Economie - Page 2

  • Initiative populaire fédérale « pour des multinationales responsables » : Pour que la Suisse assume son poids dans l'économie mondialisée

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    Des enfants, par centaines de milliers selon Amnesty International, exploités dans les plantations de cacao dont la production est achetée par les industriels suisses du chocolat, des conditions de travail s'apparentant au mieux au servage, au pire à l'esclavage, dans les usines textiles asiatiques qui approvisionnent les grands distributeurs suisses, l'extraction ravageuse pour l'environnement de matières premières utilisées par des multinationales dont le siège, le capital (ou les deux) sont suisses : notre pays et ses entreprises sont loin d'être innocents des désastres sociaux et écologiques, des violations des droits fondamentaux et de la surexploitation du travail humain dans le monde. Après une pétition signée par 135'000 personnes, une initiative populaire fédérale a été lancée il y a deux mois pour rendre les multinationales « suisses » responsables de leurs actes, et la Suisse responsable de « ses » multinationales : il s'agit de faire assumer par la Suisse son poids dans l'économie mondialisée.
    On ne saurait trop vous inciter à signer cette initiative : on peut en obtenir les feuilles de signatures en les téléchargeant depuis http://konzern-initiative.ch/

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  • Une menace pour la démocratie et les services publics : Les enjeux de l’accord TISA

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    mondialisation, libre-échange, TISADes négociations à huis clos entre une cinquantaine de pays dont les USA, les 28 Etats membres de l'Union Européenne... et la Suisse, se déroulent à Genève, pour conclure un accord sur « le commerce des services », plus connu sous l’acronyme anglo-saxon (forcément) « TISA ». Les termes mêmes qui dénomment cet accord en disent l'enjeu : «commercialiser» les services publics, procéder à leur privatisation massive dans tous les domaines et faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et les États-Unis. Le secret dont s'entourent ces négociations, secret parfois rompu par la publication de documents comme ceux que « Wikileaks » a divulgué cette semaine, est aussi une mesure de leur importance : celle d'une attaque généralisée contre le service public, mais aussi contre les droits démocratiques : les accords envisagés obligeraient les Etats signataires à s’engager dans une politique économique dont le cours ne pourrait plus ensuite être infléchi, et qui sers contrôlé par des tribunaux arbitraux privés aux ordres d'intérêts privés. Tiens, d'ailleurs, c'est curieux : on entend peu à ce sujet les habituels contempteurs des «juges étrangers»...

    Le mensuel socialiste indépendant « Pages de gauche » organise Jeudi 11 juin 2015 à 19h00 au Café Gavroche (Bd James-Fazy) un débat public (suivi d'un apéro, y'a pas de raison de se laisser aller) sur «TISA», sur ses conséquences concrètes en Suisse, sur la résistance à ce danger. 

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  • Initiative pour un impôt fédéral sur les successions : La justice en héritage

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    Bandeau successions.jpg

     

    Le 14 juin, on votera (entre autres) en Suisse sur une initiative populaire lancée par le parti Evangélique et soutenue par la gauche, proposant l'imposition à 20 % des successions d'une valeur supérieure à 2 millions de francs.  Les recettes ainsi obtenues, évaluées à environ 3 milliards, seraient affectées aux deux tiers (deux milliards) au financement de l'AVS et pour le milliard restant redistribuées aux cantons (dont les caisses, vidées par les cadeaux fiscaux distribués depuis des années, auraient bien besoin de cet apport pour que soient maintenues les prestations à la population). On ne s'étonnera guère de la mobilisation de toute la droite, du PDC à l'UDC (et à Genève au MCG), et de tous les milieux patronaux, contre l'initiative. On ne s'étonnera pas non plus d'entendre les prophètes de malheur reprendre leurs prêches annonciateurs de la grande catastrophe si une initiative fondée sur une revendication « égalitariste » devait être acceptée : cette antienne qui nous berce depuis notre plus tendre enfance politique nous est si familière qu'elle nous manquerait si on ne nous la chantait pas.

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  • Hep, Taxi !

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    Genève : Conflit entre les taxis, le gouvernement et la société Uber : on essaie de comprendre (mais on n'est pas sûr d'y arriver)...

     

    On essaie de comprendre quelque chose au conflit entre les taxis genevois, le gouvernement genevois et la société Uber, qui monnaie son activité d'intermédiaire par  smartphone entre des chauffeurs et des clients. On essaie, mais on n'est pas sûrs d'avoir tout compris. Le Service genevois du commerce a bien interdit au service de chauffeurs Uber X de cesser d'être actif, mais Uber X a fait celui qui n'a rien entendu et a continué de fonctionner malgré cette interdiction, en déposant un recours contre elle mais sans attendre un éventuel effet suspensif pour s'en contrefoutre ouvertement. Et le Conseiller d'Etat Maudet d'annoncer une nouvelle loi sur les taxis (la troisième en dix ans, dont une datant de l'année dernière, et inappliquée), fondée sur une « concurrence loyale », en assurant que « Uber devra s'y conformer ». Croix de bois, croix de fer.

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  • Croissance des inégalités en Suisse ? On demande réponse politique...

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    En 2013, la Suisse accueillait 330'000 millionnaires en fortune, soit plus en nombres absolus que l'Italie, le Canada ou l'Australie, et incomparablement plus en proportion de la population que les six pays qui comptent plus de millionnaires qu'elle (les USA, le Japon, l'Allemagne, la Chine, la Grande-Bretagne et la France). 18 % des contribuables de la ville de Zurich et 5,7 % de ceux de la ville de Genève sont millionnaires. Qui dit mieux ? Monaco... Abritant un habitant de la planète sur mille, la Suisse accueille un milliardaire sur 30, et sur 100'000 habitants, elle en compte 54 dont la fortune nette dépasse 29 millions de francs... Mais une fois tenu compte des impôts, des taxes, des loyers et des cotisations sociales, le revenu de la majorité des ménages n'a pratiquement pas augmenté depuis douze ans, alors que celui de la minorité la plus riche a explosé. La croissance des inégalités sociales est donc, qu'on l'admette ou pas, une réalité dans ce pays. Reste à savoir quelle réponse on lui donne. Et même si on lui en donne.

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  • L'envolée du franc suisse par rapport à l'euro : la faire payer par les salariés ?

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    L'Euro est à un franc et des poussières depuis le fameux «décrochage» décidé par la Banque Nationale Suisse, toute seule, comme une grande, mettant tout le monde devant le fait accompli : pour l'Union Syndicale Suisse, cette décision de la BNS a été, pour dire les choses plus simplement qu'il convient, une connerie qui menace des dizaines de milliers d'emplois, et des centaines de milliers de salaires. L'USS exige donc de la BNS qu'elle revienne sur cette décision et rétablisse un « taux plancher » du franc par rapport à l'euro (l'USS propose un taux de 1,30 euros pour un franc, qu'elle estime être le cours supportable pour l'économie réelle).  Les salariés n'ont pas à « payer pour une crise qui ne leur est pas due », résume la vice-présidente de l'USS, Vania Alleva. C'est pourtant bien ce qu'en face on va tenter de faire.

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  • Fraude, évasion, soustraction fiscales, blanchiment, soutien à Al Qaida...

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    Swissleaks, Rotaryleaks...

    Les données identifiant plus de 106'000 clients des années 2006-2007 de la succursale genevoise de la banque britannique HSBC ont été rendues publiques, à partir de celles transmises par l'ex-employé de la banque Hervé Falciani. Elles concernent plus de 180 milliards d'euros, soustraits en cinq mois aux fiscs des pays d'origine des détenteurs des comptes. La banque HSBC, l'association suisse des banquiers, le groupement des banquiers privés, les ténors de la droite, le miniministre genevois des Finances jurent à l'unisson que tout cela, « c'est du passé », que la banque et ses soeurs ont « radicalement changé » depuis le temps où HSBC (et ses soeurs) dissimulaient sciemment l'argent de la fraude, de l'évasion et de la soustraction fiscale, du blanchiment de tous les trafics possibles et imaginables et du soutien à Al Qaïda. Et comme on croit toujours ce que les banques nous disent.... De toute façon, avec nos comptes exsangues à la Raffeisen ou à la Banque Alternative, on avait aucune chance de faire partie du Rotaryleaks dévoilé par Falciani : y'a que du beau monde, là-dedans... le ticket d'entrée était à un million...

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  • Bidouiller les chiffres pour sauver les privilèges fiscaux : La louche des Tartuffes et la soupe des forfaits

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    Hier, les Argentiers cantonaux romands n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour estimer la perte fiscale qu'ils font mine de prévoir en cas d'abolition des forfaits fiscaux : un milliard de francs. Et d'autres chiffres servis avec les mêmes mines d'enterrement (de la prospérité) sont évoqués par les partisans de cette « imposition sur la dépense » : 22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus...  Les comités Théodule (dont un pathétique « Sauvons Genève de la misère ») qui à Genève appellent à sauver ce privilège fiscal argumentent avec le même souci de la crédibilité des chiffres : en les balançant à la louche, en les arrondissant au milliard supérieur, sans donner plus que les conseillers d'Etat de sources crédibles à l'appui de leurs estimations. Et puis, même s'ils avaient raison, même si leurs chiffres étaient crédibles et leurs alarmes fondées, à qui la faute ? Qui a fait perdre à Genève, depuis des années, plus de rentrées fiscales en distribuant des cadeaux aux multinationales (et ce n'est pas fini) et aux grosses fortunes que tout ce que rapportent l'ensemble des « forfaits fiscaux »  ? Qui, sinon ces Tartuffes menant campagne à la louche contre l'équité fiscale ?

    «  Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques »

    Les chiffres donnés par les partisans des forfaits fiscaux sont donc bidouillés à la varlope, pour faire joli (on  se reportera pour avoir une idée de ce bidouillage à l'article du Temps d'hier : «  Des chiffres discutables à l'appui des forfaits »). Et encore : même revus à la baisse, ces chiffres se basent tous sur une double hypothèse absurde : celle d'abord du départ massif de Suisse, en cohorte, de tous les bénéficiaires de forfaits fiscaux, et celle ensuite de leur non-remplacement par des contribuables «  normaux », quoique riches -mais de ce genre, honorable, de riches contribuables qui, à l'instar de Metin  Arditi, ne voient pas pourquoi ils devraient bénéficier d'un privilège fiscal en sus de tous ceux liés, déjà, à leur richesse. En réalité, dans les cinq cantons où ils ont été abolis, les caisses publiques n'ont pas subi de perte, et si une partie des bénéficiaires de ce cadeau ont effectivement quitté les cantons qui ont renoncé à leur offrir, d'autres sont restés et ont été soumis à l'impôt « normal », plus élevé, et plus nourrissnt des collectivités. A Bâle-Ville, à Bâle-Campagne, à Zurich, dans les Rhodes extérieures d'Appenzell et à Schaffhouse, les finances publiques ne se portent pas plus mal après la suppression de «l'imposition sur la dépense» qu'avant. Si une majorité (mais pas la totalité) des « forfaitaires » de Bâle-campagne sont partis, la majorité de ceux de Bâle-Ville et de Zurich (et d'Appenzell) sont restés..

    22'000 emplois menacés, 3 milliards de dépenses annuelles remis en cause, 470 millions de  mécénat et de sponsoring perdus... d'où sortent les chiffres brandis comme des épouvantails (à pigeons) par les partisans des forfaits fiscaux ? essentiellement d'une « enquête » bidon opérée en 2009 par un lobby partisan des « forfaits fiscaux » sur 126 contribuables en bénéficiant. Un échantillon sans aucune représentativité, et une estimation fondée de la plus grossière des manières : en multipliant la moyenne des chiffres donnés par ces 126 personnes par le nombre total des bénéficiaires des forfaits fiscaux. On se croirait au dépouillement des élections nord-coréennes -mais non, on est dans une campagne de votation en  Suisse...
    Il est vrai qu'en certains cantons, certaines communes (dont celles qui financent la campagne en faveur des forfaits fiscaux et la manifestation organisée à Berne par leurs partisans), la Suisse tient de la république bananière (l'expression renvoie à ces Etats d'Amérique du Sud totalement dépendants d'une seule activité, d'une seule ressource, d'un seul contributeur : United Fruit dans le Guatemala narré par Asturias, par exemple...) : Ainsi, Crans Montana à elle seule comptait plus du tiers (500) de tous les forfaits fiscaux (1389) du Valais en 2013, et son budget en est totalement dépendant : « Si on supprime les forfaits fiscaux, on ferme les remontées mécaniques », résume le Maire de Lens... Et à Genève, selon le ministre des Finances cantonal, on passerait d'un « équilibre très fragile» à une situation au bord de la rupture... Mais qui est responsable de cette situation ? Ceux qui pratiquent la «duoculture» du cadeau fiscal et du tourisme (comme en Valais) ou de la finance (comme à Genève), ou ceux qui, comme les initiants de La Gauche et du PS genevois, proposent le 30 novembre un autre développement et défendent l'équité fiscale?

    Le Conseiller d'Etat Serge dal Busco se lamente de l'«hostilité anti-riches» qu'il voit monter ? Il ferait mieux de se demander vraiment pourquoi elle monte, et si les défenseurs des privilèges n'en sont pas un tantinet responsables...

  • Qui a peur des BRICS ? Un contre-pouvoir au capitalisme international, vraiment ?

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    En juillet dernier, les BRICS (Brésil+Russie+Inde+Chine+Afrique du Sud) ont créé, au Brésil, une « nouvelle banque de développement » (la NDB dans son sigle anglais), au capital de 50 milliards de dollars qu'elle distribuera sous forme de prêts, et dont le but est de « mobiliser des ressources pour le financement d'infrastructures et de projets de développement durable », dans les cinq pays et d'autres «pays émergents». Parallèlement à la création de cette banque, où les BRICS sont tous représentés de manière égale, indépendamment de leur apport financier, ils se sont dotés d'un fonds de réserve d'urgence de 100 milliards de dollars (dont 41 assurés par la Chine). Est-ce suffisant pour faire réellement contrepoids aux « institutions de Bretton Woods », le FMI et la Banque Mondiale, dominées par les « Occidentaux » ? Sans doute pas.      

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  • "Il faut prendre l'argent chez les pauvres, ils sont plus nombreux que les riches" (Alphonse Allais, Conseiller d'Etat genevois)

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    Alphonse Allais.jpgAlphonse Allais est mort trop tôt pour obtenir le Prix Nobel d'économie auquel le destinait naturellement sa célèbre injonction de « prendre l'argent chez les pauvres, ils sont plus nombreux que les riches », règle sans conteste possible qu'une palanquée d'économistes patentés, voire eux-mêmes nobélisés, et de politiciens moins patentés et moins nobélisés mais tout aussi fidèles à l'injonction d'Alphonse, n'ont fait que reprendre, les uns en la vernissant d'un discours à prétentions scientifiques, les autres en la dissimulant de références à la dureté des temps, au respect des grands équilibres, à la nécessité de ne pas effrayer les gros contribuables et autres foutaises du même tonneau (des Danaïdes, le tonneau). Alphonse Allais n'a pas eu le Prix Nobel d'Economie. Mais il a fait mieux : mort depuis bientôt 110 ans, sa pensée immortelle irrigue le gouvernement genevois.

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  • Dernier coup de collier pour le salaire minimum...

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    salaires, salaire minimumPays riche, salaires de pauvre

    C'est entendu, vérifiable, de notoriété universelle : la Suisse est un pays riche. Plus riche que presque tous les autres. Au moins du point de vue matériel. Un pays riche dont on nous assure qu'il n'a pas les moyens de garantir un salaire minimum à toutes celles et ceux qui y travaillent. On a dit tout et n'importe quoi du salaire minimum, dans les rangs de ses adversaires. Tout et son contraire : qu'il allait niveler les salaire par le bas et en même temps hausser l'échelle des salaires (en haussant ses barreaux inférieurs), qu'il nourrirait le chômage tout en accroissant l'immigration de travailleurs. La seule chose qu'on n'a pas dite, c'est que les salaires de pauvres versés à un-e salarié-e sur dix de ce pays riche arrangent finalement ceux qui décident dans ce pays -et qui décident que la responsabilité d'assurer un revenu suffisant pour vivre soit transférée du patronat à la collectivité publique, et du salariat à l'aide sociale.

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  • Le salaire minimum ? Un dispositif très "normal"... ailleurs

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    L'exception suisse, une forme d'autisme ?

    L'opposition quasi forcenée du patronat et de la droite suisse à l'instauration d'un salaire minimum a quelque chose d'incompréhensible -et même de quasi pathologique. La Suisse serait donc si exceptionnelle qu'un dispositif aussi courant, normal ailleurs (en particulier en Europe, où 21 des 28 pays de l'Union Européenne le pratiquent), et défendu depuis très longtemps par l'Organisation Internationale du Travail (où patronat et gouvernements sont institutionnellement représentés et pèsent ensemble deux fois plus que les syndicats) relèverait en Helvétie d'un coupable exotisme, ou d'un étatisme forcené...  Or s'il semble que seul l'exemple français* obsède les opposants à l'initiative syndicale le proposant en Suisse, des Etats réputés beaucoup pl.us "libéraux" que la Gaule jacobine le connaissent aussi, souvent depuis plus longtemps, vont l'augmenter, ou vont l'introduire :Aux Etats-Unis, Barak Obama veut relever le salaire minimum; en Grande Bretagne, le ministre du budget a exprimé la même intention; en Allemagne, Angela Merkel a annoncé son intention de l'introduire... L'exception suisse ne serait-elle qu'une forme d'autisme ?

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  • Des contingents et de la « Grande Genève » : Aux frontières du réel...

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    En 2013, près de 280'000 travailleurs frontaliers et travailleuses frontalières étaient employés en Suisse, dont plus du tiers dans la région lémanique, et un quart à Genève. Leur nombre s'était accru de 3,8 % en un an, sans que cela ait la moindre influence sur le taux de chômage des résidents -autrement dit, les frontaliers ne prennent pas d'emploi aux Suisses et aux résidents étrangers, mais occupent des emplois que la population active potentielle résidente n'occupe pas.  Un emploi sur dix en Suisse est occupé par un travailleur ou une travailleuse habitant au-delà de la frontière -une proportion qui ascende à 25 % au Tessin. Or en adoptant l'initiative udéciste sur l'« immigration de masse », une courte majorité de votants a non seulement décidé de rétablir un contingentement des immigrants, mais aussi de l'appliquer aux frontaliers qui par définition ne sont pas des immigrants. Or on peut contingenter beaucoup de chose -mais pas la réalité...

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  • Immigration : un argumentaire à côté de la plaque

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    Du thermomètre migratoire

    Voilà, c'est parti. Quoi donc ? la campagne pour et contre la Nème initiative xénophobe de l'UDC. Qui se retrouve dans sa posture favorite, très Urschweizerisch, du « seule contre tous ». Pas tout à faite seule et pas vraiment contre tous, (le MCG, la Lega, diverses formations d'extrême-droite plus ou moins groupusculaires et divers publicistes plus ou moins crépusculaires soutenant les blochériens dans leur projet), mais peu importe la réalité -c'est l'image qui compte. Le Conseil fédéral, les « milieux de l'économie » et les partis de la droite démocratique se coalisent contre l'initiative udéciste, la gauche faisant quant à elle campagne autonome avec le même objectif (l'échec de l'initiative), mais avec sa propre argumentation. Car le problème, ce n'est pas que la droite démocratique, même sous sa forme la plus servile au patronat, fasse campagne contre l'extrême-droite. Le problème, c'est que l'argumentaire de cette droite (et du Conseil fédéral, socialistes compris) n'est pas de nature à empêcher qu'une partie de l'électorat fasse cause commune avec l' extrême-droite, et se persuade que casser le thermomètre de l'immigration fera baisser la fièvre d'un développement économique inégalitaire et non maîtrisé, dont les victimes sont disponibles pour mener la chasse au bouc émissaire.

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  • Zavez pas encore voté ? Zavez tort ! On est Jour 1:12 - 6

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    salaires, votation, 1:12Comment ça, « j'ai pas encore voté...» ? Zattendez quoi ? Que les syndicats patronaux aient voté à votre place ? Secouez-vous, il ne vous reste que six jours pour voter en faveur de la réduction des inégalités salariales : le sort de l'initiative « 1:12 » de la Jeunesse Socialiste, qui propose de réduire au dodécuple l'écart, dans chaque entreprise, entre le plus bas et le plus haut salaire, sera jeté le 24 novembre. L'initiative, soutenue par toute la gauche politique et syndicale et par des personnalités telles que l'ancien économiste en chef de la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement), Heiner Flassbeck, est combattue par toute la droite (et l'extrême-droite, cela devrait aller sans dire...), y compris le héros des petits actionnaires Thomas Minder, qui n'en avoue pas moins avoir pour elle de la « sympathie ». Ce qui ne mange pas de pain. Ni de brioche. 

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  • Initiative 1:12 : le patronat se mobilise

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    Profil bas, budget haut

    Dans un mois, on revote. Non, on ne vous parle pas là de l'élection du Conseil d'Etat genevois (ne vous en tenez pas quittes pour autant, on y reviendra...), mais de la votation fédérale sur l'initiative 1:12 pour la réduction des inégalités salariales. Il sera d'ailleurs fort intéressant, pendant la campagne pour le Conseil d'Etat, de prendre connaissance des prises de position de ceux qui, à l'extrême-droite de notre « échiquier politique » local (et national), ont accoutumé de se faire passer pour les défenseurs du « petit peuple »...  Instruits par leur désastre lors du vote de l'initiative Minder, les organisations patronales et les partis de droite (et d'extrême-droite) tentent de la jouer « profil bas » dans la campagne contre l'initiative 1:12,  mais y mettent tout de même huit millions de francs  : c'est ce que la faîtière patronale, « Economiesuisse », avait investi contre l'initiative Minder et c'est dix fois plus que ce les partisans de l'initiative 1:12 peuvent cotiser. L'inégalité des ressources politiques pour maintenir les inégalités salariales, en somme...

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  • Ouverture nocturne des « shops » : La guerre de la saucisse est déclarée

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    saucisse.jpgLe référendum contre la nouvelle loi sur les « shops » (magasins liés aux stations-service sur les autoroutes) ayant abouti, on votera, le 22 septembre, sur la modification de la loi sur le travail, autorisant les «shops» des grands axes routiers  à occuper des travailleurs le dimanche et la nuit, pour vendre tout ce qu'ils peuvent. La droite a lancé le 28 juin sa campagne avec pour slogan, hautement proclamé par le Conseiller national Christhihan Lüscher : « légaliser les saucisses à rôtir »... notez bien qu'on ne voit en effet pas pourquoi on ne légaliserait pas des saucisses, puisqu'on peut en élire. Et qu'il y a des élus pour considérer que rien n'est plus important que de pouvoir faire ses courses 24 heures sur 24, jour fériés compris, à une station-service d'autoroute, et qu'un immense besoin de salades et saucisses fraîches étreint les automobilistes sur les autoroutes suisses entre une et cinq heures du matin...

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  • L'initiative 1:12 probablement soumise au vote en novembre : Un pour douze, douze pour un !

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    salaires, 1:12, salaire minimum, syndicatsLe syndicat Unia a lancé hier, à Zurich, sur la Paradeplatz, sa campagne de soutien à l'initiative de la Jeunesse Socialiste (soutenue également par le PS en tant que tel) « 1:12 - pour des salaires équitables». L'initiative sera probablement soumise au vote populaire le 24 novembre -la droite voulait repousser le vote le plus tard possible afin de laisser se dissiper l'« effet Minder » (acceptation de l'initiative contre les rémunérations excessives des « managers »). La coprésidente d'Unia, Vania Alleva, a exprimé le soutien du syndicat à l'initiative 1:12 visant à stopper « l'avidité de certains profiteurs » et à répartir la masse salariale « plus équitablement ». Unia a d'ailleurs présenté, en même que son soutien à l'iniotiative 1:12, une étude sur les écarts salariaux, qui indique qu'ils continuent à croître.

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  • Blanchiment de banquiers

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    La Suisse à plat ventre pour sauver les banques

    Le Conseil fédéral soumet au parlement un projet rendant possible un accord qui ne sera communiqué qu'après le vote du parlement sur la loi qui le permet, vote que le gouvernement assortit d'une clause d'urgence excluant le référendum populaire. Il s'agit de donner une base légale à la mise en conformité des banques visées par la justice américaine à un « accord » dicté par les Etats-Unis. Si le projet est accepté par les Chambres, les autorités américaines pourront obtenir les informations qu'elles souhaitent des banques suisses (statistiques, transferts de fonds, ouverture et fermeture des comptes, noms des clients et des collaborateurs des banques liés à ces clients). On va donc, comme le dénonce le PS, « modifier notre ordre juridique pour que les banques échappent à des sanctions » après avoir organisé, aux Etats-Unis, la fraude, l'évasion, la soustraction et la dissimulation fiscales de contribuables américains. La loi suisse mise au service du blanchiment des banquiers suisses, en somme...

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  • « Bouclier fiscal » : L'Inique et sa Propriété

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    bouclier fiscal.jpgQue faire, en bons (quoique critiques) lecteurs de Max Stirner, de l'Inique et de sa propriété ? Au XXIe siècle, la place d'un bouclier est au musée. Et donc, celle du bouclier fiscal instauré à Genève pour protéger les hauts revenus et grosses fortunes de la progression de l'impôt direct, est au musée des iniquités fiscales, puisque la propriété de cette iniquité est de soustraire les contribuables les plus aisés à l'application du principe « chacun doit contribuer selon ses moyens ». Début juin, le PS genevois lancera une initiative populaire pour la suppression de ce « bouclier fiscal » protégeant les nantis de leur douloureuse participation équitable au financement des collectivités publiques. Et une semaine plus tard, à Zurich, on votera sur la proposition d'« impôt des bonzes » -un prélèvement de 1 % sur les fortunes de plus de deux millions. La fiscalité redevient donc, et c'est une bonne nouvelle, un enjeu politique prioritaire.

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