mardi, 19 novembre 2013

Coupes budgétaires (même dans un budget équilibré...) : Mobilisations !

A La Chaux de Fonds, samedi, 600 manifestants, rassemblés pour dénoncer les mesures d'« austérité »  adoptées par le gouvernement (de gauche) pour équilibrer le budget, ont conspué le président (socialiste) du Conseil d'Etat. A Genève, la droite municipale a fait proposer par la commission des finances des mesures qui ne sont même pas d'«austérité », mais de pur élagage, sans même l'explication, ou l'alibi, d'un déficit budgétaire à effacer, puisque le budget attaqué était équilibré. Lundi prochain, 25 novembre, à 16 heures devant l'Hôtel-de-Ville, un rassemblement  devrait se tenir à l'appel, de la gauche, des syndicats, de la commission du personnel de la Ville et des associations visées par les coupes budgétaires proposées par la droite en Ville de Genève, pour lui dire son fait, à la droite municipale. Et c'est une bonne date pour cela, le 25 novembre  : dans le calendrier républicain, c'est le 5 Frimaire, jour du cochon.... celui qui ne veut pas se laisser saigner...

Au parlement municipal, dans la rue... et dans les urnes ?

A l'exception de Bâle, qui n'a pas de municipalité, et de Genève, dont la Municipalité a présenté un projet de budget équilibré (et même bénéficiaire, d'un poil, mais suffisamment gratteur, le poil, pour déchaîner les pulsions épilatrices), toutes les « grandes villes » de Suisse prévoient des déficits budgétaires pour 2014 : Lausanne prévoit un déficit de 31,4 millions, Zurich de 231,6 millions, Berne de 1,7 million, Winterthur de 1,3 million (malgré une hausse de l'impôt municipal), Saint-Gall de 5,2 millions... En 2014, la majorité des villes suisses, grandes, moyennes ou petites présenteront des budgets déficitaires. Et toujours pour les mêmes raisons : le report de charges cantonales sur les communes, la réduction ou le plafonnement des ressources fiscales à force de cadeaux faits (et projetés, telle l'abaissement à 15 % de l'imposition cantonale des bénéfices des entreprises) aux hauts revenus, grosses fortunes et entreprises multinationales, et l’accroissement des charges, en particulier dans le domaine de l'action et de la solidarité sociales.
Les centres urbains dépensent entre 1000 et 2000 francs de plus par habitant que les communes périphériques. Et pas parce qu'ils ont envie de dépenser, ou qu'ils sont saisis d'une pulsion somptuaire irrépressible : parce que dans leur champ de compétence politiques, deux domaines sont « surinflationnistes » : la culture et la solidarité sociale.-les villes concentrent en effet les institutions culturelles publiques, et les populations les plus fragiles : personnes âgées, chômeurs, clandestins, marginaux, personnes sans domicile fixe... La raison des déficits des villes, elle est là : pas dans une « mauvaise gestion », mais dans un surcroît de charges que les cantons et la Confédération sont bien aises de reporter sur les communes et, d'entre elles, celles qui ont la «surface» financière et démographiquie suffisante pour qu'on les suppose capables d'absorber ces charges. Et de fait, elles sont parfaitement capables d'absorber des déficits, c'est-à-dire de les réduire pour peu qu'on leur en laisse le temps et les moyens.

Des « grandes villes » suisses, Genève est donc la seule municipalité à avoir réussi à présenter un projet de budget équilibré, sans hausses d'impôts ni réduction de prestations. La droite municipale, qui n'avait cessé de couiner pendant des mois qu'elle refuserait tout budget déficitaire s'est ainsi retrouvée devant un projet de budget qu'elle n'avait plus aucune raison de refuser. Plus aucune, ou presque. Plus aucune, sauf une : l'urgent besoin de faire savoir qu'elle existe. Et qu'elle arrive, si elle s'unit du PDC au MCG à être majoritaire en commission. Alors, pour se sentir exister et faire sentir au bon peuple qu'elle existe, elle propose n'importe quoi, sans tenir aucun compte des besoins, ni même des logiques budgétaires : suppression des Unités d’action communautaire (UAC) et de l’« Agenda 21 »  (le service mettant en oeuvre la politique municipale de cohésion sociale, de développement durable et de lutte contre les discriminations). A quoi s'ajouteraient des réductions dans toutes les lignes budgétaires finançant le fonctionnement même des services publics et de l'administration municipales. Tout cela sans aucune raison raisonnable, pas même pour dégager un excédent de recettes utilisables.
Contre un budget municipal qui ressemblerait à celui que la droitunie genevoise propose, une mobilisation s'impose. Elle passera par le travail que la gauche fera au Conseil Municipal, mais elle devra aussi s'appuyer sur une mobilisation dans la population et dans les services publics menacés de perdre des moyens (matériels et humains) indispensables à leur action, quand ils ne sont pas menacés de suppression pure et simple. Et puis, finalement, si ce travail et cette mobilisation ne suffisent pas, on en appellera « au peuple », puisqu'on en a la possibilité (en effet, si un référendum est exclu par l'art. 78 de la constitution contre le budget communal pris dans son ensemble, il est possible « contre les dispositions budgétaires qui introduisent une recette ou une dépense nouvelle ou qui modifient le taux d'un impôt ou le montant d'une dépense de l'exercice précédent ». Et on serait précisément dans ce cas là...

Au parlement municipal, dans la rue et, éventuellement, dans les urnes, c'est donc un vrai débat qui s'annonce, sur ce que signifie un budget public, et un vrai choix politique qui sanctionnera ce vrai débat. Car il faut bien le dire clairement : mieux vaut pas de budget du tout qu'un budget aussi foireux que celui que nous propose l'attelage de la droite et de l'extrême-droite municipales genevoises.

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samedi, 16 novembre 2013

Projet de budget 2014 de la Ville de Genève (suite, et certainement pas fin)

On a oublié, vendredi, dans nos vitupérations contre les âneries budgétaires de la droite municipale, que celle-ci ne proposait pas seulement de supprimer le service "Agenda 21" et de virer une trentaine de travailleurs sociaux, mais aussi de couper dans toutes les "lignes 31" finançant le fonctionnement même de l'administration municipale. Or dans le seul domaine de la culture et du sport, ces coupes provoqueraient de gros dégâts : dans l'organisation des manifestations culturelles (Fête de la Musique, Nuit des Musées, Musiques en été, etc) et sportives (Urban Geneva, Jeux de Genève, VTT Trial, etc.), dans l'animation dans les bibliothèques municipales et leurs possibilités d'acquisition, dans la capacité d'entretien du matériel sportif courant, dans les possibilités d'expositions temporaires dans les musées etc... Mais bon, hein, tout ça, c'est de la culture (et un peu de sport), et on sait bien que la culture, c'est un truc de gauche... acheter des livres pour les bibliothèques, pis quoi encore ? Apprendre à lire ? Pis après, les gens, ils vont lire des trucs même pas écrits par des gens de chez nous ? ou des naturalisés genre Haldas ?

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vendredi, 15 novembre 2013

Gauche et droite genevoises, le retour...

Trois blocs ? Non : deux...

En commission des finances du Conseil Municipal de la Ville de Genève, la droite, toute la droite, a sorti son boulier et son sabre, et proposé de supprimer un service entier, 45 postes de travail, un fonds, une ligne budgétaire (au moins), sans autre motif, et moins encore de raison, que de montrer qu'elle peut être majoritaire, même en Ville. On n'y croyait pas vraiment, mais on avait contribué, par paresse intellectuelle, à la colporter, cette image d'un champ politique genevois partagé entre trois blocs reproduisant chacun les alliances électorales de cet automne : une gauche, une droite et une extrême-droite.  L'exercice auquel vient de se livrer la droite municipale unie, du PDC au MCG, fait de cette image une illusion d'optique. Il n'y a pas «  trois blocs« » à Genève, il n'y en a toujours que deux. La gauche et la droite. Rien au milieu, rien ailleurs. Pas de « centre », pas de « ni de gauche, ni de droite », mais une droite de laquelle l'extrême-droite n'est pas exclue.
Et dont elle conduit même le char à bœufs.

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jeudi, 14 novembre 2013

Autour de l'anarcho-syndicalisme...

Ploum, ploum, tralala...

Lundi 25 novembre, le Collège du Travail et la Conférence Universitaire des Associations d'Etudiants organisent*, avec l'Association pour l'étude de l'histoire du mouvement ouvrier, le Centre international de recherche sur l'anarchisme et l'Ecole syndicale d'Unia, une rencontre autour de Lucien Tronchet et de ses combats, syndicaux mais aussi politiques. Et du 14 au 17 novembre, à Saint Imier, se tiendront à l'Espace Noir des « journées de l'anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire » (www.espacenoir.ch). Mais d'où, de si loin, nous revient donc l'anarcho-syndicalisme ?
 *Uni Mail, de 19 heures à 22 heures 30, salle M R040.

anarchisme, anarcho-syndicalisme, Tronchet

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mardi, 12 novembre 2013

Votes de la Ville, des villes et de la « campagne » : « Zonage » politique

En survolant les résultats détaillés de l'élection genevoise d'avant-hier, on constate la reproductions des différences habituelles entre le vote de la ville-centre, celui des villes périphériques et celui des communes « rurbaines » (celles qui furent rurales et ne le sont plus). Ainsi, la Ville aurait élu les trois candidats de gauche et n'aurait pas élu le candidat MCG, qui a fait un meilleur résultat dans la couronne urbaine et dans la « campagne » qu'en Ville. Rien de nouveau sous le soleil politique, à Genève : la Ville vote plus à gauche que le canton, les « grandes communes » (les autres villes) évoluent vers un bipartisme PS-MCG, et la « campagne » est à la droite bourgeoise (l'« Entente »). Mais au-delà de ces différences de prononcement politique selon le lieu d'habitat, de ce «zonage politique», l'épisode permet de se (re)poser la question de la place politique des villes dans ce pays, et même dans ce canton profondément urbain (jusqu'à ce qu'on considère comme sa « campagne »)...

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15:24 Publié dans Genève, Politique, urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

lundi, 11 novembre 2013

Election du gouvernement genevois : Bon, et maintenant, on fait quoi ?

A 14 heures, hier, la girouette était encore au pied de la Tour Baudet. A 15 heures, elle était placée sur la tour. A 17 heures, elle y restait (malgré le vote de la Ville). L'Alternative perd donc un siège (vert) au gouvernement genevois, et le MCG y entre. Enfin, le MCG... disons un candidat ayant, après avoir tâté des libéraux et des démocrate-chrétiens, jeté son dévolu sur le marchepied MCG pour se faire élire. Au fond, n'était la charge symbolique de l'élection ou non au gouvernement cantonal d'un candidat présenté par le MCG, il importait peu que Poggia soit élu ou non, sauf s'il était en position de « faire la majorité » entre trois ministres de l'Entente et trois ministres de l'Alternative. Tel ne sera pas le cas, pour 1300 voix. De toute façon, il n'y a pour aucun Conseil d'Etat de majorité stable, ni au parlement, ni dans l'électorat. L'Entente majoritaire au gouvernement (en ayant sacrifié Isabel Rochat) ne l'est ni au parlement, ni dans l'électorat. D'ailleurs, aucune des alliances en concurrence ne l'est, majoritaire, chacune pesant en gros un tiers des suffrages et des sièges parlementaires, et ne pouvant constituer une majorité qu'en se coalisant avec une autre alliance, contre la troisième...
Bon, là, on en a pris pour cinq ans. On en fera quoi, de ces cinq ans ?

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04:30 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections | |  Facebook | | | |

vendredi, 08 novembre 2013

« Se souvenir et agir » : D'un 9 novembre l'autre...

9 novembre.jpgLe 9 novembre 1932, alors que l'extrême-droite genevoise tenait meeting sous la forme d'une parodie de procès intenté aux dirigeants du Parti socialiste, une contre-manifestation de gauche, unitaire, rassemblant socialistes, communistes, anarchistes, se faisait mitrailler par notre glorieuse armée fédérale, appelée là où elle n'avait rien à faire par un Conseil d'Etat (de droite) aux abois et semblant s'être persuadé (ou voulant le faire croire) que les socialistes allaient tenter une révolution et le renverser. Bilan de la fusillade : 13 morts dans les rangs des manifestants et des passants. «Nous avons un devoir de mémoire», dit le comité qui appelle, comme chaque année, à se souvenir de ce massacre. A « se souvenir et agir », quand d'un ventre encore fécond sourdent d'inquiétants gargouillis...

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08:23 Publié dans Genève, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mercredi, 06 novembre 2013

Etape municipale de la procédure de naturalisation : Garçon, une Genferei, bien frâiche !

Même de débats parlementaires s'achevant de la pire des manières -celle, en l’occurrence, adoptée mercredi dernier au Conseil Municipal de Genève par un élu MCG - il est possible de tirer quelque chose d'utile politiquement. Et là, précisément, c'est le cas. Parce que tout à notre monomanie antisuisse, notre obsession traîtresse et nos menées antinationales, nous avions omis de vérifier si, en sus d'être parasitaire, la commission municipale des naturalisations se trouvait insérée dans une procédure (le préavis municipal sur les requêtes de nationalité suisse) respectant la loi. Fort heureusement, un camarade d'« Ensemble à gauche » a eu la curiosité d'aller le vérifier dans le dispositif légal en vigueur. Et ce qui ressort de cette vérification vaut le détour : c'est toute la légalité de l'étape municipale de l'acquisition de la naturalisation qui est en cause, et pas seulement l'opportunité de son détour par l'appendice de la commission du Conseil Municipal.
Garçon, une Genferei bien fraîche, siouplait ! Tout de suite, Monsieur, elle arrive...

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05:46 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : naturalisation | |  Facebook | | | |

mardi, 05 novembre 2013

Elections cantonales genevoises : la culture montre le bout de son nez. ENFIN !

Débat mardi.jpgLa campagne pour l'élection du Conseil d'Etat touche à sa fin, et on n'y a pas beaucoup parlé de culture. C'est le moment qu'elle montre, enfin, le bout de son nez. Parce que si jusqu'à présent, la politique culturelle était essentiellement le fait des communes, et en particulier celui de la Ville de Genève, une nouvelle loi entrée en vigueur donne au canton des compétences nouvelles, et surtout exprime des ambitions cantonales nouvelles. Des ambitions qui supposent qu'on leur consacrent des moyens. Des moyens que les majorités politiques cantonales ne semblent pas vouloir leur consacrer -l'essentiel de leurs efforts politiques se résumant pour l'instant à de grands discours, d'autant plus sonores qu'ils sont creux (c'est le principe du tambour). Et surtout gratuits.
Ce soir, à 20 heures, au Théâtre de Poche, un débat permettra de faire le point.

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16:25 Publié dans Culture, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

lundi, 04 novembre 2013

Une réponse aux insultes, menaces et invectives xénophobes au Conseil Municipal de Genève

On publie ci-dessous, la réponse de plusieurs conseillères municipales et conseillers municipaux genevois invectivés mercredi dernier par le Conseiller municipal MCG Denis Menoud, soutenu par son parti. Cette réponse prend la forme d'un communiqué car les personnes mises en cause lors de la séance du Conseil Municipal, retransmise en direct par la télévision locale, n'ont pu obtenir de la présidence dudit Conseil le droit de répondre à leur invectiveur. Dont les méthodes et le discours, assumés par le MCG, clarifient s'il en était besoin la place du MCG dans le champ politique -ni à gauche, ni à droite, mais bel et bien à l'extrême-droite. Là d'où viennent les seuls régimes qui, en Europe occidentale, aient produit des dispositifs légaux privant de leur nationalité celles et ceux qui l'avaient acquise par naturalisation et ne correspondaient pas au « profil  du bon national », tel que ces régimes le définissaient....

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03:03 Publié dans Genève, Immigration, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : naturalisation, xénophobie, extrême-droite, mcg | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 novembre 2013

Prisons genevoises : une évasion de plus

E la nave va...

La directrice de l'office cantonal genevois de la détention (la cheffe des prisons, quoi) s'est évadée. Le communiqué de son ministre de tutelle, Pierre Maudet, évoque des « problèmes de santé », assure que cette démission  n'a rien à voir avec l'assassinat d'une jeune sociothérapeute de La Pâquerette, à Champ-Dollon, et regrette le départ de ce « cadre supérieur fiable et engagé ». Engagé dans un sacré merdier, si vous voulez notre avis : le système carcéral genevois. Qui, pour parfaire son état calamiteux, va en plus manquer de gardiens, alors que Champ-Dollon bat tous les records de surpopulation (856 détenus pour 376 places, avant-hier) et qu'une nouvelle prison (Curabilis, pour les frapadingues dangereux) va s'ouvrir. Mais « le cap est fixé, il est tenu, malgré une forte houle » (Pierre Maudet). Le cap, quel cap ? celui de la bonne espérance qu'on n'en parlera plus après les élections ? E la nave va...

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20:07 Publié dans Genève, Justice | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : prisons, champ-dollon | |  Facebook | | | |

jeudi, 31 octobre 2013

Commission municipale des naturalisations : Schweizermacher (noch) nicht kaputt...

  • avuedenezilestcinqheures.jpgLe Conseil Municipal de la Ville de Genève (c'est-à-dire une majorité formée de la droite, de l'extrême-droite et de quelques idiots utiles qui furent naguère de gauche) a donc refusé de renoncer à sa commission des naturalisations et d'en déléguer le préavis au Conseil administratif. Il en fut de ce débat (du moins avant que de l'enclos MCG ne sourdent les invectives) comme des précédents sur des propositions de même nature : pour nous, cela tenait de la mise en route, ou en forme, pour les débats à venir sur des propositions semblables (la proposition refusée hier a d'ailleurs immédiatement été redéposée), ou comparables (l'une est déjà à l'ordre du jour du Conseil Municipal : puisque des Conseillers municipaux tiennent à oeuvrer au sein d'une commission parasitaire, autant que cela ne coûte rien à la Ville et qu'ils le fassent bénévolement).

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mardi, 22 octobre 2013

Encore la frontière ? ben oui, la frontière, encore...

Bis repetita...

« La frontière, la région, encore ? Vous nous en avez déjà causé hier, faudrait pas que ça devienne une obsession» nous dira-t-on peut-être. ça lasse ? Qu'importe ! on en remet une couche. Avec l'aide du gouvernement français. Et notre propre contribution municipale.  Dimanche, entre 7000 et 10'000 personnes ont manifesté à Annemasse, Pontarlier et Saint-Louis, contre une décision du gouvernement français, tombée sur les résidents français travaillant en Suisse (voui, ceux à qui on est en passe à Genève d'imposer le port d'une étoile tricolore, pour mieux les reconnaître, puisque ces sournois nous ressemblent trop), à qui il serait imposé dès juin 2014 de renoncer à l'assurance-privée qui leur permettait de se soigner en Suisse (aux HUG à Genève, par exemple), pour cotiser à la Sécu. Une décision prise sans consultation d'une assemblée représentative du million d'habitant de la région -et pour cause, une telle assemblée n'existe pas.
Et politiquement, la « Grande Genève » non plus, du coup...

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14:29 Publié dans Genève, Politique, Région | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

lundi, 21 octobre 2013

Dix ans de « Libre circulation » : Daemon ex machina ?

On a célébré il y a quelque temps les vingt ans de l'échec de l'adhésion à l'«Espace Economique Européen», mais on n'a pas célébré l'année dernière les dix ans des « accords bilatéraux I », qui, pris ensemble, vont plus loin dans l'intégration européenne de la Suisse que l'aurait fait son adhésion à l'EEE. Plus loin, sauf dans un domaine : celui de la participation à la prise des décisions européennes que la Suisse va être, du fait de sa situation géographique et de ses rapports économiques, tenues d'appliquer sans avoir pu vraiment peser sur leur contenu.  De ces accords bilatéraux, le plus important, et le plus décrié au point d'être rendu responsable de tous les maux du moment, est sans doute celui sur la « libre circulation » des personnes entre l'Union Européenne et la Suisse. On va donc s'offrir le plaisir pervers, sinon de chanter les louanges de cet accord, du moins de le défaire de cette fonction, trop commode pour être honnête, de daemon ex machina, à exorciser par le culte fétichiste de la frontière.

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vendredi, 18 octobre 2013

De la politique comme métier : Ôte-toi de là que je m'y mette !

Prenons du champ :  et  si le résultat d'une élection comme celle du parlement genevois (ou de la « partielle » cantonale de Brignoles) était la conséquence d'une rupture bien plus ancienne et plus profonde qu'il y paraît entre celles et ceux qui « font de la politique », de quelque bord qu'ils et elles soient (y compris, donc, du nôtre, et de celui de la droite de la droite qui répugne encore, pour le moment, à s'admettre d'extrême-droite) et celles et ceux au nom de qui cette politique se fait ? Quand l'élection du parlement d'une des plus vieilles républiques d'Europe se fait avec l'abstention de 60 % d'un corps électoral qui ne constitue dans son entier qu'une minorité de la population, et qu'aucun parti n'atteint les 20 % de cette maigre masse de suffrages, on peut nourrir de fort doutes sur la légitimité de l'institution politique, autant que sur celle du processus électoral qui la peuple de « populistes » qui, quoi qu'ils en gueulent, ne veulent pas changer le système mais y entrer et en profiter comme les autres, au nom, et surtout à la place, de celles et ceux qui votent pour eux.

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jeudi, 17 octobre 2013

Bocche di leone

bocca_di_leone2-e2a6f.jpgDélation : Inhaler et exhaler l'air du temps...

Souvenez-vous : il y a deux ans, nous apprenions que le Conseil fédéral examinait, le plus sérieusement du monde (car le Conseil fédéral est une instance sérieuse...) la proposition de contraindre les enseignants à dénoncer aux services de l'immigration (nos bonnes vieilles « polices des étrangers ») leurs élèves sans statut légal de séjour ou de résidence. Cette proposition consistant à instituer la délation, et à la rendre obligatoire, complétait un dispositif dont l'un des éléments était la même obligation de dénonciation , faite cette fois aux officiers d'Etat Civil, s'agissant d'étrangères et d'étrangers sans statut légal souhaitant se marier en Suisse.  Nous fûmes alors quelques une et quelques unes à saisir cette balle au bond. Car si face à un tel dispositif il n'y a, pour celles et ceux à qui s'appliquent ses prescriptions, que deux attitudes possibles, la désobéissance civile et l'insoumission, à la Paul Grüninger, ou la scélératesse disciplinée à la Maurice Papon, le simple, modeste et obscur citoyen hasardeusement propulsé dans un parlement local peut, lui, user de l'arme fort pédagogique de l'absurde.

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mercredi, 16 octobre 2013

Budget culturel de la Ville de Genève : La faim et les moyens



La Ville de Genève prévoit d'allouer, et sans doute allouera, un peu plus de 60 millions de francs de subventions monétaires à la culture, soit en gros un petit vingtième de son budget global. A ces subventions monétaires s'ajoutent des subventions « en nature » (gratuités de services, de loyers etc...). 91 acteurs culturels privés ou publics vont ainsi recevoir une allocation budgétaire. Qu'est-ce que cela dit de la politique culturelle de la Ville ? Pas grand chose, si ce n'est que l'entier du « tissu culturel » genevois est ainsi irrigué par les fonds municipaux, et que cet « arrosage » que d'aucuns se plaisent à dénoncer (sans pour autant aller jusqu'à en soustraire les bénéficiaires qui leurs conviennent) garantit le pluralisme de l'offre et des contenus culturels. Presque tout le monde reçoit un peu de cette manne, et personne n'en reçoit autant qu'il voudrait. Mais c'est précisément la rançon du pluralisme :  la faim de culture est plus grande que les moyens disponibles pour la satisfaire.

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mardi, 15 octobre 2013

A propos de l'extrême-droite : Erwache Genf !

Inculture, bêtise, choix délibéré ? On veut bien, parce que plus on entend le MCG, plus elles paraissent crédibles, croire en l'une ou l'autre des deux premières hypothèses, mais toujours est-il que le slogan de campagne du MCG pour le deuxième tour de l'élection du gouvernement genevois est la traduction genevoise du titre de l'hymne du parti nazi : « Genève, réveille-toi », pour «Erwache Deutschland ! ». On s'attend donc à ce que d'entre les trois transfuges des partis de droite que le MCG présente au Conseil d'Etat, le plus présentable (passé des libéraux au PDC, puis du PDC au MCG) se livre à quelque exercice d'« excuses » du genre de celles présentées aux frontaliers que son parti désignait comme une maladie à éradiquer, excuses d'ailleurs réfutées par son colistier et par son président (belle répartition des rôles entre le chihuahua et le bouledogue). Mais on s'étonne tout de même qu'il y ait encore, même à gauche, quelqu'un pour ne pas voir le MCG tel qu'il est, comme en France le Front National, dont la cheffe menace désormais de procès quiconque la désignera ou désignera son parti tel qu'il est :  un parti d'extrême-droite.

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vendredi, 11 octobre 2013

Elections genevoises : « On ne lâche rien »

POING.JPGLa gauche partira au deuxième tour de l'élection du Conseil d'Etat genevois avec deux candidatures socialistes, celles d'Anne Emery-Torracinta et Thierry Apothéloz, et une candidature verte, celle d'Antonio Hodgers. Pouvait-il en être autrement ? Pouvait-on laisser tout le débat politique, pendant toute la campagne électorale du deuxième tour, se faire uniquement entre la droite et l'extrême-droite ? Laisser, sans combattre, en se contentant de maugréer dans notre coin une version de gauche du « tous pourris », deux (ou trois) sièges au MCG et à l'UDC ? Ce n'est pas chanter les vertus de la participation minoritaire de la gauche à un gouvernement de droite que répondre « non »  à ces questions : c'est dire qu'aucun terrain politique, aucun lieu de débat, aucun instrument d'action (« même institutionnel »), aucun moyen («même légal») ne doit nous être étranger. Ou, pour causer Méluche dans le texte : « on ne lâche rien ». Pas même ce sur l'utilité de quoi, parfois, nous avons quelques doutes : des sièges dans un gouvernement majoritairement de droite. Ne serait-ce que parce que la revendication de ces sièges passe par une élection populaire, et donc un débat politique face aux citoyennes et aux citoyens, et pas seulement entre nous.

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mardi, 08 octobre 2013

Elections genevoises, deuxième épisode : le Conseil d'Etat

Y aller ou pas ?

On reprend la conversation entamée dimanche soir : Bon, et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Ce deuxième tour de l'élection du gouvernement genevois, on y participe comment (si on y participe), on se pose quelles conditions à une éventuelle participation de la gauche dite « de gouvernement » à un gouvernement qui ne disposera d'aucune majorité parlementaire, sauf à ce qu'il soit le gouvernement le plus à droite de l'histoire genevoise depuis 1936 (et encore : en 1936, l'extrême-droite n'y participait pas...) ?. Pourquoi aller au Conseil d'Etat ? Pour empêcher ce Conseil d'Etat d'être aux mains de la droite et de l'extrême-droite ? Cela peut se concevoir -mais cela suppose qu'on n'y soit pas pour y jouer les utilités ou les alibis. Un-e seul-e conseiller-e d'Etat issu de la gauche dans un gouvernement réparti, pour le reste, entre la droite, la droite de la droite et l'extrême-droite, cela s'appelle, dans le meilleur des cas, un-e otage, et au sein du PS des voix se font entendre pour refuser cette hypothèse calamiteuse. Encore faut-il faire de ce refus plus qu'une pure et simple désertion d'un combat qui ne se mène désormais plus seulement contre la droite démocratique, mais aussi contre l'extrême-droite.

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