jeudi, 28 janvier 2016

Politique culturelle genevoise : un piège est ouvert

MAH, Nouvelle Comédie, Pavillon de la danse...Un débat gratiné...

N'y a-t-il plus à Genève d'enjeu culturel, de débat sur un tel enjeu, que celui de la rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire ? En tout cas, ce débat, ou ce qui en tient lieu écrase tous les autres. Ou plutôt les recouvre d'une sorte de couche gratinée, sous laquelle on se doute bien qu'il y a quelque chose, mais recouvert par les polémiques sur le projet Nouvel-Jucker -ou plutôt, le plus souvent, sur les aspects collatéraux de ce projet. Et sur son financement. Et sur la campagne du « oui ». Et sur celle du « non ». Et sur Nosferatu. Et sur Gandur. Et sur l'âge du capitaine. Alors,  bien sûr qu'il est important, le projet MAH+, parce que le MAH est important -mais bon sang !, la politique culturelle de la Ville ne s'y résume pas, même si, quelque soit le résultat du vote du 28 février, elle risque fort d'en pâtir... Un piège est grand ouvert pour toute politique culturelle digne de ce nom... Et on n'est jamais si bien piégé que par soi-même...

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samedi, 23 janvier 2016

Coupes dans les subventions culturelles et sociale en Ville de Genève : qui va trinquer ?

La Ville accorde un total de plus de 200 millions de francs de subventions (212 millions au projet de budget 2016, raboté par la droite).
Sur ce total, le projet de budget 2016 prévoyait 131 millions de subventions par le département de la cohésion sociale et de la solidarité, 65 millions par le département de la culture et 11 millions par le département des Finances et du logement.

La majorité de droite coagulée a décidé de couper 2 % dans toutes les subventions (sauf celles au sport et à la petite enfance, et celle au Grand Théâtre -en revanche, l'Orchestre attitré du GTG est frappé... Deux pourcent ça n'a l'air de rien, mais ça fait au total une coupe de plus de 4 millions de francs, dont plus de 2,5 millions dans la politique sociale, et plus d'un million dans la politique culturelle. D'autant que les fonds généraux de soutien à la création culturelle et à sa représentation sont, eux, amputés de 10 %, et que ces coupes s'ajoutent aux coupes cantonales, et à d'autres coupes municipales (dans les lignes de fournitures et dans les "fonds généraux").
Voici, sauf erreurs ou omissions, par domaines, tous départements municipaux confondus, une longue liste (même pas exhaustive, et qui ne tient pas compte des subventions en nature) de victimes des coupes municipales dans les subventions (vous les trouverez aussi dans le projet de budget du Conseil Administratif, disponible sur le site internet de la Ville) : si ces victimes se réveillent, elles peuvent encore, en signant nos référendums*, repousser les ciseaux et les rabots de la droite coagulée... et en pousser une partie à repentance, comme le PDC semble s'y apprêter.
Les indications suivies d'un astérisque concernent les coupes supérieures à 5'000 francs.
Les indications suivie de deux astérisques concernent les coupes supérieures à 10'000 francs
Les indications suivies de trois astérisques concernent les coupes supérieures à 20'000 francs, jusqu'à près de 200'000 francs (OSR)

 

* Les feuilles de signatures pour les référendums peuvent être téléchargées sur http://www.fichier-pdf.fr/2015/12/23/feuille-de-signatures-re-fe-rendums-budget-ps-final/

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vendredi, 22 janvier 2016

Budgets publics : Boîte à idées ou débat collectif ?

budgets, finances publiquesDans le cul-de-sac genevois

L'accord signé le 17 décembre entre le Conseil d'Etat et les organisations du personnel de la fonction publique, et qui a mis fin à la plus longue grève suivie dans le secteur public depuis au moins 70 ans, avait partiellement, et temporairement,  satisfait à une revendication syndicale : les quatre mesures combattues par le mouvement de la fonction publique (le passage à 42 heures de travail payées 40, le non-renouvellement des départs "naturels", la facilitation des licenciements et l'encouragement aux temps partiels) ont été suspendues. En échange de quoi les syndicats prenaient acte de l'objectif, inchangé, du Conseil d'Etat de diminuer les dépenses de 192 millions de francs, et une consultation du personnel (mais aussi de ses organisations...) devait être organisée pour faire émerger des propositions alternatives à celles du gouvernement. Celui-ci a donc annoncé hier l'ouverture de cette consultation -mais à sa manière : celle d'une "boîte à idées" déposées le cas échéant anonymement, par les membres du personnel. On cherche les idées où on peut, quand on n'en a guère ou qu'on refuse celles qu'on pourrait avoir (rétablir la charge fiscale, par exemple...). De leur côté, les syndicats organisent leur propre consultation -mais collective, celle-là, dans les secteurs et les établissements publics, et lors d'assemblées ouvertes. On s'autorisera a trouver exemplaire la confrontation de ces deux méthodes, celle, encouragée par le Conseil d'Etat, du message personnel et peut-être anonyme, et celle, organisée par les syndicats, du débat collectif. 

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mardi, 19 janvier 2016

Jean-Claude Gandur, "Le Courrier", le MAH+...

Confusion des enjeux


Jean-Claude Gandur s'invite dans la campagne contre le projet Nouvel-Jucker d'extension du Musée d'Art et d'Histoire, projet dont il est le principal partenaire financier privé : L'homme d'affaires a déposé deux plaintes contre «Le Courrier», pour calomnie, diffamation et atteinte à l’honneur, à la suite de la parution dans le quotidien d'un dossier lui étant consacré et qui lui a fort déplu. La plainte demande au Tribunal de Première instance de condamner le Courrier à lui verser (ainsi qu'à sa fondation et sa société) 20'000 francs, avec des intérêts à 5 % (Gandur affirmant ensuite qu'il se contenterait d'un franc symbolique), soit condamné aux frais et dépens, et à une participation aux frais d'avocat. L'attaque de Gandur contre "Le Courrier" a été dénoncée par le syndicat des media, Syndicom, et par l'association professionnelle des journalistes, Impressum, comme une "attaque frontale contre la liberté de la presse et l'indépendance du journalisme" (Syndicom). Impressum s'inquiète de la tendance croissante à l'intimidation judiciaire des journalistes, de la part de personnalités publiques, et les deux organisations s'étonnent que Gandur n'ait utilisé ni son droit de réponse, ni son droit de plainte auprès du Conseil suisse de la presse, et se soit adressé directement à la Justice pénale.  Heureusement que, comme le relève Sami Kanaan, "le projet du MAH va bien au-delà du rôle de Jean-Claude Gandur dans le montage" financier, parce qu'il ne manquait plus que l'appel à la justice salvatrice de l'amour-propre pour rendre l'enjeu totalement inintelligible...

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mardi, 12 janvier 2016

Musée d'Art et d'Histoire, Nouvelle Comédie : Périlleuse conjonction d'enjeux

La culture est une arme.jpgL'année politique qui s'ouvre va sceller le sort de deux projets d'investissements lourds dans deux institutions culturelles pérennes : le Musée d'Art et d'Histoire (on  votera le 28 février sur le projet de sa rénovation et de son extension, tel qu'approuvé par le Conseil Municipal, et contesté par un référendum populaire) et la Nouvelle Comédie, projet lui aussi approuvé par le Conseil Municipal mais ensablé au Grand Conseil par les palinodies du PLR cantonal, et menacé d'un référendum par l'UDC et le MCG. La conjonction des ces deux enjeux, auxquels il faut ajouter le référendum contre les coupes budgétaires en Ville de Genève, est périlleuse : elle met en évidence les contradictions de la plupart des forces politiques genevoises (à deux exceptions, antagoniques près, le PS et l'UDC) sur les enjeux culturels. Dans les deux cas du Musée et du Théâtre, les projets ont été approuvés par le Conseil Municipal par des majorités différentes : la gauche, le PDC et le PLR (celui de la Ville, contre celui du canton...) pour la Nouvelle Comédie, une partie de la gauche (le PS et une partie des Verts) et une partie de la droite (le PLR, le PDC et le MCG) contre une autre partie de la gauche (Ensemble à Gauche) et de la droite (l'UDC) pour le MAH+... toute la gauche se retrouvant pour s'opposer aux coupes budgétaires assénées par toute la droite dans le udget culturel (notamment).

Au cas où, ce soir à 19 heures 30, le PS organise (à son siège, rue des Voisins) une discussion publique sur les enjeux culturels liés à l’agrandissement du MAH, avec Jean-Yves Marin et Sami Kanaan...

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jeudi, 07 janvier 2016

Affres budgétaires genevoises : ça référende sec...

Genève, janvier 2016 : La République n'a pas de budget pour 2016 (c'est le seul canton à se retrouver dans cette situation), et si la Commune en a un, il est frappé d'un double référendum de gauche (à propos, vous l'avez signé ?), lancé contre les coupes à la fois mécanistes et hasardeuses opérées par la droite coagulée dans le projet du Conseil administratif. En une heure, le 18 décembre, le Grand Conseil unanime, de l'extrême-droite à la gauche, a renvoyé le projet de budget cantonal à son expéditeur gouvernemental, non sans qu'une majorité de droite (sans le MCG, pour une fois) ait sorti de la loi le système des annuités (les augmentations salariales annuelles de la fonction publique) pour en confier la maîtrise au Conseil d'Etat et ait fait voter (avec le MCG, et contre l'avis du Conseil d'Etat) une loi de "personal stop" bloquant les embauches dans le secteur public :  "pour engager un policier, supprimez un poste d'enseignante"... Là encore, un référendum a été lancé.  Et a abouti.

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lundi, 04 janvier 2016

Il faut fermer l'Usine. Pis voila. Pis c'est tout.

Et soudain, dans la nuit d'un samedi et d'un dimanche de décembre dernier, à Genève, les GPS médiatiques et les boussoles politiques s'affolèrent et les cartes de géographie se brouillèrent : éditorialistes et correspondants se mirent, après une manif "sauvage" ayant "dégénéré" en tags et casses de vitrines, à confondre Genève et Sarajevo. Genève "défigurée", sanglotait "Le Temps", qui évoquait aussi le "chaos", la "Tribune" préférant écrire d'un "grand saccage". Lorsqu'un èmecégiste avait comparé une précédente manif et les tags qu'elle avait laissé derrière elle à la "Nuit de Cristal" nazie, on s'était indignés. Là, on se contentera de ricaner.  On a les débuts d'années débonnaires.

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mardi, 22 décembre 2015

Manif casseuse au prétexte de la défense de la culture alternative : Providentielle diversion

On a attendu un peu avant de vous livrer nos états d'âme sur la manif casseuse de samedi, à Genève, convoquée au prétexte de la défense de la culture alternative. On a attendu le temps de laisser dégoiser les blaireaux et de nous repaître des commentaires hallucinés foisonnant sur les réseaux sociaux (on vous recommande notamment les délires miliciens du président du Conseil municipal de la Ville de Genève, qui appelle notamment les "commerçants" à s'armer et à tirer dans le tas). Le débat, ou ce qui en tient lieu, que suscite l'événement se situe lui-même au niveau spéléologique d'un échange décérébré d'invectives, avec la sommation, d'un côté, de condamner sans chercher à comprendre, et de l'autre de se solidariser sans essayer de réfléchir : avec son fameux "ni rire,ni pleurer, mais comprendre", Spinoza passerait auprès de chaque camp pour un suppôt du camp adverse... Et la défense de la culture alternative et de ses lieux, dans tout ça ? Oubliée. Providentielle diversion opérée par la casse, pour les épurateurs culturels.

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vendredi, 18 décembre 2015

Budget de la Ville de Genève : L'action sociale menacée comme la culture

La droite coagulée ne s'est pas attaquée qu'au seul budget culturel de la Ville de Genève, cette semaine,  si elle en a fait sa cible principale. S'attaquant à toutes les subventions, et toutes les lignes de fourniture, elle s'est aussi attaquée au budget de l'action sociale. Le CAPAS (collectif d'associations pour l'action sociale), qui regroupe 34 associations accordant à plus de 88'000 personnes des prestations de toute nature (de la distribution de seringues, la vaccination et les soins de santé primaire au repas et à la réinsertion professionnelle), sonne l'alarme : ces prestations sont en augmentation constante (comme le nombre de leurs bénéficiaires) depuis des années, sans que les subventions aient suivi. Mais maintenant, non seulement elles ne suivent plus l'augmentation des besoins, mais il faudrait qu'elles reculent ?  Qu'est-ce qui va en souffrir ? le soutien aux familles et aux adultes en situation précaire, les mesures d'insertion sociale et professionnelle, le soutien aux personnes atteintes dans leur santé psychique, le suivi des jeunes déscolarisés, l'intégration des migrants et des marginaux...

budgets publics, Ville de Genève

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mardi, 15 décembre 2015

Ville de Genève : le quatrième débat sur le budget commence. Dans la rue.

Qu'a imposé la droite coagulée en Ville de Genève ? Pour nous en tenir à la politique culturelle, première visée par ces coupes, elle a imposé une coupe de 10 % dans les fonds de soutien à la création et à sa représentation (les « fonds généraux ») et une coupe de 2 % dans les subventions directes. Sauf pour le Grand Théâtre, mais en revanche, pour son orchestre attitré. On admire la logique. Cette coupe dans les subventions municipales s'ajoute à une coupe cantonale proposée de 1 % par année pendant cinq ans dans les subventions directes. Un théâtre comme Am Stram Gram y perdrait 30'000 francs, dont 20'000 francs du seul fait de la Ville. Une économie ridicule sur le budget de la Ville. Une perte importante sur celui d'un théâtre qui n'a pas vu augmenter depuis 10 ans le soutien public qu'il, reçoit... A elle seule, et sans compter, évidemment, les coupes dans les lignes de biens et marchandises qui concernent des lieux culturels la création culturelle devrait assumer, pour 1 million 400'000 francs de coupes dans les fonds de soutien et les subventions, soit 9 % de toutes les coupes proposées, pour économiser à peine plus d'un pour mille des dépenses municipales.  On est donc bien face à une attaque en règle contre, non pas tant la politique culturelle de la Ville, ce qui serait déjà inacceptable puisque la droite n'en proposez aucune qui soit alternative, sinon ne plus financer que le Grand Théâtre et le Musée d'Art et d'Histoire, mais contre l'ensemble du champ culturel genevois, du tissu culturel genevois, de ses lieux, de ses acteurs, de ses salariés. Avec une cible prioritaire : la culture émergente, la création indépendante des institutions, et, évidemment, la culture alternative. Et le secteur le plus fragile de l'économie et du si bien nommé « marché » du travail, celui des intermittents du spectacle. Ces choix budgétaires frappent un secteur qui a fait travailler, et vivre de leur travail, près de 1900 personnes l'année dernière, sans compter le personnel des institutions. Ni, évidemment, le personnel municipal affecté aux institutions. Les coupes dans les fonds de soutien à la création et à leur représentation vont en outre affecter toutes les manifestations qui permettent cette représentation comme les festivals de cinéma (Black Movie, Filmar, Cinetransat et les autres), les fêtes du théâtre et de la danse.

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lundi, 14 décembre 2015

Débat budgétaire en Ville de Genève : la droite coagulée innove

tract manif.jpg

On touche le fond...

On se résignerait facilement à passer deux jours et une nuit et demie à éplucher un projet de budget municipal, comme il nous est déjà arrivé de le faire, si c'était pour qu'au bout du compte la Ville ait un budget équilibré (et même en l'occurrence bénéficiaire) qui maintienne à la fois ses prestations à la population et les droits des quelques milliers de ses employés. Or la droite  dilatée, qui avait en Ville de Genève entamé l'exercice budgétaire par refuser de s'y livrer, ne s'y est finalement résolue qu'en proposant des coupes n'importe où, sur n'importe quelle ligne, n'importe quelle subvention, n'importe quelle allocation. Pour donner un signe de son existence.
Il y a, dans une démocratie, deux moyens de prendre la place d'un exécutif : gagner les élections, ou réussir un putsch. La révolution est exorbitante de ce choix : elle bouleverse le cadre même de la société, et de toutes ses institutions. La droite municipale genevoise a évidemment usé du premier moyen, mais depuis vingt ans, elle se casse les dents sur une élection au scrutin majoritaire que la gauche emporte régulièrement haut la main. Quant au putsch, la droite municipale n'en a pas la force (ce qui explique qu'elle soit régulière tentée de faire appel au canton pour museler la commune...). Elle s'est donc mise à la recherche d'un nouveau moyen, et l'a trouvé : la prise d'otage de la politique sociale et culturelle. Une  prise d'otage budgétaire comme consolation de l'impuissance politique : on touche le fond, là...

 

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vendredi, 11 décembre 2015

La DEDD déforeste

Budget de la Ville de Genève : C'est reparti comme en  2011
 
On a reçu notre ordre de marche : "Le Conseil municipal est convoqué en séances extraordinaires pour samedi 12 décembre 2015 à 8 h., 10h. 13h30, 16h15 et 20 heures et lundi 14 décembre 2015 à 17h et 20h30 et mardi 15 décembre 2015 à 0h, 2h. 4h., 6h. et 8h". Et tout ça pour voter (ou non) le budget 2016 de la Ville de Genève, à partir du rapport de la commission des finances chargée d'examiner le projet du Conseil administratif. A supposer que la commission des finances soit capable de produire un rapport que l'on puisse examiner. Il paraît que c'est le "grand moment" annuel du Conseil municipal. Expérience faite, c'est surtout le plus chiant. Mais on s'y résignerait, si c'était pour qu'au bout du compte la Ville ait un budget équilibré (voire, en l’occurrence, bénéficiaire) qui maintienne à la fois ses prestations à la population et les droits des quelques milliers de ses employés. Or la DEDD (la droite élargie, distendue et dilatée), qui avait entamé l'exercice budgétaire par refuser de s'y livrer, ne s'y est finalement résolue qu'en proposant des coupes n'importe où, sur n'importe quelle ligne, n'importe quelle subvention, n'importe quelle allocation. L'important, c'est de couper. De déforester, à la tronçonneuse. Pour donner un signe. Un signe de quoi ? De son existence, pardi... Elle nous avait déjà fait le coup en 2011, elle nous le refait cette année.  En 2011, elle avait reculé face à la mobilisation des victimes potentielles de son exercice de déforestation culturelle et sociale. Même exercice, même réponse. Mais sans doute avec un référendum en prime. Histoire de donner tout de même la parole aux victimes du massacre à la tronçonneuse.

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mercredi, 09 décembre 2015

NON à un cadeau à l'armée...

Genève a-t-elle 21 millions à claquer pour une caserne ?

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) ayant fait aboutir son référendum contre la loi ouvrant un crédit de 20,87 millions de francs destiné à la reconstruction d'une caserne à Meyrin-Mategnin, les citoyens et yennes sont appelés à se prononcer, le 28 février, sur ce crédit. "Ensemble à Gauche", qui a appuyé le référendum appelle à voter "non". Et le PS se prononce ce soir en Assemblée Générale. On espère que lui aussi appellera à voter "non". "Non" au financement par le canton (qui par ailleurs crie famine financière et s'apprête à voter des coupes budgétaires, des restrictions de dépenses et des exceptions au statut de son personnel) d'installations militaires fédérales, que l'armée fédérale (il n'y en a plus d'autre en Suisse depuis le Sonderbund) peut, et devrait, financer elle-même, sans se le faire offrir par un canton (qui s'était d'ailleurs prononcé pour sa suppression). Quant au prétexte invoqué pour soutenir ce crédit (la construction de logements sur l'emplacement de l'actuelle caserne des Vernets), il vaut ce que valent les prétexte, surtout quand on les a transformés en chantage : la valeur d'un écran de fumée. Parce que pour construire des logements aux Vernets, on n'a pas besoin de construire une caserne à Meyrin, et encore moins besoin de la payer à la place de l'armée : on a seulement besoin de désaffecter une caserne inutile aux Vernets. 

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vendredi, 04 décembre 2015

MAH : la campagne pour la votation du 28 février est lancée

 Pas de doute, on est à Genève...

La campagne pour la votation municipale du 28 février sur la rénovation et l'agrandissement du Musée d'Art et d'Histoire de Genève lancée. Des deux côtés : celui des partisans du projet Nouvel-Jucker, celui de ses opposants. Et ce ne sera pas vraiment être un combat gauche contre droite et réciproquement, puisque de la gauche et de la droite, on en trouve côté  "oui" comme côté "non". Côté "oui", aux côtés du MCG,  du PLR et du PDC, on trouve le PS. Côté "non", aux côtés de l'UDC (et des Verts libéraux en prime), on trouve "Ensemble à Gauche" et, tardive recrue ralliée avec pas mal d'hésitations (ils avaient refusé de soutenir le référendum), les Verts. Le Cercle de soutien au projet rassemble des gens de droite et de gauche, les organisations de défense du patrimoine qui combattent le projet rassemblent des gens de gauche et de droite. Le PDC, le PLR et le MCG qui passent leur temps politique à exiger que la Ville "réduise sa voilure" et son budget, notamment son budget culturel, acceptent une augmentation de 20 % des charges du musée (charges assumées parla Ville), les Verts et Ensemble à Gauche qui dénoncent le financement du projet par Jean-Claude Gandur se retrouvent à le combattre aux côtés de Stéphane Barbier-Muller... Bref, pas de doute : on est à Genève...

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jeudi, 03 décembre 2015

Dans notre calendrier de l'Avent : La grève et le Bien public

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On avait, mardi, ouvert la première fenêtre de notre calendrier de l'Avent. Et dans cette fenêtre il y avait une grève et une manif.  Et dans le deuxième fenêtre, hier, il y avait aussi une grève et une manif. Et aujourd'hui encore, une grève et une manif.  Faut dire que notre calendrier de l'Avent, c'est une version de gauche, avec des grèves et des manifs, des débats sur la culture et les budgets publics, un projet de Nouvelle Comédie, un soutien à l'Usine, tout ça, mais pas l'ombre d'un sapin, pas la fumerolle d'une bougie, rien qui ressemble à une crèche. Mais une grève et des manifs. Du mouvement de la fonction publique (et parapublique, et des acteurs de la culture) on a déjà écrit ici et ailleurs qu'il ne défend plus seulement le statut de la fonction publique, les droits des fonctionnaires, les conditions de travail dans le secteur social ou les subventions à la culture, mais désormais le service public en tant que tel, et qu'ainsi, la grève de la fonction publique est finalement une grève pour les usagers du service public -une grève pour le Bien public, en somme. Tout à fait à sa place dans un calendrier de l'Avent, donc.

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vendredi, 27 novembre 2015

Grèves à Genève : La DMEDD reprend le travail...

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"Il faut savoir terminer une grève" (Maurice Thorez). Ou la reprendre (la fonction publique genevoise) 
   
Cela fait bien trois mois que nous (la gauche) sommes prêts à étudier le projet de budget 2016 de la Ville de Genève, et qu'on attend que la DMEDD (Droite municipale élargie, distendue et dilatée) se déclare prête, elle aussi, à faire son boulot et à nous laisser faire le nôtre. Et ouf ! ça y'est : la DMEDD a accepté d'entrer en matière sur le projet de budget. On peut commencer à bosser. Ou plutôt : les membres de la commission des finances du Conseil municipal peuvent commencer. Quant à ceux des autres commissions, dites "spécialisées", ils devront s'organiser eux-mêmes, entre eux : le projet n'est pas renvoyé à leurs commissions. Pas le temps. Trop de temps perdu à attendre que la DMEDD mette fin à la grève qu'elle avait entamée fin août. Trois mois de grève, dis donc... la fonction publique cantonale peut en prendre de la graine. Nul doute, dès lors, que la droite municipale sera la première à soutenir la reprise de la grève de la fonction publique genevoise. Il y a septante ans, Maurice Thorez lançait aux travailleurs français son fameux "il faut savoir terminer une grève". La droite municipale a mis septante ans à l'apprendre, mais au moins, c'est fait. Et ne soyons pas mauvais joueurs : la droite municipale a du même mouvement, fût-ce sans le vouloir, reconnu la légitimité du droit de grève et celle du droit à la paresse, proclamé il y a bientôt un siècle et demi par le camarade Paul Lafargue, et nous saluons ce ralliement. Non sans rester quelque peu suspicieux : que la droite municipale
ait fini par accepter de faire son travail ne signifie pas encore qu'elle va le faire intelligemment.

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mercredi, 25 novembre 2015

Large soutien, de partout, à l'Usine : Défendre l'exception

culture1.jpgLa Fédération suisse des salles de concerts et des festivals de musiques actuelles à but non lucratif ("Petzi", dans son acronyme germanique, qui nous renvoie à nos lectures de gamins) a exprimé, comme des milliers de personnes et des dizaines de lieux culturels genevois et suisses (et étrangers) son soutien à l'Usine dans le "bras-de-fer" engagé avec la bureaucratie cantonale. Un soutien apporté en particulier à ses salles de concert, en relevant que "le cadre administratif et légal, notamment au sujet des patentes est inadapté à nos membres dans l'Usine et le plus souvent aux salles de concerts à but non lucratif", dont "l'objectif est d'abord culturel", et dont les subventions et recettes, y compris celles, "secondaires et accessoires" tirées des bars, "servent ce but et aucun autre". Constat d'évidence : L'Usine est une exception culturelle à laquelle on veut appliquer un règlement (le "règlement d'exécution de la loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement") dont les 66 articles  prennent 18 pages de la Feuille d'Avis Officielle... Cette exception, de plus, est une survivante : elle est l'héritage des grandes années des squats, de leur brassage social, de leur fonctionnement associatif, autogestionnaire, égalitaire, collectif, rigoureusement incompatible avec les logiques administratives derrière lesquelles l'Etat se réfugie (la Ville, pour sa part, s’accommodant tant que faire se peut de ces logiques "alternatives", et n'y voyant en tout cas pas motif à renoncer de soutenir les lieux où elles sont à l'oeuvre).

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vendredi, 20 novembre 2015

Petits marchandages Ville-canton : Soldes au Bricoculture

 Un accord, sous forme de "déclaration conjointe", a donc été passé entre le Conseil administratif de la Ville de Genève et le Conseil d'Etat du canton pour une première répartition des compétences et des charges dans le domaine de la politique culturelle. Un accord qui n'engage que les deux exécutifs et qui n'est pas en soi une décision : les parlements cantonal et municipal (mais surtout le premier) devront se prononcer, spécifiquement ou dans le cadre de leurs débats budgétaires respectifs, sur chacun des points de cet accord, chacune des allocations budgétaires qu'il prévoit, chacun des transferts qu'il propose. Et il contient quoi, cet accord ? Les bases d'une réelle politique culturelle commune ? Que non pas : une "shopping liste" au Bricoculture, un grand marchandage à partir de critères imprécis, voire introuvables : la Ville prendrait ainsi en charge le soutien à la création dans les arts de la scène, le canton celui de la politique du livre, la Bibliothèque de Genève, puis à terme, l'art lyrique.  En fonction de quel raisonnement ? Pourquoi ces domaines à ces collectivités, et pas d'autres domaines ? Parce que, comme le suggérait un conseiller municipal UDC, le théâtre serait de gauche et l'opéra de droite ? On peine à comprendre. A moins qu'il n'y ait rien d'autre à comprendre qu'un gage donné au PLR pour sortir la Nouvelle Comédie de l'ornière dans laquelle il l'a embourbée ?

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mercredi, 18 novembre 2015

Hosannah ! La droite municipale genevoise consent à faire son boulot budgétaire

(Petite respiration locale après le massacre) 

Hosannah ! Alleluia ! Deo Gratias ! Les zélus et zélues de la droite municipale genevoise semblent prêts à faire leur boulot d'élues et d'élus, et même, qui l'eût cru, leur boulot d'élues et d'élus de droite : étudier le projet de budget de la Ville, en débattre, l'amender, voter pour ou contre -bref, le travail basique demandé aux membres du parlement municipal... C'était le moment : on a déjà perdu deux mois à ne rien pouvoir étudier, ni amender, ni modifier du budget de la Ville de Genève, parce qu'une majorité de bric, de broc et de branques du Conseil Municipal avait refusé en septembre de faire son boulot, et réussi à nous empêcher de faire le nôtre -mais sans pouvoir empêcher le Conseil administratif de faire le sien : élaborer un projet de budget, et le soumettre au Conseil Municipal, charge à lui de l'étudier, de l'amender, de le modifier. Et de le voter avec le contenu qu'il lui aura donné. Evidemment, pour donner un contenu à un budget, il faut avoir quelque chose qui ressemble à un programme politique, et pas seulement le mantra que la droite municipale ânonne depuis qu'elle est majoritaire au Conseil Municipal : "faut réduire la voilure et changer de paradigme pour aller de l'avant"...

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14:17 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ville de genèvem budget | |  Facebook | | | |

jeudi, 12 novembre 2015

Grèves de la fonction publique et de la construction : Belles couleurs genevoises d'automne

grève, fonction publiqueLes couleurs de cet automne sont belles, à Genève  : Le mouvement est considérable, quantitativement, par le nombre des grévistes et des manifestants, et qualitativement, par leur détermination et par la rencontre des travailleurs de la fonction publique et de ceux de la construction. La grève de la fonction publique genevoise, entamée mardi, poursuivie mercredi, reconduite aujourd'hui, est un indéniable succès, qu'on le mesure par le pourcentage de grévistes, le nombre de manifestants (10'000 mardi, autant mercredi)... les commentaires furieux, et souvent insultants, déféqués sur les réseaux sociaux... alors même que cette grève, est moins une grève pour la défense de droits acquis par et pour le personnel des services publics qu'une grève pour le maintien des prestations à la population, de leur qualité et de leur accessibilité -autrement dit : une grève pour les habitantes et les habitants de Genève, y compris celles et ceux qui conchient la grève et les grévistes.

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13:33 Publié dans Genève, Politique, syndicats | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : grève, fonction publique | |  Facebook | | | |