mercredi, 21 octobre 2015

La liberté d'expression au risque du négationnisme : Le droit de tout dire ?

La Cour européenne des droits de l'Homme a donné gain de cause à un négationniste turc du génocide arménien, au nom de la liberté d'expression, et en considérant que la négation du génocide, en tant que telle, ne pouvait être sanctionnée si elle ne s'accompagnait pas de propos haineux, d'appels à la violence ou d'autres comportements du même genre, répréhensibles en tant que tels. Cette position de la CEDH est cohérente de la ligne suivie par la Cour depuis presque sa création : toute restriction à la liberté d'expression doit être contenue dans des limites très congrues, et cette liberté n'a de sens, de réalité, que si elle vaut aussi pour des opinions choquantes, qu'il s'agisse ici de la négation d'un génocide ou, dix mois plus tôt, à Paris, d'un blasphème. Avouons-le : sur le principe, cette position nous convient -comme celle de Pierre Vidal-Naquet, pour qui le débat face aux révisionnistes doit être un débat politique, historique, un débat d'idées -pas un débat judiciaire.

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vendredi, 02 octobre 2015

La "Cité du Refuge" et ses miasmes...

Meeting électoral parlementaire de l'extrême-droite genevoise

A la demande d'une trentaine de députés cornaqués par le MCG, une session spéciale du Grand Conseil genevois est convoquée pour aujourd'hui, vendredi dès 17 heures, sur le thème (électoralement porteur pour les xénophobes -c'est en tout cas ce qu'ils espèrent) de la "crise des réfugiés" (et de leur accueil). Le but de l'exercice auquel va se livrer l'extrême-droite de Piogre (on n'ose pas dire "de la Cité du Refuge"...) est évidemment de se faire mousser, à quatre semaines des élections fédérales. La Coordination contre l'exclusion et la xénophobie invite à un rassemblement devant l'Hôtel-de-Ville dès 16 heures 30 pour manifester à la fois un refus de l'exploitation, de plus en plus ouvertement raciste, de l'exode des populations fuyant les guerres pour trouver un refuge en Europe, et une solidarité concrète avec celles et ceux qui, arrivant chez nous démunis, ont besoin, d'une aide matérielle des plus élémentaires : des chaussures et des habits (le "Vestiaire social" les collectera sur le lieu du rassemblement : n'hésitez pas à en apporter). La "Cité du refuge" sera dans la rue, devant le parlement où celle du refus du refuge exhalera ses miasmes. 

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mercredi, 30 septembre 2015

Arrêter le sabre de nos bons amis et clients saoudiens : Pour sauver Ali...

 

Arabie Saoudite, peine de mort

 

L’Arabie Saoudite, qui depuis le début de l'année a déjà exécuté a déjà exécuté plus de 100 personnes, soit une personne tous les 2 jours, soit plus que les abrutis de Daech, s’apprête à décapiter un jeune homme de 21 ans avant de crucifier son cadavre et de l’exposer en public. Et l'Arabie Saoudite préside désormais le comité de l’ONU en charge des nominations de rapporteurs spéciaux et d’experts indépendants clefs, dans le domaine des droits de l'Homme (et de la Femme). Une pétition, c'est peu de choses, et la signer, peu d'engagement, mais c'est au moins dire, avec des milliers d'autres personnes, que nos Etats ont des alliés aussi infréquentables que les fous furieux contre lesquels une coalition est paraît-il en train de se montrer, et dire aussi qu'il y a des limites au cynisme de la raison d'Etat, s'il n'y en a guère à la schizophrénie consistant à se poser en adversaires du délire djihadiste tout en acceptant à peu près tout d'un régime, celui de l'Arabie Saoudite, qui ne diffère des délirants de Daech que parce qu'il est à la tête d'un Etat prodigieusement riche en dollars et en pétrole -et en clients de nos hôtels de luxe, de nos courtiers en immobilier haut de gamme pieds dans l'eau du Léman et de nos Fêtes de Genève. Alors, signez là : https://secure.avaaz.org/fr/stop_saudi_beheadings_loc/?tjXGadb

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vendredi, 18 septembre 2015

Convention et Cour européennes des droits de l'homme : Des juges ou des droits étrangers ?

CEDH, Conseil de l'EuropeLe 28 novembre de l'année dernière, on a (ou aurait du) célébrer le 40e anniversaire de la ratification par la Suisse de la Convention Européenne des droits de l'Homme -une ratification qui impliquait l'acceptation de la juridiction obligatoire de la Cour européenne de Strasbourg. L'UDC avait, à sa manière, célébré cet anniversaire, en remettant en cause cette juridiction, en annonçant le lancement d'une initiative inscrivant dans la Constitution fédérale le principe (à rebours de toute l'évolution du droit depuis 1945...) la primauté du droit de l'Etat sur le droit international (celui de la Cour européenne, en l'occurrence). La Cour européenne a en effet un rôle, une fonction, insupportable aux udécistes : celle de faire respecter les libertés individuelles (et collectives) proclamées dans la convention européenne. Et dans la constitution suisse : "Tout comme la démocratie directe ou le fédéralisme, les droits de l'homme sont indissociables de la Suisse", déclare (optimiste) Simonetta Sommaruga. Dès lors, "un juge qui veille à la défense des droits de l'homme peut-il vraiment nous être étranger ?", s'interroge la présidente de la Confédération. A nous étranger, certainement pas -du moins pas plus que n'importe quel juge indigène. Mais à l'UDC, apparemment oui. Mais ce n'est pas tant ce juge qui lui est étranger que  la Convention européenne des droits de l'homme elle-même... et l'idée même de droits plus fondamentaux que les décisions d'une majorité électorale ou référendaire.

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14:30 Publié dans Droits de l'Homme, Europe, Justice, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cedh, conseil de l'europe | |  Facebook | | | |

mercredi, 06 mai 2015

Liberté d'expression, droit au blasphème : Fourest, sur le fond...

blasphème,liberté d'expression,caroline fourestAu prétexte d'un débat tronqué à la télévision, samedi soir (dans l'émission "on n'est pas couchés" de Laurent Ruquier, sur France 2)  sur le livre de Caroline Fourest "Eloge du blasphème", on revient sur la liberté d'expression, ses limites (si elle en  a), son  caractère fondamental ou instrumental, et son rapport, précisément, à ce "droit au blasphème" que Caroline Fourest (comme d'autres) défend. Le débat, tronqué par l'un des faire-valoir de l'émission, ne fut sans doute ni un grand moment de télévision, ni un exemple de débat de fond, quoiqu'il ait plutôt bien commencé, avant de s'enliser dans le règlement de comptes, et, après s'en être extirpé, se soit plutôt bien terminé. Mais il nous a en tout cas décidé à acheter le bouquin de Caroline Fourest, à le lire et à vous inciter, quoique vous en penserez ensuite, à en faire autant. Parce qu'entre celle qui, en ce moment, risque sa peau (comme l'ont perdue ses copains de "Charlie Hebdo") en défendant et  en explicitant publiquement ce qu'elle écrit, et ceux qui ne risquent guère que leur place (et encore) en tentant de l'en empêcher, ou de détourner l'attention du fond pour la focaliser sur des détails, disons que le niveau de courage et d'engagement est assez inégal...

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mercredi, 08 avril 2015

"Charlie Hebdo" et la liberté d'expression, trois mois après : Changement de débat ?

Trois mois après le massacre de "Charlie Hebdo" et la mobilisation, massive, en faveur de la liberté d'expression, sous sa forme la plus absolue -le droit de tout dire, de tout écrire, de tout dessiner, la prudence a pris le pas sur la virulence libertaire -à vrai dire, sitôt l'émotion retombée et les grandes manifestations dispersées, le temps de l'incertitude était venu : le Mémorial de Caen a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme", une exposition consacrée à "Charlie Hebdo" au Musée Hervé de Louvain, en Belgique, a été annulée. Ce repli n'est cependant pas général : à l'automne, le village de Saint-Juste-le-Martel redeviendra comme chaque année la capitale du dessin de presse, car y renoncer "serait donner raison aux terroristes". La dessinatrice tunisienne Nadia Khiari résume : "si on arrête (...), c'est fini, les terroristes ont gagné". Et puis, après le massacre et le formidable mouvement de soutien dont les survivants du journal, et le journal lui-même, ont bénéficié, "Charlie" est l'enjeu d'un autre débat, sur sa gestion, celle de son capital et celle de sa "gouvernance", pour causer novlangue...

"Le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus"

Des membres de l'équipe de "Charlie Hebdo" ont créé une association réclamant un fonctionnement plus collectif et plus transparent du journal, au fonctionnement très "familial", avec trois directeurs-actionnaires concentrant les pouvoirs, et sans sociétés des rédacteurs. Détenu à 20 % par son directeur financier, Eric Portheault, à 40 % par son directeur de publication, Riss, et 40 % par les parents de Charb, son directeur assassiné le 7 janvier, "Charlie" a reçu, depuis l'attentat dont il a été victime, plus de quinze millions d'euros et de produit de ses ventes (plusieurs millions d'exemplaires pour le numéro suivant l'attentat, plusieurs centaines de milliers ensuite). Le collectif qui s'est créé, pour d'une certaine manière mettre le fonctionnement du journal en accord avec ses idées libertaires, voudrait ouvrir le capital à un actionnariat des salariés, et assurer la transparence de projets qui font consensus entre le collectif et les propriétaires-dirigeants de "Charlie" : répartir les dons reçus après l'attentat, entre les blessés et les familles des victimes, et créer une fondation destinée à soutenir le dessin de presse en France et dans le monde. Car un tel soutien est, aujourd'hui plus que jamais, nécessaire : l'autocensure sous la menace se répand un peu partout, avec son corollaire : les menaces légales contre la liberté d'expression...

Ainsi, le gouvernement français veut-il "sortir" le délit (et sa répression) de parole raciste (y compris antisémite) du droit de la presse pour l'intégrer au Code pénal, conformément au principe que "le racisme n'est pas une opinion mais un délit". Une "stupidité juridique" selon le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme, Henri Leclerc. Une stupidité et un danger : entre les mains d'un pouvoir politique peu soucieux de l'indépendance des juges et du pluralisme des convictions, le racisme serait bientôt rejoint dans la liste des "opinions" devenant des "délits" par toutes les opinions jugées dangereuses, par le pouvoir lui-même. Les "lois scélérates" frappant les anarchistes au début du siècle procédaient déjà de ce type de dérive. La loi française sur la presse fixe pourtant déjà des limites à la liberté d'expression en précisant que tout citoyen devra répondre de "l'abus de cette liberté" dans les cas déterminés par la loi. Or le racisme est précisément l'un de ces cas (il est sanctionné par le code pénal comme un délit), et ceux qui ont provoqué à la haine raciale peuvent même, si cette provocation a eu pour effet la commission d'un crime, être condamnés à perpétuité... Cela devrait suffire... d'autant que la répression  de l'expression du racisme ne fait pas disparaître le racisme.

Le droit suisse pose à la liberté d'expression les mêmes limites que le droit français : la discrimination raciale, la liberté religieuse (encore qu'on voit mal comment une expression puisse entraver la liberté religieuse, si on voit fort bien en quoi elle peut indigner ceux contre la foi de qui elle est exercée), la provocation publique au crime ou à la violence. Et c'est à chaque fois au juge de dire si ces limites ont ou non été franchies, comme il vient de le dire en France à Dieudonné, déjà condamné par le passé pour injures (comme d'ailleurs "Charlie Hebdo" l'a été), provocation à la haine ou à la discrimination raciale (ce pourquoi Charlie n'a en revanche jamais été condamné, ne pratiquant pas ce genre de discours). Il n'y a donc pas "deux poids, deux mesures" entre la mobilisation autour de "Charlie Hebdo", pour la liberté d'expression, et les poursuites contre Dieudonné, d'abord parce qu'il y a quelque différence entre se faire assassiner à la kalachnikov et se retrouver, défendu par des avocats, dans un tribunal d'un Etat de droit, entre une exécution sans jugement et un jugement sujet à appel et recours.  Le droit français, comme le droit suisse et celui de la plupart des Etats démocratiques, protège les individus, pas leurs croyances. Il protège les sujets de droit, et les religions n'en sont pas. Il protège une liberté d'expression inaliénable et illimitée dans sa substance mais pas dans son exercice : ma liberté d'expression n'est pas plus absolue que celle de mon adversaire ou de mon ennemi.

"La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire" disait Jean-Paul Marat, qui ne se privait pas de "tout dire"... plus posée, la Cour européenne de droits de l'homme précise que la liberté d'expression implique celle d'exprimer des idées choquantes et inacceptables pour l'Etat ou une partie de l'opinion publique, mais l'ancienne conseillère nationale libérale Suzette Sandoz ne croit pas que l'on puisse "prétendre imposer au monde entier, d'un coup de baguette magique, le respect d'une liberté que nous avons mis beaucoup de temps à comprendre et à accepter". Or, s'agissant de la liberté d'expression, il ne s'agit nullement d'imposer une liberté aux autres -une liberté ne peut d'ailleurs être imposée, elle ne peut que se prendre- il s'agit d'abord de la défendre pour nous, ce qui, pour peut que l'on admet le principe selon lequel "les autres ont toutes les libertés que l'on se reconnaît à soi-même". Cette liberté que l'on revendique pour nous (et donc pour les autres), on ne la défendra pas si on renonce à l'exercer pour ne pas froisser ceux qui n'en veulent pas... Et quand le directeur du Mémorial de Caen, qui a reporté de six mois ses Rencontres sur le dessin de presse, le temps, dit-il, de les "repenser sur le fond comme sur la forme, observe que "nous avons une manière d'appréhender le dessin de presse qui n'est pas partagée dans le monde entier", il ne fait que poser un constat d'évidence, duquel ne saurait découler une autocensure quelconque, sauf à admettre que la "manière d'appréhender le dessin de presse" ailleurs doit s'imposer, sans réciprocité aucune, à la manière de l'appréhender ici.

André Comte-Sponville, pour qui "le blasphème fait partie des droits de l'homme, l'humour fait partie des vertus", note, fort justement, que "les fanatiques n'acceptent jamais l'humour", surtout, évidemment, "lorsqu'il porte sur ce qu'eux-mêmes jugent sacré". Et d'en conclure, fort justement, que c'est là une "raison de plus pour rire d'eux, de leur sérieux et de leurs idoles". A la condition, nécessaire à la légitimité de notre rire, que nous soyons aussi capables de rire de nous, de notre sérieux (ou de son absence) et de nos idoles, si nous en avons. Y compris de "Charlie", donc.

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jeudi, 26 février 2015

« Charlie Hebdo » reparaît, et ça fait du bien... mais à quel prix ?


Charlie Hebdo, liberté d'expression, intégrisme L'increvable liberté des mortels libertaires

« C’est reparti ! », proclame la Une, pleine page, de Charlie Hebdo, reparu hier, deux mois après le massacre de sa rédaction. Numéro 1179 : en couverture, un chien qui court, un Charlie Hebdo roulé dans la gueule et aux basques du chien, Sarkozy, Marine Le Pen, un jihadiste, le pape, un patron, tous canifiés -mais en meute -« tous les trucs et tous les gens qui nous emmerdent » résume le nouveau directeur de la publication, Riss. Charlie reparaît, c'est la seule réponse qu'il fallait donner à la connerie armée, et elle fait du bien. Même si on en parle à notre aise : nous n'avons pas été attaqués, ce ne sont pas nos copains qu'on a massacrés. Prêts à nous battre jusqu'au dernier dessinateur de Charlie pour la liberté d'expression, nous n'allions pas jusqu'à proclamer que nous aussi, on veut être menacés, vivre sous protection policière et risquer à chaque pas, chaque mot, chaque dessin, de nous faire buter. « Je suis Charlie », d'accord, mais pas suicidaire. Charlie a 50 fois plus de lecteurs aujourd'hui qu'avant le massacre de ses dessinateurs et rédacteurs ? La liberté est increvable, mais ceux qui la portent sont bien mortels, eux.

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mardi, 24 février 2015

Soutenir le mouvement des femmes marocaines, sans attendre le printemps...

Le "printemps arabe" de 2011 semble ne pas avoir touché le Maroc, malgré l'émergence du "Mouvement du 20 février", et on ne parle guère du royaume chérifien qu'à propos des enclaves espagnoles de Ceuta et de Mellila et du renvoi dans le désert (ou la Méditerranée) des migrants qui tentent par elles de gagner l'Europe. Le conflit sahraoui est tombé dans les oubliettes (il se poursuit cependant) et la répression, parfois entrecoupée de quelques concessions démobilisatrices, a jusqu'à présent suffi pour préserver le régime de toute menace politique intérieure. Que le bon roi M6 ait eu son compte secret à la HSBC genevoise ne semble pas avoir troublé outre mesure la quiétude de son pouvoir : les changements réclamés par le Mouvement du 20 février ne se sont traduits qu'à la marge, les partis islamistes ont été intégrés dans le gouvernement, et la répression a fait le reste. Pourtant, la société bouge. Ainsi, un mouvement de femmes a vu le jour et s'est renforcé. Il se bat aujourd'hui contre les violences conjugales, et contre l'exploitation des filles pauvres comme "petites bonnes" de la classe moyenne et de la classe possédante. Ce mouvement a besoin de soutien, et le mérite, sans que nous attendions pour le lui accorder que survienne un "printemps marocain".  Le SOLIFONDS* lance donc un appel à ce soutien : répondez-y...

* SOLIFONDS mail@solifonds.ch / www.solifonds.ch / Compte postal PC-80-7761-7

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mercredi, 18 février 2015

Aujourd'hui, Journée d'action mondiale en défense du droit de grève

Le dernier des droits quand on a perdu tous les autres ?

A l'appel de la Confédération syndicale internationale, aujourd'hui est une une journée d’action mondiale en défense du droit de grève. Un droit si fondamental qu'il est le dernier des droits collectifs dont on puisse user pour résister lorsque tous les autres ont été abolis et qu'on ne s'est pas encore résolu à la lutte armée, et qu'il est aussi le premier que les dictatures abolissent et qu'en démocratie, les tentatives de le rogner, le conditionner, le soumettre à autorisation, le monnayer, même. Entre 17h et 18h, à l'appel de la Communauté genevoise d'action syndicale et du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat, un rassemblement de défense du droit de grève se déroulera au Parc Saint-Jean, à côté du siège de la Fédération des entreprises romandes (un rassemblement avec le même objectif est organisé pour les salariés des organisations internationales, à midi, place des Nations). Les syndicats entendent ainsi protester contre les attaques au droit de grève perpétrées, localement, par le patronat genevois (et relayées par ses porte-flingues politiques habituels, ou plus récents, comme le MCG) et, internationalement, par les représentants du patronat (et de certains Etats) au sein de l'Organisation Internationale du Travail.    

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lundi, 16 février 2015

ça recommence ? Non, ça continue. Même réponse, donc : Jeg er Dansk !

Mêmes genre de cibles, mêmes méthodes, sans doute même identité du djihadisme moderne (car il l'est, moderne, cet archaïsme) et du vieil antisémitisme : dans l'attaque par un homme isolé, à Copenhague, d'un centre culturel danois où se tenait un débat sur la liberté d'expression, avec notamment le dessinateur suédois Lars Vilks, l'ambassadeur de France, une représentante des Femen, puis d'une synagogue, le réalisateur danois Finn Nørgaard a été tué dans l'attaque du centre culturel, et un garde de la synagogue dans l'attaque de celle-ci, puis l'auteur des deux attaques a été abattu devant son domicile par la police. Netanyahou en a évidemment profité pour reprendre son refrain appelant les juifs d'Europe à "rejoindre" Israël, comme on les appelait naguère à rejoindre le ghetto, pour leur sécurité : « Nous disons aux juifs, à nos frères et à nos sœurs : Israël est votre maison ».  Il avait déjà lancé cet appel après les attentats de Paris au début de janvier contre la rédaction de Charlie Hebdo et une supérette casher. Le rabbin Jair Melchior, plus haute autorité de la communauté juive danoise, a répondu comme il convenait à Netanyahou : « Si notre façon d'affronter la terreur est de nous enfuir quelque part, alors nous devrions tous partir sur une île déserte », a-t-il noté. Et cette réponse ne vaut pas que pour les juifs (danois ou non), elle vaut pour tous ceux que la connerie intégriste cible...

Rendez vous cet après-midi à 15heures 30 devant le Consulat du Danemark à Carouge et ce soir à 19:00 à Uni Mail,  hommage sera rendu aux victimes de la tuerie de Copenhague.

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mardi, 03 février 2015

Des limites (ou non) de la liberté d'expression : Le lourd prix du droit de dire

2014 n'avait déjà pas été un très bon cru pour la liberté de la presse, avec 66 journalistes assassinés dans le monde en raison de leur profession, mais 2015 a commencé sur les chapeaux de roue, avec le carnage de « Charlie Hebdo », qui permet pour l'instant (mais ça ne durera pas, la concurrence est féroce) à la France de prendre la tête du sinistre classement des pays les plus dangereux pour ceux qui croient pouvoir écrire ou dessiner, et surtout publier, impunément. En 2014, la Syrie avait fait encore mieux, avec 15 journalistes tués... la Russie, le Bangladesh ou l'Egypte ayant aussi, entre autres, participé à l'étripage mondial des rédacteurs et des dessinateurs. Mais là-bas, c'est normal, c'est des barbares. Nous, on est civilisés, s'pas ? Ben non, finalement, pas plus qu'eux : les tueurs de « Charlie » et du magasin kasher étaient tous nés en France, pays de liberté(s)... Et se repose l'insidieuse, question des limites de la liberté de la presse, et donc de la liberté d'expression, et du prix de leur exercice. Le prix du droit de dire.

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jeudi, 22 janvier 2015

Exercice de conjugaison d'un verbe du premier groupe à l'indicatif présent : « Je blasphème, tu blasphèmes... »

Nous lisions, dans notre quotidien préféré, samedi, que Reporters sans frontières, pour qui « la liberté d'expression n'a pas de religion » (contrairement, souvent, à sa répression) réclame l'instauration d'un « droit au blasphème ». Et nous lisons aussi ce rappel que depuis des plombes, l'Organisation de la coopération islamique tente, dans les instances de l'ONU, d'imposer un «délit de blasphème» pudiquement camouflé en délit de «diffamation des religions»... étrange formulation (mais peut-être tient-elle à une traduction maladroite) : on peut diffamer des personnes, c'est même assez courant, mais comment peut-on diffamer une idée ? et qui serait en droit de s'en estimer propriétaire pour ester en justice en son nom ?

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vendredi, 16 janvier 2015

Abolition de la peine de mort : la Ville de Genève veut s'engager... Sans « mais » ni « sauf »...

MORTOPOR.jpgElle tient en une phrase de treize mots, la proposition que le Conseil Administratif de la Ville de Genève fait au Conseil Municipal, et dont celui-ci débattra mardi ou mercredi: « s'engager en faveur de l'abolition de la peine de mort ». Point (ou poing) final. Pas de « mais » ni de « sauf » : on s'engage ou non, mais si on s'engage, c'est sans restriction, sans exception, sans barguigner. On entendra certainement maugréer que, deux semaines après les sanglants délires djihadistes de Paris (et les massacres innommables, mais recouverts des fracas parisiens, commis au Nigeria par « Boko Haram »), le moment est mal choisi pour que le parlement d'une ville, fût-elle « capitale mondiale des droits de l'Homme », s'engage, comme il y est sollicité, pour l'abolition d'une peine définitive que l'on pourrait prononcer contre les terroristes et les massacreurs... et si au contraire nous étions précisément dans le moment de dire que nous ne voulons rien avoir de commun avec eux, qui la chérissent, la fétichisent, la pratiquent sans restriction, et finissent par se l'infliger à eux-mêmes, comme on s'offre un cadeau  ?

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mercredi, 14 janvier 2015

« Union sacrée » pour les libertés d'expression et de publication ?

50 mouches, un million de citoyens

Collez le qualificatif de « sacrée » au substantif d'« union », vous serez sûr d'attirer les mouches. Elle était pourtant splendide, la gigantesque manif parisienne du 11 janvier dernier, pour «Charlie» et la liberté d'expression, contre le terrorisme et la purification religieuse. Splendide, n'était la présence, au début de la manif (ils se sont éclipsés ensuite) de quelques dirigeants peu suspects de convictions libertaires, et plus prompts à embastiller (pour le moins) les journalistes, les dessinateurs, les écrivains, les opposants de tout poils qu'à défendre la liberté d'expression, le pluralisme et la laïcité. Bref, le genre Bongo, Orban, Netanyahu... Ils n'étaient certes qu'une cinquantaine sur plus d'un million, mais ils faisaient tache. «Le Temps» essayait, lundi de s'en consoler  : « En paradant aux côtés des démocrates, les Orban, Davutoglu ou Bongo se sont liés les poings : au prochain faux pas, il se trouvera toujours quelqu'un pour leur rappeler qu'ils étaient aussi à la marche républicaine de Paris ce 11 janvier 2015 ». Tu parles, Charlie...

Mais peu importe, en ce moment : de la formidable mobilisation de la semaine dernière, on ne retiendra pas les 50 mouches, mais les millions de citoyennes et de citoyens.

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16:11 Publié dans Droits de l'Homme, Résistance | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : charlie, charlie hebdo, liberté d'expression | |  Facebook | | | |

mardi, 25 novembre 2014

« Ecopop » et le planning familial : OPA du nord sur les ventres du Sud ?

enceinte.jpg Sur Canal+ passait une série britannique particulièrement anxiogène (dont la première saison est disponible en DVD), « Utopia », qui nous narre les hauts faits d'un scientifique terrifié par l'hypothèse d'une surpopulation humaine de la planète, surpopulation qui menacerait la survie même de l'espèce, à quoi seul un plan radical d'élimination des miséreux pourrait parer, de telle sorte que la meilleure partie de l'humanité soit sauvée. La meilleure partie de l'humanité ? Nous, bien sûr. Le scientifique parano met donc au point un vaccin stérilisant les populations excédentaires. Les populations excendaires ? Les autres, évidemment. Une organisation puissante et clandestine est mise au service de ce projet : elle corrompt et tue pour en faciliter la réalisation -mais le scientifique finit par devenir complètement cinglé et le vaccin est transformé afin de préserver une seule «  race » humaine, ou plutôt surhumaine,  obtenue par manipulation génétique. Un cauchemar né du croisement chimérique des terreurs de Thomas Malthus et de l'imagination de Mary Shelley. On n'est pas -et on ne sera sans doute jamais, dans le monde décrit par Utopia... mais n'entendez-vous pas mugir dans nos campagnes ces féroces fantasme de surpopulation et la conviction qu'en sont responsables les pauvres du sud ? On n'a pas de vaccin stérilisant ces métèques ? Instrumentalisons alors le planning familial et les droits des femmes... 

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14:42 Publié dans Droits de l'Homme, Famille, Femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démographie, planning familial, ecopop | |  Facebook | | | |

vendredi, 26 septembre 2014

Politique suisse d'asile : L'impossible cohérence

Pendant que l'UDC balance à intervalles réguliers des propositions de restriction du droit d'asile,  toutes frappées au coin de la xénophobie la plus crasse, le Conseil fédéral, et particulièrement la Conseillère fédérale en charge du dossier, Simonetta Sommaruga, tente (exercice qui lui devient rituel, puisqu'elle s'y livre également à propos de l'immigration européenne) de concilier l'inconciliable : la défense du droit d'asile et l'accélération des procédures d'examen des requêtes, des décisions et, le cas échéant, d'exécution des décisions négatives -c'est-à-dire de rétention puis d'expulsion- . « Des procédures longues ne sont pas seulement inefficaces mais aussi chères et surtout inhumaines », plaide Simonette. Gageons que le « aussi chères » est plutôt destiné à l'UDC et à ses idiots utiles du PLR et du PDC, et que le « surtout inhumaines » est lancé en direction du PS, des Verts et des défenseurs du droit d'asile : parler en une seule phrase aux xénophobes et aux solidaires est un art difficile, que la Conseillère fédérale commence certes à maîtriser, au prix, sur le fond, d'une évidente incohérence, Mais qui se préoccupe encore de cohérence dans le dossier de l'asile ?

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jeudi, 21 août 2014

Eintartete Recht

L'UDC  lance une initiative pour instaurer la primauté du droit fédéral sur le droit international (autrement dit : pour instaurer la primauté des initiatives de l'UDC sur la Convention européenne des droits de l'Homme). Seul le droit international impératif, qui proscrit le génocide, la torture et l'esclavage, devrait être respecté. Et encore, sous réserve de précisions convenant à l'UDC. "Il est inacceptable d'être prisonnier des droits de l'homme", hennit l'écuyère genevoise de l'UDC, Céline Amaudruz. Et d'être prisonnier des lubies de l'UDC, c'est acceptable ? Même son ancien Conseiller fédéral Adolf Ogi se convainc qu"il est temps d'arrêter Christoph Blocher" (le temps, justement, devrait y pourvoir, mais avons-nous encore le temps du temps ?) Le PS rappelle que les droits humains et le droit international sont une "conquête civilisatrice" -mais qu'est-ce que ces mots peuvent bien signifier pour une Amaudruz, ou pour l'UDC ? Des mots, précisément. Rien que des mots. Et étrangers, en plus...  

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23:28 Publié dans Droits de l'Homme, Suisse | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : droiit, droit international, cedh, udc | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 mai 2014

Mondial de foot au Brésil : Ordem e lucro !

Ordem-e-Progresso.jpgLe 12 juin s'ouvrira le Mondial de foot, organisé au Brésil à  coup de milliards (20 à 30 milliards de francs investis pour le Mondial et les JO de 2016, dont au moins 13 milliards pour le seul Mondial) consacrés à la construction d'infrastructures (stades, routes et aéroports), et au financement des actions d'épuration sociale (expulsions des habitants des favelas, interdiction des marchands de rue, notamment) entamées pour donner du Brésil l'image d'un pays « propre en ordre ». « Ordem e progresso », proclame la devise du Brésil. « Ordem », l'ordre, sans doute. Mais pendant le Mondial, pour nourrir la coupole internationale du foot professionnel, en laissant le peuple du pays organisateur du Mondial en payer la facture ce sera plutôt « Ordem e lucro »...

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15:17 Publié dans Droits de l'Homme, Solidarité, Sports | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brésil, mundial, mondial, fifa | |  Facebook | | | |

vendredi, 25 avril 2014

Il y a 99 ans, le Génocide arménien...

Vers la fin d'une dénégation séculaire ?

Genocide_Armenien.jpgCe 25 avril est jour de commémoration :  en avril 1915, était déclenché dans ce qui était encore l'Empire Ottoman, le génocide des Arméniens. Il ne fut de loin pas le premier génocide (l'expansion coloniale les accumula), mais de ceux d'un siècle qui les vit se succéder et en définit les critères comme crime contre l'humanité, il est celui qui tarde le plus à être reconnu comme tel, alors qu'il n'y manque aucun de ces critères. Pourquoi ? Parce que les régimes qui se sont succédés en Turquie après le génocide des Arméniens étaient des alliés trop indispensables aux puissances « occidentales » face à l'Union Soviétique, pour que le risque soit pris de les convoquer au ban des accusés de crime contre l'humanité. Ils ont donc pu, pendant un siècle, nier que le génocide fût commis.

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16:36 Publié dans Droits de l'Homme, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : génocide, arménie, turquie, 1915, négationnisme | |  Facebook | | | |

jeudi, 17 avril 2014

Election présidentielle algérienne : Boutef, mort ou vif

Aujourd'hui, l'Algérie élit son président. Et il n'est besoin ni de sondages, ni d'une boule de cristal pour préciser : aujourd'hui, l'Algérie réélit son président. Pour la troisième fois. Ce président est, et sera, Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, candidat invisible pendant une campagne électorale qui n'en fut pas une tant le jeu politique algérien est verrouillé, président depuis 1999, déjà réélu deux fois, gravement atteint dans sa santé mais présenté à sa propre succession par un régime que l'affaiblissement même de son candidat arrange. Parce qu'il permet aux hommes de l'ombre, ceux de son clan et ceux de l'appareil politico-militaro-policier, de gouverner réellement à sa place. Abdelaziz Bouteflika sera réélu. Mort ou vif. Et le système de pouvoir algérien tiendra encore le temps du président qu'il a mis et maintenu au pouvoir, et de ses contemporains. Mais ce temps est compté. Et la jeunesse algérienne nombreuse, et impatiente.

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14:04 Publié dans Droits de l'Homme, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : algérie, bouteflika | |  Facebook | | | |