mercredi, 14 octobre 2015

Migration mondiale et illusions nationales : Une Suisse exorbitée ?

La "question de l'asile" et la panique, réelle ou feinte (ou, pour le dire autrement, pathologique ou calculatrice) face à la "plus grande vague migratoire en Europe depuis la Deuxième Guerre Mondiale") ne pouvait pas ne pas s'inviter dans la campagne électorale : selon le "baromètre électoral" de la SSR, en septembre, la migration serait même le problème le plus urgent que les élus de dimanche prochain, et les élus de ces élus lorsqu'il s'agira pour le parlement fédéral de déterminer la composition du gouvernement, auront à traiter. On sait déjà comment l'UDC entend traiter le problème : en piétinant le droit d'asile et en dégradant les conditions d'accueil et d'hébergement des requérants -elle a d'ailleurs lancé un référendum contre la révision de la loi d'asile, pour le seul motif qu'au terme de cette révision, dont plusieurs points sont d'ailleurs contestables du point de vue de la défense du droit d'asile, les requérants auraient droit à une assistance juridique gratuite. Pour le reste, l'UDC demande que la Suisse sorte du système des accords de Schengen et de Dublin, c'est-à-dire mène une politique migratoire solitaire dans un contexte de migration mondiale. Les blochériens ne croyant pas eux-mêmes à la pertinence de leurs propres propositions, on devrait se dire qu'aucun poisson, si stupide que puisse être un poisson, ne le serait au point de mordre à un tel hameçon -mais le "pessimisme de la raison" balançant l'"optimisme de la volonté", on se dit aussi que rien n'est impossible dans un pays où près d'un-e citoyen-ne sur trois est persuadé que la Suisse est une exoplanète exorbitée, voire une galaxie, à elle toute seule.

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mardi, 06 octobre 2015

Scoop : Le Portugal n'est pas la Grèce. Ni la Suisse...

   
Saudade...

Une droite gouvernementale à moins de 40 % des suffrages, en recul de plus de dix points depuis les précédentes législatives) , un PS à 32 %, une gauche alternative à 10 %, des communistes et des Verts ensemble à 8 %, et au final une gauche majoritaire dans les urnes et au parlement : on signe tout de suite. Sauf que c'est le résultat des élections législatives de dimanche au Portugal,  pas celui des élections fédérales de dans deux semaines en Suisse (où la gauche pèse autour du tiers des suffrages et des sièges, et l'extrême-droite autant), et qu'on aurait préféré non seulement un PS plus à gauche (mais ça, on le préfère partout) et plus fort que la droite gouvernementale, mais surtout une gauche capable d'un peu plus d'unité que celle dont le défaut va permettre à la droite de rester au pouvoir en étant minoritaire, mais unie, contre des adversaires majoritaires s'ils étaient ensemble, mais tous minoritaires puisqu'ils sont divisés. Saudade...

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lundi, 28 septembre 2015

On tot comença...

Catalogne : (re)naissance d'une nation ou coup politique ?

Catalogne, Espagne, séparatisme

     Les partis en faveur de l'indépendance de la Catalogne (la coalition Junts Pel Si et la gauche alternative de la Cup) ont donc obtenu la majorité des sièges au Parlement catalan, et il ne leur manque que deux pourcents des suffrages pour obtenir la majorité des suffrages dans les urnes (en novembre 2014, un référendum symbolique avait donné 80 % des suffrages à l'indépendance, mais avec plus de 60 % d'abstention -hier, on a dépassé les 80 % de participation). A Madrid, à Bruxelles et ailleurs, on tente de minimiser et on assure qu'on se démènera pour que le choix indépendantiste ne se traduise. institutionnellement, par rien, ou par des miettes. C'est que ce choix est fort subversif du dogme de l'intangibilité des frontières internes de l'Union Européenne (il y eut d'autres sécession en Europe, d'autres éclatements, mais ils concernaient des pays qui n'étaient pas membres de l'UE - : la Tchécoslovaquie, l'Union Soviétique, la Yougoslavie...) : Pour la première fois dans un Etat membre de l'Union Européenne. un vote populaire ratifie un projet de sécession, et derrière les Catalans, il y a, en embuscade sur un projet indépendantiste, les Basques et, à nouveau, les Ecossais. Et d'autres encore, un peu ou beaucoup plus loin.  "On tot commença" (tout commence)...

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lundi, 21 septembre 2015

Grèce : la victoire désenchantée de Syriza

Tsipras, par défaut 

On les avait enterrés un peu vite sous les pelletées d'"austérité" du mémorandum européen, Alexis Tsipras, et son parti avec lui... or ce sont eux (lui, surtout) qui viennent de gagner largement les élections législatives anticipées, avec une marge qu'aucun sondage n'avait prévue. Et c'est leur troisième victoire électorale, après celles des législatives de janvier et du référendum de juillet. Il y avait pourtant de la résignation et du désenchantement dans la campagne électorale. De la résignation à un "vote utile" pour Syriza, un vote par défaut d'un autre choix pour éviter le retour de la droite au pouvoir ("la restauration de l'ordre ancien", dénonçait Tsipras) et du partage du pouvoir entre la "Nouvelle Démocratie" et le Pasok, la première étant aussi nouvelle que le second est socialiste, et du désenchantement à l'égard  de Syriza, même si Alexis Tsipras est l'homme politique le plus respecté par les citoyennes et les citoyens. Ces élections se jouaient entre Syriza et la "Nouvelle Démocratie", les petits partis ne pouvant au mieux (comme celui des "Grecs Indépendants") que jouer un rôle d'appoint à l'un ou l'autre des deux grands, pour lui permettre d'obtenir une majorité parlementaire : le PASOK (socialiste d'étiquette, clanique de réalité) est toujours moribond, l'"Unité Populaire" issue de la gauche de Syriza n'a pas eu le temps de rassembler plus qu'une petite minorité des déçus de la gauche gouvernementale, le Potami (centriste europhile) est sans implantation populaire, les communistes sont fossilisés dans leur sectarisme et les néonazis d'"Aube Dorée" (qui restent tout de même la troisième force politique du pays) sont infréquentables... Dès lors, le choix était simple : Tsipras, qui d'autre ?

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vendredi, 18 septembre 2015

Convention et Cour européennes des droits de l'homme : Des juges ou des droits étrangers ?

CEDH, Conseil de l'EuropeLe 28 novembre de l'année dernière, on a (ou aurait du) célébrer le 40e anniversaire de la ratification par la Suisse de la Convention Européenne des droits de l'Homme -une ratification qui impliquait l'acceptation de la juridiction obligatoire de la Cour européenne de Strasbourg. L'UDC avait, à sa manière, célébré cet anniversaire, en remettant en cause cette juridiction, en annonçant le lancement d'une initiative inscrivant dans la Constitution fédérale le principe (à rebours de toute l'évolution du droit depuis 1945...) la primauté du droit de l'Etat sur le droit international (celui de la Cour européenne, en l'occurrence). La Cour européenne a en effet un rôle, une fonction, insupportable aux udécistes : celle de faire respecter les libertés individuelles (et collectives) proclamées dans la convention européenne. Et dans la constitution suisse : "Tout comme la démocratie directe ou le fédéralisme, les droits de l'homme sont indissociables de la Suisse", déclare (optimiste) Simonetta Sommaruga. Dès lors, "un juge qui veille à la défense des droits de l'homme peut-il vraiment nous être étranger ?", s'interroge la présidente de la Confédération. A nous étranger, certainement pas -du moins pas plus que n'importe quel juge indigène. Mais à l'UDC, apparemment oui. Mais ce n'est pas tant ce juge qui lui est étranger que  la Convention européenne des droits de l'homme elle-même... et l'idée même de droits plus fondamentaux que les décisions d'une majorité électorale ou référendaire.

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14:30 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Justice, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cedh, conseil de l'europe | |  Facebook | | | |

mardi, 15 septembre 2015

Election de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste britannique : Fin (enfin) du blairisme ?

 

Corbyn, Blair, Labour, Grande-Bretagne

 

Au risque, parfaitement assumé, d'une déperdition électorale, et convaincus qu'il vaut mieux, pour exister politiquement, affirmer ce qu'on est au risque de perdre, que de se perdre soi-même pour ne pas effrayer le "centre", les membres et les sympathisants du Parti Travailliste britannique ont élu triomphalement (au premier tour, avec près de 60 % des suffrages, quarante points devant son plus proche concurrent) Jeremy Corbyn, représentant emblématique de l'aile gauche du parti à leur tête. Toute la "gauche de la gauche" européenne a chaleureusement salué la victoire du "gauchiste" britannique... en oubliant opportunément que ce n'est pas en créant un  nouveau parti, ou en rassemblant dans une coalition fragile, forcément fragile, les morceaux épars d'une "gauche radicale" toujours plus prompte à la division qu'à l'unité, que Jeremy Corbyn et ses partisans ont renforcé cette fameuse "alternative de gauche à la social-démocratie"... mais en prenant la tête de la social-démocratie, au nom de ce qu'elle était et avait renoncé à être pour se liquéfier dans le "social-libéralisme" à la Tony Blair.

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jeudi, 03 septembre 2015

Alexis Tsipras sur le bûcher de la gauche

Retour sur la Grèce

Dans "Le Monde" du 28 août, l'économiste Maria Negreponti-Delivanis excommunie Alexis Tsipras et son gouvernement pour ce qu'elle même qualifie de "sacrilège" : "le premier gouvernement de gauche radicale en Grèce aura donné sa bénédiction à la poursuite d'une dictature financière étouffante"... "sacrilège", "bénédiction" : est-on encore dans un débat politique ou est-on passé à la prédication religieuse (après avoir, tout aussi religieusement, brûlé le héros qu'on adorait) ? Il est vrai que l'enthousiasme de la gauche de la gauche (y compris de la gauche des partis socialistes et sociaux-démocrates) après la victoire électorale de Syriza et les attentes qui étaient nées de la formation du gouvernement présidé par Alexis Tsipras, étaient exorbitantes de la réalité, c'est-à-dire des possibilités mêmes de ce gouvernement, et de ce pays, d'être l'étincelle mettant le feu à toute la plaine. C'était oublier un peu vite les rapports de force, mais c'était aussi, de la part de nombre de ceux qui collaient à Tsipras comme une bernicle à son rocher et ne s'en sont détachés que pour se coller à Varoufakis,  oublier qu'avant sa victoire déjà, et après elle, Tsipras, Syriza, et même Varoufakis, situaient leur mouvement dans le champ du socialisme démocratique  : "il y a une tradition réformiste de la gauche démocratique, nous nous y inscrivons", déclarait ainsi Varoufakis, même si les mots "réformiste"  et "démocratique" ne prennent pas pour lui le sens, détourné et dévalué, que lui donnent les sociaux-libéraux...

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lundi, 31 août 2015

Quand la frontière tue

Quelle « liberté » de circulation ?
     
La liberté de circulation, en Europe, aujourd'hui (et la Suisse est en Europe, quelque rêve qu'elle cultive de n'être nulle part), c'est un camion frigorifique hongrois immatriculé en Slovaquie (ou l'inverse), conduit par un chauffeur roumain, et qu'on retrouve en Autriche contenant les cadavres de septante immigrants syriens (hommes, femmes, enfants)... C'est l'effet magique de la « forteresse Europe » et de la multiplication des restrictions à l'immigration « non-européenne » : elles ne réduisent pas cette immigration mais tuent, massivement, des immigrants sur les routes, dans les déserts, dans la mer. Or nous préférerons toujours des immigrants légaux à des immigrants illégaux. Et des immigrants illégaux vivants à des immigrants illégaux morts.


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15:24 Publié dans Europe, Immigration, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 09 juillet 2015

MAUVAISE GRECE

(ce texte est paru dans "Le Courrier" du mercredi 8 juillet)

Font chier, les Grecs. On leur explique posément,  sagement, qu'il faut qu'ils écoutent ceux qui savent (et qui ont la clef du coffre), qu'ils fassent ce qu'on leur dit de faire s'ils veulent rester dans la famille, et qu'est-ce qu'ils font, les Grecs ? Ils n'en font qu'à leur mauvaise tête de Grecs. Sous prétexte de démocratie. Et sous prétexte qu'ils l'auraient même inventée, la démocratie, alors que tout le monde sait que la démocratie, elle a été inventée le 1er août 1291 sur une prairie à vache au bord du lac des Quatre Cantons. Même que la démocratie, les Grecs, au long de leur histoire récente, ils en ont plus souvent payé l'absence (sous Metaxas, puis sous l'occupation allemande, puis lors de la guerre civile, puis sous le régime des colonels...) que célébré la présence.    

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mardi, 12 mai 2015

Elections britanniques : la gauche au nord du mur, la droite au sud...

Mémoires d'Hadrien

Un parti travailliste qui souffre, non sans qu'il y ait quelque justice à l'en faire souffrir, des années de dérives blairistes et de son alignement sur les conservateurs lors du référendum écossais, et un parti conservateur qui triomphe, mais dont la base électorale se concentre de plus en plus dans une partie congrue de la Grande-Bretagne, laissant l'Ecosse, le Pays de Galles, le nord ouvrier et la plupart des grandes villes à l'opposition travailliste ou "séparatiste" écossaise ou galloise : Le Mur d'Hadrien est un mur politique -la gauche au nord du mur (le parti national écossais est le plus à gauche des grands partis en lice), la droite au sud du mur (et même au sud du sud). Et les travaillistes ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes de leur défaite, et de la victoire, non pas conjointe, ni partagée, mais parallèle, de leurs adversaires conservateurs et de leurs concurrents écossais : ils n'ont pas convaincu de leur capacité d'être redevenus une alternative de gauche aux premiers, et ils paient leur opposition aux seconds lors du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, gagné par Londres grâce au Labour. Résultat : le grand vainqueur des élections est le Parti National Ecossais, le Premier ministre conservateur est reconduit dans ses fonctions sans majorité populaire et les chefs des trois partis défaits, les travaillistes, les libéraux et les europhobes, ont rendu leur tablier, chargé de trop de vestes...

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mardi, 03 mars 2015

Y'a bon immigrants européens, y'a pas bon immigrants africains : quand le Nomes s'emmêle dans les contingents

Une proposition de plus pour réparer les dégâts du 9 février 2014 vient de tomber. On avait déjà l'initiative populaire Rasa, qui veut biffer l'article constitutionnel accepté avec l'initiative de l'UDC contre l'« immigration de masse », une initiative parlementaire PDC/PBD qui veut ancrer les «bilatérales» dans la constitution, plus les probables référendums, de droite ou de gauche suivant le cas, contre la loi d'application de l'article constitutionnel, plus un éventuel référendum contre l'extension de la « libre » circulation à la Croatie, on a maintenant la proposition du « Nouveau Mouvement européen suisse », le Nomes, qui veut amender l'article constitutionnel udéciste en y ajoutant la réserve des relations entre la Suisse et l'Union Européenne, de manière à soustraire (comme c'est déjà le cas) les ressortissants des 28 Etats membres de l'Union au contingentement de l'immigration. Commentaire de l'udéciste genevois Nidegger : «c'est plus crétin que tout ce qui s'est dit jusqu'à maintenant». Et pour une fois, on est d'accord avec lui. Non seulement c'est crétin, mais en plus et pour le même prix, celui d'une « insulte à l'intelligence », c'est hypocrite et ethnocentriste : en résumé : Y'a bon immigrants européens, y'a pas bon immigrants africains.

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Y'a bon immigrants européens, y'a pas bon immigrants africains : quand le Nomes s'emmêle dans les contingents

Une proposition de plus pour réparer les dégâts du 9 février 2014 vient de tomber. On avait déjà l'initiative populaire Rasa, qui veut biffer l'article constitutionnel accepté avec l'initiative de l'UDC contre l'« immigration de masse », une initiative parlementaire PDC/PBD qui veut ancrer les «bilatérales» dans la constitution, plus les probables référendums, de droite ou de gauche suivant le cas, contre la loi d'application de l'article constitutionnel, plus un éventuel référendum contre l'extension de la « libre » circulation à la Croatie, on a maintenant la proposition du « Nouveau Mouvement européen suisse », le Nomes, qui veut amender l'article constitutionnel udéciste en y ajoutant la réserve des relations entre la Suisse et l'Union Européenne, de manière à soustraire (comme c'est déjà le cas) les ressortissants des 28 Etats membres de l'Union au contingentement de l'immigration. Commentaire de l'udéciste genevois Nidegger : «c'est plus crétin que tout ce qui s'est dit jusqu'à maintenant». Et pour une fois, on est d'accord avec lui. Non seulement c'est crétin, mais en plus et pour le même prix, celui d'une « insulte à l'intelligence », c'est hypocrite et ethnocentriste : en résumé : Y'a bon immigrants européens, y'a pas bon immigrants africains.

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lundi, 09 février 2015

D'un 9 février l'autre : Vote, revote et dix de der ?

Il y a un an exactement que, par une toute petite majorité populaire et une majorité des cantons, le peuple-des-bergers-libres-sur-leur-terre acceptait une initiative populaire xénophobe contre « l'immigration de masse » instaurant des contingents et des plafonds d'immigration totalement contraires aux accords de « libre-circulation », ce qui plongeait la Suisse officielle dans des affres dont elle n'est pas près de sortir. Or le Conseil fédéral n'a toujours pas proposé de projet de loi d'application, les discussions avec l'Union Européenne tournent au dialogue de sourd puisque la « libre » circulation n'est, pour elle, pas négociable, et les forces politiques, sociales et économiques ont tant de projets d'application, de non-application et de contournement des dispositions de l'initiative que la seule hypothèse qui semble faire consensus est celle d'un nouveau vote, annulant ou confirmant celui de l'année dernière. Bref, on n'a pas fini de traîner le boulet du 9 février 2014.
    

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16:25 Publié dans Europe, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bilatérales, contingents | |  Facebook | | | |

mercredi, 04 février 2015

La gauche, toute la gauche, et même au-delà, sous l'effet grec : Tous plus Syriza les uns que les autres !

Le triomphe de Syriza lors des législatives grecques n'a pas (encore) changé la politique européenne, s'il a déjà changé la politique grecque, mais il a généré, à gauche (mais pas seulement : même Marine Le Pen a embrayé...) une sorte d'euphorie si contagieuse que toutes ses composantes se sont mises à tenter de la récupérer à leur profit. C'est à qui serait le plus syriza-compatible : « Syriza, ici, c'est moi »... « non, c'est moi »... « pis d'abord, chuis plus syriza que toi »... « c'est même pas vrai, et de toute façon j'étais syriza avant toi »... Le PS en oublie la déculottée du Pasok, les communistes (et chez nous le Parti du Travail) la congélation du PC grec, la « gauche de la gauche » française (et genevoise) sa propre fragmentation et ses querelles de pouvoir et d'image...

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mardi, 27 janvier 2015

Syriza, l'éthique de vérité et l'éthique de responsabilité

Tsipras.jpgLe Risorgimento, et après ?


Ce qui s'est produit en Grèce, dimanche, n'est pas une révolution, mais une renaissance : celle de la démocratie, en tant qu'elle s'impose à l'économie et à ses maîtres. La tradition de gauche, en Grèce, est fort ancienne, et c'est l'électorat de gauche qui, désertant un Pasok effondré sur son dernier carré clientéliste, a fait la victoire de Syriza. Car Syriza, c'est toute la gauche, en Grèce, où le PS (PASOK) est en mort clinique (il l'a d'ailleurs bien méritée) et où le parti communiste est fossilisé dans le sectarisme stalinien (on comptera pour rien le nouveau parti de Papadopoulos III, d'une absolue insignifiance, en sus de ne rien avoir qui permette de le qualifier de parti de gauche). Désormais, Syriza gouverne (avec un petit parti de droite comme appoint) la Grèce. Et le 12 février, au Sommet européen, c'est Alexis Tsipras qui représentera son pays, et la volonté de plus de 36 % de ses électrices et électeurs : Syriza dépasse de près de dix points le parti historique de la droite démocratique, de plus de 30 points l'extrême-droite d'"Aube dorée" (devenue "crépuscule glauque"), et renvoie feu le parti socialiste (PASOK) dans les poubelles de l'histoire de ses propres reniements... La victoire historique de Syriza sonne comme une résurrection, non seulement de la gauche grecque, mais de la volonté de faire prévaloir les choix politiques sur la résignation aux dogmes économiques. Et c'est la suite qui va être passionnante : Le Risorgimento, certes, et après ?

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vendredi, 09 janvier 2015

Syriza au pouvoir le 25 janvier ? Mauvaise Grèce

Toute la gauche de la gauche en Europe (y compris les gauches des partis socialistes et sociaux-démocrates) a les yeux rivés sur la Grèce : le soleil de la renaissance politique d'un mouvement de masse porteur d'un projet de rupture avec le capitalisme va-t-il se lever sur l'Olympe ? L'émergence de Syriza en Grèce ou de Podemos en Espagne présage-t-elle de lendemains qui chantent l'« Internationale » en culbutant d'un même coup de pied au cul l'Union Européenne, la zone euro et le FMI ? Hellas, trois fois Hellas : D'une part, Syriza ne peut guère arriver au pouvoir que dans le cadre d'une coalition; d'autre part, elle ne propose plus ni que la Grèce sorte de l'Union Européenne, ni qu'elle sorte de la zone Euro. Enfin, le programme de Syriza est un vrai programme... social-démocrate de gauche...  Un succès de la « gauche de la gauche » grecque ne sera donc pas le séisme politique que feignent de conjurer les hiérarques européens et les gouvernants actuels de la Grèce.  Pour autant, il témoignera de l'essentiel : d'un refus de la résignation, et de la possibilité de dire ce refus autrement qu'en basculant à l'extrême-droite...

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mardi, 11 novembre 2014

Catalogne : Simulacre de référendum ou référendum sur le référendum ?

catalunya.jpgIllégal ? Légitime !

Dimanche, en Catalogne, lors de ce que ses adversaires considéraient comme un « simulacre de référendum » et qui s'avère avoir été une sorte de « référendum sur le référendum », les votants ont massivement répondu « oui » aux questions « La Catalogne doit-elle être un Etat ? » et  « cet Etat doit-il être indépendant ? » (de l'Espagne). La consultation catalane succède à une consultation écossaise portant sur la même revendication indépendantiste, mais légitimée, elle, par le gouvernement britannique -qui y risquait pourtant gros, et sentit passer le vent du boulet.. Récusée par le gouvernement central et la Cour constitutionnelle espagnols, maintenue sous une forme ambiguë (sans portée juridique, mais avec une lourde portée politique) la consultation catalane n'était peut-être pas légale, mais elle était légitime, Une légitimité confirmée par la participation de deux millions de personnes, sans lesquelles ce « référendum sur le référendum »  n'aurait été qu'une mise en scène.

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lundi, 26 mai 2014

Election du parlement européen : L'Europe vote suisse, on peut adhérer...

Elections européennes : en France, le Front National fait un tabac (pur caporal de troupe), loin devant la droite démocratique -le PS marinant en troisième position avec moins du sixième des suffrages, et l'ensemble de la gauche, des Verts au Front de Gauche stagnant à un niveau helvétique.  Au Danemark aussi, l'extrême-droite est en tête, devant les sociaux-démocrates. Quelques îlots de résistance, tout de même. Et de bons (ou du moins pas mauvais) résultats en Grèce (Syriza en tête), en Irlande (le Sinn Féin à 17 %), à Malte (les travaillistes en tête), au Portugal (la coalition de centre droit au pouvoir largement devancée par l'opposition socialiste), en Espagne (la « Gauche unie » progresse et Podemos, issu du mouvement des Indignés, fait son entrée au parlement européen), en Italie (le Parti démocratique est en tête -mais devant les « grillistes ») et en Suède (les sociaux-démocrates en tête). On se console avec ce qu'on peut. La gauche européenne pèse ce que pèse la gauche en Suisse ? On peut adhérer à l'Union Européenne, on y sera pas dépaysés...

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mardi, 25 mars 2014

Application de l'initiative « contre l'immigration de masse » : Le dilemme et le souk

bilatérales, libre circulationDilemme (plus cornecul que cornélien)  : faut-il respecter strictement la « volonté populaire » et appliquer rigoureusement l'initiative contre l'« immigration de masse » en cassant les bilatérales et en se retrouvant à l'égard de l'Union Européenne « Etat tiers », au rang du Monténégro ou de la Biélorussie (mais plus de l'Ukraine, désormais associée à l'UE ), ou ruser, en trahissant la « volonté populaire » et en n'appliquant de l'initiative que ce qu'elle a d'« eurocompatible », c'est-à-dire pas grand-chose ? Car l'initiative restera lettre morte tant qu'une loi d'application n'aura pas été votée, non seulement par le parlement, mais peut-être par le peuple, puisqu'un référendum est possible quel que soit le cas de figure : si la loi applique l'initiative, on aurait un référendum de gauche, et si elle ne l'applique pas, on aurait un référendum xénophobe. En attendant l'issue de ce dilemme, c'est déjà le souk entre secteurs économiques et entre cantons  pour obtenir, au cas où ils seraient mis en vigueur, la plus grosse part possible des contingents d'immigrants...

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mardi, 18 mars 2014

L'Ukraine, la Crimée, Poutine, tout ça...

« Ce qui est, est, le reste, faut voir »

On ne vous avait pas encore gratifiés de nos états d'âme sur l'Ukraine, la Crimée, la Russie ? Coupable négligence, quand en bons militants informés de tout et ayant un avis sur tout, nous serions tenus, forcément, de prendre parti. Parti pour qui, au nom de quoi ? Pour les manifestants de Maïden ou ceux de Sébastopol ? Pour l'intangibilité des frontières ou le droit des peuples à l'autodétermination ? pour les oligarques du clan A ou ceux du clan B ? La théorie du complot néo-libéral euro-américain ou celle du complot slavo-post-stalinien ? Dans un doute qu'on cultive, on a toujours la ressource de retrouver nos fondamentaux, et notre gourou, Gastong le Dugong, de nous rappeler cette forte, essentielle et définitive sentence de l'incontournable Jean-Baptiste Botul : « Ce qui est, est, le reste, faut voir ». Ce qui est, c'est une révolution en Ukraine. Une révolution, pas un complot. Le reste, c'est que qu'elle réveille, qu'elle soulève, qu'elle ramène à la surface : fascistes ukrainiens, staliniens russes, arrière-pensées stratégiques et intérêts économiques mêlés... et l'héritage de l'histoire, irrépudiable..

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13:36 Publié dans Europe, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ukraine, crimée, poutine, maïden | |  Facebook | | | |