France - Page 3

  • Elections départementales française : la gauche fait gagner la droite

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    front contre Front

    101 Conseils généraux devenant Conseils départementaux (un par département sauf pour Paris et Lyon) ont été renouvelés (sauf en outre-mer), par une élection tenue dans 2054 cantons (deux fois moins qu'en 2013), chacun ayant deux représentants, obligatoirement un homme et une femme (présentés en binôme sur la même liste, ce qui a forcé les partis à présenter des candidates, alors que les femmes n'occupent que 13 % des sièges des actuels Conseils généraux). Pour les 4108 sièges disponibles dans les conseils départementaux, plus de 18'000 candidats se sont présentés.  Au premier tour (celui où l'on choisit, le deuxième tour étant celui de l'élimination...), la droite démocratique (UMP et alliés) était sortie en tête, devant le Front National et le PS, qui avait certes limité les dégâts mais ne pouvait guère se prévaloir que de cela. Dans environ 500 cantons, la gauche (au sens large) avait été éliminée au premier tour, et devait se résoudre à appeler soutenir les candidates et candidats de l'UMP ou d'une autre formation de droite, pour éviter l'élection d'un "binôme" frontiste. Dès lors, Naboléon a beau sauter (comme un cabri) sur tous les micros pour proclamer que l'"alternance est en marche et que rien ne pourra l'arrêter", ni elle, lui, le succès de sa formation (qu'il récupère à son profit exclusif) est dû en grande partie au "vote républicain" de la gauche, comme lors de la rééelection triomphale de Chirac devant Papy Le Pen... Ce fut donc front (républicain) contre Front (national). 
        

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  • 1er tour des élections départementales françaises : coups de mou

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    gluant.jpgMolle victoire et moindre défaite

    Une droite démocratique (centre compris) autour de 37,5 % des suffrages (dont un peu moins de 30 % pour l'UMP de Sarkozy), une gauche (au sens large) autour de 36 % (dont un peu plus de 20 % pour le PS), une extrême-droite  autour de 24,5 % : tel est (selon des résultats pas encore définitifs) le rapport des forces électorales en France au soir du premier tour des Départementales. La droite démocratique devance la gauche, mais n'est majoritaire que si on lui adjoint l'extrême-droite, le Front National n'atteint pas son objectif de sortir en tête (alors que c'est lui qui présentait le plus de candidats dans le plus grand nombre de  cantons) et le PS fait un moins mauvais (mais mauvais tout de même) résultat qu'annoncé : « les candidats de la majorité ont réalisé des scores honorables », a estimé Manuel Valls -étranges définitions des mots « majorité » et « honorable », s'agissant d'une «majorité» qui ne rassemble plus qu'un tiers des suffrages, et d'un parti au pouvoir qui n'en rassemble plus qu'un cinquième. En face, même résultat mitigé : la victoire de la droite est molle comme est molle la défaite d'une gauche minoritaire mais où le PS ne subit pas la « déroute » annoncée.

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  • Dernières nouvelles du front français : passer en force ou en intelligence ?

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    Pour sauver la « loi Macron », du nom du frétillant ministre social-libéral chargé par François Hollande et Manuel Valls de déréglementer l'économie française, et pour mettre au pas les « frondeurs » socialistes (qui, eux, se désignent comme des «résistants»), le gouvernement français a usé de l'arme parlementaire lourde : l'article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire adopter un texte sans débat ni vote parlementaire, en engageant la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale, méthode vilipendée par le PS... quand il est dans l'opposition.  Ce 19 février, le 49.3 a donc pour la première fois été utilisé afin de faire taire l'opposition interne à la majorité.  La droite à qui au fond la « Loi Macron » convient, y a mécaniquement répliqué par une motion de censure qui n'a obtenu que les voix de l'UMP, du « centre », des deux députés du Front National et de la majorité des élus du « Front de Gauche », les « frondeurs » du PS  ayant pour ce moment (« merci pour ce moment » leur a sans doute dit Hollande...) posé leurs frondes. Manuel Valls a donc réussi à passer en force, mais son gouvernement est plus affaibli et la gauche plus divisée après le vote de la loi qu'avant, la politique requerrant en effet d'autres talents que ceux d'un sergent-major. Pas que de la force : un peu d'intelligence, aussi. L'épreuve de la première a été faite, on attend le test de la seconde.

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  • « On a tué Charlie Hebdo » ? Eh bien non : « Nous sommes Charlie » !

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    Je suis Charlie.JPGAlbert Camus évoquait « ce droit au déshonneur dont Dostoïevski disait déjà qu'on est toujours sûr, l'offrant aux hommes, de les voir s'y ruer ». Ils furent trois à s'y ruer, hier, dans les locaux de Charlie Hebdo, abattant douze dessinateurs, journalistes, policiers...« On a tué Charlie Hebdo », beuglait après le massacre l'un des massacreurs, tout fier de son acte. Eh bien non : Des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de personnes, se sont rassemblées dans toutes les villes de France, et un peu partout en Europe (nous étions entre 500 et 1000, à Genève) pour dire « nous sommes Charlie ». Une journée de deuil national a été proclamée en France aujourd'hui, avec un hommage aux victimes du massacre. A Genève, à midi et demi, place Neuve, un rassemblement est organisé en soutien a Charlie Hebdo. Une grande marche de défense de la République et valeurs aura lieu à Paris, samedi. Et mercredi prochain, Charlie reparaîtra. On n'aura pas tué Charlie.

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  • La « Charte des socialistes pour le progrès humain » : Un engagement ou un exorcisme ?

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    Les socialistes français ont adopté une nouvelle charte (la « Charte des socialistes pour le progrès humain ») pour rassembler les troupes après une succession de défaites électorales, rappeler ce qui constitue l'identité d'un parti socialiste après un « virage social-libéral » aux effets dissolvants, et  l'ancrer rhétoriquement à gauche après une série de décisions laissant planer un lourd doute sur la solidité de cet ancrage. « Ce n'est pas une révolution » programmatique, concède le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. En effet. Même pas une réforme, d'ailleurs. Un exorcisme, ou une piqûre de rappel, tout au plus, dans la fesse (gauche) d'un malade à qui il faut proclamer que « socialistes, nous sommes fiers de nos valeurs » parce qu'il doute de leur respect par ceux qui ont pour fonction de les incarner, et dont l'un (Manuel Valls) proposait au PS de changer de nom pour n'être plus qu'une sorte de rassemblement « de toutes les forces progressistes » -ce à quoi Michel Rocard avait répondu que « changer le nom du PS, c'est le couper de son histoire ». Ce qui suggère tout de même que de son histoire, il ne s'est pas encore coupé.

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  • PS français : Il va bien falloir choisir...

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    Levez-vous, orages nécessaires...

    En France, le « virage » social-libéral désormais assumé par Hollande et Valls a réduit la base parlementaire et la base populaire de la présidence et du gouvernement en place à un tel (bas) niveau que seuls l'appel à la discipline de parti et le réflexe légitimiste des élus empêche encore l'éclatement du PS français. Et on dit bien l'éclatement, pas la dissolution : l 'éclatement entre un parti « démocratique » à l'italienne et un parti socialiste (ou social-démocrate, puisque quoique n'ayant jamais assumé cette filiation, le PS français a toujours été un parti social-démocrate, même quand il aimait jouer avec des références révolutionnaires). Un tel éclatement serait sans doute clarificateur du choix entre deux lignes que leurs tenant savent inconciliables, même s'ils se refusent à tirer les conclusions de cette certitude. Entre Hollande et Valls d'un côté, Montebourg, Veillon et Aubry de l'autre, il va pourtant bien falloir choisir. Avant ou après une défaite électorale ? Levez-vous, orages nécessaires !

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  • Où en est la gauche française (et donc genevoise) ?

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    Miroir, mon beau miroir...

    Nous poser la question  de savoir où en est la gauche française -de toute la gauche française, entre reconstruction, rénovation, redéfinition et déréliction,   c'est un peu (beaucoup) se poser la question de savoir où nous en sommes nous-mêmes, ici, dans ce coin de pays : on n'échappe pas à une proximité séculaire entre les débats d'un côté du Jura et les débats de l'autre, dans quelque sens que se fasse l'inspiration et que se donne l'impulsion (il fut en effet un temps où c'est de chez nous que partaient les étincelles qui faisaient les Lumières). Et comme il y a contiguïté et continuité de la France à la Romandie, et tout particulièrement entre la France et Genève, dans le miroir que nous tend la gauche française, c'est bien nous que nous reconnaissons...

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  • « Vote de confiance » à Manuel Valls : Un garde-à-vous résigné

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    Manuel Valls, qui a promis qu'il  ne changerait « pas de cap », a sollicité et obtenu de l'Assemblée Nationale la « confiance » à son gouvernement, par 269 voix contre 244, moyennant l'abstention de 53 députés, dont 31 députés socialistes et les députés écolos. Si les « frondeurs » socialistes, au lieu de s'abstenir de lui accorder leur confiance la lui avaient refusée, Valls ne l'aurait pas obtenue, et la « fronde » aurait été une rupture. On n'y est pas, ou pas encore : l'abstention est peut-être le maximum de la dissidence autorisée dans un système comme le système français, où le chef du gouvernement est chef d'une majorité parlementaire caporalisée (et le chef de l'opposition, pour autant qu'il n'y en ait qu'un, est chef d'une minorité parlementaire à peine moins caporalisée), Quel sens donner dans ces conditions à un « vote de confiance » ? Dans une démocratie, le vote est libre, et de toute façon, démocratie ou non, la confiance ne s'accorde pas sous la contrainte -sous la contrainte ne peut s'obtenir que la résignation. Le «vote de confiance» arraché par Valls n'est ainsi qu'un garde-à-vous résigné, aussi étranger que possible à l'état réel de la société  et de l'opinion publique françaises : tout sauf confiantes -rageusement déprimées.

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  • Le Régent, la Grande Duchesse, le Commis et le militant (fable socialiste française)

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    De Mollet à Valls, retour à la casse départ ?

    Sur l'air de la Grande Duchesse de Gerolstein aimant les militaires, Manuel Valls a entonné l'autre jour, devant les patrons français réunis en leur "Université d'été", "Moi, j'aime l'entreprise, j'aime l'entreprise". L'amour, ça ne se commande pas, ça a des déraisons que la raison ignore. Les patrons français ont ovationné debout le patron du gouvernement français, et leur président, Pierre Gattaz, a salué son "discours de lucidité, de pragmatisme, de clairvoyance, de courage". Pas moins. Et plus encore si entente : c'était " le discours dont on avait besoin" (qui cela, "on" ? Le patronat...), et il y aura "peut-être un avant et un après"... Un "avant" et un "après" quoi ? Le politologue Roland Cayrol diagnostique une "crise de leadership et des idées" au PS. Comme avant la prise d'assaut de la vieille SFIO par Mitterrand, en somme. Cela fait bientôt quarante-cinq ans... le temps de passer de Mollet à Valls, de la droite de la gauche à la gauche de la droite, à moins que cela soit l'inverse -eppur si muove...

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  • Querelle d'héritage dans la gauche française : Mais foutez lui la paix, à Jaurès !

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    Jaurès.jpgLe mois dernier, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon ont chacun, mais séparément, déposé au pied de deux statues différentes de Jean Jaurès, deux gerbes de fleurs, en commémoration du bientôt centenaire de son assassinat, le 31 juillet 1914, à la veille de la Grande Guerre, par un sicaire d’extrême-droite. Hommages sincères, ou nécrophilie récupératrice ? Sans doute un peu des deux. Et voilà donc Flamby et Méluche se disputant l’auguste dépouille, la tirant l’un sur la droite pour justifier sa politique et l’autre sur la gauche pour justifier sa dénonciation de la social-trahison. Après les cloches de Bâle célébrées, en 1912, par Jaurès, au grand congrès de l’Internationale socialiste contre la guerre, les cloches de Carmaux. Quand elle est divisée, la gauche française se dispute Jaurès ? Certes, cela a plus de gueule que se disputer Mollet ou Thorez, mais c'est tout de même une sorte d’accaparement politicien d'un mort plus éloquent que les vivants qui s’en réclament.

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  • Deuxième tour des Municipales françaises : Quelque part entre Trafalgar et la Berezina...

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    Le second tour des élections municipales n'a pas, pour la gauche en général et le PS en particulier, atténué les résultats du premier : bien plutôt les a-t-il confirmés, voire renforcés, à la faveur d'une abstention considérable (38 %) pour de telles élections dans un tel pays, et le résultat de ce dimamche tient à la fois d'un Trafalgar républicain et d'une Bérézina socialiste. et la gauche perd 150 villes, la plupart perdues par le PS. Le Front National prend notamment Béziers, l'UMP Toulouse et Limoges (à gauche depuis un siècle...), le Modem Pau. Et si le PS gagne Avignon, c'est sans doute moins par adhésion à sa liste que par peur de voir le Festival international de théâtre, et tout ce qu'il génère d'activité dans la ville des Papes, la quitter -électoralement, Olivier Py est plus efficace que François Hollande. Enfin, à Grenoble, une liste de gauche en bat une autre, et les Verts alliés au Parti de gauche supplantent les socialistes alliés aux communistes. Certes, le PS garde Paris, Lyon, Lille et Strasbourg, mais sur l'ensemble des municipalités soumises à un second tour, la gauche, toute la gauche, ne pèse plus de 42 % contre 49 % pour la droite démocratique, et 9 % pour le Front National.

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  • Elections municipales françaises : La coup-de-pied-au-cul-thérapie

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    gauche, PS, Front national, électionsCe que le droit, la pédagogie, les bons conseils des spécialistes et l'air du temps proscrivent désormais d'appliquer aux enfants est toujours en usage politique : le baffe, la fessée, la correction -bref, la coup-de-pied-au-cul-thérapie. Dimanche dernier, c'est au PS que cette thérapie a été appliquée par les électrices et les électeurs français, appelés aux urnes (mais les désertant dans une proportion inhabituelle) pour renouveler leurs conseils municipaux (qui élisent les maires). Et l'instrument de la thérapie, ce fut le vote pour le Front National, qui pour la première fois peut se maintenir dans 229 villes au second tour en ayant obtenu plus de 10 % des suffrages, en arrivant en tête dans nombre d'entre elles, devant le PS (ou l'UMP, droite dite "républicaine", mais qui refuse le "pacte républicain" de désistement au profit du candidat le mieux placé pour battre le FN). Dans les villes de plus de 10'000 habitants, la droite recueille 46 % des suffrages, l'extrême-droite 9 %, la gauche 41 % (avec le Front de Gauche) et l'extrême-gauche 1,3 %. Motif de la sanction infligée au PS (et du cadeau fait au FN ? Exprimer le plus clairement possible un désaveu (pour user d'un euphémisme) du gouvernement et du président socialistes. En votant. faute d'alternative, pour l'extrême-droite ? Oui, même en se bouchant le nez.

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  • Charte laïque et code de conduite interreligieux : Un inquiétant besoin..

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    .Le ministre français de l'éducation nationale, Vincent Peillon, a lancé lundi sa « Charte de la laïcité », qui devra être affichée dans tous les établissements scolaires publics du pays. Mais seulement dans les établissements publics... Au même moment, à Genève, un député PDC propose un code de conduite des communautés religieuses. Ce qui suggère donc qu'elle en ont besoin, comme la charte française signale qu'il est besoin en France de réaffirmer la laïcité, et de préciser ce qu'elle signifie. Or c'est ce besoin même qui est inquiétant, comme si en démocratie, et au XXIe siècle (chrétien) la laïcité et le respèect du pluralisme devaient encore être constamment imposés...

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  • De la « purification » et du « coup de balai » : 6 ou 12 février 1934 ?

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    Trois jours après les « aveux » de l'illustre Cahuzac, le leader du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a appelé à une « marche pour la VIe République », le 5 mai, pour «  purifier l'atmosphère politique » et donner un «  grand coup de balai ». Il y a des mots dont on ne devrait faire usage qu'avec une extrême prudence, surtout quand, comme Mélenchon, on connaît son histoire politique française sur le bout du poing. On comprend bien qu'il ne faut pas laisser le terrain à la famille Le Pen (quitte, au passage, à bouffer un bout de celui de Hollande), et que c'est là bonne action et oeuvre salutaire, mais faudrait quand même faire gaffe à la rhétorique dont on use : celle du « coup de balai » et de la « purification », en France,  fait plutôt 6 que 12 février 1934, plutôt ligues que Front Populaire...

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  • De quoi Cahuzac est-il le nom ?

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    Un ministre français du budget (et donc des impôts) carbonisé pour fraude fiscale, un ancien président de la République française inculpé pour abus de faiblesse, une Infante d'Espagne inculpée pour complicité dans les tripatouillages financiers de son mari, un ancien Président du Conseil italien traînant un stock de casseroles à rendre jaloux un quincailler : le « tous pourris ! » populiste a encore de beaux jours devant lui... Car de quoi Cahuzac est-il le nom ? Ce nom est un nom de famille, le nom d'une caste : celle qui peuple les allées du pouvoir ou aspire à les peupler, celle s'y prépare ou s'y vautre. La double ironie de l'« affaire Cahuzac » réside certes dans la chute d'un ministre « socialiste » qui voulait se faire passer pour le champion de la lutte contre la fraude fiscale et la pratiquait lui-même, mais aussi dans le fait que Cahuzac est tombé à la suite d'une enquête effectuée en Suisse, sur requête française. Et que si le secret bancaire était resté ce qu'il était, et ce que veulent réinstaurer l'UDC et ses alliés de droite, Cahuzac aurait pu continuer à se pavaner et à mentir comme un arracheur de dents...

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  • Enjeux sociaux et enjeux sociétaux : Qu'est-ce qu'une « gauche populaire » ?

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    Une vingtaine d'élus socialiste français ont dévoilé le 20 février un « Manifeste de la Gauche populaire » prônant la «reconquête» des « catégories populaires et moyennes », en privilégiant désormais les enjeux économiques et sociaux sur les enjeux « sociétaux » et la reconstitution d'une base sociale et électorale populaire cohérente plutôt que l'addition des jeunes, des milieux culturellement émancipés, des femmes et des minorités ethniques, sur des thèmes liés aux modes de vie. La «Gauche Populaire» observe que la « droitisation » de la France, ces dernières années, se mesure à l'enracinement du Front National « dans les territoires périurbains et ruraux » et considère que la gauche se doit de mener ces prochaines années une politique qui soit le « levier d'une reconquête durable et robuste (...) de sa base sociologique naturelle ». Bref, de bonnes questions et des constats justes, mais pour quelles réponses ?

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  • Qu'est-ce que la France fait au Mali ? Le gendarme ? le douanier ?

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    Au Mali, contre les islamistes, la France s'est faite gendarme de l'Europe. Pour prévenir la prise de Bamako par les djhadistes, mais aussi, peut-être bien, pour éviter que, la situation dégénérant, une partie des 400'000 réfugiés maliens (250'000 déplacés à l'intérieur du pays, 150'000 réfugiés au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso) ne fasse le choix de la migration européenne. Remettre de l'ordre au Mali, y restaurer quelque chose qui ressemble à une autorité : Le soutien européen à l'intervention française au Mali ne pourrait-il pas s'expliquer aussi par l'espoir d'éviter que trop de Maliens ne viennent en Europe ?

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  • Grande parade homophobe à Paris : Que faire des intégristes ? Marions-les !

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    La manif conservatrice contre le « mariage gay », hier, à Paris, où le grotesque ne le disputait guère qu'au méprisable, ce fut à la fois une sorte de grande parade de tous les fantasmes réactionnaires, dans l'unité au moins apparente de tout ce que la France et les pays comparables (dont le nôtre) peuvent abriter d'irrédentismes patriarcaux, et la résurrection dans la rue d'une droite orpheline de Sarkozy et ne pouvant tout de même pas, décemment, faire de Gérard Depardieu sa nouvelle icône. Résultat : lardée d'UMP et de Front National, une longue procession d'intégristes religieux de toutes confessions salués par l'archevêque de Paris... Que faire des tous ces intégristes ? Les marier, peut-être...

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  • Législatives françaises : premier tour « normal » pour un président « normal »...

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    Une majorité pas trop majoritaire...

    François Hollande s'est défini lui-même comme un « président normal » (comme si dans un système présidentiel à la française, le qualificatif de « normal » pouvait s'appliquer au Chef de l'Etat post-gaullien...). ce président «normal» jouait dimanche dernier, et jouera encore dimanche prochain, une partie de sa capacité d'action politique : avec quelle majorité gouverner ? Une majorité elle aussi « normale » semble s'annoncer. « Normale », mais sans plus. Ni écrasante (elle aurait été décalée de la réalité politique française, et aurait tôt suscité une opposition hors du parlement), ni insuffisante (au pire, le PS la complètera avec les Verts...). Le président et son Premier ministre auront une majorité. Normale. Mais laquelle et pour faire quoi ?



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  • Aujourd'hui, 26 Floréal, la France change de président

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    Changements...

    Tout à l'heure, François Hollande est arrivé  au palais de l'Elysée, a été reçu par Nicolas Sarkozy, qui a quitté ensuite le siège de la présidence. Hollande a été élevé au rang de Grand Maître de l'Ordre de la Légion d'Honneur, a reçu les honneurs militaires, puis devait déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du soldat inconnu, remonter les Champs-Elysées en voiture, prononcer un éloge de Jules Ferry et de Marie Curie, rendre visite au Maire de Paris, Bertrand Delanoë, prendre un bain de foule, faire annoncer le nom de son (ou de sa) premier-e ministre et du ou de la secrétaire général-e de la présidence, puis s'envoler pour Berlin rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel. La France aura changé de président et de gouvernement. Pas d'institutions, ni, encore de politique.

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