jeudi, 16 janvier 2014

Traversée routière du petit-lac : Ni initiative, ni contre-projet !

traversée de la radeL'Assemblée générale du PS (cantonal) genevois a accepté, hier soir, le préavis du Comité directeur du parti, défavorable au soutien socialiste à un contre-projet  au contenu inconnu, concocté par le TCS et l'Entente (PLR et PDC) pour faire pièce à l'initiative de l'UDC pour une traversée routière de la rade de Genève. Il était proposé au PSG de soutenir un texte dont on ne sait rien, sinon qu'il a pour but d'offrir un choix entre une initiative udéciste qui ne répond plus à rien et un projet passant plus au large -mais pas moins nuisible, et coûtant plus de trois milliards, à indexer au temps qui passerait entre sa funeste adoption et sa plus funeste encore réalisation...

Après tout, on est dans une ville où le premier acte d'une politique des transports (et de l'immigration) ayant consisté, il y a 2072 ans, à couper un pont pour empêcher l'immigration de masse des Helvètes en Gaule, 2072 ans de plus ne seront pas de trop pour étudier attentivement, avec tout l'esprit positif, le sens de l'ouverture et la disponibilité au consensus qui nous caractérisent, les projets de pont, de tunnel et de transpondeurs spatiotemporels sur, sous, dans et à travers le Rhône, la rade ou le Petit Lac.

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mardi, 14 janvier 2014

Genève : élection populaire du Procureur Général : Gauche contre droite, c'est simple, non ?

 

élection, Procureur Général, BS, Bayenet, Jornot

Dans une élection au suffrage universel où se confrontent un candidat de droite vraiment à droite et un candidat de gauche clairement à gauche, pour l'un des postes politiques (on insiste, oui, Madame la et Monsieur le juge...) les plus importants de la République, le positionnement d'un parti de gauche devrait être simple, évident : à gauche.. Or le corporatisme prévalant sur le choix politique, les socialistes et les Verts pourraient ne pas soutenir la candidature de gauche, celle de Pierre Bayenet, contre la candidature de droite, celle d'Olivier Jornot. Résumé du Comité directeur du PS : « Nous ne soutenons pas Pierre Bayenet mais nous ne soutenons pas non plus Olivier Jornot ».  On risque dès lors bien de devoir déposer pour le candidat de gauche une liste « socialiste de gauche », puisqu'il apparaît que « socialiste de gauche » n'est pas le pléonasme que cela devrait être...

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vendredi, 10 janvier 2014

Appartements vides à Genève : Lanceurs d'alerte

Présente depuis une semaine, sur Facebook, une page (www.facebook.com/groups/appavid/) recense, à partir d'informations transmise par les habitants eux-mêmes, les appartements vides à Genève. Les appartements vides, c'est-à-dire laissés délibérément vides, pour quelque raison que ce soit. Plusieurs dizaines de cas ont déjà été recensés. A l'initiative de cette page de «  lanceurs d'alerte », Stéphane Guex-Pierre explique : « nous voulons dresser un état des lieux (et pousser) les responsables politiques à s'emparer du problème » , ne serait-ce que pour appliquer les lois existantes. Le succès de l'initiative (le groupe autour de la page comptait 2266 membres jeudi soir) signale, pour le moins, un problème, et manifeste un « refus de résignation »  à ce que ce problème ne soit pas pris en compte par ceux dont c'est le boulot... ou soit délibérément entretenu par ceux (propriétaires, régies) qui le nient...

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mardi, 07 janvier 2014

Tiens, fume, c'est du genevois !

Pot tenebras lux !

ça n'a l'air de rien, d'un tout petit pas vers la reconnaissance d'une évidence, mais cela tient tout de même de la rupture : un groupe de travail « interpartis » genevois (n'y manquait qu' «  Ensemble à Gauche » , parce que ce groupe rassemblait les partis représentés au Grand Conseil dans la législature défunte et qu'EàG n'y était pas représentée...) propose de rompre avec la répression de la consommation du canabis, et d'autoriser sous contrôle public des « cercles de consommateurs », sous contrôle public. Une porte s'ouvre, et il était temps : Depuis la fermeture, il y a dix ans, de l'expérience du  « Delta 9 » de culture et de vente contrôlées de cannabis, on n'avait pas bougé d'un poil : on continuait à considérer le cannabis à l'instar de l'héroïne ou de la cocaïne, c'est-à-dire à en pénaliser la production, la consommation et la vente, et à refuser d'admettre qu'on gigote dans une impasse en remplissant les prisons, nourrissant les réseaux mafieux et consumant en Suisse, chaque année, 200 millions de francs pour rien.

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lundi, 06 janvier 2014

Agenda politique : C'est reparti comme en '14...

dugong broutant.jpgOn glandait paisiblement depuis deux semaines, et là, on se réveille. On a digéré la dinde, cramé le sapin, éventé le champagne -bref, on repart comme en '14. Et si nous prenions le temps, entre deux marques sur nos agendas  politiques, entre deux élections (quoiqu'en avril 2014, on devra se farcir les élections judiciaires...) de nous demander à quoi servent, et ce qui légitime, les instruments, les organisations et les partis politiques, dont nous nous  dotons ou dont nous usons pour « faire de la politique » ?  Las ! On va encore avoir le nez dans l'agenda politique, cette année. Bon, moins profondément enfoui que l'année dernière et que l'année prochaine, avec ses élections municipales et ses élections nationales, mais quand même, va y'avoir du lourd...

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15:59 Publié dans Agenda, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

mardi, 17 décembre 2013

Dumping salarial : les beaux discours des gouvernants

Cause toujours...

« La sous-enchère salariale n'est pas une fatalité », avait déclaré la Conseillère d'Etat Isabel Rochat (qui n'était pas non plus une fatalité), en commentant les résultat d'une enquête menée pour le compte de son département par le professeur José Ramirez, de la Haute Ecole de Gestion. L'enquête aboutissait à la conclusion que l'importance de la main d'oeuvre frontalière dans un secteur n'a aucune influence sur l'importance de la sous-enchère salariale. Et que ce sont les contrôles par l'Etat et les « partenaires sociaux » qui font reculer ce dumping, là où ses contrôles sont effectifs. Or le canton ne dispose que de 17 inspecteurs et inspectrices du travail, soit un-e pour 17'000 postes de travail à surveiller. Il en faudrait au moins deux fois plus. Ce que demande une initiative syndicale, combattue par le patronat... et le Conseil, d'Etat. Ce qui n'empêche pas le tout nouveau ministre genevois de l'Economie, Pierre Maudet, de rouler les mécaniques dans « Le Matin Dimanche » : « je vais traquer le dumping salarial, le traquer et le punir enfin » ! Cause toujours...

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lundi, 16 décembre 2013

Vote du budget de la Ville de Genève : L'art d’accommoder les restes

On s'étaient préparés à trois jours de débats, on a bouclé l'exercice en six heures : le projet de budget présenté par le Conseil administratif de Genève a été adopté par 42 voix (la gauche et trois indépendants, issus de l'UDC, du PLR et du MCG) contre 37 (la droite et l'extrême-droite). L'addition du PDC, du PLR, de l'UDC et du MCG n'a pas suffi à faire accepter les propositions délirantes (suppression de fait du service de l'« Agenda 21 », réduction de moitié du budget des Unités d'action communautaire, exigences d'audits superfétatoires) de cette droite qui se croyait majoritaire parce que 41 personnes élues il y a deux ans et demi en étaient issues... Las ! L'Alternative est toujours majoritaire, même si elle ne l'est plus que relativement, et le Conseil Municipal n'a pas basculé. D'où grosse colère des porte-paroles de cette droite dont « l'élargissement » s'est trouvé rétréci par son incapacité à garder auprès d'elle une partie de ses élus. Des traîtres, pour le MCG. Des imposteurs pour le PLR et le PDC. Mais qui les a fait élire ?  qui les a exclus, ou déçus ? La gauche n'a eu, pour transformer sa majorité relative en majorité absolue, qu'exercer un très vieil art : celui d’accommoder les restes.

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vendredi, 13 décembre 2013

Budget de la Ville de Genève : La droite en bloc. Et en vrac.

Samedi, toute la journée (et, si on n'a pas fini notre boulot, encore lundi toute la journée, et toute la nuit de lundi à mardi, parce que quand on aime on ne compte pas son temps -ni ses jetons de présence), le Conseil Municipal de la Ville de Genève se penchera, avec sa coutumière sagacité, sur le budget de la commune. Un budget d'un peu plus de 1,1 milliard de francs. Et un projet de budget équilibré (et même légèrement bonifié), mais dont la droite municipale ne veut pas, parce qu'il est présenté par une Municipalité de gauche. La droite municipale (PDC, PLR, UDC, MCG, en bloc et en vrac)  y propose donc des coupes. A la tête du client. Pour faire 20 millions d'économies sur un budget qui n'en a pas besoin puisqu'il est équilibré. Prix de l'opération : des suppressions de services, d'emplois, de prestations à la population. Pour le seul motif qu'il faut montrer que la droite municipale existe. Faut croire qu'elle en a besoin, de montrer qu'elle existe.

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mercredi, 11 décembre 2013

Stade de la Praille : on débranche ou on s'acharne ? Exit ou les soins intensifs ?

stadefin.jpgDans ses dernières heures de Conseiller d'Etat, Charles Beer a allumé un pétard : le Stade (de la Praille) dot être «rénové ou rasé» (ou vendu), et si on choisit de le rénover, le canton doit cracher (une fois de plus) au bassinet. Cela fait onze ans que ce stade a été inauguré, et onze ans que les collectivités publiques balancent des millions dans ce trou financier, sans jamais, évidemment, parvenir à le combler, puisqu'il est impossible qu'un stade de 30'000 places dans un canton de 500'000 habitants puisse couvrir ses coûts de fonctionnement, d'entretien, et à plus forte raison de rénovation.  Aujourd'hui, pour cet équipement surdimensionné, pas terminé et mal entretenu, pour ce grand malade, inguérissable, on devrait faire appel à qui ? à Exit, enfin, ou aux soins intensifs, une fois de plus ? 
On débranche, ou on s'acharne ?

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mercredi, 04 décembre 2013

Vente de Télégenève (Naxoo) : C'est toujours NON !

Les Verts et le Parti socialiste appellent à soutenir, lors de la votation municipale du 9 février prochain, la proposition du Conseil administratif de la Ville de Genève de vendre à la filiale suisse de la multinationale UPC Cablecom le paquet majoritaire d'actions détenue par la municipalité dans la société de téléréseau Télégenève (Naxoo). Ce soutien s'explique par l'addition du légitimisme politique  (la proposition est celle de «notre Conseil administratif »), du pragmatisme (ne pas vendre serait provoquer une situation pire que vendre) et d'un calcul financier basique (57 millions, c'est bon à prendre quand on a de gros investissements à financer, et des prestations à la population menacées de coupes budgéltaires). C'est aussi sans surprise que, minoritaire et cultivant avec amour ce statut finalement confortable, on appellera ici, une fois de plus, à refuser cette vente.  Parce qu'on est d'un naturel obstiné et que les raisons qui ont conduit une partie du groupe socialiste au Conseil Municipal à refuser (ou à ne pas accepter, en s'abstenant) la vente de Naxoo à Cablecom nous paraissent toujours s'imposer, quelques «mesures d'accompagnement» qu'on ait pu négocier depuis.

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lundi, 02 décembre 2013

Nouveau gouvernement genevois : Evolution de palais

Le soufflé n'était pourtant pas monté bien haut, mais nous avons tout de même attendu qu'il retombe un peu : la répartition des ministères au sein du gouvernement genevois (elle doit encore être validée par le parlement, mais comme tous les partis représentés au Grand Conseil le sont aussi au Conseil d'Etat, sauf l'UDC, cette validation ne devrait être qu'une formalité) ne semble être qu'un mouvement ne déplaçant guère les lignes tracées lors de l'élection du Grand Conseil : majoritaire au parlement, la droite l'est aussi au gouvernement et s'adjuge les départements-clefs. Identifié à son activité d'avocat des assurés-maladie, le MCG Entente-compatible Poggia se retrouve à la Santé et à l'Emploi, plus gros employeur de frontaliers de la République. Et le Département de l'Instruction Publique (et de la culture) reste en mains socialistes. Comme le département de la Sécurité et de la prolifération carcérale en mains de Maudet. Et le PLR Longchamp devient pour cinq ans président (avec un département présidentiel ad hoc) du gouvernement. Et ça change quoi, tout ça ? Pour nous, à gauche, pas grand chose de plus qu'une évolution de palais.
La politique, il nous faudra la faire ailleurs. En ferraillant ailleurs. 

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lundi, 25 novembre 2013

Genève : S'attaquer au budget municipal pour s'attaquer à la commune

En attendant de pouvoir réaliser son vieux rêve de suppression de la commune, la droite municipale genevoise s'attaque donc à son budget. Et dans son budget, à ce qui manifeste la présence de la municipalité auprès de la population, pour un peu plus que ce qu'on a hérité du moyen-âge. La fermeture proposée des lieux de participation et d'échanges démocratiques et d'un service produisant une expertise indispensable à la mise en oeuvre d'une politique concrète d'intégration, est une sorte de premier pas : c'est toute la politique sociale, avant sans doute de s'en (re)prendre à sa politique culturelle, de la Ville de qui est ciblée, afin que de l'action de la commune ne reste plus que celle de la police municipale et des pompiers, la première étant supplétive de la police cantonale et les seconds intervenant dans tout le canton. On en reviendrait ainsi à une conception médiévale de l'action publique, réduite au maintien de l'ordre et de la sécurité physique de lade la population dont on aura auparavant décidé qu'elle seule avait droit à la sécurité. En somme, la municipalité dont rêve la droite genevoise est une Municipalité réduite au Guet et aux Chasse-Gueux.

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01:31 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : budget | |  Facebook | | | |

samedi, 23 novembre 2013

NON aux coupes dans le budget 2014 de la Ville de Genève

Manif Ville.jpg

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jeudi, 21 novembre 2013

Naturalisations : on remet le couvert

nationalité, naturalisationCent fois sur le métier...

Bon, c'est vrai, on l'avoue : on est d'un naturel assez obstiné. Dans le fond. Et prêt à cent fois sur le métier remettre l'ouvrage, pourvu que le métier nous soit accessible et que l'ouvrage nous paraisse le mériter. Le métier, en l’occurrence, c'est le Conseil Municipal où nous sévissons. Et l'ouvrage, c'est l'étape municipale de la procédure de naturalisation des étrangers (ou plutôt, pour l'extrême-droite, de taxidermie des métèques). Une étape que nous voulons raccourcir, purger de son arbitraire, libérer de ses parasites. Bref, on a redéposé hier une nouvelle proposition de suppression de la commission municipale des naturalisations, agrémentée d'une proposition de délégation formelle à l'exécutif municipal de la compétence de préaviser au nom de la commune sur les dossiers de naturalisation. C'est cette proposition qu'on soumet à votre sagacité -ce qui ne mange pas de pain, puisqu'elle est déjà déposée. Après tout, vous n'en manquez certainement pas plus que nous, de sagacité, tout élus du peuple que nous nous croyons. Et comme on sent qu'on commence à vous lasser avec ce sujet, c'est promis, dès demain, on vous parlera d'autre chose.

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mercredi, 20 novembre 2013

Vente de Naxoo ä Cablecom : le référendum provoque un « plan social »...

Peut (beaucoup) mieux faire...

Nous avions soutenu le référendum lancé contre la décision du Conseil Municipal de la Ville de Genève d'accepter la vente des actions détenues par la Ville dans le réseau Télégenève SA (Naxoo) à UPC Cablecomm. Nous refusions et refusons toujours,  l'autorisation donnée à UPC Cablecom de licencier jusqu'à 10% des employés de Naxoo par année pendant 5 ans, ainsi que la liberté totale de licencier après ce délai. Nous dénoncions également le refus d'UPC Cablecom de signer toute convention collective de travail. Ces jours, un accord passé entre l'acheteur (UPC Cablecom), le vendeur (la Ville de Genève), le personnel et la société Télégenève, semble répondre à quelques unes (quelques unes, seulement) des raisons que nous avions de soutenir le référendum lancé contre la vente de Naxoo. Le référendum n'est d'ailleurs certainement pas pour rien dans la signature de l'accord - mais un accord encore insuffisant pour nous convaincre d'accepter la vente des actions municipales dans le téléréseau municipal. 

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mardi, 19 novembre 2013

Coupes budgétaires (même dans un budget équilibré...) : Mobilisations !

A La Chaux de Fonds, samedi, 600 manifestants, rassemblés pour dénoncer les mesures d'« austérité »  adoptées par le gouvernement (de gauche) pour équilibrer le budget, ont conspué le président (socialiste) du Conseil d'Etat. A Genève, la droite municipale a fait proposer par la commission des finances des mesures qui ne sont même pas d'«austérité », mais de pur élagage, sans même l'explication, ou l'alibi, d'un déficit budgétaire à effacer, puisque le budget attaqué était équilibré. Lundi prochain, 25 novembre, à 16 heures devant l'Hôtel-de-Ville, un rassemblement  devrait se tenir à l'appel, de la gauche, des syndicats, de la commission du personnel de la Ville et des associations visées par les coupes budgétaires proposées par la droite en Ville de Genève, pour lui dire son fait, à la droite municipale. Et c'est une bonne date pour cela, le 25 novembre  : dans le calendrier républicain, c'est le 5 Frimaire, jour du cochon.... celui qui ne veut pas se laisser saigner...

Au parlement municipal, dans la rue... et dans les urnes ?

A l'exception de Bâle, qui n'a pas de municipalité, et de Genève, dont la Municipalité a présenté un projet de budget équilibré (et même bénéficiaire, d'un poil, mais suffisamment gratteur, le poil, pour déchaîner les pulsions épilatrices), toutes les « grandes villes » de Suisse prévoient des déficits budgétaires pour 2014 : Lausanne prévoit un déficit de 31,4 millions, Zurich de 231,6 millions, Berne de 1,7 million, Winterthur de 1,3 million (malgré une hausse de l'impôt municipal), Saint-Gall de 5,2 millions... En 2014, la majorité des villes suisses, grandes, moyennes ou petites présenteront des budgets déficitaires. Et toujours pour les mêmes raisons : le report de charges cantonales sur les communes, la réduction ou le plafonnement des ressources fiscales à force de cadeaux faits (et projetés, telle l'abaissement à 15 % de l'imposition cantonale des bénéfices des entreprises) aux hauts revenus, grosses fortunes et entreprises multinationales, et l’accroissement des charges, en particulier dans le domaine de l'action et de la solidarité sociales.
Les centres urbains dépensent entre 1000 et 2000 francs de plus par habitant que les communes périphériques. Et pas parce qu'ils ont envie de dépenser, ou qu'ils sont saisis d'une pulsion somptuaire irrépressible : parce que dans leur champ de compétence politiques, deux domaines sont « surinflationnistes » : la culture et la solidarité sociale.-les villes concentrent en effet les institutions culturelles publiques, et les populations les plus fragiles : personnes âgées, chômeurs, clandestins, marginaux, personnes sans domicile fixe... La raison des déficits des villes, elle est là : pas dans une « mauvaise gestion », mais dans un surcroît de charges que les cantons et la Confédération sont bien aises de reporter sur les communes et, d'entre elles, celles qui ont la «surface» financière et démographiquie suffisante pour qu'on les suppose capables d'absorber ces charges. Et de fait, elles sont parfaitement capables d'absorber des déficits, c'est-à-dire de les réduire pour peu qu'on leur en laisse le temps et les moyens.

Des « grandes villes » suisses, Genève est donc la seule municipalité à avoir réussi à présenter un projet de budget équilibré, sans hausses d'impôts ni réduction de prestations. La droite municipale, qui n'avait cessé de couiner pendant des mois qu'elle refuserait tout budget déficitaire s'est ainsi retrouvée devant un projet de budget qu'elle n'avait plus aucune raison de refuser. Plus aucune, ou presque. Plus aucune, sauf une : l'urgent besoin de faire savoir qu'elle existe. Et qu'elle arrive, si elle s'unit du PDC au MCG à être majoritaire en commission. Alors, pour se sentir exister et faire sentir au bon peuple qu'elle existe, elle propose n'importe quoi, sans tenir aucun compte des besoins, ni même des logiques budgétaires : suppression des Unités d’action communautaire (UAC) et de l’« Agenda 21 »  (le service mettant en oeuvre la politique municipale de cohésion sociale, de développement durable et de lutte contre les discriminations). A quoi s'ajouteraient des réductions dans toutes les lignes budgétaires finançant le fonctionnement même des services publics et de l'administration municipales. Tout cela sans aucune raison raisonnable, pas même pour dégager un excédent de recettes utilisables.
Contre un budget municipal qui ressemblerait à celui que la droitunie genevoise propose, une mobilisation s'impose. Elle passera par le travail que la gauche fera au Conseil Municipal, mais elle devra aussi s'appuyer sur une mobilisation dans la population et dans les services publics menacés de perdre des moyens (matériels et humains) indispensables à leur action, quand ils ne sont pas menacés de suppression pure et simple. Et puis, finalement, si ce travail et cette mobilisation ne suffisent pas, on en appellera « au peuple », puisqu'on en a la possibilité (en effet, si un référendum est exclu par l'art. 78 de la constitution contre le budget communal pris dans son ensemble, il est possible « contre les dispositions budgétaires qui introduisent une recette ou une dépense nouvelle ou qui modifient le taux d'un impôt ou le montant d'une dépense de l'exercice précédent ». Et on serait précisément dans ce cas là...

Au parlement municipal, dans la rue et, éventuellement, dans les urnes, c'est donc un vrai débat qui s'annonce, sur ce que signifie un budget public, et un vrai choix politique qui sanctionnera ce vrai débat. Car il faut bien le dire clairement : mieux vaut pas de budget du tout qu'un budget aussi foireux que celui que nous propose l'attelage de la droite et de l'extrême-droite municipales genevoises.

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samedi, 16 novembre 2013

Projet de budget 2014 de la Ville de Genève (suite, et certainement pas fin)

On a oublié, vendredi, dans nos vitupérations contre les âneries budgétaires de la droite municipale, que celle-ci ne proposait pas seulement de supprimer le service "Agenda 21" et de virer une trentaine de travailleurs sociaux, mais aussi de couper dans toutes les "lignes 31" finançant le fonctionnement même de l'administration municipale. Or dans le seul domaine de la culture et du sport, ces coupes provoqueraient de gros dégâts : dans l'organisation des manifestations culturelles (Fête de la Musique, Nuit des Musées, Musiques en été, etc) et sportives (Urban Geneva, Jeux de Genève, VTT Trial, etc.), dans l'animation dans les bibliothèques municipales et leurs possibilités d'acquisition, dans la capacité d'entretien du matériel sportif courant, dans les possibilités d'expositions temporaires dans les musées etc... Mais bon, hein, tout ça, c'est de la culture (et un peu de sport), et on sait bien que la culture, c'est un truc de gauche... acheter des livres pour les bibliothèques, pis quoi encore ? Apprendre à lire ? Pis après, les gens, ils vont lire des trucs même pas écrits par des gens de chez nous ? ou des naturalisés genre Haldas ?

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vendredi, 15 novembre 2013

Gauche et droite genevoises, le retour...

Trois blocs ? Non : deux...

En commission des finances du Conseil Municipal de la Ville de Genève, la droite, toute la droite, a sorti son boulier et son sabre, et proposé de supprimer un service entier, 45 postes de travail, un fonds, une ligne budgétaire (au moins), sans autre motif, et moins encore de raison, que de montrer qu'elle peut être majoritaire, même en Ville. On n'y croyait pas vraiment, mais on avait contribué, par paresse intellectuelle, à la colporter, cette image d'un champ politique genevois partagé entre trois blocs reproduisant chacun les alliances électorales de cet automne : une gauche, une droite et une extrême-droite.  L'exercice auquel vient de se livrer la droite municipale unie, du PDC au MCG, fait de cette image une illusion d'optique. Il n'y a pas «  trois blocs« » à Genève, il n'y en a toujours que deux. La gauche et la droite. Rien au milieu, rien ailleurs. Pas de « centre », pas de « ni de gauche, ni de droite », mais une droite de laquelle l'extrême-droite n'est pas exclue.
Et dont elle conduit même le char à bœufs.

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jeudi, 14 novembre 2013

Autour de l'anarcho-syndicalisme...

Ploum, ploum, tralala...

Lundi 25 novembre, le Collège du Travail et la Conférence Universitaire des Associations d'Etudiants organisent*, avec l'Association pour l'étude de l'histoire du mouvement ouvrier, le Centre international de recherche sur l'anarchisme et l'Ecole syndicale d'Unia, une rencontre autour de Lucien Tronchet et de ses combats, syndicaux mais aussi politiques. Et du 14 au 17 novembre, à Saint Imier, se tiendront à l'Espace Noir des « journées de l'anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révolutionnaire » (www.espacenoir.ch). Mais d'où, de si loin, nous revient donc l'anarcho-syndicalisme ?
 *Uni Mail, de 19 heures à 22 heures 30, salle M R040.

anarchisme, anarcho-syndicalisme, Tronchet

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mardi, 12 novembre 2013

Votes de la Ville, des villes et de la « campagne » : « Zonage » politique

En survolant les résultats détaillés de l'élection genevoise d'avant-hier, on constate la reproductions des différences habituelles entre le vote de la ville-centre, celui des villes périphériques et celui des communes « rurbaines » (celles qui furent rurales et ne le sont plus). Ainsi, la Ville aurait élu les trois candidats de gauche et n'aurait pas élu le candidat MCG, qui a fait un meilleur résultat dans la couronne urbaine et dans la « campagne » qu'en Ville. Rien de nouveau sous le soleil politique, à Genève : la Ville vote plus à gauche que le canton, les « grandes communes » (les autres villes) évoluent vers un bipartisme PS-MCG, et la « campagne » est à la droite bourgeoise (l'« Entente »). Mais au-delà de ces différences de prononcement politique selon le lieu d'habitat, de ce «zonage politique», l'épisode permet de se (re)poser la question de la place politique des villes dans ce pays, et même dans ce canton profondément urbain (jusqu'à ce qu'on considère comme sa « campagne »)...

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