mardi, 23 novembre 2010

Avant-projet de loi sur la culture : qu'en faire ?

Sortir de la guerre de tranchées

Le Parti socialiste, et nous* même, puisqu'il nous* arrive d'être d'accord avec notre* propre parti, avons salué, sans illusions excessives, l'avant-projet de loi sur la culture issu des travaux de la commission d'experts (CELAC). Cet avant-projet exprimait, sur le fond, une position que nous défendons depuis des années, et que défendaient également les milieux culturels regroupés dans le RAAC -dont à notre connaissance nul n'a jamais affirmé qu'il était à lui seul le représentant attitré de toutes celles et ceux qui, à un titre ou un autre, dans un domaine ou un autre, professionnellement ou en amateurs, sont des acteurs culturels. Mais les travaux de la CELAC n'ont rien eu du parcours d'un long fleuve tranquille, et ont plus souvent qu'à leur tour été le théâtre d'une véritable guerre de tranchée entre la Ville et le canton. Le projet qui en est ressorti en porte encore les traces -et le débat qui va s'engager sur l'ultime phase de ce travail, celle du projet de loi qui sera déposé devant le Grand Conseil, n'y échappera pas non plus.


*où l'on s'offre le petit plaisir d'un pluriel de majesté

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vendredi, 19 novembre 2010

Tondre la Ville pour satisfaire Cologny ?

La Constituante en remet une couche

Faire revenir la totalité de l'impôt communal à la commune de domicile du contribuable, et donc abolir la répartition actuelle de cet impôt entre la commune de domicile et la commune de travail : c'est la proposition faite par la droite à la Constituante. Pour la Ville de Genève, principale cible de cette nouvelle offensive, ce sont 80 millions de recettes fiscales qui sont en jeu, et qu'elle perdrait; ces 80 millions, c'est ce qu'elle perçoit des contribuables qui travaillent en Ville sans y habiter, mais en profitant de ses infrastructures et de ses services -dont tout le canton profite, d'ailleurs. La proposition de la droite a été renvoyée en commission, mais ses auteurs, majoritaires à la Constituante, entendent bien la faire accepter finalement en plénière, et l'inscrire dans le projet de Constitution qui sera soumis au peuple. En nous donnant une raison de plus de le refuser.

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mercredi, 17 novembre 2010

Augmentation des tarifs TPG : Faire payer aux usagers cinquante ans de conneries politiques ?

La commission des transports du Grand Conseil demande, à une large majorité (PS, verts, PDC, MCG), contre les libéraux, radicaux et udécistes, de reporter (seulement de reporter) d'un an (seulement d'un an) la hausse des tarifs TPG. Un vote de principe ? Non : un vote d'opportunité : les conditions de transport des usagers des TPG, autant que leur humeur, sont si dégradées ,par les travaux rendus nécessaires par les nouvelles lignes de trams, que la grogne est générale. A six mois des élections municipales, ça inquiète. Mais quand les travaux seront terminés, la majorité de droite ressortira du frigo la hausse des tarifs, en comptant que les oppositions qu'elle suscite aujourd'hui se seront estompées, et en ressortant jusqu'à plus soif l'argument de l'amélioration des prestations, « qu'il faut bien financer » mais qu'elle refuse de faire financer par le canton, alors qu'il ne s'agit que de réparer un demi siècle de conneries dans la politique des transports urbains.

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14:34 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tpg, transports | |  Facebook | | | |

lundi, 15 novembre 2010

Généralisation de la vidéosurveillance : Souriez, vous êtes filmés ! (ou fliqués)

Les caméras de surveillance fleurissent dans les communes genevoises : au moins neuf s'en sont déjà équipées (Carouge, en dernier lieu, en septembre, grâce à des défections à gauche).  Ajoutez-y les bus, les parkings, les stades, la gare, et quelques ambassades et autres lieux sensibles, vous aurez un territoire où le panoptisme cher à Jeremy Bentham est une réalité. Or la prolifération des caméras de surveillance se fait dans un remarquable flou statistique : combien y en a-t-il, où sont elles, quand fonctionnent-elles, qui se cache derrière elles, combien de temps les images sont-elles gardées ? mystères. Des mystères auxquels s'ajoute un vide juridique, malgré une loi votée le 9 octobre 2008 par le Grand Conseil, qui prévoit que les caméras de surveillance doivent répondre à une nécessité, ce qui est rarement le cas, et doivent se cantonner à  répondre à  cette nécessité, ce qui est difficilement vérifiable. Résultat : nul ne peut plus désormais échapper, sauf à se cloîtrer, volets clos, chez soi, au regard des caméras.

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vendredi, 12 novembre 2010

Extension des horaires d'ouverture des magasins : Engraisser les gros ?

sumo.jpgDes patrons de petits commerces ont dit hier leur opposition à l'extension des horaires d'ouverture des magasins genevois, présentée par les organisations patronales et la droite comme une revendication commune de tous les commerces genevois. Pour ces petits commerçants, « la votation du 28 novembre n'est pas une bataille entre syndicats et patronat » mais une bataille pour le patronat des grands magasin. Ces patrons de PME opposés à l'extension des horaires d'ouverture des commerces, y compris des leurs, dénoncent une offensive des grandes surfaces contre les petits magasins qui survivent soit parce qu'ils occupent des « niches » horaires ou commerciales, soit parce qu'ils proposent des produits et des services de meilleure qualité que les supermarchés. De leur point de vue, et du nôtre, l'extension des horaires d'ouverture est une manière d'éliminer la concurrence qu'ils peuvent encore faire aux entreprises dominantes du secteur. Bref : une méthode d'engraissement des gros et de rapetissement des petits.

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16:31 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : commerces, votations | |  Facebook | | | |

vendredi, 05 novembre 2010

Grève de la faim de Bernard Rappaz : Gaver ou laisser crever ? Libérer !

MORTOPOR.GIFEn grève de la faim depuis 70 jours, le chanvrier valaisan Bernard Rappaz est au plus mal, à moitié aveugle, alité, caridaque.  Les autorités valaisannes refusent d'interrompre l'exécution de la peine (cinq ans et huit mois de prison) prononcée contre Rappaz et exigent de l'Hôpital de Genève, où il est détenu dans le quartier cellulaire, qu'il soit nourri de force. Les médecins genevois refusent d'exécuter cet ordre et le président des médecins suisses, Jacques de Haller, défend le droit du patient de refuser un traitement, et son droit de disposer de sa vie. Les directives de l'Académie suisse des sciences médicales vont dans le même sens, et les médecins des HUG n'entendent pas se transformer en auxiliaires de justice, et entendent au contraire respecter la volonté de quelqu'un qui est aujourd'hui leur patient, et est parfaitement capable de discernement. De son côté, la Conseillère d'Etat valaisanne Esther Waeber-Kalbermatten estime que « toutes les conditions ne sont pas réunies » pour interrompre l'exécution de la peine infligée au chanvrier avant son nouveau procès, dans un mois. Quand il sera mort, le chanvrier, toutes les conditions seront-elles enfin réunies ?

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14:40 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rappaz | |  Facebook | | | |

jeudi, 04 novembre 2010

Espace public, police privée ?

Dans les gazettes locales est parue une belle annonce d'offre d'emploi de la Ville : le Service de la sécurité et de l'espace publics recherche des agents et agentes de police municipale, pour « veiller à la sécurité de la population par des actions de prévention sur le territoire municipal »,  « créer des liens privilégiés avec les différents acteurs des quartiers afin d'assurer un service de proximité », faire respecter  « les règlements de sécurité », la salubrité, la tranquillité et l'ordre public, ainsi que les prescriptions cantonales et fédérales sur la circulation routière. L'annonce est claire, explicite : la police municipale doit être présente  « sur le territoire municipal », et pas seulement sur le domaine public de ce territoire; elle est chargée de faire respecter la sécurité, la salubrité, la tranquillité et l'ordre public, pas de déléguer cette tâche à des entreprises privées; elle doit  « assurer un service de proximité », pas le faire assurer par des agents de sécurité privés. Cette proclamation du rôle et du champ d'action de la police municipale est bienvenue, mais sa réalité sur le terrain le serait encore plus.

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13:10 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : police | |  Facebook | | | |

mardi, 02 novembre 2010

La Genève de Haldas

« Cette petite ville qui porte le monde »

Georges Haldas est décédé dimanche dernier à l'âge de 93 ans. Poète, philosophe, théologien même, à sa manière, il était aussi ce chroniqueur qui, dans  « Boulevard des Philosophes »,  « Chroniques de la rue Saint-Ours » ou  « La légende de Genève », dessinait une Genève dont, peu de temps avant sa mort, et comme pour s'excuser de l'avoir quittée, il disait qu'elle s'engloutissait dans le fric et l'apparence. Une Genève populaire, dont il chantait aussi les vertus et les soubresauts politiques : lorsque fut inaugurée la petite rue Léon Nicole, c'est Georges Haldas, qui, se souvenant des grands meetings socialistes d'avant-guerre où le tribun socialiste remplissait à ras-bords la Salle du Faubourg ou la Salle communale de Plainpalais, et couvrait la Plaine de Plainpalais de manifestants, rappela à qui aurait bien voulu l'oublier ce que fut  « Léon » et le socialisme pour la Genève des travailleurs.

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14:20 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : haldas, littérature | |  Facebook | | | |

jeudi, 28 octobre 2010

« Cycloterrorisme » et loi du plus lourd

Vivez dangereusement : circulez à vélo à Genève...

Début octobre, la police municipale de Genève a verbalisé 350 cyclistes qui grillaient des feux rouges, roulaient sur les trottoirs ou les passages pour piétons -bref, qui ne se comportaient pas comme il devraient se comporter, si les conditions leur étaient données de se déplacer en respectant lois et réglements. Or densité du trafic automobile, chantiers, pistes cyclables interrompues, placées au milieu de la route ou obstruées par des voitures en stationnement ou des véhicules de livraison, tout concourt à transformer les parcours à vélo en parcours de combattants -et de combattants désarmés. Alors, quand, pour le plaisir d'un bon mot pré-électoral, le Conseiller administratif Pierre Maudet parle de  « cycloterrorisme »  pour évoquer l'irrespect du code de la route et l'irrespect des piétons par certains cyclistes, il sera aisé de lui répondre que ce fantasmatique « cycloterrorisme » n'est à près tout que l'image inversée d'un véritable  « bagnoloterrorisme »  : celui qui règne dans une ville ou la régulation de la circulation se fait sur le mot d'ordre « ôte-toi de là que je m'y mette » lancé par l'usager de la route le plus lourd à l'usager le plus léger.

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« Cycloterrorisme » et loi du plus lourd

Vivez dangereusement : circulez à vélo à Genève...

Début octobre, la police municipale de Genève a verbalisé 350 cyclistes qui grillaient des feux rouges, roulaient sur les trottoirs ou les passages pour piétons -bref, qui ne se comportaient pas comme il devraient se comporter, si les conditions leur étaient données de se déplacer en respectant lois et réglements. Or densité du trafic automobile, chantiers, pistes cyclables interrompues, placées au milieu de la route ou obstruées par des voitures en stationnement ou des véhicules de livraison, tout concourt à transformer les parcours à vélo en parcours de combattants -et de combattants désarmés. Alors, quand, pour le plaisir d'un bon mot pré-électoral, le Conseiller administratif Pierre Maudet parle de  « cycloterrorisme »  pour évoquer l'irrespect du code de la route et l'irrespect des piétons par certains cyclistes, il sera aisé de lui répondre que ce fantasmatique « cycloterrorisme » n'est à près tout que l'image inversée d'un véritable  « bagnoloterrorisme »  : celui qui règne dans une ville ou la régulation de la circulation se fait sur le mot d'ordre « ôte-toi de là que je m'y mette » lancé par l'usager de la route le plus lourd à l'usager le plus léger.

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mardi, 26 octobre 2010

Mobilisation pour la diversité culturelle nocturne : C'est parti comme en '14

Ce week-end, plus de 3000 personnes ont manifesté nuitemment dans notre bonne ville, pour leur « droit à la fête ». Un droit qui, comme l'a rappelé l'Usine, ne se quémande pas, mais se prend. Reste à savoir où il peut se prendre. Les lieux où se déployait, la nuit, l'offre culturelle non marchande, sont tombés les uns après les autres, sous les coups des propriétaires, de la Justice, de la police, de la majorité politique cantonale, et on se retrouve dans l'Usine comme dans un bastion, autour de l'Usine comme des poilus dans leurs tranchées, attendant le prochain assaut, prêts à le repousser. L'Usine aujourd'hui ? C'est Verdun (mais sans Pétain)... Assiégée à la fois par un public en surnombre qui n'a plus ailleurs où aller et, récuremment, par des forces politiques qui veulent faire tomber ce bastion après avoir fait tomber ses avant-postes.

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12:45 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, usine | |  Facebook | | | |

vendredi, 22 octobre 2010

Et revoilà la traversée routière de la rade

Et pont, et pont, petit patapont...

C'est un marronnier à peu près semestriel, et il nous ressurgit en Vendémiaire : le pont sur la rade. C'est la troisième réapparition de la traversée de la rade depuis le début de l'année. Sitôt le crédit pour la tranchée routière couverte de Vesenaz accepté, la droite et le Conseil d'Etat avaient ressorti des tiroirs le projet de traversée routière du petit lac, et. avec l'imagination qu'on lui connaît, l'UDC genevoise avait annoncé (sans faire suivre cette annonce d'effet) le lancement d'une initiative populaire en faveur de la  « moyenne traversée » routière de la rade, un truc à un milliard (au moins) qui sommeillait paisiblement dans les collections locales des idées à la con : un tunnel pour relier l'avenue de France au Port Noir, et balancer un maximum de bagnoles à l'entrée des parcs de la rive-gauche et de la rive-droite. Un truc parfaitement inutile, qui ne permet pas le contournement routier de la ville, mais qui aurait permis à l'UDC de se sortir la tête de ses mouises internes et de se profiler comme le parti des automobilistes. Il ne manquait donc plus que lui : Philippe Joye, qui est au pont sur la rade ce que papy De Toledo est aux parkings : un obesssionnel monomaniaque (le risque du pléonasme est couru en toute connaissance de cause), jamais à court d'un effet d'annonce pour redonner un semblant de vitalité à une idée que les Genevois et voises avaient enterrée bien profond dans les urnes il y a quelques années. Comme le financement public du pont comme la lune est plus qu'aléatoire, et qu'il a fait de ce pont son horizon, son Eldorado, son Graal, Du Pont La Joye s'en est allé cherché (et a trouvé) un fonds souverain qatari capable de promettre qu'il en assumera la charge, pour près de quatre
milliards, en échange des pépètes d'un péage.

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11:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rade. pont, joye | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 octobre 2010

Statuts du PS genevois : Evolution d'octobre

Ce soir, les membres du PSG sont conviés à se prononcer en Assemblée Générale sur une proposition de révision des statuts du parti. Ils ne sont pas conviés à faire la révolution d'octobre (d'autant que la Révolution d'Octobre a eu lieu en novembre), tout au plus l'évolution. Au menu de l'assemblée,  trois propositions, logiquement liées : la réduction de moitié du nombre de membres du Comité directeur (dont les membres seraient désormais tous élus par l'Assemblée générale), la suppression du Bureau du Comité directeur et la création d'une Assemblée des délégués avec une représentation directe des sections. Pourquoi réduire de moitié le nombre de membres du Comité directeur ? D'abord, parce qu'un organe de 35 membres ne peut pas fonctionner réellement comme une direction politique (pour autant qu'on ressente le besoin d'en avoir une), surtout quand de ces 35 membres seule la moitié participe régulièrement aux séances; ensuite parce que la représentativité démocratique d'une instance dont la moitié des membres sont des membres de droit est douteuse. Pourquoi supprimer le Bureau du Comité directeur ? Parce que si le CD est redimensionné, on n'a plus besoin d'un Bureau ( le Comité directeur actuel étant à la fois trop gros et trop lent pour être « fonctionnel », son Bureau finit par prendre des décisions qui ne sont pas de sa compétence) Pourquoi, enfin, créer une Assemblée des Délégués ? Pour assurer la représentation directe de toutes les sections dans une instance décisionnaire et pas seulement dans une coordination « informative », et pour faire de l'Assemblée Générale ce qu'elle est supposée être : le « pouvoir suprême » du parti, en la « libérant » de tâches formelles pour la consacrer pleinement aux choix politiques.

Remise en marche


bus-ps.jpg


Le Parti socialiste genevois, aujourd'hui, c'est deux partis en un : un parti cantonal, un parti municipal (celui de la Ville), aux structures quasiment identiques, aux moyens tout à  fait comparables -mais le seul des deux qui fonctionne, c'est le parti municipal. Tant mieux pour nous, qui en sommes. Mais nous sommes aussi de l'autre, celui qui rame. La faiblesse du parti socialiste cantonal laisse au parti municipal occuper un espace qu'il a les moyens d'occuper -et qu'il se sent, légitimement, obligé d'occuper, pour ne pas laisser un terrain politique vacant de discours et de projets socialistes, quand la Ville et les grandes communes forment le seul espace politique qui puisse faire contrepoids à  tous ceux que la droite contrôle. Nous avons, pour le moins, à  défendre, et pour le mieux à renforcer, cet espace qui se retrouve être,  « objectivement », un espace de résistance, face à  quarante communes, un Grand Conseil, un Conseil d'Etat, une Constituante, un Parlement fédéral et un Conseil fédéral de droite... Or cet enjeu, le PS cantonal est incapable de relever. Certes, on ne change pas un parti en changeant ses statuts, en modifiant sa structure interne. Mais en opérant un tel changement, on peut le faire mieux fonctionner, voire, dans le cas du PS genevois, simplement le faire fonctionner, le rendre capable de prendre des initiatives plutôt que courir après celles des autres, de faire l'agenda politique au lieu de subir celui de ses adversaires, d'agir et de réagir rapidement au lieu de mettre deux semaines à  faire ce qui pourrait être fait en deux heures. Les défauts de structures et de fonctionnement du PSG (et donc de ses statuts) ne sont pas la cause de ses défaites, mais ils sont la cause de son incapacité à  les surmonter. Il s'agit donc de remettre en état de fonctionner un parti qui fonctionne mal. Un parti dont la majorité des sections ignore les enjeux cantonaux, où la majorité des membres de la direction ne participent pas aux réunions de la direction, où une instance administrative devient une instance politique par défaut de l'instance politique, un tel parti est incapable de faire correctement le travail qu'on est en droit d'attendre de lui. Le PS n'aura pas avant longtemps l'occasion de remédier à ces défauts et à  cette incapacité. Il peut cependant se refuser à  se voir tel qu'il est, refuser de se changer, accepter de se réduire progressivement à  un comité électoral à la base de plus en plus restreinte, mais il faudrait qu'il le dise clairement, ce  « laissez-moi crever » qui libérerait les forces qui lui restent. Les propositions qui sont faites à  son assemblée générale visent, à redonner au PSG une capacité d'initiative politique. On peut évidemment y préférer la gestion des plans de carrière politiques individuels, mais là encore, il conviendrait de le dire clairement  :  « je préfère un parti politique subclaquant à un parti gênant, parce qu'agissant en parti politique et pas en office de placement ».

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lundi, 11 octobre 2010

Emois autour du Moa : Un tintamarre gonflant

Après le « Moa  », fermé jeudi pour des raisons de sécurité, le  «Weetamix» a été fermé vendredi, pour les mêmes raisons, et entre 500 et 1000 personnes ont manifesté samedi pour protester contre ces fermetures. Qui, avouons-le, nous indiffèreraient assez prodigieusement, n'était le tintamarre gonflant que l'on fait autour d'elles, comme si elles étaient devenues un enjeu de la politique culturelle genevoise, quand elles ne sont guère qu'un enjeu électoral pour quelque candidat kazakh en mal de programme -et d'électorat. Le  « Moa »  est une discothèque, pas un lieu culturel, ni un lieu alternatif. Le Macumba n'est pas l'Usine, et on s'autorisera à être aussi indifférent au sort de l'un que soucieux de défendre l'autre.

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jeudi, 07 octobre 2010

Procès de la Banque cantonale genevoise :Post tenebras, semper tenebrae

Depuis lundi, les anciens dirigeants de la Banque cantonale genevoise comparaissent devant la cour correctionnelle. Leur procès a commencé par une cascade de requêtes dilatoires déposées par la défense (récusation de jurés au prétexte qu'ils sont fonctionnaires alors que l'Etat est partie civile, demande de récusation du président du tribunal, demandes de renvoi des débats) avec pour but  évident de rendre le procès impossible et de le repousser au-delà du délai de prescription (15 ans) des délits (faux dans les titres, gestion déloyale aggravée dont sont accusés Dominique Ducret, Marc Fues, René Curti et les deux réviseurs ), les faits s'étant déroulés en 1996, deux ans après la naissance, par fusion de la Caisse d'Epargne (un fief PDC) et de la Banque hypothécaire (un fief libéral). Une fusion qu'à l'époque, le député socialiste David Lachat avait qualifiée de « mariage de raison entre deux fiancés âgés, usés, et qui se sont longtemps détestés ». Et dont on s'est aperçus qu'ils étaient pourris de créances douteuses que la fusion n'a fait que concentrer dans une seule et même banque, dont les responsables ont camouflé la situation réelle pour ensuite appeler l'Etat à leur secours. Dix ans après, cette belle histoire d'amour gérontophile s'achève par un procès, après une débâcle évitée de justesse par le canton, au prix de 2,4 milliards de francs. C'est ce procès dont les accusés et leur palanquée d'avocats d'affaires ne veulent pas, et qu'ils vont tout faire pour rendre impossible, aidés en cela par l'invraisemblable lenteur mise par le procureur Zappelli à clore l'instruction ouverte par son prédécesseur. Le procès de la BCG était sensé « faire la lumière » sur le plus gros bouillon bancaire genevois du XXe siècle -il ne la fera que sur l'acharnement mis à ce que les ténèbres perdurent.

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vendredi, 01 octobre 2010

Le glas de la Constituante

La Déconstituante genevoise propose le retour de l'énergie nucléaire

La Constituante genevoise a achevé, jeudi soir, le plombage de ses propres travaux en proposant, contre l'avis de la commission concernée, de revenir sur le bannissement de l'énergie nucléaire, inscrit dans l'actuelle constitution depuis 1986. Trois projets de nouvelles centrales nucléaires ont été déposés en Suisse, et la droite a placé Doris Leuthard à la tête du ministère concerné pour favoriser leur acceptation : Le vote de la Constituante genevoise, en faveur d'une disposition remplaçant l'interdiction du nucléaire par une recommandation creuse de d'essayer de s'en passer, est un signal dans cette même direction, mais aussi le premier son d'un glas : celui du service funèbre du projet de nouvelle constitution genevoise. Il n'y a vraisemblablement plus rien à attendre de cette assemblée, sinon qu'elle nous fasse le cadeau d'aggraver encore son cas en farcissant son texte d'autres dispositions rédhibitoires, et en facilitant notre travail le jour où il faudra dire, en votation populaire, « NON » à un texte qui, sur la plupart des points que nous jugions fondamentaux, menace de n'être qu'un véritable manifeste de régression sociale et politique.

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lundi, 27 septembre 2010

Amnistie fiscale à Genève : une prime à la fraude, quoi d'autre ?

carte-fraudeur.jpgLa droite genevoise, toute unie, les trois partis de l'Entente, l'UDC et le MCG sur la même ligne pour défendre le droit du fraudeur à garder pour soi la plus grosse partie du montant de sa fraude, a décidé (contre l'avis du Conseil d'Etat) de soumettre au peuple (le référendum est obligatoire en matière fiscale, ce qui nous évitera au moins de devoir le lancer) une proposition d'amnistie fiscale qui va plus loin encore qu'une loi fédérale déjà peu reluisante mais réservant ses dispositions les plus contestables aux héritiers des fraudeurs. A Genève, le cadeau serait fait aux fraudeurs eux-mêmes. Jusqu'en décembre 2009, un fraudeur se dénonçant devait s'acquitter d'une amende équivalente à 20% du montant soustrait. Il payait en plus ses impôts sur la somme soustraite sur dix ans. Faire payer des fraudeurs ? prétention insupportable pour la droite genevoise : désormais, à Genève, le fraudeur qui, faussement repenti, irait déclarer sa fraude, devrait être doublement récompensé par l'absence de poursuite et par l'assurance de pouvoir garder 60 ou 70 % du montant qu'il avait soustrait aux impôts. Une véritable incitation à la fraude, puisque le contribuable honnête qui aura déclaré la totalité de ses revenus et ne se sera pas inventé des déductions factices, devra payer l'intégralité de ses impôts alors que le fraudeur n'en paiera que le 30 ou le 40 %.

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vendredi, 24 septembre 2010

Musée d'Art et d'Histoire : Sous Nouvel, Gandur...

« Le Courrier » du 11 septembre a mis fort utilement en évidence les intéressants contenus du deal passé en mars dernier entre Jean-Claude Gandur et sa fondation, d'une part, et le Département de la Culture de la Ville de Genève d'autre part, dans le cadre du projet d'agrandissement du Musée d'art et d'histoire (MAH). La Fondation Gandur ferait certes «  don » de 20 (voire 40) millions à la ville pour la réalisation du projet Nouvel d'agrandissement du musée, mais ce « don » n'est pas sans contreparties : c'est la Fondation (privée) Gandur, installée pour un siècle, et contre un loyer modeste, dans un musée public, qui déciderait seule du choix de ses pièces exposées au musée, dont elle pourrait à tout moment retirer « un ou plusieurs objets » avec un préavis de trois ou six mois, voire moins, alors que le musée aurait l'obligation de montrer, sur au moins 400 m2, au moins la moitié des 800 pièces de la collection Gandur -des pièces dont la qualité, l'intérêt et la provenance font débat : certaines proviendraient de trafics illicites, et la convention Ville/Gandur n'obligerait en aucune manière la fondation privée à restituer à leur pays d'origine des pièces qui en seraient sorties illégalement; le musée mettrait gratuitement ses collaborateurs à disposition de la fondation pour la mise en place et la surveillance des objets exposés, et mettrait également à disposition de la fondation trois espaces de bureaux, un espace d'archivage, des locaux de réserve et une salle de conférence.

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mercredi, 22 septembre 2010

La Constituante propose des « districts communaux » : Et une connerie de plus, une !

La Constituante genevoise a adopté une proposition socialiste de bricoler la structure territoriale du canton en créant des « districts communaux ». La proposition a fait consensus, ce qui ne saurait étonner, s'agissant d'un gadget technocratique qui viderait les communes de toute substance politique au profit d'un échelon « supérieur » dont la pertinence est pour le moins douteuse.  Mais ce genre de propositions convient parfaitement au genre de Constituante dont Genève s'est affublée, et à laquelle ne pouvait que plaire la lubie socialiste de créer quatre ou huit districts regroupant les communes en les vidant de toute légitimité démocratique et en les transformant en relais serviles de l'Etat vers la population -une population qui ne pourrait plus élire ni conseils municipaux (supprimés), ni maire, adjoints et conseillers administratifs (nommés d'en haut par les districts). « Les acteurs institutionnels seraient alors plus homogènes », croit pouvoir écrire le groupe socialiste à la Constituante, tout fier d'être à l'origine de cette sombre connerie. Plus homogènes, sans aucun doute : tous bien gentils, bien équarris, bien dressés, bien rangés, avec des communes dont plus aucune autorité ne serait élue et des « districts »  ne convenant qu'au confort du canton. Un paysage institutionnel symétrique, sans rien qui dépasse ou qui dérange. Un rêve de technocrate, un cauchemar de démocrate. S'il nous manquait une raison pour, le moment venu, faire campagne contre le projet de nouvelle constitution genevoise, les constituants socialistes viennent de nous en donner une.

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mercredi, 15 septembre 2010

Hausse des tarifs TPG : Absurde, injuste, inacceptable !

CarteTPGgratuits.jpg

En fin d'après-midi, ou en début de soirée, ce mercredi, le Conseil municipal de la Ville se prononcera sur un projet de résolution déposé par la gauche, et dénonçant la récente décision des Transports publics genevois et du Conseil d'Etat de renchérir les tarifs des premiers (tarifs augmentés en moyenne de 6,56 %, prix de l'abonnement annuel adulte augmenté de près de 8 %, prix de l'abonnement « seniors » augmenté de plus de 10%, prix du billet normal augmenté de 16,7 %... ). Les motivations, et les raisons, de notre proposition de résolution sont contenues dans son titre : la hausse des tarifs des TPG est absurde, injuste, inacceptable. Elle est absurde, parce que totalement contradictoire des grandes déclamations politiques sur la nécessité de convaincre le plus grand nombre possible d'automobilistes d'abandonner leur voiture pour user désormais des transports publics. Elle est injuste parce que comme toute hausse indistincte d'un tarif fixé sans tenir compte des ressources de qui va devoir le payer, elle frappe d'abord, surtout, et plus lourdement, les plus bas revenus. Elle est enfin d'autant plus inacceptable qu'elle ne frappe que les usagers des transports publics, comme si on tenait absolument à les punir de l'être alors même qu'on prétend inciter à l'usage des transports collectifs.

 

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03:55 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |