lundi, 03 mai 2010

Hoquets sur glace

Genève : Nouvelle patinoire ou rénovation de l'ancienne ?
Hoquets sur glace


Emouvant tableau, ce 28 avril, à la Mairie de Piogre : magistrates et magistrats de gauche, du centre et de droite, de la Ville et du canton, communiaient dans l'obligatoire ferveur à laquelle tout politicien-ne de Genève était tenu à l'égard du club de hockey local. Concours de génuflexions ( « vous avez dépassé toutes les attentes et fait rêver toute une ville et un canton » - Manuel Tornare Dixit), exercice individuel et collectif de prosternation béate ( « vous avez amené quelque chose de magique dans le cité » - Charles Beer dixit), choeurs de louanges ( « le parcours des Aigles peut s'assimiler à une victoire » - Rémy Pagani dixit)... après quoi, puisqu'il faut bien passer aux choses sérieuses, promesses en vrac : on va rénover la patinoire des Vernets (qui le mérite, comme le mérite par exemple ,le stade de Frontenex), on va vous donner une autre patinoire, plus grande, plus belle, plus chère et plus vide, qu'on installera à l'Arena, ou à Plan Les Ouates, ou ailleurs, on ne sait pas où, mais peu importe, on paiera. Chaque année. Comme pour le stade de la Praille. On puisera dans les caisses publiques pour construire la chose, pour l'entretenir, pour l'administrer. On paiera pour la patinoire, on paiera pour le club, même s'il ne communique ses budgets qu'avec réticence et que ses comptes sont opaques. Le président du Servette Hoykey Club, Hugues Quennec, qui veut une patinoire d'au moins 10'000 places, exige des « garanties et des engagements » de la Ville, et menace :  « Sans infrastructure adéquates, le coach et moi-même ferons nos valises ». Pour la Praille ?

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mercredi, 28 avril 2010

Grand Théâtre : Du bon usage des crises

Le Conseil administratif de la Ville a donc demandé au Conseil d'Etat, qu'on voit mal l'accepter, une dérogation à la loi pour pouvoir prélever 870'000 francs dans le  «non-dépensé» du budget 2009, et les accorder au Grand Théâtre qui, pour avoir présenté un budget aux recettes surévaluées, se retrouve avec un manque de financement de deux millions et demi. L'opération n'est pas seulement douteuse d'un point de vue formel, elle l'est surtout d'un point de vue politique. La plus lourdement subventionnée de toutes les institutions culturelles du canton, et la seule à bénéficier, année après année, en sus de sa subvention, d'une prise en charge directe par la Ville de la plus grande partie de son coût, doit pouvoir assumer seule ses erreurs de prévision. Et le canton, qui clame -à juste titre, d'ailleurs- sa volonté de prendre dans la politique culturelle la part qui devrait être la sienne, pourrait, enfin, commencer à financer, un peu, encore marginalement, un Opéra dont l'existence même ne dépend actuellement que de la seule Ville de Genève. Il y a un bon usage des crises : comme la précédente crise qu'a traversée le Grand Théâtre, entre 2007 et 2009, avait permis d'entamer enfin une réforme de l'institution, le dernier épisode d'une crise structurelle de financement du GTG devrait être l'occasion de réformer ce financement, au lieu que de persister à le bricoler de subventions extraordinaires en garanties de déficit, toutes à la charge de la Ville.

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lundi, 26 avril 2010

On votera à Genève sur le salaire minimum

Un salaire, plutôt qu'une aumône

Genevoises et Genevois pourront, malgré la majorité de droite du Grand Conseil, se prononcer sur l'initiative que solidaritéS a lancée et fait aboutir pour inscrire dans la Constitution cantonale le principe d'un salaire minimum : ce sont les juges du Tribunal fédéral, saisis d'un recours contre la décision du Grand Conseil, en juin 2009, d'invalider l'initiative, qui en ont ainsi décidé au nom du principe selon lequel toute initiative populaire doit être interprétée dans le sens le plus favorable à sa soumission au vote populaire, et qu'en l'absence de certitude sur sa non-conformité au droit supérieur, c'est le peuple qui doit décider de son sort. Quoique opposé lui aussi à l'initiative, le Conseil d'Etat avait d'ailleurs admis sa validité. On votera donc sur un principe, tout en sachant qu'il sera difficile à mettre en oeuvre, mais en étant convaincus que l'instauration d'un salaire minimum, également demandée par l'Union Syndicale Suisse et le Parti socialiste suisse, est le seul moyen de lutter contre la « pauvreté laborieuse » et, pour autant que le niveau d'un salaire minimum soit fixé suffisamment haut, d'éviter à des dizaines de milliers de « travailleurs pauvres » de devoir recourir à l'aide sociale parce que leur salaire, pour un travail à plein temps, ne leur permettent pas de vivre -quand d'autres se goinfrent de primes et de bonus.

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vendredi, 23 avril 2010

La politique culturelle genevoise dans tous ses états

Usine, Grand Théâtre, rôle du canton :
La politique culturelle genevoise dans tous ses états


Le Conseil administratif « sucre » 200'000 francs à l'Usine pour la punir d'avoir toléré un concert dans un espace non insonorisé, il manque deux millions et demi de francs au Grand Théâtre* pour boucler sa saison, et le canton veut prendre la main (mais au moindre frais possible) sur la politique culturelle : quels rapports entre ces trois informations ? celui d'illustrer, chacune à leur manière, les incohérences de la politique culturelle genevoise. Une incohérence qui ne date pas d'hier : en 1758, dans sa  « Lettre à M. d'Alembert sur les spectacles » , Jean-Jacques écrivait  avoir « fait voir qu'il est absolument impossible qu'un théâtre de comédie se soutienne à Genève par le seul concours des spectateurs. Il faudra donc de deux choses l'une : ou que les riches se cotisent pour le soutenir, charge onéreuse qu'assurément ils ne seront pas d'humeur à supporter longtemps ; ou que l'Etat s'en mêle et le soutienne à ses propres frais ». On en est toujours là -il suffit d'étendre l'exemple donné par le Citoyen de Genève à l'ensemble du champ culturel genevois.


* Pour ceux que cela intéresse, le rapport complet (saison 2008-2009, au format PDF) du représentant (jusqu'au 31 août 2009) du PS au Conseil de fondation du Grand Théâtre peut être téléchargé à l'adresse <http://www.perso.ch/troubles/RapportGTG-PSvG.pdf>

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mardi, 20 avril 2010

Vous avez aimé le stade de la Praille ? Vous adorerez le centre sportif de Plan-les-Ouates !

Le déclassement de 58 hectares du secteur dit « Les Cherpines - les Charrotons » dans la Plaine de l'Aire, sur les communes de Confignon et Plan-les-Ouates, a été accepté la semaine dernière par la Commission parlementaire cantonale de l'aménagement, contre l'opposition de l'UDC et des Verts, les socialistes étant divisés (pas opposés au déclassement en principe, mais très critiques sur le projet qu'il rend possible). Le Grand Conseil devra encore se prononcer, mais à vue de nez, et sans prendre trop de risques, une majorité est prête à voter ce déclassement nécessaire à la réalisation, entre l'Aire, la route de Base et l'autoroute de contournement, d'un projet comportant, théoriquement, 2000 logements, mais aussi un projet de centre sportif (sur Plan-les-Ouates) regroupant tous les sports possibles et imaginables. A croire que la calamiteuse expérience du stade de la Praille n'a rien appris aux fétichistes du bétonnage à prétexte « sportif » .


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mercredi, 31 mars 2010

Insécurité et gesticulations policières

Figaro ci, Figaro là...

La police genevoise a annoncé le lancement, dès le 19 avril, d'une opération « Figaro » (pourquoi « Figaro » pour nous barber ?) supposée permettre de débarrasser le centre-ville des petits délinquants La cheffe de la police, Monica Bonfanti, annonce le déploiement « massif d'effectifs policiers afin d'assurer une présence préventive visible, de réprimer les délits et incivilités et d'effectuer des contrôles préventifs » dans quatre quartiers : les Pâquis, les Eaux-Vives Rive et le secteur de la gare, tout en poursuivant, voire en renforçant, la chasse aux mendiants. Ce qui devrait surtout avoir pour effet de repousser les petits délinquants ainsi « harcelés » dans les quartiers avoisinants et de dégarnir la présence policière dans le reste du canton. « Les habitants et commerçants de Cornavin, des Pâquis, de Rive et des Eaux-Vives peuvent se réjouir », commente GHI. Ceux de la Servette, de Sécheron et de Saint-Jean (en attendant  Champel ?) n'ont qu'à bien se tenir. La cheffe de la police le sait parfaitement, qui annonce que « si nous devions constater que notre action reporte le problème dans d'autres quartiers, nous changerions de tactique, quitte à déplacer nos forces » et à pratiquer une sorte de nomadisme policier circulaire. De toute façon, en fait de « déploiement massif »,  on ne nous annonce guère que celui d'une ou deux quinzaines de policiers pour chaque opération. Ben oui, faut faire avec les effectifs qu'on a, vu qu'il faut faire avec les budgets qu'on a... Il est vrai que l'important n'est pas l'efficacité de ce genre d'opérations sur le terrain, mais le bruit médiatique qu'on fait autour. Pendant quelques semaines.

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vendredi, 19 mars 2010

Congrès du PS genevois : De Nivôse en Germinal

C'est le dernier jour de l'hiver, et donc le dernier jour du mois de Pluviôse, que le PS genevois tient congrès, demain, samedi. Ce jour, dans notre calendrier préféré, est le jour du plantoir. De quoi le plantoir est-il le présage ? d'une prochaine germination (puisque le lendemain nous entrons en Germinal en même temps que dans le printemps) ou d'une nouvelle plantée ? A s'en tenir à ce que les media locaux en ont dit, le congrès socialiste aurait un enjeu principal : savoir si le futur président du PS genevois sera René Longet ou Alberto Velasco. On rappellera seulement à ce sujet que si toutes celles et tous ceux qui, entre deux couloirs, off the record et sous couvert d'anonymat, ont rendu le président sortant seul, ou principal, responsable de la baffe électorale reçue par le PS à l'automne dernier, s'étaient présentés, en toute cohérence, contre ce président supposé avoir été défaillant, les socialistes auraient demain le choix entre cinquante candidates et candidats à la présidence -et pas deux. Or seul Alberto Velasco a eu, disons le courage pour ne pas user d'une métaphore plus hispanique et machiste, de se lancer... De toute façon, l'important n'est pas forcément de savoir qui présidera le PS dès le dernier jour de Nivôse, mais plutôt de savoir ce que, et ce à quoi, il présidera dès le premier jour de Germinal...

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jeudi, 11 mars 2010

Loi sur l'énergie : au prétexte de l'environnement



Le score fut serré : 52 % de Oui contre 48% de non, et c'est à l'arraché que la loi sur l'énergie est passée. L'apport des Verts à la droite et aux milieux immobiliers a été décisif (à Genève, on n'a pas besoin de «Verts libéraux », les Verts sans qualificatif optionnel font parfaitement l'affaire). Malgré cela, la Ville et les grandes communes ont voté clairement « non », et c'est le reste du canton (sauf Avully) qui a fait passer le « oui », avec l'aide d'un nombre inhabituel de bulletins blancs. Seul le vote blanc et le différentiel de participation au vote (45 % de participation à Vernier, 65 % à Laconnex...)  expliquent le résultat final : l'abstention est beaucoup plus forte dans les quartiers et les communes « populaires », là où la proportion de locataires est aussi la plus élevée et où le « non » l'emporte le plus largement. A l'inverse, plus une commune abrite de propriétaires, plus elle accepte massivement la loi -qui ne pourra entrer en vigueur qu'après qu'ait été traité le recours déposé par l'Asloca contre la méthode consistant à ficeler un paquet contenant à la fois des dispositions encourageant les aménagement énergétiques et des dispositions permettant d'en reporter le coût sur les loyers. Les Verts se félicitent : « Nous avons désormais un outil pour agir dans le sens d'une société à 2000 watts ». Et de loyers à 2000 balles pour un deux pièces ?

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samedi, 06 mars 2010

Le lac, le Vert et le Kazakh : fable genevoise

Le WWF a donc annoncé son opposition au projet de plage publique entre le Port Noir et Baby Plage, à l'agrandissement de la « Nautique » et à la construction d'un nouveau port, le tout sur 11 hectares, projet joliment affublé du titre de « Bobby Plage » puisque porté par l'ancien Conseiller d'Etat vert Robert Cramer. En fait, le WWF n'est pas opposé à la création d'une nouvelle plage sur la rive gauche, et en zone urbaine : il est opposé à ce qu'elle soit créée en déversant des remblais (ou plutôt des déblais, notamment ceux issus des travaux du CEVA) dans le lac en détruisant un milieu aquatique. Par ailleurs, « Action patrimoine vivant » a fait aboutir une initiative demandant le classement de la rade (soit un périmètre comprenant le Jardin Botanique, les parcs des Eaux-Vives et de la Grange, Genève-Plage et le sud du domaine du Palais des Nations) au patrimoine mondial, et sa protection contre toute extension des rives, ce qui condamnerait le projet de « maxiplage » défendu par Robert Cramer.

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vendredi, 05 mars 2010

Toilette annuelle : Le savon de l'auto

Et oualà, comme chaque année la foire aux beaufs sur roulettes s'ouvre à Palexpo. Avec un joli accident pour festivité d'ouverture : un camion chargé de lapins de Pâques se renverse sur l'autoroute, bloque les trois voies Lausanne-Genève, et oblige des dizaines de professionnels de la profession se rendant au Salon pour leur journée réservée à ronger leurs freins sur une autoroute bouchée, une route de Suisse embouteillée ou une route du pied du Jura congestionnée. Ils finiront tout de même par y arriver, à leur foire. Le secteur automobile emploie en Suisse environ 257'000 personnes au sein de 22'000 entreprises, et Genève est envahie de 370'000 véhicules automobiles (sans compter ceux qui vont en viennent de et vers Vaud ou la France). Tout ça pèse lourd. Plus lourd que les 22 personnes qui ont été tuées dans des accidents de circulation à Genève en 2009, que les kilomètres carrés d'espace gaspillés pour la bagnole ou que les kilos de graisse en trop gagnés en ne se déplaçant que le cul sur le siège de sa tuture. Les dégâts de l'automobile sont connus. Une fois par année, on les passe par pertes et profits. Ou plutôt : au tunnel de lavage. La salon de l'auto, c'est désormais le savon de l'auto.

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mercredi, 24 février 2010

Prisons genevoises : empiler, puis bourrer

Le 3 novembre a été posée la première pierre («... et sur cette pierre je bâtirai ma prison... ») de « Curabilis », établissement concordataire romand de 92 places destinées aux condamnés psychiquement atteints et considérés comme dangereux. Comme la Brenaz, comme la Clairière pour les mineurs, comme Champ-Dollon elle-même, le destin de Curabilis est tout tracé : être remplie en quelques années, déborder ensuite. Sachant que chaque fois que l'on créée des places de détention supplémentaires, elles sont immédiatement occupées, qu'il ne faut que quelques mois ensuite pour qu'elles soient suroccupées, que la prison qu'on voulait « désengorger » s'engorge à nouveau, et qu'il y a déjà à Genève deux fois plus de détenus que de places de détention, combien de temps faudra-t-il pour que Genève, à force d'empiler des prisons pour les bourrer ensuite, compte une proportion de détenus par rapport à sa population équivalant à celle du Texas ou de la Corée du Nord ?

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lundi, 22 février 2010

Congrès du PSG et cirque médiatique : L'attrait de la mangeoire

Atone, exsangue, subclaquant, le PS genevois ? Allons donc... les socialistes genevois sont frétillants : c'est en rangs serrés qu'ils défilent devant les micros matutinaux et les caméras vespérales, communiquant leurs états d'âme à un public aussi improbable que l'intérêt qu'il porte à ce concours de lieux communs débités en tranches de langue de bois brut. Peu importe d'ailleurs : rien n'est plus urgent qu'être du nombre des figurants, et l'erreur cardinale serait de ne pas participer à cette foire aux vanités picrocholines. On ne donnera donc pas cher des chances de carrière politique du militant inconscient qui, dans la dernière livraison du bulletin socialiste « Post Scriptum » se demande s'il ne faudrait pas, même si ce devait n'être qu'« au cas par cas », refuser d'alimenter « la chaîne d'abattage médiatique », prendre le « risque de n'être pas représenté sur les devantures », déserter les étals de la « pipolisation du politique »... prends ton mal en patience, Sylvain : le congrès du PS se tiendra dans trois semaines  et tu n'as pas fini d'entendre le matin et de voir le soir, collès contre les micros et les caméras comme des phalènes sur un lampion, ces socialistes persuadés qu'ils ont non seulement quelque chose à dire, mais même que quelqu'un attend qu'ils le disent. C'est qu'il est puissant, l'attrait de la mangeoire médiatique...

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vendredi, 19 février 2010

Energie : un paquet ficelé de bonnes intentions


Energie : un paquet ficelé de bonnes intentions

Le 7 mars, le vote populaire fera un sort à une « loi sur l'énergie » largement approuvée au Grand Conseil par la droite et les Verts et dont on veut bien croire qu'elle part de bons sentiments, mais qui, à l'arrivée, fera payer l'assainissement énergétique des immeubles, et donc leur plus-value, non par les propriétaires mais par les locataires. Si le projet soumis au vote s'en tenait à ses objectifs proclamés (les économies d'énergie, le développement des énergies alternatives), le « oui » serait unanime. Mais à la question qui fâche (« qui paie » ?), le projet répond : pas les propriétaires, mais l'Etat et les locataires. La loi encourage les rénovations pour réduire la consommation de chauffage ? C'est très bien. Mais elle permet de répercuter le coût des travaux sur les loyers bon marché, les hausses pouvant atteindre jusqu'à 15 %, alors que les économies d'énergie permises par l'assainissement des immeubles pourront être utilisées par les propriétaires pour payer les travaux, au lieu d'être traduites par une baisse des charges pour les locataires...  Ce petit tour de passe-passe a été intégré dans la loi sur l'énergie, où les milieux immobiliers comptaient bien qu'il passe inaperçu. C'est raté, ça s'est vu, le paquet ficelé a été ouvert.

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jeudi, 18 février 2010

Conseil administratif de la Ville :2 + 2 + 1 = ?

Conseil administratif de la Ville :2 + 2 + 1 = ?

Les Verts revendiqueront deux sièges au Conseil administratif de la Ville si les urnes municipales leur sont favorables? Ils sont légitimés à le faire (comme le PS l'était il y a trois ans, et, ayant atteint cet objectif, l'est à défendre cet acquis l'année prochaine). La volonté offensive des Verts est une excellente nouvelle pour toute l'Alternative, dans une élection dont l'enjeu pourrait bien, quoi qu'en disent les Verts eux-mêmes, être (si l'Alternative reste majoritaire au Conseil Municipal) le maintien ou non du siège laissé à la droite dans l'exécutif communal. Les Verts ayant fait leur part du boulot, à la « gauche de la gauche » et au PS de faire la leur et d'éviter de gâcher à la fois leurs propres chances et celles d'une coalition qui a maintenu lors des dernières élections municipales et cantonales une avance, quasiment irrattrapable, de plus de seize points sur la coalition de droite, et de vingt-cinq à trente points sur l'addition des listes MCG et UDC. Même si officiellement les Verts se refusent à admettre l'hypothèse d'une municipalité « entièrement de gauche », arithmétiquement, deux candidatures vertes, deux candidatures socialistes et une candidature de la gauche de la gauche, cela fait bien cinq candidatures pour cinq sièges... on comprend dès lors que l'Entente ne souhaite qu'une chose : l'éclatement d'A Gauche Toute !

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samedi, 13 février 2010

Lutter contre le chômage ou contre les chômeurs ?

120 jours de sursis, c'est trop demander ?

Pour faire face à la montée du chômage, Vaud, Neuchâtel et le Jura ont obtenu une prolongation de 400 à 520 jours du nombre maximal d'indemnités que peut toucher un chômeur ou une chômeuse. Cette prolongation, accordée aux cantons particulièrement frappés par le chômage, Genève ne l'a pas demandée, alors que le taux de chômage genevois est le plus élevé de Suisse.  Explication de l'apparatchik longcampien de service, Bernard Favre : indemniser plus longtemps les chômeurs retarderait leur droit à l'obtention des prestations de retour à l'emploi... traduction : plus longtemps on indemnise les chômeurs, plus on retarde le moment où ils sortent des statistiques du chômage, fût-ce en tombant carrément à l'assistance publique. Il faut donc les indemniser le moins longtemps possible pour hâter le moment de leur arrivée en fin de droits et qu'ils se résignent à accepter n'importe quel boulot pour n'importe quel salaire. Les syndicats, qui exigent de lutter contre le chômage, pas contre les chômeurs et  lancent une pétition demandant la prolongation de 120 jours de l'indemnisation des chômeurs : signez-là  !

(http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article1492)

Cachez ce chômeur...
Tous les mois, à Genève, 250 chômeuses et chômeurs arrivent en fin de droits à l'indemnisation. Pas de quoi fouetter un Favre ou un Longchamp, qui s'accrochent à des mesures de « réinsertion » qui ne «réinsèrent » pas grand monde : sur 3000 chômeuses et chômeurs arrivés en fin de droit en 2009, moins de 700 bénéficiaient en décembre d'allocations de « retour en emploi» ou d'« emplois de solidarité » sous-payés, qui n'ont en sept mois permis qu'à sept personnes de retrouver un emploi « normal». Quant aux « emplois-formation », ils sont quatre fois moins nombreux que les anciens emplois temporaires cantonaux. Enfin, près de la moitié des inscriptions au chômage sont en fait des réinscriptions. Le « puissant » dispositif genevois de « retour à l'emploi », tant vanté par ses bricoleurs, apparaît surtout comme un puissant dispositif de purge des statistiques du chômage : la proportion de chômeurs arrivant en fin de droits atteint à Genève plus du double (14,5 % en novembre 2009) de la moyenne suisse (6,5 %).  Le refus du gouvernement genevois de prolonger la couverture chômage exprime la propension générale de nos gouvernants à faire payer les crises aux victimes des crises : la prochaine révision de la loi fédérale sur l'assurance-chômage prévoit  800 millions de francs d'économies sur le dos des chômeurs, et à Genève un projet de loi prévoit de supprimer le revenu minimum d'aide sociale accordé aux chômeurs en fin de droit. L'objectif est toujours le même : indemniser les chômeurs le moins longtemps possible, pour les contraindre à accepter le plus rapidement possible n'importe quel emploi, dans n'importe quelles conditions, à n'importe quel prix. On se demande d'ailleurs pourquoi le Conseil d'Etat genevois et le Conseil fédéral ne poursuivent pas ce beau raisonnement jusqu'à son terme logique : supprimer complètement l'indemnisation des chômeurs, histoire de les pousser le plus vite possible hors des statistiques, de les mettre le plus tôt possible en fin de droits, puis au-delà de la perception politique, dans une sorte de virtualité fantômatique où on n'aurait plus besoin de se préoccuper d'eux, puisqu'ils n'auraient plus aucune existence légale. On aurait ainsi la meilleure des assurance-chômage possibles : une assurance-chômage n'indemnisant aucun chômeur. Finalement, réduire le chômage, c'est facile : suffit de nier les chômeurs.

Pétition pour la prolongation de 120 jours du droit aux indemnités fédérales de chômage

Pétition adressée au Conseil d’Etat et au Grand Conseil de la république et canton de Genève

Considérant :

  • qu’entre décembre 2008 et décembre 2009 le taux de chômage a passé en Suisse de 3 à 4,4% situant le nombre de chômeurs-euses à 172.740 et de demandeurs-euses d’emploi à 234,359 ;
  • qu’entre décembre 2008 et décembre 2009 le taux de chômage officiel à Genève a augmenté de 5,9 à 7,2%, situant le nombre de chômeurs-euses à 15.930 et de demandeurs-euses d’emploi à 22.067 ;
  • que les Cantons de Vaud, du Jura et de Neuchâtel, également atteints par un fort taux de chômage ont déjà obtenu la prolongation de 120 jours, ce qui améliore le sort des chômeurs-euses de leur canton ;
  • qu’en période de crise il devient très difficile de retrouver un emploi dans de nombreux secteurs et qu’il est primordial, pour les personnes sans emploi, de rester dans le circuit du chômage et d’être soutenus dans les démarches de recherche et également de ne pas subir une dégradation supplémentaire de leur situation sociale et économique en émargeant à l’aide sociale ;

les soussignés-es, salariés-es ou chômeurs-euses ou demandeurs-euses d’emploi demandent instamment aux autorités politiques du canton de Genève :

  • d’utiliser une des maigres possibilités qu’est la prolongation de 120 jours, offertes par la loi fédérale sur le chômage, pour aider les chômeuses-rs- des cantons touchés durablement par un fort taux de chômage ;
  • de demander au Conseil fédéral d’actionner les art 27 LACI et 41 OACI qui permettent, avec une participation aux coûts à raison de 20% du canton, de prolonger de 120 jours le nombre d’indemnités fédérales, pour tous les chômeurs-euses du canton, quel que soit leur âge.s’inscrire en spécifiant dans les champs appropriés le nom du collectif qu’elles souhaitent représenter à cette occasion.

http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article1492

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vendredi, 12 février 2010

Un député policier est-il un député comme un autre ?

Poulets en batterie parlementaire

Un projet de loi visant à rendre la fonction effective de policier incompatible avec un mandat de député au Grand Conseil a été déposé par le député socialiste Roger Deneys (qui a reçu pour le déposer l'aval du Comité directeur du parti, ce projet n'étant donc pas une proposition individuelle mais bien une proposition du PS, quoi qu'en veuillent faire croire certains socialistes). Les policiers pourraient toujours être candidats, ils pourraient toujours être élus, mais en ce cas ils devraient choisir entre leur mandat politique et leur fonction policière, quitte à être mis en disponibilité de celle-ci ou à être muté dans un autre service de l'Etat. Du coup, les libéraux ressortent du tiroir où, inconsolables de l'abolition de la plupart des incompatibilités, il l'avait remisé, le projet de les rétablir pour tous les fonctionnaires, comme s'il n'y avait aucune différence entre le rôle et le statut de policier et ceux d'instituteur ou d'infirmière. Et en oubliant soigneusement au passage d'évoquer le cas de ces députés porte-valises de milieux professionnels et économiques (les milieux immobiliers, par exemple, et au hasard) usant de leur fonction de député pour empêcher, retarder ou saboter, la mise en oeuvre de décisions contraires aux intérêts de leurs mandants...

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mardi, 09 février 2010

clapotis dans le marigot xénophobe

Le MCG semble en être convaincu : à Genève, l'électorat UDC est à prendre, et avec lui une bonne partie des membres et des militants du parti blochérien genevois (« parti blochérien genevois » étant d'ailleurs le nom que le Conducator du MCG pensait donner à son parti au moment où il le créait). Et si le MCG est convaincu de pouvoir avaler l'UDC genevoise, c'est qu'il considère que la quête de respectabilité bourgeoise de la direction udéciste cantonale, l'épisode Soli Pardo digéré, n'est pas pour rien dans la perte de l'électorat populaire que le discours xénophobe et sécuritaire de l'UDC avait séduit -en recouvrant ses choix politiques ultra-libéraux d'un masque populiste. Le calcul du MCG, qui adresse d'ailleurs également d'énamourées oeillades « aux militants et aux représentants de mouvements de la gauche populaire qui sont les grands absents du parlement genevois actuel », n'est pas dénué de pertinence : le parti de Stauffer peut s'appuyer, à Genève, sur l'exemple tessinois : la Lega n'a certes pas avalé l'UDC tessinoise, mais elle l'a contrainte à n'être au Tessin que son appendice, quitte à ce que les élus fédéraux de la Lega fassent partie du groupe UDC aux Chambres fédérales, faute de pouvoir constituer un groupe indépendant avec des alliés -du genre MCG, précisément. Les élections de 2011 permettront de vérifier la pertinence des calculs du MCG. En attendant, on s'autorisera à ne pas bouder son plaisir au spectacle des deux crocodiles de la droite populiste se disputant le marigot xénophobe et sécuritaire local.

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vendredi, 05 février 2010

Praille-Acacias-Vernets La crainte du référendum, le commencement de la sagesse



Les belles promesses rendant les référendaires joyeux, les zautorités cantonales et municipales de Carouge, Genève et Lancy ont négocié avec les partis de gauche, les syndicats et l'ASLOCA, qui avaient lancé un référendum contre le préavis favorable de la Ville au déclassement du périmètre PrailleAcacias-Vernets (PAV pour les intimes), un projet d'accord en échange du retrait du référendum (la votation populaire a d'ailleurs été reportée dans l'attente de la réponse des référendaires à ce projet). L'accord est, pour la gauche, tout juste acceptable et ne contient en réalité aucune garantie quant à son respect par les autorités cantonales, alors qu'il implique le retrait du référendum puisqu'il annule (pour la remplacer par une autre) la loi contre laquelle le référendum a été lancé. Il est vrai qu'à tous les stades de l'évolution de la réalisation du projet, d'autres référendums, cantonaux ou municipaux, sont possibles, et que puisqu'il s'est avéré que seule la menace du vote populaire a fait revenir en arrière les partisans du bétonnage intensif du PAV, cette menace, voire le lancement effectif de référendums pour l'appuyer, doit continuer à planer : elle seule peut les dissuader de s'asseoir sur l'accord qu'ils ont dû se résoudre à négocier.

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vendredi, 29 janvier 2010

Politique culturelle genevoise : Ote-toi de là que je m'y mette ?

Depuis le début de l'année, les cantons voisins de Zurich contribuent au financement de la politique culturelle zurichoise, dont ils profitent sans, jusque-là, en assumer le coût : Schwytz, Zoug, Uri, Lucerne et Argovie ont signé avec Zurich une convention portant notamment sur les grandes institutions culturelles d'importance régionale (le Grand Théâtre, l'Opéra, le KKL de Lucerne), auxquelles Zurich consacrait 100 millions de francs par année sans qu'il y ait de raison pour que seuls les contribuables zurichois financent une offre culturelle dont les habitants des cantons voisins profitent aussi -et dont ces cantons faisaient d'ailleurs, et font toujours, un argument de campagne promotionnelle pour attirer de riches contribuables et de juteuses entreprises. Et à Genève, où la situation est grosso modo la même, à ceci près que ce n'est pas le canton qui casque pour les autres, mais la Ville ? Ben, à Genève, on réfléchit...

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jeudi, 28 janvier 2010

Des effets électoraux de la mixité sociale

Cocktail gagnant

Découverte bouleversifiante au détour d'une statistique de notre Office cantonal de la statistique et de l'enfonçage certifié de portes ouvertes : à Genève, les contribuables à bas revenu habitent les villes, en particulier celles de Genève, Vernier et Onex, où ils forment jusqu'à 35 % et plus du total des contribuables, pour une moyenne cantonale de 25 %. A l'inverse, les zones abritant la plus forte proportion de contribuables à hauts revenus se situent sur les rives du lac hors de la Ville de Genève ou, dans celle-ci, à Champel et Florissant-Malagnou. On nous en dira tant... Mais un examen un peu plus attentif permet de nuancer quelque peu ce qui sans cela relèverait d'une évidence crasse -et en même temps, de casser le lieu commun d'une gauche reposant sur le vote des « bobos » pendant que les « prolos  » basculent à l'extrême-droite : les quartiers populaires de la Ville de Genève sont toujours ceux où la gauche est, largement, majoritaire, en même temps qu'ils sont de ceux où l'UDC et le MCG font des résultats médiocres, en comparaison de leurs résultats cantonaux. L'explication ? la mixité sociale : là où elle est forte, le populisme plafonne; là où elle est faible, il cartonne. De bourges ou de racaille, le ghetto rend con.

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