jeudi, 14 mai 2009

Opérations " coup de poing " ou " pet dans l'eau " ?

Rafles médiatiques aux Pâquis

Deux ou trois rafles pâquisardes à grand spectacle (tout étant cependant relatif aux ambitions des producteurs) ont égayé Genève la semaine dernière. 100 ou 150 interpellations ont été effectuées, qui n'ont abouti qu'à trois ou quatre arrestations : à l'ouest, rien de bien nouveau. Et rien de bien efficace -mais cherchait-on à l'être ? A vrai dire, le terrain que l'on voulait occuper semble moins avoir été celui des Pâquis que celui des media. Bref : la campagne électorale est lancée. Dans la boue, mais elle est lancée. Et la concentration de la presse se poursuit, la " Tribune de Genève " ayant apparemment racheté le " Pilori ", ou du moins repris son ton, le temps d'une rafle.

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samedi, 09 mai 2009

Vider les caisses pour remplir les urnes

La commission fiscale du Grand Conseil a approuvé, contre les seules voix socialistes, un projet de loi baissant l'impôt sur le revenu (surtout pour les hauts revenus) et instaurant un " bouclier fiscal " pour les grosses fortunes. S'il est accepté par les citoyennes et yens (et on ne doute pas qu'il le sera, puisque ceux qui en bénéficieront usent pleinement de leur droit de vote, alors que ceux qui auront à le payer ne votent pas), le projet de la droite et des Verts fera perdre aux caisses publiques plus de 320 millions de francs en 2010, près de 390 millions en 2001, plus de 410 millions en 2010 : c'est de plus d'un milliard en trois ans que la droite s'apprête à priver le canton. Et il faudra bien que ce milliard de pertes fiscales soit compensé. Comment le compensera-t-on ? En réduisant les prestations, et de préférence celles indispensables aux plus démunis. Sinon, comment payer la construction de nouvelles prisons, un pont sur la rade et la survie du stade de la Praille ?

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vendredi, 08 mai 2009

L'aumône au stade

Le Conseil d'Etat voulait lui assurer une rente viagère de deux millions de francs par an jusqu'à ce que mort du stade s'ensuive ? La Fondation du Stade de Genève ne recevra probablement qu'une aumône de 500'000 balles pour survivre en 2010 : c'est en tout cas la proposition que feront le PS et les Verts, après que la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil ait, à l'unanimité, donné un préavis négatif à la dispendieuse stadolâtrie du gouvernement. Et la commission de stigmatiser la " légèreté " du Conseil d'Etat (à deux millions par an, c'était pourtant une légèreté lestée), et de déplorer l'absence de toute réflexion sur un financement privé de cet équipement sur lequel, rappelons-le au passage, les Genevois n'ont jamais pu se prononcer, tout ayant été fait, défait et surfait pour les en empêcher.

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jeudi, 30 avril 2009

C.O. Sélection en mai, orientation en septembre...

Le 17 mai, les citoyennes et yens choisiront entre deux textes concernant le Cycle d'Orientation : l'initiative 134  " pour un cycle qui oriente ", émanant du " Réseau école et laïcité " (Reel) et le contre-projet du Grand Conseil, " pour un cycle d'orientation exigeant et formateur pour tous ". Ce choix, éliminatoire, ne sera en réalité qu'une sélection du projet qui sera, en septembre, opposé à une deuxième initiative, de gauche, qui demande, s'agissant toujours du Cycle d'Orientation,  de " s'organiser contre l'échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes ". Le vote de Floréal clarifiera donc celui de Vendémiaire : c'est ce dernier qui sera celui du choix final, entre l' " homogénéité " prônée par Reel (les élèves d'un même niveau sont placés dans une même section) et l' " hétérogénéité " proposée par la gauche (une section ou un regroupement rassemble des élèves de niveaux différent). Le contre-projet parlementaire opposé à l'initiative de Reel est soutenu par tous les partis représentés au sein du Grand Conseil, sauf le MCG et, par les syndicats d'enseignants, ainsi que la plupart des associations de parents d'élèves, mais il combattu par l'AVIVO, la Jeunesse socialiste, le Parti du Travail, les Evangéliques et SolidaritéS.  Quant aux élèves eux-mêmes, leur avis importe peu. Ou pas du tout. Demande-t-on aux agneaux de choisir leur paturage ?

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lundi, 27 avril 2009

Pétition pour l'égalité de l'arroi du Guet de la République et des Chasse-gueux de la Commune

Morgenstern2k71227.jpgL'alternative municipale de gauche au Taser cantonal de centre-gauche :
Vive le Morgenstern !


En décidant de doter le groupe d'intervention de la gendarmerie de pistolets à électrochoc (" Taser "), le Conseil d'Etat creuse une inégalité inacceptable entre une police cantonale équipée du dernier cri (de douleur) de la technologie policière, et une police municipale devant se contenter de médiocres " bâtons tactiques " et d'interventions à peine épicées de sprays au poivre. Nous devons rétablir l'équilibre entre la Commune et la République, cet équilibre dût-il prévaloir dans la connerie gadgétophile à défaut de pouvoir s'affirmer sur des terrains plus fondamentaux, s'il en est -après tout, la puissance publique ne se manifeste-t-elle pas par le monopole de la violence physique ? Nous lançons donc à cette noble fin une pétition, que vous trouverez en annexe et sur la toile : dans la course au ridicule, une municipalité de gauche ne peut sans faillir se laisser distancer par un gouvernement de centre-gauche. La police du second a droit au Taser ? celle de la première a droit au Morgenstern.

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vendredi, 24 avril 2009

Le raisonnement du bon docteur Guillotin

A République moderne, technologie de pointe, le progrès est en marche, nos chasse-gueux ont l'électricité et la maison Taser une jolie référence dans ses dossiers : la police genevoise va être branchée sur 50'000 volts. Le Conseil d'Etat a validé un " ordre de service interne " dotant le groupe d'intervention de la gendarmerie de trois pistolets à électrochoc (" Taser "), pour une utilisation dont le gouvernement et la police promettent qu'elle sera restrictive (seuls les membres du groupe d'intervention pourront s'en servir), très ciblée (mais la cible est large : forcenés, suicidaires, déments, détenus agités...), réglementée (validation préalable de l'usage du machin par un officier de police, échelon d'appui sanitaire, rapport ultérieur) et même filmée. Laurent Moutinot assure que le but de l'introduction du Taser " n'est pas d'aggraver les moyens de contrôle dont dispose la police, mais d'éviter l'usage de l'arme à feu ou de la force physique ". L'électrochoc comme alternative au coup de feu, c'est un argument qui a sa logique : celle du bon docteur Guillotin, présentant sa machine à couper le crime comme le moyen d'éviter la décapitation à la hache, la pendaison, le garrot et autres pratiques salissantes, inesthétiques et peu fiables. Le condamné ne sentira " qu'un léger souffle sur le cou ", assurait le bon docteur. Et une décharge de 50'000 volts ne fait pas mal, poursuivent ses disciples genevois.

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jeudi, 23 avril 2009

Pas de liste de l'AVIVO pour le Grand Conseil

L'AVIVO a décidé de ne pas présenter de liste à l'élection du Grand Conseil, cet automne. Et elle a bien fait. Le droit de l'AVIVO à présenter une liste électorale à quelque élection que ce soit était incontestable. Ce droit, l'AVIVO en jouit, comme en jouissent, exemples pris au hasard, l'ASLOCA, les syndicats de travailleurs, le WWF ou le RAAC. Mais du droit de présenter une liste à la nécessité, et même à l'utilité, de le faire, il y a tout l'espace d'un choix politique. Et celui de l'AVIVO de se lancer avec sa propre liste, dans la bataille électorale, et donc de se transformer objectivement en parti politique, aurait été une erreur. Saluer par avance la présentation d'une liste de l'AVIVO à l'élection du Grand Conseil, comme le fait le président du PS, était une position à courte vue, fondée sur un calcul électoral à court terme. L'entrée de l'AVIVO au Grand Conseil aurait peut-être permis un succès de la gauche dans six mois. Mais aussi un recul pour des années dans la défense des petites gens que l'AVIVO défend. Les " gens de peu " de cette République n'ont pas besoin d'un parti politique de plus, fût-il de gauche. Ils ont besoin d'une AVIVO forte, indépendante, capable de faire son travail d'AVIVO. Pas d'une AVIVO engluée dans les institutions politiques et y consumant ses forces.

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mercredi, 22 avril 2009

L'arithmétique au secours de la politique

Ainsi donc, SolidaritéS et le Parti du Travail, ayant fait leurs comptes et refait leurs mécomptes, en sont arrivés à la seule conclusion sensée : présenter une liste commune à l'élection du Grand Conseil, leurs forces séparées ne leur permettant pas le passage au-dessus de la barre du quorum. Pour l'ensemble de la gauche, et pas seulement pour celle qui se proclame " à la gauche du PS et des Verts ", performance politique d'ailleurs toute relative, c'est une bonne nouvelle, parce que personne, à gauche, n'a le moindre intérêt à ce que se reproduise l'exercice calamiteux d'il y a quatre ans, lorsque 14 % des suffrages exprimés ont été perdus pour s'être dispersés sur trois listes. Il reste bien sûr à agréger à la liste commune SolidaritéS-PdT les groupes et les individualités qui ne se retrouvent dans aucune de ces deux organisations (les Communistes, les indépendants de gauche), mais le premier pas est fait -et on aura assez dit et écrit, ici ou ailleurs, qu'il était nécessaire de le faire pour pouvoir s'autoriser à le saluer.

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jeudi, 16 avril 2009

Référendum contre les mesures d'éloignement : Flop unitaire

Le référendum lancé contre les " mesures d'éloignement " par le Parti du Travail, et soutenu, plus ou moins activement, par les syndicats, solidaritéS, le PS et les Verts, n'a pas abouti. Il manque en gros 2000 signatures pour que soit soumise au vote populaire la disposition législative votée par la droite parlementaire, et renforçant le pouvoir de la police de décréter des mesures d' " interdiction de périmètres ", non seulement contre les dealers, leurs clients et les mendiants (ce qui était déjà possible avant la modification de la loi), mais contre toute personne ou groupe de personnes soupçonnées de pouvoir troubler l'ordre public -un ordre public dont la définition est de plus en plus restrictive, au fur et à mesure que s'approchent les élections et que le prurit sécuritaire s'aggrave. Le référendum a donc échoué. Il est vrai qu'il était mal parti, parti trop tard, et sans dynamique unitaire. Son échec est donc à partager entre tous ceux qui l'ont soutenu : une défaite dont les concepteurs sont si nombreux ne peut pas rester orpheline.

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samedi, 11 avril 2009

… et delendum stadium…

stadefin.jpgUn nouvel instrument financier : le trou rentier
Nème épisode d'un feuilleton répétitif, celui du stade de la Praille : Accroché au trou de la Praille comme une huître à son pieu, le Conseil d'Etat propose au Grand Conseil un projet de loi (PL 10433) attribuant à la fondation (privée) (1) du stade une subvention annuelle de l'ordre de plus de deux millions chaque année pendant quatre ans (2), subvention renouvelable mécaniquement pendant toute la durée de vide du stade, soit encore au moins quarante ans. On vous laisse faire vous même la multiplication (quarante fois deux millions, ou plus si entente) pour obtenir le total final de ce nouveau racket des fonds publics. En pleine crise économique et financière, le gouvernement genevois invente un nouvel instrument financier : le trou rentier. A deux millions par an pendant un demi-siècle. C'est beau comme du Madoff. Surtout quand on lit les " conditions " que le Conseil d'Etat fait mine de poser à la fondation :

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jeudi, 09 avril 2009

Droit démocratique ou mise au pilori?

Les communistes lancent une initiative populaire cantonale proposant de donner au peuple la possibilité de demander par voie d'initiative populaire la révocation d'un-e Conseiller-e d'Etat, procureur-e général-e ou conseiller-e administrative. Ça part d'un bon sentiment, d'un juste principe et d'une bonne idée (la preuve : nous l'avons eue, et l'avons toujours) mais ça arrive à une mauvaise proposition, qui s'apparente plutôt au tire-pipe sur magistrat-e (en gros : l'exercice auquel se livre le MCG en ce moment sur Charles Beer) qu'à un véritable droit populaire de révocation des autorités élues. La révocation populaire n'est pas la mise au pilori et devrait se traduire non par une révocation à la tête du client, mais par une révocation de tout le collège auquel il appartient. C'est d'ailleurs cette proposition là que nous fîmes en des temps fraîchement révolus, pendant la campagne pour l'élection de la Constituante (voir les articles 27, 36, 39 et 50 du projet disponible sous www.perso.ch/troubles/constitution.pdf).

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mercredi, 01 avril 2009

Quand la légitimité naît de la rareté

Listes électorales : de l'utilité de la parité des genres

Les Verts genevois ont dû reporter à fin avril la confection de leur liste pour l'élection du Grand Conseil, faute d'avoir reçu assez de candidatures féminines pour pouvoir à la fois respecter le principe de parité des genres sur les listes et satisfaire leur envie de présenter, comme la plupart des autres partis, une liste pléthorique (de 40 candidates et candidats). Ce qui pose, utilement, deux problèmes en même temps, qu'ont à résoudre, et de la peine à résoudre, autant les socialistes que les Verts : celui de la parité des genres, et celui de l'excès de candidatures -le second problème empêchant de résoudre le premier, puisque si la parité des genres peut sans grand effort à gauche être respectée sur des listes correspondant à peu près aux espérances électorales des partis qui les présentent, elle est difficile à atteindre sur des listes " fourre-tout " présentant deux, trois ou cinq fois plus de candidatures qu'on espère obtenir de sièges. Dans ces conditions, la rareté relative des candidatures féminines a au moins un effet positif : en imposant un " plafond " au nombre de candidatures masculines -et donc, parité oblige, au nombre de candidatures tous genres confondus, elle oblige à effectuer un choix, peut-être désagréable puisqu'il est éliminatoire, mais qui octroie à celles et ceux qui sont choisie-s une légitimité politique qu'elles et ils n'auraient pas si leur seule candidature à la candidature suffisait pour figurer sur une liste.


Comment dissoudre la subversion dans le lobbysme
" Imposer l'égalité ne suffit pas à remplir une liste électorale ", observe pertinemment la rédac'cheffe adjointe de la Julie. Non, ça ne suffit pas. Mais ça n'est pas le but. D'abord parce qu' " imposer l'égalité " est un but en soi et non le moyen de " remplir une liste électorale " ; ensuite parce que " remplir une liste électorale " n'est un but que tant qu'on mesure la qualité d'une liste au nombre de candidatures qu'elle propose. On ne fait pas avancer d'un pouce l'égalité des droits en confrontant sur des listes pléthoriques des candidates nouvelles à des candidates et des candidates disposant de relais, d'un électorat déjà constitué, de lobbies actifs ou d'une notoriété acquise. Cette parité là est celle de la couleur des fleurs en pot sur le rebord de la fenêtre. Elle n'a rien à voir avec l'égalité, ni avec un projet politique. Elle n'est que le sacrifice à un rite de correction politique auquel on satisfera d'autant plus facilement qu'il ne menacera aucune position personnelle acquise. Il n'est plus de discours de gauche qui n'intègre à son contenu quelque référence au féminisme, d'autant plus aisément que cette référence exprimera ce que le féminisme aura de moins subversif : les quotas, ou la parité, tant qu'ils ne posent aucun problème à aucun-e notable et n'entravent aucune stratégie électorale personnelle. Ainsi se tient-on quitte de tout effort de changement social en ayant laissé, non pas les femmes mais des femmes s'ébrouer dans l'espace social qu'on s'est résigné à leur concéder, mais qu'on est à tout moment prêt à leur reprendre : celui de l'ascension sociale et de la chasse aux postes, selon les bonnes vieilles règles du carriérisme masculin. Le mouvement féministe était dangereux, socialement, culturellement et politiquement, parce qu'il était fondamentalement subversif et que ses revendications étaient une remise en cause radicale de quelques unes des règles fondatrices du jeu social : ce même mouvement devient inoffensif une fois réduit à ne plus être qu'un lobby. Rien n'aura été changé des fonctionnements sociaux, aucune institution menacée, aucune hiérarchie remise en cause, mais des femmes y auront été intégrées, et se retrouveront comme les hommes prises dans leurs rets.

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vendredi, 27 mars 2009

Du juste prix du poulet

Rapports contradictoires sur la police genevoise

Deux rapports successifs sont tombés ces derniers jours sur la police genevoise, l'un rendu par l'ancien Conseiller d'Etat bernois Mario Annoni, et l'autre par la Cour des Comptes. Ces deux rapports font le même constat (un système de rémunération byzantin, des horaires absurdes, des heures supplémentaires pléthoriques) mais en tirent deux conclusions différentes : pour Annoni, la police est en sous-effectif; pour la Cour des Comptes, la police ne manque pas d'effectifs mais " si elle était mieux gérée, nous n'en serions pas là ". Si elle était mieux gérée, sans doute. Mais plus sûrement encore, si on s'abstenait de lui faire faire n'importe quoi. " Comparer notre travail aux autres cantons n'est pas cohérent car Genève a de nombreuses spécificités sécuritaires ", estime le syndicat des gendarmes. Au nombre de ces " spécificités sécuritaires " qui plombent les disponibilités policières, faut-il évoquer la chasse aux mendiants et aux squatters, pour ne rien dire du délire sécuritaire de l'Eurofoot 2008 ?

Trop chère, la police genevoise ?

Les policiers genevois sont bien payés, certes : un gendarme sur deux coûterait aussi cher, si l'expression et la comparaison ont un sens, qu'un directeur d'école ou le médecin cantonal, et en moyenne 20 % de la rémunération d'un policier ressortirait de primes, d'indemnités, d'avantages spécifiques ou de compensations d'heures supplémentaires… Mais en rester à ces constats serait en rester à un exercice arithmétique; or le statut de la police relève d'abord de choix politiques, parce que définir le rôle de sa police est (hélas) l'un des choix politiques les plus importants qu'une collectivité publique ait à faire. Si les pandores genevois accumulent les heures supplémentaires et collectionnent les primes et indemnités, est-ce parce qu'ils ne sont pas assez nombreux, comme le suggère Mario Annoni, que le système produit artificiellement des heures supplémentaires, comme le suggère la Cour des comptes, ou parce qu'on les charge d'actions dont les unes ne devraient pas être de leur ressort, et les autres ne sont que les conséquences de gesticulations pré-électorales, dans un canton où l'on est constamment en période pré-électorale ? " La moitié des interventions (de la police) ne relève pas du travail de la police (et) est à ranger dans l'ordre du social ", commentait Laurent Moutinot, après la publication du " diagnostic local de sécurité 2007 " évaluant la perception que la population a du travail de la police. Mais quelle part de la moitié restante du travail policier est " à ranger dans l'ordre de la démagogie électorale " ? La police n'a pas décidé elle-même de s'en aller racketter les mendiants Rroms, et ça n'est pas elle non plus qui a choisi de faire de Piogre une " ville-hôte " de l'Eurofoot. Les policiers genevois sont bien payés -mais bien payés pour faire le travail d'une police du XXIe siècle ou le travail des chasse-gueux du XVIème ?

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mercredi, 25 mars 2009

" Mesures d'éloignement " : un référendum tardif, mais légitime

Contre la politique du " casse-toi, tu pues "

Le Parti du Travail a lancé un référendum contre la modification, votée le 19 février par le Grand Conseil, de la loi cantonale sur la police.  En cause : les mesures d'éloignement, déjà possibles pour les dealers (et dont l'effet le plus tangible est de les repousser d'un quartier à l'autre, les dealers de Cornavin se retrouvant à Saint-Jean et ceux des Eaux-Vives à Plainpalais), La loi permettrait désormais d'appliquer ces mesures pendant un jour à trois mois, dans un périmètre variant d'un pâté de maison à tout le canton, à toute personne ou tout groupe de personne susceptibles (au gré de l'appréciation policière) de " menacer l'ordre ou la sécurité publique " tels que la droite, les conçoit. C'est " la porte ouverte au délit de faciès et aux abus d'autorité ", commente avec raison le président du PdT, Jean-Luc Ardite. Le Conseiller d'Etat Laurent Moutinot était d'ailleurs du même avis : la loi pouvant s'appliquer à n'importe qui, " au mieux elle est un placebo, au pire, un risque pour les libertés publiques ". Le principe de précaution suggérant de se préparer au pire, on n'a rien à perdre à signer le référendum. Et on y gagnera au moins l'occasion de dire " non " à la paranoïa sécuritaire.

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vendredi, 20 mars 2009

Droits syndicaux : Manor impose un périmètre d'interdiction

Marisa Pralong, vendeuse chez Manor, à Genève, a été licenciée à la mi-février dernier. Militante syndicale, représentante des employés dans la commission paritaire du commerce de détail de Genève, c'est son engagement syndical qu'elle paie de son emploi. Marisa Pralong et Unia travaillaient à la constitution d'une commission du personnel de Manor lorsque la militante a été licenciée, en février, au prétexte d'un entretien accordé l'année précédente à la " Tribune de Genève ". Marisa Pralong a défendu les droits de ses collègues. Elle a fait son travail de militante syndicale. Et c'est pour l'avoir fait qu'elle a été licenciée. Et c'est pour les empêcher de faire leur travail que Manor a appelé à la rescousse le Conseiller administratif Maudet, qui a interdit la tenue de stands syndicaux devant le grand magasin, au motif que ça perturbait la clientèle. Celle de Manor ou celle de Maudet ?

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vendredi, 06 mars 2009

Virer l'emmerdeur et garder les potiches ?

Eric Stauffer révoqué du Conseil d'administration des S.I. :
Virer l'emmerdeur et garder les potiches ?


Le Conseil d'administration des Services Industriels voulait sa tête, le Conseil d'Etat la lui donne : le gouvernement a décidé de révoquer Eric Stauffer de son mandat d'administrateurs des SIG, pour avoir " gravement manqué, et à de nombreuses reprises (...) à ses devoirs de confidentialité, de légalité, de diligence (...) de fidélité, de loyauté et de réserve ". Eric Stauffer était l'un des représentants du Grand Conseil au Conseil d'administration des SIG. Non pas le représentant de son parti, le MCG, mais le représentant du parlement cantonal. En le révoquant, c'est donc une décision et une représentation du parlement que le gouvernement révoque. On dira et pensera ce qu'on veut des méthodes du Conducator du MCG, mais l'épisode pose tout de même une question essentielle: à quoi peuvent bien servir les représentants d'un parlement dans des institutions ou des entreprises publiques si l'on exige d'eux qu'ils ferment leur gueule, et ne représentent plus le parlement dans l'institution mais l'institution au parlement et dans leur parti ?

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vendredi, 27 février 2009

Siège genevois de l'OMC et Parc Barton : Extension du domaine de la brute ?

Bob Cramer, venant plaider devant le Conseil municipal de la Ville pour qu'un préavis favorable soit donné au projet d'extension du siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) obtiendra ce qu'il veut après le passage du projet en commission : une assez large majorité le soutient, même si l'UDC d'une part, A Gauche Toute d'autre part, s'y opposent toutefois, pour des raisons contradictoires mais qui devraient s'additionner en référendum. La Ville ne donne qu'un préavis, c'est le canton qui décide, mais les partisans du projet agitent le spectre d'un départ de l'OMC à Petaouchnok à cause du " mauvais signal " que donnerait une rebuffade populaire aux organisations internationale. Et le débat de faire dans la nuance : " défendre ce projet, c'est défendre les intérêts de Genève " plaide Sandrine, " le cancer capitaliste attaque un poumon de Genève ", rétorque SolidaritéS. On ne serait pas en train de faire beaucoup de bruit pour pas grand chose ?

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jeudi, 26 février 2009

Part à deux

Conseil d'Etat : le PS joue la prudence

Les socialistes se contentent donc de revendiquer, au gouvernement, le statu quo politique -autrement dit : le maintien d'un rapport de force qui n'a en rien, ou presque, permis d'opposer une résistance efficace à la mise en oeuvre de la politique la plus droitière menée à Genève  depuis un bon demi-siècle. Pour un parti dont l'existence n'a de sens, et de légitimité, que s'il est capable de se poser en force de changement, se contenter de n'avoir pour ambition suprême que celle d'en rester là où il en est aujourd'hui, n'est pas franchement de nature à susciter un enthousiasme délirant de son propre électorat. L'indispensable troisième candidature de gauche, il faudra donc l'attendre de l'extérieur du PS -de forces qui se disent à sa gauche, et qui ne peuvent réellement peser sur le débat politique que si elles s'unissent. Ou à tout le moins, se coordonnent. L'exercice devrait être à leur portée, si du mot " gauche " elles ne retiennent pas que le substantif dérivé : " gaucherie ".

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vendredi, 20 février 2009

Delenda Stadium !

Stade de la Praille :
les mendiants reviennent et le Conseil d'Etat invente le trou rentier


Nème épisode d'un feuilleton répétitif, celui du stade de la Praille : Accroché au trou de la Praille comme une huître à son pieu, le Conseil d'Etat propose au Grand Conseil un projet de loi attribuant à la fondation (privée) du stade une subvention annuelle de l'ordre de plus de deux millions chaque année pendant quatre ans, subvention renouvelable mécaniquement pendant toute la durée de vide du stade, soit encore au moins quarante ans. On vous laisse faire vous même la multiplication (quarante fois deux millions, ou plus si entente) pour obtenir le total final de ce nouveau racket des fonds publics. Bref, le Conseil d'Etat, en pleine crise économique, invente un nouvel instrument financier : le trou rentier. A deux millions par an pendant un demi-siècle. C'est beau comme du Madoff.

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jeudi, 19 février 2009

Candidatures socialistes au Conseil d'Etat : Qui, combien, pourquoi ?

Cinq socialistes sont candidats et candidates, devant le congrès de samedi, à la candidature au Conseil d'Etat genevois : trois députées, un Conseiller d'Etat sortant, et le Maire de Genève, dont la candidature à la candidature a eu pour premier effet, éminemment positif, de provoquer une adhésion aussi massive que sincère au principe de parité, y compris de la part ceux-là (et celles-là) même qui ont refusé avec obstination de l'inscrire dans les statuts du parti cantonal (ou tentent de la contourner dans les statuts du parti municipal). " En ne parlant que de la parité, on occulte des débats ", estime Manuel Tornare. Nuançons, Manu : ce n'est pas en parlant de la parité qu'on " occulte des débats " : c'est en n'en parlant que quand ça arrange ceux (et celles) qui en parlent… D'ailleurs, quelle question devrait importer le plus aux socialistes ? Qui présenter au Conseil d'Etat, combien de candidates et de candidats présenter… ou que faire de cette présence gouvernementale, et avec quelle majorité ?

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