lundi, 26 mai 2014

Election du parlement européen : L'Europe vote suisse, on peut adhérer...

Elections européennes : en France, le Front National fait un tabac (pur caporal de troupe), loin devant la droite démocratique -le PS marinant en troisième position avec moins du sixième des suffrages, et l'ensemble de la gauche, des Verts au Front de Gauche stagnant à un niveau helvétique.  Au Danemark aussi, l'extrême-droite est en tête, devant les sociaux-démocrates. Quelques îlots de résistance, tout de même. Et de bons (ou du moins pas mauvais) résultats en Grèce (Syriza en tête), en Irlande (le Sinn Féin à 17 %), à Malte (les travaillistes en tête), au Portugal (la coalition de centre droit au pouvoir largement devancée par l'opposition socialiste), en Espagne (la « Gauche unie » progresse et Podemos, issu du mouvement des Indignés, fait son entrée au parlement européen), en Italie (le Parti démocratique est en tête -mais devant les « grillistes ») et en Suède (les sociaux-démocrates en tête). On se console avec ce qu'on peut. La gauche européenne pèse ce que pèse la gauche en Suisse ? On peut adhérer à l'Union Européenne, on y sera pas dépaysés...

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mardi, 25 mars 2014

Application de l'initiative « contre l'immigration de masse » : Le dilemme et le souk

bilatérales, libre circulationDilemme (plus cornecul que cornélien)  : faut-il respecter strictement la « volonté populaire » et appliquer rigoureusement l'initiative contre l'« immigration de masse » en cassant les bilatérales et en se retrouvant à l'égard de l'Union Européenne « Etat tiers », au rang du Monténégro ou de la Biélorussie (mais plus de l'Ukraine, désormais associée à l'UE ), ou ruser, en trahissant la « volonté populaire » et en n'appliquant de l'initiative que ce qu'elle a d'« eurocompatible », c'est-à-dire pas grand-chose ? Car l'initiative restera lettre morte tant qu'une loi d'application n'aura pas été votée, non seulement par le parlement, mais peut-être par le peuple, puisqu'un référendum est possible quel que soit le cas de figure : si la loi applique l'initiative, on aurait un référendum de gauche, et si elle ne l'applique pas, on aurait un référendum xénophobe. En attendant l'issue de ce dilemme, c'est déjà le souk entre secteurs économiques et entre cantons  pour obtenir, au cas où ils seraient mis en vigueur, la plus grosse part possible des contingents d'immigrants...

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mardi, 18 mars 2014

L'Ukraine, la Crimée, Poutine, tout ça...

« Ce qui est, est, le reste, faut voir »

On ne vous avait pas encore gratifiés de nos états d'âme sur l'Ukraine, la Crimée, la Russie ? Coupable négligence, quand en bons militants informés de tout et ayant un avis sur tout, nous serions tenus, forcément, de prendre parti. Parti pour qui, au nom de quoi ? Pour les manifestants de Maïden ou ceux de Sébastopol ? Pour l'intangibilité des frontières ou le droit des peuples à l'autodétermination ? pour les oligarques du clan A ou ceux du clan B ? La théorie du complot néo-libéral euro-américain ou celle du complot slavo-post-stalinien ? Dans un doute qu'on cultive, on a toujours la ressource de retrouver nos fondamentaux, et notre gourou, Gastong le Dugong, de nous rappeler cette forte, essentielle et définitive sentence de l'incontournable Jean-Baptiste Botul : « Ce qui est, est, le reste, faut voir ». Ce qui est, c'est une révolution en Ukraine. Une révolution, pas un complot. Le reste, c'est que qu'elle réveille, qu'elle soulève, qu'elle ramène à la surface : fascistes ukrainiens, staliniens russes, arrière-pensées stratégiques et intérêts économiques mêlés... et l'héritage de l'histoire, irrépudiable..

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lundi, 03 février 2014

La Suisse et l'Union Européenne après un « oui » à l'initiative UDC le 9 février : L'Alleingang ou l'adhésion...

Une assemblée des délégués du PS a décidé de poser des conditions « non négociable»  au soutien du parti à l'extension de la « libre-circulation » à la Croatie. Le PS prend donc, consciemment, le risque de remettre en cause la voie bilatérale, sans pour autant réaffirmer son soutien à la seule alternative concevable à cette voie : l'adhésion pure et simple à l'Union Européenne. Une adhésion dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle est peu soutenue dans l'opinion publique, même en Romandie, où elle rencontrait encore il y a quelques années l'assentiment, prudent, d'une majorité des personnes interrogées pour des sondages, et où, aujourd'hui, une majorité se dessine pour exprimer un refus de l'adhésion - y compris à gauche. Mais un joli paradoxe pointe son nez : l'adoption de l'initiative udéciste et europhobe contre la « libre circulation », en remettant en cause les accord bilatéraux, remettrait l'adhésion dans l'agenda politique comme unique alternative à l'Alleingang...

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18:00 Publié dans Europe, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

lundi, 21 octobre 2013

Dix ans de « Libre circulation » : Daemon ex machina ?

On a célébré il y a quelque temps les vingt ans de l'échec de l'adhésion à l'«Espace Economique Européen», mais on n'a pas célébré l'année dernière les dix ans des « accords bilatéraux I », qui, pris ensemble, vont plus loin dans l'intégration européenne de la Suisse que l'aurait fait son adhésion à l'EEE. Plus loin, sauf dans un domaine : celui de la participation à la prise des décisions européennes que la Suisse va être, du fait de sa situation géographique et de ses rapports économiques, tenues d'appliquer sans avoir pu vraiment peser sur leur contenu.  De ces accords bilatéraux, le plus important, et le plus décrié au point d'être rendu responsable de tous les maux du moment, est sans doute celui sur la « libre circulation » des personnes entre l'Union Européenne et la Suisse. On va donc s'offrir le plaisir pervers, sinon de chanter les louanges de cet accord, du moins de le défaire de cette fonction, trop commode pour être honnête, de daemon ex machina, à exorciser par le culte fétichiste de la frontière.

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07:31 Publié dans Europe, Genève, Immigration, Région | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : frontière, bilatérales, libre circulation | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 juin 2013

Révolte dans les villes de Turquie : Le peuple, tout le peuple ?

En Turquie, depuis bientôt une semaine, les manifestations et leur répression se succèdent, sans relâche. La révolte, qui a produit 235 manifestations dans 67 villes selon les autorités, s'est étendue d'Istambul puis Ankara à l'Anatolie, à Izimir, à Antalya, à Trabzon. En ses cinq premiers jours, sa répression a fait plus de 1700 blessés (dont certains à la tête, par des cartouches lacrymogène tirées comme des balles) dans les rangs des manifestants, dont deux seraient morts, et 115 dans ceux de la police. Plus de 1700 manifestants ont été arrêtés, certains dans des lieux où ils recevaient des soins. « Le peuple ne veut plus d'Erdogan », titre « Le Courrier », à l'unisson des manifestants et des formations politiques de gauche qui les soutiennent.
« Le peuple », vraiment tout le peuple ?

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14:30 Publié dans Europe, Politique, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, erdogan, akp | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 mars 2013

Crise chypriote : La faillite d'un bordel...

En échange de 10 milliards d'euros d'« aide » européenne pour « sauver » l'Etat chypriote de la faillite (à supposer que le concept de faillite puisse être applicable à un Etat...), le gouvernement chypriote devait trouver sept milliards, par des privatisations (recette connue, et qui met à sac les services publics), mais surtout par une ponction sur les dépôts bancaires. L'Union européenne et le Fonds Monétaire International proposaient une ponction de 6,5 % sur les comptes bancaires de moins de 100'000 euros (ceux inférieurs à 20'000 euros étant exonérés), et de 9,9 % pour les comptes de 100'000 euros et plus. Et c'est le gouvernement chypriote qui a proposé de ponctionner aussi les comptes inférieurs à 20'000 euros. Bref, voir une partie de la gauche de la gauche prendre fait et cause pour l'Etat chypriote en le confondant avec le peuple chypriote, a quelque chose d'ironique : le « modèle chypriote », c'était l'exact inverse de tout ce que nous attendons des Etats dans lesquels nous sommes présents... Chypre s'étant vendue au plus riche, la faillite de l'Ile d'Aphrodite n'est peut-être que la faillite d'un bordel.

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14:09 Publié dans Economie, Europe, Fiscalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : chypre, banques | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 décembre 2012

L'EEE : Vous n'en vouliez pas ? Eh bien vous y êtes...

Vingt ans après...

Le 6 décembre 1992, proclamé « dimanche noir » par le Conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz, les Suisses refusaient la proposition du Conseil fédéral d'adhérer à l'« Espace Economique Européen ». Vingt ans après, les media sont pleins de commémorations, les vaincus du 6 décembre 1992 de perplexité sur les causes de leur défaite, et les vainqueurs de fierté d'avoir réussi à préserver la souveraineté, l'indépendance, la liberté du pays face au monstre totalitaire bruxellois. Et tout se passe comme s'il fallait à toute prix camoufler cette évidence : la Suisse a eu beau refuser l'EEE le 6 décembre 1992, vingt ans après, elle y est en plein, et dans un espace européen plus qu'économique : policier et migratoire aussi, entre autres. 120 accord bilatéraux la lient à cette Europe dont elle affecte de se croire indépendante, mais dont elle est désormais une sorte de protectorat, de dominion. La Suisse a refusé l'EEE il y a vingt ans ? La belle affaire... Depuis, elle a accepté Dublin, Schengen, les bilatérales, elle soutient le cours de l'Euro à bout de bras et de francs suisses et les entreprises suisses ont intégré les normes européennes à leurs produits...

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12:01 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : eee, ue, europe, suisse, politique, union européenne | |  Facebook | | | |

mardi, 24 août 2010

La Suisse et l'Europe : Un cul-de-sac à cinq voies

Le Conseil fédéral doit rendre public un rapport sur les relations de la Suisse et de l'Europe. On hésite même à espérer qu'il évoquera tout de même toutes les options possibles -il y en a cinq : d'abord celle (qualifiée de « raisonnable » par Martine Brunschwig Graf) choisie par le Conseil fédéral, c'est-à-dire poursuivre dans la voie sans issue des « bilatérales », puisque que c'est la seule qui peut ne fâcher personne, même si l'Europe est fatiguée de perdre son temps à négocier au coup par coup des accords sur mesure pour la Suisse; deuxième voie : négocier, comme l'UE elle-même l'avait envisagé en 2008, un accord-cadre qui chapeauterait les 120 accords spécifiques,  mais cette « solution » cosmétique ne changerait pas grand chose; troisième voie : adhérer finalement à l'espace économique européen, mais l'EEE, qui implique un accord sur les services dont la Suisse -ni la gauche suisse- ne veut pas, n'est plus qu'une antichambre de l'adhésion pure et simple... Quatrième voie : adhérer de plein droit à l'Union Européenne, mais de toutes les forces politiques suisses, seul le PS y est favorable; enfin, et pour mémoire, parce que personne n'y croit, pas même ceux qui la défendent : l'Alleingang, la voie solitaire, une sorte de chimère tenant à la fois de la Suisse udéciste et de l'Albanie enveriste. Cinq voies, donc : c'est déjà beaucoup pour une autoroute, alors, pour un cul de sac...

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mercredi, 06 janvier 2010

La Suisse et l'Europe : Dans l’impasse des bilatérales

Tout le monde le sait, si tout le monde ne le dit pas : la stratégie bilatérale avec l'Union Européenne est à bout de souffle. En concluant plus d'une centaine d'accords, la Suisse a adopté la plupart des règles européennes sans pouvoir participer à leur élaboration, y compris de celles qui ont suscité le plus de débats et de réticences helvétiques : Schengen, la libre circulation des personnes, l'accord sur la fraude à la TVA et aux droits de douane (qui, en 2004 déjà, abolissait la distinction entre fraude et évasion fiscales), la directive sur l'épargne (en 2005, la Suisse s'engageant à échanger des informations en cas de fraude)... Le droit et la réglementation européens s'appliquent dans les faits, en Suisse, sans que la Suisse ait pu concourir à en déterminer les contenus. Elle ne le pourrait qu'en adhérant à l'Union Européenne -mais tout indique qu'une assez large majorité d'Helvètes y restent opposés, et qu'aucune force politique, pas même de celles qui sont favorables en principe à l'adhésion à l'UE, ne prendra le risque électoral de raviver le débat sur l'adhésion. La Suisse va donc rester encore longtemps dans l'impasse qu'elle s'est choisie pour voie royale : celle des bilatérales avec une Union Européenne dont le nombre de membres a doublé en quinze ans et qui est de moins en moins disposées à concéder un traitement de faveur à la Suisse.

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mercredi, 10 juin 2009

Elections européennes : La sclérose au poing

Pour la septième fois, les citoyennes et les citoyens des Etats membres de l'Union Européenne élisaient, entre le 4 et le 7 juin, le Parlement européen. Et le résultat de ces élections est sans équivoque : une lourde défaite de la social-démocratie, à quelques exceptions nationales près (la Suède, la Grèce), un renforcement des droites conservatrices, une progression des Verts. Et qu'on ne tente pas de dévaluer ces résultats en brandissant le taux de participation : l'abstention a certes été importante (plus de la moitié de l'électorat, pour élire un parlement qui aura plus de pouvoir qu'auparavant), mais elle se situe à un niveau que les Suisses connaissent depuis des lustres -celui, habituel, des élections et des votations dans notre bonne vieille démocratie semi-directe... Les élections européennes sont certes encore perçues comme des élections de deuxième ordre par les citoyens des Etats membres, mais rien, bien au contraire, ne les empêchait d'y prendre part massivement pour en faire des votes de défiance à l'égard des équipes dirigeantes de leurs Etats. Ils ne l'ont pas fait, faute de savoir à qui accorder leur vote protestataire.

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