lundi, 21 septembre 2015

Grèce : la victoire désenchantée de Syriza

Tsipras, par défaut 

On les avait enterrés un peu vite sous les pelletées d'"austérité" du mémorandum européen, Alexis Tsipras, et son parti avec lui... or ce sont eux (lui, surtout) qui viennent de gagner largement les élections législatives anticipées, avec une marge qu'aucun sondage n'avait prévue. Et c'est leur troisième victoire électorale, après celles des législatives de janvier et du référendum de juillet. Il y avait pourtant de la résignation et du désenchantement dans la campagne électorale. De la résignation à un "vote utile" pour Syriza, un vote par défaut d'un autre choix pour éviter le retour de la droite au pouvoir ("la restauration de l'ordre ancien", dénonçait Tsipras) et du partage du pouvoir entre la "Nouvelle Démocratie" et le Pasok, la première étant aussi nouvelle que le second est socialiste, et du désenchantement à l'égard  de Syriza, même si Alexis Tsipras est l'homme politique le plus respecté par les citoyennes et les citoyens. Ces élections se jouaient entre Syriza et la "Nouvelle Démocratie", les petits partis ne pouvant au mieux (comme celui des "Grecs Indépendants") que jouer un rôle d'appoint à l'un ou l'autre des deux grands, pour lui permettre d'obtenir une majorité parlementaire : le PASOK (socialiste d'étiquette, clanique de réalité) est toujours moribond, l'"Unité Populaire" issue de la gauche de Syriza n'a pas eu le temps de rassembler plus qu'une petite minorité des déçus de la gauche gouvernementale, le Potami (centriste europhile) est sans implantation populaire, les communistes sont fossilisés dans leur sectarisme et les néonazis d'"Aube Dorée" (qui restent tout de même la troisième force politique du pays) sont infréquentables... Dès lors, le choix était simple : Tsipras, qui d'autre ?

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mardi, 15 septembre 2015

Election de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste britannique : Fin (enfin) du blairisme ?

 

Corbyn, Blair, Labour, Grande-Bretagne

 

Au risque, parfaitement assumé, d'une déperdition électorale, et convaincus qu'il vaut mieux, pour exister politiquement, affirmer ce qu'on est au risque de perdre, que de se perdre soi-même pour ne pas effrayer le "centre", les membres et les sympathisants du Parti Travailliste britannique ont élu triomphalement (au premier tour, avec près de 60 % des suffrages, quarante points devant son plus proche concurrent) Jeremy Corbyn, représentant emblématique de l'aile gauche du parti à leur tête. Toute la "gauche de la gauche" européenne a chaleureusement salué la victoire du "gauchiste" britannique... en oubliant opportunément que ce n'est pas en créant un  nouveau parti, ou en rassemblant dans une coalition fragile, forcément fragile, les morceaux épars d'une "gauche radicale" toujours plus prompte à la division qu'à l'unité, que Jeremy Corbyn et ses partisans ont renforcé cette fameuse "alternative de gauche à la social-démocratie"... mais en prenant la tête de la social-démocratie, au nom de ce qu'elle était et avait renoncé à être pour se liquéfier dans le "social-libéralisme" à la Tony Blair.

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mardi, 01 septembre 2015

Elections fédérales : un peu plus de gauche ou encore plus de droite ?

votez!.jpgLe poids des votes

La maison « CauseS touSjours« » ne reculant devant aucun cadeau, elle vous livre un scoop :  au soir des élections fédérales de cet automne, la Suisse n'aura pas basculé à gauche. Ni d'ailleurs à droite, puisqu'elle y est déjà. Mais elle peut y être encore un peu plus, à droite, ou un peu moins. Un  peu plus si l'UDC et le PLR atteignent leur objectif commun d'être majoritaires à eux deux au parlement et au Conseil fédéral, un peu moins si le PS progresse, et que les Verts d'une part, le PDC d'autre part, restent à peu près stables. Tout cela tient à moins d'une dizaine de sièges au parlement et à un seul siège au gouvernement. Et on aurait tort de sous-estimer cet enjeu, si modeste qu'il paraisse.

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mardi, 12 mai 2015

Elections britanniques : la gauche au nord du mur, la droite au sud...

Mémoires d'Hadrien

Un parti travailliste qui souffre, non sans qu'il y ait quelque justice à l'en faire souffrir, des années de dérives blairistes et de son alignement sur les conservateurs lors du référendum écossais, et un parti conservateur qui triomphe, mais dont la base électorale se concentre de plus en plus dans une partie congrue de la Grande-Bretagne, laissant l'Ecosse, le Pays de Galles, le nord ouvrier et la plupart des grandes villes à l'opposition travailliste ou "séparatiste" écossaise ou galloise : Le Mur d'Hadrien est un mur politique -la gauche au nord du mur (le parti national écossais est le plus à gauche des grands partis en lice), la droite au sud du mur (et même au sud du sud). Et les travaillistes ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes de leur défaite, et de la victoire, non pas conjointe, ni partagée, mais parallèle, de leurs adversaires conservateurs et de leurs concurrents écossais : ils n'ont pas convaincu de leur capacité d'être redevenus une alternative de gauche aux premiers, et ils paient leur opposition aux seconds lors du référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, gagné par Londres grâce au Labour. Résultat : le grand vainqueur des élections est le Parti National Ecossais, le Premier ministre conservateur est reconduit dans ses fonctions sans majorité populaire et les chefs des trois partis défaits, les travaillistes, les libéraux et les europhobes, ont rendu leur tablier, chargé de trop de vestes...

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15:24 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ecosse, grande-bretagne, snp, travaillistes, labour | |  Facebook | | | |

lundi, 11 mai 2015

Elections Municipales genevoises, suite et fin : Quand la gauche gagne...

 

ville de genève

Au terme des élections municipales genevoises, on ne va pas bouder notre plaisir : En Ville de Genève, nos quatre candidates et candidats sont réélus, et sortent en tête, devant le candidat (sortant) de l'Entente (qui, déjà, n'avait dû son siège qu'au renoncement des partis de gauche à le lui contester, de sorte que si on avait cette fois présenté cinq candidates et candidats, on les aurait sans doute fait passer les cinq). De plus, dans toutes les villes où la gauche était présente, majoritairement ou non, dans les exécutifs, elle y a au minimum maintenu ses positions, et elle entre dans des exécutifs dont elle essayait depuis vingt, trente ou quarante ans de forcer (démocratiquement) la porte : à Bernex, au Grand Saconnex, à Versoix. Enfin, griotte sur le gâteau, le MCG est dans les choux à Onex (où Gominator perd son siège), dans les cardons à Lancy (où son luminescent président se traîne loin derrière les candidats de gauche) et dans les grobets à Carouge (où son candidat n'obtient pas même 1000 suffrages). Et vous voudriez qu'on cache notre joie ? Ben non : quand la gauche s'unit, elle gagne... A-t-on jamais écrit ici autre chose ?

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mardi, 05 mai 2015

Elections municipales : promesses en solde, alliances en force et marges en toc

Condensé de postures...

Ces derniers jours de la campagne électorale pour les exécutifs des principales communes genevoises (sauf Vernier, qui y a pourvu dès le premier tour) ont condensé, épuré les postures politiques des droites locales (il va de soi que les postures de la gauche sont d'une clarté si aveuglante qu'il serait superfétatoire d'y ajouter quelque lumière que ce soit). A Onex, toutes les électrices et tous les électeurs ont reçu une lettre désespérée du Conseiller administratif sortant et craignant fort d'être sorti, Eric Stauffer, les suppliant de voter pour lui et leur faisant sept promesses qu'il serait bien en peine de tenir si d'aventure quiconque y prêtait la moindre foi -et si lui-même avait la moindre intention de les tenir. En Ville de Genève, c'est l'Entente PLR-PDC qui s'illustre par la quête désespérée de failles suffisantes dans l'Alternative (qui la devance de dix points au score du premier tour), pour pouvoir espérer combler un retard qui ne pourrait l'être que si un quart de tout l'électorat de gauche se mettait, unanimement, à biffer l'un ou l'autre (mais seulement celui-là ou celle-là) de ses candidat-e-s, sans qu'aucune électrice et aucun électeur de droite ne l'ajoute sur sa liste...

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lundi, 27 avril 2015

Conseils municipaux genevois : les enseignements d'un rapport de forces

Une seule composante nous manque, et...

Les élections municipales genevoises ont renouvelé les parlements et vont renouveler les exécutifs de 45 communes qui ensemble forment le canton de Genève, mais qui ensemble ne regroupent que la moitié de la population de la Genève réelle (la fameuse « grande Genève »), moins du quart de sa superficie et à peine plus s'un cinquième de l'ensemble de ses communes. Peut-être est-ce là, aussi, l'une des explications possibles de la faible participation électorale : l'impression que l'on pourvoit à la représentation dans des instances politiques administrant un espace légal totalement insuffisdant à rendre compte de l'espace réel. C'est pourtant cet espace politique local, celui des communes, qui constitue la trame de cet espace politique réel, celui de 200 communes genevoises, vaudoises et françaises. Cela posé, revenons sur ces élections, sur le rapport de force qu'elles signalent entre la gauche (toute la gauche) et la droite (toute la droite) -et sur ce dont ce rapport de force est le symptôme : celui d'une absence... Une seule composante (de la gauche) vous manque, et tout est déséquilibré...

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mercredi, 22 avril 2015

Election de la Municipalité de Genève : désolés, on est rassemblés...

Le PS a fait dimanche en Ville de Genève son meilleur résultat depuis plus d'un demi-siècle (depuis 1963, très exactement, où, "effet Chavanne" aidant, il avait obtenu 25 % des suffrages et 21 sièges), mais la légère euphorie que cela peut susciter ne doit pas nous empêcher de passer à autre chose. Au "rassemblement des forces de gauche" -bref, à la liste commune de l'Alternative pour la Municipalité de Genève. Avec les quatre magistrats sortants. La "Tribune de Genève" et "Le Temps" avaient entendu que "dans les rangs socialiste, on susurre préférer travailler avec un libéral-radical plutôt qu'avec le franc-tireur Pagani, complètement imprévisible et a-collégial" ? ça devait pas "susurrer" assez clairement, alors, parce que c'est à l'unanimité que l'Assemblée générale du PS de la Ville a décidé de confirmer une position déjà prise depuis six mois, celle de la liste commune avec les Verts et "Ensemble à Gauche". Et donc avec Pagani... Désolés, on est unis.

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lundi, 20 avril 2015

Elections Municipales genevoises : et d'un tour de passé. Ouf !

gauche,ville de genève,municipalesEt alors ? Et oualà !

On ne s'était risqué à aucun pronostic sur le résultat du premier tour des Municipales genevoises : avec deux tiers d'abstentionnistes en Ville et dans les grandes communes, toute prévision tient de la prédiction cartomancienne... L'enjeu de ce premier tour des élections, en Ville de Genève, était d'abord de savoir si la gauche allait ou non regagner une majorité au Conseil Municipal : là encore, quand chaque siège gagné ou perdu l'est pour quelques bulletins et que la majorité se joue à un, deux ou trois sièges, une élection avec 35 % de participation se joue quasiment à pile ou face. Pile la gauche, face la droite... Aujourd'hui, c'est face : malgré la progression du PS, la gauche perd deux sièges du fait du recul des Verts et d'« Ensemble à Gauche », et la droite devient réellement majoritaire. Maintenant, place au deuxième tour de l'élection des exécutifs municipaux : dans le système genevois, ce sont eux, en réalité, qui détiennent l'essentiel du pouvoir local...

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mercredi, 01 avril 2015

Elections départementales française : la gauche fait gagner la droite

front contre Front

101 Conseils généraux devenant Conseils départementaux (un par département sauf pour Paris et Lyon) ont été renouvelés (sauf en outre-mer), par une élection tenue dans 2054 cantons (deux fois moins qu'en 2013), chacun ayant deux représentants, obligatoirement un homme et une femme (présentés en binôme sur la même liste, ce qui a forcé les partis à présenter des candidates, alors que les femmes n'occupent que 13 % des sièges des actuels Conseils généraux). Pour les 4108 sièges disponibles dans les conseils départementaux, plus de 18'000 candidats se sont présentés.  Au premier tour (celui où l'on choisit, le deuxième tour étant celui de l'élimination...), la droite démocratique (UMP et alliés) était sortie en tête, devant le Front National et le PS, qui avait certes limité les dégâts mais ne pouvait guère se prévaloir que de cela. Dans environ 500 cantons, la gauche (au sens large) avait été éliminée au premier tour, et devait se résoudre à appeler soutenir les candidates et candidats de l'UMP ou d'une autre formation de droite, pour éviter l'élection d'un "binôme" frontiste. Dès lors, Naboléon a beau sauter (comme un cabri) sur tous les micros pour proclamer que l'"alternance est en marche et que rien ne pourra l'arrêter", ni elle, lui, le succès de sa formation (qu'il récupère à son profit exclusif) est dû en grande partie au "vote républicain" de la gauche, comme lors de la rééelection triomphale de Chirac devant Papy Le Pen... Ce fut donc front (républicain) contre Front (national). 
    

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jeudi, 26 mars 2015

Elections israéliennes : Netanyahou peut succéder à Netanyahou...

Pour gouverner un Etat ou un ghetto ? 


Déjouant tous les pronostics, Benjamin Netanyahou a donc remporté le 17 mars les élections législatives israéliennes anticipées. « C'est la victoire de la peur », résume le quotidien « Haaretz ». En menant une campagne la plus à droite possible pour mobiliser la frange la plus nationaliste de l'électorat, les colons et les intégristes religieux, il a fait passer son parti, le Likoud, en tête avec 23 % des suffrages et 6 sièges de plus que la coalition de « centre gauche » (le Camp Sioniste, dont font partie les travaillistes, et qui n'obtient que 19 % des voix) qui espérait le déboulonner. Les 30 sièges (sur 120) obtenus par le Likoud offrent à son chef les meilleures possibilités de rester au pouvoir, à la tête de la coalition la plus expansionniste, la plus liée aux colonies, voire la plus raciste, qu'ait connu Israël depuis celle conduite par Menahem Begin. Une coalition dont le programme semble être de gouverner un Etat réduit à un ghetto juif de Palestine. Un ghetto que Netanyahou appelle, s'appuyant sur la (re)montée de l'antisémitisme et les attentats de Paris, les juifs de France (et d'ailleurs) à rejoindre. Pour leur sécurité, ou pour la sienne ?        

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