vendredi, 29 janvier 2010

Politique culturelle genevoise : Ote-toi de là que je m'y mette ?

Depuis le début de l'année, les cantons voisins de Zurich contribuent au financement de la politique culturelle zurichoise, dont ils profitent sans, jusque-là, en assumer le coût : Schwytz, Zoug, Uri, Lucerne et Argovie ont signé avec Zurich une convention portant notamment sur les grandes institutions culturelles d'importance régionale (le Grand Théâtre, l'Opéra, le KKL de Lucerne), auxquelles Zurich consacrait 100 millions de francs par année sans qu'il y ait de raison pour que seuls les contribuables zurichois financent une offre culturelle dont les habitants des cantons voisins profitent aussi -et dont ces cantons faisaient d'ailleurs, et font toujours, un argument de campagne promotionnelle pour attirer de riches contribuables et de juteuses entreprises. Et à Genève, où la situation est grosso modo la même, à ceci près que ce n'est pas le canton qui casque pour les autres, mais la Ville ? Ben, à Genève, on réfléchit...

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jeudi, 28 janvier 2010

Des effets électoraux de la mixité sociale

Cocktail gagnant

Découverte bouleversifiante au détour d'une statistique de notre Office cantonal de la statistique et de l'enfonçage certifié de portes ouvertes : à Genève, les contribuables à bas revenu habitent les villes, en particulier celles de Genève, Vernier et Onex, où ils forment jusqu'à 35 % et plus du total des contribuables, pour une moyenne cantonale de 25 %. A l'inverse, les zones abritant la plus forte proportion de contribuables à hauts revenus se situent sur les rives du lac hors de la Ville de Genève ou, dans celle-ci, à Champel et Florissant-Malagnou. On nous en dira tant... Mais un examen un peu plus attentif permet de nuancer quelque peu ce qui sans cela relèverait d'une évidence crasse -et en même temps, de casser le lieu commun d'une gauche reposant sur le vote des « bobos » pendant que les « prolos  » basculent à l'extrême-droite : les quartiers populaires de la Ville de Genève sont toujours ceux où la gauche est, largement, majoritaire, en même temps qu'ils sont de ceux où l'UDC et le MCG font des résultats médiocres, en comparaison de leurs résultats cantonaux. L'explication ? la mixité sociale : là où elle est forte, le populisme plafonne; là où elle est faible, il cartonne. De bourges ou de racaille, le ghetto rend con.

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mercredi, 27 janvier 2010

Décennie de l'intégration des Rroms : Geneva's Minor Swing

La Suisse ne compte pas au nombre des Etats européens qui ont proclamé les années 2003-2015 « décennie des Rroms ». C'est dommage : Une décennie, même de douze ans, ne serait pas de trop pour « intégrer » la principale, et la plus marginalisée, des minorités « ethniques » européennes. Hors d'un exercice européen dont la part autoproclamatoire et la part concrète restent à évaluer, Genève vient cependant d'y mettre son grain de sel -mais c'est du sel sur une plaie. Au nom de la protection de l'enfance, le Conseil d'Etat a décidé de frapper, bien sûr avec humanité mais tout de même là où ça peut faire mal, puisque la répression de la mendicité en tant que telle s'est avérée d'une absolue inefficacité, en sus d'être -mais on le savait déjà au moment même ou on en  décidait- d'une parfaite absurdité. Et donc, la police est chargée d'interpeller et d'appréhender les mendiants accompagnés d'enfants ou les mendiants mineurs, de signaler ces cas au Service de Protection des mineurs (SPMi) et de conduire les mineurs avec ou sans leurs parents au sein de ce service, qui pourrait prononcer le retrait immédiat du droit de garde des parents sur l'enfant et le placement de celui-ci.

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vendredi, 22 janvier 2010

200 rues libérées. Pour commencer.

A une majorité rendue plus confortable par le ralliement à la gauche des radicaux, rassérénés par le projet du Conseil administratif de créer un parking souterrain à Rive pour faire passer une « piétonnisation » partielle du rond-point le plus bordélique de la ville, le Conseil municipal de Genève a donc accepté l'initiative des Verts pour la création de 200 rues totalement ou partiellement piétonnes sur le territoire communal, prioritairement aux abords des écoles, des EMS, des établissements médicaux et des maisons de quartier. Acceptée par le parlement municipal, l'initiative n'aura donc pas besoin d'être soumise au vote populaire -les opposants au développement des rues piétonnes pouvant néanmoins lancer des référendums contre les arrêtés concrétisant l'initiative. Le Conseil administratif a trois mois pour soumettre au Conseil municipal un projet conforme à l'initiative (le canton gardant toutefois, hélas, le dernier mot sur les mesures touchant le trafic), et la Ville aura ensuite quatre ans pour réaliser ce projet.  200 rues, ça ne fait qu'une artère sur quatre en Ville de Genève ? Sans doute. Mais accepter de les rendre en tout ou partie au déplacement humain, est un signe qu'on ne peut que saluer. Et c'est un excellent début : celui de la libération de la ville de l'emprise polluante, bruyante, encombrante et dangereuse du plus absurde des moyens de se déplacer en zone urbaine.

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mercredi, 20 janvier 2010

Bagagistes de l'aéroport de Genève : Les leçons d'une grève

Après dix jours de grève, les bagagistes de l'aéroport de Genève ont fait plier leur employeur (Swissport), contraint le gouvernement à intervenir, et mis en lumière les conséquences des politiques d'entreprise et de site menées par l'Aéroport, les entreprises privées qui y agissent et les autorités cantonales, politiques qui se résument en un mot, à la fois invocation religieuse et mot d'ordre politique : la concurrence. Les grévistes n'ont pas obtenu tout ce qu'ils demandaient, mais ils ont obtenu beaucoup plus que ce que prétendait leur laisser leur employeur, et le syndicat croupion qu'il avait hérité de Swissair -et utilisait comme Swissair : une nouvelle convention collective de travail, la suppression des réductions de salaire en cas de maladie, 190 francs d'augmentation de traitement pour les portefaix et quarante francs pour tous les autres employés de Swissport. Qui se plaint : c'est un million de plus à débourser par an. Pour une entreprise multinationale dont le chiffre d'affaire se situe autour des deux milliards, et dont on se doute bien que les patrons gagnent bien plus en un an que le million que les 300 employés genevois de Swissport vont, modestement, se partager.

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samedi, 16 janvier 2010

L'hexalogue de Rémy Pagani

Quand un Conseiller administratif a un programme politique

Le Maire de Genève a un programme, et il l'a rendu public lundi dernier. C'est son programme à lui, Rémy Pagani, pas, ou pas encore, le programme de la Municipalité ou de l'Alternative Mais c'est un programme politique. Et c'est ce qui compte. Ses collègues, dit-on, et pas seulement l'unique représentant de la droite municipale, Pierre Maudet, se seraient quelque peu offusqués de la méthode : annoncer six propositions sans qu'elles aient été préalablement débattues au sein de l'exécutif. Et annoncer des propositions qui ne concernent pas son propre dicastère, mais ceux des autres. C'est que la logique des enclosures politiques continue de régner à Piogre : chacun chez soi, dans son ministère, maître de son pré, y broutant seul, et que les autres n'y mettent pas le mufle, sinon on ira se plaindre de « rupture de collégialité »

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00:22 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ville, pagani, politique, gauche | |  Facebook | | | |

mardi, 12 janvier 2010

Un spectre plane toujours sur le PAV...

On devait voter le 7 mars prochain sur le préavis municipal de la Ville, favorable au projet PAV (Praille-Acacias-Vernets), contre lequel un référendum a été lancé par la gauche, l'ASLOCA et les syndicats. On « devait », mais on ne doit plus, puisque le projet de loi de déclassement de terrains qui faisait l'objet du préavis municipal, et donc du référendum, a finalement été retiré, pour que des négociations entre le Conseil d'Etat, la Ville et les référendaires naisse quelque chose qui convienne à tout le monde. Ce qui tient probablement de l'illusion, mais a au moins l'avantage du moindre mal, tant le projet initial était critiquable. Au point d'être inacceptable. Mais au fond, pourquoi « sortir de l'enlisement » un projet (le PAV) qu'il vaudrait peut-être mieux l'y laisser s'engloutir ? La crainte du référendum reste le commencement de  la sagesse : « la guerre de la Praille n'aura pas lieu », titre « La Tribune » (de Troie). Ah bon ? Un cessez-le-feu, c'est la paix ?

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vendredi, 08 janvier 2010

Le gouvernement, l’aéroport, la grève : Courage, fuyons !


Il aura donc fallu six jours de grève des bagagistes de l'aéroport (la première longue grève à Cointrin) pour que l'autorité politique de tutelle, le Conseiller d'Etat François Longchamp, consente à intervenir, après avoir adopté pour mot d'ordre, comme d'ailleurs la direction de l'aéroport, un piteux « courage, fuyons ! », agrémenté d’un non moins piteux « c’est pas notre problème ». Pour intervenir dans ce conflit, Longchamp avait pourtant un large choix de casquette : en bon radical cumulard, il est président du Conseil d'Etat, il est ministre de la solidarité et de l'emploi, il est président de l'Aéroport, il est chef de la Chambre des relations collectives de travail. C'est le poids de ces casquettes qui l'immobilisait ? Quel que soit son issue,  l’une des beautés de la grève fut contraindre à la fois les chefs politiques à faire leur boulot de chefs politiques, et les chefs et les cadres de Swissport à faire autre chose que les chefs et les cadres, et à comprendre leur douleur et remplaçant, brièvement, les grévistes au chargement des avions -il n'en fallut pas plus pour qu'ils envisagent l'achat de machines pour alléger la tâche... La grève, c’est l’arme des travailleurs pour éduquer les patrons et les politiciens…

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samedi, 12 décembre 2009

La Ville de Genève, sa majorité de gauche, son budget…

Ah, la belle Estrapade ?

La Ville de Genève devrait avoir dimanche matin, pour fêter comme il se doit l'Escalade, un budget. Un Conseil municipal, ça sert à ça. Ce budget devrait être, à quelques détails près, celui proposé par le Conseil administratif. Une majorité politique, ça sert à ça. La droite et l'UDC pourraient lancer un référendum contre le taux de centime additionnel ? Une opposition, ça s'oppose. Tout rentre donc dans l'ordre. En Commission des Finances du Conseil municipal, les représentantes et représentants des partis de l'Alternative s'en étaient pourtant donnés à coeur joie, chaque groupe de la gauche taillant, sous l'oeil d'abord goguenard de la droite municipale, dans le budget des magistrats des deux autres groupes, les socialistes ouvrant les hostilités, Verts et représentants d' " A Gauche Toute répliquant ". Au final la Commission des Finances refusait le budget. Qui devrait néanmoins être accepté samedi avec quelques retouches, au grand dam de la droite qui a l'impression de s'être fait mener en bateau par un cirque nautique. Impression qu'on veut croire justifiée. Parce que de deux choses l'une : ou bien les représentants de l'Alternative sont de fins tacticiens et n'ont joué à la guéguerre tribale que pour mieux tromper l'ennemi, ou bien, hypothèse totalement invraisemblable, on a eu affaire à une magistrale déconnade et à un concours de règlements de comptes infantiles  du genre : " vous n'avez pas appelé à voter pour nos candidats au Conseil d'Etat, on sucre le budget de votre magistrat, na !"… Hypothèse invraisemblable., on vous dit.

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lundi, 07 décembre 2009

Modeste contribution au " discours de Saint-Pierre "

Le gouvernement genevois prête serment. A quel taux ?

Illustres syndics et syndiques de la parvulissime république,
Il n'est guère de coutume qu'un obscur citoyen, pire : un modeste natif de notre République, s'autorisât de faire entendre sa grêle petite voix avant votre prône ministériel de Saint-Pierre, sans même attendre que, tout engoncés et engoncées de fierté post-électorale, vous ayez prêté ce soir le serment que vous devez à nos institutions. Mais l'occasion fait le (bon) larron, et nous n'y pouvions résister longtemps. Ainsi, glorieux élus, chanceuses élues, vous mîtes trois semaines et sept séances à vous répartir les tâches, à soupeser, dépecer, déplacer, coller et recoller entre vous services, enjeux et responsabilités. Frêles humains et humaines que vous êtes, vous ne pouviez certes comme l'Autre créer (ou recréer) en six jours le monde politique genevois et vous en reposer le septième jour, mais vous auriez néanmoins pu vous abstenir d'en mettre dix-huit pour reprendre de Saint Michel Audiard le mot d'ordre : " dispersons façon puzzle ! "...

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samedi, 05 décembre 2009

Justice, police et manifs : chouette, c'est Rochat qui s'y colle !

On a trouvé à qui refiler la patate chaude

Aucun des " anciens " conseillers d'Etat n'en voulait, on l'a donc refilée à une nouvelle. Et comme les libéraux, à la remorque de l'UDC et du MCG, avaient fait campagne sur le thème de la " tolérance zéro " à l'égard des délinquants (sauf s'ils sont fils de potentats libyens), il était assez logique que ce soit la libérale qui s'y colle : la police genevoise a une nouvelle ministre, la cheffe de la police une nouvelle cheffe et Zavatta une nouvelle autorité politique en face de lui.Tout cela, au passage, nous arrange : de nous en prendre régulièrement au camarade Moutinot, on commençait à fatiguer. On va donc voir ce qu'on va voir. C'est-à-dire vraisemblablement pas grand chose, puisqu'une fois dissipées les fumerolles des déclamations électorales, la triste et lourde réalité va tristement et lourdement s'imposer : celle d'une ville qui ne peut plus redevenir le village qu'elle était il y a 2000 ans, d'une ville frontière qui ne peut ni déplacer ni fermer sa frontière, d'une ville contemporaine qui ne peut être ni épurée ni purgée de ce qui la démange (mendiants, dealers, cambrioleurs, petits délinquants), et d'une République qui pourra couvrir son territoire de nouvelles prisons sans que jamais l'ombre d'une solution au problème de la surpopulation carcérale n'émerge de cette frénésie geolière. Mais ça tombe bien : la nouvelle ministre de la justice, de la police et des prisons était jusqu'à présent maire de la future cité carcérale de Genève : Thônex.

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vendredi, 04 décembre 2009

Le CEVA, malgré tout

Accepté, financé, mais pas encore parti :  Le CEVA,  malgré tout

Bon, voilà, c'est fait, le financement cantonal additionnel du CEVA  est acquis. C'est non seulement la première fois que les Genevois votaient sur le CEVA, mais c'est aussi, sauf erreur, la première fois qu'ils votaient sur une infrastructure transfrontalière de transports publics -et donc, indirectement, sur la région elle-même. Et ce vote sonne clair et net : 61,2 % d'approbation, et une opposition confinée dans un parc à bourges du côté de Champel. Une opposition qui s'appuyait, tout en faisant mine de s'en distancer, sur les campagnes antifrontaliers du MCG et l'agitation par l'UDC de la menace d'un déferlement de la " racaille d'Annemasse " sur la paisible Genève... Le comique de répétition a ses limites : en acceptant le CEVA deux mois après avoir fait un triomphe au MCG, Genève accepte sa propre région. La mise en réseau d'une quarantaine de gares en Suisse et en France, l'implantation de cinq gares à Lancy, au Bachet, à Champel, aux Eaux-Vives et à Chêne-Bourg va pouvoir démarrer, une fois que les 57 recours déposés par les opposants auront été levés, traités ou retirés. Le Tribunal administratif fédéral avait refusé de lever leur effet suspensif, retardant ainsi de plusieurs mois les travaux, et les renchérissant de plusieurs millions…

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jeudi, 26 novembre 2009

On a un référendum sur le feu pour Noël…

NON à l'extension des heures d'ouverture des grands magasins

Le patronat du commerce genevois de détail a fait déposer par ses relais politiques, et va faire accepter par sa majorité parlementaire cantonale, un projet de loi étendant les heures d'ouvertures des magasins, jusqu'à 20 heures du lundi au vendredi et 19 heures le samedi, avec en prime l'ouverture dominicale quatre dimanches par année, et des ouvertures spéciales lors d'événements touristiques ou commerciaux particuliers. Au frigo, mais n'attendant que l'occasion d'en être sorti, on trouve encore le projet de libéralisation totale des heures d'ouverture au centre-ville et autour de la rade. Comme le relèvent les syndicats, ces projets ne sont pas, quoi qu'en disent leurs promoteurs, destinés aux consommateurs et consommatrices du canton, mais aux grands magasins et aux grandes chaînes de distribution; il ne visent pas à répondre à la " concurrence française ", ils ne répondent ni à une demande de la clientèle, ni à un besoin des petits commerces, ni à la concurrence des commerces français, ni au manque d'animation au centre-ville, mais uniquement à la quête de nouveaux profits pour Migros, la Coop, Manor et les autres grands groupes. Le Parlement dont Genève s'est trouvée pourvue, une fois la bise populiste venue, ne va pas manquer de voter le projet de loi patronal. Et la gauche politique et syndicale de lancer un référendum.

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CEVA : et si le crédit additionnel était refusé ?

Et j'entendrai (malgré tout) siffler le train...

Le CEVA c'est une vieille histoire : celle de l'incapacité de Genève à boucler son réseau ferroviaire. La nécessité de ce bouclage, et de la liaison que propose le CEVA, est reconnue depuis 1876 et a fait l'objet d'une convention qui fêtera son siècle d'existence en 2012. Deux guerres mondiales et trois crises économiques plus loin, on en est toujours à se demander si on va pouvoir prendre à Cornavin le train d'Annemasse, et à Annemasse le train pour Cornavin. Dimanche, on vote. Pas sur le principe du CEVA mais sur un crédit additionnel de 115 millions, représentant moins d'un douzième du coût total d'un projet qui coûtera trois fois moins que la traversée routière du Petit Lac, le fétiche de la droite (et des opposants au CEVA)... Du coup, une question insidieuse nous taraude : puisque le CEVA est considéré comme fondamental par une écrasante majorité des forces politiques et sociales de la République et des collectivités publiques circonvoisines, qu'on a a tout en main pour le réaliser, les terrains, la volonté politique, l'essentiel du financement, le soutien des partenaires français et de la Confédération, et qu'on ne vote pas sur le CEVA lui-même mais sur une petite partie de son financement, pourquoi ne le réaliserait-on pas de toute façon ? Que finance donc, dont on ne pourrait se passer, le crédit additionnel soumis au vote populaire ce dimanche ? Les boules Quies des riverains de la future gare Champel-Hôpital ?

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vendredi, 20 novembre 2009

Stress post-traumatique au PSG

Querelles d'écuries
Alors comme ça, on aurait perdu les élections à cause de nos " divisions internes " ? Vieille histoire, et vieux prétexte. " Le PS, combien de divisions " est une question aussi vieille que le PS et le débat entre Jules Guesde et Jean Jaurès (ou Léon Nicole et Charles Rosselet, pour rester genevois). Mais il y a " divisions " et " divisions ", il y a celles qui reposent sur des différences de conceptions, de stratégies et de projets et celles qui se réduisent à des affrontements de clans, de coteries et d'écuries pour des plans de carrières. Quand en période d'élections ou de désignations internes, la première question qu'un-e militant-e socialiste pose à un-e autre est " pour qui tu roules, toi ? ", il y a quelque chose de pourri au royaume du débat politique. Et les quelques un-e-s qui, à cette question stupide, donnent la seule réponse qui convienne (" je ne roule pour personne, je roule pour un projet "), ceux-là ou celles-là passent pour des illuminés ou des attardés mentaux. Inutile de dire que nous en sommes, pleinement. Plutôt que s'agiter pour que se tienne un " congrès extraordinaire " sur fond de théorie du complot et sur l'air de " c'est la faute à Tornare, à Sommagura, à Kast, à solidaritéS et à Unia " (ben et nous, alors ?), il serait temps pour les socialistes genevois de prendre conscience que quand un parti politique s'organise en écuries personnelles concurrentes, il n'est pas surprenant qu'il produise plus de litière que de projet.

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mercredi, 18 novembre 2009

Election du Conbseil d'Etat : M'en fous, j'ai la peau dure, ça fait pas mal…

Genève était gratifiée d'un gouvernement de " centre-gauche " avec un parlement très, très à droite. C'était une originalité, une spécialité locale, quelque chose entre la longeole et la marmite de l'Escalade. Pour quatre ans, on est retombé dans la normalité. La question était de savoir qui, des Verts ou des socialistes, allait en faire les frais et perdre, au profit de la droite, le siège qui allait donner la majorité au camp majoritaire. Ce siège perdu au profit des libéraux est un siège socialiste, alors même que le PS a obtenu plus de bulletins que le parti libéral, mais au final, ça s'est joué à 1200 suffrages. Une paille… Ce qui a fait la différence, ce sont les alliances : aux bulletins libéraux se sont ajoutés les bulletins PDC et radicaux, qui présentaient également les deux candidatures libérales, alors qu'aux bulletins socialistes ne se sont ajoutés que les bulletins verts, en l'absence de bulletins de solidaritéS ou du PdT, et d'une recommandation de vote des communistes. Pris en tenaille entre la progression des verts et la division de la " gauche de la gauche ", le PS était la victime toute désignée de la normalisation politique genevoise. Il n'y aurait échappé qu'en la faisant payer aux Verts, dans un jeu à somme nulle : si le siège gagné par les libéraux n'avait pas été celui revendiqué par Véronique Pürro, c'est Michèle Künzler qui aurait fait les frais du basculement de majorité. Il fallait bien que quelqu'un paie l'addition du changement de majorité : c'est le PS qui casque, et ça n'est pas une surprise.

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lundi, 16 novembre 2009

Election du Conseil d'Etat : Ouf, et bof…

Et oualà, c'est fait, on a un nouveau Conseil d'Etat, on va maintenant pouvoir passer aux choses sérieuses -et elles ne manquent pas. " Ouf " et " bof ", donc... " Ouf " parce que le MCG n'est pas entré au Conseil d'Etat. On ne s'attendait d'ailleurs pas vraiment à ce qu'il y soit : dans une élection au système majoritaire, à deux tours, face à deux coalitions représentant chacune un tiers des électeurs, un parti solitaire, qu'il soit de gauche ou de droite, n'a pas grande chance. Les deux candidats MCG obtiennent toutefois un résultat remarquable, bien supérieur à celui de leur seul parti. Quant à l'UDC, son candidat n'a même pas réussi à jouer les utilités -sinon celle, dont il convient de lui être reconnaissant, de priver le MCG des quelques milliers de suffrages qui auraient permis à Mauro Poggia d'être élu à la place de Michèle Künzler. " Ouf ", donc. Et puis, " bof ", puisqu'on est mollement retombé dans la normalité : la majorité de l'électorat actif a voté à droite, la majorité du parlement est à droite, la majorité du gouvernement sera à droite comme elle l'est constamment depuis plus d'un siècle, à deux législatures près. Aucun mouvement n'a bougé les lignes et malgré une participation en hausse, le gouvernement de la République n'a une fois de plus été élu que par une minorité d'un corps électoral qui n'est lui-même qu'une minorité de la population : le mieux élu de nos ministres n'a obtenu le soutien que d'un-e habitant-e de Genève sur neuf et à peine 1200 suffrages séparent la plus mal élue de la meilleure non élue.

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jeudi, 12 novembre 2009

Scènes de chasse aux Pâquis

Quand un échevin radical et un prévôt communiste donnent une leçon de défense du service public à un ministre socialiste

Après que le Conseil d'Etat, collectivement, et le Conseiller d'Etat Laurent Moutinot, personnellement, aient accepté la demande de commerçants des Pâquis de mandater des des vigiles privés pour " patrouiller " aux Pâquis, faute de présence policière (cantonale ou municipale) suffisante, le Conseiller administratif radical Pierre Maudet, en charge de la police municipale genevoise, a dénoncé une " capitulation de l'Etat ". Position également exprimée par son homologue lausannois, mais popiste celui-là, Marc Vuilleumier. Pour Maudet, la décision cantonale d'autoriser des vigiles à faire semblant de faire le boulot du Guet " s'apparente à un abandon du terrain et à une capitulation de l'Etat ", donne le signe " que la sécurité sur le domaine public peut s'acheter sur le marché ", et qu'on doit " monnayer sa sécurité ". Le discours de Maudet est un discours de gauche -et c'est d'ailleurs le même que tient Vuilleumier " la sécurité s'inscrit dans une optique de service public ". Les seuls qui pourraient trouver dans ce débat tout le comique, sans doute involontaire, qu'il recèle sont les 200 ou 300 emmerdeurs qui zonent du côté des rues de Fribourg et de Neuchâtel, et que les " patrouilles " des vigiles privés repousseront peut-être d'une, deux ou trois rues pendant une semaine..

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mercredi, 11 novembre 2009

La Nouvelle Comédie sur les rails du CEVA

Nouveau théâtre dans un nouveau quartier, si le 29 novembre...

Le 2 novembre, Rémy Pagani et Patrice Mugny ont présenté le projet retenu, au terme d'un concours lancé en janvier, pour la Nouvelle Comédie : sur le site de la gare des Eaux-Vives, quatre modules vitrés accueillant ateliers, restaurant, librairie, salles de spectacle... un projet devisé à 70 millions de francs -un peu moins que les extensions des musées d'Ethnographie et d'Art et d'Histoire, beaucoup moins moins que deux ans de fonctionnement du Grand Théâtre, mais une dépense que la Ville sera pratiquement seule à assumer, alors que tout le monde politique, ou presque, s'accorde, au moins rhétoriquement, à admettre que les grands projets culturels d'importance régionale doivent être cantonalisés, sinon régionalisés. On ne s'en étonnera qu'à moitié. Et on n'aura garde d'oublier que ce projet n'a pratiquement aucune chance de devenir réalité si le 29 novembre le crédit complémentaire pour le CEVA n'était pas accepté…

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samedi, 07 novembre 2009

Allez, on se fait une dernière petite rafle de Rroms avant les élections ?

Lâche le dealer, Marcel, aujourd'hui c'est le mendiant qu'on chasse...

Mardi, les polices cantonale et municipale et la voirie municipale se sont, pour la Nème fois, attaquées aux campements de fortune des Rroms, confisquant leurs maigres effets personnels (jusqu'à des médicaments...) et procédant à des contrôles d'identité. Pour nos forces de l'ordre et de l'épuration sociale, ces opérations s'inscrivent dans une " politique de sécurité et de salubrité publiques ". Mais pendant que le Guet et les Chasse-gueux s'en prennent aux Rroms, des habitants et des commerçants des Pâquis doivent, eux, se résoudre à faire appel à une police privée pour effectuer des rondes, éventuellement dissuasives pour les dealers, pour pallier l'absence de la police sur le terrain. La police, cantonale ou municipale, ne peut évidemment pas être au four et au moulin, et en même temps s'occuper des dealers des Pâquis et des matelas des Rroms. On a les priorités que l'opinion publique mérite, à dix jours de l'élection d'un gouvernement qui aura à appliquer la sinistre loi " antimendiants " adoptée par la droite et l'extrême-droite genevoises.

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