vendredi, 28 août 2009

Ce que la mort du CIC nous dit de la politique culturelle genevoise

" La liberté de l'art, son indépendance vis-à-vis de ce que l'on exige de lui, se fonde dans l'idée d'une société libre et anticipe en un certain sens sa réalisation " (Theodor Adorno)

Elle passerait presque inaperçue (n'était la splendide affiche baudelairienne d'Exem), la votation municipale à l'ordre du jour du 27 septembre, sur le maintien ou non d'un gros million de subvention accordée par la Ville à la Fondation Saint-Gervais, et jusqu'alors affectée par celle-ci au Centre pour l'Image Contemporaine, avant que, pressé par la Fondation et le Conseil administratif, le Conseil Municipal n'entérine le transfert de cette subvention au Centre d'Art Contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'Art Contemporain (FMAC), en signant du même coup l'arrêt de mort du CIC. L'enjeu est réel. Non pas financier, cet enjeu, mais culturel.

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mardi, 25 août 2009

Arnaque fiscale au menu du 27 septembre

De la baise d'impôt

Le 27 septembre, Genève votera, entre autres, sur une nouvelle révision de sa loi fiscale, révision qui, comme toutes celles qui l'ont précédée depuis des années, ne vise guère qu'à réduire les impôts des contribuables les plus aisés. Quitte à réduire aussi, mécaniquement et lourdement (plus d'un milliard et cent millions sur trois ans), les ressources des collectivités publiques (le canton et les communes). La droite, l'extrême-droite et les Verts soutiennent cette proposition, combattue par toute la gauche. Dont il apparaît donc que, s'agissant de fiscalité et de politique budgétaire, les Verts ne font pas partie -ce qui ne saurait d'ailleurs leur nuire électoralement, bouffer à tous les râteliers étant un exercice qu'ils pratiquent désormais avec un art consommé.

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vendredi, 26 juin 2009

CEVA, rues piétonnes : Qui bloque, qui débloque ?

Mardi soir, le Conseil municipal de la Ville a validé, dans un vote gauche contre droite, l'initiative des Verts " 200 rues sont à vous ", Aujourd'hui ou demain, le Grand Conseil devrait accepter un crédit complémentaire de 113 millions de francs pour financer les surcoûts du projet ferroviaire CEVA.Les deux projets, celui de soustraire des rues de la ville à l'invasion automobile et celui de développer les transports publics ferroviaires régionaux, sont combattus par une partie (s'agissant du CEVA) ou la totalité (s'agissant des rues piétonnes) de la droite. Pour des raisons et avec des arguments, ou sous des prétextes, qui laissent pour le moins perplexe.

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jeudi, 11 juin 2009

Le soulagement des pleutres

La gauche institutionnelle est soulagée : à une voix près (huit contre sept), le Comité d'initiative " s'organiser contre l'échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes " a décidé de retirer ladite initiative, au grand soulagement d'au moins deux partis politiques (les Verts et le PS) qui craignaient que l'initiative de la gauche, prônant l'hétérogénéité des classes du cycle, fasse un plus mauvais score que celle du réseau " Réel ", qui prônait le rétablissement de sections homogènes et l'instauration d'y système sélectif. Qui furent les huit partisans du retrait, et les sept partisans du maintien, d'un texte qui ne faisait après tout que réaffirmer de bons et solides principes de gauche ? Lequel des huit aurait pu changer d'avis et faire basculer la décision ? A vrai dire, on s'en fout. Le fait est là : dans le débat sur l'école, la gauche genevoise s'est déculottée.

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vendredi, 05 juin 2009

Justice genevoise : La normalisation en marche

La suppression du jury populaire, acquise le 17 mai au nom de la conformité avec le droit fédéral, n'est que la première étape de la normalisation de la Justice genevoise. Etapes suivantes : la suppression des juges d'instruction et la constitution d'un Ministère public pléthorique dont les membres seront voués à l'exercice schizophrénique consistant à mener les enquêtes pour ensuite soutenir l'accusation. Terme possible de la " réforme " du pouvoir judiciaire, ou de sa contre-réforme : l'abolition pure et simple de l'élection populaire des juges, déjà réduite à une simple éventualité, au cas où les négociations entre partis pour le partage des postes n'aboutissent pas à une élection tacite. Une question agite le marigot judiciaire : les changements à venir impliquent-ils ou non de nouvelles élections judiciaires en 2010 ? Le Conseil d'Etat n'en veut pas mais ne semble pas très bien savoir pourquoi il n'en veut pas. Autre question : élections judiciaires ou non, quel sera le rôle du Procureur général au sein du nouveau Parquet, sachant que l'actuel PG est déjà incapable de diriger une dizaine de procureurs, et qu'on ne voit guère par quel miracle il se révélerait capable d'en diriger trois ou quatre fois plus ?

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mercredi, 03 juin 2009

Grand Théâtre : Sortie ratée

Quatre cadres du Grand Théâtre, dont le contrat a été résilié par la Fondation du GTG, contestent cette résiliation et demandent ensemble plus d'un million de francs (un an de salaire pour chacun) à la Fondation, au motif ou au prétexte que la lettre de résiliation n'aurait pas été signée par la bonne personne. De son côté, le Directeur général sortant, dont le contrat a également été résilié (mais par le Conseil administratif sur préavis du Conseil de fondation) en demande à peu près autant à la Ville (soit l'équivalent de trois ans d'un salaire plus élevé que celui d'un Conseiller administratif). On précisera utilement que la responsabilité de Patrice Mugny n'est nullement engagée dans cet épisode (elle ne l'était d'ailleurs guère dans la crise elle-même dont ce piètre règlement de compte est l'épilogue) : toutes les porcelaines cassées dans le magasin culturel genevois ne sont pas à mettre au compte du même éléphant vert. Le Grand Théâtre change de direction, mais la direction sortante rate toute seule sa sortie.

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mercredi, 27 mai 2009

Sous le PAV, le référendum

Praille-Acacias-Vernets : un projet à géométrie très variable

L'ASLOCA et les syndicats ont lancé un référendum (soutenu par le PS de la Ville) contre le préavis positif donné par une majorité (la droite plus les Verts) du Conseil municipal de la Ville au déclassement des terrains essentiellement en mains publiques sur lesquels devrait se réaliser le mirifique projet cantonal " Praille-Acacias-Vernets " (PAV). Un projet à géométrie très variable : Il ne se passe plus de semaine sans que le gouvernement annonce sa révision et promette l'augmentations du nombre de logements prévus et de la proportion de logements sociaux. Mais les promesses du Conseil d'Etat n'engagent que lui (et seulement le temps qu'il en change), et ne valent que ce que valent les chances de les faire ratifier par la majorité parlementaire la plus à droite dont Genève ait été affublée depuis la fin de la Guerre Mondiale.

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mercredi, 20 mai 2009

Cycle d'Orientation : Le vrai choix se fera en septembre

Un premier tri a été fait dimanche entre deux projets de réintroduction des sections au Cycle d'Orientation -deux contre-réformes, en somme. Le projet qui est sorti vainqueur, celui d'une " homogénéité douce " s'opposant à l' " homogénéité dure " prônée par " Réel ", sera opposé le 27 septembre prochain (à moins qu'elle soit retirée par ses auteurs) à l'initiative lancée par la Coordination Enseignement (qui rassemble toute la gauche), laquelle suggère une hétérogénéité complète et la disparition des sections. Pour deux partis, le PS et les Verts, le choix à faire sera un choix entre deux cohérences : la cohérence politique à court terme, que la droite lui suggère avec insistance, et qui consisterait à continuer de soutenir le contre-projet du Grand Conseil et surtout de se ranger, en pleine campagne électorale, derrière le Conseil d'Etat où ces deux partis sont ensemble majoritaires, et la cohérence politique à long terme, qui devrait les inciter à soutenir une initiative dont Verts et socialistes sont co-auteurs, et qui exprime une position de principe qui est la leur depuis qu'ils en ont une sur l' " école moyenne " : elle doit être un instrument de l'égalité des droits, non de la reproduction des inégalités de situation.

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jeudi, 14 mai 2009

Opérations " coup de poing " ou " pet dans l'eau " ?

Rafles médiatiques aux Pâquis

Deux ou trois rafles pâquisardes à grand spectacle (tout étant cependant relatif aux ambitions des producteurs) ont égayé Genève la semaine dernière. 100 ou 150 interpellations ont été effectuées, qui n'ont abouti qu'à trois ou quatre arrestations : à l'ouest, rien de bien nouveau. Et rien de bien efficace -mais cherchait-on à l'être ? A vrai dire, le terrain que l'on voulait occuper semble moins avoir été celui des Pâquis que celui des media. Bref : la campagne électorale est lancée. Dans la boue, mais elle est lancée. Et la concentration de la presse se poursuit, la " Tribune de Genève " ayant apparemment racheté le " Pilori ", ou du moins repris son ton, le temps d'une rafle.

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samedi, 09 mai 2009

Vider les caisses pour remplir les urnes

La commission fiscale du Grand Conseil a approuvé, contre les seules voix socialistes, un projet de loi baissant l'impôt sur le revenu (surtout pour les hauts revenus) et instaurant un " bouclier fiscal " pour les grosses fortunes. S'il est accepté par les citoyennes et yens (et on ne doute pas qu'il le sera, puisque ceux qui en bénéficieront usent pleinement de leur droit de vote, alors que ceux qui auront à le payer ne votent pas), le projet de la droite et des Verts fera perdre aux caisses publiques plus de 320 millions de francs en 2010, près de 390 millions en 2001, plus de 410 millions en 2010 : c'est de plus d'un milliard en trois ans que la droite s'apprête à priver le canton. Et il faudra bien que ce milliard de pertes fiscales soit compensé. Comment le compensera-t-on ? En réduisant les prestations, et de préférence celles indispensables aux plus démunis. Sinon, comment payer la construction de nouvelles prisons, un pont sur la rade et la survie du stade de la Praille ?

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vendredi, 08 mai 2009

L'aumône au stade

Le Conseil d'Etat voulait lui assurer une rente viagère de deux millions de francs par an jusqu'à ce que mort du stade s'ensuive ? La Fondation du Stade de Genève ne recevra probablement qu'une aumône de 500'000 balles pour survivre en 2010 : c'est en tout cas la proposition que feront le PS et les Verts, après que la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil ait, à l'unanimité, donné un préavis négatif à la dispendieuse stadolâtrie du gouvernement. Et la commission de stigmatiser la " légèreté " du Conseil d'Etat (à deux millions par an, c'était pourtant une légèreté lestée), et de déplorer l'absence de toute réflexion sur un financement privé de cet équipement sur lequel, rappelons-le au passage, les Genevois n'ont jamais pu se prononcer, tout ayant été fait, défait et surfait pour les en empêcher.

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jeudi, 30 avril 2009

C.O. Sélection en mai, orientation en septembre...

Le 17 mai, les citoyennes et yens choisiront entre deux textes concernant le Cycle d'Orientation : l'initiative 134  " pour un cycle qui oriente ", émanant du " Réseau école et laïcité " (Reel) et le contre-projet du Grand Conseil, " pour un cycle d'orientation exigeant et formateur pour tous ". Ce choix, éliminatoire, ne sera en réalité qu'une sélection du projet qui sera, en septembre, opposé à une deuxième initiative, de gauche, qui demande, s'agissant toujours du Cycle d'Orientation,  de " s'organiser contre l'échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes ". Le vote de Floréal clarifiera donc celui de Vendémiaire : c'est ce dernier qui sera celui du choix final, entre l' " homogénéité " prônée par Reel (les élèves d'un même niveau sont placés dans une même section) et l' " hétérogénéité " proposée par la gauche (une section ou un regroupement rassemble des élèves de niveaux différent). Le contre-projet parlementaire opposé à l'initiative de Reel est soutenu par tous les partis représentés au sein du Grand Conseil, sauf le MCG et, par les syndicats d'enseignants, ainsi que la plupart des associations de parents d'élèves, mais il combattu par l'AVIVO, la Jeunesse socialiste, le Parti du Travail, les Evangéliques et SolidaritéS.  Quant aux élèves eux-mêmes, leur avis importe peu. Ou pas du tout. Demande-t-on aux agneaux de choisir leur paturage ?

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lundi, 27 avril 2009

Pétition pour l'égalité de l'arroi du Guet de la République et des Chasse-gueux de la Commune

Morgenstern2k71227.jpgL'alternative municipale de gauche au Taser cantonal de centre-gauche :
Vive le Morgenstern !


En décidant de doter le groupe d'intervention de la gendarmerie de pistolets à électrochoc (" Taser "), le Conseil d'Etat creuse une inégalité inacceptable entre une police cantonale équipée du dernier cri (de douleur) de la technologie policière, et une police municipale devant se contenter de médiocres " bâtons tactiques " et d'interventions à peine épicées de sprays au poivre. Nous devons rétablir l'équilibre entre la Commune et la République, cet équilibre dût-il prévaloir dans la connerie gadgétophile à défaut de pouvoir s'affirmer sur des terrains plus fondamentaux, s'il en est -après tout, la puissance publique ne se manifeste-t-elle pas par le monopole de la violence physique ? Nous lançons donc à cette noble fin une pétition, que vous trouverez en annexe et sur la toile : dans la course au ridicule, une municipalité de gauche ne peut sans faillir se laisser distancer par un gouvernement de centre-gauche. La police du second a droit au Taser ? celle de la première a droit au Morgenstern.

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vendredi, 24 avril 2009

Le raisonnement du bon docteur Guillotin

A République moderne, technologie de pointe, le progrès est en marche, nos chasse-gueux ont l'électricité et la maison Taser une jolie référence dans ses dossiers : la police genevoise va être branchée sur 50'000 volts. Le Conseil d'Etat a validé un " ordre de service interne " dotant le groupe d'intervention de la gendarmerie de trois pistolets à électrochoc (" Taser "), pour une utilisation dont le gouvernement et la police promettent qu'elle sera restrictive (seuls les membres du groupe d'intervention pourront s'en servir), très ciblée (mais la cible est large : forcenés, suicidaires, déments, détenus agités...), réglementée (validation préalable de l'usage du machin par un officier de police, échelon d'appui sanitaire, rapport ultérieur) et même filmée. Laurent Moutinot assure que le but de l'introduction du Taser " n'est pas d'aggraver les moyens de contrôle dont dispose la police, mais d'éviter l'usage de l'arme à feu ou de la force physique ". L'électrochoc comme alternative au coup de feu, c'est un argument qui a sa logique : celle du bon docteur Guillotin, présentant sa machine à couper le crime comme le moyen d'éviter la décapitation à la hache, la pendaison, le garrot et autres pratiques salissantes, inesthétiques et peu fiables. Le condamné ne sentira " qu'un léger souffle sur le cou ", assurait le bon docteur. Et une décharge de 50'000 volts ne fait pas mal, poursuivent ses disciples genevois.

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jeudi, 23 avril 2009

Pas de liste de l'AVIVO pour le Grand Conseil

L'AVIVO a décidé de ne pas présenter de liste à l'élection du Grand Conseil, cet automne. Et elle a bien fait. Le droit de l'AVIVO à présenter une liste électorale à quelque élection que ce soit était incontestable. Ce droit, l'AVIVO en jouit, comme en jouissent, exemples pris au hasard, l'ASLOCA, les syndicats de travailleurs, le WWF ou le RAAC. Mais du droit de présenter une liste à la nécessité, et même à l'utilité, de le faire, il y a tout l'espace d'un choix politique. Et celui de l'AVIVO de se lancer avec sa propre liste, dans la bataille électorale, et donc de se transformer objectivement en parti politique, aurait été une erreur. Saluer par avance la présentation d'une liste de l'AVIVO à l'élection du Grand Conseil, comme le fait le président du PS, était une position à courte vue, fondée sur un calcul électoral à court terme. L'entrée de l'AVIVO au Grand Conseil aurait peut-être permis un succès de la gauche dans six mois. Mais aussi un recul pour des années dans la défense des petites gens que l'AVIVO défend. Les " gens de peu " de cette République n'ont pas besoin d'un parti politique de plus, fût-il de gauche. Ils ont besoin d'une AVIVO forte, indépendante, capable de faire son travail d'AVIVO. Pas d'une AVIVO engluée dans les institutions politiques et y consumant ses forces.

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mercredi, 22 avril 2009

L'arithmétique au secours de la politique

Ainsi donc, SolidaritéS et le Parti du Travail, ayant fait leurs comptes et refait leurs mécomptes, en sont arrivés à la seule conclusion sensée : présenter une liste commune à l'élection du Grand Conseil, leurs forces séparées ne leur permettant pas le passage au-dessus de la barre du quorum. Pour l'ensemble de la gauche, et pas seulement pour celle qui se proclame " à la gauche du PS et des Verts ", performance politique d'ailleurs toute relative, c'est une bonne nouvelle, parce que personne, à gauche, n'a le moindre intérêt à ce que se reproduise l'exercice calamiteux d'il y a quatre ans, lorsque 14 % des suffrages exprimés ont été perdus pour s'être dispersés sur trois listes. Il reste bien sûr à agréger à la liste commune SolidaritéS-PdT les groupes et les individualités qui ne se retrouvent dans aucune de ces deux organisations (les Communistes, les indépendants de gauche), mais le premier pas est fait -et on aura assez dit et écrit, ici ou ailleurs, qu'il était nécessaire de le faire pour pouvoir s'autoriser à le saluer.

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jeudi, 16 avril 2009

Référendum contre les mesures d'éloignement : Flop unitaire

Le référendum lancé contre les " mesures d'éloignement " par le Parti du Travail, et soutenu, plus ou moins activement, par les syndicats, solidaritéS, le PS et les Verts, n'a pas abouti. Il manque en gros 2000 signatures pour que soit soumise au vote populaire la disposition législative votée par la droite parlementaire, et renforçant le pouvoir de la police de décréter des mesures d' " interdiction de périmètres ", non seulement contre les dealers, leurs clients et les mendiants (ce qui était déjà possible avant la modification de la loi), mais contre toute personne ou groupe de personnes soupçonnées de pouvoir troubler l'ordre public -un ordre public dont la définition est de plus en plus restrictive, au fur et à mesure que s'approchent les élections et que le prurit sécuritaire s'aggrave. Le référendum a donc échoué. Il est vrai qu'il était mal parti, parti trop tard, et sans dynamique unitaire. Son échec est donc à partager entre tous ceux qui l'ont soutenu : une défaite dont les concepteurs sont si nombreux ne peut pas rester orpheline.

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samedi, 11 avril 2009

… et delendum stadium…

stadefin.jpgUn nouvel instrument financier : le trou rentier
Nème épisode d'un feuilleton répétitif, celui du stade de la Praille : Accroché au trou de la Praille comme une huître à son pieu, le Conseil d'Etat propose au Grand Conseil un projet de loi (PL 10433) attribuant à la fondation (privée) (1) du stade une subvention annuelle de l'ordre de plus de deux millions chaque année pendant quatre ans (2), subvention renouvelable mécaniquement pendant toute la durée de vide du stade, soit encore au moins quarante ans. On vous laisse faire vous même la multiplication (quarante fois deux millions, ou plus si entente) pour obtenir le total final de ce nouveau racket des fonds publics. En pleine crise économique et financière, le gouvernement genevois invente un nouvel instrument financier : le trou rentier. A deux millions par an pendant un demi-siècle. C'est beau comme du Madoff. Surtout quand on lit les " conditions " que le Conseil d'Etat fait mine de poser à la fondation :

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jeudi, 09 avril 2009

Droit démocratique ou mise au pilori?

Les communistes lancent une initiative populaire cantonale proposant de donner au peuple la possibilité de demander par voie d'initiative populaire la révocation d'un-e Conseiller-e d'Etat, procureur-e général-e ou conseiller-e administrative. Ça part d'un bon sentiment, d'un juste principe et d'une bonne idée (la preuve : nous l'avons eue, et l'avons toujours) mais ça arrive à une mauvaise proposition, qui s'apparente plutôt au tire-pipe sur magistrat-e (en gros : l'exercice auquel se livre le MCG en ce moment sur Charles Beer) qu'à un véritable droit populaire de révocation des autorités élues. La révocation populaire n'est pas la mise au pilori et devrait se traduire non par une révocation à la tête du client, mais par une révocation de tout le collège auquel il appartient. C'est d'ailleurs cette proposition là que nous fîmes en des temps fraîchement révolus, pendant la campagne pour l'élection de la Constituante (voir les articles 27, 36, 39 et 50 du projet disponible sous www.perso.ch/troubles/constitution.pdf).

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mercredi, 01 avril 2009

Quand la légitimité naît de la rareté

Listes électorales : de l'utilité de la parité des genres

Les Verts genevois ont dû reporter à fin avril la confection de leur liste pour l'élection du Grand Conseil, faute d'avoir reçu assez de candidatures féminines pour pouvoir à la fois respecter le principe de parité des genres sur les listes et satisfaire leur envie de présenter, comme la plupart des autres partis, une liste pléthorique (de 40 candidates et candidats). Ce qui pose, utilement, deux problèmes en même temps, qu'ont à résoudre, et de la peine à résoudre, autant les socialistes que les Verts : celui de la parité des genres, et celui de l'excès de candidatures -le second problème empêchant de résoudre le premier, puisque si la parité des genres peut sans grand effort à gauche être respectée sur des listes correspondant à peu près aux espérances électorales des partis qui les présentent, elle est difficile à atteindre sur des listes " fourre-tout " présentant deux, trois ou cinq fois plus de candidatures qu'on espère obtenir de sièges. Dans ces conditions, la rareté relative des candidatures féminines a au moins un effet positif : en imposant un " plafond " au nombre de candidatures masculines -et donc, parité oblige, au nombre de candidatures tous genres confondus, elle oblige à effectuer un choix, peut-être désagréable puisqu'il est éliminatoire, mais qui octroie à celles et ceux qui sont choisie-s une légitimité politique qu'elles et ils n'auraient pas si leur seule candidature à la candidature suffisait pour figurer sur une liste.


Comment dissoudre la subversion dans le lobbysme
" Imposer l'égalité ne suffit pas à remplir une liste électorale ", observe pertinemment la rédac'cheffe adjointe de la Julie. Non, ça ne suffit pas. Mais ça n'est pas le but. D'abord parce qu' " imposer l'égalité " est un but en soi et non le moyen de " remplir une liste électorale " ; ensuite parce que " remplir une liste électorale " n'est un but que tant qu'on mesure la qualité d'une liste au nombre de candidatures qu'elle propose. On ne fait pas avancer d'un pouce l'égalité des droits en confrontant sur des listes pléthoriques des candidates nouvelles à des candidates et des candidates disposant de relais, d'un électorat déjà constitué, de lobbies actifs ou d'une notoriété acquise. Cette parité là est celle de la couleur des fleurs en pot sur le rebord de la fenêtre. Elle n'a rien à voir avec l'égalité, ni avec un projet politique. Elle n'est que le sacrifice à un rite de correction politique auquel on satisfera d'autant plus facilement qu'il ne menacera aucune position personnelle acquise. Il n'est plus de discours de gauche qui n'intègre à son contenu quelque référence au féminisme, d'autant plus aisément que cette référence exprimera ce que le féminisme aura de moins subversif : les quotas, ou la parité, tant qu'ils ne posent aucun problème à aucun-e notable et n'entravent aucune stratégie électorale personnelle. Ainsi se tient-on quitte de tout effort de changement social en ayant laissé, non pas les femmes mais des femmes s'ébrouer dans l'espace social qu'on s'est résigné à leur concéder, mais qu'on est à tout moment prêt à leur reprendre : celui de l'ascension sociale et de la chasse aux postes, selon les bonnes vieilles règles du carriérisme masculin. Le mouvement féministe était dangereux, socialement, culturellement et politiquement, parce qu'il était fondamentalement subversif et que ses revendications étaient une remise en cause radicale de quelques unes des règles fondatrices du jeu social : ce même mouvement devient inoffensif une fois réduit à ne plus être qu'un lobby. Rien n'aura été changé des fonctionnements sociaux, aucune institution menacée, aucune hiérarchie remise en cause, mais des femmes y auront été intégrées, et se retrouveront comme les hommes prises dans leurs rets.

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