mercredi, 07 février 2018

Pétition au Conseil Municipal de la Ville de Genève : Des allocations ne sont pas des aumônes

Carte de pauvre.jpgFort mal inspirée par un mélange assez consternant de mépris social et de clientélisme corporatiste, la majorité de droite et d'extrême-droite du Conseil municipal de la Ville de Genève a, l'année dernière, décidé d'imposer le versement de l'allocation de rentrée scolaire accordée aux familles qui y ont droit (parce qu'elles en ont besoin), sous forme de bons valables uniquement dans les commerces de la Ville de Genève acceptant de se prêter à cet exercice. Or cette limitation a été considérée par la Commission fédérale de la concurrence comme contraire aux lois fédérales. Du coup, le règlement municipal relatif aux aides financières se retrouve, s'agissant du versement de l'allocation de rentrée scolaire, invalide, et doit être à nouveau modifié. Ce serait l'occasion pour le Conseil municipal d'en revenir à un système d'allocation simple, efficace et respectueux de ceux à qui il s'applique. Nous lui avons proposé hier soir d'au moins en étudier la possibilité, il l'a refusé, on passe donc à la vitesse supérieure, et on lance une pétition réitérant cette demande.
La pétition est téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2018/02/06/petition-allocs/ et y attend votre signature, pour rappeler aux élus municipaux qu'une allocation n'est pas une aumône, et que celle-là est, pour autant qu'on en remplisse les conditions, un droit.

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14:57 Publié dans Genève, pauvreté, exclusion, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : allocations | |  Facebook | | | |

lundi, 05 février 2018

Votation municipale du 4 mars sur les Fêtes de Genève : On se calme, on réfléchit, et on vote !

Martine aux Fêtes de Genève.jpg
On vote en Ville le 4 mars prochain sur une initiative populaire "pour des Fêtes de Genève plus courtes et conviviales", à laquelle le Conseil municipal oppose un contre-projet. Et cette initiative fait peur : pour ses adversaires, sont acceptation signerait carrément la fin des festivité estivales genevoises. Or une initiative municipale n'est pas immédiatement, et intégralement, exécutoire : si elle est acceptée en votation populaire, le Conseil administratif a six mois pour présenter au Conseil municipal un projet de délibération allant dans son sens, sans forcément la reprendre intégralement, et le Conseil municipal six mois de plus pour se prononcer sur ce projet, l'accepter, l'amender ou le refuser. Et c'est seulement dans l'hypothèse où ces délais ne seraient pas tenus et qu'au bout d'un an aucun projet de délibération n'était accepté par le Conseil municipal que l'initiative entrerait en vigueur sous la forme où elle avait été votée par le peuple. Alors on se calme, on réfléchit... et on vote pour l'initiative : elle est l'expression d'un mécontentement général de la population à l'égard de ce que son devenues les Fêtes de Genève, et elle donne un mandat clair aux conseils de la Ville  -à eux de le respecter intelligemment.

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15:21 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fêtes de genève | |  Facebook | | | |

vendredi, 26 janvier 2018

Allocation de rentrée scolaire en Ville de Genève : Salauds de pauvres (ad libitum)

Carte de pauvre.jpg

Vous ne l'avez peut-être pas remarquée, cette petite annonce de la Ville de Genève, "sociale et solidaire" : elle appelle les "points de vente intéressés" à faire partie d'un "réseau de point de vente proposant des fournitures scolaires, des articles en lien avec l'enseignement de la musique, des vêtements et articles de sport pour enfants et adolescents, des équipements informatiques et électroniques à vocation éducative" (tous les grands magasins proposent ce genre d'articles, soit dit en passant), et acceptant une "carte électronique de dépense comme moyen de paiement", à s'annoncer. La Ville de Genève ("sociale et solidaire") va donc bien, comme la droite et l'extrême-droite en ont eu l'idée (bien digne de cette majorité de hasard) distribuer des bons aux familles à la place de l’allocation de rentrée scolaire jusque-là versée. Cette mesure toute empreinte de mépris petit bourgeois à l'encontre des allocataires, avait pourtant été reconnue contraire à la libre concurrence et à l'ouverture des marchés, parce qu'elle était au départ restreinte aux seuls commerces de la Ville de Genève ("sociale et solidaire")...

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14:05 Publié dans Famille, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allocation de rentrée scolaire | |  Facebook | | | |

jeudi, 25 janvier 2018

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : ça se décante

musée en ruine.jpgFin juin dernier, la commission externe chargée par le Conseil administratif de la Ville de Genève de dessiner les pistes à emprunter pour rénover non seulement le bâtiment du Musée d'Art et d'Histoire mais aussi son projet, avait présenté son premier rapport intermédiaire. Elle avait alors remis à l'heure une pendule qui s'obstinait à faire tourner ses aiguilles à l'envers, quand on s'interrogeait sur le bâtiment avant que de réfléchir sur ce qu'il devait abriter, et à quoi il devait servir. La défaite en votation populaire du projet de rénovation du MAH aura donc eu au moins cette utilité, de rappeler que le contenu importe plus que le contenant. Six mois après la commission d'experts, c'est Patrimoine Suisse qui rend son propre rapport, "Demain le Musée d'Art et d'Histoire de Genève", un rapport qui se veut -et est- une "contribution utile au travail des autorités", "Patrimoine Suisse expliquant qu'il lui est paru "opportun de quitter la posture d'opposition dans laquelle nous étions afin de lancer des propositions dans un mouvement optimiste". Après des années de polémique pas toujours bien inspirée, et ne portant pas toujours sur l'essentiel, le débat se décante. Il était temps.

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mardi, 23 janvier 2018

Campagne électorale genevoise : Fisc fisc rage...

danger de tomber de haut.jpgPeut-on construire une campagne électorale sur des projets fiscaux ? C'est en tous cas ce que semblent ou veulent croire les radelibes genevois (le PLR), qui à trois mois des élections cantonales déposent trois projets de loi de baisse des impôts : le premier pour baisser de 5 % l'impôt direct sur les personnes physiques, le second et le troisième pour augmenter les déductions. Pertes totales de ressources pour les caisses publiques : plus de 100 millions de francs par an. Bon, les socialistes aussi ont leurs projets fiscaux (ils en ont déposé neuf, "pour une plus juste imposition"). -mais au moins n'y réduisent-ils pas leur credo programmatique. Et ne dénoncent-ils pas obsessionnellement le déficit budgétaire et la dette du canton, tout en déposant des projets qui vont accroître le premier et alourdit la seconde.

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17:55 Publié dans élections, Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

vendredi, 19 janvier 2018

Exeunt les Faiseurs genevois de Suisses

commission des natus.jpg

Une bonne chose de faite

Une bonne chose de faite : le Conseil municipal de Genève a décidé de renoncer à sa commission des naturalisations. Pour tenter de la maintenir, si contestable que soit son utilité, la droite avait concocté un projet qui avait au moins le mérite d'une certaine cohérence : sa forme était aussi consternante que son fond. A ce projet, nous avons opposé le nôtre : supprimer la commission des naturalisations, déléguer au Conseil administratif la compétence des délivrer un préavis sur les dossiers de naturalisations qui sont transmis à la commune (c'est-à-dire ceux qui ont déjà obtenu un préavis favorable du secteur cantonal, les autres n'étant même pas transmis) et créer une commission de l'accueil et de l'intégration des nouveaux habitants de la Ville, cette commission n'étant pas impliquée dans la procédure de naturalisation. Cette proposition-là a été refusée par la majorité de droite du Conseil municipal -on y reviendra cependant, sous une autre forme, sans doute celle d'une commission de la solidarité internationale. Mais les deux autres propositions ont été acceptées. Exeunt donc, les "faiseurs de Suisses" à la la genevoise, retour à la tradition du lieu : c'est la République qui reconnaît ses nouveaux citoyens.

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15:09 Publié dans Genève, naturalisation, nationalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

mercredi, 17 janvier 2018

Traversée du petit-lac de Genève : tunnel-pont-tunnel ad libitum

La Pêche miraculeuse.jpgCrédulité, foi et résignation

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé qu'il avait « missionné » le Conseil consultatif de la traversée du lac sur deux nouvelles thématiques retenues suite aux recommandations énoncées dans le rapport du Conseil du 25 septembre 2017. Le gouvernement de la Parvulissime République s'était déjà prononcé, sous la forme d'une recommandation, en faveur de l'option "tunnel-pont-tunnel" consistant en des accrochages souterrains sur les berges, puis en un pont émergeant à une distance des rives supposée permettre "le respect des normes de bruit". Les communes friquées de la rive droite du lac auraient préféré un tunnel, mais se rallient à cette option "tunnel-pont-tunnel" en voulant croire qu'elle éloignera les nuisances. On ne sait si cette crédulité relève de la foi ou de la résignation. Après tout, dans sa "pêche miraculeuse" Conrad Witz fait bien marcher Jesus sur les eaux du petit-lac... mais là où il a encore pied, quand même...

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20:30 Publié dans Environnement, Genève, Transports | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : traversée du lac | |  Facebook | | | |

mardi, 16 janvier 2018

Commission municipale des naturalisations : Appendicectomie bienvenue

natus2.jpgCes derniers mois se sont succédés, un peu partout en Suisse, les épisodes les plus navrants de l'activité des commissions municipales de naturalisation : des candidates et candidats refusés parce qu'il ne fréquentaient pas l'épicerie du coin mais la Migros de la commune d'à côté, ou parce qu'ils n'aimaient pas le bruit des cloches des vaches, ou parce qu'ils ne connaissaient pas les noms des trois suisses du mythe grutléen, ce genre d'âneries... A Genève, même si on arrive aussi d'y entendre des énormités, les commissions municipales des naturalisations sont évidemment moins nuisibles qu'ailleurs : la faute, ou plutôt la grâce, à la cantonalisation plus poussée qu'ailleurs de la procédure de naturalisation. Est-ce une raison suffisante pour maintenir à toute force, et sous n'importe quel prétexte, une instance inutile, qui ne décide de rien, n'enquête sur rien (sauf à sortir de ses compétences légales), ralentit et renchérit la procédure ? Le Conseil municipal de la Ville de Genève devrait en décider aujourd'hui ou demain, pour sa commune. Une décision qui n'aura de toute façon, quelle qu'elle soit rien de définitif. Il n'aura pas fallu moins de sept séances, avec ou sans auditions, à la commission du réglement  pour accoucher des propositions de sa majorité (maintien de la commission) et de sa minorité (substitution d'une commission de l'intégration à la commission des naturalisations) alors que sur le fond du débat, les positions des unes, des uns et des autres étaient connues et affirmées du début à la fin des discussions en commission du règlement. On ne préjugera pas le sort que réservera le Conseil municipal à sa commission des naturalisations, on notera seulement qu'après tout, vu son utilité dans le processus de naturalisation, la supprimer ne serait pas plus une amputation que ne l'est une appendicectomie.

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mardi, 09 janvier 2018

Initiative populaire «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» : En revenir à la loi

culture.jpgInitiative populaire «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» : En revenir à la loi

Le 2 janvier, le comité d’initiative «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» a déposé 14’205 signatures (il en fallait 10'263 valables) au service des votations et élections. Sa démarche, soutenue par les milieux culturels (notamment l'Action intermittents, Aropa, La Culture Lutte, Fonction:Cinéma, Les Rencontres Professionnelles de Danses) et le SIT – Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs est présentée par le comité d'initiative comme une "remise en question des options récemment prises en matière de gouvernance culturelle". Son texte propose d’instaurer une collaboration active entre les communes, les villes et le canton pour élaborer et mettre en œuvre une politique culturelle publique cohérente. Il demande en outre un engagement renforcé du canton en matière de cofinancement de la création artistique et des institutions culturelles. Au fond, l’initiative demande d'inscrire dans la constitution le principe du "faire ensemble"que la loi sur la culture prévoyait déjà, et que le processus de répartition des tâches culturelles entre le canton et les communes, particulièrement la Ville, avait faussé, dérouté et réduit à un marchandage. l'initiative, si elle est acceptée par le peuple, devrait permettre de hausser le canton à la hauteur des responsabilités que la loi lui donne, et que sa majorité parlementaire refuse d'assumer. Les deux magistrats en charge de la culture pour la Ville et pour le canton, Sami Kanaan et Anne Emery Torracinta, ont d'ailleurs salué son aboutissement : elle et lui sont confrontés à des parlements où la droite et l'extrême-droite majoritaires n'ont, ni au Grand Conseil ni au Conseil municipal le moindre début d'amorce de projet culturel.

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mercredi, 20 décembre 2017

Fêtes de Genève : "Genève Tourisme" soutient l'initiative populaire

Jetdeautordu.jpgDes artifices sans feux...

Les commerçants et les forains s'étaient dits satisfaits de la nouvelle formule des Fêtes de Genève, imposée par le Conseil administratif à "Genève-Tourisme". On est bien contents pour les commerçants et les forains, mais le bilan financier de l'édition 2017 affiche un déficit de 3,2 millions de francs (sur un budget de quatre millions et demi, ça doit tenir du record...), s'ajoutant au déficit de l'édition 2016 : 6 millions (sur un budget de 7,5 millions).  La participation populaire a certes été importante (1,2 million de présences cumulées sur 10 jours), mais elle tient surtout (300'000 à 350'000 personnes, sans cumul) au grand feu d'artifice. Les millions des déficits successifs, et la grogne populaire face à ce que sont devenues ces Fêtes, brièvement rebaptisées "Geneva Lake Festival", viennent de coûter leur poste à deux fusibles : le directeur général de "Genève Tourisme", Philippe Vignon, viré sans délai, et l'organisateur des Fêtes, Christian Kupferschmid, dont le mandat prendra fin dans six mois. Cet artifice (sans feu) donne le ton d'un débat : le 4 mars prochain, les habitants de la Ville voteront sur une initiative populaire qui recalibre les festivités et les recentre, et permettrait de les confier non plus à "Genève Tourisme", qui d'ailleurs n'en veut plus vraiment, mais à la Ville. En somme, "Genève Tourisme" vient d'appeler à voter pour l'initiative. Et sur ce point, on est d'accord avec elle.

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16:01 Publié dans Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fêtes de genève | |  Facebook | | | |

mardi, 19 décembre 2017

Assurance-maladie : floraison d'initiative

lobotomie.jpgSoignons, Signons !

Sur le front de la lutte pour une véritable sécurité sociale, et donc une réforme du système d'assurance-maladie, les initiatives désormais s'additionnent, à Genève. La gauche genevoise vient de lancer la sienne, "pour des primes d'assurance-maladie plafonnées à 10 % du revenu du ménage", qui exige que le canton adapte les subsides d'assurance-maladie afin de ramener la charge de la prime au maximum à 10% du revenu. Pour les initiants, cette mesure bénéficiera avant tout aux personnes (retraité-e-s seul-e-s ou en couple) et aux familles (couples sans enfants, familles de la "classe moyenne") qui ne sont pas ou peu aidées par le système actuel des subsides à l'assurance-maladie, versés principalement aux personnes et aux familles les plus modestes.
On signe ici : http://www.ps-ge.ch/in-10pourcent/
Même le nouveau parti du fondateur du MCG, Eric Stauffer, s'y est mis (le thème, il est vrai, est porteur, en proportion du poids des primes versées aux caisses) : il annonce le lancement d'une initiative pour une caisse cantonale publique... et sans primes, mais financées par l'impôt.
Enfin, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet 14'400 signatures au bas de son initiative populaire cantonale pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social". Le projet de l'initiative est celui d'une caisse garantissant à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins.

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16:27 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : assurance-maladie | |  Facebook | | | |

lundi, 18 décembre 2017

Commissions municipales de naturalisations : Pas de Roestigraben pour l'arbitraire.

natus.jpgLa commission municipale des naturalisations de la Ville de Nyon a refusé la nationalité suisse (en la refusant en même temps à son épouse et à ses trois enfants) à un Italien de passeport né en Suisse il y a 45 ans, qui maîtrisait parfaitement le français (sans doute même mieux que nombre de ses "examinateurs") et était parfaitement intégré dans sa commune et son canton... mais avait confondu deux conseillères d'Etat vaudoises lors de son interrogatoire par la commission.  Une semaine avant lui, une jeune Française avait aussi été recalée, parce qu'elle n'avait pas pu dire si le poisson du blason de la commune nageait vers la gauche ou vers la droite. Même le président de la Confédération, Alain Berset, en est resté pantois, au point d'adresser un message de solidarité personnelle à Salvatore Scanio : "J'ai été touché par la situation que vous vivez face à votre procédure de naturalisation". Et si le président de la Confédération ne peut, en tant que tel, rien faire pour effacer les âneries des "faiseurs de Suisses" nyonnais, Alain Berset a pu, en tant qu'Alain Berset, exprimer son espoir que le déjà Suisse de fait voulant le devenir aussi de droit ait "le courage et la force (...) de dépasser cette épreuve et de continuer". On avait pris l'habitude, de ce côté de la limite entre la tribu et la société, de considérer qu'il n'y avait guère que dans la Suisse alémanique profonde qu'on pouvait refuser à un habitant ou une habitante de ce pays, né-e dans ce pays, éduqué-e dans ce pays, ayant fondé une famille dans ce pays, travaillant dans ce pays, le droit d'avoir la nationalité de ce pays parce qu'elle ou il ne faisait pas ses courses à la Migros du coin mais à la Coop de la commune d'à côté, ou n'aime pas le bruit des cloches de vaches, ou ne cite pas l'Inn au nombre des fleuves qui prennent leur source en Suisse, ou considère que le ski est un sport national suisse, ou ne connaît pas Arnold von Melchtal... il faut se résoudre à admettre qu'en Romandie aussi, on peut faire usage de critères aussi imbéciles pour prendre une décision aussi navrante. Et qu'il n'y a pas de Roestigraben pour l'arbitraire. Hélas

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16:14 Publié dans Genève, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : naturalisations, nationalité, citoyenneté | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 décembre 2017

Recyclage de la réforme de l'imposition des entreprises : Bis Repetita

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgLa Communauté genevoise d'action syndicale, qui réunit tous les syndicats genevois, jusqu'à celui de la police, est très claire : que le projet fédéral ou cantonal de réforme de l'imposition des entreprise ait changé de nom, passant de "RIE III" à "PF17", importe peu : si son contenu ne change pas profondément, la CGAS lancera les référendums contre le recyclage du projet fédéral et contre son volet cantonal, tant qu'ils entraîneront des pertes fiscales pour les collectivités publiques et une détérioration des prestations à la population. C'était déjà la raison pour laquelle les syndicats avaient été, avec le PS suisse, en première ligne du combat, victorieux, contre la RIE III fédérale le 12 février dernier. Le nouveau projet fédéral et son volet cantonal risquent donc fort de se retrouver face à une opposition tout aussi déterminée que celle qui mit à bas leurs premières moutures, d'autant que s'il a été revu sur certains points (il renonce par exemple à la "déduction des intérêts notionnels", le projet fédéral contient toujours des éléments (la "patent box", les déductions fiscales pour la recherche et le développement, par exemple) contestables, et que le volet cantonal proposé par le Conseil d'Etat fixe le nouveau taux d'imposition des entreprises à un niveau "vaudois" trop bas (13,8 %). Les syndicats ne contestent nullement l'objectif avoué de la réforme, c'est-à-dire l'établissement d'un taux d'imposition unique pour toutes les entreprises, et donc la fin du privilège jusqu'alors accordé aux multinationales. Mais ils contestent fermement l'usage de cet objectif comme un prétexte pour faire de nouveaux cadeaux à toutes les entreprises, pouvant aller jusqu'à 70 % d'allègements fiscaux, au détriment des finances et des prestations publiques -et donc de l'ensemble de la population, mais surtout de sa part économiquement la plus modeste.

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15:22 Publié dans budgets publics, Fiscalité, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii, pf 17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 décembre 2017

"Le Plaza ne doit pas être démoli et doit rester un cinéma" : D'une pétition à une initiative

Vignette Plaza.jpgOn a failli oublier de vous le dire : le Conseil Municipal de la Ville de Genève a accepté samedi matin la pétition "LE PLAZA NE DOIT PAS ETRE DEMOLI ET DOIT RESTER UN CINEMA", lancée en avril 2015 et signée par 1700 personnes, qui demandent à l'exécutif de la Ville de tout faire pour empêcher la démolition du cinéma. Et donc, le Conseil municipal a décidé sans même en débattre (elle lui paraissait sans doute d'une telle évidence qu'un débat eût été superfétatoire) de la soutenir... Comme s'il ne s'agissait plus que d'une formalité... Le Plaza n'est pourtant pas encore sauvé -il s'en faut même de beaucoup, et la pétition tombait un peu comme la grêle après les vendanges, en demandant une intervention que la Ville ne peut plus faire (l'opposition à l'autorisation de démolition et à l'autorisation de construire), et en demandant d'entreprendre des démarches que l'aboutissement  de l'initiative populaire qui propose l'expropriation par l'Etat, pour la Ville, de la société propriétaire de l'immeuble semblait rendre inutiles. Pourtant, le soutien du Conseil municipal à la pétition a une utilité : celle d'exprimer l'avis du parlement de la Ville, celle de prendre une position d'opposition à la démolition de la plus belle salle de cinéma de Genève, celle de donner un signal de disponibilité à la réanimer, à en refaire un cinéma, cette position, publique, pesant tout de même dans le débat que la pétition voulait ouvrir, qui s'est ouvert sans elle, et qui va s'élargir autour de l'initiative populaire. En somme, le renvoi de la pétition au Conseil Administratif de la Ville la transforme en une résolution, disant simplement, et demandant simplement au Conseil administratif de dire ce que plus de 11'300 personnes ont dit en ayant signé l'initiative populaire cantonale, après la pétition municipale : "Le Plaza ne doit pas être démoli", la Ville doit prendre sa part de sa sauvegarde et de sa renaissance.

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14:40 Publié dans Culture, Genève, Patrimoine, urbanisme, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plaza, cinéma | |  Facebook | | | |

mardi, 05 décembre 2017

Le genou de la baigneuse ? c'est Verdun !

burkini.jpgCombats de fantômes en burkinis dans les piscines genevoises

Clapotis dans les bassins : le règlement municipal sur les installations sportives de la Ville de Genève a été modifié :  le nouveau règlement se contente de poser des règles générales, applicables aux femmes comme aux hommes, avec comme règle de base que les tenues autorisées dans ces lieux de bain doivent être des tenues de bain. Comme les tenues autorisées sur les pistes de skis devraient être des tenues de ski, si un règlement municipal genevois avait quelque pertinence dans la poudreuse. Etre en tenue de bain dans un lieu de bains, à un esprit simple comme celui de l'auteur de ces lignes, cela paraît à la fois logique et suffisant. Mais pas à la droite et à l'extrême-droite du Conseil municipal, qui s'en sont étouffées d'indignation et ont brandi la menace d'un déferlement de "burkinis" (des tenues de bain couvrant le corps), parce que le nouveau règlement ose l'impensable : il n'oblige plus les femmes à se découvrir les bras, les genoux, les chevilles et les pieds. Ni même à se couvrir les seins. Il ne les oblige plus qu'à se baigner en tenue de bain. Comme les hommes. Et il les autorise à choisir leur tenue de bain. Comme les hommes peuvent la choisir. Invraisemblable laxisme, tout fout le camp, Il est urgent de réagir, de restaurer les vraies valeurs. Exhumant un "avis" anonyme supposé être celui du Service des Sports, la droite et l'extrême-droite municipales genevoise proposent donc  de réintroduire l'interdiction de la couverture des bras des femmes et des genoux de tout le monde, en même temps d'ailleurs que l'interdiction de la découverture des seins des femmes (on notera toutefois deux lacunes : aucune couleur n'est prescrite, aucune texture non plus. Tant qu'à faire, la droite aurait pu y penser). Ainsi l'essentiel est-il sauf : les hommes pourront aller à la piscine en short et les bras couverts, les femmes ne pourront pas y aller en maillot une pièce couvrant les bras et les genoux (burkini ou non), à supposer qu'elles en aient l'intention : le cas ne s'est d'ailleurs produit que deux fois. Mais  c'est deux fois de trop, c'est une brèche, une percée, la prise de Douaumont. Car c'est au nom de la lutte contre l'intégrisme religieux islamique qu'on veut faire prendre le genou des femmes  pour Verdun. Et le bras des dames, pour le chemin des Dames. Et elles ne passeront pas ! Elles, pas ils : eux, ils passeront toujours : comme d'habitude, c'est aux femmes qu'on impose en réalité ces normes, pas aux hommes.

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15:00 Publié dans Femmes, Genève | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : piscines, burkini | |  Facebook | | | |

lundi, 04 décembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Donner du temps perdu au temps déja perdu ?

Temps perdu.JPGMardi, à l'heure de se sustenter (et pour certains de s'abreuver), le Conseil municipal de la Ville de Genève votera (il n'a guère le choix : s'il ne le fait pas, le Conseil d'Etat le fera pour lui) l'entrée dans l'année budgétaire 2018 sous le régime des "douzièmes provisionnels". Faute d'avoir été capable d'adopter un budget. Car faute il y a : la Ville n'aura pas de budget pendant sans doute les premiers mois de 2018, ce qui aura pour son fonctionnement, mais aussi pour celui des associations et institutions subventionnées, des conséquences négatives. Et cela parce qu'une majorité du Conseil municipal, issue de la coagulation de la droite et de l'extrême-droite, a commencé par refuser de faire son boulot d'examen du projet de budget déposé fin août par le Conseil administratif, pour ensuite ne condescendre à le faire, le mois dernier, qu'en prenant bien soin de s'empêcher elle-même de le faire dans les temps (au cas où, par inadvertance, elle en aurait eu l'intention), en expédiant le nouveau projet de budget dans toutes les commissions spécialisées au lieu que de confier cette tâche à la seule commission des finances, en charge de rendre le rapport final soumis au vote du Conseil municipal. Ainsi le parlement de la Ville a-t-il commencé par perdre trois mois pour pouvoir en perdre encore deux ensuite. On cite toujours Mitterrand : "il faut donner du temps au temps". Donner du temps au temps ? oui, mais pour réfléchir, pas pour le perdre et le faire perdre.

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15:03 Publié dans budgets publics, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 décembre 2017

"Sauver le Plaza" : les choses sérieuses commencent

Affiche Plaza57.jpgImpossible n'est pas genevois

Mercredi, le Conseil d'Etat a, dans un arrêté publié aujourd'hui dans la Feuille d'Avis Officielle, constaté l'aboutissement de l'initiative populaire cantonale législative "Le Plaza ne doit pas mourir", qui avait été déposée avec 11'316 signatures. Il en fallait 7697 valable pour que l'initiative aboutisse, le Service des votations et élections en a trouvé 7701 valables en ne vérifiant que 8455 de celles rendues, l'initiative a donc abouti. Les choses sérieuses vont donc commencer : le gouvernement a jusqu'au 1er avril 2018 pour se prononcer sur la validité de l'initiative et transmettre au Grand Conseil un rapport sur sa prise en considération, le Grand Conseil a jusqu'au 1er décembre 2018 pour décider sur cette prise en considération et d'un éventuel contre-projet, et jusqu'au 1er décembre 2019 pour l'adopter. Après quoi, c'est au Conseil d'Etat de fixer la date de mise en votation de l'initiative et du contre-projet. Un parcours encore semé de quelques traîtresses embûches, mais pour les surmonter les défenseurs de ce qui fut la plus belle salle de cinéma genevois ne sont plus la demie-douzaine d'irreductibles à gueules d'alternatifs qui s'opposent depuis plus de deux ans à son saccage et sa destruction (Plus d'infos sur http://fb.me/PlazaCitta) : ils ont plus de 10'000 citoyennes et citoyens genevois avec eux. Impossible n'est pas genevois.

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18:21 Publié dans Genève, Plaza, cinéma, patrimoine, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 23 novembre 2017

Hommage genevois à Violeta Parra vendredi 24 novembre (demain)

Violeta Parra.jpgGRACIAS A LA VIOLETA

Le 28 mars dernier, la présidente chilienne Michelle Bachelet inaugurait à Genève, au collège Voltaire, une plaque rendant hommage à Violeta Parra, sur les lieux (démolis depuis lors) où elle vécut entre 1963 et 1964 avec son compagnon, Gilbert Favre. Soeur d'un grand poète (Nicanor Parra), mère de deux grands chanteurs (Angel et Isabel) emblématiques (avec Victor Jara, supplicié par les soudards de Pinochet) de la nueva canción chilena, accompagnant les luttes du peuple chilien, mais héritière aussi de la chanson populaire chilienne, la Lira Popular et de ses auteurs anonymes, Violeta Parra est devenue une incarnation du "Chili d'en bas". Luis Sepulveda dit d'elle  : "un de ses grands mérites a été celui d'assumer une identité contradictoire comme peut être l'identité métisse, mais cette femme ne voulait pas être la moitié de rien. Elle ne voulait pas être "moitié indienne", "moitié mapuche". La Violeta se sentait d'une identité volcanique qui la faisait être indienne à 100 %, rebelle à 100 % et à 100 % européenne quand elle vivait en France et en Suisse".

VENDREDI 24 NOVEMBRE, GENEVE
Hommage à Violeta Parra
Dès 17 h. 45, Salle Frank Martin
(Collège Calvin)
Hommages a Violeta Parra, souvenirs de ses passages à Genève dès 17 h. 50
Concert "Gracias a la vida" dès 20 heures

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14:09 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : violeta parra, chili | |  Facebook | | | |

mercredi, 15 novembre 2017

Budget 2018 de la Ville de Genève : Hosannah !

masques.jpgHosannah ! La droite municipale genevoise (sauf le PLR) a décidé hier soir d'étudier le projet de budget (révisé) du Conseil administratif. Le Conseil municipal va donc pouvoir faire son travail. On n'en revient pas. Bon, le premier projet de budget se soldait par un déficit de 20 millions (soit 1,7 % d'un budget de plus de 1,1 milliard...), le second efface ce déficit sans couper dans les prestations, grâce essentiellement à une hausse des rentrée fiscales (d'ailleurs prévisibles, et prévues) -mais qui ne pouvaient être intégrées au projet puisqu'il fallait attendre que le canton les confirme), il devenait difficile de refuser d'entrer en matière sur son étude quand on clamait depuis des années qu'on n'accepterait pas de budget déficitaire, mais cela ne préjuge en rien du résultat du travail (accéléré, puisqu'il devra se faire en moins de deux mois au lieu de quatre) en commission, puisque la droite s'accroche à son exigence fétiche de plusieurs millions de boni annuels, plusieurs dizaines de millions sur une législature... pour n'en rien faire. Comme si cette exigence avait un sens, quand au terme de l'exercice, les comptes affichent, obstinément, un bénéfice (55 millions par an en moyenne décennale). Et puis, de toute façon, la procédure budgétaire en Ville de Genève aboutit depuis deux ans devant le peuple lorsque la droite municipale s'attaque à la solidarité sociale, à la solidarité internationale, au pluralisme culturel...

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mardi, 14 novembre 2017

Saison des intempéries sur le Grand Théâtre

GTG noir.jpgCoitus interruptus

Comme on le sait, le Grand Théâtre prend l'eau. Le 13 octobre dernier, le département municipal de Constructions et de l'Aménagement avait annoncé d'importantes infiltrations d'eau en sous-sol, retardant de quatre mois le chantier de rénovation du bâtiment de la place Neuve, et d'autant le retour de l'Opéra sur son site -ce qui du même coup l'empêche d'ouvrir chez lui sa saison 2018-2019, avec tout ce que cela implique de perturbations de sa programmation (exit, la Tétralogie wagnérienne prévue), de pertes de ressources et de dépenses supplémentaires à sa charge. Le PLR a d'ailleurs sauté sur l'occasion pour exiger (par voie de motion qui ne peut rien exiger, le Conseil administratif en faisant à peu près ce qu'il veut) la nomination d'un expert "indépendant". Et presque en même temps (c'est la saison des intempéries), le Conseil d'Etat annonçait qu'il renonçait à proposer au Grand Conseil que le canton prenne sa part de la "gouvernance" de la principale institution culturelle (hors l'école) de la région.

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