Droits de l'Homme - Page 4

  • Révision de la loi sur l'asile : Un vieux tropisme xénophobe...

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    La paranoïa xénophobe en Suisse est ancienne, et fut non seulement xénophobe, mais aussi, explicitement, antisémite: en janvier 1939 (la Guerre Mondiale n'avait pas encore éclaté, mais les persécutions antisémites massives étaient déjà la règle depuis six ans), le chef de la police fédéral, Henrich Rothmund, revendiquait, tout fiérot, d'avoir (avec la Police des Etrangers) « lutté depuis vingt ans (...) contre l'augmentation de la surpopulation étrangère, et plus particulièrement contre l'enjuivement » (Verjudung) de la Suisse.  En d'autres termes, Rothmund et sa police (et donc, derrière elle, le gouvernement fédéral) avaient engagé depuis la fin de la Grande Guerre (et la défaite de l'Allemagne) la Suisse dans quelque chose qui ne saurait être qualifié autrement qu'un « antisémitisme d'Etat ».

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  • Maghreb : Pas de « printemps » social

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    Pour le droit d'avoir des droits

    En 2011, les peuples « arabes » (et berbères...) se soulevaient contre les régimes qu'ils subissaient depuis des décennies. En Afrique du nord, plusieurs de ces régimes sont tombés : le Tunisien, l'Egyptien, le Lybien. D'autres sont toujours en place : le Marocain, l'Algérien, le Mauritanien. Mais dans les pays dont les régimes se sont maintenus comme dans ceux dont les régimes sont tombés et ont été remplacés, une fois les révolutions populaires du printemps confisquées, la misère, le chômage, la précarité sont restées -et les politiques d'« ajustement structurel » imposées par les coupoles financières internationales n'ont rien fait pour améliorer les choses : le chômage a crû de manière constante, la majorité des jeunes arrivant sur le « marché de l'emploi » sont condamnés à travailler dans le secteur « informel » pour des salaires de misère et sans aucune protection sociale. Des régimes sont tombés, reste une revendication : celle du droit d'avoir des droits.

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  • La Corée du Nord : qu'en faire ?

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    Kim et châtiment

    La Corée du nord a dénoncé l'armistice, vieux de 60 ans, avec la Corée du sud et a multiplié les gesticulations et les déclarations belliqueuses...  mais l'armée « populaire » n'a pas été totalement mobilisée... Pourquoi cette démonstration, plus d'agitation que de force, et qui ne semble pas émouvoir plus que de raison  la Corée du sud ? A usage interne, pour asseoir l'autorité de Kim-Jong-Un (comme par les mêmes moyens celle de son père, Kim Jong Il, et,  par une guerre, celle de son grand père, Kim Il Sung) ? Ou pour asseoir l'autorité de l'armée sur le parti et son chef ? Ou à usage externe, pour s'assurer du soutien de la Chine et faire monter les enchères lors de négociations ultérieures ? Peu importent, après tout, les déraisons des postures nord-coréennes : la question qui se pose face au régime de Pyongyang est toujours la même : comment s'en débarrasser sans guerre, ni embargo, châtiments dont seul le peuple nord-coréen a été, est et serait encore la victime  ?

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  • Mesures urgentes contre l'asile : Est-on de trop pour résister ?

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    afficheAsile.jpgLe comité référendaire contre les mesures urgentes modifiant la loi sur l'asile a lancé le 8 avril sa campagne (on vote le 6 juin) par une conférence de presse tenue sans les socialistes, pas invités -il est vrai qu'ils n'avaient pas soutenu, pour des raisons tactiques, le référendum lors de son lancement, mais cette position était celle du parti suisse, plusieurs partis cantonaux avaient appelé à signer le référendum, et le PS suisse, qui appelle aujourd'hui à voter « non », va injecter plusieurs dizaines de milliers de francs dans la campagne). Même la Jeunesse socialiste qui, elle, avait soutenu le référendum, ne fut pas invitée pour le lancement de la campagne contre la révision de la loi qu'elle combattait... La votation s'annonce-t-elle donc si facile pour les défenseurs du droit d'asile qu'ils puissent se permettre de bouder le principal parti politique appelant à les soutenir ? C'est bô, l'optimisme...

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  • Commerce des armes : un traité est signé... Parole d'Etats...

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    Mardi, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté, contre seulement trois oppositions (la Syrie, la Corée du Nord et l'Iran), mais moyennant une vingtaine d'abstentions (dont celle de la Russie), un traité réglementant le commerce international (légal) des armes conventionnelles et de leurs munitions. La semaine précédente, le traité n'avait pu être adopté par consensus. Il interdit aux Etats de transférer des armes vers d'autres pays s'ils savent qu'elles risquent d'être utilisées pour commetre des «violations graves» des droits humains, ou de tomber entre les mains de terroristes. C'est-à-dire de terroristes « privés », les Etats étant évidemment, de leur point de vue, insoupçonnables de terrorisme. Parole d'Etats... On a beau ne pas se faire trop d'illusions sur ce genre de traités, on veut croire que celui-ci aura un effet positif. Il ne peut en tout cas pas avoir d'effet négatif -sauf pour les Etats gros importateurs d'armes violant « gravement » les droits humains et(ou liés à des groupes terroristes.
    Mais ça existe, des Etats comme cela ? Noooon...

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  • On vote le 9 juin sur le droit d'asile : L'« urgence » au prix des droits ?

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    afficheAsile.jpgLa Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, pour défendre les «mesures urgentes en matière d'asile » soumise au vote populaire le 9 juin assure qu'«on ne peut pas parler de durcissement de la Loi sur l'asile. Le projet soumis en votation ne restreint pas la notion de réfugié». Non, il ne fait que restreindre la possibilité de se réfugier... Ces « mesures urgentes » ne consistent pas seulement à pouvoir ouvrir des centres d'hébergement fédéraux et à pouvoir utiliser pour cela, sans demander l'autorisation des cantons et des communes, des installations existantes : elles consistent aussi à ne plus reconnaître la désertion et l'objection de conscience comme motif suffisant d'obtention de l'asile politique et à rendre impossible le dépôt d'une demande d'asile dans les ambassades suisses... toutes mesures sur lesquelles Simonette passe comme chatte sur braises. Il est vrai que son parti (le nôtre) combat désormais les mesures qu'elle défend... « Le Conseil fédéral et le parlement veulent des procédures d'asile équitables et des décisions rapides », explique la ministre. Equitables, vraiment ?
    Et rapides à quel prix ? au prix du droit d'asile ?

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  • Semaine genevoise contre le racisme : Un voile de confusions

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    Jusqu'à dimanche se déroule une « Semaine genevoise contre le racisme»  affichant cette profession de foi : « la diversité, une valeur suisse ». Comme si la « diversité » était une «  valeur » en soi, plutôt que la définition même de la société par opposition à la communauté, et comme si cette « valeur »  était particulièrement « suisse ». La «semaine genevoise contre le racisme» s'est ouverte par une exposition sur « le voile dans tous ses états », avec pour objectif celui de «replacer dans une perspective historique et anthropologique la polémique (..) sur le voile porté par les femmes appartenant à certaines communautés musulmanes ». Et nous voilà face à une confusion entre ce qui relève du racisme et ce qui relève du constat des diversités culturelles et religieuses. Une confusion doublée d'un amalgame entre la stigmatisation, condamnable, des « musulmans », et le refus, indispensable, d'admettre le primat de traditions religieuses ou culturelles sur les principes de la citoyenneté.

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  • Droits démocratiques et Droit « supérieur » :Quadrature du cercle

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    Le Conseil fédéral a mis deux projets en consultation pour « améliorer la compatibilité du droit international et des initiatives populaires » et tenter de résoudre une quadrature du cercle : ne pas réduire les droits populaires tout en tenant compte du droit international, lorsqu'il est contraire à ce que proposent des textes acceptés par le peuple. Un Etat démocratique peut-il s'autoriser à ne pas respecter une décision populaire et un Etat de droit ne pas respecter ses propres engagements internationaux (souvent ratifiés par décision populaire) ? Et si la Suisse devait s'accorder à elle-même, au nom du respect de la volonté populaire, l'autorisation de ne pas respecter le droit qui lui est « supérieur » (le droit international), au nom de quoi la Confédération interdirait-elle aux cantons de ne pas respecter le droit fédéral si le peuple d'un canton adoptait une initiative lui étant contraire ? Si la Suisse peut interdire les minarets (dont par ailleurs nous nous foutons comme de notre premier clocher) en violation du droit international, pourquoi Genève ne pourrait-elle pas les autoriser en violation du droit suisse ?

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  • De la criminalisation de l'asile comme symptôme

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    Silence, on épure !

    La table-ronde organisée jeudi 14 février à Genève* par solidaritéS pour poser la question « quelles réponses face à la criminalisation de l'asile et de la migration à Genève ? » s'inscrit certes dans le contexte du démantèlement du droit d'asile, mais aussi, plus largement, dans celui d'une véritable politique d'épuration sociale s'en prenant, comme on ne s'en étonnera pas, non aux groupes sociaux et professionnels qui menacent le plus réellement le « lien social », mais à des groupes sociaux, plus faciles à atteindre et plus éloignés socialement et politiquement des partisans de cette politique : les consommateurs de drogues illégales, les petits délinquants, les mendiants rroms et, donc, les requérants d'asile déboutés. Des cibles faciles. Avant lesquelles ?
    * 20 heures, Maison des associations

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  • Initiative vaudoise pour le droit à l'assistance au suicide : que notre mort nous appartienne !

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    Le 17 juin, d'entre toutes les propositions soumises au vote populaire à travers la Suisse, l'une, sur laquelle se prononceront les Vaudois-ses, trimballe son poids de symboles lourds, de choix éthiques, d'engagements ou d'objections de conscience : l'initiative d'EXIT pour le droit des personnes résidant en EMS à bénéficier d'une assistance au suicide. Vaud pourrait être le premier canton à donner une base légale au suicide assisté. Le texte de l'initiative imposerait aux EMS bénéficiant de subventions publiques d'accepter que leurs résidents qui en font la demande puissent bénéficier d'une assistance au suicide de la part d'associations pour le droit de mourir dans la dignité, ou de la part de leur médecin. Le gouvernement vaudois oppose à l'initiative un contre-projet qui en dilue le contenu, sans le dissoudre, et limite sans la nier la liberté individuelle de choisir sa mort.

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  • Quand tout le monde (ou presque) est pacifiste...

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    Si vis pacem...


    En janvier prochain, le Groupe pour une Suisse sans armée déposera son initiative populaire pour l'abolition de la conscription (mais pas, ou plus, celle de l'armée). C'est l'occasion de nous interroger sur ce que signifie, aujourd'hui, le pacifisme. Car si tout le monde, à quelques fous furieux près, veut la paix, ou dit la vouloir, nombreux sont ceux qui s'abritent derrière le vieux sophisme latin : si tu veux la paix, prépare la guerre. De quelle paix parle-t-on ? La paix des cimetières, celle imposée par le vainqueur, le conquérant ou le colonisateur, n'est pas celle que construit la justice sociale. Le socialisme est pacifiste. Mais il l'est, ou veut l'être, en construisant la possibilité de la paix sur la justice, l'égalité, les libertés, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Or ces principes, sauf à se contenter de leur proclamation rhétorique, se conquièrent et se concrétisent dans des combats d'où la violence n'a jamais été absente et où les socialistes n'ont pas, et c'est un euphémisme, toujours été du bon côté : c'est un gouvernement dominé par les socialistes qui a engagé la France dans la Guerre d'Algérie et couvert la torture.

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  • Quand un tribunal français cède à une provocation islamiste

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    Tous voiles dehors !

    En France, deux femmes ont, pour la première fois, été condamnées (à de modestes amendes) pour avoir porté le voile intégral  sur la place publique. C'est le tribunal de police de Meaux qui a pris cette décision, qui enchante les deux intégristes, puisque c'est précisément ce qu'elles cherchaient : une condamnation leur donnant la possibilité de recourir, d'abord en cassation à Paris, puis devant la Cour européenne des droits de l'Homme, pour violation de la liberté religieuse, avec l'ambition de faire annuler la loi prohibant le port du voile intégral en public. Bref, le tribunal est tombé lourdement dans un piège à cons. Et comme le suggérait Jean-Noël Cuénod sur son blog, il aurait été infiniment plus intelligent, et plus ironique, de condamner les deux femmes à suivre un « stage de citoyenneté », à visage découvert, puisque c'est ainsi que doit se vivre la citoyenneté

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  • Une multinationale suisse au-dessus de tout soupçon : Holcim (Schmidheiny)

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    Si ciment ment..

    En Inde, une multinationale suisse du ciment, Holcim, utilise le travail temporaire en violation de la loi. Après des années de bataille juridique, la justice indienne a confirmé un jugement condamnant Holcim -mais la multinationale s'estime sans doute au-dessus des lois applicables aux communes des mortelles entreprises locales : elle joue la montre et utilise des travailleuses et des travailleurs temporaires payés trois fois moins que leurs collègues fixes -qui ne roulent déjà pas sur l'or, avec des salaires de six francs par jour... En même temps, Holcim soigne son image d'entreprise «responsable», consciente de ses devoirs sociaux, soucieuse de l'environnement, Kyoto, Aalborg, Pacte Mondial, tout ça... A l'appel du syndicat indien des travailleuses et travailleurs temporaires, le SOLIFONDS lance une campagne pour appeler Holcim à faire, précisément, ce qu'elle dit, à assumer ses responsabilités, se soumettre aux décisions de la justice et payer correctement les gens qui travaillent pour elle.

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  • Avant un débat parlementaire sur la situation en Afrique du Nord : Appel à la raison et à la solidarité

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    Inquiètes de la possibilité d'un afflux de réfugiés en provenance d'Afrique du nord, les autorités suisses s'accrochent à l'espoir que les règles de l'accord de Dublin (le premier pays européen sur lequel un requérant d'asile pose le pied se charge de la procédure d'asile) vont pouvoir s'appliquer sans problème, vu que la Suisse ne sera que très exceptionnellement ce pays de  «  premier accueil » pour des gens qui traversent la Méditerranée sur des coques de noix. Bref, que l'Italie et Malte se démerdent avec les « boat people » maghrébins. Ce qui est fort bien résumé  par la Saint-galloise Karin Keller-Sutter, présidente de la conférence des directeurs cantonaux de justice et police : « si  possible, les arrivants doivent déjà ètre triés sur place, par exemple à Lampedusa ». Et s'ils avaient le bon goût de se noyer en traversant la Méditerranée, ce serait encore mieux. Le Solifonds, Solidarités sans Frontières, les Juristes démocrates et Culture et Politique lancent donc un appel pour demander une autre politique vis-à-vis de l'Afrique du Nord, plutôt qu'une utilisation pré-électorale et paranoïaque des révoltes populaires qui y ont éclaté. L'appel peut être signé electroniquement sur http://www.solidaritaets-petition.ch/fr.html

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  • Tunisie, Algérie, Egypte : Barakat !

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    Des morts en Tunisie, des morts en Algérie, des morts en Egypte. En Tunisie, des émeutes ont éclaté après le suicide par le feu d'un marchand ambulant dont la police venait de saisis l'étal, puis celui, toujours par le feu, d'un lycéen; en Algérie, les émeutes ont répondu à l'augmentation vertigineuse des prix des dentées alimentaires de base -et elles ont fait au moins trois morts et 400 blessés; en Egypte, les Coptes ont crié dans la rue leur colère de l'inaction, ou de la complicité, du pouvoir avec les épurateurs islamistes qui venaient de commettre un attentat suicide devant une église d'Alexandrie. Un seul mot résume la colère des Tunisiens, des Algériens, des Coptes d'Egypte : Barakat ! Assez ! Notre pays n'est pas la propriété privée de Ben Ali, de Bouteflika, de Moubarak, de leurs tuteurs et de leurs obligés !

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  • 60e anniversaire de la Convention européenne des droits de l'homme : Les droits humains, solubles dans l'antiterrorisme ?

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    60e anniversaire de la Convention européenne des droits de l'homme : Les droits humains, solubles dans l'antiterrorisme ?

    On célèbre ces jours le 60ème anniversaire de la Convention européenne des droits de l'homme. On se livre à cette célébration, alors que dans toute l'Europe l'extrême-droite progresse, et que depuis dix ans, au nom de la  «Guerre contre le terrorisme», les droits humains sont, en Europe aussi, considérés comme d'encombrantes concessions humanistes. Toute cette «Guerre contre le terrorisme» se mène dans l'incertitude de ce qu'est le « terrorisme ». Or pour savoir ce qu'on est supposé combattre, ll faudrait d'abord s'entendre sur sa définition (comme on le fait précisément pour les droits humains, énoncés, énumérés et contenus dans des textes internationaux reconnus, et normatifs). Au sens le plus courant, le plus commun, le « terrorisme » est ce que l'étymologie suggère : une action  violente, réellement ou potentiellement homicide, visant à susciter la terreur dans la population. Mais si l'on s'en tient à cette définition, le « terrorisme » est un crime commis autant, sinon plus, par des Etats, des gouvernements, des forces officielles, que par des groupes subversifs, et les pouvoirs d'Etat qui ont proclamé la « guerre contre le terrorisme » ne sont pas les derniers à user de méthodes « terroristes »... Pour les Etats et leurs gouvernants, cependant, il n'y aurait de « terrorisme » que dirigé contre eux, et de « terroristes » que leurs ennemis. L'hypothèse d'un « terrorisme d'Etat » , pourtant interminablement attestée par l'histoire serait-elle injurieuse ? Et pour qui, au juste ?

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