lundi, 06 février 2017

Offensive générale contre l'aide sociale : Naissance du Quart Etat

pauvreté,aide sociale

Si méprisante qu'elle soit à l'égard de celles et ceux qu'elle vise et contraint, et si absurde qu'elle soit du trivial point de vue de l'efficacité, la volonté de la droite municipale genevoise de transformer une allocation sociale (celle de rentrée scolaire) en aumône accordée en bons a quelque chose d'exemplaire de la dégradation continue des politiques et des pratiques d'aide sociale, à Genève et en Suisse, depuis plus de dix ans. 13 % de la population genevoise reçoit une aide sociale,mais un tiers de celles et ceux qui pourraient en bénéficier ne la sollicitent pas. Ce taux de 13 % est stable, alors que la population augmente, ce qui signifie que le nombre de personnes vivant dans la précarité augmente et que, comme le Conseil d'Etat lui-même le reconnaît, une part de plus en plus importante de la population genevoise est menacée de pauvreté : le nombre de chômeurs en fin de droit s'accroît, celui des emplois mal rémunérés aussi (5,5 % des travailleuses et des travailleurs sont des "travailleurs pauvres" dont le salaire ne suffit pas à couvrir les besoins). L'Hospice traitait 13'000 dossiers d'aide sociale en 2015, et en 2016, ce record a été battu, le nombre de personnes bénéficiant du Vestiaire Social a doublé entre 2014 et 2015, le nombre de repas gratuits offerts par les colis du coeur est passé entre 2015 et 2016 de 80'000 à plus de 100'000... Et c'est ainsi, du Tiers Etat, naît un Quart Etat. Sans qu'un Sieyès ne s'avise de rappeler que n'étant rien, il rêve tout de même d'être quelque chose.

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lundi, 23 janvier 2017

Sauver le "Plaza" : c'est pas fini

Vignette Plaza.jpgReclasser ou exproprier ?

Le cinéma "Le Plaza" n'a pas encore été démoli, mais le projet de ses propriétaire reste de le détruire pour le remplacer par un centre commercial, et sous le centre commercial un parking (et sur le centre commercial, des "logements pour étudiants" histoire de masquer un peu les objectifs purement financiers de l'exercice). Ce projet est à l'examen au Département cantonal de l'Aménagement (le DAL), à qui chacun-e peut encore adresser ses observations. Et même si le projet, malgré toutes ses tares (à commencer par celle de nécessiter, pour pouvoir être autorisé, une dérogation générale à quasiment toutes les lois qu'un projet de ce genre est supposé respecter) devait finalement être accepté, il sera encore temps de faire recours, pour autant qu'on en ait la capacité juridique, contre cette autorisation de démolir pour dénaturer. Pendant quoi, il nous faut également intervenir partout où cela peut avoir un effet, afin que la salle, dont la valeur patrimoniale a été reconnue même par les jugements qui la déclassaient, soit "reclassée", et que l'exigence de la maintenir devienne incontournable. Cette exigence suppose un projet culturel pour cette salle. S'ajoutant à la valeur patrimoniale du Plaza, seul un tel projet peut justifier l'intervention de la Ville et du canton. Mais pour que cette intervention se fasse, il n'est que deux moyens possibles : soit le reclassement de ce qui n'a été déclassé qu'au prétexte de la non-rentabilité de la salle, soit l'expropriation pour utilité publique. Cette expropriation peut être décidée par le parlement cantonal, mais aussi, par voie d'initiative législative, par le peuple. A tout cela, on travaille.

 

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mercredi, 18 janvier 2017

Convention de mise en oeuvre cantonale de la RIE III : Tais-toi et signe ?

RIE III

Un peu plus d'une centaine de socialistes réunis en assemblée générale ont décidé lundi soir de ne pas signer la "convention" entre partis gouvernementaux favorables au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la RIE III (ouf, ça, c'est de la phrase !). Mais on a quand même mis trois bonnes heures pour savoir si on disait NON à la convention ou NON à la signature de la convention...  Finalement on a, péniblement, dit NON à la signature de la convention. Du moins pas maintenant. On aurait évidemment préféré dire carrément NON à la Convention elle-même (et donc au projet du Conseil d'Etat), voire même qu'une majorité lui dise OUI (être minoritaires ne nous déprime pas vraiment), et avoir une position claire à défendre ou à combattre (on se serait gênél, tiens...) mais on fera avec ce simple refus de signature : comme la Convention entre partis gouvernementaux n'était supposée être valide que si tous la signaient hier, et que ni le PS ni les Verts ne l'ont signée, il ne devrait plus y avoir de convention, sauf entre le PLR, le PDC et le MCG, ce qui ne changerait pas grand-chose aux front en présence. A moins que les entreprenants auteurs du papier que le PS n'a pas signé hier (pas plus que les Verts)  ne décident finalement de la mettre au frigo en attendant le résultat du vote de février prochain sur la réforme fédérale sur laquelle s'appuie la réforme cantonale.  C 'est clair ? Bon, d'accord, ça mérite peut-être une chtite clarification...

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mardi, 17 janvier 2017

La monnaie de singe de la droite genevoise

Carte de pauvre.jpg

Y'a bons


A Genève, l'Hospice Général a traité l'an dernier un nombre record de dossiers d'aide financière (ils étaient déjà 13'000 en 2015) et 13 % de la population  bénéfice d'une aide sociale (cette proportion étant stable dans une population en augmentation, cela signifie que plus de gens vivent dans la précarité) mais selon Caritas, un tiers des personnes ayant droit à une aide sociale ne la demandent pas. Cette pauvreté se concentre dans les villes, et particulièrement dans la Ville. Sur les 71 secteurs du canton de Genève qui présentent des signes importants de précarité, et donc de risques de pauvreté, 44 sont situés en Ville de Genève : ils sont tous caractérisés par un revenu annuel median faible, une proportion importante d'enfants scolarisés d'origine sociale modeste, une forte concentration de bas revenus et de chômeurs et un pourcentage élevé de bénéficiaires de subsides sociaux -du genre de celui que la droite municipale genevoise propose de verser désormais sous forme de bons, c'est-à-dire en monnaie de singe. Le président de Caritas, Dominique Froidevaux, constate qu'en Suisse, "mesurer la pauvreté n'a jamais été une priorité politique". En revanche, pour la droite municipale, dissuader les pauvres de faire valoir leurs droits en est une.

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lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

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mardi, 10 janvier 2017

Salauds de pauvres ! (suite)

exclusion.jpgInterdire la mendicité ? "injuste et inutile"

Alors que le Grand Conseil vaudois, s'appuyant sur l'"exemple genevois", a décidé d'interdire la mendicité (et que le référendum lancé et soutenu par seulement une partie de la gauche a échoué au stade de la récolte de signature), la gauche genevoise propose au Grand Conseil d'abroger précisément l'article de la loi pénale cantonale qui interdit la mendicité. Une disposition "injuste et inutile", qui "s'attaque aux plus faibles" sans même réduire la mendicité, résume l'initiatrice de la démarche de l'abolir, la députée d'Ensemble à Gauche Jocelyne Haller. Les amendes (d'une centaine de francs en moyenne) imposées aux mendiants sont passées de 2000 en 2008 à 5739 en 2015, et les mendiants se mettent à les payer (ou à les faire payer par des proches) pour éviter de se retrouver en prison (les amendes étant convertibles en jours de détention), mais ils recommencent ensuite à mendier pour récupérer les sommes payées, et pour survivre. Il y a donc toujours autant de mendiants, et les coûts de procédure du système sont considérables. Certes,  Quant à l'existence de "réseaux" de mendiants professionnels organisés par "une sorte de mafia", hypothèse évoquée (et affirmée) par l'UDC, non seulement elle n'est pas avérée, mais même la police, qui n'a recensé en 2016 qu'une seule personne contrainte de mendier, la dément. Mais qu'importe la réalité des faits ? L'essentiel n'est-il pas de bien montrer aux mendiants ce que nous pensons d'eux ?

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lundi, 09 janvier 2017

Réforme de l'imposition des entreprises : Bonne rentrée, camarades !

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgDonc, le gouvernement genevois (puisque c'est lui qui, quoi qu'il s'en défende, est à l'origine de cette intéressante démarche) propose aux partis gouvernementaux (du MCG au PS en passant par le PLR, le PDC et les Verts) de n'être précisément plus que des partis gouvernementaux, sans autre autonomie de décision que celle consistant à décider de ne pas s'en servir pendant cinq ans. Le projet de convention soumis à ces partis (on peut le télécharger sur https://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/) les lierait non seulement au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises, à qui il s'agirait d'assurer "un soutien le plus large possible", mais également à un engagement de ne toucher ni à la taxe professionnelle communale, ni à l'imposition sur le lieu de travail, ni au bouclier fiscal, ni à l'évaluation fiscale de la valeur du patrimoine immobilier, ni à la déduction de la fortune investie dans une entreprise personnelle. Les partis invités à signer cet acte de désarmement politique sont partagés selon qu'ils sont à gauche ou à droite : à gauche, le comité directeur du PS propose à l'Assemblée générale du parti de refuser, ne serait-ce que parce que le projet de RIE III présenté par le Conseil d'Etat ne compense que très imparfaitement les pertes fiscales qu'il entraîne pour le canton et les communes. Les Verts ne semblent pas prêts non plus à signer. Certes, les trois partis de droite (PLR, PDC et MCG) y semblent, eux, disposés (encore qu'on nourrisse quelque doute sur leur capacité à respecter leur signature), leur réforme fiscale leur important plus que leur autonomie de décision, mais comme la validité de la convention  suppose l'accord de tous les partis gouvernementaux, il suffit qu'un seul  (disons, au hasard, le PS...) se refuse à se réduire au statut d'appendice du gouvernement, et de réduire ses députés au rôle que le "Canard Enchaîné" avait une fois pour toutes résumé par le terme de "godillots", pour que la convention finisse là d'où elle n'aurait jamais dû sortir. On le saura lundi 16 janvier, date de l'assemblée générale socialiste. D'ici là, et pendant encore le mois qui suivra, il s'agira de tout faire pour renvoyer à son expéditeur le projet fédéral de réforme (les sondage suggèrent un vote encore incertain, et même une majorité d'opposants en Suisse alémanique), et ses petits cadeaux à ceux qui n'en ont pas besoin. Bonne rentrée, camarades...

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jeudi, 22 décembre 2016

Budgets de la Ville et du canton : Genève et Genève sont dans un bateau...

Jetdeautordu.jpgChouette ! une nouvelle séance du Conseil Municipal de la Ville de Genève, aujourd'hui, pour adopter (ou refuser) le budget 2017 qu'on n'a pas été foutus d'adopter (ou de refuser) il y a deux semaines. A deux jours de noël (la séance peut durer toute la nuit : quand on aime, on ne compte pas son temps), nous préparera-t-on au moins une crèche dans la salle des séances ? Parce qu'on a tout ce qu'il faut : Pour l'âne et le bœuf, on a même l'embarras du choix. Pour Joseph, on devrait pas avoir de difficulté à trouver un cocu consentant. Pour Marie, c'est plus problématique : même au Conseil Municipal de la Ville, une vierge en cloque, ça se trouve pas facilement. Pour les rois mages, on verra sur place.  Et pour le chti Jesus, on suggère le chti MCG qui roupille déjà pendant toutes les séances... Ouala, on est au complet. On peut chanter "il est né le divin budget". Né, ou mort-né. Mais va falloir chanter fort pour couvrir les pleurnicheries du PLR brimé par la méchante Sandrine qui fait rien qu'à pas vouloir faire ce que le PLR voudrait qu'elle fasse, qu'elle n'a pas été élue pour faire, qu'elle ne fait donc pas et que le PLR qui trépigne d'impuissance électorale devant la porte du Palais Eynard depuis le départ de Pierre Maudet pour la Tour Baudet, ne peut pas faire.

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mercredi, 21 décembre 2016

Projet de convention entre partis "gouvernementaux" sur la RIE III : Silence dans les rangs !

libertepresse.jpgComment museler des partis politiques en leur faisant signer une "convention" par laquelle ils s'engagent à ne plus bouger pendant de années ? ça s'appelle un Projet de Convention relatif aux modalités de mise en œuvre de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), et c'est proposé par le Conseil d'Etat genevois aux partis dont des membres siègent en son sein, c'est-à-dire le PLR, le PDC, le PS, les Verts et le MCG (on trouvera le texte de la chose sur internet à l'adresse http://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/). Le PS se prononcera le 16 janvier en assemblée générale sur cette sorte de capitulation en rase campagne référendaire. Le Comité directeur propose de dire "non". C'est bon d'être accord avec le comité directeur de son parti. D'accord, faut pas en abuser, mais c'est bon...  D'autant que même si, par accident, inadvertance ou gueule de bois prolongée après les fêtes de fin d'année, une assemblée générale des socialistes genevois avalisait la proposition gouvernementale d'"Union Sacrée pour la RIE III", cet aval (ou cet avachissement) ne vaudrait que le temps qu'une autre assemblée générale l'envoie promener. Cela s'appelle un fonctionnement démocratique. Et ça exclut le port de la muselière. Même accepté dans un moment d'égarement.

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mercredi, 14 décembre 2016

Prestations en baisse, tarifs en hausse, personnel à bout : Les TPG dans la nasse

transports publics.jpgLe nouvel horaire des Transports publics genevois vient d'entrer en vigueur. Et après une réduction de 4 % de leurs prestations depuis deux ans, c'est une nouvelle réduction de 0,5 % qui leur a été imposée par leur direction (et leur ministère de tutelle, le département des Transports), alors qu'elle annonçait en octobre qu'elle opérait une "relance" après ces deux ans de "baisse contrainte". Contrainte par qui ? Ben, par la direction, avec l'aval du Conseil d'administration de la Régie et du département de tutelle (celui de Lulu). Et c'est la même méthode, éminemment politique (politicienne, plutôt) qu'il y a deux ans qui est utilisée : à l'époque, il s'agissait de punir les ingrats citoyens qui avaient voté une baisse des tarifs. Aujourd'hui, il s'agit de les convaincre d'en accepter la hausse, décidée par le Grand Conseil, mais combattue par un référendum. La rancune, c'est pas beau. Le chantage, non plus. Et surtout, ni la réduction des prestations ni la hausse des tarifs ne donneront aux TPG les moyens d'assumer à la fois à leur mission de service public, et leur responsabilité d'employeur. Les TPG sont dans la nasse :  pendant que la direction dirige, que le Conseil d'administration conseille, que le ministre de tutelle enfume et que la majorité de droite du Grand Conseil refuse d'augmenter la subvention à la Régie, le personnel (les conducteurs, les mécaniciens) trinque. Et menace d'une nouvelle grève. Et cette menace là est légitime.

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mardi, 13 décembre 2016

Pannes informatiques, intellectuelles et politiques : Genève en panne de budget

ARAIGNEE.jpgLa majorité de droite dilatée du Conseil Municipal de la Ville de Genève a une ligne. Une ligne de quoi, on ne sait pas, mais une ligne. Pour la deuxième année consécutive (et cette fois avec l'apport d'Ensemble à Gauche et de cinq Verts pour compenser la défection du PDC), elle empêche la Ville d'avoir un budget à temps pour éviter les « douzièmes provisionnels » (le budget de l'année précédente découpé en tranches mensuelles tant qu'un budget annuel n'a pas été adopté). On en vient d'ailleurs à se demander pourquoi ces « douzièmes provisionnels » ne deviennent pas la procédure budgétaire par défaut. Et on se réjouit déjà des (d)ébats budgétaires de l'année prochaine et des deux années suivantes (puisque la « législature » est désormais quinquennale), et de ce que la droite dilatée et ses alliés d'occasion nous inventeront pour ne pas avoir à faire leur boulot... Donc samedi, une panne informatique perturbant les votes s'étant ajoutée à une panne intellectuelle les rendant sans objet, il s'ensuivit une panne politique privant la Ville de budget pour l'année prochaine. Du moins jusqu'à ce que la majorité de son  Conseil municipal, même dilatée jusqu'à feue l'"extrême-gauche", condescende, même difficilement, à faire le travail pour lequel elle a été élue. Mais restons optimistes : peut-être que d'ici janvier... ou en février... ou en mars... ou le 1er avril, un sursaut de conscience politique dotera la Ville d'un budget. Peut-être.  Mesuré est notre optimisme.

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jeudi, 08 décembre 2016

Week-end prolongé du Conseil Municipal de Genève

droite-gauche.jpgAffres budgétaires rituelles

Samedi, dès 8 heures du matin et peut-être jusqu'à minuit, et si on y a pris goût (quand on aime on ne compte pas), encore lundi soir et jusqu'à mardi matin, le Conseil municipal de la Ville de Genève va s'attaquer à son exercice rituel favori : l'examen du projet de budget présenté par le Conseil administratif (et que la majorité de droite dilatée -MCG, UDC, PLR, PDC) a fait refuser (à une voix de majorité) par la Commission des Finances. On ne préjugera pas du résultat de cette nuit des petit couteaux suisses (avec tire-bouchon), et on ne sait pas si on en sortira avec un budget 2017 ou avec la reproduction du budget 2016 (il était bon, c'était le nôtre) découpé en tranches mensuelles. Ce qu'on sait déjà, c'est qu'incapable de proposer un budget alternatif à celui proposé par le Conseil administratif, la droite dilatée va essayer, en coupant n'importe quoi n'importe où dans le budget, de se donner au moins l'apparence d'exister, face à un Conseil administratif à 80 % de gauche, où elle ne réussit pas à faire élire un ou une deuxième représentant-e de ses partis, et où le seul représentant (PDC) de droite ne doit peut-être d'y être qu'au renoncement de la gauche à présenter cinq candidatures.

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mercredi, 07 décembre 2016

Ouverture des commerces genevois : L'année des quatre dimanches

consommation

Le 27 novembre dernier, à Genève, l'initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces, a été refusée par les citoyens et yennes. L'initiative n'était soutenue que par la gauche, en sus des syndicats. Elle n'en a pas moins obtenu plus de 47 % des suffrages, en étant acceptée en Ville et dans les villes de la ceinture. Et si elle a été refusée, c'est que lui était opposé un contre-projet (qui, lui, a été accepté) limitant les possibilités d'ouverture dominicale des commerces à trois dimanches par an jusqu'à 17 heures (plus le 31 décembre, jour férié dans une République qui commémore ce jour là, non la fin de l'année, mais la Restauration de son Ancien Régime, en oubliant au passage de quoi il était fait et comment il fut restauré). Le contre-projet et l'initiative étaient tous deux une réponse à une  décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance (et donc impossible à contrecarrer par un référendum) d'autoriser l'ouverture des commerces tous les dimanches de l'année dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laissant aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle, c'est ce que Genève a fait, en posant comme condition à l'autorisation d'ouverture dominicale (ou fériée) quatre fois par an, l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. L'année des quatre dimanches, en échange d'une  meilleure protection des travailleurs : le PLR et l'UDC s'y sont vainement opposés alors que le patronat du secteur l'acceptait. Les "partis de l'économie" ne sont pas tels qu'ils voudraient qu'on les considère

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vendredi, 02 décembre 2016

Tarifs des transports publics genevois : on va voter ("non")

tram2.jpgLe 23 septembre dernier, le Grand Conseil genevois avait voté une hausse des tarifs des transports publics genevois, faisant assumer par les usagers huit millions supplémentaires par an pour développer une offre que la même majorité, la direction des TPG et le Conseil d'Etat avaient préalablement réduite par refus d'augmenter la subvention cantonale à la régie publique.  Bref, le "développement de l'offre" qui est supposé justifier la hausse est en grande partie un simple rattrapage de sa réduction punitive passée. Le PS et Ensemble à Gauche avaient présenté au parlement cantonal une proposition de compromis, consistant à alléger la charge pour les usagers (sans la supprimer, mais en la faisant passer de huit à trois millions de francs par an), en échange d'une augmentation de cinq millions de francs de la subvention cantonale. Même le MCG avait soutenu cette proposition... mais pas les Verts... Et dans quelques années, une nouvelle hausse des tarifs sera proposée, justifiée par la mise en service du CEVA, mais consistant toujours à faire payer par les usagers la mise de l'offre au niveau de besoins croissants. Pendant quoi, les partisans de ces hausses continueront sans doute à se gargariser de beaux discours sur le développement des transports publics et de la mobilité douce. En attendant, un référendum a été lancé contre la dernière hausse décidée par le parlement, il a abouti, avec plus de 10'000 signatures. On votera donc, sans doute en mai 2017, pour dire ce qu'on pense d'un refus de donner aux TPG les moyens de leur développement en le finançant par le budget cantonal (voire les budgets municipaux) plutôt qu'en taxant les usagers, tout en invitant celles et ceux qui n'en usent pas encore à user des transports publics pour se déplacer en zone urbaine et péri-urbaine... comme si une augmentation des tarifs des transports publics allait les y inciter...

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mercredi, 30 novembre 2016

Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises: La charrue, les boeufs et le consensus

Une étrange agitation semble s'être emparée des partis politiques genevois (et du Conseil d'Etat, et même du Conseil administratif de la Ville), à propos du volet cantonal de la réforme des entreprises (RIE III), dans la version qu'en propose le Conseil d'Etat, alors même que le sort du cadre fédéral de cette réforme n'est pas encore scellé, puisqu'il ne sera que dans trois mois, le 12 février, en vote populaire après que le référendum lancé par la gauche ait (largement) abouti. Or si la réforme fédérale devait subir le sort que nous souhaitons lui réserver (un refus), la proposition de réforme cantonale faite par nos Magnifiques Seigneurs et Syndics ne reposerait plus sur rien -même pas sur du vent. Qu'importe : on négocie dans tous les coins. On parle même d'une "convention" qui lierait les partis "gouvernementaux genevois" (le PLR, le PDC, le MCG, les Verts et le PS) pendant une législature entière, et par laquelle ils s'engageraient à ne pas déposer de projets ayant des conséquences sur le budget, qu'il s'agisse de nouvelles dépenses, de nouvelles économies ou de modifications fiscales. Que vaudrait un tel engagement, dont seuls les partis gouvernementaux seraient signataires, et qui ne s'imposerait donc ni aux forces d'opposition (de droite ou de gauche), ni aux organisations sociales (patronales et syndicales, notamment), ni aux citoyens... ni même aux membres, militants, élus des partis signataires ? Rien. Du vent. Du même vent que celui sur lequel on tente de construire un consensus sur une réforme cantonale reposant sur une réforme fédérale dont on ne peut prédire le sort que le peuple lui réservera. On ne serait là pas en train de mettre une charrue (au soc douteux) avant les boeufs ?

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vendredi, 25 novembre 2016

La droite municipale genevoise refuse le budget de la Ville


Au prétexte de la RIE III

La majorité de droite dilatée de la commission des Finances du Conseil municipal de la Ville de Genève (on a notre dose de génitifs, là...) a donc refusé le projet de budget 2017 présenté par le Conseil administratif. Prétexte du refus : la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), qui va entraîner des pertes de ressources de plusieurs dizaines de millions de francs par année pour la Ville. L'ironie de la situation tient évidemment au fait que la droite qui refuse le projet de budget au nom des pertes fiscales provoquées par la réforme, soutient ladite réforme dans la version présentée par le Conseil d'Etat, appelle le Conseil municipal à la soutenir et même à soutenir la possibilité donnée aux communes d'adopter pendant cinq ans des budgets déficitaires, alors qu'elle (la droite dilatée municipale, donc)  exige en Ville un excédent budgétaire d'au moins 15 millions... Ce qui serait d'ailleurs facile à obtenir en augmentant d'un centime additionnel le taux de l'impôt communal...

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mardi, 22 novembre 2016

Union des Villes Genevoises : Que peste la droite rupestre !

On se souvient que la création de l'Union des Villes Genevoises, non pas concurremment mais parallèlement à l'Association des Communes genevoises (qui regroupe les 45 communes du canton, de la plus petite à la plus grande, de la moins peuplée à la plus peuplée) avait donné des boutons à la droite (et aux droites municipales, à quelques exceptions près), qui y voyait une entreprise sournoise de la gauche pour affaiblit la vieille Association des communes genevoises, où la droite, précisément, et en particulier la droite des villages, est hégémonique. Certes, l'initiative de créer l'UVG avait été prise par des magistrates et magistrats de gauche, mais elle était ouverte (et l'est toujours) à toutes les magistrates et magistrats, de gauche, de droite, du centre ou d'ailleurs, membres des exécutifs municipaux y ayant adhéré. Les élus de droite des six exécutifs membres de l'Union y participent d'ailleurs activement, et si l'UVG ne rassemble que des exécutifs à majorité de gauche (ceux de Genève, Vernier, Lancy, Meyrin, Carouge et Onex), c'est que ceux à majorité de droite ont refusé d'y adhérer. Et c'est donc maintenant les droites municipales des villes qui demandent aux exécutifs municipaux de quitter l'Union des villes. Pour inciter les membres de ces exécutifs à créer à la place une Amicale des Conseiller-e-s Administratif-ves des Villes Genevoises ?

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lundi, 14 novembre 2016

L'Appel de Genève, ou le renouveau du droit international humanitaire

Sortir des tranchées battues

La plupart des conflits armés d'aujourd'hui impliquent des groupes armés autres que les forces militaires ou policières des Etats : ces "groupes armés non-étatiques" (dont certains sont toutefois liés à des Etats ou à des gouvernements, ou à des forces politiques gouvernementales, qui ne reconnaissent pas ce lien). Or ces acteurs non étatiques ne sont parties d'aucun traité international : le droit international, y compris le droit international humanitaire, est un droit des Etats, et les règles qu'il pose, ce sont les Etats qui les ont posées, sont supposés les respecter et peuvent être sanctionnés s'ils ne les respectent pas -à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas trop puissants pour être sanctionnés.  Les groupes armés peuvent-ils être tenus pour irresponsables de leurs actes, et libres de tout engagement international ? Ce n'est pas l'avis de l'Appel de Genève, qui s'est précisément créé, sortant des tranchées battues, pour que ces groupes admettent avoir à respecter des règles dont on exige le respect par les Etats -y compris les Etats qu'ils combattent. Car si la guerre n'est plus ce qu'elle était, ses conséquences et ses victimes sont toujours les mêmes : les civils, en général, et tout particulièrement les enfants et les femmes. Victimes des forces militaires et policières gouvernementales, mais aussi des groupes armés non étatiques. Reconnu par l'ONU pour son travail, l'Appel de Genève l'a également été par la Ville de Genève, et, tout récemment, par la Fondation pour Genève, qui accordé son prix 2016 à la Fondatrice de l'Appel, Elisabeth Decrey-Warner.

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vendredi, 11 novembre 2016

Ouverture des commerces le dimanche et protection des travailleuses : Un deal défendable

On va voter à Genève, dans deux semaines, sur une initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Cette initiative était d'abord une réponse à la décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance et donc impossible à contrecarrer par un référendum, d'élargir ces possibilités à tous les dimanches dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laisse aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle -ce que Genève s'apprête à faire, si l'initiative ou le contre-projet parlementaire passe le cap du vote populaire le 27 novembre prochain. Car contre-projet il y a : d'une réponse à une offensive patronale, on est passé à l'usage de l'initiative comme moyen de renforcer la protection des salariés de toute une branche, en posant comme exigence l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. Cette exigence a été reprise dans le contre-projet à l'initiative (et elle explique l'opposition de la droite libérale à ce contre-projet) : le deal, c'est un peu plus d'ouverture des magasins le dimanche, en échange d'une convention élargie. Et ça se défend -on peut donc aussi voter "oui" au contre-projet... et même, si l'on privilégie la protection des travailleurs (surtout des travailleuses, en l’occurrence) , le privilégier en cas d'acceptation des deux textes.

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18:13 Publié dans Commerce, Genève, syndicats, Travail, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : consommation | |  Facebook | | | |

mardi, 08 novembre 2016

Proclamer nos villes "villes de refuge" : Plus qu'une rhétorique

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Un appel soutenu par 10'000 personnes a été remis le 20 juin à une représentante de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga : il demande à la Suisse d'accueillir rapidement 50'000 réfugiés. "Les frontières ne doivent plus tuer", a proclamé la présidente du syndicat Unia, alors que, du même syndicat, Alessandro Pelizzari, à l'origine des pétitions, rappelait que la fermeture des frontières européennes avait pour conséquence des milliers de morts en mer et des dizaines de milliers de morts-vivants entassés sur terre dans des conditions inacceptables. "Nous ne serions pas ce que nous sommes devenus sans les gens venus de l'extérieur", a enfin résumé le rappeur Greis. Voila. C'est ce qui s'appelle être à contre-courant. Et c'est la preuve qu'on est vivants : le sens du courant, c'est bon pour les poissons morts. L'appel pour l'accueil de 50'000 réfugiés invite également les villes suisses à se proclamer "ville de refuge" pour accueillir concrètement les réfugiés. Et qu'est-ce qu'une ville-refuge ? A Genève, où une motion déposée au Conseil municipal demande que la Ville soit toujours ville de refuge", si on ne s'autosatisfait pas  de la nostalgie des temps héroïque du Refuge huguenot, ou d'une autoproclamation idéaliste, ce peut être l'accueil de réfugiés par des familles d'ici. Et cela se fait déjà. Et cela peut se faire plus.

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15:34 Publié dans Droits de l'Homme, Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : asile, refuge | |  Facebook | | | |