lundi, 02 février 2015

Réforme de l'imposition des entreprises : Une réforme contre les villes

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgLes gouvernements vaudois et genevois, s'autoproclamant porte-paroles d'une « métropole lémanique » dont ils tiennent les villes et leurs revendications  à l'écart -alors que si « métropole lémanique » il y a, elle est un réseau de villes, et pas l'addition de deux cantons (dont l'un, au surplus, est largement constitué d'un territoire jurassien et alpin, et d'une population qui serait fort surprise qu'on la qualifiât de « lémanique »...), sont montés au créneau pour réclamer (pour eux) une meilleure compensation des pertes fiscales qu'ils subiraient du fait de la réforme de l'imposition des entreprises, et en ont profité pour se caler sur la position du patronat (et des partis de droite) s'agissant du seul élément de la réforme fiscale qui ait quelqu effet positif sur les finances et les prestations publiques, l'introduction (pour amadouer la gauche) d'un impôt sur les gains en capital. Parce qu'augmenter un petit peu l'imposition des multinationales, on s'y résigne puisqu'on ne peut faire autrement, mais à condition de baisser beaucoup l'imposition des autres entreprises, de renoncer à imposer les gains en capital, et que les communes en général, et les villes en particulier, soient, importunes, tenues à l'écart du souk.

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lundi, 01 décembre 2014

Le peuple des contribuables lambdas sauve un privilège fiscal

Forfaitaire.jpgLa Suisse vote à droite ? Ah ben ça alors...

La gauche, dans ce pays, pèse entre un quart (quand elle est très malade) et un tiers (quand elle ne se porte pas trop mal) des suffrages. L'abolition des forfaits fiscaux a recueilli 40 % des suffrages. Elle a donc fait (sauf en Romandie) le plein des voix de gauche, et quelques voix de droite en plus. Dessiné ainsi, à gros traits, le résultat du vote de ce week-end n'a rien de surprenant (y compris le résultat d'Ecopop, qui recueille, toujours en gros, des suffrages équivalant au poids de la droite de la droite et de l'extrême-droite). Certes, les rapports électoraux ne sont pas si figés et une partie de la gauche (notamment en Romandie) a voté pour le maintien des forfaits fiscaux et une partie de la droite a voté pour leur abolition, mais sur cet objet en tout cas (on vous reparlera d'Ecopop), on est dans un rapport de force entre la droite et la gauche tout ce qu'il y a de plus médiocrement normal. La Suisse vote à droite ? Voui. Depuis la fin du XIXe siècle.

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mercredi, 26 novembre 2014

Forfaits fiscaux : pourquoi l'éthique n'a-t-elle rien à faire dans ce débat ? Parce que le fort fait taire...

Parce que le fort fait taire...

Comme dans toutes les campagnes de propagande (le terme en soi n'étant pas péjoratif, la propagande étant l'action de « propager » une foi, un projet, un programme, une prise de position) précédant un vote dont l'enjeu est fiscal et consiste en la remise en cause (ou l'invention) d'un privilège, la campagne des partisans des forfaits fiscaux a essentiellement consisté à agiter des peurs (celle du départ en masse des « forfaitaires » et de leur pognon, celle d'une abolition de toutes les déductions fiscales, celle d'une augmentation des impôts payés par la fumeuse « classe moyenne »...). Toutefois quelque justification plus sincère que les autres de la nécessité de maintenir de ce privilège exclusif des «  riches étrangers », nous a tout de même été proposée, comme réfutation de l'argument éthique des partisans de l'initiative : ce privilège est immoral et contradictoire du principe de l'égalité devant l'impôt. Réponse : « oui, et alors ? Pourquoi devrions-nous être plus moraux que les autres ? et qu'est-ce que la morale ou l'éthique ont à voir là-dedans ? Il ne s'agit que d'argent, et l'argent n'a pas d'odeur ». Et le riche est fort. Et le fort fait taire (les scrupules).

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jeudi, 20 novembre 2014

Abolition des « forfaits fiscaux » : Les pompiers pyromanes à l'oeuvre

On a reçu le journal de campagne tous ménages (ça coûte bonbon mais ils en ont les moyens...) des partisans du maintien des forfaits fiscaux. Et ils ne font pas dans la dentelle : ils nous balancent que l'abolition de ces forfaits fiscaux, « conduirait à une perte d'impôts de plus de 1 milliard de francs » qu'il faudrait compenser par une imposition plus lourde de la « classe moyenne » (ah, la « classe moyenne », à quelle utilité n'est-elle pas bonne dans le débat politique...) et des PME (mais surtout pas des multinationales et des grosses entreprises nationales, hein). Il sort d'où, ce milliard qui manquerait ? De l'hypothèse absurde que tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux quitteraient la Suisse s'ils n'en bénéficiaient plus. Et ce milliard, il équivaut à quel pourcentage des pertes fiscales accumulées au fil des cadeaux fiscaux accordés depuis des années par la droite qui défend les forfaits fiscaux ? On n'a pas fait le calcul pour l'ensemble de la Suisse, mais pour Genève, toujours dans l'hypothèse absurde où tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux iraient voir ailleurs si la gauche n'y est pas, on sait : le fisc y perdrait 160 millions de francs par année. Soit, en moyenne annuelle, pas plus de la moitié (et sans doute beaucoup moins) des cadeaux fiscaux accordés par la droite depuis dix ans, et qui plombent le budget cantonal depuis dix ans. Y'a pas à dire, dans le genre pompiers pyromanes, ils sont pas mal, nos PLR, PDC, UDC et autres MCG...

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vendredi, 14 novembre 2014

Mobilisons-nous contre la haine des riches : Forfaitaires, debout ! Résistons !

Manifdedroite1.jpg

 

Un drame se joue, une angoisse se noue, mais vous en rendez-vous seulement compte? Ce drame, c'est le nôtre, à nous, bénéficiaires des « forfaits fiscaux », nous, résidents étrangers qui ne payons d'impôt que sur nos dépenses et pas sur nos revenus ou notre fortune. Cette angoisse, c'est la nôtre, celle de perdre ce statut, en butte à la jalousie mesquine de la gauche suisse. Déjà qu'on ne savait même pas qu'il y avait une, de gauche, dans ce pays... si on nous l'avait dit, qu'il y avait une gauche, en Suisse, vous croyez vraiment qu'on serait venu se planter ici en faisant semblant de ne pas travailler, de ne pas gérer nos comptes en banques, nos affaires, nos entreprises ? Une gauche, en Suisse... ah ça, on est vraiment  tombé des nues...

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mardi, 04 novembre 2014

Bidouiller les chiffres pour sauver les privilèges fiscaux : La louche des Tartuffes et la soupe des forfaits

Hier, les Argentiers cantonaux romands n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour estimer la perte fiscale qu'ils font mine de prévoir en cas d'abolition des forfaits fiscaux : un milliard de francs. Et d'autres chiffres servis avec les mêmes mines d'enterrement (de la prospérité) sont évoqués par les partisans de cette « imposition sur la dépense » : 22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus...  Les comités Théodule (dont un pathétique « Sauvons Genève de la misère ») qui à Genève appellent à sauver ce privilège fiscal argumentent avec le même souci de la crédibilité des chiffres : en les balançant à la louche, en les arrondissant au milliard supérieur, sans donner plus que les conseillers d'Etat de sources crédibles à l'appui de leurs estimations. Et puis, même s'ils avaient raison, même si leurs chiffres étaient crédibles et leurs alarmes fondées, à qui la faute ? Qui a fait perdre à Genève, depuis des années, plus de rentrées fiscales en distribuant des cadeaux aux multinationales (et ce n'est pas fini) et aux grosses fortunes que tout ce que rapportent l'ensemble des « forfaits fiscaux »  ? Qui, sinon ces Tartuffes menant campagne à la louche contre l'équité fiscale ?

«  Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques »

Les chiffres donnés par les partisans des forfaits fiscaux sont donc bidouillés à la varlope, pour faire joli (on  se reportera pour avoir une idée de ce bidouillage à l'article du Temps d'hier : «  Des chiffres discutables à l'appui des forfaits »). Et encore : même revus à la baisse, ces chiffres se basent tous sur une double hypothèse absurde : celle d'abord du départ massif de Suisse, en cohorte, de tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux, et celle ensuite de leur non-remplacement par des contribuables «  normaux », quoique riches -mais de ce genre, honorable, de riches contribuables qui, à l'instar de Metin  Arditi, ne voient pas pourquoi ils devraient bénéficier d'un privilège fiscal en sus de tous ceux liés, déjà, à leur richesse. En réalité, dans les cinq cantons où ils ont été abolis, les caisses publiques n'ont pas subi de perte, et si une partie des bénéficiaires de ce cadeau ont effectivement quitté les cantons qui ont renoncé à leur offrir, d'autres sont restés et ont été soumis à l'impôt « normal », plus élevé, et plus nourrissnt des collectivités. A Bâle-Ville, à Bâle-Campagne, à Zurich, dans les Rhodes extérieures d'Appenzell et à Schaffhouse, les finances publiques ne se portent pas plus mal après la suppression de «l'imposition sur la dépense» qu'avant. Si une majorité (mais pas la totalité) des « forfaitaires » de Bâle-campagne sont partis, la majorité de ceux de Bâle-Ville et de Zurich (et d'Appenzell) sont restés..

22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus... d'où sortent les chiffres brandis comme des épouvantails (à pigeons) par les partisans des forfaits fiscaux ? essentiellement d'une « enquête » bidon opérée en 2009 par un lobby partisan des « forfaits fiscaux » sur 126 contribuables en bénéficiant. Un échantillon sans aucune représentativité, et une estimation fondée de la plus grossière des manières : en multipliant la moyenne des chiffres donnés par ces 126 personnes par le nombre total des bénéficiaires des forfaits fiscaux. On se croirait au dépouillement des élections nord-coréennes -mais non, on est dans une campagne de votation en  Suisse...
Il est vrai qu'en certains cantons, certaines communes (dont celles qui financent la campagne en faveur des forfaits fiscaux et la manifestation organisée à Berne par leurs partisans), la Suisse tient de la république bananière (l'expression renvoie à ces Etats d'Amérique du Sud totalement dépendants d'une seule activité, d'une seule ressource, d'un seul contributeur : United Fruit dans le Guatemala narré par Asturias, par exemple...) : Ainsi, Crans Montana à elle seule comptait plus du tiers (500) de tous les forfaits fiscaux (1389) du Valais en 2013, et son budget en est totalement dépendant : « Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques », résume le Maire de Lens... Et à Genève, selon le ministre des Finances cantonal, on passerait d'un « équilibre très fragile» à une situation au bord de la rupture... Mais qui est responsable de cette situation ? Ceux qui pratiquent la «duoculture» du cadeau fiscal et du tourisme (comme en Valais) ou de la finance (comme à Genève), ou ceux qui, comme les initiants de La Gauche et du PS genevois, proposent le 30 novembre un autre développement et défendent l'équité fiscale?

Le Conseiller d'Etat Serge dal Busco se lamente de l'«hostilité anti-riches» qu'il voit monter ? Il ferait mieux de se demander vraiment pourquoi elle monte, et si les défenseurs des privilèges n'en sont pas un tantinet responsables...

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mardi, 28 octobre 2014

Si les forfaits fiscaux étaient abolis (ou plutôt : quand ils le seront...) : L'exode, vraiment ?


    Le premier sondage sur les intentions de vote à propos de l'initiative de La Gauche pour l'interdiction des forfaits fiscaux au plan suisse est certes encourageant, mais il reste un mois avant le vote, et la droite s'est mise en ordre de bataille pour prêcher le refus d'une proposition qu'elle présente comme quelque chose tenant du cataclysme économique et social. Certes, ce n'est pas la première fois qu'elle nous fait le coup, et on y est habitués, mais on est aussi habitués à ce que, sauf exceptions (l'initiative Minder, par exemple), ces prophéties de malheur trouvent suffisamment preneurs pour transformer des tendances favorables en décisions défavorables (sur la caisse publique, par exemple...). Donc, à entendre les défenseurs des forfaits fiscaux, leur abolition entraînerait l'exode de tous les contribuables qui en bénéficient. Tous, sans exception. Dans un exode massif, qui coûterait un milliard de recettes fiscales, trois milliards de consommation intérieure, 22'000 emplois et un demi-milliard de mécénat. Pas moins. L'Exode, on vous dit. Avec les sept plaies d'Egypte en option ?

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14:24 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : forfaits fiscaux, impôt | |  Facebook | | | |

lundi, 20 octobre 2014

Revenir sur les « cadeaux fiscaux » distribués à Genève : Impôt de gauche, impôt de droite ?

La coalition de la « gauche de la gauche » genevoise («Ensemble à Gauche») propose, pour équilibrer le budget cantonal, assurer le maintien des prestations sociales et réduire la dette du canton, de revenir sur les cadeaux fiscaux faits en 1998. La gauche, unie, avait déjà tenté en 2005 pareille effacement d'une connerie qui coûte très cher aux finances publiques, mais le corps électoral actif avait décidé de ne pas toucher aux cadeaux qu'il avait reçu (il est vrai que ce sont les couches sociales les plus aisées qui votent le plus, et les plus précarisées qui votent le moins). « Ensemble à Gauche » remet donc l'ouvrage sur le métier, et elle fait bien, parce que sa démarche relance, depuis la gauche,  un débat indispensable sur le rôle de l'impôt, et le choix à faire entre deux conceptions de l'« équilibre budgétaire » : calibrer les recettes à la couverture des dépenses (conception de gauche), ou calibrer les dépenses aux ressources fiscales existantes (conception de droite)...

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jeudi, 16 octobre 2014

Forfaits fiscaux : déjà cinq cantons les ont abolis : Et de six le 30 novembre ?

forfaits fiscauxCinq cantons (Zurich, les deux Bâle, Schaffhouse, Appenzell Rhodes extérieures) ont déjà aboli les « forfaits fiscaux » (l'imposition sur la dépense). Un sixième les rejoindra-t-ils le dimanche 30 novembre ? Genève se prononcera alors sur une initiative socialiste proposant leur abolition. Et le même jour, toute la Suisse en fera autant, sur une initiative fédérale de La Gauche, exprimant la même revendication. A l'inverse, huit cantons (Berne, Lucerne, Nidwald, Schwatz, Glaris, Saint-Gall, Thurgovie et Appenzell Rhodes intérieures) ont décidé de maintenir ce privilège fiscal réservé aux riches étrangers résidant en Suisse sans y avoir (du moins officiellement et légalement) d'activité professionnelle -mais pour prix de ce maintien, ces cantons ont, sous pression d'une initiative populaire, alourdi les conditions d'accès à ce privilège. Ce que la Confédération elle-même a également décidé de faire. On lâche donc du lest -mais un peu, juste ce qui est nécessaire pour permettre aux aérostiers fiscaux de continuer à survoler l'imposition normale sans s'y confronter...

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vendredi, 03 octobre 2014

"Il faut prendre l'argent chez les pauvres, ils sont plus nombreux que les riches" (Alphonse Allais, Conseiller d'Etat genevois)

Alphonse Allais.jpgAlphonse Allais est mort trop tôt pour obtenir le Prix Nobel d'économie auquel le destinait naturellement sa célèbre injonction de « prendre l'argent chez les pauvres, ils sont plus nombreux que les riches », règle sans conteste possible qu'une palanquée d'économistes patentés, voire eux-mêmes nobélisés, et de politiciens moins patentés et moins nobélisés mais tout aussi fidèles à l'injonction d'Alphonse, n'ont fait que reprendre, les uns en la vernissant d'un discours à prétentions scientifiques, les autres en la dissimulant de références à la dureté des temps, au respect des grands équilibres, à la nécessité de ne pas effrayer les gros contribuables et autres foutaises du même tonneau (des Danaïdes, le tonneau). Alphonse Allais n'a pas eu le Prix Nobel d'Economie. Mais il a fait mieux : mort depuis bientôt 110 ans, sa pensée immortelle irrigue le gouvernement genevois.

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mardi, 02 septembre 2014

Abolition des forfaits fiscaux : la droite s'inquiète

tortues.jpgEt si la Suisse allemande...

Le 30 novembre, en même temps que les Suisses se prononceront sur une initiative fédérale demandant l'abolition des forfaits fiscaux, les Genevois en feront autant d'une initiative cantonale faisant la même proposition. Heureuse coïncidence (dont il faut remercier le gouvernement genevois, puisque c'est lui qui décide de la date des votations cantonales). Et à droite, on s'inquiète. Pas seulement de cette coïncidence, mais surtout du risque de voir une majorité populaire soutenir l'initiative fédérale, grâce à un vote alémanique de droite s'ajoutant au vote national de gauche. Parce que les forfaits fiscaux sont un peu une spécialité romande, qu'ils sont réservés aux étrangers, et que les spécialités romandes et les étrangers n'ont pas en ce moment une grosse cote d'amour en Alémanie. Une initiative de gauche approuvée grâce aux Suisses-allemands de droite ? En attendant cet heureux événements, il convient de se mobiliser ici aussi pour l'abolition d'un privilège absurde, indéfendable en principe et improductif en réalité...

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mercredi, 16 avril 2014

Forfaits fiscaux (« Imposition d'après la dépense ») : Cosmétique de droite, clarification de gauche

Les citoyens et yennes genevois se prononceront donc, probablement en septembre prochain,  sur la suppression ou non des « forfaits fiscaux » accordés aux riches étrangers sans activité professionnelle en Suisse. Une initiative socialiste (qui a abouti il y a déjà trois ans) demande leur suppression (déjà acquise dans plusieurs cantons, dont Zurich), un contre-projet de la droite et de l'extrême-droite préconise leur maintien, au prix d'un lifting destiné à les rendre plus acceptables aux yeux du bon peuple des gentils contribuables qui, eux, paient leurs impôts en fonction de leur fortune et de leur revenu, et non sur une estimation de leurs dépenses. La droite parle d'un « durcissement » des conditions d'octroi des forfaits fiscaux -mais il ne s'agit guère que d'une opération cosmétique, ou du nouvel emballage d'un vieux cadeau, pas plus acceptable en principe sous cette revêture qu'il ne l'était sous l'ancienne.

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mardi, 29 octobre 2013

Initiative "familiale" de l'UDC : Papafume et Mamancoud

Femme au foyer.jpgLe 24 novembre, on se prononcera en votation populaire sur une initiative de l'UDC qui propose que les déductions fiscales accordées aux parents qui ont des frais de garde extérieure de leurs enfants soient aussi accordées aux parents qui les gardent eux-mêmes. Cela semble "neutre" et égalitaire -mais cela ne l'est pas. En réalité, la proposition udéciste d'accorder aux parents dont l'un (c'est-à-dire, soyons clairs, l'une) garde les enfants des déductions fiscales pour des frais de garde qu'ils n'ont pas,  trimballe la nostalgie du vieux modèle familial, ou plutôt de l'idée nostalgique qu'on s'en fait, dans lequel le père travaille à l'extérieur et "subvient aux besoins de la famille" pendant que la mère œuvre  dans le cadre familial, fait le ménage, les courses et la cuisine et s'occupe des enfants. Papa fume, Maman coud et l'UDC veille. Attendrissant, non ?

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vendredi, 07 juin 2013

Abolition du forfait fiscal : Que Genève fasse le pas !

Hier  soir, à l'heure où nous pondions ce poulet, le Grand Conseil genevois s'apprêtait à se prononcer, en la rejetant (elle n'est soutenue que par le PS et les Verts) sur l'initiative populaire socialiste pour la suppression des «forfaits fiscaux ». Et, avec la même majorité de droite et d'extrême-droite, à lancer un contre-projet maintenant les forfaits fiscaux (en durcissant en peu leurs conditions d'octroi et de fixation), auquel une partie de la droite se résignait difficilement, mais en comprenant qu'elle ne pouvait donner l'image, trop réaliste, d'un bloc politique préservant un privilège -qui n'est accordé, pour tout compliquer, qu'à des étrangers. Zurich, Schaffhouse, Bâle et les Rhodes extérieures d'Appenzell ont déjà aboli les forfaits fiscaux, sans que leurs finances n'en souffrent. Une initiative fédérale de La Gauche propose de les abolir dans tout le pays. Ne serait-ce qu'au nom de l'égalité devant l'impôt, Genève devrait faire le pas. Malgré la droite et l'embûche qu'elle tend à l'initiative socialiste.

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mardi, 30 avril 2013

« Bouclier fiscal » : L'Inique et sa Propriété

bouclier fiscal.jpgQue faire, en bons (quoique critiques) lecteurs de Max Stirner, de l'Inique et de sa propriété ? Au XXIe siècle, la place d'un bouclier est au musée. Et donc, celle du bouclier fiscal instauré à Genève pour protéger les hauts revenus et grosses fortunes de la progression de l'impôt direct, est au musée des iniquités fiscales, puisque la propriété de cette iniquité est de soustraire les contribuables les plus aisés à l'application du principe « chacun doit contribuer selon ses moyens ». Début juin, le PS genevois lancera une initiative populaire pour la suppression de ce « bouclier fiscal » protégeant les nantis de leur douloureuse participation équitable au financement des collectivités publiques. Et une semaine plus tard, à Zurich, on votera sur la proposition d'« impôt des bonzes » -un prélèvement de 1 % sur les fortunes de plus de deux millions. La fiscalité redevient donc, et c'est une bonne nouvelle, un enjeu politique prioritaire.

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17:00 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bouclier fiscal, impôt, ps | |  Facebook | | | |

lundi, 08 avril 2013

« Offshore Leaks » : Les crapauds, le nénuphar et le marécage

Deux millions et demi de pièces concernant 120'000 sociétés  « offshore », examinées par près de 90 journalistes d'une trentaines de media : cela s'appelle « Offshore Leaks » et c'est un chapelet de mines prêtes à exploser sous les pas des puissants de partout et de leurs commis d'à peu près toutes les places financières. Dont, évidemment, la Suisse, et en particulier Genève. Au moins 300 personnes et 70 sociétés suisses (dont une vingtaine de banques ayant ouvert des sociétés dans des paradis fiscaux et légaux) sont concernées. Et comme il ne s'agit là que du résultat de l'étude de documents issus de deux intermédiaires sur les centaines de crapauds actifs dans le marécage dont  «Offshore Leaks» n'est que le nénuphar, on imagine l'ampleur des pratiques d'évasion, de soustraction et de fraude fiscales, d'évasion de capitaux et de blanchiment d'argent douteux, que les sociétés  « offshore » recouvrent et permettent : par elles, de riches particuliers détiendraient au total une trentaine de milliers de milliards de dollars -l'équivalent du produit intérieur brut des USA et du Japon réunis...

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12:03 Publié dans Economie, Fiscalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : offshore leaks, fraude fiscale, évasion fiscale, cahuzac, banques, finance | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 mars 2013

Crise chypriote : La faillite d'un bordel...

En échange de 10 milliards d'euros d'« aide » européenne pour « sauver » l'Etat chypriote de la faillite (à supposer que le concept de faillite puisse être applicable à un Etat...), le gouvernement chypriote devait trouver sept milliards, par des privatisations (recette connue, et qui met à sac les services publics), mais surtout par une ponction sur les dépôts bancaires. L'Union européenne et le Fonds Monétaire International proposaient une ponction de 6,5 % sur les comptes bancaires de moins de 100'000 euros (ceux inférieurs à 20'000 euros étant exonérés), et de 9,9 % pour les comptes de 100'000 euros et plus. Et c'est le gouvernement chypriote qui a proposé de ponctionner aussi les comptes inférieurs à 20'000 euros. Bref, voir une partie de la gauche de la gauche prendre fait et cause pour l'Etat chypriote en le confondant avec le peuple chypriote, a quelque chose d'ironique : le « modèle chypriote », c'était l'exact inverse de tout ce que nous attendons des Etats dans lesquels nous sommes présents... Chypre s'étant vendue au plus riche, la faillite de l'Ile d'Aphrodite n'est peut-être que la faillite d'un bordel.

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14:09 Publié dans Economie, Europe, Fiscalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chypre, banques | |  Facebook | | | |

lundi, 17 octobre 2011

Initiatives fiscales socialistes : Premières salves


Les deux initiatives fiscales socialistes (l'une pour abolir les forfaits fiscaux, l'autre pour supprimer les cadeaux fiscaux consentis aux multinationales) viennent tout juste d'être lancées que déjà s'abattent sur elles les clameurs outragées de la droite politique, des milieux patronaux et des porte-voix du secteur financier. Et ça ne fait que commencer. Parce qu'à droite, quand il y a un enjeu (et là, il y en a un...), il y a de l'argent. Tout l'argent qu'il faut : souvenez-vous de la campagne, l'année dernière,  contre l'initiative socialiste pour la justice fiscale... Nous ne sommes plus le 4 août 1789 : Quand on touche aux privilèges, les privilégiés se rebiffent, et mobilisent le ban, l'arrière banc, le banc de touche et le banc de nage de leurs relais politiques, tous usant de tous les moyens disponibles (attaques personnelles comprises, Sandrine Salerno en sait aujourd'hui quelque chose) pour combattre ce qui, à leurs yeux, relève de l’infamie : l'abolition des privilèges fiscaux...

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12:28 Publié dans Fiscalité | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : genève, impôts, multinationales, forfaits, ps | |  Facebook | | | |