vendredi, 13 avril 2018

Genève : Petite campagne, petit vote, programme de casse

droite-gauche.jpgA droite toute ?

ça vote petitement, pour les élections genevoises de ce week-end : mercredi soir, le taux de participation se traînait à 22,9% (soit 60'268 votes enregistrés). C'est bien peu, même si c'est à hauteur des élections cantonales précédentes. Il ne reste plus que dimanche, de 10 heures à midi, pour voter, dans les locaux de vote. A midi, les Genevoises et Genevois auront élu leur nouveau parlement. Les Genevois, les Genevoises ? Disons plutôt autour de 40 % de celles et ceux qui ont le droit de vote et qui ne constituent pas même la moitié de la population. On reviendra ailleurs sur ce que cela signifie de l'état d'une démocratie et de la représentativité de l'une de ses institutions (le parlement). On se contentera ici de rappeler que la droite, qui a su s'unir pour l'élection du Conseil d'Etat alors que la gauche en a été infoutue, a un vrai programme de casse sociale, dont l'énoncé devrait suffire à réveiller l'instinct unitaire de l'électorat de gauche...

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jeudi, 12 avril 2018

Politique (sociale) du logement de la Ville de Genève : Qui loger d'abord ?

soupirail.jpgQui loger d'abord ?

On a beaucoup entendu parler hier soir, sans beaucoup de pertinence, de la politique du logement telle que menée par la Ville de Genève, et par sa Gérance Immobilière (la GIM). A une droite qui refuse une politique sociale du logement priorisant la satisfaction des besoins les plus urgents et les droits des moins aisés, et une "gauche de la gauche" qui dénonce les modalités pratiques d'une telle politique, entre invocations rituelles à une "classe moyenne" à géométrie variable et règlements de compte personnels, la question à se poser est bien celle posée par la Conseillère administrative Sandrine Salerno : "Est-ce que le parc de la GIM doit servir à loger tout le monde ou, comme aujourd'hui, les populations les plus précaires de Genève". Il y a bien là un choix de priorité (voire un choix de société), pour une Municipalité : qui loger d'abord ? Celles et ceux qui ne peuvent pas l'être sans qu'une collectivité publique les y aide, ou "tout le monde", y compris celles et ceux qui n'ont pas besoin d'une telle aide ? Celles et ceux qui n'ont pas de logement, juste un hébergement, ou celles et ceux qui en un qui ne leur convient pas ?

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mercredi, 11 avril 2018

Quand on GeM, on ne compte pas

veau d'or.jpgDes électeurs en or

Le veau d'or bourrera-t-il les urnes genevoises, qu'on finira de remplir dimanche à midi pour l'élection du Grand Conseil et le premier tour de celle du Conseil d'Etat ? L'électeur de "Genève en Marche", ou de l'un ou l'autre (ou des deux ensemble) de ses candidats au Conseil d'Etat, Eric Stauffer et Ronald Zacharias, cet électeur en tout cas vaut de l'or (et du coup, celui du MCG aussi, puisque l'ancien parti de Stauffer claque lui aussi un pognon fou pour éviter de se faire lourder du parlement par le nouveau parti du même Stauffer -sans même que celui ait pour cela besoin d'y entrer à sa place). A eux deux, GeM et MCG auront dépensé pour leur campagne électorale plus que tous les autres partis réunis. On ne sait pas si ça leur donnera à tous les deux (ou à l'un des deux aux dépens de l'autre) de pouvoir former un groupe parlementaire, mais leur prodigalité électorale aura au moins eu un heureux bénéficiaire : la presse genevoise, qui n'aura jamais été autant arrosée de pleines pages quadrichromiques que par ces deux partis, ensemble et séparément...

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mardi, 10 avril 2018

Les élections genevoises sous le couperet du quorum

VignetteElections6.jpgSévèrement urnés

Dans cinq jours, Genève aura renouvelé son parlement et sélectionné, d'entre toutes les candidates et candidats à son gouvernement, celles et ceux qui seront présentes et présents au second tour de son élection. Si vus n'avez pas encore voté, il vous reste jusqu'à jeudi soit pour le faire par correspondance. Et dimanche matin pour le faire au local de vote. Bien malin, ou bien imprudent, qui se risquera à prédire les résultats de ce scrutin : d'abord parce qu'avec un taux de participation qui devrait être inférieur à 50 % du corps électoral, et donc une abstention majoritaire, toute prédiction tient du pari hasardeux. Ensuite parce que la barrière du quorum menace la plupart des listes déposées pour le parlement : 7 %, c'est énorme, et dans le pire des cas, cela peut priver un quart des citoyennes et citoyens ayant voté de toute représentation conforme à leur choix, et en tout cas produire un parlement où les rapports de force seront décalés de ceux qui se seront exprimés dans les urnes : concrètement, un parti ayant reculé en suffrages peut ainsi progresser en sièges...

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lundi, 26 mars 2018

Les élus du peuple, des "agents de l'Etat" ?

avuedenezilestcinqheures.jpgComme une odeur de moisi...

Du peu que nous ayons eu le courage de le suivre (à la télé, on n'a pas poussé le masochisme jusqu'à l'Hôtel-de-Ville), nous ne pûmes qu'être assez consternés par le débat, au Grand Conseil genevois, sur la loi cantonale sur la laïcité -un débat qui va se poursuivre en avril, puisque le parlement n'a pas réussi à le clore en mars, et qui a atteint une sorte d'apogée pataphysique lorsqu'il a porté sur les apparences vestimentaires et bijoutières des élus et des élues : pour complaire aux obsessions fétichistes d'une majorité, cultiver la laïcité de la peur et imposer aux parlementaires la règle imposée aux magistrats (Conseillers d'Etat, Conseillers administratifs, Maires et adjoints) de s'abstenir d'arborer des "signes religieux ostentatoires", le Grand Conseil a assimilé (en s'y assimilant lui-même) les députés et les conseillers municipaux à des "agents de l'Etat". Même les staliniens, même les théocrates, même les monarchistes de la Restauration (ou leurs compères pseudo-républicains de la Restauration genevoise) n'avaient pas osé pareille confusion... C'est quoi, un député ou un conseiller municipal, dans une démocratie ? c'est le représentant du peuple, de la nation ou de ses électeurs,  mais jamais le représentant de l'Etat ! Alors à Genève, les députés et les conseillers municipaux seraient des "agents de l'Etat"... Une Genferei de plus, mais nettement moins marrante que les autres : si les députés et conseillers municipaux sont des "agents de l'Etat", il n'y a plus d'opposition parlementaire concevable... Il ne resterait plus alors qu'à pousser cette ânerie politique à son terme logique, et à faie nommer directement les députés et les conseillers municipaux par le Conseil d'Etat, comme les fonctionnaires (comme des agents de l'Etat, quoi)... Il était vraiment temps que le Grand Conseil sortant puisse sortir, il commençait sérieusement à sentir le moisi...

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04:40 Publié dans Genève, Politique, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : démocratie, parlement | |  Facebook | | | |

vendredi, 23 mars 2018

Projet de loi sur la "laïcité à la genevoise" : Vivement l'indifférence !

LAICITE3.jpgHier soir, le Grand Conseil de la République (et un peu canton) de Genève a accepté, à une large majorité, d'entrer en matière sur un projet de loi sur la laïcité, supposé concrétiser et préciser un principe posé depuis 2012 dans la constitution cantonale (et un peu républicaine) genevoise -le principe de laïcité, précisément. Le débat se poursuit, et devrait se clore aujourd'hui, mais indépendamment du contenu du projet porté par Pierre Maudet, c'est son utilité qui est contestable -et a d'ailleurs été contestée par un petit tiers du parlement (le PS, l'UDC et "Ensemble à Gauche"), se satisfaisant de la norme constitutionnelle et estimant qu'une "loi sur les religions" était en soi contradictoire du principe de laïcité -conviction que nous partageons et qui se résume simplement ainsi : Une république laïque n'a pas plus à s'immiscer dans les pratiques religieuses (et les signes de ces pratiques) que celles-ci (et ceux-ci) n'ont à s'imposer à  celles et ceux qui n'en veulent pas. Aux religions, la République laïque ne devrait avoir à opposer que son absolue indifférence...

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12:09 Publié dans Genève, religion, laïcité, églises | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 mars 2018

Invalidation de l'initiaive populaire « Le Plaza ne doit pas mourir » : on recourt

logo Plaza.jpg

Dans un mois se tiendra le premier tour de l'élection du Conseil d'Etat. L'un des dernier actes du gouvernement sortant aura donc été de tenter de priver les Genevoises et les Genevois du droit de se prononcer sur une initiative signée par plus de 11'000 d'entre elles et eux : l'initiative populaire législative "Le Plaza ne doit pas mourir", qui propose de déclarer d'utilité publique le maintien de la plus belle salle de cinéma genevoise, et, par le moyen de l'expropriation dans le cadre de la loi et de cette utilité publique, d'en faire un espace culturel novateur, au centre d'un quartier qu'il pourrait redynamiser -et qui en a grand besoin. Hier, le Conseil d'Etat sortant a décidé d'invalider l'initiative, et donc de ne la soumettre ni au parlement, ni au peuple. Le Comité d'initiative fera, bien sûr,recours contre cette invalidation.

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jeudi, 15 mars 2018

Genève : la gauche lance une initiative constitutionnelle sur la fiscalité

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgPFffffff 17

Face à un rapport de force parlementaire ne lui laissant guère d'espoir de faire entendre raison sociale aux promoteurs de la traduction genevoise de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises (la PF 17, qui reprend l'essentiel de la défunte réforme RIE III balayée en votation populaire), la gauche politique et syndicale genevoise a choisi de donner la parole au peuple : elle lance aujourd'hui une initiative constitutionnelle encadrant toute réforme fiscale pour en limiter les conséquences sur les ressources des collectivités publiques, pour assurer les prestations à la population et combattre la concurrence fiscale intercantonale, pour ne pas dire le dumping fiscal auquel se livrent certains cantons sur le dos des autres. L'initiative, lancée par l'Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche) et la Communauté genevoise d'action syndicale (c'est-à-dire l'ensemble des syndicats genevois) propose d'inscrire dans la constitution le mandat donné au canton de lutter contre cette concurrence fiscale intercantonale et de soumettre la mise en oeuvre cantonale des réformes fiscales fédérales au respect de trois objectifs : la préservation du financement des services publics et des prestations à la population, le maintien du niveau des recettes fiscales du canton et des communes, le renforcement de la progressivité de l'impôt.

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15:35 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Fiscalité, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pf17 | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 mars 2018

Genève : le spectre de la densification exorcisé deux fois sur trois

banlieue résidentielle.jpg

La ville en ce jardin

Contre l’avis d’un comité référendaire solidement ancré à droite pour s'opposer à toute modification de zone remettant en cause quelques privilèges et quelques conforts, les habitant-e-s de la Ville (sauf au Petit-Saconnex...) ont largement approuvé (à 60 %) le préavis positif sur un projet visant à densifier légèrement une zone villa au Petit-Saconnex. Même approbation, dans une proportion plus faible (53,5 %) à Bernex. A Chêne-Bougeries, en revanche, le préavis favorable à la construction d'immeubles sur une parcelle privée a été refusé  à 54,6 % des voix (mais le Conseil d'Etat a adopté un autre plan localisé de quartier prévoyant la construction de 205 logements, et sur lequel le Conseil municipal avait donné un préavis défavorable). Trois votations communales, donc, sur des préavis  d'aménagement combattus par référendum, et deux acceptations sur trois. "On pouvait s'attendre à plus de refus", commente le Conseiller d'Etat Antonio Hodgers, finalement assez satisfait du résultat : plusieurs centaines de logements pourront être construits dans un canton où le taux de vacances de logements ne dépasse pas 0.5% (il en faudrait quatre fois plus), et où la zone villa recouvre près de 60% des surfaces construites pour ne loger qu’environ 10% de la population. Et la commune (Chêne-Bougeries) qui a refusé d'accepter le déclassement d'une zone inconstructible en zone constructible est une commune privilégiée, éloignées des nuisances de l'autoroute et de celles de l'aéroport, avec une zone villas hégémonique et un des impôts municipaux les plus bas du canton.  Le projet était pourtant équilibré, mais il a été fort mal défendu par l'exécutif de la commune (et par le canton, ajoute le propriétaire du terrain...). Le mot d'ordre "pas dans mon jardin" (mais pourquoi pas dans celui du voisin ?) a été suivi à Chêne-Bougeries (et reste mobilisateur ailleurs), lors même (ou du fait même ?) qu'il n'exprime qu'une réflexion urbanistique d'un niveau proche du zéro. Dans "urbanisme" il y a "urbs", la ville. Et la ville, les samsuffistes ne l'aiment pas. Alors qu'objectivement, ils y sont -mais sans l'admettre.

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mercredi, 07 mars 2018

Fêtes de Genève : on prend les mêmes et on recommence. En 2019.

Une occasion perdue

La Ville de Genève n'organisera pas les Fêtes de Genève. Elle ne les subventionnera même pas. Ainsi en ont décidé, comme le leur demandaient le Conseil administratif, le Conseil municipal, le PS et le PDC, les votantes et votantes de la Ville dimanche : ils ont refusé (à 54,5 %) l'initiative populaire "pour des Fêtes de Genève plus courtes et plus conviviales". Plus courtes : une semaine. Plus conviviales : leur forme et leur contenu devait être déterminé par les habitants des quartiers du pourtour de la rade (les Pâquis et les Eaux-Vives). Le contre-projet du Conseil municipal a, lui, été accepté à 54,6 % des voix : les Fêtes dureront onze jours, dont deux week-ends. Mais après les cacades financières à répétition qui ont marqué leurs deux dernières éditions, elles se limiteront cette année, pour l'essentiel, au grand feu d'artifice de rigueur, que tout le monde voulait d'ailleurs maintenir, et au champ de foire sur les quais. Comme Ensemble à Gauche, on regrettera ici l'échec de l’initiative sur les Fêtes des Genève et l’acceptation d’un contre-projet qui n'avait pour fonction que de pérenniser les Fêtes dans leur format actuel. On notera cependant que ledit contre-projet a repris plusieurs intentions de l'initiative, et que celle-ci n'a donc pas été inutile. Sauf qu'elle était plus claire. Et obligeait à repenser complètement des festivités qui ont précisément besoin d'être complètement repensées. Une occasion perdue...

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lundi, 05 mars 2018

Genève : Les habitants de la Ville rétablissent le budget de la Ville

i-love-baffes-132145360157.jpgBudget semi-participatif

N'était le résultat regrettable de l'initiative sur les Fêtes de Genève, refusée, on a passé un bon dimanche de votations, hier. D'autant qu'à Zurich, la gauche a gagné les élections municipales (au Conseil municipal, le PS gagne 4 sièges, les Verts 2 et la liste Alternative 2… et l'uDC perd six sièges. Et la socialiste Corine Mauch est réélue Maire au premier tour). On reviendra sur la claque infligée à "No Billag" et, à Genève et Bernex (mais pas à Chêne-Bougeries) sur le refus des nostalgies pseudo-villageoises. Là, maintenant, c'est la confirmation du refus des pulsions budgétaires sécatoriales et raboteuses de la droite municipale coagulée de la Ville de Genève qui nous réjouit. Ses coupes dans les dépenses générales ont été refusées à plus de 62 % des voix, celles dans la solidarité internationale à près de 53 % (on peut voir dans la différence de force du refus la prégnance d'un réflexe xénophobe, mais on notera tout de même que c’était, sauf erreur, la première fois en Suisse qu’un budget de solidarité internationale était ratifié par un vote populaire), celles dans la culture à plus de 61 % et celle dans l'allocation de rentrée scolaire à plus de 63 % (c'est le refus le pluis net : pas touche aux prestations sociales !). On connaissait le budget participatif façon Porto Alegre : la population fait le budget municipal. On connaît désormais le budget semi-participatif façon Genève : la Municipalité (le Conseil administratif) fait le budget, la droite fait la gueule, la population ratifie le budget de la Municipalité. Et le Conseil municipal et sa commis-sion des Finances, ils servent à quoi dans cette procédure ? Qui ça ? Le quoi ? La quoi ?

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vendredi, 02 mars 2018

Votation sur les coupes budgétaires municipales : On ne lâche rien !

vignette coupes budgétaires.JPGLa Ville de Genève n'aura pas de budget avant avril, voire mai prochains. D'îci là, elle fonctionnera sous le système des "douzièmes provisionnels", c'est-à-dire en calibrant mois après mois ses dépenses sur le budget de l'année dernière. Or c'est ce budget qui a été attaqué par les quatre référendums de la gauche. Parce que le projet de budget présenté par l'exécutif municipal avait été victime d'un tronçonnage absurde (et sans justification financière puisque le projet de budget tronçonné était équilibré) opéré par la droite dans les crédits proposée pour la culture, la solidarité internationale, l'allocation de rentrée scolaire et les dépenses générales de l'administration.A quoi cela sert-il ne voter en mars 2018 le budget 2017 de la Ville ?, se demandent sans doute nombre d'électrices et d'électeurs de Genève. Cela sert à rétablir le projet de budget que la droite municipale a mis à mal. Cela sert à réitérer le refus du peuple de voir le budget de la Ville pris en otage par une majorité d'occasion pour manifester son existence. Cela sert, enfin, à dire aux membres de cette majorité qu'ils siègent au Conseil municipal pour y faire leur boulot de Conseillers municipaux et de Conseillères municipales. Un triple message déjà délivré en juin 2016, à délivrer une nouvelle fois en mars 2018, et que nous espérons n'avoir pas à faire délivrer une troisième fois, si la droite municipale devait s'obstiner à maltraiter le budget 2018 de la Ville comme elle a maltraité ceux des deux années précédentes.

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jeudi, 01 mars 2018

Votation municipale du 4 mars sur les Fêtes de Genève : Nique ta teuf ?

orageGenève.jpgLe sort des Fêtes de Genève ne sera pas scellé dimanche prochain. Mais dimanche prochain, on saura au moins à quoi elles ne ressembleront plus : à leurs dernières éditions, pilotées (si on peut dire, vu le résultat...) par "Genève Tourisme". On a le choix entre trois prononcements : l'un, le vote en faveur de l'initiative populaire "pour des fêtes plus courtes et plus conviviales", remet les compteurs à zéro et propose des fêtes sur une semaine, dont le contenu serait déterminé par un comité d'acteurs culturels et de riverains. C'est ce choix qu'on vous invite ici à faire. Le deuxième choix (dans tous les sens de l'expression), c'est celui du contre-projet du Conseil municipal : des fêtes sur onze jours, ce qui limite au moins leurs nuisances, mais qui ne sont au fond qu'une version raccourcie des Fêtes de ces dernières années. Et puis, il y a le troisième choix : le refus des deux autres, le "double non". Un choix qui n'en est pas un, qui par définition ne propose rien, et se résume à attendre qu'une idée géniale sorte d'un cerveau individuel ou collectif, privé ou public, dont le détenteur reste à ce jour inconnu.

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lundi, 26 février 2018

L'épouvantail de la "densification" plane sur les votations municipales

1602.jpgSamsuffisme ou résistance ?

La "densification" serait-elle devenue (ou re-devenue) à Genève le monstre à abattre et le fléau à combattre ? Les trois votations municipales du 4 mars, portant sur des préavis municipaux concernant des projets de construction de 860 logement à Bernex, Chêne-Bougeries et au Petit-Saconnex, en Ville de Genève, font en tout cas largement usage de ce concept comme d'un épouvantail. Oui, on densifie. Oui Genève est la ville la plus dense de Suisse. Elle l'est d'ailleurs depuis qu'elle est suisse, et déjà auparavant, elle était plus dense que les autres villes de la région. Cela tient évidemment à sa faible superficie (avec plus de 200'000 habitants sur 16 km2, Genève est deux fois et demie moins étendue que Lausanne mais abrite 50 % de population en plus...)  Mais surtout, qu'est-ce que cela signifie, concrètement, la "densité" concrètement, dans la vie des gens (parce qu'une ville, figurez-vous, c'est des gens...) ? La densité de quoi, d'ailleurs ? de population ? de constructions ?  ? le "vieux Carouge", réputé pour sa qualité de vie, est aussi "dense" que les tours de Carouge, et le quartier résidentiel des Tranchées, en Ville de Genève aussi dense que la cité de Meyrin, avec ses grandes barres d'immeubles... L'indice de densité* du projet du Petit-Saconnex est de 1.4 ? La vieille ville de Genève à une densité qui peut dépasser 3.0, les Pâquis une densité qui peut dépasser 3,8... sont-ce des enfers ? Les trois projets combattus densifient, certes, mais fort modérément, dans des quartiers où c'est possible, en assurant des logements aux loyers accessibles et en ayant obtenu l'accord des conseils municipaux. Le résultat des votes municipaux du 4 mars ne sera pas décisif puisqu'il ne porte que sur des préavis et que la décision est en mains du Conseil d'Etat (qui a produit un plan directeur prévoyant la construction de 50'000 logements d'ici 2030) mais il témoignera de la force ou de la faiblesse du "samsuffisme" et de ses nostalgies villageoises.

* Indice de densité (ID) = surface brute de plancher (SPB) divisé par la surface nette à bâtir (SNB), dans laquelle on ne tient compte ni des surfaces vouées à la circulation, ni de celles vouées aux équipements publics, ni de celles consistant en des mails des espaces verts.

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vendredi, 23 février 2018

Coupes dans le budget de coopération internationale de la Ville de Genève : Sur le dos de qui ?

brouette.jpg

55 % de la population mondiale vit sans protection sociale : ni retraite, ni indemnités de chômage, ni assurance-maladie... c'est le constat du rapport de l'OIT sur la protection sociale présenté le 30 novembre dernier à Genève. Constat à confronter à l'objectif (l'un de ceux des Nations Unies pour le développement durable) de mettre en oeuvre des systèmes nationaux de protection sociale partout et pour tous d'ici 2030. C'est dans douze ans. Et c'est pas gagné : La directrice du département de la protection sociale de l'OIT résume : "les politiques d'austérité à court terme continuent de saper les efforts de développement à long terme". Même à Genève, ces politiques sévissent : d'entre les coupes imposées par la droite coagulée dans le budget de la Ville et que la gauche propose d'annuler (on vote le 4 mars...), on notera celle (340'000 francs) opérée dans les ressources allouées à la solidarité et à la coopération internationale... Mais bon, l'essentiel est sauf : nos jetons de présence et indemnités de conseillers municipaux n'ont pas été réduits (ils équivalent précisément, en gros à ce que la droite a coupé dans la coopération internationale). Question de priorités politiques, certainement. "Les affrontements politiques municipaux ne doivent pas se dérouler sur le dos des plus pauvres", proteste la Fédération genevoise de coopération. Mais sur le dos de qui pouvait-on s'attendre à ce que la droite municipale les déroule ? celui des plus riches ?

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mercredi, 21 février 2018

Foisonnement de listes pour les élections genevoises : Bonne santé démocratique

elections genevoises.jpgTreize listes (six de gauche, sept de droite) en lice pour les élections cantonales genevoises d'avril et mai prochain, c'est sans nul doute un signe de bonne santé démocratique, à nuancer toutefois par le taux d'abstention, qui dépassera certainement les 50 %. Mais l'abstention est un droit, au même titre que le vote. Et pour qu'elle atteigne un tel niveau, il faut bien qu'il y ait quelque responsabilité des acteurs politiques, institutionnels ou non.
Il y a donc six listes de gauche en lice. Et toujours un quorum de 7 % des suffrages, qui en condamnera probablement la moitié ou la majorité à échouer aux portes du parlement et des milliers d'électrices et d'électeurs (potentiellement plus du quart des votants) à avoir voté pour rien et n'avoir élu personne. C'est beaucoup, 7 %. Beaucoup trop, pour une élection démocratique à la proportionnelle. Il faudra  bien qu'on s'en occupe, du quorum. Pour l'abolir, purement et simplement, par une initiative populaire, puisque la constituante a été infoutue de l'abaisser à un niveau démocratiquement supportable.

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lundi, 19 février 2018

Vers une loi genevoise sur la laïcité ni très utile, ni très cohérente

laïcité.jpg"La loi sur la laïcité sort de commission très fragilisée", titrait la "Tribune (encore) de Genève du 5 février, à propos de l'examen d'un projet présenté par Pierre Maudet, et de deux autres projets,  tous trois étudiés par la commission des droits de l'homme du Grand Conseil genevois et tous trois portant sur le même enjeu : concrétiser le prédicat constitutionnel de la laïcité de l'Etat (la constitution genevoise actuelle étant d'ailleurs la première de l'histoire de la République à poser explicitement la laïcité comme principe), jusque dans des détails comme la perception par l'Etat d'une dîme religieuse volontaire (l'actuelle "contribution ecclésiastique" dont l'Etat assure la perception pour les trois églises chrétiennes reconnues mais pour aucune autre "communauté religieuse") ou le port de signes religieux par des agents de la fonction publique... La loi sur la laïcité sort donc de commission "très fragilisée" (le projet Maudet, amendé, n'a obtenu que 4 voix sur 9). Mais fragilisée par quoi ? par son contenu, ou par de lourds doutes sur son utilité même, voire sur la cohérence de l'exercice consistant à légiférer sur les "communautés religieuses" au nom de la laïcité de l'Etat ?

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mardi, 13 février 2018

Budget municipal : Quatre NON nécessaires

vignette coupes budgétaires.JPGDans moins d'un mois, le 4 mars, les habitantes et tants de la Ville de Genève (celles et ceux qui ont le droit de vote, du moins) se prononceront sur le budget municipal. Pas celui de cette année, celui de l'année dernière. Mais comme la majorité du Conseil municipal a été infoutue d'adopter un budget 2018, et qu'elle sera toujours infoutue d'en adopter un avant le vote du 4 mars, c'est à partir du budget 2017 que la Ville fonctionne, mois après mois (c'est le système des "douzièmes provisionnels). Et donc, c'est bien, aussi, le fonctionnement de la municipalité cette année qu'il s'agit d'assurer, en rétablissant le budget de l'année dernière tel qu'il avait été proposé par le Conseil administratif, et pas tel qu'il a été salopé par la majorité du Conseil municipal (ce contre quoi la gauche avait lancé et fait aboutir un référendum, d'où le vote du 4 mars, un peu tardif du fait d'une amusante Genferei). Mais il s'agit surtout de dire clairement, une fois de plus, que les coupes mécaniques, arbitraires, inutiles et purement défoulatoires opérées désormais chaque année par une majorité (de droite et d'extrême-droite) d'occasion sont inacceptables, nuisibles et absurdes tout à la fois : les finances de la Ville sont saines, ses comptes sont excédentaires, le budget attaqué par la droite était mieux qu'équilibré... Le vote 4 x NON le 4 mars ne sera pas un vote pour rien : il est nécessaire pour rétablir un budget 2017 qui permettra à la Ville de fonctionner en 2018, et pour dire à nouveau son fait à la droite coagulée du Conseil municipal.

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lundi, 12 février 2018

Hébergement des requérants d'asile : Post Tenebras Lux ?

Après les ténèbres du sous-sol, les lumières du jour ? "Plus aucun requérant d'asile ne dort sous terre", se félicitaient fin janvier l'Hospice Général et son ministre de tutelle, Mauro Poggia, en annonçant la fermeture du dernier abri de Protection Civile utilisé pour l'hébergement des requérants, l'abri des Coudriers. Et deux semaines plus tard, ils ouvraient  à la campagne Rigot, à deux pas du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, le chantier d'un centre d'hébergement de 370 places, dont l'ouverture est prévue en 2019 etg qui devrait fonctionner pendant dix ans. L'Hospice clame son espoir de ne plus avoir besoin de recourir aux abris de protection civile pour héberger des requérants d'asile, une tâche à laquelle il ne peut se soustraire et qu'il espère pouvoir assumer en recourant à des centres, pérennes ou provisoires, pouvant assurer des conditions d'hébergement plus dignes que celles du stockage souterrain pratiqué dès octobre 2014 dans l'abri PC de Châtelaine. Ce qui était présenté alors comme une mesure provisoire rendue nécessaire par l'urgence aura duré trois ans, et aura mobilisé jusqu'à neuf abris PC. Le directeur de l'Hospice Général et son ministre reconnaissaient que cette "solution" n'en était pas une, qu'elle atteignait à la dignité de celles et ceux à qui on l'appliquait, et qu'elle coûtait en outre fort cher, mais protestaient de l'impossibilité de faire autrement, faute de lieux plus adaptés. Mauro Poggia s'engageait alors à fermer tous les abris PC d'ici fin 2016, début 2017 -à deux mois près, le délai est tenu. Mais il aura fallu pour cela trouver des terrains où implanter des hébergements provisoires, et donc faire face aux oppositions des riverains, voire des communes, comme à Thônex. Et il aura aussi fallu que le nombre d'arrivées de requérants baisse (on n'en a comptabilisé que 885 à Genève en 2017, soit deux fois moins qu'en 2016, et les nouvelles requêtes d'asile ont diminué de moitié au plan suisse), non parce que les causes de leur exil ont disparu, mais parce qu'on a multiplié les entraves et les barrières à leur migration vers l'Europe, et à leurs mouvements en Europe. Post Tenebras Lux : il n'y a plus de requérants d'asile en sous-sol de Genève. Mais il y en a toujours des milliers qui finissent au fond de la Méditerranée.

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15:20 Publié dans asile, réfugiés, Genève, Immigration, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 février 2018

Elections cantonales genevoises : ouverture des festivités

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Passé les votations du 4 mars, il ne restera guère qu'un mois et demi aux partis politiques genevois pour remobiliser un électorat que happe pour encore un mois le débat sur "No Billag" (et les enjeux municipaux genevois) : Les Genevois et voises n'auront pas beaucoup de temps pour souffler : le 15 avril, ils éliront leur parlement cantonal, et procéderont au premier tour de l'élection de leur gouvernement. Les partis se sont mis en ordre ou en désordre de bataille et ont désigné leurs candidates et candidats au Conseil d'Etat (31 candidates et candidats pour 7 sièges) et au Grand Conseil (397 candidats et 224 candidates pour 100 sièges 145 candidatures de plus qu'il y a cinq ans). Record, aussi, de listes elles sont treize, dont six à gauche : les trois listes de l'Alternative (PS, Verts, Ensemble à Gauche), la liste "pour Genève" des radicaux de gauche et de La Gauche, une "Liste Femmes" et une liste anticapitaliste "Egalité et Equité". A la droite de la droite, la concurrence sera rude entre l'UDC, le MCG et le nouveau parti d'Eric Stauffer, "Genève en Marche" (qui compte bien marcher sur son ancien parti, le MCG), et les Verts libéraux et le PBD vont grignoter l'électorat de l'Entente PDC-PLR... Un champ politique fragmenté que vont labourer ces onze listes, dont seules quatre sont à l'abri du couperet d'un quorum maintenu au niveau excessivement haut de 7 % des suffrages... mais les apparentements vont manifester la persistance de trois blocs politiques : la gauche, avec les trois listes de l'Alternative (mais sans les trois autres listes), la droite, avec l'Entente PLR-PDC, les Verts libéraux et le PBD, et la droite de la droite qui n'aime pas qu'on la qualifie d'extrême-droite, avec l'UDC et le MCG (mais sans "Genève en Marche").

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