Genève - Page 2

  • Rentrée scolaire à Genève : "Des allocations, pas des aumônes" ?

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    Carte de pauvre.jpg

    On ne lâche rien...

    La Ville de Genève accorde aux familles les plus modestes de la commune une allocation de rentrée scolaire, que la droite municipale n'avait cessé de combattre et qu'il avait fallu lui imposer. Ne pouvant la supprimer, elle avait décidé de la dénaturer : l'allocation était versée sous forme monétaire, sur un compte postal ou bancaire, la droite a imposé qu'elle soit désormais versée sous forme de bons d'achat dans les commerces de ses copains. Nous avions combattu au Conseil municipal cette régression vers les aumônes intéressées du XIXe siècle, puis, après qu'elle ait été ratifiée par la droite dilatée (du MCG au PDC), lancé une pétition ("Des allocations, pas des aumônes") pour en revenir "à un mode acceptable et rationnel de versement des allocations de rentrée scolaire". Hier soir, au Conseil municipal, la même droite dilatée qui avait imposé le retour aux bons caritatifs a refusé la pétition. Comme on dit dans ces cas là : "le combat continue" -et il continuera jusqu'à ce quelques bribes de rationalité sociale se fraient, si péniblement que cela dusse se faire, dans quelques cerveaux de droite. Têtus, on est. Et optimistes, aussi...
     
     

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  • L'ordre politique doit naître de l'ennui qui naît de l'uniformité

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    index.jpgNeutralisons !

     Le PLR municipal genevois a déposé un projet de délibération modifiant le règlement du Conseil afin d'y inscrire des règles portant sur les apparences vestimentaires et les modes d'expression des conseillères et conseillers municipaux. Le fétichisme vestimentaire est un peu une manie de la droite locale, elle nous avait déjà fait le coup avec les tenues de bain dans les piscines municipales, elle récidive avec les tenues de séance au Conseil municipal. Pour les apparences lors des séances plénières, le PLR ne s'est pas contenté de reprendre en substance une disposition de la loi cantonale sur la laïcité -celle qui, absurdement, prescrit qu'en séances plénière, "les membres du Grand Conseil et des Conseils municipaux s'abstiennent de signaler leur appartenance religieuse par des signes extérieurs", il y a ajouté une pétition de principe normalisatrice, selon quoi "il importe de clarifier explicitement les limites à l'intérieur desquelles la tenue et le comportement des conseillères et des conseillers municipaux doivent s'inscrire afin de consolider et de maintenir la sérénité des débats parlementaires". Et donc, clarification explicite : les élus et élues doivent se vêtir d'une tenue "neutre s'apparentant à une tenue de ville". Genre employé de banque des années cinquante et institutrice des années soixante ? Il s'agit de neutraliser les apparences pour normaliser le parlement. Neutraliser la forme, avant que de pouvoir neutraliser le fond. La proposition a été renvoyée pour étude en commission. On pourrait, si on était fatigués, se contenter de s'y opposer en arguant  que la loi cantonale suffit, si absurde  qu'elle soit. Mais on n'est pas fatigués. Et donc
    on se servira du projet de règlement que le PLR nous soumet comme d'un marchepied, pour aller plus loin dans son ambition : la normalisation du Conseil municipal de Genève.

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  • Genève : De l'usage invocatoire de la "Séparation des pouvoirs"

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    Tutelle est prise sur qui croyait s'en déprendre

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    "Affaire Maudet", notes de frais des Conseillers administratifs de la Ville et des Conseillers d'Etat  : "Le Ministère public et la Cour des Comptes montent en puissance alors qu'ils sont des instances de contrôle et non du faire", maugrée le président du Conseil d'Etat genevois, Antonio Hodgers, dans "Le Temps" de samedi. Et l'ancien redac'chef de la "Julie", devenu chroniqueur, Pierre Ruetschi, de confirmer : "nos politiques, qu'il s'agisse de la Ville, ne contrôlent plus vraiment leur destin" (comme si en démocratie il pouvait en être autrement...), "le pouvoir a passé progressivement en d'autres mains, celles du Ministère public et de la Cour des comptes, qui déterminent la capacité de faire (ou de ne rien faire) de nos élus. Le politique est sous pression. A moins qu'il ne soit sous tutelle". Bon, et alors ? Tout dépend de qui il est sous tutelle, non ? Pourquoi a-t-on créé à Genève une Cour des comptes et en fait-on élire (activement ou tacitement) les magistrats par le peuple ? Pourquoi fait-on aussi élire le Procureur général, ses adjoints et tous les juges par le peuple ? Pour leur donner aux uns et aux autres la même légitimité démocratique que celle des députés et du Conseil d'Etat... 
     

     
     

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  • Comment contourner une loi votée par le peuple

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    ouverture le dimanche.jpgLe 19 mai, à Genève, on votera sur une modification de la loi sur l'ouverture des magasins, modification étendant à trois dimanches par an les possibilité d'ouverture dominicale en contournant la condition posée par la loi actuelle, et ratifiée par le peuple en novembre 2016, d'une convention collective de travail étendue à l'ensemble du secteur. Le patronat du commerce de détail a instrumentalisé (avec leur accord) les partis de droite pour faire voter ce contournement par le Grand Conseil -les syndicats et la gauche ont riposté par un référendum, d'où l'inscription de l'enjeu à la votation du 19 mai. Mais le patronat ne s'en est pas tenu là : après avoir fait passer au Grand Conseil une loi contournant un vote populaire, ils tentent de faire ratifier par le Conseil d'Etat une convention collective au rabais signée par un syndicat jaune... Comment contourner une loi votée par le peuple ? en la faisant bidouiller par le parlement et en s'acoquinant avec un pseudo-syndicat...

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  • La gauche genevoise unie contre les réformes fiscales

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    rffaNotre Surmoi et leur ça

    A Genève, comme le titrait la "Tribune" du lieu, le "front favorable à la réforme fiscale se lézarde" : à droite, l'UDC a lâché le PLR, le PDC et le MCG sur la réforme cantonale (tout en restant de leur côté sur la réforme fédérale), et à gauche, le PS a rejoint les syndicats, les Verts et "Ensemble à gauche" dans l'opposition aux deux réformes. On notera avec quelque maligne satisfaction, que le choix socialiste a mis en fureur la droite alors que celui de l'UDC l'a laissée indifférente. "Le Temps" diagnostiquait amèrement que (on ne s'en lasse pas) "les socialistes genevois ont, avec Ensemble à gauche et les Verts, un surmoi social qu'ils peinent à dépasser". Pire, ils le revendiquent, ce "surmoi social" -que partagent au sein même du PS partisans et adversaires de la réforme fiscale cantonale, s'ils l'expriment par des mots d'ordre différents. Ce "surmoi" de gauche vaut bien un "ça" de droite, non ?

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  • Plus d'un mois de grève des nettoyeurs à Genève

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    la-ville-intervient-dans-la-greve-des-nettoyeurs-936x546.jpgToilettes publiques, mandat privé


    Ils sont quatorze. Ils nettoient jour et nuit, la semaine et le dimanche,  les toilettes publiques de la Ville de Genève. Chacun en nettoie douze, quatorze, voire dix-sept, pour 21 francs 70 à 23 francs 60, ou même de l'heure.  Ils travaillent pour la Ville de Genève mais sont employés par une entreprise privée, Onet, à qui la Ville a sous-traité cette tâche. Et ils sont en grève depuis plus d'un mois, soutenu par leur syndicat (le SIT) et l'Assemblée générale de la fonction publique municipale, pour que leurs droits et la loi soient respectés par leur employeur. Pour qu'il leur paie le travail qu'ils font et qu'il ne leur paie pas, qu'il leur compense le travail de nuit qu'ils font et qu'il ne compense pas, qu'il leur fournisse du matériel de travail et de protection adapté, qu'il réintègre un travailleur licencié pour avoir participé au mouvement de revendication qui a abouti à la grève.

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  • Le PS de la Ville de Genève a désigné son candidat et sa candidate à la Municipalité

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    candidats PS CA.jpgUn coup de deux

    Hier soir, le Parti socialiste de la Ville de Genève, qui dispose de deux des cinq sièges de l'Exécutif municipal, y a désigné son candidat (Sami Kanaan) et sa candidate (Christina Kitsos) à l'élection du printemps 2020. C'est le premier parti de gauche à le faire. Il avait le choix entre cinq candidatures à la candidature qui toutes ont été inscrites par celui et celles qui les posaient dans une volonté de r4econquête d'une majorité de gauche au Conseil Municipal, et de maintien de celle au Conseil administratif. Mais au-delà de cette double volonté de reconquête et de maintien, il y a, également partagée, celle de défendre d'abord, d'étendre ensuite, la capacité de la Ville de Genève à mener une politique différente, alternative, à celle du canton -c'est-à-dire de la majorité politique qui la détermine (pour l'essentiel). Le PS a joué hier soir un coup de deux qui n'abolit certes pas le hasard de toute élection, mais lui permet dès aujourd'hui d'entrer en campagne.

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  • Réformes fiscales : le PS face à un choix simple

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    Choisis ton camp, camarade...


    Affiche RFFA-RIE.jpgDemain, l'assemblée générale du PS genevois choisira de soutenir ou de combattre le projet de réforme fiscale cantonale porté par la majorité du Grand Conseil. Et au fond, ce choix ne pourrait pas être plus simple, plus brut de décoffrage politique, que tel qu'il se présente dès lors qu'aucune autre force de gauche ne soutient cette réforme, et qu'aucune force de droite ne la combat : le PS genevois préfère-t-il être avec toute la gauche ou avec toute la droite ? L'étrange n'est pas dans cette simplicité mais dans l'hésitation d'une partie des socialistes à l'assumer. Et à choisir entre deux destinataires de leeur propre crédibilité : tient-elle aux compromis parlementaires qu'ils passent régulièrement avec la droite ou à leur capacité de tenir une ligne politique claire, celle de leur refus de la réforme fiscale fédérale et de leur soutien à l'initiative "zéro pertes" ?

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  • L'"Appel de Genève" en crise ?

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    guerilleros.jpg

    Unique en son genre

     

    Un déficit de plusieurs centaines de milliers de francs (dû notamment à la perte d'une contribution européenne), de nombreux départs au sein du personnel, le départ de sa co-fondatrice : l'"Appel de Genève" serait en "crise profonde", et cette crise inquiéterait la Confédération qui le soutient. Mais plus grave, cette organisation profondément originale dans son but, son rôle et ses pratiques s'en éloignerait pour devenir une sorte de petit CICR-bis. Le but, le rôle, la pratique de l'"Appel de Genève" : intégrer des groupes armés non-étatiques qui l'acceptent (des mouvements de libération nationale, des organisations révolutionnaires, des mouvements de résistance...) à un cadre de respect du droit international humanitaire, en élargissant celui-ci à des acteurs qu'il ignorait et qui l'ignoraient : refus de l'usage d'armes exclues par ce droit (les mines anti-personnel), renoncement à l'enrôlement d'enfants-soldats, notamment. Cela, il est le seul à le faire. Unique en son genre, s'il ne fait plus, ou moins, ou mal, ce pour quoi il a été fondé, il ne se justifie plus.

     

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  • Succès de l'opération genevoise de régularisation des sans-papiers

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    Papyrus.jpgPost Tenebras Lux

    A Zurich, l'association "Zuri City Card" a lancé une pétition, soutenue par la gauche, pour que la ville accorde aux sans-papiers (Ils seraient 14'000) une carte d'identité locale (qui serait aussi accordée à tous les autres habitants. Evidemment, l'UDC a dénoncé une tentative de "légaliser les sans-papiers en catimini". Des propositions semblables ont été déposées à Berne, Bienne et Lucerne et sont à l'étude à Genève où une autre voie, originale, a déjà été prise : celle de "Papyrus" : la légalisation (et pas "en catimini") des "sans-papiers" répondant à plusieurs conditions objectives. Un premier bilan vient d'en être tiré (en l'absence du responsable politique initial de l'opération, Pierre Maudet), après la fin du délai de dépôt des dossiers le 31 décembre dernier (mais des dossiers pourront encore être déposés, si le Secrétariat d'Etat au Migrations n'y fait pas obstacle). 1846 personnes ont déjà été régularisées (365 familles totalisant 1176 personnes dont 610 enfants, 14 couples, 642 célibataires), 1757 dossiers sont en cours de traitement. Dans trois quart des cas, les demandes de régularisation étaient déposées par des travailleuses et des travailleurs de l'économie domestique. Au final, 3500 personnes pourraient être régularisées et passer de l'ombre à la lumière. Comme la devise de la République y incite : Post Tenebras Lux...

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  • Drame à Genève : le PS déçoit la droite...

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    Na!.JPGD'entre deux maux et deux mots...

    Le Comité directeur du PS genevois propose à l'Assemblée Générale du parti, qui se tiendra le 12 mars prochain, d'appeler à voter "NON" aux deux réformes fiscales soumises à votation en mai, la réforme fédérale et la réforme cantonale. La situation du PSG est intéressante : quelle que soit la position que prendra son assemblée générale, elle sera contradictoire d'une autre : si elle soutient la réforme fiscale cantonale, cette position sera contradictoire à la fois de celle prise sur la réforme fédérale, contre laquelle le PSG a soutenu le lancement du référendum, et de celle sur l'initiative "zéro pertes", dont le PS a soutenu le lancement. Et si, comme il devrait, le PS combat la réforme fiscale cantonale, il reviendra sur le vote d'une minorité de ses députés au Grand Conseil (la majorité n'ayant pas participé au vote). Le PS a donc le choix entre une contradiction avec une minorité de son groupe parlementaire et une double contradiction avec lui-même. A notre humble (clause de style...) avis, la première contradiction est infiniment plus bénigne que ne le serait la seconde : de deux maux il devrait choisir le moindre, et de deux mots (d'ordre) le plus clair : un double NON à la double réforme fiscale, fédérale et cantonale.

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  • Genève : grève des nettoyeurs des toilettes publiques

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    Onet.jpgCelles et ceux qui nettoient pour la Ville doivent être employés par la Ville

    Depuis le 18 février, les nettoyeurs salariés de l'entreprise ONET sont en grève pour la défense de leurs droits. A l’instar de l’Etat, la Ville de Genève externalise
    depuis longtemps les tâches de nettoyage de ses bâtiments, locaux et installations . ONET est l'une des entreprises bénéficiaires de cette externalisation sans justification pertinente. Ces privatisations du nettoyage de bâtiments publics, qui ont connu un développement sans précédent ces dernières années, entraînent un dumping social et salarial aussi inévitable qu’inacceptable pour les travailleuses et les travailleurs occupés à ces tâches déjà pénibles et peu rémunérées.

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  • Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises : ça boite

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    Affiche RFFA-RIE.jpgEn commission parlementaire et en séance plénière du Grand Conseil, les socialistes genevois se sont ralliés à un "compromis" boiteux sur la réforme cantonale de l'imposition des entreprises. Et la direction du PSG ne semble pas vouloir faire confirmer cette adhésion par une recommandation de vote pour le scrutin du 19 mai prochain, puisque l'assemblée générale du parti n'est convoquée que pour se prononcer sur la réforme fédérale (la RFFA), contre laquelle un référendum, soutenu par le PS genevois, avait été lancé. Comme si les deux réformes n'étaient pas indissolublement liées. Et comme si un mot d'ordre donné à un groupe parlementaire valait recommandation de vote donnée dans un scrutin populaire... Mais passons : pourquoi parler d'un compromis "boîteux" à propos de celui accepté par les députés socialistes ayant pris part au vote du Grand Conseil (c'est-à-dire une minorité du groupe parlementaire...) ? Parce que ce "compromis" n'évite pas plus à Genève qu'ailleurs de lourdes pertes de ressources pour les collectivités publiques, et que la majorité du Grand Conseil essaie de le faire passer en lui accolant (mais sans pouvoir la faire voter par un "oui" ficelé à celui de la réforme fiscale) une augmentation bienvenue des subsides d'assurance-maladie.

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  • Pas d'assurance remboursant les frais dentaires à Genève : Que les sans-dents le restent ?

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    sans-dents.jpgL'initiative pour le remboursement des soins dentaires de base, lancée par le Parti du Travail, a été repoussée par un peu moins de 55 % des votants, dimanche, à Genève (c'est un peu mieux que dans le canton de Vaud, où le taux de refus avait atteint 57.57 % l'année dernière). Comme pour l'autre initiative du PdT, celle pour une caisse publique d'assurance-maladie, ce refus a été prononcé grâce au différentiel de participation au vote entre les arrondissements de gauche et de ceux de droite : les premiers ont accepté l'initiative, qui a obtenu un soutien en Ville de Genève à Vernier et à Avully (et chez les Suisses de l'étranger), les seconds l'ont refusée. Toutes les forces qui s'y opposaient ont entonné la même antienne que celle qui a salué l'échec de l'autre initiative du même Parti du Travail : l'initiative mettait en évidence un "vrai problème" mais lui proposait une "mauvaise solution". Et quelle "bonne solution" ces bons apôtres proposent-ils à ce vrai problème (celui de l'accès des plus modestes à des soins que l'assurance-maladie de base ne rembourse pas) ? L'arrachage systématique de toutes les dents malades ? Après tout, les sans-dents n'ont plus mal aux dents...

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  • Refus de la création d'une caisse d'assurance-maladie publique à Genève : Un vrai vote de classe

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    inegalites.jpgL'initiative du Parti du Travail pour la création d'une caisse publique d'assurance-maladie aété repoussée dimanche à Genève par 55,5 % des voix. Une défaite, sans doute, mais une défaite plus qu'honorable, pour un texte qui n'était soutenu ni par le PS (qui même s'y opposait) ni par la coalition dont le PdT est membre, "Ensemble à Gauche" qui, comme les Verts ne donnait pas de mot d'ordre. L'initiative n'a été repoussée que de justesse (à 50,37 % des voix) en Ville de Genève, alors que onze arrondissements sur dix-sept l'acceptaient. Là encore, comme pour l'autre initiative du Parti du Travail, celle sur les soins dentaires, et comme pour la loi sur la laïcité, le différentiel de participation entre arrondissements de droite et de gauche a joué à plein pour produire le résultat final. En Ville, les six arrondissements de droite ont fait la majorité. Et au plan cantonal, l'initiative a été repoussée à plus de 70 % des suffrages dans les niches rupines de la rive-gauche "campagnard" (Anières, Conches, Collonge-Bellerive, Jussy...). Un vrai vote de classe... lors duquel le PS s'est trompé de classe...

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  • Vote de la loi genevoise sur la laïcité : Un pet dans l'eau

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    pet dans l'eau.jpgLa loi cantonale genevoise sur "la laïcité de l'Etat"a été acceptée hier par 55 % des suffrages, grâce au soutien massif que lui a apporté l'électorat de droite et au différentiel de participation au vote entre les arrondissements de droite et ceux de gauche (la participation s'est établie à 43,8 % au plan cantonal, mais elle s'étage entre e38,5 % à Châtelaine et plus de 49 % à Veyrier). L'effet de ce différentiel saute aux yeux en Ville de Genève : tous les arrondissements de gauche (soit la majorité des arrondissements de la ville) votent contre la loi, malgré quoi elle est acceptée par la majorité des votants de la commune... On notera au passage le nombre important de bulletins blancs (5578 dans le canton). 

    Et maintenant ? Maintenant, rien... Genève n'est ni plus, ni moins laïque depuis hier, et sa "loi sur la laïcité de l'Etat" ne changera finalement rien aux pratiques genevoises : l'Etat va continuer à trier entre les bonnes églises et les autres, les vraies et les fausses religions, à permettre à quelques unes d'utiliser l’administration fiscale pour prélever leur dîme, à faire prêter serment aux conseillers d'Etat et aux députés dans un temple, tout en leur interdisant d'arborer des signes religieux pendant les séances publiques du parlement... cela, d'ailleurs, se règlera devant les tribunaux : l'assimilation stupide des élus dans les parlements municipaux et cantonal à des agents de l'Etat, avec à la clef l'interdiction leur étant faite de porter des signes religieux (ou philosophiques, ou idéologiques) visibles pendant les séances plénières publiques, cette interdiction ne tiendra sans doute pas longtemps face à des recours déposés par des députées ou des députés, des conseillères municipales ou des conseillers municipaux. Au fond, tout au fond même, ce vote sur cette loi n'est guère qu'un pet dans l'eau : ça fait un petit bruit et de grosses bulles, ça fleure un peu, mais ça se dissipe presque aussi vite que cela s'exhale.

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  • Un système d'assurance-maladie à bout du souffle des assurés

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    caisse-maladie.jpg

    L'Etat paie, les assurances encaissent

    Pour faire passer son projet de réforme de la fiscalité des entreprises, le Conseil d'Etat genevois propose de développer considérablement les subsides aux assurés ayant des difficultés à assumer le paiement de leurs primes : 186 millions y seront consacrés (la même somme que celle des pertes fiscales cantonales estimées dues à la réforme de l'imposition des entreprises, sans compter les pertes municipales) : le subside pour les plus bas revenus triplerait presque (il passe de 90 à 230 francs par prime) et 140'000 personnes pourraient bénéficier de subsides (contre 53'000 aujourd'hui). Cela constate que le système actuel d'assurance-maladie, fondé sur des primes "par tête" d'assuré, sans correction en fonction du revenu, et devant être payées à des caisses privées, est à bout de souffle. Mais le souffle au bout duquel arrive ce système (qui "ne tourne pas rond et est opaque", résume le Conseiller d'Etat Thierry Apothéloz), c'est celui des assurés, pas celui des assurances -elles respirent fort bien, elles, l'Etat leur sert de poumon : c'est lui qui leur garantit le paiement des primes de toutes celles et ceux qui n'arrivent pas à l'assumer en tout ou partie.

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  • Pourquoi diable n’appelle-t-on pas à rejeter la loi sur la laïcité ?

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    Drapeau Dugong.jpgVirginale perversité

    Après tout le mal qu'on a pu écrire de la loi sur la laïcité soumise au vote des Genevois et voises dans une semaine, pourquoi diable n’appelle-t-on pas à la rejeter ? Pour deux raisons inavouables autant que contradictoires : par perversité, d'abord, et pour préserver notre virginité politique, ensuite.
    Par perversité : on salive d'avance, tout en ricanant, à l'idée de voir la présidence du Grand Conseil ou du Conseil Municipal en appeler à la force publique pour expulser de la salle des séance plénières une musulmane trop enfoulardée, un chrétien portant en sautoir une croix trop grande, un juif une kippa trop voyante ou nous-mêmes notre passoire athée.
    Par pudeur de vierge effarouchée, ensuite : on n'a pas franchement envie de passer notre temps à dire que notre "non" n'est pas le même que celui des fondamentalistes religieux... ni notre "oui" le même que celui des Croisés de l'Occident chrétien.

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  • Réforme cantonale genevoise de l'imposition des entreprise : 30 Floréal, jour du NON et NON

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    Bandeau RFFA.JPG

    Après des heures de débats, pour ne pas écrire de dialogue de sourds, le Grand Conseil genevois a accepté le 31 janvier, à une large majorité, la réforme cantonale de l'imposition des entreprises (et à une plus large majorité encore un contre-projet à l'initiative de la gauche pour un plafonnement des primes d'assurance-maladie). S'agissant de l'imposition des entreprises, le projet accepté (par la droite élargie et ce qui restait du groupe socialiste après qu'une bonne partie de ses membres aient quitté la salle des séances pour ne pas avoir à voter) prévoit un taux unique d'imposition de 13,99 % des bénéfices de toutes les entreprises, celles à "statut spécial" (des multinationales) voyant leur taux d'imposition augmenter alors que toutes les autres voient le leur baisser. Les pertes fiscales de l'exercice se montent, pour le canton, à 186 millions, et celles pour les communes à hauteur de 50 millions. On votera le 19 mai. Dans le calendrier républicain, c'est le 30 Floréal. jour de la houlette. Sous notre propre houlette, ce sera celui du NON aux deux réformes fiscales, la fédérale et la cantonale.

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  • "Affaire Maudet" : Comprendre la GrundGenferei grâce aux grands auteurs

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    Baron noir.jpg

    Il faut bien l'avouer : on commence sérieusement à perdre pied dans l'"Affaire Maudet", et nos ricanements ne suffisent plus à masquer la triste réalité de nos insuffisances d'analyse et de commentaires Alors, dans le doute, il a bien fallu nous résoudre à consulter nos maîtres, nos oracles. On s'est mis sous la lumière de leurs phares. Pour comprendre. Pour savoir quoi dire de nouveau et d'intelligent sur la Genferei des Genferei. La Mère des Genferei. La GrundGenferei. Et voilà ce qu'ils nous ont livré. On n'en est peut-être pas plus avancés, mais on est rassurés : on n'est pas les seuls à patauger.

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