vendredi, 25 novembre 2016

La droite municipale genevoise refuse le budget de la Ville


Au prétexte de la RIE III

La majorité de droite dilatée de la commission des Finances du Conseil municipal de la Ville de Genève (on a notre dose de génitifs, là...) a donc refusé le projet de budget 2017 présenté par le Conseil administratif. Prétexte du refus : la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), qui va entraîner des pertes de ressources de plusieurs dizaines de millions de francs par année pour la Ville. L'ironie de la situation tient évidemment au fait que la droite qui refuse le projet de budget au nom des pertes fiscales provoquées par la réforme, soutient ladite réforme dans la version présentée par le Conseil d'Etat, appelle le Conseil municipal à la soutenir et même à soutenir la possibilité donnée aux communes d'adopter pendant cinq ans des budgets déficitaires, alors qu'elle (la droite dilatée municipale, donc)  exige en Ville un excédent budgétaire d'au moins 15 millions... Ce qui serait d'ailleurs facile à obtenir en augmentant d'un centime additionnel le taux de l'impôt communal...

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mardi, 22 novembre 2016

Union des Villes Genevoises : Que peste la droite rupestre !

On se souvient que la création de l'Union des Villes Genevoises, non pas concurremment mais parallèlement à l'Association des Communes genevoises (qui regroupe les 45 communes du canton, de la plus petite à la plus grande, de la moins peuplée à la plus peuplée) avait donné des boutons à la droite (et aux droites municipales, à quelques exceptions près), qui y voyait une entreprise sournoise de la gauche pour affaiblit la vieille Association des communes genevoises, où la droite, précisément, et en particulier la droite des villages, est hégémonique. Certes, l'initiative de créer l'UVG avait été prise par des magistrates et magistrats de gauche, mais elle était ouverte (et l'est toujours) à toutes les magistrates et magistrats, de gauche, de droite, du centre ou d'ailleurs, membres des exécutifs municipaux y ayant adhéré. Les élus de droite des six exécutifs membres de l'Union y participent d'ailleurs activement, et si l'UVG ne rassemble que des exécutifs à majorité de gauche (ceux de Genève, Vernier, Lancy, Meyrin, Carouge et Onex), c'est que ceux à majorité de droite ont refusé d'y adhérer. Et c'est donc maintenant les droites municipales des villes qui demandent aux exécutifs municipaux de quitter l'Union des villes. Pour inciter les membres de ces exécutifs à créer à la place une Amicale des Conseiller-e-s Administratif-ves des Villes Genevoises ?

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lundi, 14 novembre 2016

L'Appel de Genève, ou le renouveau du droit international humanitaire

Sortir des tranchées battues

La plupart des conflits armés d'aujourd'hui impliquent des groupes armés autres que les forces militaires ou policières des Etats : ces "groupes armés non-étatiques" (dont certains sont toutefois liés à des Etats ou à des gouvernements, ou à des forces politiques gouvernementales, qui ne reconnaissent pas ce lien). Or ces acteurs non étatiques ne sont parties d'aucun traité international : le droit international, y compris le droit international humanitaire, est un droit des Etats, et les règles qu'il pose, ce sont les Etats qui les ont posées, sont supposés les respecter et peuvent être sanctionnés s'ils ne les respectent pas -à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop puissants pour être sanctionnés.  Les groupes armés peuvent-ils être tenus pour irresponsables de leurs actes, et libres de tout engagement international ? Ce n'est pas l'avis de l'Appel de Genève, qui s'est précisément créé, sortant des tranchées battues, pour que ces groupes admettent avoir à respecter des règles dont on exige le respect par les Etats -y compris les Etats qu'ils combattent. Car si la guerre n'est plus ce qu'elle était, ses conséquences et ses victimes sont toujours les mêmes : les civils, en général, et tout particulièrement les enfants et les femmes. Victimes des forces militaires et policières gouvernementales, mais aussi des groupes armés non étatiques. Reconnu par l'ONU pour son travail, l'Appel de Genève l'a également été par la Ville de Genève, et, tout récemment, par la Fondation pour Genève, qui accordé son prix 2016 à la Fondatrice de l'Appel, Elisabeth Decrey-Warner.

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22:50 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : appel de genève, geneva call, elisabeth decrey-warner | |  Facebook | | | |

vendredi, 11 novembre 2016

Ouverture des commerces le dimanche et protection des travailleuses : Un deal défendable

On va voter à Genève, dans deux semaines, sur une initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Cette initiative était d'abord une réponse à la décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance et donc impossible à contrecarrer par un référendum, d'élargir ces possibilités à tous les dimanches dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laisse aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle -ce que Genève s'apprête à faire, si l'initiative ou le contre-projet parlementaire passe le cap du vote populaire le 27 novembre prochain. Car contre-projet il y a : d'une réponse à une offensive patronale, on est passé à l'usage de l'initiative comme moyen de renforcer la protection des salariés de toute une branche, en posant comme exigence l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. Cette exigence a été reprise dans le contre-projet à l'initiative (et elle explique l'opposition de la droite libérale à ce contre-projet) : le deal, c'est un peu plus d'ouverture des magasins le dimanche, en échange d'une convention élargie. Et ça se défend -on peut donc aussi voter "oui" au contre-projet... et même, si l'on privilégie la protection des travailleurs (surtout des travailleuses, en l’occurrence) , le privilégier en cas d'acceptation des deux textes.

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18:13 Publié dans Commerce, Genève, syndicats, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : consommation | |  Facebook | | | |

mardi, 08 novembre 2016

Proclamer nos villes "villes de refuge" : Plus qu'une rhétorique

geneve_cite_refuge.jpg



Un appel soutenu par 10'000 personnes a été remis le 20 juin à une représentante de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga : il demande à la Suisse d'accueillir rapidement 50'000 réfugiés. "Les frontières ne doivent plus tuer", a proclamé la présidente du syndicat Unia, alors que, du même syndicat, Alessandro Pelizzari, à l'origine des pétitions, rappelait que la fermeture des frontières européennes avait pour conséquence des milliers de morts en mer et des dizaines de milliers de morts-vivants entassés sur terre dans des conditions inacceptables. "Nous ne serions pas ce que nous sommes devenus sans les gens venus de l'extérieur", a enfin résumé le rappeur Greis. Voila. C'est ce qui s'appelle être à contre-courant. Et c'est la preuve qu'on est vivants : le sens du courant, c'est bon pour les poissons morts. L'appel pour l'accueil de 50'000 réfugiés invite également les villes suisses à se proclamer "ville de refuge" pour accueillir concrètement les réfugiés. Et qu'est-ce qu'une ville-refuge ? A Genève, où une motion déposée au Conseil municipal demande que la Ville soit toujours ville de refuge", si on ne s'autosatisfait pas  de la nostalgie des temps héroïque du Refuge huguenot, ou d'une autoproclamation idéaliste, ce peut être l'accueil de réfugiés par des familles d'ici. Et cela se fait déjà. Et cela peut se faire plus.

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15:34 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, refuge | |  Facebook | | | |

vendredi, 28 octobre 2016

Plaine, ma plaine, arbre, mon arbre...

plainpalais,plaine de plainpalais,arbresIrminsûl à Plainpalais

Bon, on va bien devoir en parler au moins une fois, vu que tout le monde en parle, de l'aménagement de la Plaine de Plainpalais, des arbres qui tombent, de ceux qu'on coupe, de ceux qui restent et de ceux qu'on va déplacer. C'est pas que le dossier nous passionne (d'accord, un conseiller municipal digne de ce titre prestigieux devrait en être passionné, mais on n'est peut-être pas, après tout, un conseiller municipal digne de ce titre prestigieux), c'est que si on n'en cause pas, on va croire qu'on s'en fout. Au fait, oui, on s'en fout. Mais bon, un petit sacrifice rhétorique s'impose. Donc, la Plaine et ses arbres. Sur fond de choeurs de l'Armée Rouge (ben oui, quoi : www.youtube.com/watch?v=YtqYo831Brk)... Ou de culte de la "grande ou puissante colonne" paléosaxonne. L'Arbre sacré Irminsûl, pour les intimes...

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15:55 Publié dans Genève, urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plainpalais, plaine de plainpalais, arbres | |  Facebook | | | |

vendredi, 21 octobre 2016

Affres budgétaires et phynancières genevoises : Beautés de la langue de bois

 Interrogé par le mensuel "Affaires Publiques", le ministre genevois des Phynances, Serge dal Busco, décrit en ces termes la situation financière genevoises : "Du côté des revenus, il est très difficile de dégager de nouveaux moyens" (il a en effet été plus facile de priver le canton d'un milliard de recettes annuelles en faisait se succéder 13 réductions d'impôts en quinze ans), "les projets que nous présentons pour tirer profit de certaines niches fiscales spécifiques se heurtent à de très fortes résistances politiques" (là, un traducteur est demandé), et comme il va falloir d'une part investir et que d'autre part "nous allons devoir assumer, à court terme, un manque à gagner fiscal temporaire lié à la réforme de l'imposition des entreprises" (on appréciera le "à court terme" et le "temporaire"...), "nous devons agir sur la part des dépenses publiques sur lesquelles le Conseil d'Etat et le Grand Conseil ont la main. Réduire les dépenses sans nuire aux prestations, avec notamment des gains d'efficience, voilà l'enjeu". Nous voilà pleinement rassurés et précisément informés. Rien de tel qu'une bonne dose de langue de bois pour donner l'impression qu'on dit quelque chose, quand ce qu'on dit ne dit rien de ce qui est, et moins que rien de ce qui sera.

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14:23 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : budgets publics, rie iii | |  Facebook | | | |

jeudi, 20 octobre 2016

Consommer 7 jours sur 7, pourquoi ?

supermarche.jpegOuverture dominicale des magasins : on vote (contre) à Genève
 
Le 27 novembre, on votera à Genève sur une initiative populaire interdisant toute ouverture dominicale des magasins (sinon celles déjà autorisées dans les gares, les aéroports, les stations-service ou dans les zones dites touristiques), initiative à laquelle est opposé un contre-projet autorisant une ouverture trois dimanches jusqu'à 17 heures, avec l'obligation de respecter une convention collective, étendue à l'ensemble du secteur (si la convention est résiliée, l'autorisation d'ouverture dominicale tombe). Le contre-projet autorise également, et sans autre restriction que celle, minimale, du respect des usages professionnels, l'ouverture des magasins le 31 décembre (jour férié à Genève). Ce compromis, négocié entre le Conseil d'Etat et les syndicats, et amendé par le PS et le MCG, la droite n'en voulait pas : pour elle, il allait trop loin en direction des exigences syndicales (et s'éloigne donc trop des exigences patronales). Ici, on soutient l'initiative et on ne refuse pas un compromis qui forcerait au respect d'une convention collective. Mais surtout, on persiste à se poser la question : à quel besoin, et même à quelle utilité, répondrait une ouverture dominicale plus fréquente des magasins ? A une irrépressible pulsion consumériste ?

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20:11 Publié dans Commerce, Economie, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 13 octobre 2016

Laïcité : ce n'est qu'un débat, continuons le confus ?

Chaire_Saint-Pierre,_Genève.jpgNous voilà donc, à Genève, avec trois projets de loi sur la laïcité (réduite aux rapports entre l'Etat et les religions), histoire (pour leurs auteurs) de préciser le prédicat constitutionnel "L'Etat est laïc" (suivi, sans crainte de la contradiction, par le mandat d'"entretenir des rapports avec les communautés religieuses", érigeant donc celles-ci en détentrices d'un statut particulier, distinct des "communautés" culturelles ou philosophiques non religieuses). Le premier projet, qui se veut consensuel, a été déposé par le Conseil d'Etat, et les deux autres par chacun des segments de la coalition "Ensemble à Gauche" -le premier par le PRG et La Gauche, renvoyant l'expression des convictions religieuses à l'espace privé,  le second par solidaritéS, proposant l'irréligion de l'Etat et le renvoi des églises, organisations et mouvements religieux au droit commun des associations. La création d'un Conseil oécuménique des laïcités s'impose. D'autant que, récupérée par des forces politiques qui sont des plus éloignées de ce que la laïcité signifie (historiquement et présentement), c'est-à-dire l'égalité, le pluralisme, le primat politique de la raison sur l'instinct et de la société sur la tribu, la laïcité est devenue otage d'assez pitoyables exhibitions, et d'assez pitoyables bateleurs. Reprenons donc le débat, à ses prémices, comme une sorte d'alphabétisation...

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14:24 Publié dans Genève, religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |

samedi, 08 octobre 2016

La Teuf de Piogre

Encore un enjeu mobilisateur dans la Parvulissime République
 
On en a, des enjeux mobilisateur, dans la parvulissime république : ses fêtes, par exemple, les Fêtes de Genève -oh pardon : le Geneva Lake Festival... -on aurait préféré la Teuf de Piogre, mais on nous a pas demandé notre avis, on ne pantoufle pas à Genève Tourisme. Donc, une initiative populaire a été lancée pour changer le concept des Fêtes de Genève. Le dépoussiérer. Lui donner un peu plus de sens qu'en peut avoir le bastringue mercantile en quoi elles se réduisent. En faire des fêtes, des vraies, en somme. Doutent de rien, les initiants. Même pas du sens de la fête des Genevois en général, et de leurs zautorités en particulier. Parce que quand la capitale mondiale du monde mondial fait la fête, elle veut que ça lui rapporte. Et que ça dure. Et que les touristes friqués (les autres, on s'en fout) en aient pour leur argent -ou plutôt, la petite part de leur argent qu'ils vont laisser dans les caisses indigènes. On n'est pas dans le potlatch amérindien, ou la Fête des Fous, on est dans l'investissement.

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00:08 Publié dans De tout un peu, Genève, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fêtes de genève | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 octobre 2016

Nouvelle répartition des tâches entre le canton et les communes à Genève : Qui va "fabriquer du politique" ?

labyrinthe.jpgAprès l'action sociale (la loi répartissant les tâches entre les cantons et les communes dans ce domaine a été promulguée le 11 mai), après la politique culturelle, et avec le même manque d'ambition que dans ces deux champs d'action, le Conseil d'Etat genevois a engagé la réforme de la répartition des tâches entre le canton et les communes dans le domaine des transports et de la mobilité. Et là encore, on est dans le bricolage. "La montagne est en train d'accoucher d'une marmotte" et "rien n'est pensé pour fabriquer du politique à l'échelon communal", déplore le président de l'Association des communes genevoise, Thierry Apothéloz. A moins, ajouterons-nous, que tout ne soit au contraire pensé pour qu'on ne "fabrique pas du politique" au niveau des communes, que cette "fabrication" reste l'apanage du canton, que les communes ne soient toujours que des échelons d'exécution, constamment sous surveillance. Surtout les communes urbaines, surtout les villes (elles sont une douzaine dans le canton). "Nous avons fait une série de propositions, celles d'importance sont restées lettre morte", précise Apothéloz, qui ajoute : "Dès que nous proposons des compétences supplémentaires (pour les communes), le canton est pour le moins réticent". CQFD.

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mardi, 04 octobre 2016

RIE III : Tu veux ou tu veux pas ?

 droite-gauche.jpgLe PS genevois entre le "oui mais" et le "non mais"
  
Demain, une Assemblée des délégués du PS genevois débattra du "volet genevois" de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises (la fameuse "RIE III) votée par les deux Chambres du parlement suisse, contre laquelle un référendum a été lancé (notamment par le PS suisse) et a abouti, et sur laquelle on votera donc, l'année prochaine. La question, au plan genevois, est donc de savoir quelle position le PS va adopter à l'égard des propositions du gouvernement cantonal. Ces propositions consistant en la mise en oeuvre cantonale d'une réforme que le PS combat au niveau suisse, il serait logique qu'elles soient combattues aussi par le PS au niveau cantonal. Mais la logique n'est pas une mécanique, et des voix (de députés, de la Conseillère administrative Sandrine Salerno, responsable des finances de la Ville de Genève, notamment) se sont élevées au sein du PS genevois pour considérer qu'après tout, les propositions gouvernementales étaient acceptables, si le parlement s'y tenait et que la droite ne les dénaturait pas ni ne le amputait. Une sorte de "oui mais", auquel répond une sorte de "non mais", exprimant un refus du projet du Conseil d'Etat en même temps que la conviction que "de toute façon, il faudra en passer par une réduction des ressources fiscales" du canton et des communes. Le problème, c'est que tout ce débat sera tranché en votation populaire, quand il n'y a pas de "mais" qui tienne dans un vote référendaire, binaire, forcément binaire, et qu'à la question "tu veux ou tu veux pas",  il n'y a de réponse possible que "oui" ou "non", les fioritures, les précautions rhétoriques, comptant pour beurre de cuisine politique... Il va donc bien falloir prendre une position claire sur la RIE III, version genevoise.

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15:27 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

jeudi, 29 septembre 2016

150ème anniversaire du premier congrès de l'Internationale

Naissance (et renaissance ?) de l'internationalisme

1er Congrès AIT.JPG

 

Il y a 150 ans naissait à Genève le mouvement ouvrier international :  du 3 au 8septembre 1866 s'est tenu aux Eaux-.Vives, à la Brasserie Treiber, le premier Congrès de l'Association Internationale des Travailleurs, fondée deux ans plus tôt. La "Première Internationale". Ou l'Internationale tout court et tout simplement -les suivantes, la Deuxième (social-démocrate), la Troisième (communiste), les Quatrièmes (marxistes révolutionnaires -trotskystes, quoi) n'étant au fond que des surgeons, ou des héritières (et des héritières ingrates et traîtresses) de cette Première, unique en son genre et en ses ambitions, et en tout cas fondatrice. Sa naissance sera commémorée ce soir jeudi, à l'Université Ouvrière, (place des Grottes) à 18 heures 30. On commémorera, donc*. Plus discrètement qu'en 1866, pour le centenaire. On commémorera et on se souviendra. Et si on s'inspirait ?

JEUDI 29 SEPTEMBRE, GENEVE
*Quel internationalisme ouvrier pour le XXIe siècle ? Commémoration du Premier Congrès de l'Association Internationale des Travailleurs (1ère Internationale), avec Marc Vuilleumier, Marianne Enckell, Bernard Thibault, Julia Gousseva
Université Ouvrière, place des Grottes, 18 heures 30

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14:50 Publié dans Genève, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : internationale, internationalisme, socialisme, ait, première internationale | |  Facebook | | | |

vendredi, 16 septembre 2016

"TOUCHEZ PAS AU PLAZA" : le projet culturel

 
Vignette Plaza.jpgDu Plaza au Barrio (del Cine)


On a déjà à plusieurs reprises soutenu ici le mouvement ("Touchez pas au Plaza" : https://www.facebook.com/groups/1447065642251760/)  qui s'est créé pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza" de la démolition projetée par son propriétaire. Il y a à cette volonté de maintenir cette salle, la plus belle de Genève, des motivations patrimoniales. Mais il y a aussi une volonté culturelle. Le choix de maintenir ou non la salle du Plaza renvoie en effet à un critère d'utilité publique : l'utilité publique du projet des propriétaires l'emporte-t-elle sur celle du projet des défenseurs de la salle, comme lieu culturel ouvert au public ? la motivation du propriétaire est financière, et son critère est celui de la rentabilité : il considère que la salle n'est pas rentable, que la rentabilité des autres éléments de l'ensemble "Mont-Blanc Centre" ne doit pas être prise en compte pour compenser la non rentabilité de la salle de cinéma, seul élément déclassé (pour des motifs financiers) de l'ensemble créé par l'architecte Saugey, et qu'il a donc lui, le propriétaire, un droit fondamental à se débarrasser de la salle, alors que nous considérons, nous, qu'il y a une utilité publique évidente à la maintenir en tant que lieu culturel plutôt qu'en un centre commercial de plus.

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14:17 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : plaza, patrimoine, cinéma, saugey | |  Facebook | | | |

lundi, 12 septembre 2016

Budget 2017 de la Ville de Genève : La droite retrouve le sens du ridicule

société secrète.JPG

Le projet de budget 2017 de la Ville de Genève a été présenté par le Conseil administratif fin août. Il est équilibré (avec un boni de deux millions), les investissements (130 millions) sont autofinancés aux deux tiers.  La Conseillère administrative Sandrine Salerno, qui avait réuni les représentants des groupes au Conseil municipal afin de tenter un dialogue préalable plutôt qu'un recours systématique aux urnes pour réparer les conneries de la droite, n'en avait pas moins précisé que le projet de budget était préparé, conformément à la procédure habituelle (et à la loi) par le Conseil administratif et non "en amont" avec les groupes, fussent-ils majoritaires en s'étant agglutinés. L'année dernière, on s'en souvient, la droite dilatée (du PDC au MCG) s'était coagulée pour refuser d'entrer en matière sur le projet du Conseil administratif, ce qui avait rendu impossible son examen sérieux en commission, avait abouti à des coupes linéaires dans les subventions sociales et culturelles et dans les lignes finançant le fonctionnement même de l'administration municipale et des services publics, et assurant le respect du statut du personnel.  Et tout cela s'était terminé par un vote référendaire lors duquel les citoyens-contribuables avaient refusé ces coupes et adopté le projet de budget du Conseil administratif. La procédure était originale (faire adopter par le peuple un budget devant l'être par le Conseil municipal), mais on y avait perdu six mois. Cette année, à défaut de sens des responsabilités, la droite municipale genevoise genevoise semble avoir au moins retrouvé celui du ridicule : elle semble résignée à faire son travail et à étudier le projet de budget. Le budget de la Ville ne servira donc pas à rémunérer le refus de 42 conseiller-e-s municipaux et pales d'étudier le budget de la Ville. On risque donc de faire notre boulot ? Hosanna  !

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19:00 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budgets publics, ville de genève | |  Facebook | | | |

jeudi, 01 septembre 2016

RIE III : On passe aux choses sérieuses

danger de tomber de haut.jpgRéformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises :
On passe aux choses sérieuses...

"La mère de toutes les batailles" : reprenant l'expression utilisée par Saddam Hussein pour qualifier sa guerre (perdue) contre les Etats-Unis et leurs alliés, le président du Conseil d'Etat genevois l'a utilisée pour qualifier l'enjeu du projet gouvernemental de réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), c'est-à-dire du volet genevois de la réforme fédérale. Un projet gouvernemental qui sera d'abord soumis au Grand Conseil, puis au peuple, référendum oblige (et s'agissant essentiellement de lois fiscales, il suffit de 500 signatures pour ce référendum). Le projet genevois est d'imposer toutes les entreprises au taux unique de 13,49 %, soit 0,3 % de moins que le taux adopté par les Vaudois -quoi que s'en récrie le Conseil d'Etat, on est bien dans la concurrence fiscale entre cantons. Pur les caisses publiques cantonale et municipales genevoises, ce taux correspond à une perte brute de ressources de 570 millions de francs (dont 111 millions pour les communes), ramenée à une perte nette de 440 millions grâce à une compensation fédérale et à diverses mesures cantonales. Genève a-t-elle les moyens de se priver de 440 millions de recettes fiscales ? Son gouvernement, incapable de maintenir le financement nécessaires aux services publics, s'en dit persuadé. La "mère de toutes les batailles" commence comme toutes les batailles, par faire une première victime : la vérité...

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13:18 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rie iii, imposition des entreprises | |  Facebook | | | |

lundi, 27 juin 2016

Commission municipale des naturalisations : Parasitaire... et illégale...


Vous aimez les audits ? Vous voulez des audits ? Eh bien, en voilà un, qui n'a rien coûté à la Ville -mais qui pourrait lui permettre de faire quelque centaines de milliers de francs d'économies, si elle en suit les conclusions explicites et implicites : le rapport de la Cour des Comptes sur le processus genevois de naturalisation. Le rapport révèle ou confirme moult insuffisances, contradictions réglementaires, incohérences et lacunes dans ce processus, mais la seule illégalité qu'il relève est à mettre au passif de la Commission des naturalisations du Conseil municipal de la Ville de Genève. Ses conclusions (des recommandations) seront-elles prises en compte ?  Le Conseil administratif de la Ville les a acceptées -mais c'est le Conseil municipal qui va devoir se prononcer. Et on ne se fait évidemment pas trop d'illusions sur la cohérence de celles et ceux qui, à longueur d'années, prônent les serrages de ceintures, les réductions de voilures et les restrictions de dépenses, mais maintiennent depuis des lustres une commission parasitaire -mais rémunérée, et dont la seule justification n'est plus désormais que le plaisir, tarifé, que prennent à y siéger ceux qui en défendent l'existence.

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14:58 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : naturalisations, commission des naturalisations | |  Facebook | | | |

jeudi, 23 juin 2016

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Da capo..

  On est toujours plus intelligent après une défaite qu'avant, c'est bien connu depuis Marignan. Ou alors, quand on se rengorge d'avoir été déjà vachement plus intelligent que les autres avant la défaite, en l'annonçant et en prédisant ses causes, on se la joue modeste.  On va donc à Genève, pour la rénovation et l'extension (ou non, ou l'éclatement) du Musée d'Art et d'Histoire, faire les choses, poser les actes, entamer les réflexion, dans le bon ordre logique -commencer par le commencement, en somme. Commencer par se poser la question à laquelle sera donnée une réponse qui va déterminer la suite : quel musée voulons-nous ? Pour faire quoi, dire quoi, raconter quoi ? assumer quel rôle, assurer quelles missions ? Déterminer le contenu d'abord, et lui adapter un contenant. Le contenant existant (le bâtiment actuel) ou un autre, sans en préjuger. Le débat, là, est un débat de fond -et les oppositions qui vont le structurer, des oppositions de fond, non sur l'architecture, le patrimoine, le coût, mais sur la nature et le projet culturel du musée. Les oppositions plus spécifiques (les mêmes que celles qui, en s’additionnant, ont coulé le projet Nouvel il y a six mois), viendront après, forcément, mais on aura au moins, à défaut d'avoir fait du passé table rase, entamé un nouveau processus sans le bâcler, et  en sachant où l'on veut qu'il nous mène...

MAH, musée, musée d'art et d'histoire

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15:09 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mah, musée, musée d'art et d'histoire | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 juin 2016

Réforme de la fiscalité des entreprises ( RIE III) : D'un référendum, l'autre

Après quatre ans de souk législatif, le parlement fédéral a adopté le cadre général de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Les cantons étant laissés par la Confédération libres de fixer le taux unique d'imposition, ils se sont livrés entre eux à un petit exercice de sous-enchère : Neuchâtel a fixé ce taux à 15,6 % ? Vaud l'a fixé à 13,8 %, et le Conseil d'Etat genevois propose 13 % (la limite inférieure des taux pratiqués dans l'Union Européenne).  Qui dit moins ? Au plan suisse, le PS a annoncé le lancement d'un référendum -il ne sera pas seul : la "gauche de la gauche" en fera autant, et sans doute aussi les syndicats. Au plan genevois, le PS cantonal a posé de telles conditions à son ralliement à un projet "consensuel", et ces conditions sont à ce point inacceptables pour la droite, que, logiquement, et cohérent comme on le (comme on nous) connaît, il ne devrait faire aucun doute qu'il lancera aussi, avec les mêmes alliés, un référendum contre le volet cantonal de la RIE III (et si d'aventure il ne le faisait pas, on le fera pour lui), un volet cantonal qui devrait ressembler comme un petit frère, ou au moins un cousin germain, aux propositions du Conseil d'Etat, du patronat, des multinationales et de la droite (on n'a oublié personne dans cette énumération ?). Des propositions qui vont coûter au moins un demi-milliard aux caisses publiques. On a donc deux référendum sur le feu : un référendum national, et, dans la foulée, un référendum cantonal.

droite-gauche.jpg

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jeudi, 16 juin 2016

Il y a 200 ans naissaient à Genève Frankenstein et sa créature

créature de Frankenstein-statue.jpg Immortels...

Le 16 juin 1816, quatre Anglais s'emmerdaient ferme à Genève, dans la villa Diodati, juste-au-dessus du lac. Il faisait un temps de chien. Un volcan, le Tambora, avait fait des siennes en Indonésie, un an avant, et avait chargé l'atmosphère de soufre et de cendres, à détraquer le temps jusqu'en Europe. A cinq jours du début de l'été, il faisait 14 ° à Genève. Comme maintenant, deux siècles plus tard ? Ouais, il faut se méfier des étés pourris à Genève : il peut en sortir des monstres. Bref, Mary Godwin (future Mary Shelley), Georges Byron, Percy Shelley et John Polidori s'emmerdent. Byron a une idée : "chacun d'entre nous va inventer une histoire de fantôme". Shelley et lui évoquent la réanimation d'un cadavre. Mary Godwin en écrira un chef d'oeuvre : "Frankenstein, ou le Prométhée moderne". Un homme y crée la vie en assemblant des morceaux de mort. La Créature et son Créateur ont aujourd'hui 200 ans (mais le livre ne paraîtra que deux ans plus tard, en 1818, et d'abord en français). Elle comme lui sont immortels. Et genevois -ceci n'expliquant en rien cela, puisque, selon Mary Shelley,"à Genève, on ne trouve rien qui vaille la peine que l'on prend à marcher sur ses rudes pavés".
Jusqu'au 9 octobre, à la Fondation Bodmer, à Cologny, à deux pas du lieu de naissance du docteur Frankenstein (la villa Diodati est toujours là), une exposition, des conférences, des événements, retraceront la genèse du roman de Mary Shelley, son contexte, sa signification aujourd'hui... 

 

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17:27 Publié dans Genève, Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mary shelley, frankenstein | |  Facebook | | | |