lundi, 12 décembre 2016

Et s'il fallait Trump pour nous réveiller ?

coupdepied.jpgDe la coup-de-pied-au-cul-thérapie

Et s'il fallait Trump pour réveiller la gauche, quitte à la réveiller par un grand coup de pied au cul ? Comme Prince Charmant éveillant la Belle au Bois Dormant, on aurait évidemment pu trouver mieux que Trump -il est vrai que comme Belle au Bois Dormant, on pourrait aussi trouver mieux que la gauche américaine (ou européenne) dans son état présent, mais on fait avec ce qu'on a. Ce qui n'empêche pas, mais au contraire enjoint, de vouloir mieux, et de faire ce qu'on peut, là où "l'histoire nous surprend", pour faire advenir ce mieux. A fragmenter son discours et ses programmes en autant de composantes sociales qu'elle en reconnaît à la société dans laquelle elle agit (et au risque, patent, d'en oublier toujours : après tout, le "blanc chrétien de la classe moyenne" qui a voté Donald pour faire chier Minnie pourrait se revendiquer lui aussi être d'une "communauté" disposant de son droit fondamental à être reconnue au nom de la "diversité"...), et à cultiver la "diversité" d'identité fragmentées, distinctes et qui finissent toujours, forcément, par devenir concurrentes, la gauche en a oublié ce qui, depuis un petit quart de millénaire qu'elle existe, la structurait et la légitimait : le principe et le projet de l'égalité.

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lundi, 21 novembre 2016

Election de Trump : "révolution conservatrice" ou arnaque politique du siècle ?

langue de bois.jpgDonald Trump sera donc élu président des Etats-Unis, mais contre la majorité du peuple votant. Avec un million de suffrages en moins que son adversaire démocrate. Si les citoyennes et citoyens des Etats-Unis d'Amérique élisaient leur présidence au suffrage universel direct. c'est une présidente qu'ils auraient élue. Ils ne s'en retrouveront pas moins avec Trump. Beautés des élections indirectes... Cela dit, comme le relevait Daniel Warner dans "Migros Magazine" (on a de bonnes lectures), "Il y a toujours une grande différence entre un candidat et un gagnant. Pendant la campagne, les candidats doivent répondre aux caprices du public. Une fois en poste, ils deviennent plus réalistes". La paradoxale (si paradoxale qu'elle est impssible) "révolution conservatrice" que l'élection probable de Trump annoncerait (comme d'ailleurs, à sa manière, le succès de François Fillon aux "primaires" de la droite française, hier) pourrait bien être surtout l'arnaque du siècle. Il est vrai que si la carrière de Trump laisse placer un gros doute sur ses compétences de chef d'Etat, elle n'y laisse en revanche aucune place s'agissant de ses talents d'aigrefin.

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mercredi, 09 novembre 2016

Présidentielles américaines : Trump hilare rit...

 
L'establishment, désormais, c'est lui

Malgré ses propos indignes, son comportement, ses insultes, son inculture politique, sa misogynie  et ses mensonges, malgré sa reprise d'un discours d'extrême-droite, malgré le lâchage des caciques républicains, à moins que ce soit grâce à tout cela (ce n'est tout de même pas la première fois, et ce ne sera sans doute pas la dernière, qu'on peut gagner une élection en faisant les poubelles) Donald Trump a donc gagné l'élection des électeurs de la présidence américaine, surfant sur la colère du Petit Blanc et sur le rejet d'une Hillary Clinton incarnant -à juste titre- l'establishment (ou la nomenklatura), aussi bien d'ailleurs l'establishment démocrate que républicain. L'establishment, désormais, c'est Trump et tous ceux qui, après l'avoir combattu, se rallieront à lui, quand l'"attrait de la mangeoire" est plus fort que l'adhésion politique. Trump ne pouvait gagner qu'en agrégeant les colères sociales et en mobilisant massivement les classes populaires "blanches", il y a réussi. Clinton ne pouvait gagner qu'en agrégeant les votes de celles et ceux que Trump insultait -elles et ils étaient en effet assez nombreux : femmes, noirs, mexicains, elle y a échoué, et les Américains ont peut-être moins voté pour le candidat que contre la candidate. Pour lui barrer la route. Et leur mobilisation a eu un prix jamais atteint dans aucune élection, nulle part dans le monde :  Bernie Sanders avait beau considérer que "les milliardaires ne devraient pas pouvoir acheter les élections", c'est bien ce qu'ils ont fait : pour obtenir les 270 "grands électeurs" nécessaires (sinon suffisants) à leur élection à la présidence, Hillary Clinton et Donald Trump auront dépensé, respectivement, 1,3 milliard et 800 millions de dollars.

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lundi, 07 novembre 2016

Les enjeux de l'élection américaine : Les couilles de Donald et les courriels d'Hillary

Alors, qui sera à la tête de l'Empire (un peu  décadent, certes, mais toujours impérial...) après Obama ? Le cinglé ou la corruptrice ? Avouons-le : cette question ne nous angoisse guère. Si nous étions frappés du même anti-américanisme pulsionnel que nombre de nos bons camarades, on prierait (mais qui ?) pour Donald  : son élection entraînerait un repli des USA sur eux-mêmes. Mais surtout, ce qui a frappé dans cette campagne, c'est son absence totale de contenu politique, de débat d'idées, de confrontation de projets. Qui, de Trump ou de Clinton, aura parlé réellement de politique sociale et de l'emploi, des enjeux géostratégiques, des défis environnementaux, de culture, de démographie (autrement qu'en proposant d'ériger un mur contre l'immigration pour en protéger un pays d'immigrants et de descendants d'immigrants) ? Aucun-e des deux. Par quoi a été dominée la campagne, dans ses dernières semaines ? par les couilles de Donald et les courriels d'Hillary. Ou pour le dire comme Vladimir Poutine (un expert en délicatesse rhétorique, et loin d'être un imbécile) l'a dit : "qui a pincé qui et qui couche avec qui"... On a certainement les campagnes électorales qu'on mérite -et si les Etats Unis ne méritent que celle qui s'y est tenue, tant pis pour eux : ils auront aussi le président ou la présidente qu'ils méritent.

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mercredi, 29 juin 2016

Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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mardi, 17 mai 2016

Financement des partis et des campagnes politiques : Qui paie qui, et pour quoi ?

Une coalition de partis de gauche (le PS, les Verts), de quelques petits partis de droite (le PBD, les Evangéliques) ou d'ailleurs (les Pirates) a lancé le 26 avril une initiative populaire fédérale "pour plus de transparence dans le financement de la vie politique". Exiger plus de transparence dans la vie politique suisse n'est pas une revendication maximaliste : encore moins de transparence que ce n'est le cas en Suisse serait difficile pour une démocratie... Et savoir qui paie qui et pour quoi n'est après tout qu'une exigence légitime -que selon un sondage sur internet, trois Suisses-ses sur quatre partageraient. L'initiative ne demande pas la lune -seulement ce qui se pratique déjà à Genève et Neuchâtel, et qui pourrait se pratiquer à Fribourg : la publication, avant une votation ou une élection, de la liste des principaux donateurs aux partis et comités de campagne, et l'interdiction des dons anonymes.

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lundi, 21 décembre 2015

Espagne : vers la "deuxième transition"...

Espagme, Podemos, PSOEUne "nouvelle Espagne" ?

Soyons sérieux : l'événement politique du week-end, ce n'est pas la manif de diversion casseuse de samedi, à Genève (on vous en écrira demain, tout de même), mais les élections en Espagne, où comme annoncé par les sondages, les législatives ont accouché d'un parlement sans majorité. Le Parti Populaire (droite) arrive certes en tête, mais, avec 122 sièges, loin de la majorité absolue de 176 sièges, et en faisant l'un de ses plus mauvais résultat historique, tout comme le Parti socialiste (PSOE), lui aussi en lourd recul. A eux deux, PP et PSOE, qui ont dominé la vie politique espagnole et alterné au pouvoir depuis des décennies, ne totalisent plus que la moitié des suffrages (28,6 % pour le PP, 22,3 % pour le PSOE). Les deux formations nouvelles, Podemos (20,6 % des suffrages et 69 sièges) à gauche et Ciudadanos (13,7 % des suffrages 40 sièges) à droite, leur taillent des croupières électorales et s'affirment comme indispensables à toute coalition gouvernementale, qu'elle soit de gauche ou de droite. Les gauches régionalistes ou indépendantistes basque et catalane obtiennent quant à elles 11 sièges. La "deuxième transition espagnole", pour reprendre l'expression du "Manifesto", est ainsi ouverte (la première était celle du franquisme à la démocratie selon les canons européens), sur fonds de crise institutionnelle, sociale et économique.

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jeudi, 17 décembre 2015

Elections régionales françaises : Au bal des perdants

 Si le premier tour des élections régionales françaises avait vu une victoire incontestable du Front National, le deuxième tour, dimanche dernier, a vu, lui, une victoire non moins incontestable, avec ou sans "front républicain" à l'appui, du "tout sauf le FN"  : des treize nouvelles régions dont les conseils et les exécutifs étaient renouvelés, le FN n'a conquis aucune, pas même celles où ses têtes de listes, Tati Marine dans le Nord et Nièce Marion dans le sud, avaient réussi à capter plus de 40 % des suffrages au premier tour. Et finalement, sur treize régions, la droite démocratique en a récupéré sept alors qu'elle en espérait dix, et le PS en a gardé cinq (la Corse passe aux nationalistes...) alors qu'il craignait devoir se contenter (en Europe...) de deux, voire la seule Bretagne. Avec un taux de participation de 58 %, en hausse de huit points entre les deux tours, le résultat est difficilement contestable. Pour autant, il n'est une victoire pour personne, pas même (ou surtout pas) pour ceux qui clament être vainqueurs, et ne tranche aucun des choix stratégiques et programmatiques en jeu dans les trois camps en présence.

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lundi, 07 décembre 2015

Premier tour des élections régionales françaises : Sans surprise, et sans excuse...


Extrême-droite, Front National, RégionalesComme prévu par les sondages, le premier tour des Régionales françaises voit le Front National devancer la droite démocratique et le PS. Ce n'était sans doute que le premier tour d'une élection qui se joue en  deux tours, et si le Front National devance la gauche et la droite démocratique dans presque la moitié des régions, il n'est lui-même majoritaire dans aucune, et ne devrait l'emporter au deuxième tour qu'en l'absence de "front républicain", mais tout de même : la gauche française à l'étiage de la gauche suisse, et le FN à celui de l'UDC, il y a de quoi s'inquiéter. Sans d'ailleurs être en mesure de donner des leçons à une gauche française qui ne fait pas pire que nous. Et on ne consolera même pas en se disant que si le FN fait 30 % des suffrages, cela signifie qu'il y a tout de même 70 % des électrices et des électeurs qui ne votent pas FN (dont une majorité d'électeurs de gauche, si on additionne les listes sur lesquelles se sont portées leurs voix, plus nombreux au plan national -mais aussi plus divisés...- que leurs adversaires frontistes) : ce n'est pas une consolation (ou alors fort maigre) d'abord parce que la moitié de l'électorat n'a pas voté; ensuite parce que dans le vote "non-FN", il reste une part de votes d'extrême-droite à ajouter à ceux récoltés par le FN : les votes pour des listes d'extrêmes-droite dissidentes, ou pour des listes de la droite dite "démocratique" qui ne diffèrent, dans leur discours politique, du FN que par leur adhésion au libéralisme économique -pour tout le reste, de la xénophobie au conservatisme social en passant par le culte de la frontière, pas grand chose ne les sépare du FN... Il faut un microscope pour déceler la différence entre un Estrosi et une Maréchal-Le Pen qui vont s'affronter en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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lundi, 09 novembre 2015

Le Conseil des Etats, bastion de la résistance à la droite : Kilukru ?

Bob et Liliane.jpg

On ne va certes pas hurler d'euphorie, mais ça fait du bien par où ça passe (et les sanglots longs de la droite ajoutent encore à notre plaisir coupable) : la très nette réélection du "ticket" de gauche à Genève et du président du PSS à Fribourg, la première place de la socialiste dans le canton de Vaud (mais, hélas, suivie non pas de son colistier Vert, apparemment lâché par une partie de l'électorat socialiste, mais d'un candidat PLR que l'UDC ne concurrençait pas), les bouillons udécistes (et èmecégiste) dans les trois cantons romands, ont fait de ce deuxième tour de l'élection du Conseil des Etats une sorte de correction des résultats d'il y a trois semaines, pour le Conseil national -une correction bienvenue, d'autant qu'hier, on était, dans notre calendrier à nous, le 18 Brumaire, et que ce n'était pas le jour idéal pour des succès de la gauche. Le Conseil des Etats, naguère honni de la gauche, devenu bastion de la résistance à la droite : Kilukru ?

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mercredi, 04 novembre 2015

2e tour de l'élection du Conseil des Etats : C'est pas le moment de mollir

Il va peut-être se passer quelque chose d'assez paradoxal, politiquement, après les deuxièmes tours de l'élection du Conseil des Etats : cette Chambre, naguère conspuée par la gauche (qui peinait à s'y installer, du fait du scrutin majoritaire -voire même parlementaire, dans certains cantons), va se transformer en bastion de résistance à la droite de la droite, l'UDC ayant aujourd'hui les mêmes difficultés à y faire élire ses candidats que le PS et les Verts il y a vingt ou trente ans. Le glissement à droite du Conseil National, on le sait, ne se produira pas, en tout cas pas dans les mêmes proportions, voire pas du tout, au Conseil des Etats. Du coup, on n'en réclame plus la suppression, la relégation en une Chambre de deuxième ordre, ou la transformation : non, on va pouvoir s'appuyer dessus pour freiner l'UDC et le PLR, majoritaires (de peu, et ensemble, mais majoritaires tout de même) au Conseil National. Mais en attendant que cette perspective se traduise dans les faits, il nous reste une chose à faire, si on ne l'a pas déjà faite : voter. A gauche, et seulement à gauche. A Genève, il vous reste deux jours pour envoyer votre bulletin par la poste. Et le dimanche matin pour le glisser vous-même dans l'urne. Et c'est pas le moment de mollir.

 

conseil des etats

 

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mardi, 03 novembre 2015

Elections turques : la victoire du pompier pyromane

Des urnes pleines de peur

Nos copains turcs (il est vrai qu'ils sont presque tous Kurdes) faisaient plus que grise mine, hier. Ils étaient abasourdis, comme assommés par le résultat des élections législatives anticipées convoquées fin août par le Président-Sultan Erdogan, tout seul, comme un grand -mais "si Dieu le veut" tout de même. Dieu, et lui : la constitution turque prévoit, en cas d'échec du principal parti à former un gouvernement, la transmission de cette tâche, au principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (social-démocrate et kémaliste), mais le Sultan n'a que faire de la constitution : il a donc décidé tout seul de dissoudre le parlement né des élections précédentes lors desquelles son parti n'avait pas obtenu de majorité absolue, et d'organiser de nouvelles élections avec, précisément, pour objectif d'obtenir cette majorité absolue. Et il l'a obtenue, alors que peu nombreux étaient les observateurs qui le prédisaient. Il l'a obtenue dans un climat de violence et de peur dénoncé par les observateurs internationaux, qui ont fait état de nombreuses attaques contre les candidates et les candidats, les partisans et les locaux du parti de gauche HDP, dont la base est majoritairement kurde. Qui veut la fin veut les moyens est aussi un proverbe ottoman. Le Président-Sultan, en tout cas, l'applique depuis 13 ans.    

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vendredi, 23 octobre 2015

Deuxième tour de l'élection genevoise au Conseil des Etats : la gauche et les droites

Il n'y aura pas à Genève de choc frontal entre toute la gauche et toute la droite lors du deuxième tour de l'élection au Coneil des Etats. Pas d'affrontement "bloc contre bloc", mais un  affrontement "blocs contre blocs" : la gauche (PS, Verts, EàG) avec la socialiste Liliane Maury Pasquier et le Vert Robert Cramer, la droite (PDC, PLR) avec le radelibe Benoît Genecand, la droite de la droite (UDC, MCG) avec l'udéciste Yves Nydegger et le èmecégiste Eric Stauffer, chaque bloc contre les deux autres. Le MCG a échoué dans sa tentative de négocier son pouvoir de nuisance contre une reconnaissance de la nécessité pour le PLR de s'allier avec lui, l'UDC, plombée par un partenaire teigneux et revanchard, a échoué à se faire reconnaître comme un élément constitutif de la droite gouvernementale plutôt que comme son réservoir électoral en cas d'élection majoritaire, et le PLR a échoué dans sa pêche aux électeurs UDC et MCG. Seul le PDC (cantonal) se tire avec les honneurs (et sous les insultes du MCG) de ce maquignonnage burlesque, pour avoir refusé d'y prendre part (le PDC municipal, cependant, regardant courageusement ailleurs pendant que le président MCG du Conseil municipal de la Ville, élu grâce aux voix PDC, traitait le président du PDC cantonal de "traître" et de "petit ignare connaissant autant la stratégie politique que mon chien". Le pardon des offenses est sans doute une vertu chrétienne, mais poussé à ce niveau, il tient plutôt d'une pratique masochiste.

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lundi, 19 octobre 2015

"La droite revient"... Ah bon, elle était partie ?

"La droite revient", nous annonçait déjà samedi "Le Temps", en présentant cette annonce comme le "seul pronostic que l'on peut hasarder pour les élections fédérales". "La droite revient" : elle était donc partie ? cela, avouons-le. nous avait échappé. En fait, hier, on est un peu revenu en arrière, en 2007, lors du dernier triomphe de l'UDC (qui avait d'ailleurs précédé l'éviction de Blocher du Conseil fédéral). L'institut Sorono avait tenté, la semaine dernière, une prévision du résultat des élections non en pourcentage de suffrages mais en nombre de sièges. Exercice difficile puisqu'il fallait tenir compte des résultats en suffrages dans 23 cantons, pour deux élections différentes (l'une à la proportionnelle, l'autre à la majoritaire) dans chaque canton- or le résultat final est en gros celui que suggérait Sorono : un rapport de force changé au profit de l'aile la plus droitière du parlement, mais sans qu'elle obtienne la majorité absolue (paradoxalement, c'est le Conseil des Etats, naguère considéré comme un bastion de la droite, qui prive aujourd'hui le PLR et l'UDC de cette majorité absolue) sauf à détourner du droit chemin centriste une partie du PDC. Et à gauche, quoi de nouveau ? Le recul des Verts et, malgré la belle élection à Neuchâtel de Denis de la Reussille (qui devra siéger au sein du groupe socialiste, s'il ne veut pas faire tapisserie), la stagnation dans sa marge de la "gauche de la gauche" laissent le PS en position hégémonique -mais dans un camp à la surface électorale réduite. Le PS, qui d'autre à gauche ? Dans les urnes, plus grand monde... Reste la rue, d'où tout vient.

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mardi, 13 octobre 2015

Elections fédérales : Faire mentir les sondages !

votez!.jpgAvec quelques nuances, les derniers sondages pré-électoraux convergent : le parlement suisse, qui n'est déjà pas franchement de gauche, risque fort de l'être encore moins après les élections fédérales. "Risque fort" ne signifie cependant pas que le risque sera la réalité, mais seulement qu'il faut en tenir compte : les sondages ne sont pas des promesses de vote, mais seulement des indications de l'état d'esprit, de l'humeur, de l'électorat au moment où on le sonde. Ils ne prédisent rien, mais signale une tendance possible, ou probable : en l'occurrence, une progression de l'UDC et du PLR plus forte que la régression du PDC, des Verts libéraux et du PBD, et une progression du PS insuffisante à compenser le recul des Verts et la stagnation de la "gauche de la gauche". Bref, une droite qui progresse (sur le centre) et une gauche qui stagne. Et seule une mobilisation de l'électorat de gauche peut faire démentir ces sondages. La participation au vote, si on croit non plus les sondages mais les chiffres officiels à six jours de la clôture du scrutin, n'est pas fameuse : cela aussi peut s'inverser, car s'abstenir, c'est laisser les autres décider : même si la démocratie ne se réduit pas à des votes, il arrive que le "piège à cons" ne soit pas l'élection mais l'abstention...

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mardi, 06 octobre 2015

Scoop : Le Portugal n'est pas la Grèce. Ni la Suisse...

   
Saudade...

Une droite gouvernementale à moins de 40 % des suffrages, en recul de plus de dix points depuis les précédentes législatives) , un PS à 32 %, une gauche alternative à 10 %, des communistes et des Verts ensemble à 8 %, et au final une gauche majoritaire dans les urnes et au parlement : on signe tout de suite. Sauf que c'est le résultat des élections législatives de dimanche au Portugal,  pas celui des élections fédérales de dans deux semaines en Suisse (où la gauche pèse autour du tiers des suffrages et des sièges, et l'extrême-droite autant), et qu'on aurait préféré non seulement un PS plus à gauche (mais ça, on le préfère partout) et plus fort que la droite gouvernementale, mais surtout une gauche capable d'un peu plus d'unité que celle dont le défaut va permettre à la droite de rester au pouvoir en étant minoritaire, mais unie, contre des adversaires majoritaires s'ils étaient ensemble, mais tous minoritaires puisqu'ils sont divisés. Saudade...

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lundi, 05 octobre 2015

Election du Conseil des Etats : Liliane et Robert, qui d'autre ?

Le parlement fédéral qu'on va réélire dans deux semaines était, dans sa composition sortante, formé de 62 élues et élus de l'UDC (dont six Conseillers aux Etats) y compris 2 léghistes, un èmecégiste et un sans parti, 57 socialistes (dont onze ...), 44 démo-chrétiens et évangéliques (dont treize...), 41 libéraux-radicaux (dont onze...), 17 Verts (dont deux...), 14 Verts libéraux (dont deux...) et 17 bourgeois-démocratiques (dont une). Le PDC se retrouve devant le PLR grâce à sa forte représentation au Conseil des Etats, et le PS à seulement cinq sièges de  l'UDC pour la même raison.  A Genève, la gauche détient sept des treize sièges attribués au canton dans les deux Chambres du parlement fédéral -une majorité absolue qu'elle obtient en détenant depuis huit ans, à la grande fureur de la droite, les deux sièges genevois au Conseil des Etats  Son objectif est de les garder les sept.La droite, qui ne s'est jamais consolée de s'être fait virer du Sénat, veut y revenir, et récupérer un siège au Conseil national. Or elle ne peut y arriver que si nous l'y aidons, en gaspillant nos voix...


        

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mardi, 29 septembre 2015

Une affaire de couilles

heurtoir.jpgDe la sous-représentation des femmes au parlement fédéral

On lit, dans la brochure officielle éditée par la Chancellerie fédérale et accompagnant accompagne les listes électorales, ce rappel : "les femmes sont sous-représentées" au Conseil national : dans la Chambre basse sortante, on comptait 61 femmes pour 139 hommes, alors que les femmes sont majoritaires (52 %) dans la population résidente, et cette sous-représentation ne va certainement pas se réduire après les élections de cette année.  Ce qui ne gène d'ailleurs pas les élus du segment le plus à droite du paysage politique, lesquels, comme Oskar Freysinger, se repaissent des vieilles âneries patriarcales sur le déclin de la politique lié à la féminisation du personnel politique, et sur le caractère naturellement, organiquement, définitivement masculin du combat politique -dont les femmes seraient naturellement, organiquement, définitivement incapables d'assumer les rites et les pratiques... Parce que chez ces gens-là, Monsieur, La politique, c'est une affaire de couilles. Et si on privilégiait plutôt la tête ?

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jeudi, 24 septembre 2015

Campagnes électorales : qui paie, et combien ?

En campagne pour les élections fédérales, les partis ne sont pas tous logés à la même enseigne financière -et ne font pas tous preuve du même souci de transparence. L'écart entre les moyens dont disposent les trois grands partis de droite (UDC, PLR et PDC) et ceux dont doivent se contenter les partis de gauche (PS, Verts, groupes de la "gauche de la gauche") est effarant : les partis (de droite) les plus riches peuvent consacrer jusqu'à vingt fois plus d'argent à faire campagne que les partis (de gauche) les plus fauchés. Certes, on n'en est pas encore tout à fait dans la situation où les votes populaires sont totalement déterminés par les moyens dont disposent les partis (sans quoi la gauche ne réussirait jamais ni à gagner un référendum, ni à gagner une élection  -or elle y arrive tout de même...), mais on est déjà dans une situation où la liberté du choix démocratique est restreinte par l'inégalité des ressources consacrées à l'influencer.

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lundi, 21 septembre 2015

Grèce : la victoire désenchantée de Syriza

Tsipras, par défaut 

On les avait enterrés un peu vite sous les pelletées d'"austérité" du mémorandum européen, Alexis Tsipras, et son parti avec lui... or ce sont eux (lui, surtout) qui viennent de gagner largement les élections législatives anticipées, avec une marge qu'aucun sondage n'avait prévue. Et c'est leur troisième victoire électorale, après celles des législatives de janvier et du référendum de juillet. Il y avait pourtant de la résignation et du désenchantement dans la campagne électorale. De la résignation à un "vote utile" pour Syriza, un vote par défaut d'un autre choix pour éviter le retour de la droite au pouvoir ("la restauration de l'ordre ancien", dénonçait Tsipras) et du partage du pouvoir entre la "Nouvelle Démocratie" et le Pasok, la première étant aussi nouvelle que le second est socialiste, et du désenchantement à l'égard  de Syriza, même si Alexis Tsipras est l'homme politique le plus respecté par les citoyennes et les citoyens. Ces élections se jouaient entre Syriza et la "Nouvelle Démocratie", les petits partis ne pouvant au mieux (comme celui des "Grecs Indépendants") que jouer un rôle d'appoint à l'un ou l'autre des deux grands, pour lui permettre d'obtenir une majorité parlementaire : le PASOK (socialiste d'étiquette, clanique de réalité) est toujours moribond, l'"Unité Populaire" issue de la gauche de Syriza n'a pas eu le temps de rassembler plus qu'une petite minorité des déçus de la gauche gouvernementale, le Potami (centriste europhile) est sans implantation populaire, les communistes sont fossilisés dans leur sectarisme et les néonazis d'"Aube Dorée" (qui restent tout de même la troisième force politique du pays) sont infréquentables... Dès lors, le choix était simple : Tsipras, qui d'autre ?

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