jeudi, 07 février 2013

Candidatures socialistes au Conseil d'Etat : Quatre, sinon quoi ?

Le Comité directeur du PS genevois a donc pris la position qu'on souhaitait qu'il prenne : il propose au congrès du parti, le 9 mars prochain, de présenter au premier tour de l'élection du Conseil d'Etat les quatre candidat-e-s à la candidature qui se sont annoncé-e-s : Sandrine Salerno, Thierry Apotheloz, Anne Emery Torracinta et Roger Deneys. Une belle brochette tout ce qu'il y a de plus paritaire (et toc !) : deux magistrats, deux députés; deux hommes, deux femmes; deux citadins, deux périphériques (non, c'est pas péjoratif, lâche ce cardon, Roger...). A la gauche de la gauche, on n'est pas mécontents de cette proposition, mais chez les Verts, ça groume. Parce qu'on voudrait bien, de ce côté là, une liste unique au premier tour déjà, histoire d'assurer au second tour l'élection de leurs deux candidats à eux.

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mardi, 05 février 2013

Interdiction de la mendicité : Lausanne dans l'impasse genevoise ?

Au Conseil communal de Lausanne, mardi dernier, on a débattu de l'interdiction de la « mendicité par métier» avant que d'interrompre cette glose pour la reprendre aujourd'hui. Le débat porte sur le contre-projet, émanant de la  municipalité de gauche, à une initiative de droite demandant d'appliquer à Lausanne une interdiction comparable à celle décrétée à Genève, où elle relève d'un vaste foutage de gueule si l'on s'en tient à son objectif affirmé (l'interdiction de la « mendicité par métier », donc), et d'un dispositif carrément raciste si on examine à qui il s'applique en priorité, sinon en exclusivité : les Rroms. Le contre-projet municipal, soutenu par le PLR, le PS et une partie des Verts, combattu par une autre partie des Verts et par La Gauche, dispose d'une majorité suffisante. Mais qu'est-ce que le PS et les Verts peuvent bien avoir à faire avec une proposition inutile, démagogique et impraticable, à Lausanne comme à Genève ?

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lundi, 04 février 2013

Acquisition de la nationalité par naturalisation : J'y vis, j'en suis !

Bientôt, au Conseil Municipal de la Ville, arrivera en séance plénière la proposition que nous commîmes naguère de supprimer la commission municipale des naturalisations. Une proposition déjà faite en mars 2011, et alors (déjà ?) refusée par une confortable majorité du Conseil, transcendant allègrement les clivages politiques (comme ce fut à nouveau le cas lors de l'examen en commission de sa réédition, qui ne fut soutenue que par les socialistes et les Verts) -ce qui ne pouvait évidemment suffire à convaincre son auteur de renoncer à la défendre et en l'occurrence  à la représenter : cent fois sur le métier...

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vendredi, 01 février 2013

Elle court, elle court, la rumeur

Mais kibèzki ?

C'est le plus vieux medium du monde. Pas le plus courageux, mais le plus économique. Le plus efficace, aussi, puisque le moins contrôlable, et le seul qui évite à l'émetteur d'une « information » d'avoir à l'assumer, et à rendre compte de sa véracité. Vous pouvez tout faire passer par une rumeur. Tout et n'importe quoi  le vrai comme le faux, l'absurde, l'injurieux. Le moralisateur hypocrite salive en cancanant, l'envieux prend ses marques en dévalorisant. La rumeur précède l'information. En la dévaluant par avance. Elle accompagne la politique. En la réduisant à ce qu'elle a de pire, et de plus vide. On ne se demande pas qui propose quoi, on veut savoir qui couche avec qui. La politique pour les nuls, en somme.

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jeudi, 31 janvier 2013

Parité des genres, limitation des mandats et de leur cumul : Du bon usage des entraves statutaires

Que circule le sang neuf !

Lundi soir, l'Assemblée générale du PS de la Ville de Genève a «toiletté» les statuts du parti municipal. En abolissant, notamment, l'obligation de la parité des genres sur les listes électorales pour le Conseil administratif. La proposition ne pouvait être suspectée de machisme, puisqu'elle émanait, entre autres, de féministes, soucieuses de permettre la présentation, un jour, de deux femmes au lieu que le parti se contraigne à présenter forcément un homme dès que l'on présente plusieurs candidatures. Peu importe, au fond : l'exigence de parité ou les quotas n'ont pas seulement pour fonction d'assurer une «représentation équitable des deux sexes dans les organes», comme le disent avec une poésie quasiment strauss-kahnienne quelques statuts socialistes, mais aussi d'assurer un renouvellement des représentations socialistes. De faire circuler du sang neuf, en somme.

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mardi, 22 janvier 2013

Caisses de retraites publiques : Ne plus perdre de temps

Tout à l'heure, ou demain matin, en session extraordinaire du Conseil Municipal de la Ville de Genève (et dans un mois et des poussières en votation populaire), on se prononcera sur le sort des caisses de retraite publiques. Et on n'aura pas assez de toute cette session extraordinaire et de tout ce mois et ses poussières pour pouvoir dire tout le mal que nous pensons du système du « 2ème pilier ». Seulement voilà : nous ne sommes pas encore la Commune avec un grand « C », mais seulement la commune avec un petit « c ». Nous ne sommes pas souverains. Nous sommes (hélas) tenus par un droit qui n'est pas le nôtre -un droit fédéral qui a institué ce système dont on ne peut dire qu'une chose : que nous n'en voulons plus. Alors demain et dans un mois et des poussières, on votera pour le moindre mal et ne plus perdre de temps à essayer de replâtrer un système qu'il s'impose de changer. « Radicalmente e da capo ».

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lundi, 21 janvier 2013

Elections cantonales genevoises : Ouverture des jeux (de chaises musicales)

chaises musicales.jpgLes élections cantonales genevoises, c'est pour cet automne. Le jeu des chaises musicales (disons : des sièges musicaux) pour l'élection du Conseil d'Etat, c'est déjà maintenant. Et les incertitudes sur les alliances, c'est depuis quelques mois. Bref, on s'affaire à droite et à gauche (il y a longtemps qu'il n'y a plus de « centre », à supposer que cet improbable espace ait jamais été autre chose que le moyeu d'une girouette). On soupèse, on calcule, on jauge, on lance des avertissements sans frais. On fait de la politique comme on fait ses comptes. Au risque d'oublier ce qui justifie qu'on en fasse : avoir un projet politique, et pas seulement un plan de carrière. Et au risque aussi, pour les Verts et le PS, qui ont soutenu (pas nous, pas nous...) le projet de nouvelle constitution, d'oublier ce qu'il permet alors qu'Ensemble à gauche, qui l'a combattu, en tiendrait compte...

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jeudi, 17 janvier 2013

Investissements culturels à Genève : Déshabiller Paul pour rhabiller Jean ?

Hier, le Conseil Municipal de Genève a voté à une majorité écrasante (seul le MCG s'y est opposé) une motion demandant de rétablir pour 2015 les travaux de rénovation du Grand Théâtre, que le Conseil administratif envisageait de reporter à 2017. La même droite traditionnelle, augmentée de l'extrême-droite, avait fait accepter un mois auparavant une réduction de 40 millions du volume d'investissements autorisés chaque année. Or les travaux au Grand Théâtre coûteront, au moins, 30 millions et demi de francs. On a donc, en un mois, voté une restriction et heureusement décidé de n'en pas tenir compte...

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jeudi, 10 janvier 2013

Tarifs des Transports publics genevois : Tais-toi et paie !

Comme prévisible, le PS ne soutiendra pas l'initiative de l'AVIVO proposant d'inscrire les tarifs des Transports Publics Genevois dans la loi, et donc d'ouvrir la possibilité d'un référendum contre toute modification de ces tarifs. Cette initiative avait pourtant été lancée avec le soutien du PS, dans la foulée d'une pétition lancée par le PS et d'actions menées par la Jeunesse Socialiste, contre une hausse, finalement reportée, des tarifs des TPG. Peu importe, après tout : les partis proposent, les militants disposent, et nous disposerons d'un soutien à une initiative qui donne aux usagers payants des TPG le droit de se prononcer sur des tarifs décidés par des gens dispensés de s'en acquitter.

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jeudi, 20 décembre 2012

Sécurité, insécurité et gesticulations politiques : Maudet et Jornot sont dans un bateau...

Grande nouvelle à Genève : le ministre PLR de la Sécurité et le Procureur général PLR sont d'accord de travailler ensemble, et ont promis de faire appliquer la loi. Et les cris de satisfaction poussés à cette nouvelle en disent plus que des pages d'analyse où on en était avant que les deux responsables de la sécurité publique genevoise aient assuré qu'ils allaient faire leur boulot, le faire ensemble, et pour comble, en respectant la loi. Que faisaient donc leurs prédécesseurs, PLR elle et lui aussi, Rochat et Zappelli ? Reste que ces belles déclarations énamourées ne changent strictement rien aux données lourdes du problème « sécuritaire » genevois : « A l'avenir, il y aura une intensification de la violence », avait prévenu la cheffe de la police genevoise, s'adressant en décembre dernier au public de la « Cité Seniors ». Et de préciser qu'« on a affaire à des gens qui n'ont rien à perdre », à des « multirécidivistes qui vivent de leurs activités criminelles » et que la perspective de passer des mois ou des années en prison n'effraie pas plus que la peine de mort n'effrayait leurs homologues des siècles passés.

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mercredi, 19 décembre 2012

TPG : Pagani résiste, la droite s'étrangle

La loi, la légitimité, le Droit, les droits...

Avant-hier, un événement considérable s'est produit à Genève : un membre du Conseil d'administration des Transports Publics Genevois s'est rendu à la réunion dudit Conseil. Bon, évidemment, à le dire comme cela, on pourrait donner l'impression que, comme d'habitude à Piogre, on se pousse un peu du col pour faire d'une querelle picrocholine un conflit fondamental... mais quand on aura précisé que le membre en question est Maire de Genève, qu'il a été désigné au Conseil d'administration en question pour y représenter sa Ville, que le parlement genevois a subrepticement décidé qu'il n'en avait plus le droit, que le gouvernement genevois s'est empressé de tenter de faire appliquer cette décision sans même prendre celui de révoquer ledit Maire et que deux autres membres du Conseil d'administration ont cru judicieux de proposer qu'il soit fait appel à la maréchaussée pour expulser le Maire de Genève de la salle du Conseil d'administration des transports publics de Genève, l'affaire prend un peu plus de sel.

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dimanche, 16 décembre 2012

Exclusion du maire de Genève du Conseil d'Administration des Transports Publics Genevois : Faire voter une résolution, c'est bien. Continuer à la défendre ensuite, c'est encore mieux...

Baclée de pesée au Bachet de Pesay

accidentCGTE.jpgLe 20 novembre, le Conseil Municipal de la Ville de Genève acceptait un projet de résolution considérant que « La Ville de Genève doit être représentée au Conseil d'administration des Transports Publics Genevois » et répondant au vote en catimini par le Grand Conseil d'une modification de la loi sur les TPG, destinée explicitement à exclure du Conseil d'Administration de la Régie le Conseiller administratif Rémy Pagani, en charge de l'Aménagement -et donc... des aménagements connexes au réseau TPG en Ville de Genève. En revanche, le représentant de l'Association des communes genevoises, par définition magistrat communal, a bénéficié de la mansuétude du Grand Conseil et continuera de siéger au sein du conseil d'administration des TPG. On suppose qu'in petto, les députés ayant voté l'exclusion du Conseiller administratif Rémy Pagani rêvent de voir les communes genevoises représentées aux TPG par un magistrat issu de la plus petite possible d'entre elles, de préférence même pas desservie par les TPG. Céligny serait la candidate idéale... Tout, plutôt que la Ville ?

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vendredi, 14 décembre 2012

A propos d'une demande de levée d'immunité...

Règlement de comptes truqué

La levée de l'immunité de deux anciens magistrats de la Cour des Comptes, Daniel Devaud (démissionnaire) et Stéphane Geiger (qui n'avait pas sollicité un nouveau mandat) était à l'ordre du jour (mais à huis-clos) du Grand Conseil genevois, hier soir.  On ne sait pas à l'heure où on écrit ici si la demande du procureur général Jornot a été satisfaite (et pour être franc, jusqu'à ce qu'on nous somme quasiment de dire ce qu'on en pensait, on s'en tamponnait un peu la conscience politique), et on en écrit donc dans une commode incertitude, mais les raisons, ou plutôt les prétextes, de Jornot fleurant le pur et simple règlement de comptes truqué à l'encontre de Devaud (Geiger n'étant de toute évidence visé que comme un leurre,  pour faire « équitable »), il n'est peut-être pas totalement inutile de glisser quelques mots d'un principe contestable,  celui de l'immunité, et d'une mesure, la levée de cette immunité, tout aussi contestable vu les justifications que le procureur lui donne...

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jeudi, 13 décembre 2012

45 budgets publics adoptés. Reste le 46ème...

Jouer la montre, manier la hache...

cartel.jpgLes 45 communes genevoises ont bouclé leurs budgets. Seules deux d'entre elles (Bernex et Troinex) prévoient un déficit, qu'elles devront résorber dans les quatre ans, et deux autres une (légère) hausse de l'impôt communal pour équilibrer leurs prévisions. Sur les 46 collectivités publiques du canton, 45 ont donc fait leur boulot à temps. Laquelle manque à l'appel ? Celle qui s'est elle-même chargée de vérifier si les autres ont fait ce qu'elle-même ne fait pas : le canton. Il devait adopter son budget ces jours, il en sera incapable, la droite ayant refusé même d'examiner le projet du gouvernement. La République entamera donc l'année 2013 sans budget. Tout à l'heure, à 16 heures 30, devant l'Hôtel-de-Ville, on aura l'occasion, à l'appel du Cartel intersyndical de la fonction publique, de dire ce qu'on en pense -et ce qu'on pense des propositions délirantes faites par ceux qui, après avoir joué la montre, jouent de la hache pour tailler dans les dépenses les plus utiles à la population. Celles qui permettent aux services publics d'être un peu plus que des distributeurs de sparadraps sociaux...

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mercredi, 12 décembre 2012

Budget de la Ville de Genève : Le poids (légitime) de la culture

En adoptant samedi, à un pas de course de fond plutôt que celui du marathon habituel, le budget de la Ville de Genève, le Conseil municipal a adopté le budget culturel de la Commune. C'est-à-dire le plus important de ses budgets spécifiques, et le plus important budget culturel de la région. Et peut-être même (mais on n'a pas vérifié avec toute la rigueur scientifique qu'on nous connaît) le plus important de toutes les municipalités de Suisse. Un acte politique déterminant, donc. Mais un acte politique contraint par la responsabilité que la répartition des tâches régnant à Genève impose à la commune (elle pourrait certes s'y soustraire, mais ce serait, de sa part, parfaitement irresponsable, dans tous les sens du terme) et par les limites posées par la doxa politique régnante : celle de l'équilibre budgétaire et de la modestie des ambitions. Limites qui, très concrètement, empêchent la politique culturelle genevoise de se déployer comme elle devrait.

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lundi, 10 décembre 2012

La Ville de Genève a un budget. Elle.

A l'ombre des élections en bourgeons...

Contrairement au canton, la Ville de Genève dispose (c'était attendu) d'un budget pour 2013, et pour la première fois depuis quatre ans, le budget de la Commune a été adopté en une journée. Le projet de budget, adopté à l'unanimité par la commission des finances, qui avait amendé le projet initial du Conseil administratif, a été repris par celui-ci. Il présente un excédent symbolique de 7000 francs. C'est ce projet qui a été ratifié par le Conseil Municipal samedi, contre les groupes de l'Entente (PDC et PLR) et moyennant l'abstention du groupe «Ensemble à Gauche». Mais l'ombre des élections cantonales de 2013 (pas encore en fleurs, mais déjà en bourgeons) a plané sur le débat budgétaire municipal, ou plutôt sur ce qu'en a rendu possible, et ce fut assez réduit, la procédure utilisée pour permettre aux conseillères et conseillers municipaux d'en finir en un jour avec leur pensum annuel.

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jeudi, 06 décembre 2012

Aujourd'hui, grève de la fonction publique genevoise

Ah, la (pas) belle escalade !

On se souvient que l'intention de nombreux enseignants de ne pas organiiser de fêtes de l'Escalade* dans les Cycles d'Orientation, pour protester contre les «économies»  budgétaires proposées par le Conseil d'Etat (et les coupes proposées par la droite) a fait hurler au scandale, au crime de lèse-majesté, à la prise en otage de nos chères têtes blondes pour des raisons (beuark) politiques ou (pfff...) syndicales. Or cet après-midi, les acteurs de ce boycott seront dans la rue, et feront cortège, avec d'autres travailleurs et travailleuses de la fonction publique. Ce cortège ne sera pas un cortège de l'Escalade mais contre l'escalade. Mettez une majuscule ou une minuscule à un mot, et son contenu change : demain, ce n'est pas un cortège DE l'Escalade avec un E majuscule qui se rassemblera à 16 heures 15, à la place de Neuve. C'est un cortège CONTRE l'escalade avec un e minuscule. Contre l'escalade des propositions de coupes budgétaires irrationnelles et des propositions délirantes (comme celle de multiplier par quinze le montant de la taxe personnelle payée par chaque contribuable, y compris celles et ceux dont le revenu est si bas qu'il n'est même pas imposable et que les huissiers de l'Office des Poursuites n'y trouvent plus rien à saisir...), Un cortège pour le service public, c'est-à-dire pour ce qui garantit l'exercice réel des droits sociaux de la population...

*pour les allogènes, précisons que l'Escalade est la fête « nationale » genevoise, célébrant (pour résumer) la victoire des pasteurs français sur les mercenaires espagnols du Duc de Savoie...

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vendredi, 30 novembre 2012

De la résistance à l'« austérité » à la lutte contre le dumping salarial

Appel2.jpgManif, manif et remanif...

Vous avez manifesté avec la fonction publique (même si vous n'en êtes pas, ou plus)  tout à l'heure sur la Treille ? C'est bien. On ne vous y a peut-être pas vu, mais on vous croit : vous y étiez. Mais rangez pas vos doudounes : cet fin d'après-midi de 16 heures 30 à 17 heures,  y'a encore rassemblement à l'appel des syndicats devant l'Hôtel-de-Ville, ousque le Grand Conseil va décider du sort qu'il entend réserver à l'initiative syndicale contre le dumping salarial : l'invalider partiellement ou la soumettre telle qu'elle au peuple en courant le risque qu'elle soit acceptée, ce dont le patronat et la majorité (parlementaire et gouvernementale) de droite ne veulent pas entendre parler. L'initiative demande la constitution d'une inspection des entreprises formée de représentants des travailleurs, chargée d'inciter les employeurs au respect des conventions collectives et des lois sur le travail, et pouvant dénoncer celles qui délinquent. La droite, le patronat et le Conseil d'Etat trouvent « partiale » une instance de contrôle peuplée de syndicalistes. Au fond, il a raison, le gouvernement : c'est vrai que défendre les victimes du dumping salarial plutôt que ceux qui le pratiquent, c'est assez partial.

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lundi, 26 novembre 2012

Budget cantonal genevois : Copie révisée ? copie jetable...

cartel.jpgLe Conseil d'Etat genevois a déposé une nouvelle mouture du projet de budget cantonal, après le refus d'entrer en matière opposé par la majorité parlementaire (de droite) à un premier projet. La nouvelle copie prévoit toujours un déficit, mais moindre que celui de l'ancienne grâce à une évaluation « technique » à la hausse des recettes fiscales (des taxations n'avaient pas été bouclées lors du dépôt du premier projet), mais aussi grâce (encore que nulle grâce n'y soit pour quoi que ce soit)  à de nouvelles coupes dans les dépenses, en particulier dans le budget de l'Instruction Publique. Et il semble bien qu'il n'y ait guère que le risque politique de se retrouver devant le peuple, le 3 mars lors de la la mise en votation de la fusion des ciasses de pension publiques CEH et CIA, en ayant été incapable de doter la République d'un budget, qui puisse faire réfléchir la droite genevoise. A moins bien entendu que la mobilisation à laquelle invitent les syndicats de la fonction publique (www.cartel-ge.ch), contre les propositions du gouvernement et celles, pires encore, de la majorité parlementaire, soit massive : premiers rendez-vous ce jeudi 29 novembre, à 16.heures 30 devant l'Hôtel-de-Ville pour un rassemblement, partant en manifestation à 18 heures vers la Salle communale de Plainpalais où se tiendra à 18 heures 30 une assemblée générale du personnel.

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jeudi, 22 novembre 2012

Et Jean-Jacques revint...

Elle : Enfin...
Lui : Enfin ?
Elle : Enfin... enfin te revoilà... il y avait si longtemps...
Lui : ... que je n’étais plus revenu à Genève, oui... mais tu sais ce qui m’en avait tenu éloigné : ce qui me requérait ailleurs avait singulièrement plus de force que ce qui m’y aurait retenu. Si on y avait encore voulu de moi...
Elle : Que t'importe, qu'on y veuille ou non de toi ? Cette ville est ta ville, non ?
Lui : Bien sûr, ma ville... mais j’ai toujours la même impression d’étrangeté à m’entendre dire « ma ville ». Genève n’appartient à personne, et surtout pas à qui croit en détenir les clefs et croit pouvoir parler en son nom. Elle appartient à ceux qui l’habitent, d’où qu’ils viennent, à ceux qui la font vivante, quels qu’ils soient. Et à ceux qui la rêvent, où qu’ils soient.
Elle : Et l'as tu reconnue, « ta ville », ou le rêve que tu entretenais d'elle, en revenant sur tes pas ?
Lui : Je l'ai trouvée changée, comme agrandie. Mais c’est peut-être d'avoir été fidèle à elle-même, à ce qui l’avait constituée, à ce qu’elle continuait d’être, même sans le savoir ou sans qu’elle s’en souvienne. Je l'ai reconnue non pas telle qu'elle était. je l'ai reconnue un peu telle que je la voyais, ou voulais la voir...

Elle : Nous n'aurions changé la ville que pour lui permettre de se ressembler à nouveau ou te permettre à toi de la retrouver telle que tu la rêvais ?
Lui : J’avais quitté une ville engoncée, ne sachant plus très bien ce qu’elle voulait faire d’elle-même, se remettant encore lentement d’avoir abandonné à d’autres le soin de lui assigner un destin -et quel destin ! celui d’un centre commercial, d’un parking, d’un échangeur d’autoroutes… Genève s’est réveillée, et se réveillant s’est ébrouée, et s’ébrouant s’est émancipée.
Elle : Ne crois pas que ce fut simple... Il a fallu que nous échappions à nos propres frontières... ton mot, « s'ébrouer », c'est le mot juste. Nous nous sommes ébroués, comme quand on s'éveille. Et en nous ébrouant, nous avons reconnu notre ville : vieille de 2000 ans, Commune depuis 1000 ans, République depuis 500 ans, et canton pour l’accessoire depuis que, revenus dans les fourgons d’une armée étrangère en chassant une autre, quelques notables avaient encore si grande peur des révolutions de France qu’ils virent en la Suisse une assurance tous risques politiques...
Lui : N'étiez-vous pas las de contempler à vos portes l’Europe en train de se faire, si difficilement que cela soit, n'étiez-vous pas fatigués d’attendre que se déchirent les mythes et que se dissipent les peurs pour sauter à communes jointes par dessus cette frontière qui traversait la ville réelle ?
Elle : Oui, et pourtant, tout cela n'était qu'évidence...
Lui : Une évidence ?  mais pourquoi mit-elle si longtemps à s’imposer, qu’on avait fini par la prendre pour un projet révolutionnaire. Eppur si muove… Il en fut d’autres évidences comme de celle-ci, et je mesure bien, pour les avoir rencontrés, les obstacles qu’il faut surmonter pour que des mots comme « égalité », «démocratie», « contrat social », sortent des discours pour prendre leur vrai sens, lourd, vérifiable…
Elle : Eh oui, citoyen de Genève... On a toujours beaucoup parlé ici, et beaucoup écrit, et toi le premier. Enfin, non, pas le premier, mais pas des moindres...  Genève est une ville de mots. Il en aura fallu dire et écrire beaucoup, longtemps, pour que les actes suivent. Mais ils suivent. Ils finissent toujours par suivre... et ces promeneurs là ne sont pas solitaires...

Lui :  Il fut un temps, le mien, où l’on était tenu de croire que la « démocratie » ne pouvait se concevoir que si les citoyens ne s’en servaient pas. L'exclusion des droits politiques n’était pas une faiblesse du système, mais le système même. Ainsi la décision politique restait-elle en mains d’un petit nombre de gens (surtout des hommes, surtout des universitaires, surtout des membres actifs d’organisations politiques, sociales ou économiques puissantes, surtout des gens aisés…) décidant pour le grand nombre. Fermée aux étrangers, étrangère aux pauvres, méfiante à l’égard des femmes, ignorante des jeunes, cette vieille démocratie était un jeu d’initiés, cette vieille République un club privé, d'autres que moi disaient que la ville de Rousseau était politiquement celle de Voltaire.
Elle : Tu le vois : il s’est bien passé quelque chose ici. Genève n’a peut-être pas été révolutionnée mais réformée (pardonne-moi ce jeu de mot que l’Histoire me souffle), et c’est un peu la même chose, dans cette ville un peu arrogante, en tous cas orgueilleuse, résistant dans le même mouvement où elle s’ouvre, provinciale et planétaire tout à la fois. Nous avons retrouvé le monde -le vrai, pas celui des chiffres et des quantités, celui des hommes et des femmes, des idées et des peuples. Celles et ceux que l’on pourchasse pour leur parole libre trouvent à nouveau ici un asile ; les villes que l’ordre du monde déchirent trouvent en la nôtre une amie. Genève ne donne plus de leçons sans tendre la main.
Lui : C’est un geste qu’elle sut faire autrefois, et qu’elle oublia. Elle prit pour une raison d’être ce qui n’était qu’un moyen d’exister ; sa richesse l’avait assoupie, elle sommeillait sur son matelas d’or, drapée d’une bannière à croix rouge, bercée par le murmure de ses banquiers, quelques souvenirs héroïques meublant ses rêves.
Elle : Ce n’est pas si facile qu’on le dit de rompre avec des habitudes dont avait fait des lois, et avec des lois que l’on prenait pour une fatalité. Ce fut fait pourtant, et bien fait.

Lui : Merci... J’avais envie de revenir à Genève, j’ai désormais envie d’y rester. Et de t'y attendre. Notre vieil Héraclite ne nous disait-il pas : « Si tu n’espères pas l’inespéré, tu ne le trouveras pas » ? Je t'espère...
Elle : ... espère moi...  et contente-t'en...

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