avec (nous) qui alimentaient son énergie révolutionnaire, mais une haine, une haine intense ». Et lorsque la Narodnaïa Volia, dont Vera Zassoulitch fut l'une des âmes, demanda à Netchaïev si la dernière action dont l'organisation avait encore des forces devait être de le libérer, lui, ou de tuer le Tsar Alexandre II, qui venait d'abolir le servage mais de faire payer cette abolition aux serfs, Netchaïev répondit : ne pensez pas à moi, tuez le Tsar.
    Et le 13 mars 1881, la Narodnaïa Volia assassina le Tsar. Ce fut son chant du cygne : l'organisation succomba à la répression.

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  • La Pierre et le Vent : sur lui

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    NetchaïevIl avait écrit : « Le révolutionnaire est un homme voué. Il n'a ni intérêt personnel, ni affaires, ni sentiments, ni attachements, ni propriété, ni même un nom (...). Il a brisé tous les liens avec l'ordre civil (...). Il ne connaît qu'une seule science, la destruction (...). Les sentiments ramolissants de parenté, d'amitié, d'amour, de reconnaissance, doivent être étouffés en lui par la passion unique et froide de l'œuvre révolutionnaire »...

    Un tel homme est-il concevable sous d'autres traits que ceux d'un dément ou d'un monstre ? Et s'il existait, serait-il supportable ?

     

     

    Il a existé. Il se nommait Serge Gennadovitch Netchaïev.

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  • D'un 11 septembre l'autre : Ben Laden avait obscurci Pinochet.

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    juntechi.jpgIl était bien temps, qu'on se souvienne que le 11 septembre n'est pas seulement le jour de l'expédition des kamikazes de Ben Laden contre les Etats Unis, mais aussi, en 1973, celui de l'expédition des marionnettes des Etats Unis contre le Chili. Ben Laden avait obscurci Pinochet, mais c'est aujourd'hui le visage de Salvador Allende qu'on retrouve dans les pages de nos journaux, et ce n'est sans doute pas le seul effet du chiffre rond d'un quarantième anniversaire ou des affres syriennes d'Obama.... On rendra hommage au peuple chilien, à son président et aux victimes de la dictature, ce soir dès 19 heures au café Gavroche par une expo photo, demain vendredi à la salle des fêtes de Carouge par un concert de Quilapayun à 20 heures 30, et sur la place de Sardaigne à 22 heures 15 par un hommage à Salvador Allende, et dimanche à 11 heures au Jardin des Disparus, à Meyrin... (www.chile-40.ch)

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  • Anniversaires socialistes et syndicaux : 1888, 1918, et maintenant ?

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    Samedi dernier, le Parti Socialiste Suisse célébrait ses 125 ans. Et dans cinq ans, on célébrera le centenaire de la Grève Générale de 1918, la première et la seule que la Suisse ait connue. Cette grève, historique, lancée par l'Union Syndicale Suisse et le Parti Socialiste Suisse regroupés dans le « Comité d'Olten », fut aussi fondatrice de la Suisse moderne que la révolution radicale, septante ans auparavant. Pour autant, les mérites passés ne fondent pas une légitimité politique présente -et on le voit bien avec le PLR. La question qu'il convient de se poser aujourd'hui est donc : quel « cahier de revendications », avec quels moyens pour le mettre en œuvre, peut tenir le rôle que tint celui de la Grève Générale de 1918 ?

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  • La Pierre et le Vent, 8 septembre, de lui

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    Netchaev.jpgTuez-le ! Moi, je suis déjà mort.
    Et puis, si vous me libériez, je vous serais un poids. Là où je suis, j suis ce que vous voulez que je sois. Un exemple, un souvenir, un remord, un fantôme, ce que vous voulez.
    Tuez-le ! Saint-Just le disait : nul ne peut régner innocemment. Et les moins innocents sont ceux de meilleure volonté, qui pourtant règnent.
    Je ne regrette rien.
    Je n'oublie rien.
    Je ne t'oublierai pas.
    Tuez-le !

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  • La Pierre et le Vent, 7 septembre, d'elle

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    Zassoulitch.jpgIl est temps de choisir. Nous n'avons plus la force d'attendre. Plus que celle de faire une seule chose. Je te repose donc la question que je t'avais posée dans ma première lettre : Devons-nous te libérer ou le tuer ?

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  • La Pierre et le Vent, 6 septembre, de lui

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    Netchaev.jpgDans la rue, comme un volcan l'histoire dit ce qu'elle veut : mourir. Vaincus, condamnés, nous serons la hantise des transfuges : qui n'est pas avec nous est contre nous.

    Nos pères sont morts. Nous les avons tués pour survivre.

    « Toutes les exactions antérieures au mouvement d'insurrection, l'esclave les souffrait. Souvent même, il avait reçu sans réagir des ordres plus révoltants que celui qui déclencha son refus (...). L'esclave, à l'instant même où il rejette l'ordre humiliant de son supérieur, rejette en même temps l'état d'esclave lui-même »... C'est bien beau, ce qu'il écrit là, l'écrivain français, mais les coups de fouet, mon grand-père les acceptait de son maître. Et les redonnait à sa femme et à ses enfants. Battre plus faible que soi pour se consoler d'avoir été battu par plus fort, vieille réponse des lâches... Mon aïeul était un lâche...

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  • La Pierre et le Vent, 1er septembre, d'elle

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    Zassoulitch.jpgJe me souviens... ils parlaient de mission, de combat, d’œuvre, mais ne savaient pas où ils allaient, et y allaient tout de même, marcheurs épuisés, passants enivrés de leurs peurs...

    Je me souviens que les affiches dont tu me parles se terminaient par ces mots : "Si nous venons à échouer, si nous devons payer de notre vie notre tentative d'aider les Humains à conquérir leurs droits, nous montrerons sans peine sur l'échafaud et poserons sans crainte la tête sur le billot"... Aussitôt écrit, presque aussitôt accompli...

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  • La Pierre et le Vent, 31 août, de lui

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    Netchaev.jpgDétruire, oui. Sinon, sur quoi construire ?
    Les sujets se voilent les yeux pour ne pas voir la trogne des nouveaux princes, mais n'imaginent pas pouvoir se passer de princes.


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  • La Pierre et le Vent, 27 août, d'elle

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    Zassoulitch.jpgNous sommes sans illusions : l'ancien monde vivra encore après nous, quoi que nous ayons pu faire -mai qu'au moins, il n'en soit plus qu'à ses derniers mouvements, des soubresauts d'agonie, ou la course aveugle d'un poulet décapité...

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  • La Pierre et le Vent, 25 août, de lui

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    Netchaev.jpgSi je savais encore rire, peut-être serait-ce de vous... et aimer ? a-t-on dans ce monde mieux que des déraisons d'aimer ? contre qui l'amour serait-ce une arme ? contre soi-même, peut-être... Et de quoi me parles-tu quand tu use de ce mot, "amour", dont les popes emplissent leurs prêches ? De quelle sorte d'amour parles-tu ? Du rut ou du rêve ?

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  • La Pierre et le Vent, 23 août, d'elle

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    Zassoulitch.jpgNous ferons de notre liberté le seul usage qui soit légitime. Aucune loi ne mérite d'être respectée pour la seule raison qu'elle est une loi, aucune institution simplement parce qu'elle est là, aucun pouvoir seulement parce qu'il a de la force... Mais il faut bien comprendre ce contre quoi on lutte, pour pouvoir en changer : "ni rire, ni pleurer, mais comprendre", comme nous y invitait Spinoza...

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  • La Pierre et le Vent, 21 août, de lui

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    Netchaev.jpgVous essayez de me comprendre, c'est bien. Vous essayez aussi de m'utiliser, c'est mieux. Vous voulez agir, je veux agir, fort bien... mais répéter comme un moulin à prières "il faut faire quelque chose", ce n'est pas agir, c'est prier, comme les dévots, quand ils se retrouvent confrontés à quelque chose qu'ils ne comprennent pas, à une situation qu'ils ne maîtrisent pas... agissons, prions ? Ne nous réduisons pas à cela...

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  • La Pierre et le Vent, 19 août, d'elle

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    Zassoulitch.jpgTu n'es pas encore mort. Pas encore. Et de toi, nous avons décidé, souverainement, de ne retenir que ton intelligence et ta volonté. Les années de prison n'ont pas plus altéré l'une que brisé l'autre. Le reste, tes mensonges, tes manipulations, tes chantages, ta conviction bornée que la fin justifie les moyens, nous ne l'oublions pas, ni n'avons à te le pardonner, mais, l'ayant soupesé, nous avons conclu qu'aujourd'hui, cela pesait moins que la force qui te reste.

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  • La Pierre et le Vent, 17 août, de lui

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    Netchaev.jpgLa horde primitive ? Soit... après tout, pourquoi pas ? elle a bien fait tomber Rome...

    Certains, incorrigibles optimistes, nous assurent qu'on ne fait pas tourner en arrière la roue de l'Histoire. Mais même ceux-là ne savent pas dans quel sens elle tourne. Moi, je le sais : elle tourne dans le sens que lui impriment les plus forts. Et les plus forts, ce ne sont pas les plus lourds, ou les plus grands. Ce sont les plus décidés. Et ce ne sont pas encore nous. Et si nous voulons le devenir, il nous faut nous dépouiller de nos parures civilisées.

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  • La Pierre et le Vent, 15 août, d'elle

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    révolution,pouvoirS'il y a des "hommes bons", et nous sommes persuadés qu'il y en a, ils ne sont pas au faîte du pouvoir. Peut-être dans ses antichambres ? Ils s'y égareraient. Mais ce n'est pas à eux que nous en voulons, c'est à ceux qui sont au-dessus d'eux. Et cela ne vaut pas seulement pour eux, cela vaut aussi pour tous les servants de l'ordre, ces hommes "bons" et ces hommes "mauvais" sans qui cet ordre ne tiendrait pas un jour.

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